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 Le silence est brisé...

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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Dim 27 Juil - 18:16

Le silence est brisé
Silver suivait tranquillement le groupe de blessées, on les transportait autre part dans un petit hôpital aménagé pour l'occasion. Sa brûlure lui faisait de plus en plus mal, quand elle commença à relever sa manche, elle vit que le tissu était brûlé et coller à la chair à vif. Un blesser à côté lui dit de ne pas trop touché , car une fois le tissu enlevé de la chair vif, il faut immédiatement désinfecter pour éviter une infection.
Quand le groupe arriva au poste de secours, elle s'aperçut qu'il n'y avait pas assez de personnel. Des infirmier, des docteurs commençaient à courir dans tous les sens pour soigner le maximum de patients. Une vielle femme lui indiqua d'aller attendre sur le lit au fond de la salle. Tous les lits étaient séparés de draps usée, certain patient était à l'agonie brûlait de la tête au pied, sans doute des rescapé de dernières minutes, un frisson parcouru Silver quand un homme cria à plein poumon un cri déchirant de douleur. Elle se sentait un peu coupable d'être là, elle n'est pas la plus blessait, elle se sentait aussi coupable de ne rien avoir dit à propos du chef. Mais maintenant elle ne veut pas paraître coupable de l'incendie et puis ici personne ne la croirait.
Elle s'assit sur un petit lit de fer avec des draps blancs presque gris à cause de l'usure. Des médicaments étaient déposés dans un ordre de grandeur et de couleur précis. Ce qui montrait que personne n'avait encore soigné quelqu'un sur ce lit. Quand elle s'appuya sur le lit son bras lui fit terriblement mal, elle décida alors de replier son bras droit contre elle. Elle regardait fixement l'entrepôt en train de finir de se consumer par la fenêtre quand une jeune femme brune aux yeux très clair poussa le drap blanc pour les cacher du reste de l'entrepôt. Au début Silver fut méfiante pensant qu'elle savait déjà que Silver cachait quelque chose, elle se redressa et questionna :
" -qui êtes-vous ?"
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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Sam 9 Aoû - 19:52



   
   
L’une des principales règles en secourisme était de ne pas mettre sa propre vie en danger. Ne pas ajouter un nom de plus à la liste, ou un corps aux terribles flammes ou encore des larmes dans les yeux des familles. Et ce, bien que les sauveteurs aient juré de faire leur possible pour aider autrui. C’était un paradoxe moralement lourd à supporter, qui laissait la sensation coupable qu’on aurait pu - ou tenté ? ou dû ? - faire quelque chose de plus.
Et qui aujourd’hui ne mettait pas sa vie en danger ? Le District Dix n’était pas composé de sauveteurs mais d’éleveurs. Aussi, ce n’étaient que des bénévoles qui allaient et venaient dans l’infirmerie de secours, sans cesse en déplacement, et eux n’avaient jamais été formés au secourisme. Leur but était de sauver le plus de vies possibles. Des gens qu’ils connaissaient et côtoyaient, et peu leur importait leur sécurité. C’était l’urgence.
Ethan était de ces gens, éleveur comme eux, bénévole comme eux. A la vérité, depuis l’effondrement du fond de l’entrepôt qui avait servi d’infirmerie, il avait tenté tant bien que mal d’évacuer les blessés les plus proches des flammes. Si déjà il fallait mettre une vie en danger, il préférait que ce soit la sienne propre, pas celle des autres habitants. La plupart étaient si jeunes, d’autres encore étaient des femmes dont la force ferait frémir les plus fiers du Capitole. Et aucun Pacificateur n’était là. Etaient-ils encore occupés à bloquer le passage alors que quasi tout le District était réuni là, entre les morts, les blessés et les aidants ?
Les craquements de poutres se firent soudain plus forts et les flammes plus sourdes. La chaleur devint plus oppressante et l’envie de fuir plus forte. Une jeune femme inconsciente dans les bras, Ethan leva les yeux pour voir que l’incendie s’était propagé à toutes les poutres, les calcinant, faisant ramollir la tôle. Ce n’était pas une bonne nouvelle. Pas du tout…

« Tout va s’écrouler ! »

Qui avait hurlé ? Qui avait tiré la sonnette d’alarme ? Perdu dans la foule bruyante, il venait pourtant de la sauver.
Deux minutes après, dernier dans la cohue affolée, Ethan rejoignait les autres sauveteurs, loin du bâtiment en flammes, et le regardait de l’extérieur s’écrouler, et écouta les derniers cris des condamnés, et sentit alors la fatigue et la lassitude s’emparer de lui. Il n’était pas le seul. Tout le monde avait les yeux rivés vers l’entrepôt et attendait dans un silence religieux. Finalement, quand la tôle poussa son dernier râle et s’effondra sur elle-même, signalant la fin du massacre, c‘était un horrible soulagement qui s‘empara des tripes de chacun.
Pendant un instant, aucun bruit ne brisa la lourde atmosphère. Puis les cris d’une femme s’éleva, fous et désespérés. C’était Leanore. La vétérinaire se libéra des bras de son apprentie et hurla de colère, lui répétant sans cesse qu’elle l‘avait tué. L’adolescente bouleversée lui répondit, lui interdisant de mourir, et Leanore se détourna. Personne ne chercha à savoir de qui elles parlaient. C’étaient des cris que tous portaient dans leurs cœurs et que la vétérinaire avait exprimé, des cris qui traduisaient leur douleur. Des morts, des tués… Quelles devaient être les pertes en termes humains ?
D’un commun accord et d’un même mouvement, les gens valides aidèrent ceux qu’ils avaient pus évacuer, et avec eux allait Ethan. Ils portèrent ceux qui pouvaient et le rythme reprit, avec une lourdeur plus prononcée qu’auparavant. Seulement, une question était sur leurs lèvres, répétée et amplifiée pour devenir un vrai problème : où aller ?
C’est à cet instant que les Pacificateurs apparurent, menés par Elliot Barnett, leur second.

« Nous venons de recevoir des ordres du Capitole : il faut déplacer les blessés vers l’hôtel de ville désormais aménagé en hôpital, » annonça-t-il.

Tous les sauveteurs acquiescèrent, soulagés qu’on les aide un peu, puis s’affairèrent auprès des blessés. Les yeux dans le vide, les pensées dans le vague, Ethan se tenait debout seul tandis que la troupe évacuait quand Elliott le héla :

« Ethan ? »

L’éleveur leva le regard vers le Pacificateur.

« Je peux vous appeler ainsi ? continua ce dernier.
- Allez-y, répondit Ethan d’une voix éteinte.
- Je tenais à vous remercier. Vous avez fait beaucoup aujourd’hui. Mes hommes m’ont dit que vous avez géré la situation et grandement l’évacuation des blessés. Le Capitole et surtout le District vous doivent une fière chandelle. »

Ethan ne répondit pas. Une telle fatigué pesait soudain sur lui que juste acquiescer de la tête lui coûta une énergie folle. Elliott continua d’un ton compréhensif.

« Puis-je vous demander un service ?
- Allez-y, répéta le Vainqueur.
- Je dois arranger au mieux cette crise et je souhaiterais que vous gardiez un œil sur Allya jusqu’à la fin de la journée. Les rebelles ont déjà tant fait de dégâts, et je crains qu’elle ne soit pas en sécurité… Vous êtes un vainqueur, vous savez que les choses peuvent arriver très vite…
- Je m’en occuperai. »

Elliott hocha la tête et devint moins catégorique, beaucoup plus amical, affichant un visage qui dépassa le protocole et devint compatissant. Il montra un peu l’homme derrière l’uniforme. Celui qui, finalement, avait accepté de s’occuper de Chase pendant les prochaines semaines. Son ton était empli de gentillesse et de la réelle gratitude qu’il exprimait.

« Vous semblez fatigué. Si cela ne tenait qu’à moi, je vous laisserais retourner chez vous. Mais si cela peut vous rassurer, les enfants sont en sécurité, Allya est venue demander l’aide du Capitole à temps, et Chase est parmi eux. Tout va bien.
- Merci, » répondit Ethan, et il y eut enfin un peu de chaleur dans sa voix.

Seulement, Elliott cassa ce moment de soulagement, se sentant obligé d’ajouter :

« Nous nous devons maintenant arrêter et punir tous les coupables… »

Cette phrase était bizarre. Cet homme était soudain bizarre. Cet instant était bizarre. Et Ethan s’en rendit compte alors que son vis-à-vis s’éloignait. Cela faisait des heures entières qu’il était dans le feu de l’action, occupé dans le seul but de sauver le plus de monde possible. C’était une tâche qui ne laissait pas l’occasion de souffler ou de se poser : il fallait plus, le plus vite possible, sachant qu’on en ferait jamais assez. Et ce stade là atteint, une fois que l’on avait le temps de réfléchir, on ne sentait plus que fatigue et lassitude qui écartaient toute possibilité de réflexion. Était-ce là une protection du corps contre la culpabilité ?
Dans tous les cas, Elliott venait de créer le doute dans le cœur d’Ethan, lui permettant de sortir de ce vicieux cercle. Le meneur se dirigeait lentement vers l’hôtel de ville, ses yeux allant de l’un à l’autre des nombreux Pacificateurs qui surveillaient les lieux. Ca surveiller était le mot : plus qu’un chien qui gardait la maison, ces hommes avaient l’air de Cerbère devant les enfers.
L’un deux ne lâchait pas Ethan de sa vitrine noire, confirmant à celui-ci qu’il devait avoir des soupçons. D’un geste de la main, il invita l’éleveur à presser le pas pour entrer, ce que celui-ci ne fit pas. A la place, pour éviter un commentaire ou un ordre alors que sa tête était sur le point d’exploser, ce qui ne s’arrangea pas quand il entra dans l’hôtel de ville.
Il se passait là une chose totalement normale quand une catastrophe pareille se produisait. Un deuxième hôpital de fortune avait été aménagé, pour une fois sûr parce que loin de la zone de l’accident. Seulement, du fait de la pauvreté du District, la mairie était petite et dotée de quelques pièces, dont la plus grande suffisait à peine à accueillir les blessés et les soigneurs. A cause de cela, un bruit assourdissant et une odeur insupportable y régnait, elle qui était la première pièce quand on arrivait, et donnaient à Ethan un mal de crâne plus qu’insupportable. Il avait envie de partir. Envie de récupérer Chase, rentrer chez lui et dormir - en paix, loin de tout ce chaos.
S’éleva soudain le bruit de casseroles et de marmites qui tombaient avec fracas. Ethan, comme beaucoup d’autres, tourna les yeux et vit Chloé Olympia, la fille du boulanger, debout au milieu, l’air gêné et regardant avec désespoir ses ustensiles étalés au sol. Elle avait sûrement tenté d’entrer dans une des pièces auxiliaires, qui était la bureau du maire, et qui semblait lui aussi mis à disposition. Seulement pas aménagé.
Au moins, en plus de protéger sa tête qui menaçait d’exploser, l’éleveur pourrait aider la jeune femme qui semblait peiner à rendre service.
Ethan s’approcha de Chloé et proposa son aide :

« Besoin d’un coup de main ? »



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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Jeu 4 Sep - 23:39

Besoin d'aide ?


Mon cri avait fendu les airs alors que le bâtiment s’était effondré dans un craquement effroyable. Les cris d’agonie des pauvres personnes restées coincées à l’intérieur ne se firent pas entendre longtemps, les personnes qui s’étaient attelées au secours des blessés étaient sous le choc mais à côté d’eux les victimes continuaient à souffrir alors que sous les décombres, il n’y avait plus rien. J’étais totalement affolée, dépassée par les événements et je n’étais pas la seule : les pacificateurs couraient dans tous les sens, les suppliques des blessés se mêlaient à l’odeur des cendres,… Malgré tout, j’avais continué à courir vers les entrepôts qui n’étaient maintenant plus qu’un tas de décombres fumants, l’effondrement avait au moins eu la clémence d’étouffer en grande partie l’incendie. Je restai un long moment debout, tétanisée devant la scène qui se déroulait sous mes yeux.

Seulement, les cris des victimes et le chaos qui s'étendaient sous mes yeux et hurlaient à mes oreilles me rappelèrent alors que je ne pouvait pas rester ainsi plantée là sans dire mot. Il fallait que je fasse quelque chose, n'importe quoi... Je me mis donc à courir le plus vite possible vers la scène de désolation. Des blessés, des blessés partout. Certains atrocement mutilés et dont je sus instinctivement que rien ne pourrait être fait pour les sauver de leur triste sort. Mes mains tremblaient, mon esprit vacillait mais je devais me faire une raison : il fallait que je les aide, il fallait que je sois forte. Je prenais une grande bouffée d'air, complètement pollué par la fumée. D'un pas décidé, je rejoignis des blessés à peine sortis des flammes. Un homme d'une trentaine d'années étaient allongés sur le sol, il était atrocement brûlé sur toute une partie de son visage : son oeil tuméfié ne s'ouvrirait sans doute plus jamais mais ce n'était pas le moment de s'attarder sur ces détails terrifiants. A côté de lui, une femme avait la jambe en sang, une barre en métal avait dû lui tomber dessus et sectionner une artère de sa jambe, si on ne faisait rien elle allait mourir là en se vidant de son sang. J'attrapai immédiatement le bas de mon haut et en déchirait un large ruban.

- Doucement Madame, calmez-vous... lui dis-je d'une voix aussi rassurante que possible même si elle pleurait et hurlait de douleur. Je vais vous aider.

Je disposai autour de sa cuisse le garrot de fortune et tirai dessus afin d'être certaine de maintenir la pression assez longtemps pour qu'un médecin ou quelqu'un de plus calé en médecine que moi ne puisse venir. Les blessés s'amoncelaient et rien ne se passait... Je me levai et courait vers les pacificateurs pour voir si quelque chose était à disposition pour soigner les blessés, seulement à part quelques flacons d'alcool divers et du linge ramené par des habitants alertés. Sans quitter la jeune femme des yeux, j'attrapai deux linges propres ainsi qu'une bouteille en verre dans laquelle un liquide doré bougeait à chacune de mes foulées. Je courrai vers les blessés. La jeune femme au sol était dans un triste état mais encore consciente. J'ouvris la bouteille et laissais couler le liquide sur la blessure. Même si elle hurla, je continuai en caressant avec douceur son visage, il fallait qu'elle se calme... Un gémissement et l'homme dévisagé se réveilla, il essaya de bouger et je le rassurai de ma voix, ne pouvant pas arrêter la désinfection de la large blessure de celle dont je m'occupais.

- Doucement monsieur, n'essayez pas de parler, ça va aller, je vais m'occuper de vous...

L'adrénaline me faisait agir de manière mécanique, sans m'en rendre compte je mettais en pratique tous les gestes que je connaissais et cela sans aucun effort de réflexion. Je faisais ce qu'il fallait, quand il fallait. L'homme s'agita et je prenais alors le second linge que j'humifiai d'alcool.

- Ca va brûler... dis-je à l'homme qui commençait à vouloir toucher son visage. Ne touchez pas, il ne faut pas que ça s'infecte... Doucement...

Ma voix était douce, rassurante, je me surprenais. Le linge alla toucher la partie brûlée de son visage, comme la femme avant lui il eut un sursaut et un râle lui échappa. Je le rassurais encore, caressais sa joue avec délicatesse alors qu'il grimaçait tout en maintenant de mon autre main un point de compression sur la blessure de la femme. J'étais dans une position délicate, ma jambe me lançait tant j'étais tortillée pour réussir à maintenir ces deux personnes en vie : mais justement, c'était cela l'important. Tout faire pour les garder en vie... Autour de moi tant de personne mourrait alors si je pouvais les aider eux, je le devais. Une larme m'échappa devant le brasier dans lequel tant devaient avoir péri. Peu à peu, la blessure de la femme s'arrêta de saigner et l'homme sembla s'apaiser. Un sentiment étrange m'envahit...

Après un long moment, je le compris. L’impuissance. Voilà ce qui m’envahissait au fur et à mesure que les minutes filaient. Puis soudain, j’entendis un pacificateur non loin de moi parler d’une solution temporaire que le Capitole leur permettait de mettre en place. L’hôtel de ville allait être transformé temporairement en hôpital de fortune pour accueillir cette foule de blessés. J'aperçus non loin une femme et je l'appelai. Me levant, je lui demandais de s'occuper de ces deux blessés dont l'état s'était stabilisé et je m’approchai de lui et demandai d’une petite voix :

- Bonjour Monsieur… Je suis Chloé Olympia, la fille du boulanger, je viens de vous entendre parler d’un hôpital à l’hôtel de ville, les blessés vont avoir besoin de manger et je voudrais aider…

- Oui oui faites ce que vous voulez, on va avoir besoin de tous les volontaires possibles ! me répondit-il sèchement avant même que j’ai eu le temps de finir.

Pas d’une ni de deux, je courais jusqu’en ville, dévalant la pente aussi vite que me le permettait ma jambe, chutant une fois mais sans conséquence. Une fois arrivée, je racontais à mes parents tout ce que j’avais vu là-haut, ce qu’il s’était passé,… Mon père hocha la tête et me félicita : « Tu as fait ce qui était juste ». Ma mère sourit et m’embrassa sur le front et m’annonça : « Ton père va préparer du pain ici et nous on va prendre des marmites et des couverts pour les porter là-bas. On n’est pas très loin de l’hôtel de ville, ce sera facile à transporter. Je te laisse déjà ramener les assiettes, prends celles du buffet ». Je lui souris et obéis. Au bout d’une heure, une douce odeur de soupe, certes très diluée sans doute pour qu’il y en ait une bonne quantité, mais tout de même nourrissante, et de pain frais flottait dans notre demeure. Moi, j’avais réussi à trouver des couverts supplémentaires à la cave et les avais nettoyés avant de les empiler pour les ramener à l’hôtel de ville. J’allais devoir faire plusieurs aller-retour, mais qu’importe, je faisais ce qui était bon pour aider mon District.

J’allai partir toute chargée de mes piles de couverts quand mon père apparut à la porte du fournil et me rejoignit pour m’ouvrir la porte : « Je suis fier de toi Chloé ». Je lui souris et partis. Comme je l’avais prévu, je dus faire plusieurs fois le chemin afin de ramener le nombre de couverts nécessaires. C’était compliqué, c’était fatigant et ma cuisse me tirait, mais je m’en fichais. D’autres avaient bien plus de problèmes que moi à l’heure actuelle et je devais les aider. Lors du dernier voyage, ce fut le tour de quelques casseroles et marmites. Ma mère, elle, terminait de transporter quelques denrées que nous gardions en prévision d’un coup dur : même si ce coup dur ne nous affectait pas personnellement aujourd’hui, il touchait au plus profond de leur être bien des gens du District, des amis mais aussi des inconnus. Dans ces cas-là, il fallait savoir partager. Je traversai la place, les bras chargés, clopinant légèrement la douleur se faisant de plus en plus vive. Mon regard ne put s’empêcher de balayer le poste des Pacificateurs qui jouxtait l’hôtel de ville. Je repensais encore aux Pacificateurs, à ce jeune que j’avais vu se faire arrêter et traîner complètement sonné dans la caserne quelques heures plus tôt.

J’y songeai encore quand j’entrai une nouvelle fois dans la salle principale de l’hôtel de ville, elle était méconnaissable avec tous les lits qui s’alignaient sur le sol et les plaintes sourdes des mutilés. Je tentai de me faufiler mais, encore trop perdue dans mes réflexions à propos de cette arrestation étrange, je trébuchai sur l’extrémité d’une couverture.

Dans un fracas du tonnerre, toutes les casseroles et autres ustensiles se retrouvèrent sur le sol. Il ne manquait plus qu’une dizaine de mètres avant qu’elles n’arrivent au bureau qui nous avait été prêté… Décidément, je n’étais pas douée et tous les yeux qui s’étaient tournés vers moi ne m’aidaient pas vraiment à me sentir moins sotte. Debout devant le désastre, je soupirai et me baissai pour commencer à ramasser mes bêtises. J’avais déjà récupéré quelques casseroles quand je décidai de me relever pour aller les stocker dans le bureau où ma mère devait avoir commencé à préparer les légumes qui serviraient concocter une soupe réconfortante. Une main appuyée au sol, je voulais y prendre appui pour me lever. Cependant, ma jambe me lança et je chutai une seconde fois.

- Besoin d’un coup de main ?

Cette voix m’était inconnue, je levai donc les yeux pour apercevoir qu’un homme se tenait au-dessus de moi. Il avait la quarantaine, des traits tirés par un travail difficile ou une histoire douloureuse. Toute aide était la bienvenue dans des jours comme aujourd’hui.

- Oui Monsieur, ce ne serait pas de refus, lui répondis-je avec un large sourire.

Une fois redressée, je le vis attraper quelques marmites. Il était l’aide qu’il m’aurait fallu pour éviter d’avoir cette atroce douleur dans la cuisse maintenant que j’avais trop forcé. Enfin, il était là maintenant. Une fois que nous avions tout ramassé, je lui dis :

- Merci à vous, c’est très gentil de votre part. Suivez-moi, nous allons ramener ça à ma mère : nous allons cuisiner pour les blessés et les soigneurs…

J’ouvrai la marche, l’homme sur mes talons. Poussant la porte du bureau, nous pénétrions dans la cuisine aménagée à la va-vite par nos soins. Elle salua l’homme avec respect : « M. Underwood ». Maintenant je me souvenais de qui il s’agissait, c’était un ancien vainqueur. Il n’était plus mentor depuis bien des années mais restait une personnalité très respectée dans le District. Il possédait une vaste propriété à la périphérie, il élevait des chevaux : peut-être trouvait-il à leur contact une douceur pour apaiser ses anciennes plaies ? Car je ne doutais pas qu’on en avait lorsqu’on revenait de ces terribles « Jeux »…

- Chloé, peux-tu aller me chercher les miches de pain que ton père a dû me déposer à l’entrée dans des sacs de tissu ?

- Oui bien sûr ! lui répondis-je avec entrain malgré la douleur. M. Underwood, pourriez-vous m’aider ? Ils doivent être lourds et vous nous rendriez un immense service.

Nous quittions la cuisine et le vainqueur m’emboîta le pas. J'étais mal assurée, la douleur me tiraillait mais il fallait que je me fasse violence : j'avais l'habitude. L'homme si serviable ne parlait pas beaucoup. Moi je détestai le silence ou plutôt la souffrance qui résonnait dans les suppliques des malades couchés sur des matelas de fortune.

- Je suis tellement désolée d’avoir fait tant de bruit tout à l’heure… Ces gens ont besoin de calme, de se reposer… Mais j’étais tellement perdue dans mes pensées… Ce garçon que j’ai vu les Pacificateurs arrêter… Bref !

Je me frayai un chemin dans les rangées, en évitant de déranger au maximum le travail des équipes soignantes. Quand nous arrivions enfin à l’entrée, les sacs n’étaient pas là.

- Mon père ne doit pas encore être arrivé… Je ne veux pas vous retenir, il y a tellement à faire ici… dis-je en balayant la salle des yeux.

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Dernière édition par Chloé P. Olympia le Sam 3 Jan - 0:41, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Dim 7 Sep - 23:43



   
   
La jeune femme leva les yeux vers Ethan, et il se sentit un instant étudié. Pour la mettre en confiance, il laissa le coin de ses lèvres s’étirer en un léger mais sincère sourire, auquel elle répondit avec un plus large :

« Oui Monsieur, ce ne serait pas de refus. »

Ethan acquiesça doucement et s’attela tout de suite à la tache, mettant les plus petits récipients dans les grands, estimant d’un coup d’œil le poids… Quand il souleva le tout, il constata qu’il en avait peut-être un peu trop pris, mais c’était supportable. Au moins, la douleur de l’effort que produisaient ses bras lui permettait d’oublier un instant les gémissements des blessés ou ses poumons irrités par la fumée de l’entrepôt.
Quand la jeune femme tenait enfin ses quelques récipients dans les bras, elle lui indiqua la direction :

« Merci à vous, c’est très gentil de votre part. Suivez-moi, nous allons ramener ça à ma mère : nous allons cuisiner pour les blessés et les soigneurs… »

L’éleveur acquiesça et ajouta :

« Je vous suis. »

Oh, bien sûr, ça ne voulait rien dire, et peut-être même qu’il n’aurait rien ajouté si la jeune femme ne lui semblait pas aussi sympathique. Elle le fut d’autant plus quand il remarqua, alors qu’il la suivait, cette boiterie extrêmement prononcée. Elle devait vraiment avoir mal. L’éleveur ne s’étonna pas qu’elle ait tout fait tomber toute à l’heure.
Ils arrivèrent devant une porte et, avant qu’Ethan n’ait le temps d’éviter à la jeune femme de se faire à nouveau mal, celle-ci poussa la porte et l’ouvrit. Il lui facilita tout de même la passage en la bloquant avec le pied, puis s’introduit à son tour. Ils se retrouvèrent dans une cuisine, dans laquelle  s’affairait une femme qu’il reconnut tout de suite comme étant la boulangère. Une femme appréciée et d’une gentillesse sans faille, qu’Ethan avait rencontrée quelques fois, notamment le jour où il avait décidé de faire goûter un pain au chocolat à Chase.
Celle-ci le reconnut immédiatement et le salua respectueusement, le gratifiant d’un Mr Underwood auquel il répondit, en soulevant son chapeau, par un Madame Olympia. Il lui sourit même. C’était une famille dont la gentillesse donnait envie de sourire, puisqu’ils le portaient tous sur leurs visages. Puis elle se tourna vers sa fille et lui demanda de chercher des sacs remplis de pain que le père avait déposés.
Ethan se doutait bien que Chloé allait avoir besoin de lui. C’est pourquoi, après avoir confirmé à sa mère qu’elle le ferait, elle se tourna vers lui et qu’il répondit sans réfléchir.

« M. Underwood, pourriez-vous m’aider ? Ils doivent être lourds et vous nous rendriez un immense service.
- Appelez-moi Ethan, s’il vous plaît, et seulement là je serai prêt à vous aider. »

Non, le temps n’était pas à la rigolade. Mais qu’importe, puisqu’il rendait service, si on pouvait sourire un peu…
Pour montrer qu’il rendrait tout de même service, même sans réponse de la part de la jeune femme, il lui adressa un regard confiant. Bien sûr qu’il allait l’aider. Ces hommes et femmes souffrants en avaient besoin, cette gamine infirme en avait besoin et finalement, il avait besoin de se rendre utile et de se changer les idées. En attendant que Chase revienne. En attendant qu’il n’y ait plus rien à faire.
A nouveau, il suivit la jeune femme, silencieux. Elle semblait gênée et sa démarche était encore moins assurée… Comment s’était-elle fait cela ? Ce n’était, de toute évidence, pas une infirmité natale. Elle avait dû avoir un accident, plutôt grave, puisqu’on ne se retrouvait pas à trainer la patte facilement.
La jeune femme occupa soudain le silence.

« Je suis tellement désolée d’avoir fait tant de bruit tout à l’heure… Ces gens ont besoin de calme, de se reposer… Mais j’étais tellement perdue dans mes pensées… Ce garçon que j’ai vu les Pacificateurs arrêter… Bref ! »

Ce garçon que j’ai vu les Pacificateurs arrêter…
Cela semblait la perturber. Donc, ce n’était pas normal. Ce qui relança les questions dans la tête d’Ethan.
Deux Pacificateurs chargent des caisses. Ils semblent inquiets. L’un d’entre elles tombent et dessus est marquée à l’encre noire des lettres. Ce n’est pas distinct. Mais on voit bien la fin de celui-ci : « …roglycérine ». Nitroglycérine. Substance explosive.
A cette image, Ethan ajouta le comportement étrange des Pacificateurs, qui laissaient les habitants se débrouiller seuls, dont le plus notoire avait été Elliott. Quelque chose d’étrange se passait. Quelque chose qui échappait à tout le monde. Rebelles ? Capitole ? Mais à qui la faute ? A qui devait-on ces gémissements qui résonnaient sans fin dans sa tête ?
Ethan resta plongé dans sa réflexion tout au long du chemin, et ce fut la voix de Chloé qui le rappela à la réalité.

« Mon père ne doit pas encore être arrivé… Je ne veux pas vous retenir, il y a tellement à faire ici… »

Sans même s’en rendre compte, ils avaient traversé la salle des malades. Ce n’avait donc pas été des échos dans la tête de l’éleveur, mais bien les bruits réels, qu’ils supportaient de moins en moins… Il comprit pourquoi. Il comprit que ça faisait échos à d’autres gémissements et une affreuse douleur des le dos… au niveau de l’épaule… Ces bruits qui traversent les lèvres de ceux qui se battent contre la mort…
« C’est fini, Ethan, tu comprends ? C’est passé… »
En tout cas, il n’y avait pas un sac. Et Chloé proposa à Ethan de partir. Il reprit ses esprits :

«  Oui, il y a à faire ici, mais je ne pense pas pouvoir les aider. Je suis à peine capable de couper un bandage droit… Et je pense vous être plus utile. »

Il regarda la jeune femme inquiète de ne pas trouver son père. Il enchaîna tout de suite par une question évidente :

«  Excusez moi, mais quel est votre prénom ? »

Et voyant toujours l’inquiétude sur son visage, une autre question franchit ses lèvres :

« Tu me parlais d’un garçon… qui est-ce ? »



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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Lun 8 Sep - 17:50

De la part d'Allya Keelin Lagan:
 
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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Mar 16 Sep - 15:13

Kathleen garde les yeux baissés, et je ne parviens pas à savoir ce qu'elle pense. Et ça me fait de la peine, bien que je ne puisse rien y faire.
Malgré notre amitié, malgré les moments forts que nous vécu ensemble, il  a des choses dont je ne pourrais jamais lui parler, parce que je ne sens pas capable de mettre des mots dessus...

- Ce n'est rien... me dit-elle finalement d'une petite voix.

Je me sens tellement...vide.
Je voudrais pouvoir revenir en arrière, avant mon arrestation, mais je sais que c'est impossible.
C'est en moi maintenant, et je vais devoir vivre avec.

Kathleen partage un paquet de bandages entre nous deux. Elle fait un mouvement comme pour s'éloigner, puis se retourne et me regarde enfin dans les yeux

- Tu as tellement changée... murmure t-elle avant de partir en courant.

Ses mots m'atteignent droit au cœur. Et pourtant je sais qu'elle a raison, je sens bien que je suis ressortie différente de prison.
Et cela m'effraie.
Je reste plantée devant le stock de bandage, incapable de faire quoique ce soit.
Ces quelques mots m'ont bouleversée, et je me rend compte que pour rien au monde je ne voudrais perdre l'amitié de Kathleen. J'ai déjà tellement perdu...

L'amitié, l'amour, la compassion... c'est ce qui fait de nous des êtres humains...

D'un pas chancelant, je sors un moment de l’hôpital et m'appuie sur un mur. Je ferme alors les yeux et respire profondément. Je reste là un moment, perdue dans mes pensées, puis je reprend le chemin de l'hôpital.

Je vois Kathleen qui s'active auprès d'un blessé. Il a tout le torse brûlé. Je m'approche alors, saisi un bandage, et annonce à Kathleen avec un petit sourire :

- Attend, je vais t'aider, ça sera plus facile si on le fait à deux...

Ensemble, nous entourons tout son torse avec un bandage bien serré. Une fois que c'est terminé, nous nous éloignons, et j'en profite pour prendre Kathleen par le bras et lui chuchoter :
- Tu as raison, j'ai changé et je ne peux rien y faire. Mais il y a une chose qui ne changera pas : tu es ma meilleure amie, et je serais toujours là pour toi.
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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Mar 16 Sep - 17:31

Je me secoue, regarde le hangar, l'air vague. J'ai un blanc dans ma tête à la place des dernières minutes que je viens de vivre. J'inspire. L'odeur de brûlé rentre dans mes narines, me fait suffoquer. Je suis assise sur le sol, pantelante, les doigts labourant la terre sèche. J'ai des cendres dans mes cheveux.
Des pas qui se précipitent vers moi. Je me relève, vite, sans attendre que quelqu'un arrive, ce n'est  pas le moment de trainer. Je n'aime pas non plus que les autres me croient faible. Alors je me redresse et je me tiens droite, les cheveux se soulevant à cause de l'air chaud. Des Pacificateurs. Un régiment entier.
Je frémis, je ne sais plus où je suis. Je me secoue, comme pour sortir de l'eau, retrouve progressivement mes esprits. Je me retourne, le toit s'effondre.
- ALLYA !
Je sursaute, je cours ailleurs, loin, le plus loin possible. On me retient par le bras. Contre ma peau, je sens le gant de cuir d'un Pacificateur. Alors je m'arrête.


Plus tard


J'entre à pas lents dans l'hôpital de fortune. A la porte, les deux Pacificateurs contrôlant les entrées et sorties ne m'adressent pas un regard, je soutiens des deux mains un brancard dans lequel un homme est allongé. Je l'évite le plus possible de regard, essaie de boucher mes oreilles, métaphoriquement bien sûr mais ma tête bourdonne. J'ai encore mon dialogue... disons, discussions avec Eliott dans la tête. Je soupire. Pas le temps de m'apitoyer sur ce genre de choses. On me conduit vers l'endroit où se trouvent les blessés les moins graves, je pâlis en voyant les infirmières qui courent partout en transportant des draps tâchés de sang. C'est bon, je me rappelle quand même de ce que je suis censée faire. Heureusement.
De quoi aurais-je l'air ?
Indécise tout de même, je reste un instant les bras ballants avant que l'on me confie un kit de soin dans les bras, puisque je suis là et que je suis valide, autant que je serve à quelque chose ! On me fait rentrer à l'intérieur d'un coin à l'écart. J'ouvre le rideau, le referme derrière moi avant de savourer un instant le calme du lieu.
Je détaille la jeune fille assise immobile, prostrée, sur le lit à ressors métalliques.

- Qui êtes-vous ?

Je songe à l'ignorer, tout en préparant pourtant une réponse. Calme, douce, comme d'habitude. Ce n'est qu'une enfant de plus. Je connais ce genre de situations.
Je me saisis de la bouteille du liquide violet, le désinfectant à propulser sur la plaie. Je m'approche d'elle, en silence, affichant un visage neutre.

- Je m'appelle Allya Lagan. Evite de me vouvoyer, je n'en ai pas l'habitude.

Je m'installe sur le lit à ses côtés, je lui souris doucement. Sans afficher de joie. C'est un sourire neutre, tranquille, qui se veut un minimum rassurant.

- Où as-tu mal ?
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MessageSujet: Re: Le silence est brisé...   Mar 30 Sep - 9:29

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Le silence est brisé

Je suis face à un homme, allongé sur un lit. Il gémit de douleur et la vision de son torse et une horreur, il est brûlé, et pas qu'un peu. J'ai les mains qui tremble, mais je continue mon travail. Je ne suis pas vraiment dans mon travail, trop préoccupée par Léanore. Je n'ai pas voulu la blesser en lui disant qu'elle avait changée, mais elle avait besoin d'un électrochoc, qu'on la bouscule un peu pour qu'elle s'ancre un peu plus dans la réalité. Elle a changée, et je l'accepte, car elle est mon amie. Mais je refuse qu'elle se brûle les ailes. Les gémissements de l'homme me font reprendre pied avec la réalité et je finis d’assainir sa brûlure.

-C'est bientôt terminé...Restez tranquille s'il vous plait. Murmurais-je.

-Attend, je vais t'aider, ça sera plus facile si on le fait à deux...

Je relève les yeux vers elle et je lui adresse un petit sourire avant de hocher la tête. Elle se tient face à moi, un bandage à la main, et ma phrase semble l'avoir fait réagir. Et je le vois bien dans ses yeux. Ensemble, nous nous mettons en œuvre pour bander son torse. L'homme est fiévreux, mais un bon repos le remettra d'aplomb. Léanore m'attrape doucement par le bras pendant que l'homme s'endort.

-Tu as raison, j'ai changé et je ne peux rien y faire. Mais il y a une chose qui ne changera pas : tu es ma meilleure amie, et je serais toujours là pour toi.Murmura-t-elle.

-Je le sais bien. Mais tu as besoin de recevoir de temps en temps un électrochoc. Je sourit timidement. Juste de reposer les pieds sur terre. Je sais ce que tu as endurée, et j'en suis sincèrement désolé. Mais cela ne doit pas te pousser à te brûler les ailes Léa'.

Je lui souris, même si je me suis montrée ferme. Je sais que personne n'est là pour elle, et que si je ne la stoppe pas un peu, si je ne la redescends pas sur terre, qui le fera ? Elle a besoin de quelqu'un qui la soutienne. Et je serais là pour elle, mais je refuse de la laisser sombrer. Je m'approche d'elle et je la prends dans les bras.

-Ne garde pas tout pour toi Léanore, je sais que c'est dur, mais parle, ne t'enferme pas dans ton monde. Je suis tellement terrifiée quand je te vois comme tout à l'heure. Je sais que c'est difficile, mais je compte sur toi...

Puis, je desserre mon étreinte et prend d'autre bandage et me dirige vers un autre lit. C'est une petite fille, qui a tout l'avant bras brûlé au deuxième degré et qui sanglote bruyamment, et cette vision est horrible. Je ferme les yeux quelques secondes, puis je m'approche du visage de la jeune fille et lui caresse les cheveux doucement. Léanore est derrière moi. Et je sais ce qu'elle pense. Je dépose un baiser sur le front brûlant dans la jeune fille et part chercher de la morphine. Par chance, j'arrive à en trouver. Je ne veux pas que la gamine souffre, qu'elle pleure, ou pire qu'elle hurle de douleur. Cela me sera insupportable.
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