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 Une blessure qui ne guérit jamais [Chen Kuan Ti & Love Owen]

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MessageSujet: Une blessure qui ne guérit jamais [Chen Kuan Ti & Love Owen]   Mer 30 Mai - 16:53

Le train freina dans un crissement aigu et une odeur écœurante de métal chaud. A la porte du wagon, je m'arrêtais un instant.
Rien n'avait changé depuis tout ce temps, ou presque.
Et cela n'en rendait ce voyage que plus difficile.

Je remis ma veste en place et descendis sur le quai de la petite gare.
6 ans que je n'avais pas remis les pieds dans ce district.
7 ans...
Et pourtant, je ressentais encore la chaleur du soleil de ce jour là, les odeurs, les visages.
Leurs visages.

Je quittais la gare d'un pas alerte, luttant contre moi même pour refouler les souvenirs à la surface.
Mais je ne pouvais pas lutter contre mon passé...


six ans auparavant

- Pacificateur Chen, les hommes arrêtés il y a deux jours sont des rebelles. Ils seront exécutés cette après midi en place publique.
- Bien, je m'occupe de préparer l'exécution. Et... l'homme qui les a accueilli, Owen ?
- Il sera exécuté aussi cet après-midi.
- Mais...
- Oui pacificateur Chen ? Vous avez une remarque à faire ?
- Il... ne savait peut être pas qu'ils étaient rebelles. Il était connu pour ouvrir sa porte à ceux dans le besoin.
- Et il  a eu tort.
- Ne pourrait-on pas... l'envoyer en prison pour un temps ? C'est...
- Pacificateur Chen ! Tous ceux qui aident les rebelles doivent en payer le prix ! L'avez-vous oublié ?
- Non... Pardonnez-moi.
- Pacificateur Chen, vous prendrez la tête du peloton d'exécution cet après-midi. Et maintenant, sortez de mon bureau !




Je marchais vite en direction de la mairie. J'avais été affecté pour transporter un prisonnier du district 11 vers une prison du Capitole, pour interrogatoire. Plus vite j'aurais récupéré le prisonnier, et plus vite je pourrais partir de ce district.

Soudain, je ralentis malgré moi, comme si j'avais des boulets à chaque cheville.
La grand place.
La où, sept ans plus tôt, s'était tenue l'exécution.

Je regardais cette petite place tranquille, avec des passants qui rentraient chez eux où allaient faire quelques achats, mais je ne voyais que des corps sans vie, et des pacificateurs en arme.



Six ans auparavant

Je me tenais face aux condamnés, impeccable dans mon uniforme blanc. Les cinq pacificateurs a coté de moi avaient déjà leur armes pointée sur la poitrine des rebelles.
Moi, je n'avais pas encore sorti mon arme.
Parce que devant moi, à une dizaine de mètres, je savais qu'un innocent était attaché.
Owen.

Je le connaissais de vue, et je savais que c'était un homme bon, toujours prêt à aider son voisin.
Et il allait mourir, à cause de ça.

Je sentais le regard de mon supérieur qui pesait sur ma nuque. Il n'allait pas patienter longtemps...
D'autant plus que j'avais à prouver mon intégrité en tant que pacificateur.

Deux semaines avant, trois rebelles avaient failli être capturés, mais ils avaient pu s'enfuir à la dernière seconde, et le chef m'avais suspecté d'y être pour quelque chose.
Il avait raison.
Je n'avais pu me résoudre à les capturer, sachant qu'ils seraient torturés.
Mais cela avait failli me couter ma couverture, et mes supérieurs rebelles m'avaient clairement fait comprendre que je devais donner l'image d'un pacificateur loyal et engagé.

Alors, quand un informateur était venu nous dire qu'Owen abritait des rebelles, j'avais participé à leur arrestation. C'étaient des combattants, ils connaissaient les risques. Deux d'entre eux m'avait reconnu comme l'un des leurs, et m'avaient fait un bref signe de tête m'indiquant qu'ils savaient que je ne pourrais rien pour eux. Ils étaient prêts à mourir.

Mais pas Owen. Il était innocent, et il avait une famille.
Et, j'allais devoir le tuer.

J'avais un gout amer dans la bouche, comme si j'allais vomir.
Mais derrière moi, je sentais mon chef qui s'agitait.
Alors, lentement, je sortis mon arme et la pointait, priant pour ne pas trembler.
Je croisais un instant le regard d'Owen, dilaté par la peur.
Incapable de soutenir son regard, je détournais les yeux.




Cette place semblait si tranquille et paisible aujourd'hui.
Qui pourrait imager qu'il s'y passait parfois des choses si terribles ?

Et tout ça pour quoi au final ?
Je n'étais plus très sûr que ma double vie ait tellement aidé la rébellion...
Et maintenant, je me demandais même si j'étais plus un rebelle ou un pacificateur...
Et j'avais perdu ma fille.

Je me demandais alors ce qu'il était advenu de la famille d'Owen après sa mort.
La vie avait dû être tellement dure...
Moi, j'avais demandé ma mutation dans un autre district un mois après. Je n'arrivais plus a dormir.
Je revoyais toujours l'exécution quand je dormais.

Lentement, presque douloureusement, j'essaye de continuer à avancer, de quitter cette place et ces souvenirs.



Six ans auparavant

Le claquement sec des armes, et l'odeur acre de la poudre.
Et les corps qui s'affaissent.

Je reste un moment, le bras tendu, figé.
Le sang bourdonne à mes oreilles.
Je l'ai fait, j'ai tué un innocent.

Lentement, comme un automate, je rengaine mon arme et me détourne de cette scène d'horreur, et puis je quitte la place d'un pas mécanique.

J'ai l'impression de voir les yeux d'Owen partout qui me fixent.
D'ailleurs, une petite fille me regarde, et ses grands yeux me transpercent comme des rasoirs.




Une jeune femme me regardait, et ses grands yeux me transperçaient comme des rasoirs.
J'étais piégé dans ma mémoire, piégé dans ce cauchemar qui durait depuis six ans maintenant...
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MessageSujet: Re: Une blessure qui ne guérit jamais [Chen Kuan Ti & Love Owen]   Jeu 31 Mai - 21:59



Une blessure qui ne guérit jamais

Avec l'approche de la Moisson, l'atmosphère était particulière. D'un côté, on devait davantage travailler, pour les moissons, au pluriel. Mais il y avait aussi dans les regards cette peur de devoir bientôt perdre un enfant, un frère, une soeur, un cousin ou même sa propre vie. Je me dis que sur un district aussi vaste, il y a peu de chances que ça tombe sur moi ou mes frères et soeurs. Pourtant, j'oscillais constamment entre peur et sentiment d'injustice.

Ce climat favorisait le retour de mes souvenirs. Chaque fois que je pensais à ces gamins qu'on envoyait dans l'arène, chaque fois que je me rapellais que cette année était l'expiation, chaque fois... chaque fois je me souvenais de ce que le Capitole méritait qu'on se dresse contre lui. Et je revivais l'exécution de mon père. Je croyais qu'après six ans, j'aurais pris l'habitude, je parviendrais à m'en protéger. Au lieu de quoi chaque détail que j'espérais oublier se gravait un peu plus dans ma mémoire.

~~~

Mon père... La nuit déchirée par l'arrivée des pacificateurs. La panique. La détresse. L'incompréhension. Ils l'avait emmené de force en dehors, ainsi que les deux réfugiés. Sans rien nous dire. J'étais pétrifiée. Comme si mes draps étaient les derniers remparts face à eux. Comme si, si je me levais, je me ferais emportée également.

Je revois la place bondée. Bien évidemment, dans notre district, donner un exemple pour tous les rebelles potentiels est une priorité. Et nous étions bien trop à être tenus de venir. Les gens poussaient parfois des cris de surprise lorsque je me faufillais, ou se retenaient à d'autres pour ne pas tomber, mais la plupart restait silencieux et j'étais incapable de m'escuser. Tout ce que je voulais, c'était être auprès de mon père, qu'il sache que j'étais là, qu'il ne regrète pas de ne pas avoir pu me dire en revoir.

~~~

Et si j'avais réagit ? Si je l'avais défendu ? Aurais-je changé les choses ?

La question m'a hantée tellement longtemps. Je n'étais qu'ue gamine. Je n'avais que dix ans. Mais peut-être que cela aurait pu les attendrir un peu.

Non, bien sûr que non. Je le savais désormais. Comment pourraient-il avoir la moindre compassion ? Ils luttent pour ceux qui envoient chaque année deux enfants dans l'arène, condamnés à affronter à mort les autres, souvent sans la moindre chance de retour. On avait beau grandir au contact des plantes et des arbres, on ne faisait pas le poids face à des combattants des districts privilégiés, des tribus de carrière. C'était pas si différent qu'un exécution en fin de compte, un exécution suivant une torture plus ou moins longue.

Alors me prendre mon père... Cela ne leur faisait rien.

~~~

Je me souviens qu'un court discours a été prononcé devant l'hôtel de ville, même si mon coeur battait bien trop fort pour que je distingue les mots. Il devait certainement occulter toute la partie doute pour les transformer en certitudes, après tout pourquoi avouer une marge d'erreur ? L'idée était simplement de faire peur. Pour moi, c'était parfaitement réussi.

Ne parvenant pas jusqu'au premier rang, je m'éloigne vers un côté, où un escalier extérieur permettait certainement à une famille de commerçants d'accèder à leurs logements au dessus de leur boutique. De là-haut, j'observe la scène. J'ai une vue dégagée sur la petite estrade. Le décor est si beau, pourtant : l'hôtel de justice, immence mais d'un âge très avancé, aux murs craquelés, la place et les boutiques, les banières... Pourquoi faut-il gacher cette beauté par de tels actes ? Pourquoi la souiller du sang des innocents ?

~~~

D'accord, j'ignore s'il est vraiment innocent. La situation dans le district n'est pas défvorable à un mouvement rebelle. Excepté la surveillance acharnée des hommes en uniformes. Mais il aurait fait ça pour n'importe qui, j'en suis sûre. N'est-ce pas ?

Je suppose que je n'aurais jamais aucune confirmation sur mes hypothèses. Tout ne restera que doutes, pas certitudes. Pourtant, c'était mon père, je le connaissais beaucoup mieux que le Capitole, non ? Alors si je n'en sais rien, ils devaient avoir les même question. Seulement, ils ne recherchaient pas la justice. Juste la préservation de leur pouvoir.

~~~

Du coin de l'oeil, j'ai vu les tirs. D'abord la femme, de la même manière qu'à la Moisson, comme si la galanterie l'obligeait. Puis l'homme. Jeunes, je dirais moins d'une trentaine d'années, mais leurs visages portaient le poids de ceux qui avaient déjà bien souffert et qui avait fait autant au cours de leur existance que des personnes plus âgées. Jusqu'à ce que la vie les quitte.

Sur le moment, si les images se sont gravées en moi, je ne portais attention qu'à mon père. Ses cheveux bruns étaient plaqués sur son front par la sueur de la peur. Ses bras et ses jambes étaient liés, au cas où il tenterait un acte désespéré. Ma mère, Arthur et Brenda étaient juste devant lui, mais il n'avait pas le droit de parler. Sinon, il les mettrait en danger. Ses yeux... C'étaient sa dernière forme de communication. Ils n'exprimaient que de la peur, la peur de l'icconu du trépas, la peur de nous abandonner, mais aucun regret. Je suis sûre qu'il n'aurait jamais laissé quiconque sous l'orage de la veuille. Tout ce qu'il lui manquait, c'était James, Rob et moi. Si seulement il savait que j'étais là.

Je supose qu'on ne peut pas imaginer ce que ça fait de voir en moins d'une seconde un regard passer de tristesse, culpabilité, joie, désolement, encouragement puis vide. Mort. A ce moment là seulement, comme un écho à son corps sans vie, je m'effondre avec un hurlement. Lorsque ma gorge s'y oppose enfin, mes larmes ont largement eu le temps de couler sur mes joues roses. Tachant de me rattraper à la rampe en bois, je m'enfonce certainement une bonne centaine d'écharde dans les pommes et manque de peu de dégringoler les marches.

~~~

Je n'ai pas regretté mon cri. Jamais. Même si j'aurais préféré éviter l'attention général, cela m'a permis d'être soutenue. Ma mère, ma soeur, mon grand-frère. Des amis, de la famille éloignée. Des professeurs. Beaucoup sont passés et ont essayé de me remettre sur pieds. Beaucoup ont échoué, durant un certain temps. Mais je me sentais un peu moins seule. Mon père ne reviendrait pas mais il y avait du monde autour de moi.

Et surtout, je sais qu'il m'a vu. Qu'il savait tout ce que j'ai ressenti au moment où sa balle avait bouleversé mon existance. Cet homme qui, après avoir disparu six ans, était encore là. Je n'avais aucun mal à reconnaître son visage. On ne peux pas oublier qui a brisé nos rêves.

Pourtant, je n'y crois pas, dans un permier temps. Mais avec tous les pacificateurs qui sillonent quotidiennement nos rues, j'étais bien obligée de retomber sur lui un jour où l'autre. Même si j'espérais qu'il était mort dans d'affreuses souffrances, depuis ce temps. Peut-être qu'un jour, je pourrais le faire, cependant ce n'était pas encore le cas. Trop de conséquences pour moi, pour mes proches.

Et dire qu'à seize ans, je nourissais déjà des désirs de meurtre, moi, Love Owen, jeune fille adorable et timide qui ne s'énervait jamais ? Personne ne me croirait. Même le sien. Mais s'il y avait bien quelqu'un que je pouvais mépriser sans qu'on puisse me le reprocher, du moment que je ne tente rien contre les autorités, c'était lui. Alors, puisque je ne pourrais pas le faire souffrir physiquement pour étancher ma soif de vengeance, j'allais devoir user des mots, tout en évitant tout ce qui pourrait mériter mon propre châtiment.

Le problème, c'est que je ne savais absolument pas comment.

L'espace de quelques secondes, je ferme les yeux, cherchant l'instrument qui me permettra de combler mon coeur sanguinolant depuis tant d'années. Et je les rouvre, y chassant toute trace de ma haine comme à mon habitude, me détourne puis je fais mine d'aller fouiller les poubelles non loin.

Nous n'étions pas très haut, mais pas aussi bas non plus contrairement à ce que j'aimerais lui faire croire. La perte du père de famille a toujours de graves répercutions en terme de revenus. Nous avions plus ou moins réussi à faire face, nos estomacs peu remplis mais suffisament pour vivre. Enfin plutôt survivre. Mais puisqu'il ne m'a pas vu depuis six ans, je suppose qu'il doit l'ignorer.

Parce que je suppose que, même s'il est froid comme de la glace pour certains, nous possèdons tous un coeur. Et si je dois parraître plus atteinte encore dans ma fierté, je le ferais sans hésiter.


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MessageSujet: Re: Une blessure qui ne guérit jamais [Chen Kuan Ti & Love Owen]   Mar 5 Juin - 14:56

Durant un moment qui me sembla une année, je restais rivé au regard de la jeune femme.
Puis elle se détourna pour aller farfouiller dans une poubelle non loin.

Je sens mon cœur qui se sert à cette image.
En d'autre circonstances, j'aurais pu aussi finir devant un peloton d'exécution. Et alors, que serait-il advenu de ma fille, sans père ni mère pour la protéger ?
Mais au moins, j'étais conscient des risques que je prenais.
Owen lui, avait juste laissé parler son cœur généreux.
A-t-il regretté son geste au dernier moment ?
Sans doute que non.

Et moi ?
Il ne se passait pas un jour sans que je me demande si j'aurais pu agir autrement, sauver certaines personnes, faire d'autres choix...
J'avais tout donné à la rébellion, mais ma conscience n'était pas en paix.
Peut être qu'être devenu pacificateur m'avait ouvert les yeux, et que j'avais compris que la vie était au final beaucoup plus simple qu'il n'y paraissait.

Je regrettais tellement d'avoir perdu tout lien avec ma fille.
Mais j'étais responsable de ma situation.
Owen avait tout perdu, sans l'avoir mérité.

Si je n'avais pas rejoint la rébellion, est ce que cela aurait changé quelque chose pour lui ?
Est ce que cela aurais changé quelque chose pour moi ?
Est ce que je serais aujourd'hui un père comblé ?
Est ce que cette jeune femme serait obligée de fouiller dans les poubelles ?

Mais on ne pouvait pas revenir en arrière.
Il fallait avancer, coûte que coûte.


Je regardais la jeune femme, planté au milieu de la place.
J'aurais dû partir, faire ce pourquoi j'étais venu, mais je ne pouvais pas.

Au lieu de ça, je m'avançais à pas hésitants vers elle.

A un mètre d'elle, je m'arrêtais et lui demandais :

- Bonjour mademoiselle. Vous... Etes-vous....

Mais, au fond de moi, je savais qu'elle était bien la fille d'Owen. Je repris donc :

- Vous êtes la fille d'Owen... Je... Pense que... vous savez... Vous savez qui je suis...

Et puis je m'arrêtais, incapable de trouver comment continuer.

Lui demander pardon d'avoir tué son père ? A quoi cela lui servirait ?
Lui dire que c'était pour servir la rébellion ? Elle n'en aurait rien à faire, et cela me mettrait en danger...

J'avais eu tort de venir lui parler..
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MessageSujet: Re: Une blessure qui ne guérit jamais [Chen Kuan Ti & Love Owen]   Jeu 7 Juin - 20:03



Une blessure qui ne guérit jamais

Je sens mon masque vasciller. Je sais, je sens qu'il est là, derrière moi. Je meurs d'envie de lui déverser ma haine en plene figure, lui dire qu'il se bat pour une cause injuste, pour l'apogée du malheur. Qu'il m'a ôté tout ce qui avait de la valeur à mes yeux : mon père, l'amour, les rêves. Lui balancer toutes sortes de menaces que je ne pourrais sans doute jamais mettre en oeuvre. Mais, même s'il ne me chatie pas de mes paroles, ce qui est déjà une grnade hypothèse, serait-ce suffisament puissant pour allèger mon âme ? Je ne crois pas. Je dois continuer sur ma lancée, de toute manière. Alors je force de toute ma volonté à garder au minimum un air d'indifférence, pour ne lui laisser aucune emprise.


C'est un peu plus simple lorsque j'observe ce que j'ai entre les mains. Des épluchures que la moisissure a déjà commencé à attaquer. Un vieux tisonier inutilisable et irréparable. Un pot de farine infersté par des larves. Quelques souvenirs refont surface. Mon grand-père dormant devant une cheminée de forture. Mon frère Arthur, malade parce qu'il avait pensé que ces mêmes larves pouvaient apporter des protéïnes supplémentaires. Je prend garde à ne pas m'éloigner vers des pensées plus complexes. Comme la misère des habitants du district. Ou la raison de ma fouille.


Mais bien sûr, ce n'est pas dans ses plans. L'homme ne compte pas se faire seulement oublier. Comme tous les pacificateurs en somme : il rapelle constament qu'il a le pouvoir, qu'il tire les ficelles. Jusqu'à prendre la vie. La votre ou celle de ceux qui vous sont chers.


- Bonjour mademoiselle. Vous... Etes-vous....


Aux premiers mots, je m'immobilise. J'attend qu'il termine sa phrase avant de me tourner. Pour un brêve illusion de contrôle ? Pour l'irriter ? Pour montrer que je n'ai plus aucune envie de vivre ? Hum... non, c'est un peu excessif comme interprêtation. Je pense que je veux seulement retarder le moment où je devrais lui adresser la parole. Et trouver le juste milieu entre respect et accusation. Mais sa voix... Je croirais presque qu'il est... je ne sais pas, peut-être... gêné ? Alors je me mets face à lui. Mais non, c'est ridicule. Un pacificateur mène toujours la population d'une main de fer et je suis bien placée pour savoir que, lui en tout cas, est capable de mettre à mort des innocents pour mener à bien ses ambitions. Mais lesquelles ? Pouvoir ? Richesse ? En tout cas, il ne pouvait pas être sincère.


- Vous êtes la fille d'Owen... Je... Pense que... vous savez... Vous savez qui je suis...


Je dois reconnaître que son rôle est bien mené. Lorsque je tente de lui répondre une sorte de "oui", ma gorge émet un grondement étrange sous ces émotions contradictoires. Bravo à elle qui vient de détruire tout ce que je tentais de faire. Je me l'éclaircie en croisant les bras, bien qu'elle reste rauque :


- Oui. Oui, je le sais. Plus ou moins. Je ne connais pas votre nom, mais... Mais je me souviens de ce que vous avez fait. Même après six ans. Comment pourrais-je oublier son bourreau ?


S'il ne vient que pour faire les présentations, le dialogue va être gai... Et je n'ai strictement aucune envie de discuter avec lui. Toutefois, si ma vengeance doit passer par là... alors je n'aurais d'autre choix que de le faire. Pour mon père. Pour la justice. Et pour tous les autres qui m'ont précédée ou me suiveront. Alors je rouvre la bouche pour demander, après un instant d'hésitation :


- Vous veniez seulement pour ça ? Parce que je dois encore trouver de quoi tous nous nourir. Ma mère, mes trois frères, ma soeur et moi. Et au rythme où je vais, on n'aura pas grand chose dans l'estomac, ce soir.




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MessageSujet: Re: Une blessure qui ne guérit jamais [Chen Kuan Ti & Love Owen]   Jeu 21 Juin - 16:07

A peine ai-je fini de parler que je sens son regard qui me vrille de nouveau. Elle est campée en face de moi, et ne semble pas avoir peur.

Je ne sais toujours pas pourquoi je suis là en face d'elle, mais je ne peux plus reculer à présent.
J'oublie ma mission, le district, et les gens autour. Je ne vois plus que ces grands yeux sombres qui me transpercent.

Je me demande un instant si elle va m'ignorer et s'en aller, lorsque je vois sa bouche se tordre en un grognement.
J'ignore s'il s'agit de colère, de haine ou de chagrin.
Pour se reprendre, elle croise fermement les bras et me lance enfin :

- Oui. Oui, je le sais. Plus ou moins. Je ne connais pas votre nom, mais... Mais je me souviens de ce que vous avez fait. Même après six ans. Comment pourrais-je oublier son bourreau ?

Bourreau.
Ce mot me vrille l'estomac, sans doute parce qu'il est juste.
J'ai conduit son père à l'échafaud, et j'ai appuyé sur la détente.
J'ai tué pas mal de gens, tant comme rebelle que comme pacificateur, mais aucun ne m'a autant marqué qu'Owen.

- Vous veniez seulement pour ça ? Parce que je dois encore trouver de quoi tous nous nourrir. Ma mère, mes trois frères, ma sœur et moi. Et au rythme où je vais, on n'aura pas grand chose dans l'estomac, ce soir.

Je la regarde, incapable de trouver mes mots, de lui expliquer ce que je ressens depuis six ans.

Je commence à bredouiller :

- Non, je... ne suis pas venu pour ça... Je... Je ne suis même pas venu pour m'excuser parce que... ce que j'ai fait... Je ne mérite pas le pardon.

Je respire profondément, pour rassembler mes esprits, et ne pas trop en dire sur la rébellion.
Je ne cherche même pas vraiment à soulager ma conscience, ni à alléger sa peine.
J'ai simplement l'impression que je lui dois un minimum d'explications.

- Ton père, il... C'était quelqu'un de bien. Il... ne méritait pas de mourir comme ça. Ca n'a peut être aucun sens mais... ce que j'ai fait ce jour là, l'exécution de ton père... C'est peut être une des choses que je regrette le plus de toute ma vie.
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MessageSujet: Re: Une blessure qui ne guérit jamais [Chen Kuan Ti & Love Owen]   

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