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 Puisque tout change, fais que ce soit en mieux

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MessageSujet: Puisque tout change, fais que ce soit en mieux    Jeu 22 Fév - 15:32

Je tirais d'un coup sec sur le bas de ma veste d'uniforme, afin d'effacer un faux pli. J'étais en mission officielle, je représentais le Capitole et les pacificateurs du district, je devais être impeccable. Mon supérieur avait bien insisté sur ce point.
Et sur un autre aussi ...

- Vous accompagnerez la vainqueur dans tous ses déplacements officiels. Vous aurez à la protéger contre des agressions extérieures... Mais aussi contre elle même, si besoin est. Rien ne doit entacher son prestige ni sa réputation. Vous serez le garant de sa... conduite. Est ce que je me suis bien fait comprendre ?
- Parfaitement.

C'était de toute façon le cœur de notre mission en tant que pacificateurs : protéger et surveiller. Et, si je me retrouver parfaitement dans la première mission, j'avais plus de mal avec la seconde... Mais je savais que la vie des vainqueurs était loin d'être rose, et que certains succombaient à l'attrait des paradis chimique ou éthyliques pour tenir le coup. Et ça, c'était mauvais pour l'image des Jeux et donc pour les affaires. Rien ne devait venir terni l'aura des vainqueurs.

Et puis, il y avait les rebelles. Et, avec l'événement dans le district 1, nul doute que le Capitole allait être encore plus parano que d'habitude... et surveiller d'encore plus près les habitants des districts, vainqueurs ou non.

La pensée du D 1 me ramena aussitôt à l'instant présent, et à la jeune fille que j'allais accueillir officiellement dans quelques minutes. Comment avait-elle réussi à gérer la sortie de l'Arène et l'annonce de la mort de son père ? Comment allait-elle vivre son retour dans le D5 ? Et qu'allais pouvoir lui dire ?
Que j'étais désolé, comme pacificateur, et comme rebelle, de n'avoir pu empêcher ce meurtre stupide ?
Je ne comprenais plus les rebelles parfois. Cet usage irraisonné de la violence ne résoudrait rien... Il ne faisait que multiplier les victimes innocentes.

Je retins un soupir, tandis qu'un agent de gare s'approcha de moi :

- Mr, le train est en approche.
- Très bien, évacuez les civils jusqu'à ce que nous soyons partis.

L'homme s'inclina et repartit en trottinant vers la gare. Je tournais mon regard vers le bout du quai, guettant l'arrivée du train.
Mais à part le côté "surveillance", que je comptais effectuer avec un zèle tout relatif, j'étais plutôt heureux d'avoir été affecté à cette mission peut de temps après mon arrivée au district 5.
C'était un bel honneur que l'on me faisait, et je comptais m'en montrer digne. Et puis, j'espérais pouvoir aider Amy Wetthrone, du mieux que je pouvais.

Un grondement sourd perça alors le silence, et je vis la silhouette fuselée du train se rapprocher de la gare.
Je tirais encore sur ma veste, par réflexe, puis m'avançais de quelques pas et me redressais, tandis que le train freinait et s'arrêtait dans un crissement.

Ma nouvelle mission commençait.

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MessageSujet: Re: Puisque tout change, fais que ce soit en mieux    Dim 25 Fév - 17:20


   
Puisque tout change, fais que ce soit en mieux.

   
Avec Chen Kuan Ti.
Le train roulait.
Blottie dans le divan à l’extrémité de la locomotive, les paysages défilaient. La température avait été réglée sur une température très fraîche, la couverture était très douce, les coussins offraient un confort plus que bienvenu. Malgré tout, seul comptait le contact de mes bras entourant mes jambes nues, et la pression de mes genoux contre mes coudes, et ma joie présumée d’enfin m’éloigner du Capitole.
Pourtant, je ne ressentais rien : je partais du vide pour rejoindre le vide. J’échappais à un piège à loups pour retomber sur un piège à loups. Je quittais un cimetière pour m’introduire dans un nouveau cimetière.
Alors que je m’étais imposée un silence au plus profond de mon âme, soudain, une question me saisit : les corps d’Elina et d’Adam se trouvaient-ils dans le train en ce moment-même ? Ou bien le gouvernement avait-il affrété des hovercrafts pour les ramener plus tôt ? Ou s’embêtaient-ils simplement à ramener les cadavres d’habitants de la capitale, de devenus tributs qui ne s’étaient illustrés que par leur défaite ?
Allais-je trouver une pierre tombale à leurs noms ? Et mon père ?
Mon père… À penser ces mots, la seule image qui me vint fut le visage surmaquillée de Selena, et ses traits m’apparaissaient à la perfection. Et sa voix chantait des avertissements et des menaces sur la mélodie des accents de la capitale. Mais où étaient les sourires et la voix de mon père ? Je savais qu’il plaisantait beaucoup et qu’il n’hésitait pas à me sourire, sauf quand ses journées l’épuisaient : je le savais, je pouvais me les imaginer, mais impossible de m’en souvenir réellement.
Comme si cet homme appartenait à un autre monde. Un monde duquel j’étais à jamais  bannie. Chargé d’innocence, d’illusions et de naïveté.
Plus rien n’avait de sens… Mais le plus terrible dans cette histoire, c’était que je ne cherchais plus à lui en donner un.
Au moment où j’avais tué cette fille… Pas la blonde, mais l’autre, la connasse du Dix… Depuis le moment où j’avais senti ce besoin de la noyer non pas pour ma survie, mais par vengeance pour sa participation au meurtre d’Adam… Tout s’était emballé. Les évènements s’étaient enchaînés sans aucun lien logique, sans raison valable : la fin de l’arène, le brouillard insurmontable des premiers jours qui suivirent, et puis, cette interview… et la solitude. Personne pour m’épauler. Les erreurs, toujours plus terribles, et l’absence de soutien, toujours plus lourd.
Et la peur, insurmontable.
Alors je n’attendais plus rien des jours qui viendraient. Je n’arrivais pas à me réjouir de retrouver ma mère… ma très maman… Que pouvais-je lui dire ? Et elle, qui verrait-elle ? Sa fille ? Non, impossible. Je ne savais pas… dans quel état allais-je la trouver ? Je n’avais eu aucune nouvelle d’elle depuis cette fameuse attaque… En vérité, je n’avais aucune idée de ce qu’il s’était passé depuis la Moisson, hormis les Jeux, naturellement, cela allait sans dire.
Un frisson secoua mon échine. Il faisait tout de même froid dans cette cabine. Mais c’était bien plus appréciable que le froid du désert.
C’était par ailleurs les paysages typiques qui défilaient sous mes yeux. Paysages que je reconnaissais bien. Ceux de mon District, de ma terre, où j’étais née, mélange de végétaux secs et de roches orangées, et de cours d’eau propices à la production d’électricité et au refroidissement des centrales nucléaires. Le Cinq, en quelques mots.
Quelqu’un toqua à ma porte, et je ne fus pas particulièrement surprise. Cette personne tenta d’ouvrir. J’avais bien sûr fermé la cabine à clef. Une voix masculine m’annonça que nous arriverions en gare dans dix minutes.

« Je serai prête », lui répondis-je sobrement.

Le contrôleur n’insista pas et j’entendis ses pas s’éloigner. Dans un long soupir, je rejetai la couverture sur le côté puis remis ma robe noire correctement en place ; cadeau spécial du gouvernement avait-on pu lire, en mémoire du fonctionnaire Wetthrone. À côté s’était trouvée ma tenue pour l’interview, comme pour me rappeler à jamais le poids de mes erreurs.
Voilà les seules affaires que je ramenais du Capitole. Et encore, ce n’était pas à moi de les porter.
Je passais ma main dans mes cheveux raccourcis – drastiquement raccourcis – et déverrouillait la porte, avant de m’avancer dans le salon vide. Pas un chat. Pas d’hôte, pas de Mentor, même le contrôleur était absent. Le vide absolu. Alors je m’approchais d’une fenêtre et regardai les tunnels défiler, et les quais arriver.
Personne aussi, sur ces bords de rails. Personne sauf ce mec, debout comme un « i », qui attendait patiemment. Qui m’attendait moi… Le train ralentissant, je me permis de le détailler : un visage typé asiatique, comme on n’en voyait pas souvent, mais assez âgé. Il ne me paraissait pas antipathique. Juste très… sérieux. Trop sérieux.
Un professionnalisme auquel j’avais envie de me rattacher et de me fier.
Le train s’arrêta, et je sortis. Le vent chaud de l’été m’ébouriffa un instant les cheveux et caressa les parties nues de ma peau. Calmement, je m’avançais vers lui, vers cet homme debout là seul au milieu des quais, et me permis de prendre la parole.

« Bonjour… monsieur ? Je crois qu’on ne se connaît pas. Vous m’attendiez ? »

Forcément. Nous étions les deux seules personnes au milieu d’une gare normalement très animée.

« Je ne crois pas avoir demandé d’escorte, je ne veux pas que vous vous dérangiez autant… »


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MessageSujet: Re: Puisque tout change, fais que ce soit en mieux    Mar 27 Fév - 10:34

Les portes du train s'ouvrirent dans un chuintement, et une jeune femme en descendit. Elle me sembla plutôt frêle et un peu pâle, pas le physique auquel on pouvait s'attendre d'une vainqueur des Jeux...
Mais elle devait encore être sous le choc de la mort de son père. Cela faisait beaucoup de choses à surmonter pour une seule personne. Je me demandais brièvement ce qu'on lui avait dit sur le meurtre de son père, et ce que je lui répondrais, si d'aventure elle me posait des questions. Mais nous n'en étions pas encore là...

Elle s'avança jusqu'à moi et me demanda :

- Bonjour… monsieur ? Je crois qu'on ne se connaît pas. Vous m’attendiez ?
- Bonjour Mademoiselle Wetthrone. Je suis Chen Kuan Ti, et je serais votre escorte lors de tous vos déplacements officiels, dans ce district comme ailleurs. Si vous avez la moindre question, le moindre problème, vous pourrez m'en faire part de jour comme de nuit.

Voilà, j'en avais fini avec le blabla officiel.

- Je ne crois pas avoir demandé d’escorte, je ne veux pas que vous vous dérangiez autant…

La pauvre. Elle n'avait pas encore compris que sa vie ne lui appartenait plus vraiment, et que le Capitole entendait bien faire fructifier son investissement...
Avait-elle seulement la plus petite idée de ce que sa vie allait être ? Même moi, je ne le savais pas trop en fait, juste des bruits et des rumeurs qui circulaient. Mais je savais que les vainqueurs les plus fragiles pouvaient avoir la vie dure...

Le bon côté de tout cela, c'est qu'étant chargé de sa protection, je déciderais des informations la concernant que je transmettrais au Capitole.
J'étais sûr d'une chose, je ferais tout pour assurer au mieux mon rôle et la protéger, lui faciliter l'existence.

Je lui souris alors et répondis :

- Tous les vainqueurs ont une escorte pour leur sécurité et leur confort. Et vous ne me dérangez absolument pas, je suis très heureux de m'être vu confié cette tâche, c'est un honneur.

Je me tournais alors vers l'entrée de la gare et enchaînais:

- Je vais vous conduire chez vous, dans votre nouvelle maison, au village des vainqueurs. Le protocole voudrait que nous y allions en voiture, mais... Peut-être préférez-vous marcher ?
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MessageSujet: Re: Puisque tout change, fais que ce soit en mieux    Lun 5 Mar - 15:39


   
Puisque tout change, fais que ce soit en mieux.

   
Avec Chen Kuan Ti.
L’homme face à moi se présenta et je dus me concentrer pour retenir son nom complet. Il différait des habituels noms et prénoms et les consonnances semblables, proches des mots que l’on prononçait au quotidien. J’avais remarqué que les habitants de la capitale aimaient à se différencier à ce niveau-là. Mais je comprenais que pour l’homme devant moi, ce n’était pas une simple lubie décidée pour se différencier.
Non, « Chen Kuan Ti », comme je me répétais dans mon esprit, était l’héritage d’un passé depuis longtemps oublié, ce passé qui lui donnait un faciès différent.
Pas que cela me dérangeait fondamentalement et, pourtant, je sentais une certaine méfiance. La « différence » n’avait pas arrêté de balancer ma vie, de la choquer et de la blesser depuis quelques semaines : la « différence » n’avait eu de cesse de me détruire. Le Capitole, les entraînements physiques, les faire-semblants, les apparences, l’arène, la survie, la douleur, la mort violente… le meurtre… Je pouvais affirmer sans détour et sans défaut que je haïssais la « différence » qui n’avait de cesse à chaque apparition de ruiner les quelques fondements qu’elle avait laissés solides à son passage précédent. La catastrophe ouverte qu’était ma vie en ce moment était du fait de la « différence », sans douter.
Finalement, cet homme au nom et au visage différents ne dérogeait pas à la règle. Une vie placée sous une surveillance constante et une image de martyr maîtrisé par les marionnettistes de la capitale ; voilà ce que ces quelques mots de présentation me rappelaient.
Et pourtant, je ne ressentais pas la moindre animosité envers le Pacificateur Kuan Ti – ou Ti ? comment devais-je l’appeler ? je ne savais pas. Sa fonction, sa politesse, son absence d’accent, et son air qui le rattachait à un habitant des Districts : voilà ce qui faisait de cet homme un semblable. Une personne comme moi. Encore plus que la plupart des gens qui dehors, devant la gare, devaient chercher la raison pour laquelle celle-ci était fermée, et allaient peut-être fêter ma victoire et le confort que celle-ci leur apportait.
Ces gens incapables de comprendre que j’étais devenue différente.
Un sourire s’installa sur les lèvres de mon interlocuteur et il me parut sincère. Enfin, je le croyais, et je doutais, habitude impossible à chasser.

« Tous les vainqueurs ont une escorte pour leur sécurité et leur confort. Et vous ne me dérangez absolument pas, je suis très heureux de m'être vu confié cette tâche, c'est un honneur. Je vais vous conduire chez vous, dans votre nouvelle maison, au village des vainqueurs. Le protocole voudrait que nous y allions en voiture, mais... Peut-être préférez-vous marcher ? »

Une nouvelle maison… une voiture… le protocole… De nouvelles notions à intégrer, et je ne devais pas donner l’impression de les ignorer. J’avais grandi dans une maison respectable, j’avais croisé des voitures dans la capitale, mon père avait dû respecter des règles de tenue et bienséance dans le cadre de ses fonctions... Maintenant, je devais intégrer le tout plutôt que l’observer passivement.
Alors j’acquiesçai.

« Je préférerais marcher. Nous avons le temps, je suppose ? Dans ce cas, j’aimerais en profiter, et éviter de me presser. »

Oui, une marche sous le soleil me ferait le plus grand bien… Même si l’idée de me montrer auprès des habitants du District, ceux qui n’hésitaient pas à m’insulter quelques semaines plus tôt parce que j’étais une enfant riche et chérie, m’inquiétait un peu.

« Permettez-moi une question indiscrète… quel est votre nom de famille ? Je ne souhaiterais pas me tromper et vous offenser. »

Il était hors de question que je grimpe dans une voiture dans mon District.

« Je vous laisse mener le chemin, vous connaissez les procédures de sécurité je suppose. J’avais néanmoins une autre question… »

Non, ma fille, tu n’étais pas tout à faire seule dans ta vie.

« Ma mère a déjà eu droit de… s’installer dans cette maison ? »

Jane Wetthrone aussi subissait la « différence »… l’avait-on aidée ou abandonnée ?
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MessageSujet: Re: Puisque tout change, fais que ce soit en mieux    Mer 7 Mar - 16:52

Amy Wetthrone me regarda avec un air perdu. Pas étonnant, elle allait devoir ingurgiter énormément de nouvelles notions pour se faire à sa nouvelle vie. Elle était maintenant, une personnalité, pour le meilleur et pour le pire...

Elle acquiesça doucement et me répondit :

- Je préférerais marcher. Nous avons le temps, je suppose ? Dans ce cas, j’aimerais en profiter, et éviter de me presser.

Nous gagnâmes alors l'entrée de la gare. Je marchais lentement, pour lui laisser le temps de s'habituer, de reprendre contact avec la réalité. Dès que nous allions passer la porte, elle allait faire l'objet d'une curiosité intense, presque morbide. Elle semblait assez intelligente pour en être déjà consciente, mais cela allait sans doute la perturber quand même de voir tous ces regards braqués sur elle.
N'étant pas de ce district, je ne savais pas si elle était plutôt populaire et appréciée. Bien sûr, beaucoup de gens allaient maintenant chercher ses bonnes grâces, parce qu'elle était devenue quelqu'un. J'espérais qu'elle saurait faire le tri entre les personnes sincères et les sangsues...

Sa voix douce me fit revenir à l'instant présent :
- Permettez-moi une question indiscrète… quel est votre nom de famille ? Je ne souhaiterais pas me tromper et vous offenser.

Je souris et lui répondit :

- Kuan Ti est mon nom de famille. C'est un nom qui sonne étrangement maintenant, mais ma famille a toujours été fière de ses lointaines origines. Mais vous pouvez m'appeler Chen si vous préférez.

Nous sortîmes alors de la gare. Aussitôt, le silence fut remplacé par le bruit de fond de toute ville, avec néanmoins une certaine... tension, que mes années en tant que pacificateur me permettaient de ressentir. Les gens avançaient dans la rue, mais je sentais dans leur attitude, leur démarche plus pesante que toute leur attention était focalisée sur nous.
Je me redressais, pour signifier clairement que ce n'était pas le moment d'aborder la vainqueur, et jetais un regard à Amy pour voir si elle était toujours à mes cotés.

- Je vous laisse mener le chemin, vous connaissez les procédures de sécurité je suppose. J’avais néanmoins une autre question… Ma mère a déjà eu droit de… s’installer dans cette maison ?

Je ralentis un instant malgré moi. Aïe ! A peine arrivée, et je devais déjà lui annoncer les nouvelles déplaisantes...

- Vous êtes seule à décider qui peut séjourner avec vous dans votre maison. Donc votre mère ne pouvait s'y installer avant votre arrivée.

Je fis quelques pas en silence, puis j'ajoutais :

- Malheureusement... suite au... au décès de votre père, elle... Elle ne pouvait rester dans la mairie. Elle a donc emménagé temporairement dans votre pharmacie.


Je pensais à cette femme qui avait perdu son mari récemment, et à ce qu'elle devait ressentir. Je ne savais que trop bien la sensation de vide absolu, abattement, et presque de terreur que l'on pouvait ressentir après avoir perdu sa moitié. Je l'avais vécu deux fois...

Sans m'arrêter, et à voix basse, pour ne pas que des inconnus puissent m'entendre, je murmurais à la jeune femme à coté de moi :

- Ce n'est pas une mauvaise chose vous savez. Elle... Elle a besoin de se raccrocher au passé, à des souvenirs forts. Sans vous, la nouvelle maison n'aurait été qu'une coquille vide qui aurait amplifié sa douleur, croyez-moi. Mais, maintenant que vous êtes là, elle va pouvoir, lentement, avec votre soutien, se reconstruire une nouvelle vie. Sans jamais oublier votre père bien sûr, mais... elle apprendra à laisser passer la douleur, pour ne plus garder qu'une douce mélancolie.

Mei.
Sarah.

Elles étaient toujours avec moi. Depuis des années maintenant, je n'avais plus cette colère qui me rongeait de l'intérieur, ni cette douleur qui me broyait le cœur.
J'avais fini par accepter tous les moments de bonheur que nous avions partagé, sans regretter tout ce qui aurait pu être.
C'était la vie, et nous ne pouvions qu'aller de l'avant et accepter ce qu'elle avait à nous offrir, le pire comme le meilleur.
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MessageSujet: Re: Puisque tout change, fais que ce soit en mieux    Lun 19 Mar - 15:52


   
Puisque tout change, fais que ce soit en mieux.

   
Avec Chen Kuan Ti.
L’idée de l’appeler par son prénom me dérangeait, mais au moins avait-il clarifié la totalité de son nom de famille. Kuan Ti me convenait, je ne ressentais pas l’envie de le froisser – il avait déjà fait preuve d’une grande compréhension en m’expliquant son patronyme. Une telle question ne serait pas passée au Capitole, mais j’étais face à un agent de l’ordre des Districts. Quelqu’un comme moi. Enfin, mon ancien moi. Je sentais que je pouvais me permettre un peu de relâchement.
Je le laissais prendre les avants et ouvrir la route. Cela commença par l’entrée de la gare, dont le franchissement m’ouvrit à un monde totalement différent : je quittais la vie aseptisée que m’offrait la capitale depuis des semaines pour revenir à la vie des Districts, de leurs habitants. L’harassement de la chaleur, de la foule, d’une existence qui battait au rythme du travail.
Sur cette masse grouillante, je portais un regard froid, quasi-désintéressé. Nous n’évoluions plus dans le même monde. Même si je pouvais entendre leurs interrogations tandis que leurs pas ralentissaient, que leurs yeux se portaient sur ma personne, je savais profondément qu’ils ne pouvaient pas comprendre. Qu’il valait peut-être mieux qu’ils s’inventent leurs réponses pour imaginer saisir le sens d’un destin qui leur échappait. Mais qu’ils m’épargnent tous leurs commentaires déplacés.
Alors j’avais demandé à Monsieur Kuan Ti de mener la marche. J’avais reporté mon attention et mes pensées définitives sur cette personne qui m’était agréable, qui ne posait pas de questions, qui répondait aux miennes et qui semblait refuser le jugement – ou refuser de se laisser influencer par celui-ci, en tout cas. Du professionnalisme. De la raison. À bas les fioritures.
Et puis j’avais eu le besoin de m’inquiéter pour ma mère, et la question paraissait le gêner.

« Malheureusement... suite au... au décès de votre père, elle... Elle ne pouvait rester dans la mairie. Elle a donc emménagé temporairement dans votre pharmacie.
- On n’a pas laissé ma mère emménager au Village ? »

Ma remarque avait été soufflée, mais on ne pouvait pas ignorer les accents d’indignation. Seulement, la voix du Pacificateur attira mon attention, celle-ci ayant soudain baissé de volume et revêtu un voile de nostalgie. Il n’avait pas pris en compte ma légère remarque. Peut-être ne l’avait-il pas entendue.

« Ce n'est pas une mauvaise chose vous savez. Elle... Elle a besoin de se raccrocher au passé, à des souvenirs forts. Sans vous, la nouvelle maison n'aurait été qu'une coquille vide qui aurait amplifié sa douleur, croyez-moi. Mais, maintenant que vous êtes là, elle va pouvoir, lentement, avec votre soutien, se reconstruire une nouvelle vie. Sans jamais oublier votre père bien sûr, mais... elle apprendra à laisser passer la douleur, pour ne plus garder qu'une douce mélancolie.
- Vous pensez réellement ce que vous dites ? »

Je n’arrivais pas à croire que c’était vrai, que c’était si simple. D’autant moins quand la capitale insisterait des années durant pour consolider mon image de martyr en rappelant sans cesse mon arène ou la mort de mon père.
Non, non, personne ne laisserait le temps à ma mère de changer sa tristesse en mélancolie. Personne ne voulait qu’elle oublie.
Mais je vis le visage fermé et nostalgique de mon interlocuteur, le regard perdu dans ses souvenirs. Cette phrase et son intervention dépassait le cadre seul de ma pauvre vie, de ma pauvre expérience, quand un homme d’âge mûr à côté de moi essayait de me faire comprendre une réalité.

« Vous semblez parler en connaissance de cause, Monsieur Kuan Ti. »

Même avec le monde environnant, nous marchions dans les rues comme si elle nous appartenait : personne ne nous coupait la route. Merci Chen. Me concentrer sur vous me permettait d’oublier les autres.

« Votre métier doit être très dur pour rencontrer tant de familles qui ont dû passer de tristesse à mélancolie. »

Mais ne parlait-il pas de sa propre vie ? Je n’étais pas idiote et je souhaitais connaître la vérité d’un homme que j’allais devoir supporter un moment. Mais sans trop le brusquer.
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MessageSujet: Re: Puisque tout change, fais que ce soit en mieux    Mar 20 Mar - 15:34

- Vous pensez réellement ce que vous dites ? me demanda alors Amy, me tirant de mes pensées.

Bien sûr, pour le moment, il devait lui sembler inimaginable qu'elle ou sa mère puissent faire leur deuil un jour. Moi même j'avais cru à la mort de Mei que ma vie était terminée, et que sa disparition resterait une plaie béante dans mon cœur.

Je ralentis alors pour me tourner vers Amy afin de lui répondre. Je voulais qu'elle sente que mes réponses n'étaient pas des platitudes que je ressortais lors de chaque décès.

- Oui, je le crois sincèrement. Vous savez, aussi grand que le chagrin puisse être, je suis persuadé que l'instinct de vie finit par être le plus fort, sauf en de rares exceptions. On continue d'abord à vivre comme un automate, et puis, un jour, on se rend compte que les petits gestes du quotidien reprennent du sens... On se surprend à apprécier la vie de nouveau.

Nous avancions lentement en direction du Village des vainqueurs, toujours sous le poids de dizaine de regards qui nous suivaient sans gêne.
Au moins, ma présence faisait que personne n'osait s'approcher de la jeune vainqueur, et je pensais que c'était mieux ainsi. Elle aurait besoin de temps pour se confronter aux habitants de son district.

- Vous semblez parler en connaissance de cause, Monsieur Kuan Ti, déclara alors Amy d'une voix douce.

Sa remarque me surprit. elle était plus perspicace que je n'aurais cru, où j'en avais dévoilé plus que je ne pensais. Ce n'était pas dans mes habitudes de m'épancher sur ma vie, mais, étrangement, malgré nos différences, je trouvais qu'il y avait comme une sorte d'écho dans nos histoires.

- Votre métier doit être très dur pour rencontrer tant de familles qui ont dû passer de tristesse à mélancolie.

Je souris tristement. Je sentais que sa question en sous entendait une autre, mais qu'elle n'avait voulu la poser par délicatesse.

Mais j'avais commencé à raconter mon histoire, je n'avais pas de raison valable de me taire maintenant.

- Oui, vous avez raison mademoiselle, mon métier fait que j'ai eu parfois à annoncer de terribles nouvelles à des familles.

Puis, je poussais un léger soupir, avant de prononcer des mots qui n'avaient pas franchis mes lèvres depuis de longues années.

- Et... personnellement j'ai... j'ai perdu ma femme il y a de longues années. Et... il y a cinq ans, ma nouvelle compagne, une pacificatrice, a été tuée également.

Je soupirais encore, sous la vague des souvenirs qui déferlaient.
Deux morts, deux morts violentes et injustes.
Mais la vie était injuste.


Je regardais de nouveau, et ajoutais :

- Croyez-moi, j'ai ressenti de la haine et de la colère, contre ceux qui me les ont prises, contre le monde entier. Et puis... avec le temps, j'ai compris que cela ne menait à rien. Elles sont avec moi, à chaque instant, et... c'est bien comme ça.

Je n'arrivais vraiment à expliquer ce que je ressentais, mais j'espérais qu'elle comprenait plus ou moins ce que je voulais lui faire comprendre.

Mei m'avait toujours dit que la haine était un poison pour celui qui la ressentait. Je n'étais pas d'accord avec elle à l'époque. Aujourd'hui, je pensais que la haine était un poison à haute dose, mais qu'elle pouvait s'avérer être un excellent stimulant ponctuellement.
Mais, il était peut-être encore trop tôt pour parler de cela à Amy.

Pour le moment, le plus important était qu'elle se reconstruise avec sa mère. Il faudrait du temps, mais elle ne manquait ni d'intelligence, ni de courage...
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