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 Pour un simple morceau de poisson

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MessageSujet: Pour un simple morceau de poisson   Ven 9 Mar - 10:47

Pour un simple morceau de poisson...
Derek & Edenia



Cette maison contenait encore les traces de l'idiote qui avait décidé de mourir dans l'arène plutôt que d'y vivre confortablement. Mêmes si les standards de la sublime blonde étaient bien au dessus de tout ce qui était présent ici, elle devait bien admettre que cette maison était son seule refuge dans la prison que constituait le district sept. Petite chaumière en rapport à tout ce qu'elle avait connu dans sa vie, elle était néanmoins confortable et dotée d'un charme certain. Surtout depuis qu'elle avait refait la décoration intérieur avec ses propres affaires venues du deux. Honnêtement, il aurait été difficile d'être plus chargé qu'Edenia lors de ce voyage en train qu'elle appelait elle-même un aller simple en enfer.

Elle n'avait guère apprécié ce changement d'affection soudain et non-consenti et l'affichait presque fièrement sur son visage dédaigneux. Rien ici ne semblait pouvoir lui ôter ce rictus de crispation. Chaque aventure en territoire inconnu, et ennemi – et qui constituait effectivement une aventure, elle pourrait en témoigner s'il y avait eu la moindre oreille tendue vers elle – était un désenchantement permanent d'un non-enchantement de base. C'est dire si elle frôlait l'apoplexie en permanence. N'importe quelle action de base devenait ici une épopée fantastique où la belle devait faire face aux mensonges et à la mauvaise foi de vilains hommes qui la méprisaient et les combattre afin d'obtenir l'objet de sa quête. D'accord, c'était d'abord elle qui les méprisaient et ils ne mentaient pas, sa méconnaissance de la vie du district la rendait quelque peu susceptible.

Et le plus dur finalement, ce n'était pas de ne pas obtenir ce qu'elle considérait comme des denrées normales et abondantes mais de rentrer dans ce nouveau chez-elle et de faire face à sa profonde solitude. Personne pour se plaindre, personne pour répondre lorsqu'elle le fait quand même. Elle s'est dit qu'elle allait devenir aussi folle que Zatanah à force. Ces babillements abruptes et confus étaient ce qui se rapprochait le plus de rapports sociaux depuis qu'elle avait mis les pieds au sept. Mais Edenia n'était pas du jour à se laisser abattre, et encore à se laisser sombre dans l'insanité. Hors de question de rester enfermée à se morfondre. Elle marcherait la tête haute et continuerait d'affronter ce monde étrange tout en priant de ne vite plus en faire partie. Elle n'envisageait guère, après seulement quelques jours, qu'il était possible de s'y habituer. Et ne parlons même pas d'apprécier cette nouvelle vie.

Alors ce matin là, elle a fait comme les autres matins depuis qu'elle est arrivée. L'arène terminée et la vainqueur désignée, elle se disait au moins qu'il ne lui restait plus longtemps à attendre avant que la soirée de la victoire ne la ramène au Capitole. Non sans quelques craintes, néanmoins rien ne pouvait être pire que sa situation actuelle. Elle s'est levée tôt et a pris le temps de se faire belle, comme chaque jour elle serait parfaitement coiffée et maquillée, jamais une mèche de travers, aussi élégante que sa grand-mère l'aurait souhaité. Aujourd'hui, elle a choisi une jolie robe à pois pour une belle journée chaude et ensoleillée, joliment cintrée et retombant avec légèreté jusqu'aux genoux. Des petites chaussures assorties, évidemment, et un sac cabas rouge. Et le clou du spectacle, bien sûr : un chapeau ! Indispensable par ce temps. Un fruit à peine digéré et elle était déjà dehors.

Elle prenait toujours une grande inspiration sur le palier, en profitant pour admirer l'air de rien la vue qui s'offrait à elle sur les forêts. C'était son seul moment de faiblesse autorisé car très vite elle redevenait hautaine envers cette vie imposée.

Aujourd'hui Edenia voulait manger du poisson. Après une assiette vide de bœuf hier, elle espérait bien qu'il y eut des marchands plus compétant dans ce district. Alors qu'elle arpentait les rues, elle attirait les regards, plutôt moqueurs ou méprisant. Un mépris justifié, c'était elle qui les regardait de travers en premier disait-on. Petit à petit de moins en moins de regards se tournaient vers elle : l'animation était sans doute trop répétitive. Et puis la nouvelle mentor semblait plus une source d'ennui qu'autre chose. Eux non plus ne voulaient pas d'elle, elle n'était pas une des leurs et ils se moquaient de sa victoire... Par contre, la rumeur courrait déjà qu'elle n'aiderait pas leur tribu... Et qu'elle le paierait très cher. Mais il était encore trop tôt pour y penser sérieusement.


Edenia arriva au marché et ajouta quelques légumes à son cabas avant de tomber sur le poissonnier. L'étal n'annonçait rien de bon, tant pis... D'un sourira poli elle demanda :
« Bonjour, je voudrais un beau morceau de thon s'il-vous-plait. »
« J'n'ai pas de ça m'dame, voyez bien. »
Elle se crispa, ses lèvres se pincèrent et son ton devint plus sec.
« Pas de thon, huh. Vous n'avez rien en réserve ? Même pas de la truie ? »
« Non m'dame, j'n'ai plus de poisson. »
« Vous êtes bien... poissonnier ? »
Il hocha la tête et elle se mit en rogne, haussant vivement le ton.
« UN POISSONNIER VEND DU POISSON N'EST-CE-PAS ? ET UN BOUCHER DE LA VIANDE ? COMMENT SE FAIT-IL ALORS QU'IL SOIT IMPOSSIBLE DE TROUVER DE LA VIANDE CHEZ LE BOUCHER ET DU POISSON CHEZ LE POISSONNIER ??  VOUS POURRIEZ M'EXPLIQUER ? »
« OH ! Commencez pas à m'emmerder avec votre thon et vos manières du Capitole ! J'ai qu'des crevettes d'eau-douce, si ça plait pas, y'en a d'autres qu'attendent que j'les serve. »
« JE N'AI QUE FAIRE DE VOS CREVETTES, J'EXIGE DU POISSON ! TROUVEZ-EN ! »
Elle le menaçait d'un doigt vengeur

La scène qu'elle était en train de faire attira évidemment les curieux, d'autant que le poissonnier commencer à s'échauffer lui.aussi et que les noms d'oiseaux commencèrent à fuser de son côté. Il ne  se passa pas plus de quelques secondes avant qu'une voix autoritaire n'intervienne.

« HALTE-LA ! »

Soudainement, la foule se dispersa, l'air de rien.

☾ anesidora


Dernière édition par Edenia Assurdazipal le Mar 17 Avr - 10:04, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: Pour un simple morceau de poisson   Mar 13 Mar - 0:02

Pour un simple morceau de poisson...


Ft. Edenia Assurdazipal & Derek Wolff
Les semaines défilaient lentement depuis l'attaque du District Un. De nouvelles stratégies avaient vu le jour dans la Force Armée de Panem et bientôt les rues retrouveraient leur calme. Cet acte ne resterait pas impuni. A vrai dire, l'envie de vengeance me dévorait de l'intérieur. Savoir que ces fichus dissidents - utiliser le nom de rebelles qu'ils se donnaient aurait été trop les considérer - avaient réussi à m'atteindre faisait partie des choses que je jugeais intolérables. Alors je ruminais, je fulminais même intérieurement qu'on n'ait pas encore réussi à coincer ce salopard du Neuf. On avait son identité mais visiblement ce n'était pas suffisant pour que les pacificateurs puissent lui mettre la main dessus.

Je passai une main gantée sur mon front, mieux valait ne pas y songer alors même que nous avancions en patrouille de trois hommes dans les rues du District Sept, la main sur nos armes dans une attitude volontairement autoritaire. Cette mission qu'on avait confiée à l'unité mobile n'en était pas réellement une, du moins pas à la hauteur de nos compétences. Punition pour notre incapacité à avoir éviter la débâcle au Un ou simple façon de nous utiliser pour faire passer un message aux habitants des Districts, impossible de savoir. Si cela aurait gêné n'importe lequel de mes collègue zélé, je m’accommodais plutôt bien de la situation. Elle me permettait de récupérer doucement de ma fracture de côte qui me faisait encore souffrir, même si je ne l'aurais jamais avoué à voix haute. La fierté n'était pas une si mauvaise chose, non ?

Quoi que ça pouvait le devenir si on était une mentor à l'ego surdimensionné dans un patelin pauvre où le rustique n'était pas que le titre d'une nouvelle mode mais s'apparentait à un mode de vie. Nous n'étions qu'à l'extrémité de l'allée du marché lorsque déjà nous entendîmes sa voix stridente. Accélérant la cadence au pas de course, nous nous approchâmes de l'étal d'où l'agitation provenait. Décidément, cette fille n'arrivait donc jamais à se fondre dans la masse, pensai-je avec ironie.

- Laissez passer !


Il n'y avait pas foule : les temps étaient sans doute un peu plus durs que dans les districts supérieurs, toutefois les sommations étaient une habitude conférée par nos fonctions. En quelques foulées, nous pûmes admirer le plus grisant des spectacles et j'osais même un sourire amusé vers mes deux collègues dont un secouait déjà la main dans une mimique qui signifiait clairement que cette nana était une perte de temps. Gibbins l'aurait sans doute butée lui-même s'il avait pu rentrer au Capitole immédiatement après. L'idée d'avoir été affecté dans un tel district juste pour veiller à ce que cette mentor capricieuse ne se fasse pas trop d'ennemis d'emblée, ou pire provoque une insurrection, lui était hautement désagréable.

- Continuez, je vais gérer la furie.


Un rire narquois plus tard, mes deux collègues firent demi-tour même s'il était évident qu'ils resteraient dans les parages pour éviter que je me retrouve esseulé avec cette folle furieuse sur le point de se mettre tout un district à dos en moins de temps qu'il ne lui en fallait pour prononcer le nom de sa prédécesseure. Il fallait croire qu'elle pensait être en environnement hostile pour avoir besoin de hurler de cette façon sur ce pauvre poissonnier. C'est qu'elle aurait presque pu montrer les crocs la petite bête !

- Halte-là !


Rester professionnel allait relever du miracle avec elle, mais pour une introduction je ne m'en sortais pas trop mal. Bien entendu, j'étais là pour apaiser la situation et c'était bel et bien ce que j'allai faire. Toutefois rien ne m'obligeait à être de son côté à elle, c'était même tout le contraire.

- Un problème Mlle Assurdazipal ?


Ayant pertinemment entendu les dernières paroles de chacun des intervenants, je ne pus résister à renchérir avec un sourire en coin.

- Ces crevettes m'ont l'air délicieuses, mais peut-être préférez-vous les plus gros poissons ?


Plein de sous-entendus scabreux, bref une remarque comme je les aimais et comme elle les détestait. C'était si facile avec elle, une vraie passion torride telle qu'on pouvait les espérer avec les gamines des mecs les plus riches du Capitole. Ce commerçant n'avait pas si tort, Edenia avait des manières de capitoléenne et il allait falloir qu'elle laisse tomber son cinéma si elle voulait faire un peu plus long feu dans ce district, tout comme moi j'avais appris à la boucler quand j'étais arrivé au centre de formation. D'ailleurs, j'aurais bien aimé savoir s'il s'agissait d'une sanction à son encontre... Peut-être estimait-on en haut lieu qu'elle n'avait pas suffisamment payé sa dette au Capitole après ses Jeux grâce à la victoire d'une autre tribut à peine une année plus tard... Remplaçante de Cassandra, elle n'était qu'une belle blonde pour une autre, interchangeables pour eux. Pour moi, Edenia était unique. Un brin de nana complètement barré mais qui avait son côté attachant... Enfin... Quand elle ne m'expédiait pas un verre en pleine poire comme lors de notre dernière altercation dans un bar du Deux...



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Dernière édition par Derek Wolff le Lun 23 Avr - 2:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pour un simple morceau de poisson   Lun 9 Avr - 10:55

Pour un simple morceau de poisson...
Derek & Edenia


Un sourire de vainqueur vint immédiatement illuminée le visage de la jeune mentor qui retrouvait presque ses traits jouissifs post victoire des jeux. Mais alors qu'elle se retournait vers le pacificateur qui venait - sans le moindre doute -  lui donner raison, son sourire s'effaça tout aussi vite, laissant derrière lui un visage plutôt circonspect et légèrement méfiant. Derek Wolfff ! Bien sûr, elle reconnaissait cette voix maintenant qu'elle apercevait son visage moqueur. Est-ce qu'il comptait l'aider ou bien profiter de la situation pour se jouer d'elle, encore une fois ? De tous les pacificateurs il fallait que ce soit lui, bonne ou heureuse nouvelle ? Elle n'arrivait pas à se décider entre le réconfort de croiser une tête connue dans ce lieu austère et la nature houleuse de leur relation. Et pourtant, sans qu'elle ne veuille l'admettre, Derek était un ami.

Un ami pénible. Voilà qui convenait mieux. Et il commença d'entrée de jeu, directement et sans transition alors qu'elle lui adressait un sourire poli car toujours sur ses gardes. Un problème ? Des problèmes, ah ça oui, des tonnes. Un district entier remplit de gens malhonnêtes et déplaisants, voilà qui faisait un sacré problème. Il n'allait pas lui faire croire qu'il n'avait pas entendu. Elle était partie pour lui répondre, changeant machinalement son sac de bras pour faire varier la tension, lorsqu'il l'interrompit volontairement. A ses mots, ses lèvres se pincèrent et son visage se crispa. Quelques éclats de rires furent étouffés parmi le public encore présent. Fidèle à lui-même, qu'il soit en service ou non ! Et il allait la tourner en ridicule en plus ? Oserait-elle l'accuser de manque de professionnalisme ? Il était là avec son air espiègle et ses sous-entendus graveleux, aussi désespérant que d'habitude. Il ne risquait pas de la faire rire, enfin pas comme ça du moins. Elle était bien trop coincée et imperméable à ce genre d'humour d'une lourdeur infinie. Surtout quand cela ressemblait plus à un lynchage public qu'autre chose. Néanmoins et pour sa propre sauvegarde, elle avait de la répartie.

« Est-ce également une question de rhétorique oui suis-je supposée y répondre monsieur l'agent ? » Son regard bleu glacial soutenait celui du pacificateur, son visage était dur comme le marbre, ne laissant passer que sa colère. Derrière celui-ci, bien à l'abri des regards, se cachait une faiblesse montante. Elle se sentait si proche de fléchir, il y avait bien trop à supporter ici, bien trop de solitude et de moqueries. Elle se ressaisit, chassa l'idée en repoussant une mèche de cheveux d'un geste brusque et rageur.
Dans la queue, on s'impatientait toujours et l'invective d'un homme ajouté au regard de Derek lui fit comprendre qu'il était temps de partir.

« Bien, puisqu'il n'y a guère de choix et qu'il vaut mieux ça que du requin gâté, je vais prendre dix crevettes. » Elle tendit son sac, régla la somme dû et ne put s'empêcher d'ajouter : « Et j'espère qu'elles sont bonnes, sinon vous m'entendrez à nouveau. »

« Monsieur l'agent, pourrions-nous discuter en privé s'il-vous-plait ? »

Rageuse, il ne pouvait louper la lueur assassine qui brillait dans son regard froid et désabusé, lueur destinée à lui et à lui seule puisque pour les autres elle était toujours cette femme hautaine et fermée, toujours parée d'un air poli. Elle tournait et retournait les mots dans sa tête en attendant de savoir si oui et où ils pourraient discuter, ayant déjà une bonne idée de ce qu'elle allait lui dire. Cela commencerait sans doute par des menaces, du genre « Derek (utiliser les prénom sonne toujours plus sec), si tu n'étais pas pacificateur, je t'aurais montré mes talents de carrière et ridiculisé en public. » Puis ça aurait finit d'une façon ou d'une autre par un « sors-moi d'ici s'il-te-plait... »

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MessageSujet: Re: Pour un simple morceau de poisson   Aujourd'hui à 2:10

Pour un simple morceau de poisson...


Ft. Edenia Assurdazipal & Derek Wolff
Que c'était bon de voir que les habitudes ne changeaient pas quel que soit le District où nos âmes se rencontraient... L'évanouissement de son sourire comme une fleur qui se fanait à l'instant même où le soleil se faisait trop resplendissant avait été la cerise sur le gâteau de mon entrée en matière ! Elle était belle avec ses cheveux dorés et ses lèvres pincées, trahissant une méfiance toute naturelle. Si elle avait cru que j'allai lui donner raison devant toute une foule qui n'attendait qu'un mauvais pas de ma part pour prendre en grippe l'ensemble des forces de l'ordre sous prétexte qu'un d'entre eux avait osé prendre la défense d'une mentor ingrate et profondément irrespectueuse, elle avait tout faux. Ma sauvegarde, ensuite la sienne. C'était comme cela ma jolie et tes yeux de biche pouvaient bien me lancer tous les éclairs du monde que cela ne changerait en rien mon fusil d'épaule.

Quelques petits rires s'élevèrent de la masse des badauds, le tour était joué. Bien entendu, Edenia était trop occupée par ses petites affaires et son égocentrisme prononcé pour se rendre compte que je venais de lui sauver la mise en ajoutant une touche de légèreté à une situation qui était clairement en train de dégénérer avant que notre patrouille ne la croise. Une chance qu'elle ne mesurerait pas : cette nana avait été bien trop gâtée par la vie pour réaliser que, comme tout un chacun, elle devait se plier un minimum aux règles de bienséance. Et cela commençait par ne pas insulter ses nouveaux voisins !

Heureusement, si elle avait une notion du respect très limitée, elle n'osa pas se risquer à la moindre familiarité avec moi. Je devenais un "agent", surnom étrange au son duquel je dus retenir un haussement de sourcils tandis qu'elle crachait déjà son soupçon de venin. Une vraie vipère pleine de charme.

- A votre bon vouloir, Mademoiselle. Néanmoins, je vous conseille de vous presser de choisir votre achat pour éviter d'être à l'origine d'un attroupement... Vous connaissez les conséquences.

Je soutenais son regard de furie. Outre le fait que je n'avais aucune envie de lui céder un brin de terrain dans cette joute invisible qui venait de s'engager entre nous, c'était également pour moi une question de crédibilité pour l'autorité que je représentais. Les attroupements étaient prohibés, en provoquer un par la faute de son orgueil lui vaudrait un aller pour le poste - même si cela aurait été davantage pour sa sécurité que pour une quelconque autre raison -, et je pouvais déjà deviner dans ses yeux azur combien mon aplomb lui était détestable. Être menacée de finir au centre de la Pacification pour avoir rechigné à acheter des crevettes plutôt que du thon : j'étais certain qu'elle n'avait pas imaginé cela en se réveillant ce matin.

Et elle abdiqua, presque trop facilement à mon goût. Seule sa main rageuse balayant à la hâte une mèche tombée en disgrâce me montrait à quel point elle avait envie de tout envoyer valser. Attrapant ses courses, elle ne put se retenir d'adresser une dernière menace au malheureux poissonnier qui avait commis pour seul crime d'être poissonnier dans le Sept justement ! Je dus faire un effort surhumain pour ne pas lever les yeux au ciel, cette mentor pourrie gâtée devrait calmer ses ardeurs tôt ou tard... Apparemment, c'était tard vu la demande qu'elle effectua de suite après s'être détournée de l'étal.

Alors comme cela, elle voulait me parler. A "l'agent" ou bien à Derek ? Cela restait à voir même si j'avais ma petite idée sur la question.

- Bien entendu Mlle Assurdazipal, suivez-moi.

Fichtrement impossible de ne pas apercevoir la lueur assassine qui brillait dans son regard et faisait encore plus ressortir sa beauté délicate. Ahlala... Il allait falloir que j'arrête de nourrir ce genre de pensées à son égard : elle n'avait rien de délicat ! Toutefois, j'appréciai cette hargne qu'elle me destinait à moi seul, gardant sa façade impénétrable pour les autres. C'était le privilège qu'elle m'accordait, un honneur que je ne lui refusais pas. Après tout, c'était notre plus grand jeu.

J'avais conservé mon masque moi aussi, toujours aussi sec et distant comme on l'attendait de n'importe quel soldat du Capitole en mission. Mes bottes avaient crissé sur le pavé, reprenant leur marche en cadence pour gagner les demeures alentours, loin des habitants occupés à faire leurs emplettes ou à discourir de la remise en place de leur nouvelle invitée indésirable par un jeune et beau soldat - même si ces derniers adjectifs étaient de ma pure invention -, personne ne nous emboîta le pas. Bientôt, leurs regards quittèrent nos silhouettes passant derrière une rangée d'étals controlatéraux, dissimulant notre déplacement aux plus curieux.

Si mes souvenirs étaient bons, nous pourrions tomber dans moins d'une vingtaine de mètres tout au plus sur une discrète impasse dans laquelle personne ne se risquerait - d'autant plus que la sorcière blonde s'y trouverait ! - et où nous pourrions donc discuter en paix. A peine arrivé à l'angle, je m'y engageai en l'entendant dans mon dos en faire de même. Une fois que j'estimais que nous ne serions pas visibles depuis la rue principale, je pivotai pour lui faire face avec un sourire radieux prompt à l'agacer.

- Ce lieu vous convient-il Mademoiselle ? S'il n'est pas assez conventionnel pour toi, nous pouvons également nous rendre au poste.

L'utilisation du tutoiement était délibérée, Edenia m'avait bien fait comprendre que c'était à moi qu'elle voulait s'adresser et non à mon uniforme : ainsi, je lui renvoyais l'ascenseur en lui indiquant que j'avais saisi son manège. Si elle semblait encore réfléchir aux paroles à m'adresser, je précipitai les choses.

- Qu'y a-t-il Edenia ?

Maintenant qu'elle avait eu ce qu'elle voulait, je la poussai. Je ne la connaissais que trop bien : si je lui accordais le moindre espace supplémentaire après avoir exaucé sa demande, elle me croquerait tout cru. Les filles comme elles étaient rares, mais mortelles. On les maniait comme on tenait une rose, en les admirant tout en essayant de ne pas saigner sous leurs épines acérées. En lui forçant la main pour ne pas lui laisser une seconde de plus pour préparer un discours d'un tranchant particulièrement détestable, je m'assurai de ne pas avoir envie d'en découdre avec elle immédiatement. Pourtant, elle avait de la ressource et je devais bien admettre que son absence au Deux m'avait fait la regretter.


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Pour un simple morceau de poisson

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