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 La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

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MessageSujet: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Dim 11 Mai - 20:01


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

Un-deux-trois-quatre. Un-deux-trois-quatre. Plié, tendu, pointe. Pas chassé, un tour sur soi-même, et on recommence. Encore et encore, jusqu’à en avoir le vertige, jusqu’à ne plus sentir mes jambes, jusqu’à n’être qu’un corps brulant virevoltant dans la salle. A cet instant précis, plus rien ne comptait, si ce n’est mes pas, le rythme, la musique.  A peine je posais le pied sur le sol que je m’envolais déjà. Quand je dansais, je n’avais plus la notion du temps. Cela pouvait faire aussi bien deux minutes qu’une heure, je ne m’en rendais pas compte.

Je profitais pendant l’après-midi de ce moment béni où Aaron faisait sa sieste et où je pouvais m’abandonner à ma passion. Un grand jeté, une pirouette et je retombe sur ses pied, saluant un public imaginaire et agitant la main comme pour remercier une foule qui l’était tout autant. Je m’imaginais, sur une scène, devant des milliers de spectateurs …
Le Capitole m’avait déjà offert plusieurs opportunités pour danser chez eux, et je n’acceptais que lorsque la boutique ne tournait pas assez bien… Le Capitole ! Equinoxe ! Je l’avais complétement oubliée ! Je jette un coup d’œil rapide à l’horloge. 15h20. Elle ne devrait pas arriver avant 10 minutes, mais la boutique était loin d’être prête et je n’avais pas encore choisis les tissus que j’allais lui proposer.

Elle venait acheter des tissus pour se faire de nouveaux tutus (étant professeur de danse au Capitole et, comme moi, la danse était sa passion, ses tutus s’usaient vite et elle avait régulièrement besoin d’en acheter). Je lui avais promis, quand elle m’avait écrit pour me prévenir de sa visite de lui préparer un large choix de tissus afin qu’elle ait le temps de faire son choix parmi ceux que j’allais lui proposer.
Je me précipite dans la réserve, dans la partie dédiée aux tissus les plus résistants, mais à la fois souple et confortables. Le nylon convenait parfaitement, mais j’avais un faible pour la douceur de la soie, et c’est donc vers cette matière que j’orientais mes recherches. J’en prends de toutes les couleurs : je connais les excentricités des Capitoliens, et ils ne se contenteront pas des couleurs sobres que je privilégie pour mes tenues. Je me retrouve rapidement les bras chargés de soie bleu électrique, jaune citron ou rouge écarlate, espérant que ça lui plaira.
On s’était rencontré il y a quelques mois, alors que le Capitole m’avait convié pour participer à un spectacle de danse. La boutique ne tournait plus très bien, et j’avais besoin d’argent pour nourrir Aaron. J’y allais, mais à contre cœur. Je n’oubliais pas qu’ils étaient responsables de la mort d’Arthur. C’est à cette occasion qu’on s’est rencontré : elle faisait également partie de ce spectacle, et je voyais bien qu’elle était différente des autres Capitoliens, comme si elle ne se sentait pas à sa place. Ce n’était peut-être pas (encore) une amie, mais une réelle complicité s’était installée entre nous, notre  différence d’âge, le contraste de nos vie, de nos passés et de nos futurs.
Je retourne dans la boutique principale et pose les tissus sur le contoire, et entreprit de les plier correctement afin qu’ils soient présentables quand je les montrerais à Equinoxe. A peine avais-je finis que la sonnette annonçant un nouveau visiteur dans la boutique retentit …


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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Jeu 15 Mai - 16:57


Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère ou de la moindre attention; Ils ont le pouvoir de changer une vieClaire & Equinoxe


La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

L'idée de m'éloigner de mon appartement et de Pantalaimon pour aller dans un district secondaire ne m'enchantait pas tellement, mais Claire m'y attendait et j'avais besoin de nouveau tissus. J'étais à la fois excitée et anxieuse. Voir d'autre style de vie et d'autres façon de penser, un autre univers, semblable à celui où mon muet provenait. Je dis « mon » muet, mais je trouve que cela le reporte à un animal ou à un objet et chaque fois que je formule de cette façon, je me maudis intérieurement et me corrige.

Si il y a bien quelque chose que je ne voulais pas en venant au district huit, s'était de me faire remarquer. Le matin même, j'avais enfilé ma fidèle perruque rousse, accompagnée d'un pantalon en toile et d'une chemise, le tout d'un marron chocolat. Mes cheveux tombaient en cascade dans mon dos, libre et naturel. Une touche simplissime et discrète de maquillage. C'était choquant pour la plupart des Capitolien de sortir comme tel, et c'était bien trop raffiné pour aller dans un district, mais peu importe, je n'avais que ça. J'étais enfin prête.

Le temps qu'il me fallait pour aller dans le District Huit était d'environ six heures. Pendant ces nombreuses heures, je lissais, regardais le paysage, imaginais l'échoppe de cette femme avec qui le courant était si bien passé, je tentais de deviner sa vie. Mais quelqu'un d'autre me trottais dans la tête,  mon colocataire en quelque sorte. Je ne voulais rien lui imposer, je ne voulais pas le brusquer, ni l'insulter. Souvent lorsque je suis seule ou que je le regarde, je me dit que malgré le manque de communication et l'étrange impression qu'il me donne d'être un chat -je sourit d'ailleurs en pensant à cette comparaison- C'est une personne que j'appréciais beaucoup. Il semble pourtant si absent, mais je ne sais pas comment m'y prendre avec lui, c'est tellement étrange, tellement différent ; il ne pense pas comme moi, du moins c'est se que je pense. De plus, les habitants des districts haïssent ceux du Capitole et tout le monde sais bien pourquoi. Il me l'a bien fait comprendre avec Lune.

Le train s'arrête et je prend un certain temps avant de m'en apercevoir. D'un coup de main rapide, je chasse la larme qui coulait le long de ma joue et je sort du train.

Rares sont les Capitolien à se balader dans les districts, on pourrait croire qu'ils se montrerait fier ou snob, mais moi, je regardais partout, souriait aux habitants, leur disait bonjour. Biensur, nombreux étaient froid envers moi et me méprisait, mais je ne pouvais me résigner à faire comme mes compatriotes. Je refusais l'idée qu'on traite des êtres humains comme de vulgaires bestioles.

Une petite fille courait joyeusement avec ses amies, elles se sont arrêtées pour me regarder et on commencer à toucher mon pantalon avec leur petites mains sales. Bien qu'il ai coûté une fortune, je ne me mit pas en colère. Mon instinct maternel regagnais la surface et je leur souriait avec douceur. Les petites était joyeuse et riaient. Un rire doux et fragile, comme le cristal. Après les avoir complimentés je me suis dirigée vers la boutique de Claire. Celle-ci devait sûrement m'attendre.

Arrivée devant la boutique, j'hésite à sonner, puis au bout de quelques minutes à rester plantée devant la porte comme une idiote, je me décide enfin à le faire. Puis doucement, j’enclenche la poignée et pénètre dans la boutique et je reste là, sans bouger. Un sourire se dessine sur mon visage et je m'approche de la jeune femme blonde avec cette grâce et cette légèreté que seule les danseuses maîtrisent.

-Bonjour Claire, comment va-tu ?

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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Dim 18 Mai - 18:55


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

« Bonjour Claire, comment vas-tu ? »

Je ne peux m’empêcher de sourire. Bien qu’elle ne doit sûrement pas s’en rendre compte, sa manière de parler –et je ne lui dirais pas car je sais que ça ne lui ferait pas plaisir-, même son accent me rappelle celui du Capitole. Mais de sa bouche, les mots sonnent différemment : ils sont plus doux, plus mélodieux.

« Ca va … » je commence, sans grande conviction. C’est comme un réflexe, lorsque l’on me demande comment je vais, je réponds automatiquement que je vais bien, pour ne pas que l’on me pose de question, qu’on me laisse tranquille. Je sais de toutes façons que ce n’est qu’une formule de politesse, personne ne s’intéresse réellement à la réponse. Mais je croise le regard d’Equinoxe, joyeux et bienveillant.  « On fait aller », je nuance. Non, je n’allais pas « bien », mais je n’ai pas envie de m’étaler mes problèmes, de m’étendre sur le sujet. Tout ce dont j’ai envie aujourd’hui, là maintenant, c’est de passer un agréable moment, une sorte de rupture avec la monotonie de la vie de tous les jours. Je lui retourne à mon tours la question :

« Et toi Equinoxe, comment le trajet s’est-il passé ? Un peu long c’est vrai, mais j’espère que tu avais de quoi t’occuper. »

Tout en écoutant sa réponse, je l’invite à se rapprocher du comptoir. Les tissus sont triés par couleurs, de la plus froide à la plus chaude, en un camaïeu de couleurs rappelant celles de l’arc-en-ciel. Cette habitude peut me faire passer pour quelqu’un de maniaque, en réalité cela me permet de me concentrer sur quelque chose, aussi futile soit elle, et ne pas sombrer dans la folie. Cette activité qui demande méthode, organisation et créativité occupe mon cerveau et l’empêche de penser. De penser à tout ce qui pourrait me faire du mal.
Endossant mon rôle de vendeuse, j’entreprends de lui présenter les tissus que j’avais sélectionnés :

« Je ne sais pas ce que tu avais en tête avant de venir, je t’ai donc sortis un grand nombre de choix de couleur et de tissus. Du satin si c’est pour un spectacle, sa brillance rend très bien avec l’éclairage des scènes du Capitole. Si c’est pour les entraînements, je te conseille plutôt de la tulle ou du linon, plus résistant et plus confortable. Si en revanche c’est pour des accessoires, le taffetas ou le velours me semblent plus appropriés. »

Je m’arrête un instant, pour reprendre mon souffle, mais également pour laisser le temps à Equinoxe de regarder les tissus, comparer leur couleur, leur aspect, en fonction de ce qu’elle avait besoin. Bien qu’elle ne le fasse pas remarquer (je ne suis même pas sûre qu’elle en soit fière), elle n’avait, contrairement à la grande majorité du district, voire de Panem, pas besoin de s’inquiéter du prix. Bien qu’elle puisse dépenser sans compter, elle prend sur elle pour vivre simplement (du moins pour une habitante du Capitole), et c’est en cela que j’admire sa force de caractère, et cette volonté qui fait d’elle une personne totalement différente ce qu’elle aurait pu être, de ce qu’on pourrait attendre d’elle.

La plupart des habitants de Panem ont en effet l’esprit remplis de préjugés, d’idées reçues sur ce que doit être chaque personne, sa place bien définie dans la société, et le caractère, la personnalité qu’il doit avoir en fonction de cela. Je déteste ça. Comme si les hommes ne pouvaient pas évoluer, trouver leur place sans qu’elle leur soit attribuée contre leur gré, à la fois par la société qui leur impose une place et les gens qui, par leur regard réprobateur dès que quelqu’un s’écarte de ce que doit être son chemin, ne font que montrer leur accord avec ce qui a été mis en place.

Je secoue la tête, comme pour chasser ces idées.  J’y ai déjà réfléchis des dizaines, des centaines de fois, et cela ne changerait rien. Je ne peux rien changer. J’adresse un sourire à Equinoxe et attends qu’elle fasse son choix.



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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Mer 21 Mai - 19:35


Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère ou de la moindre attention; Ils ont le pouvoir de changer une vieClaire & Equinoxe


La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

-Ca va... On fait aller.

Elle sourit, mais ses yeux semblait la trahir. J'avais l'impression qu'elle ne voulais pas en parler et je hochais doucement la tête, le regard compatissant. La vie dans les districts n'était pas de tout repos. Surtout dans un district où le Capitole dirige indirectement d'une main de fer. Les districts secondaires faisait partie des plus important et il était hors de question que la rébellion s'y propage. D'ailleurs, je n'avais entendu que des bribes de conversation, et les rares moment où les chaînes sont piratées, elle ne le reste pas plus d'une minute.

-Et toi Equinoxe, comment le trajet s'est-il passé ? Un peu long c'est vrai, mais j'espère que tu avais de quoi t'occuper.

-C'était bien calme, je n'y suis pas habituée, mais de temps en temps, cela fait du bien, surtout quand on a besoin de réfléchir.

Elle s'avança vers le comptoir et je la suivit. Elle me présenta plusieurs types de tissus, tous triés par couleurs. La palette des couleurs était magnifique. Je commençais à toucher les tissus, un doux sourire aux lèvres, j'adorai la texture du satin, c'était une texture douce, agréable. Je fermais les yeux, pensant aux scènes du Capitole pendant que Claire me présentait ses produits et me prodiguait des conseils.

-Je ne sais pas ce que tu avais en tête avant de venir, je t’ai donc sortis un grand nombre de choix de couleur et de tissus. Du satin si c’est pour un spectacle, sa brillance rend très bien avec l’éclairage des scènes du Capitole. Si c’est pour les entraînements, je te conseille plutôt de la tulle ou du linon, plus résistant et plus confortable. Si en revanche c’est pour des accessoires, le taffetas ou le velours me semblent plus appropriés.

Bientôt, mes petites danseuses et moi, nous allions donner un spectacle sur les saisons. Je mettais renseignée dans de nombreux livres afin d'avoir un large choix. J'avais aussi explorer des facettes d'ancienne civilisation comme le Japon, la France ou encore la Russie. Il paraît qu'autrefois ces pays était admirés pour leur arts. Quelques mois au paravent, j'avais passé des heures à m'inspirer d'ancienne tenues afin de créer mes costumes. Des robes aux influences japonaise pour le printemps, africaine pour l'été, française pour l'automne et russe pour l'hiver. Avec certains de mes amis musiciens, j'avais trouver un compromis pour y inclure des chansons dans les mêmes influences. Elle avait bien fait de mettre une bonne palette, j'allais en avoir besoin.

-Avec mes six petits cygnes nous allons donner un spectacle sur les saisons, mais vu que je puise dans d'ancienne civilisations je pense de prendre un bon nombres de tissus, comme ce vieux rose, ou ce marron chocolat. Je ne pense pas faire dans l’excentricité, souvent les gens en font trop...-Je fouille dans mon sac à main afin d'y trouver mon carnet à croquis avant de lui tendre- Regarde les dernières pages...

Pour les tenues de printemps, cela ressemblais à un kimono en body, aux teintes roses et marron ternes. C'était un ensemble léger et fluide, avec un tutu simple, couleur terre. Les manches ressemblaient à des ailes d'oiseau -j'avais volontairement fait ce choix, trouvant que cela s'alliait parfaitement au thème et renforçait le côté élégant-

Pour celles de l'été, je misais sur des body couleur chair et terre, imprimés de motifs symbolique comme le soleil, le haut était transparent jusqu'à la naissance des seins, avec quelques traits dorés, qui tombaient jusqu'au hanches comme des gouttes de pluies.

L'automne, lui se symbolisait en partie par des oranges crépusculaires,des vieux jaunes et des rouges sobres. C'était les seules tenues qui n'était pas des body. Les robes retombaient au dessus du genou, avec des feuilles d'érables. La robe épousait les formes et semblait faire corps avec la danseuse dessinée.

Et enfin pour l'hiver j'avais choisi des couleurs froides, telle que le blanc cassé, le bleu ciel et le turquoise, le tout dans un body avec des parties transparente en arabesques. Le tutu ressemblait à de la fourrure comme le renard ou le lapin.

-Qu'en pense-tu ?[/i][/i]
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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Lun 26 Mai - 19:19


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

Tout en sortant un carnet à dessin de son sac, Equinoxe me présente son projet de spectacle.

« Avec mes six petits cygnes nous allons donner un spectacle sur les saisons, mais vu que je puise dans d'ancienne civilisations je pense de prendre un bon nombres de tissus, comme ce vieux rose, ou ce marron chocolat. Je ne pense pas faire dans l’excentricité, souvent les gens en font trop... »

C’est aussi pour cela que j’apprécie Equinoxe. Sa vision des Capitoliens ressemble étrangement à la mienne : des excentriques, hypocrites et égoïstes. Pour moi, la danse n’est pas un spectacle ; elle doit d’abord être une passion, une passion que l’on peut transmettre. C’est ce partage avec ses élèves qui m’avait frappé chez elle, partage que je ne connaissais pas. Comme si la danse était mienne, je la gardais jalousement alors que c’est en réalité tout autre chose : un moyen de partage, d’échange de rencontre.

« Regarde les dernières pages... »

J’attrape le carnet qu’elle me tend, et feuillète lentement les pages afin de m’imprégner de l’atmosphère du spectacle. Ce ne fut pas difficile : les costumes étaient conçus avec une telle précision que l’on devinait du premier coup d’œil ce qu’ils représentaient. Ici, le printemps en rose pâle et marron, une tenue légère du renouveau et de la régénération. La page suivant, l’été, avec ses larmes d’or glissant le long du costume. Je tourne la page. L’automne y est représenté par un camaïeu de rouges orangés, rappelant les couleurs d’un coucher de soleil. Enfin, l’hiver, froid et glace dans des arabesques transparentes rappelant les flocons.

« C’est magnifique, dis-je, sincère. Tes élèves ont de la chance d’avoir une professeure telle que toi, le spectacle promet d’être merveilleux. Je dois avoir tout ce dont tu as besoin, choisis ce que tu veux dans ce que je t’ai ramené, jette un coup d’œil dans les rayons. Je fais juste un tour en arrière-boutique pour aller chercher quelque chose, j’ai un tissu en tête qui, je pense, devrait te plaire. »

Posant son carnet sur le comptoir, je me redirige vers la réserve, d’un pas rapide car je sais exactement ce que je veux. Un tissu blanc, légèrement opaque, décoré de rosaces bleu turquoise perçant. Parfait pour le costume d’hiver. J’en sélectionne une quantité suffisante et retourne en boutique. Attrapant son carnet resté sur le comptoir, je l’ouvre à la page du costume d’hiver.

« J’imaginais ce tissu pour la partie haute du costume, les bras et le haut de la poitrine, ainsi que pour la jupe, pour rappeler la légèreté de la neige. »

Tout en parlant, mon doigt glissait sur le dessin, sur les différentes parties où le tissu me paraît approprié.
Alors que je réfléchissais au spectacle, les costumes s’envolèrent du carnet, et prirent comme vie devant moi. Je m’imaginais dans une salle de spectacle (j’espérais que ce n’était pas une du Capitole, même si j’en doutais), assise au premier rang, les yeux rivés sur la scène. Les costumes avaient été revêtus par des petites danseuses qui évoluaient maintenant gracieusement sur la scène. La musique était parfaite, le spectacle sublime.

Des petits pas dans l’escalier me sortirent de ma rêverie. Aaron s’était réveillé de sa sieste et descendait dans la boutique. D’abord timide devant mon interlocutrice qu’il ne connaissait pas, il courra dans les bras que je lui tendais, je le soulevais du sol et resserrait mon étreinte.

« Bien dormi ? » Il me répondit d’un petit hochement de tête. « Aaron, je te présente Equinoxe. Va lui dire bonjour, après tu pourras aller jouer dehors. » Il sauta par terre, se dirigea vers la jeune femme pour sortir un timide « Bonjour Madame » avant de filer dehors. Je le regardais sortir, d’un œil attendrit, sans relevé l’impolitesse, totalement excusable pour un enfant de son âge. Une fois que je ne pouvais plus le voir à travers la vitre du magasin, je me tournais vers Equinoxe, pour connaître son avis.


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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Mer 28 Mai - 22:14


Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère ou de la moindre attention; Ils ont le pouvoir de changer une vieClaire & Equinoxe


La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

Lorsque Claire pose les yeux sur mes dessins, je voit son regard s'illuminer comme si elle comprenait tout de suite, l'univers et caractère que je voulais donner à ce spectacle. Elle semblait savourer les tenues et cela me rendais heureuse, car à part elle et ma mère, personne n'avait encore vu mes croquis pour ce spectacle, et la réaction de Claire ressemblait à celle de ma mère, en un peu moins « capitolien », mais je préférai ça, j'avais l'impression qu'on me parlais plus sincèrement, sans en rajouter des couches.

-C’est magnifique. Tes élèves ont de la chance d’avoir une professeure telle que toi, le spectacle promet d’être merveilleux. Je dois avoir tout ce dont tu as besoin, choisis ce que tu veux dans ce que je t’ai ramené, jette un coup d’œil dans les rayons. Je fais juste un tour en arrière-boutique pour aller chercher quelque chose, j’ai un tissu en tête qui, je pense, devrait te plaire. 

Elle posa mon carnet sur le comptoir et fonça vers l'arrière-boutique tendis que je touchais les tissus hésitant encore entre plusieurs couleurs. Fermant les yeux pendant quelques instants, je m'imaginais au Capitole, dans le studio de danse en compagnie des petites apprenties, je les adorais. Elles étaient celle à qui je voulais faire plaisir, où je pouvais faire certains sacrifice pour elles. Mais je savais qu'au fur et à mesure, je me rongeais. Depuis longtemps j'avais l'impression de ne pas trouver quelqu'un avec qui je me sentait « bien ». Je devais garder tout ce que je pensait au fond de moi, pour ne pas passer pour « étrange », « rebelle ». Je ne m'était pas remise en question depuis longtemps...Je fuyait mes songes lorsque Claire revint, tenant entre ses doigts un tissus magnifique.

- J’imaginais ce tissu pour la partie haute du costume, les bras et le haut de la poitrine, ainsi que pour la jupe, pour rappeler la légèreté de la neige. 

Tendis qu'elle parlait, son doigt glissait le long de mes croquis. Puis elle se tue, et son regard se perdit dans le vide, elle devait penser à quelque chose. Soudain, elle tourna la tête vers l'escalier. Un petit garçon en descendait. Je lui sourit, mais celui-ci semblait timide face à moi et il parti se réfugier dans les bras de sa mère avant de m'adresser un petit « Bonjour Madame » et de partir en courant vers la porte d'entrée. Je souriait attendrie par le petit

-Le tissus est magnifique, je vais le prendre ! Quant à ton fils, il es vraiment mignon. Déclarais-je sincèrement, à la fois j'enviais Claire, avec Pantalaimon dans l'appartement, je ne pourrai pas avoir une vie de famille sans remort. Je rêverai tellement d'en avoir un, mais j'ai l'impression que si je m'engage avec quelqu'un, je trahirai  Pan.... Dis-je distraitement. Oubliant même que je m'était refusée de parler de lui pour des raisons morales.

Dire qu'on avait un muet chez soi à une personne d'un district s'était foncer droit dans le mur, pourtant prise par la culpabilité, mes pensées et ma fatigue, j'avais commencer à dire son prénom, avant de m'arrêter brusquement. Le rouge me monta au joues et je mis ma main devant la bouche.

-Oups !
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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Dim 1 Juin - 18:33


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot


« Le tissus est magnifique, je vais le prendre ! Quant à ton fils, il es vraiment mignon. Je rêverai tellement d'en avoir un, mais j'ai l'impression que si je m'engage avec quelqu'un, je trahirai  Pan.... »

J’attendais la fin de sa phrase, qui ne venait pas. Mais qui était donc ce Pan … à peine eu-je le temps de me le demander que l’image d’un jeune homme s’imposa dans ma tête. Pantalaimon, un Muet qui travaillait au Capitole. Je l’avais croisé une fois, et j’avais trouvé sa situation bien triste. Son évocation se répercuta en moi de la même manière qu’un coup de poing dans l’estomac : j’étais bouche bée, je n’arrivais plus à parler. Cela voulait-il dire qu’il était désormais à son service ?

Comme se rendant compte de son erreur, le visage d’Equinoxe s’empourpra, et, confuse, elle mit sa main devant sa bouche. Je ne le remarquais même pas, tant j’étais surprise par sa déclaration.  M’étais-je trompée sur le compte d’Equinoxe ? Etait-elle finalement comme tous ces Capitoliens, disposés à accepter la torture pour satisfaire leur petit confort ? Ces Muets, mutilés d’un muscle aussi précieux qu’utile –la langue- ne méritaient (et ne mériteront jamais) une telle souffrance, peu importe la faut qu’ils aient pu commettre. Et quand on connait ce que le Capitole considère comme une faute, on ressent encore plus de pitié pour ces hommes qui ne sont désormais considérés comme n’ayant pas plus de valeur qu’un meuble ou une machine.

Des sentiments complètement contradictoires me submergèrent, et je me retrouvais au bord des larmes. Je me maudissais intérieurement : pourquoi me mettais-je dans cet état-là ? La réponse s’imposa à moi : j’avais l’impression d’être trahie. Je comptais mes amis sur les doigts de la main –d’une seule main-, et savoir qu’ils n’étaient pas ce que je pensais m’affligeais profondément. Je maudissais également ma fragilité : incapable de dissimuler mes sentiments, je me mettais dans tous mes états pour rien. M’efforçant de contrôler à la fois la colère et les larmes qui menaçaient de surgir et d’exploser à tout instant, je lui demandais d’une voix ferme, qui contrastait avec le ton employé quelques instants auparavant :

« Et qu’est-ce que ça pourrais te faire, de le trahir ? De toute façon tu n’as aucune considération, aucun respect pour lui, pour eux ! Dis-moi franchement ce que tu en as à faire de ses sentiments ! »

Les yeux brouillés par des larmes de colère, je renverse dans mon emportement une pile de tissus que j’avais pliés et qu’il ne manquait plus qu’à ranger. Je ne m’en rendis même pas compte. Je ne savais même plus vraiment contre qui je me mettais en colère. Qui j’accusais réellement derrière pique. Etait-ce réellement Equinoxe qui était visée, ou le Capitole en général, ses méthodes, ses pratiques, ses idéaux ? Au fond la jeune femme n’avait rien demandé, peut-être même lui avait-on imposé. Je n’avais pas à la juger, c’était mon amie et je me devais de lui faire confiance. Prise de remord par mon soudain excès de colère, je levais les yeux pour affronter son regard et appréhender sa réaction.


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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Ven 6 Juin - 12:25


Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère ou de la moindre attention; Ils ont le pouvoir de changer une vieClaire & Equinoxe


La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

Rapidement, je me rend compte que je n'aurait jamais du prononcer le début de ce prénom. Le visage de Claire passe de l'étonnement, à la tristesse pour arriver à la colère. Intérieurement je me maudit ! Mais quelle sotte ! Je croit que le pire dans tout cela, c'est qu'elle semblait le connaître. Je ne savait pas comment elle allait réagir face à cette nouvelle, peut-être se maudissait-elle aussi, pensant que je suivait le doux chemin de la paix Capitolienne, en fermant les yeux et en regardant avec ferveur les Hunger Games. Mais il n'étais rien de tout cela, je n'étais pas -et je ne me considérait pas- comme rebelle, mais pour autant, les jeux de la faim n'était pas mon tripe au même titre de certaines règles et façons de penser.

« Et qu’est-ce que ça pourrais te faire, de le trahir ? De toute façon tu n’as aucune considération, aucun respect pour lui, pour eux ! Dis-moi franchement ce que tu en as à faire de ses sentiments ! » me dit-elle d'une voix ferme avec une pointe de colère qui contrastait avec sa posture.

Sans s'en rendre compte, elle renversa une pile de tissus colorés, elle commençais à se mettre réellement en colère, pourtant sûrement prise d'un instant de lucidité elle releva les yeux vers moi afin d'affronter me regard. Comment réagir face à cette pique ? Je ne voulait pas répondre sur le même ton, de peur de la blesser, mais si je répondait autrement, je me montrerai inférieure à elle, et je ne comptais pas faire des courbettes à toute Panem. Les gens me prenait pour une femme forte, caractérielle, mais gentille et douce. Je levait les yeux vers elle, ne sachant par où commencer, ma voix se fit d'abord ferme, puis mes émotions me submergèrent et ma voix fut plus délicate, plus douce.

-J'ai de la considération pour lui, pour Pantalaimon ! Il à débarqué dans ma vie du jour au lendemain, à tuer ma chienne, m'a rendue dingue, m'a fait pleurer, à abattu toute mes barrières. Personne n'en à jamais été capable, à part ma mère. Tout cela sans prononcer un mot. Je pourrai le haïr, mais à quoi bon ? Je pourrai le disputer, le punir, mais faire du mal aux autres, ce n'est pas ma tasse de thé. Il es libre de faire tout ce que bon lui semble, même si il reste dans sa prison dorée, je n'ai rien de mieux à lui proposer pour le moment...

Je continuais de fixer Claire, pour voir si elle me croyait, car si personne ne pourrai me croire, à quoi bon tenter de se battre pour qu'il ai une vie meilleure. Un choix s'imposait silencieusement à moi ; rejeter mes remord et vivre tel une véritable Capitolienne, bercée d'une vie d'illusion mais avec une vie de famille, ou bien tenter d'améliorer la situation de Panta', quitte à me faire arrêter pour rébellion pour avoir tenter de lui rendre une vie bien moins pénible, quitte rejeter mon identité de Capitolienne sans avoir de famille. Les deux était alléchant, et le choix s'imposait à moi comme un véritable dilemme...


(c) Bloody Storm

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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Dim 8 Juin - 12:38


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot


A mon grand étonnement, elle ne réagit pas du tout comme je l’avais imaginé : au lieu de s’énerver, comme je venais sans raison de le faire, sa voix était douce, presque compatissante, dont on pouvait sentir l’émotion vibrer.

« J'ai de la considération pour lui, pour Pantalaimon ! Il à débarqué dans ma vie du jour au lendemain, à tuer ma chienne, m'a rendue dingue, m'a fait pleurer, à abattu toute mes barrières. Personne n'en à jamais été capable, à part ma mère. Tout cela sans prononcer un mot. Je pourrai le haïr, mais à quoi bon ? Je pourrai le disputer, le punir, mais faire du mal aux autres, ce n'est pas ma tasse de thé. Il es libre de faire tout ce que bon lui semble, même si il reste dans sa prison dorée, je n'ai rien de mieux à lui proposer pour le moment... »

Au fur et à mesure de sa tirade je me calmais, mon pouls reprenant doucement un rythme normal. Je levais la tête vers elle. Ses yeux me suppliaient de la croire, tandis que j’étais perdue. Elle devait l’être elle aussi. Elle n’avait pas choisis la voie de la facilité en refusant d’être une Capitolienne « comme les autres ». Honteuse de ne pas lui avoir fait confiance –de la juger avant même qu’elle n’ait eu le temps de s’expliquer-, je lui demandai pardon.

« Je suis désolée … sincèrement. Ce n’est pas à moi de te juger alors que je ne sais même pas ce que tu vis, ce que tu endure chaque jour. Je suis ton amie, et mon rôle est de te soutenir au lieu de t’accuser. Si tu as besoin de te confier, de te livrer, tu peux compter sur moi, je te promets d’être là pour toi. »

Plus je parlais, plus je sentais la véracité de mes paroles. La confiance, la confiance réciproque, voilà sur quoi devrait être basée notre relation comme toutes les autres, comme la société entière. Au lieu de ça, les gens sont méfiants, parano, barbares, individualistes. Et je m’incluais dans le lot, je n’avais pas la prétention d’être mieux que tout le monde, comme le prouvait parfaitement la réaction que je venais d’avoir. Mais je restais convaincue c’est la confiance qui nous aiderait à construire un monde meilleur, plus juste et plus radieux. Il faudrait « faire flamboyer l’avenir », comme disait Arthur, citant un de ses auteurs préférés. Mais qui serait encore prêt à prendre la torche qui éclairerait le chemin vers ce monde ? Certainement pas moi. Je ne m’engagerais jamais dans quoi que ce soit de ce genre. Ce n’est pas une question de courage, de volonté, ou même de moyen, bien que je ne sache pas si j’en serais capable. Non, il y a juste une chose qui me retient, comme une ancre à un bateau. Aaron. Il est mon ancre, un ancrage à la réalité qui me permet de garder le plus possible les pieds sur terre et ne pas perdre totalement la raison.

« Ce n’est pas toi que j’accusais en fait. Je crois que ce réquisitoire visait Panem, le président et tout ce qui le soutienne, et je sais que tu n’en fais pas partie, que tu traites Pantalaimon correctement, qu’il doit être plus heureux avec toi que dans les prisons du Capitole et … que je peux avoir confiance en toi. »

Ma voix se brisa sur ces derniers mots. Fichu caractère trop émotif ! Je ne savais plus quoi faire, je me sentais gauche et resta debout, les bras le long du corps, la tête baissée comme attendant une sentence qu’Equinoxe poncerait, me condamnant en refusant mes excuses ou me libérant d’un poid sur le cœur en les acceptant.

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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Lun 9 Juin - 22:14


Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère ou de la moindre attention; Ils ont le pouvoir de changer une vieClaire & Equinoxe


La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

« -Je suis désolée … sincèrement. Ce n’est pas à moi de te juger alors que je ne sais même pas ce que tu vis, ce que tu endure chaque jour. Je suis ton amie, et mon rôle est de te soutenir au lieu de t’accuser. Si tu as besoin de te confier, de te livrer, tu peux compter sur moi, je te promets d’être là pour toi. Ce n’est pas toi que j’accusais en fait. Je crois que  ce réquisitoire visait Panem, le président et tout ce qui le soutienne, et je sais que tu n’en fais pas partie, que tu traites Pantalaimon correctement, qu’il doit être plus heureux avec toi que dans les prisons du Capitole et … que je peux avoir confiance en toi. »

Elle semblait sincèrement désolée, je la regardais tendrement, compatissante. Nous ne vivions pas les mêmes choses, ni dans les mêmes endroits, mais nous nous comprenions, du moins,  c’est l’impression que j’avais. Sa tirade me fit sourire, je ne vivais pas l’enfer au Capitole, loin de là, et si Claire aurait besoin d’aide je serais là pour l’épauler, mais je pense que si mon cœur deviens trop lourd, que j’ai besoin de discuter, c’est vers elle que je me tournerai.  

La vie dans les districts n’est pas facile, je le sais très bien. La rébellion y es discrète mais n’en reste pas moins présente. Comme au Capitole, il faut se battre, montrer les crocs et prendre sa place. Nos vies sont déjà toutes tracées, pas le droit de sortir du rang. Cette pensée me fit réagir et je me dis au fond de moi que je refuserais de suivre cette ligne.  Les véritables artistes deviennent vos meilleurs amis où vos pires ennemis, quelqu’un à protéger ou à abattre. Une vie rectiligne ? à quoi cela sert ? Comment profiter véritablement  du bonheur sans avoir connu le désespoir avant. Se battre pour vivre mieux n’a qu’un véritable sens quand ont ne sais plus quoi en penser.  Mais aurais-je la force ? Je n’en savais rien

-Je ne vis pas l’enfer au Capitole non plus, même si je peine à trouver ma véritable place. Tant que je suis en accord avec moi-même rien ne peu me faire défaillir ! Déclarais-je  d’une voix plus assurée avant de laisser échapper un petit  rire.  Peu être juste une ou deux personnes, j’avoue. Puis je repris sérieusement. Je comprends ta colère, mais n’oublie pas que même si je vis au Capitole, je n’adhère pas forcément à leurs idées, que je ne pense pas comme eux.

Je posais mon sac par terre. Beaucoup de Capitoliens serait offusqués d’être dans cet endroit, de sentir la misère pas loin, de voir les visages creusés et les yeux tristes des habitants, de me voir parler avec un cœur plus léger aux habitants des districts qu’a leur petite personne. Mais peu importe, je n’étais pas comme eux, j’étais obligée de porter des masques mais au fur et à mesure, je refusais que l’on me compare à mes compatriotes, que l’on me catégorise. Peut-être qu’un jour une chance se présentera à moi, mais il ne faut pas que j’espère trop non plus. Je tendis mes bras vers Claire pour la prendre dans mes bras. La tristesse se lisait dans ses yeux, sa vie ne devait pas être facile tout les jours.

-Si tu as besoin d’apaiser ton cœur, de libérer tes maux ou tout simplement de parler, tu peux aussi compter sur moi. Je ne pourrai pas toujours être là, car nous habitons loin l’une de l’autre, mais je te promets d’être là quand je le pourrai.
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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Mar 24 Juin - 18:46


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot


« Je ne vis pas l’enfer au Capitole non plus, même si je peine à trouver ma véritable place. Tant que je suis en accord avec moi-même rien ne peut me faire défaillir ! Peut-être juste une ou deux personnes, j’avoue. Je comprends ta colère, mais n’oublie pas que même si je vis au Capitole, je n’adhère pas forcément à leurs idées, que je ne pense pas comme eux. »

Sa réplique me faisait penser qu’elle acceptait mes excuses, ce qui me soulagea grandement. Je n’étais pas très sociable, et me disputer avec mes –rares- amis, pour une raison aussi insignifiante que celle-ci, n’est certainement pas une bonne idée, surtout en ce moment où, avec la Moisson qui approche, je suis plus tendue que jamais. Cet évènement, qui chaque année revient à la même date, toujours pareil, toujours les mêmes personnes, les mêmes discours, les mêmes morts. Toujours plus affreuses les unes que les autres. Chaque mort dans l’arène me fait l’effet d’un coup de poignard dans le ventre, et je pense aux familles des victimes. A leurs parents, leurs frères et sœurs. A la personne qui partageait leur vie. A leurs enfants. « Stop stop stop, on arrête-là, me dis-je mentalement. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment approprié, tu te lamenteras sur son sort peut-être un autre jour. » Me reprenant, je m’adressais de nouveau à Equinoxe :

« Tu as raison, les conditions dans lesquelles toi et moi vivons ne sont pas les mêmes. Nos deux mondes sont opposés et pourtant ni à toi, ni à moi la vie que nous menons ne convient. »

Et je me demande quel monde serait enclin à proposer une vie décente à tous. Certainement pas le notre. Mais je ne voulais pas gâcher le temps précieux qu’il me restait avec Equinoxe pour parler de politique, de rêves irréalisables, d’utopie.

« Si tu as besoin d’apaiser ton cœur, de libérer tes maux ou tout simplement de parler, tu peux aussi compter sur moi. Je ne pourrai pas toujours être là, car nous habitons loin l’une de l’autre, mais je te promets d’être là quand je le pourrai. »

Cette réplique  me toucha profondément, et je lui étais reconnaissante de m’ouvrir son cœur et de m’assurer de son soutien. Je parlais rarement de mes soucis, mes problèmes, mes angoisses. En général, je les garde pour moi, et ces angoisses s’accumulent, et lorsque mon quota émotionnel sature, j’explose, à la manière d’une bombe à retardement. Et ce n’est jamais très joli d’être présent à ce moment-là.

« Ton soutien me touche énormément, sache-le. A mon tour de te dire que tu pourras compter sur moi quand tu en auras besoin. Mais malgré la distance … »

Je n’avais pas fini ma phrase que la raison de sa visite s’imposa à moi. Elle était venue acheter des tissus, comment avait-on pu dévier jusqu’à parler de ça ? Ramassant les tissus qu’Equinoxe avant choisis, j’entrepris de les plier soigneusement pour ne pas qu’ils se froissent et calculait mentalement le prix total de ses achats. Après lui avoir annoncé le montant, je lui tendis le sac, rempli de tissus, les lanières prêtes à céder sous leur poids.

« Si tu veux je t’accompagne à la gare, pour t’aider à porter les sacs, et j’ai besoin de marcher un peu. Qu’en dis-tu ? »


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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Mar 1 Juil - 10:23


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La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

-Ton soutien me touche énormément, sache-le. A mon tour de te dire que tu pourras compter sur moi quand tu en auras besoin. Mais malgré la distance …

Je souriais sincèrement. Rare était ce genre d'annonce dans Panem, surtout au Capitole, dès que tu n'allais pas bien, les gens s’éloignait de toi comme si ils fuyaient la peste en personne. Alors pour te relever tu n'a que tes mains et ta force. Comme disait un certain proverbe, « tomber est autorisé, se relever est obligatoire. ». Et cela je le savait pertinemment, et c'est en partie pour cela que je me relevais toujours, que je cachais mes pleurs, ma tristesse. Je montrais l'image d'une femme forte et intouchable pour que l'on me laisse tranquille. Mais au fur et mesure des années, je sentait mon souffle devenir plus court. Mes heures seule dans mon appartement me laissait un moment pour me relâcher, un moment pour pleurer, pour retirer ma carapace. Or, lorsque je danse, celle-ci ce retire d'elle même et décrit mon mal en le transformant en chorégraphie. C'était ici que nous nous sommes rencontrés, Claire et moi. Sur les scènes du Capitole, animée par une seule et même passion, la dance.

Claire pliait soigneusement les tissus avant de les ranger dans un grand sac. Je la regardait calmement faire. Puis je sortit le montant demandé -il n'était pas très haut par rapport au nombre de tissus que j'avais achetés- Je décidait de rajouter quelques bons billet en plus. Claire ne compta pas devant moi. Elle me tendis le sac, débordant de tissus. Ma fatigue commençais à se faire sentir, j'allais rentrer de nuit comme d'habitude, et j'allais sûrement m'endormir dans le train.

-Si tu veux je t’accompagne à la gare, pour t’aider à porter les sacs, et j’ai besoin de marcher un peu. Qu’en dis-tu ?

-Ce serait très gentil à toi Claire.

Puis nous sortîmes de sa boutique -qu'elle referma soigneusement à clé- pour nous diriger vers la gare. Le train n'allait de toute manière pas tarder à arriver. Je regardais les gens, les enfants. Leur regard triste, leur vêtements boueux et leur mains pleines de pansements. Le sol lui même l'était un peu, la pluie était tombée tôt ce matin ici et rare semblait les endroit être bitumés. Les enfants couraient, jouaient dans la boue, leur sourires semblaient indélébiles. On retirait la vie à des pauvres enfants comme eux ? Qui jouent dans la boue, qui n'ont pas un jouet. Honteuse, je tournais la tête pour ne plus les voir. Puis je regardait Claire tristement. Je n'imaginais pas, la douleur, ni la peur, de voir ses proches se battre, se faire tuer dans une arène. La peur d'être sélectionné. De plus nous approchions de la moisson. Ici, une fille et un garçon seront choisi. J'avais peur pour son fils. Certes il n'était pas encore assez âgé, mais lorsqu'il le sera, comment Claire pourra-t-elle gérer cela ? J'étais honteuse, honteuse d’appartenir au chanceux qui pour leur « bien » sacrifiait vingt-trois vie par ans.
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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Sam 12 Juil - 21:22


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot


A peine avions nous fait quelques pas dehors que je sentis l’attention d’Equinoxe se détourner de la route pour se porter sur les enfants qui jouaient dehors. Même sans le montrer, je sentais toute l’horreur qu’elle ressentait. Contrairement aux autres Capitoliens que j’avais pu croiser ici, son regard ne trahissait pas une once de dégoût, et je doute qu’elle en ressentait. Alors que les autres pressaient le pas de peur de salir leurs vêtements, ou pire, que ces enfants les abordent pour leur demander quelques pièces, Equinoxe ralentissait le pas et les observait. Brusquement, elle tourna la tête, le rouge lui monta aux joues et je la sentie hésitante, voire honteuse. La raison ne vint pas immédiatement à moi : elle n’avait strictement rien fait de mal, au contraire. Mais ces petits ne le savaient pas. Ils ne pouvaient la voir qu’uniquement comme la responsable de la mort de 23 gamins comme eux, qui donnaient leur mort en spectacle pour le bon plaisir de quelques personnes bien placées. Je voulais la rassurer, mais je ne savais pas comment m’y prendre. J’avais peur de mal me faire comprendre, qu’elle n’interprète pas correctement ce que je voulais dire. C’est donc d’une voix hésitante et d’un ton trébuchant que je pris la parole :

« Tu n’y es pour rien. J’espère … j’espère que tu le sais. Je ne voudrais pas que tu te sentes coupable alors que tu es innocente, alors que tous ceux qui devraient se reprocher quelque chose sont en train de se remplir la panse sans penser à nous, quelque part au Capitole. Et, crois-moi, ils ne sont pas si malheureux que tu peux en avoir l’impression. »

J’essayais de me montrer convaincante, mais sans beaucoup de succès. Alors que je pesais mes mots pour continuer mon argumentation, et espérer la convaincre, un groupe de gamins à qui je donnais parfois des cours de danse s’approcha en sautillant vers nous. D’un geste de la main, je les invitai à approcher. La plus petite sauta dans les bras, tandis que les autres formèrent un cercle autour d’Equinoxe et moi.

« Les enfants, voici Equinoxe. C’est une amie à moi, elle est également professeur de danse. Equinoxe, je te présente Clotilde, Frank, Jade, Capucine, Jason, Clark et Fanny. »

A chaque nom je pointais d’un signe de tête l’enfant à qui il appartenait. Bien que les mains et le visage pleins de boues, chacun lui adressa un grand sourire accompagné d’un joyeux « B’jour madame ! ». Je m’attendais à ce qu’ils repartent, mais la plus grande, Capucine, s’avança d’un air timide et lui adressa directement la parole « Vous avez une robe magnifique ! » Ses petits yeux verts brillaient, non pas d’envie ou de jalousie mais d’admiration. Elle n’avait jamais vu de tissu aussi beau, n’en reverrait probablement jamais, mais ne s’en formalisait pas. Elle profitait simplement de l’instant pour l’admirer. « Vous êtes très jolie » ajouta le petit Jason en s’empourprant. « Et vous avez l’air très gentille » rajouta-t-il rapidement, comme pour donner une contenance. Profitant de la présence des enfants, qui j’espérais pouvait la calmer comme elle le faisait sur moi, je me tournai vers elle et reprit la parole :

« Tu vois, à cet âge-là, ils n’ont aucun préjudice, aucune idée reçue. Ils sont jeunes, encore innocent et se contentent de peu. Tu n’as pas à avoir honte ou à te sentir coupable, crois-moi ils sont très heureux où ils sont. »

J’espérais me montrer cette fois-ci plus convaincante ; je plongeais mes yeux dans ses pupilles pour deviner ses pensées : espérant ne pas l’avoir froissée, vexée ou trop surprise, j’attendais, j’appréhendais sa réaction.


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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Jeu 17 Juil - 22:49


Nous sous-estimons souvent le pouvoir d'un contact, d'un sourire, d'un mot gentil, d'une oreille attentive, d'un compliment sincère ou de la moindre attention; Ils ont le pouvoir de changer une vieClaire & Equinoxe


La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot

« Tu n’y es pour rien. J’espère … j’espère que tu le sais. Je ne voudrais pas que tu te sentes coupable alors que tu es innocente, alors que tous ceux qui devraient se reprocher quelque chose sont en train de se remplir la panse sans penser à nous, quelque part au Capitole. Et, crois-moi, ils ne sont pas si malheureux que tu peux en avoir l’impression. »

Je regarde Claire, pas très convaincue. Le problème c'est que je me sent coupable, car j'ose regarder la misère alors que les autres ne le font pas, je m'en veut de rien faire alors qu'encore cette année, nous allons assister à une vraie boucherie. Je m'en veut car, j'ai accès à l'eau potable, à une nourriture de qualité, à un confort, que n'ont pas les autres. Je m'en veut car, j'ai chez moi, un être humain qui m'appartient, je m'en veut car finalement j'ai l'impression que je ne vaut pas mieux que mes compatriotes. Lorsque je cesse de me morfondre sur mon compte, plusieurs petites bouilles se sont placées entre Claire et moi.

« Les enfants, voici Equinoxe. C’est une amie à moi, elle est également professeur de danse. Equinoxe, je te présente Clotilde, Frank, Jade, Capucine, Jason, Clark et Fanny. »

Tout en citant leur prénom elle les pointe chacun leur tour d'un petit signe de tête. Ils semblent me regarder sans crainte. Leur visage sont orné d'un grand sourire et doux sourire.  Tous ensemble ils m'adresse un « B'jour madame » qui me fait sourire et m'attendris. Claire semble aussi surprise que moi quand la plus grande des jeunes fille, Capucine s'approche de moi et admire ma robe, puis elle me regarde avec de grands yeux pétillants « Vous avez une robe magnifique ! » Sans que j'aie le temps de lui répondre, le petit Jason ajouta « Vous êtes très jolie ,et vous avez l’air très gentille » , il rougit un peu mais je fait mine de ne pas voir ce détail. Je m’accroupis à leur hauteur émue par leurs compliments.

« Merci... »

« Tu vois, à cet âge-là, ils n’ont aucun préjudice, aucune idée reçue. Ils sont jeunes, encore innocent et se contentent de peu. Tu n’as pas à avoir honte ou à te sentir coupable, crois-moi ils sont très heureux où ils sont. »

Elle me fixe et je relève la tête vers elle afin de croiser son regard. Elle n'a pas tord, ils ont l'air si simple, si heureux, avec des sourires sincères et des rires joyeux. Ils ne semblent pas chercher à être meilleurs que les autres et semblent être soudés par des amitiés sincères. Claire à raison. Je préfère les voir heureux que pervertis par l'esprit de compétition du Capitole, je préfère les voir naturels, sans masques.

« Tu as raison Claire, ils sont mieux ici malgré les épreuves qui les attendent... »

Puis je reporte mon attention sur les enfants qui s'approchent vers moi lorsque je leur tend les bras. D'abord un peu timide, les filles finissent par me rejoindre pour une accolade. Les garçons restent en retrait n’osant pas venir, je leur fait signe de se joindre à nous et ils finissent par nous rejoindre.

« Vous êtes vraiment adorables, tous aussi mignons. »

Je me relève vers Claire et lui souris, pas sans avoir les yeux brillant sous l'émotion. Je ne sais pas quoi lui dire, mais je pense que m'a reconnaissance est visible à travers mon visage. Finalement, j'avais bien fait de quitter le Capitole le temps d'une journée. D'aller chercher mes tissus et de discuter avec Claire. Avec elle, pas de préjugés, ou presque, mais au moins je pouvais me confier librement sans avoir peur d'être observée et qu'on me délaisse. Claire était une véritable amie.
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MessageSujet: Re: La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot   Mer 13 Aoû - 12:28


Equinoxe & Claire


▲La danse est un poème dont chaque mouvement est un mot


« Tu as raison Claire, ils sont mieux ici malgré les épreuves qui les attendent... »

A la fois ravie et soulagée d’avoir convaincue Equinoxe, je regardais les petits d’un œil bienveillant. Tous avaient le sourire, le regard pétillant. Inconscients du danger qui les menace à chaque instant, et qui ne fera que grandir en même temps qu’eux. D’un geste maternel et bienveillant, Equinoxe les invita à aller dans ses bras. Avec plus ou moins d’hésitations, tous vinrent se blottir contre elle.

« Tu ferais une très bonne mère … » chuchotais-je pour moi-même, sans être sûre qu’elle m’ait entendue.

Et j’étais sincère : les enfants se sentaient à l’aise avec elle, et je la voyais heureuse avec eux. Mais il se faisait tard, et je ne crois pas que l’endroit soit le plus approprié pour avoir cette discussion. Une prochaine fois, peut-être…

« Vous êtes vraiment adorables, tous aussi mignons. »

Cette remarque confirma ma pensée, et les petits s’écartèrent et retournèrent à leurs occupations. Les uns couraient après les autres pour les attraper, d’autres s’agenouillèrent au sol et continuèrent la découverte de leur trésor enfouie sous la boue. M’attardant quelques secondes devant ce spectacle qui avait le don de m’attendrir, je repartie, invitant Equinoxe à me suivre. Le train pour le Capitole n’allait pas tarder, et vu sa fréquence de passe, il valait mieux pour elle qu’elle ne le loupe pas. Accélérant légèrement le pas –nous avions perdu du temps à s’arrêter-, la fin du trajet s’effectua sans échanger une parole. Cela ne me dérangeait pas : jamais très bavarde, j’avais l’habitude de vivre dans le silence. Seul Aaron rajoutait un peu de vie dans cette habitude monotone. Contrairement à d’autres qui profitent de chaque instant pour parler avec un ami qu’ils avaient peu l’occasion de voir, je profitais du silence autant que de la parole. Ces temps sacrés signifiaient beaucoup pour moi –respect, harmonie, partage. Et je pensais –j’espérais !- qu’Equinoxe en connaissait la signification autant que moi.

Je me trompais peut-être, mais j’avais l’impression de marcher avec une Equinoxe beaucoup plus détendue qu’à son arrivée, il y a quelques heures. L’air frais, peut-être, ou la marche lui avaient fait du bien, bien que je pense que le changement soit plus profond. Je le voyais à sa démarche, plus souple, plus harmonieuse. J’espérais que sa visite d’aujourd’hui dans le district 8 lui avait permis d’effacer des doutes qu’elle aurait pu avoir. Même si je sentais qu’il y avait quelque chose d’autre.

Ainsi occupée à trouver la raison de son changement, le trajet jusqu’à la gare se déroula rapidement. Sur le quai, les embrassades furent émouvantes. Malgré la promesse que je m’étais faite, une larme coula discrètement sur la joue, que j’effaçais rapidement. Malgré mon désir de la revoir le plus tôt possible, à Panem rien n’était jamais sûr, et notre prochaine rencontre pouvait autant avoir lieu dans un mois que dans plusieurs années. La prenant rapidement dans mes bras une dernière fois –la sonnerie du train annonçait son départ imminent, je lui chuchotais : « A bientôt … Merci et bon courage. » Ce n’était pas ce que j’avais prévu de lui dire, mais l’émotion m’empêchait de dire quoi que ce soit de plus.

***

Sur le chemin du retour, mes pensées divaguèrent, et je les laissais faire. Soudain je compris ce qui avait changé en elle aujourd’hui. Son regard la première fois qu’elle vit les enfants était complètement différent de celui qu’elle leur avait adressé en partant. Un regard plus léger, plus joyeux. Un peu de culpabilité avait quitté le poids qui pesait sur ses épaules.



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