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 Solitude, le prix que l'on paie à se différencier des autres.

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Localisation : région parisienne
★ Âge : 37 ans.
☆ Surnom : Werny
★ Occupation : architecte
☆ Humeur : sereine
★ Plat préféré : les pâtes
☆District : deux

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MessageSujet: Solitude, le prix que l'on paie à se différencier des autres.    Lun 16 Avr - 10:51

- District 7 ! Cinq minutes d'arrêt !

Lentement, dans un grincement plaintif, la rampe du wagon s'abaissa jusqu'à toucher le quai. Je saisis ma sacoche et la posais sur mes genoux, avant de descendre prudemment sur le quai.
Je regardais autour de moi, pour m'imprégner de l'ambiance et du style architectural de ce district que je connaissais très peu. Toutes les teintes de bois se croisaient sur les bâtiments et, en fermant les yeux, je sentais une légère odeur de pin flotter dans l'atmosphère.

Ce n'étaient pas désagréable comme première impression, pour l'architecte que j'étais, mais je pressentais qu'il devait en être bien autrement pour la personne chez qui j'avais rendez-vous...

Edenia...
J'avais pensé ne jamais la revoir, ne plus jamais entendre parler d'elle.
C'était du passé, j'avais tourné la page.

Mais pourquoi me rappelait-elle aujourd'hui ?
Pourquoi moi en particulier ?
Et surtout, pourquoi après m'avoir rejeté en me trainant plus bas que terre ?

Et pourquoi avais-je accepté de venir...

Poussant les roues de mon fauteuil, je me dirigeais lentement vers le village des vainqueurs. Heureusement, il était bien indiqué, et semblait plutôt bien agencé. Mais pour Edenia, se devait être l'antichambre de l'Enfer, si je me rappelais bien ses goûts et son caractère.

Et, je devais bien m'avouer que ce revers de fortune n'était pas pour me déplaire.
Passer du district 2 au 7, elle devait être folle de rage et de honte. Je l'imaginais assez bien ruminant sa colère dans une maison qui avait appartenu à un autre.
Et j'avais aussi accepté ce travail pour le plaisir coupable de la voir malheureuse.
C'était mal, mais elle le méritait.

J'aurais compris qu'elle repousse ma demande, pas qu'elle me traite comme un sous-homme, indigne d'elle parce n'ayant pas gagné les jeux.

Mais bon, j'avais tourné la page, et je m'étais plus ou moins fait à l'idée de rester célibataire, surtout depuis que j'avais rejoint la rébellion.

J'atteignis alors ce qui devait être la maison d'Edenia. J'arrivais devant la porte, tendis le poing pour toquer à la porte et suspendis mon geste.

Je restais un instant, me demandant comment je devais lui parler et me comporter.
Je me décidais alors pour garder un ton très froid et professionnel, comme si nous nous étions jamais vu auparavant.
Mais je ne pus m'empêcher, par un réflexe idiot, je remettre mon col et mes cheveux en place.

Puis, je pris une grande inspiration et toquait deux coups secs à la porte.

- Mademoizelle Assurdazipal ? C'est Mr Lorenz, nous avons rendez-vous ce matin...
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☆ Surnom : Eden
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MessageSujet: Re: Solitude, le prix que l'on paie à se différencier des autres.    Mar 17 Avr - 10:01

La solitude, ce sentiment étrange que tu n'avais ressenti qu'une fois, dans l'arène. La solitude, non ce n'était pas tout à fait la même chose dans l'arène, ce n'est pas la mot que tu aurais utilisé alors, c'était une solitude nécessaire, presque bienvenue. Aujourd'hui, cette solitude tu la ressens dans tes tripes, remontant jusqu'au fond de ta gorge prête à être régurgitée à chaque instant. Et soudain tu réalises qu'elle a toujours été avec toi, en toi, comme en chacun de nous, en chaque être humain. Comme tous les autres, tu es seule, tu as toujours été seule et maintenant plus que jamais, plus que tu ne peux supporter. Tristement seule. A travers les carreaux, tu regardes les gouttes isolées glisser sur la vitre les jours de pluie, tu repenses à ta famille et tes quelques amis de l'autre bout de Panem et tu te demandes s'ils pensent à toi eux-aussi. Alors tu te sens plus seule que jamais, comme si... Comme si tu n'avais compté pour eux que parce que tu étais sous leur yeux. Tu es partie, ils t'ont enterrés.

Aujourd'hui n'est ni un jour pluvieux, ni un jour solitaire. Edenia s'est levée aux aurores, comme à son habitude et se regarde un instant dans le miroir. Le temps d'ébaucher un « Pourquoi ? » sans en trouver la réponse. Elle est ensuite partie courir une bonne demi-heure, puis a pris une douche. Ce temps de préparation est un moment presque sacrée pour elle, cela l'occupe et elle s'y retrouve. Chaque matinée est une véritable cérémonie, puisque de temps elle ne manque pas, elle en profite. Et ce matin elle sourit, contente de savoir que sa journée sera bien remplie et qu'elle n'aura pas besoin de faire plusieurs heures de sport afin de s'occuper. Depuis qu'elle est arrivée ici, elle s’entraîne tellement qu'elle a presque retrouvée son physique de tribut, sèche et finement musclée. Athlétique, endurante, rapide. Surtout endurante tant elle court de plus en plus longtemps entre les pins.

Ce matin, elle a voulut se faire belle, comme tous les jours pourrait-on dire. Car elle n'a jamais manqué une occasion d'exhiber son élégant snobisme et ses plus beaux vêtements. Pourtant il y a quelques nuances dans la beauté. Aujourd'hui, elle tentait le délicat pari de paraître magnifique sans en faire trop. Comme si elle avait voulu qu'il se prenne sa beauté en pleine face sans penser qu'elle s'était apprêtée pour lui. Un drôle d'objectif pour une femme complexe qui ne se comprenait pas elle-même. Peut-être qu'elle voulait juste voir à nouveau cette lueur dans son regard, cette lueur qu'elle avait malignement et très maladroitement (si on ose le dire ainsi) fait fuir. Se sentir désirée... Voilà qui lui manquait ; avec le plus parfait égoïsme.

Ainsi elle s'était vêtue d'un élégant pantalon taille haute tenu par une ceinture en cuir et d'une jolie chemise blanche, épurée, manches courtes glissée sous celui-ci. Ses cheveux tout juste propre avaient été laissés à onduler naturellement autour de son visage qu'elle n'avait rehaussée que d'un léger coup de mascara et d'un rouge à lèvre carmin, vif et mat. Une fois douchée, habillée, maquillée et prête à accueillir son invité, elle n'avait plus qu'à attendre en rangeant un peu et en réfléchissant à ce qu'elle lui dirait concernant les travaux et les aménagements de la maison. Quant au reste, elle avait tout un tas de réponses toutes faites et prêtes à l'emploi, la sincérité en moins.

Deux coups retentirent à la porte. La jolie blonde sursauta bêtement avant de se diriger vers l'entrée. Elle attendit une seconde, inspira un grand coup, figea un sourire poli sur son faciès et ouvrit. Elle baissa le regard sur celui qu'elle attendait avec une seconde de latence qui signifiait qu'elle avait oublié ce détail. Avec un peu de chance, il n'était peut-être pas observateur à ce point. Son sourire se crispa légèrement alors qu'il se présentait comme s'il la rencontrait pour la première fois, et ce regard posé sur elle, sans la moindre lueur, presque froid... Elle s'en trouva quelque peu désarçonnée et se racla la gorge. Devait-elle prétendre comme lui et jouer son jeu, ou bien le ramener à l'évidence ?

«  Hum, bien sûr Mr Lorenz, je vous attendais. Et... Vous pouvez m'appeler Edenia. »

Elle l'invita à entrée, le laissant se débrouiller avec son fauteuil pour passer le pas de la porte. Elle n'avait aucune idée de si elle devait ou non lui proposer de l'aider, ni de comment le faire (que ce soit par les mots ou par les gestes). Oh, de toute façon, il devait bien se débrouiller tout seul chez lui se dit-elle. Cet homme faisait peine à voir, encore maintenant, et elle ne pouvait s'empêcher de penser que sa condition valait toujours mieux que la sienne. Lui, elle pouvait encore le plaindre, c'était pour ça aussi qu'elle l'avait fait demander. Mais comme c'était plus du mépris que de la pitié, le voir la mettait profondément mal à l'aise. Un mal de rein imaginaire l'assaillait.

Un silence gênant s'installa alors qu'il observait autour de lui. Elle avait dû réagencer la décoration et les meubles trois ou quatre fois déjà depuis son arrivée, outre que ça passait le temps, ça n'était jamais assez convaincant pour rester ainsi. La maison avait quelque chose de triste et terne, poussiéreux et sombre. Il y avait un couloir d'entrée, puis un salon, puis une salle à manger et une cuisine, le tout bien séparé par des murs en bois gris et des papiers-peints à fleurs. Elle l'avait immédiatement conduit dans le salon à son arrivée et brisa le silence au bout de quelques minutes.

« Je vous fais faire le tour de la maison pour commencer ? Et ensuite nous discuterons de mes envies et des possibilités ? »

Elle lui montra chaque pièce du rez-de-chaussée, lui laissant le temps d'aviser de son regard d'expert à chaque fois, de poser des questions s'il en avait et d'y répondre avant de passer à la pièce suivante. En dehors des pièces déjà citées, il y avait également un cagibis et des toilettes. Enfin, elle l'amena au fond du couloir, au pied des escaliers qui menaient vers les chambres et la salle de bain. En face, une autre porte donnait vers la cave. La mentor passa une main dans ses cheveux en regardant l'escalier puis l'architecte. Comment allait-il monter ça ?

« Je... hum... je ne sais pas comment vous faites... » Peut-être qu'il n'avait pas d'escalier chez lui, ou bien elle avait déjà vu des sortes de monte-personne. Elle replaça encore une fois une mèche derrière son oreille. « Peut-être que ce n'est pas si important d'aller voir là-haut, il y a juste ma chambre, ma salle de bain et des pièces vides... Ce n'est pas tellement la priorité pour les travaux... » Elle lui adressa un coup d’œil fuyant et un sourire un peu gêné mais plutôt sincère pour une fois. C'est vrai, elle n'y avait pas du tout pensé. Son expression se referma vite alors qu'elle s'interrogeait sur ses possibles réponses et s'il n'allait quand même pas lui demander de le porter, ou toute autre chose absolument inconvenante.
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MessageSujet: Re: Solitude, le prix que l'on paie à se différencier des autres.    Mer 18 Avr - 11:27

La porte s'ouvrit, et j'eu toutes les peines du monde à garder un visage de marbre.
Manifestement, les déconvenues récentes n'avaient en rien entamé sa beauté et son élégance.
Les rayons du soleil jouaient avec les reflets dorés de ses cheveux, et je sentis ma gorge se contracter.

J'expirais rapidement pour me concentrer à nouveau, tandis qu'elle me répondit :

- Hum, bien sûr Mr Lorenz, je vous attendais. Et... Vous pouvez m'appeler Edenia.

Je lui jetais un bref regard surpris.
Ho... Finalement, ce changement de district avait bien eu un impact !
Elle avait perdu de son arrogance.
J'hésitais un instant, et puis je déclarais, mais en gardant un ton de voix aussi neutre et formel que possible :

- Vous pouvez m'appeler Werner.

J'entrais alors dans la maison, me demandant malgré tout si elle ressentait toujours autant de mépris pour moi, ou si ce dernier avait été remplacé par de la pitié.
Tant qu'à faire, je crois que je préférais le mépris.

J'avançais en silence, m'imprégnant de l'atmosphère de la maison.
Un atmosphère plutôt déprimante, je devais bien l'admettre, à des kilomètres de ce qui plaisait à Edenia lorsque je m'étais occupé de sa maison précédente.
Tout était défraichi, usé par les années

- Je vous fais faire le tour de la maison pour commencer ? Et ensuite nous discuterons de mes envies et des possibilités ?
- Oui, allons-y, j'ai besoin d'une vue d'ensemble de la disposition des pièces avant de me projeter.

Cuisine, salle a manger, salon,...
Edenia me mena à travers une série de salles toute plus tristes et grises les unes que les autres. Je lui posais quelques questions sur les meubles, la luminosité des pièces, et prenais des notes sur mon carnet. Je pris aussi quelques photos, qui me seraient utiles lorsque je serais de retour dans mon district.

Finalement, Edenia s'arrêta devant les escaliers menant au premier étage, l'air inquiet.
Elle se cala nerveusement une mèche de cheveux derrière l'oreille :

- Je... hum... je ne sais pas comment vous faites...

Je retins à grand peine un soupir. Que croyait-elle ?
Que j'allais monter en rampant ?
Qu'elle allait devoir me porter ?
Et pourquoi les gens se sentaient toujours gênés en de telles occasions ?
J'étais handicapé, et je ne pouvais pas faire certaines choses, c'était évident, c'était ridicule de faire comme tout était normal...

- Peut-être que ce n'est pas si important d'aller voir là-haut, il y a juste ma chambre, ma salle de bain et des pièces vides... Ce n'est pas tellement la priorité pour les travaux... continua-t-elle en me jetant un regard gêné.

- J'ai l'habitude. Si besoin, je récupérerais les plans de l'étage et je vous demanderais de faire des photos.

Je m'obligeais à la regarder droit dans les yeux sans trahir la moindre émotion. Mais je ne pouvais me cacher à moi même que j'étais toujours attiré par elle, malgré tout.
J'étais vraiment stupide !

- Si vous le voulez, nous pouvons maintenant retourner dans le salon et discuter des améliorations que vous souhaiteriez apporter.

Sans attendre sa réponse, je tournais les roues et me dirigeais vers le salon. Une fois arrivé, j'ouvris mon carnet sur mes genoux et regardais Edenia, essayant d'oublier le mouvement de ses cheveux autour de ses épaules.

- Avant toute chose, il faut que vous me disiez quel budget vous pouvez vous permettre, je ne sais pas si vos... moyens financiers ont changé avec votre changement de district, dis-je, avec une pointe de méchanceté. C'était petit, mais je tenais ma revanche, et je ne comptais rien laisser passer.

Puis, j'avançais mon carnet vers elle et commençais à faire de rapides croquis, tout en lui expliquant :

- Bien sûr, outre un changement radical de couleur sur les murs, je vous conseille d'abattre le mur entre la cuisine et la salle à manger. Cela vous donnera plus d'espace et de lumière, et cela peut être fait assez facilement. Je pourrais ensuite vous installer un bar, très pratique... si vous comptez recevoir des invités.


Je tournais ensuite une page de mon carnet, et démarrais un autre croquis. Je me détendais, j'étais la dans la partie que je préférais de mon travail, dessiner et donner vie à tout un champ de possibles.
Sans m'en rendre compte, je souriais en esquissant les contours de l'escalier. Je me sentais plus calme, en paix avec moi-même.
J'étais heureux.

Et je me rendis compte que j'étais stupide d'avoir voulu rabaisser Edenia.
J'aimais la vie que je menais, je devais pas accorder d'importance à ce que pensaient les autres.
Je ne devais pas accorder d'importance à ce qu'elle pensait de moi.

D'une voix plus adoucie, je déclarais alors :

- Ensuite, si c'étais ma maison, je ferais percer un puit de lumière au dessus de l'escalier. Cela apporterait énormément de lumière au premier étage comme au rez-de-chaussée. Bien sûr, c'est un budget un peu plus conséquent, mais je pense que cela rendrait votre maison beaucoup plus agréable. Qu'en pensez-vous... Edenia ?
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Solitude, le prix que l'on paie à se différencier des autres.

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