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 "Quel jour on est ?"

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MessageSujet: "Quel jour on est ?"    Mer 31 Jan - 0:49



   

Quel jour on est ?




Je n’avais rien vu venir … Je n’avais pas compris ce qui s’était passé … J’étais juste là, il y avait eu des cris, puis des coups de feu … Puis plus rien …

Je m’étais réveillée ce matin-là complétement déboussolée. Je n’arrivais pas à réaliser que Pearl était morte la veille … Cela me semblait tellement improbable, la façon dont elle était tombée. Tellement injuste aussi. Et j’avais ressenti un vide, une tristesse, chose que je n’avais pas ressentie depuis longtemps en regardant les jeux … Que je n’avais peut-être jamais ressentie. Je me souvenais vaguement, quand j’étais plus jeune et que Sélène avait failli mourir dans son arène, des mots que j’avais adressés à mes parents. Ces paroles résonnaient dans ma tête ce matin. « Si elle était morte, elle ne méritait pas d’être une Featherstone ». J’avais depuis toujours appliqué ce principe à mes camarades d’entraînements morts dans l’arène : s’ils étaient tombés, alors ils ne méritaient pas leur place au centre d’entraînement et encore moins les larmes pour les pleurer. Pourtant hier, quand Pearl avait péri, mes pensées avaient immédiatement été pour Coralie et pour les dernières paroles que Pearl avait eues pour moi … « Prends soin d’elle si jamais … ». J’avais foncé chez elle et sa peine m’avait heurté de plein fouet. C’était d’ailleurs ma seule pensée au petit matin ; Coralie. J’avais besoin de m’assurer qu’elle allait bien, ou du moins qu’elle n’allait pas trop mal.

Je m’étais habillée en quatrième vitesse et j’avais foncé à la boutique où je savais qu’elle passerait la journée pour occuper son esprit. J’avais mis un peu de temps car les rues grouillaient de monde ce matin-là. Tout le monde devait vouloir sortir pour parler de la nouvelle … Une carrière était tombée sous les mains d’un district pauvre. Les coachs étaient-ils toujours à la hauteur ? Pouvait-on leur faire confiance avec nos enfants ? Bien sûr, j’entendais les murmures, mais ils diminuaient tous à mon passage. Après, tout, j’étais carrière. Sœur du coach. Sœur du mentor. Ces paroles ne devaient pas arriver à mes oreilles … Je ne comprenais pas pourquoi j’étais en colère, moi qui habituellement aurait sans doute fait partis des sifflements perfides qui me dérangeaient aujourd’hui. Etait-ce seulement à cause de Coralie ? Je préférais ne pas y réfléchir. Je m’étais avancée vers la boutique lorsque j’entendis un cri. Par automatisme, je pivotai alors que j’entendis les coups de feu retentir. Puis une douleur vive dans ma jambe. Puis la chute. Puis plus rien.

Lorsque j’ouvris les yeux, je portai immédiatement ma main à ma tête. C’était … Douloureux. Mais mon geste fut stoppé par un fil qui était accroché à ma main. Mes yeux s’habituaient à la lumière … J’avais l’impression d’être dans une pièce toute blanche, dont la lumière m’aveuglait. Qu’est-ce que … Mon regard se posa sur ma main. C’était quoi, ce fil ? Et ce … J’étais dans un lit ? Il me fallut quelques secondes pour ouvrir complétement les yeux et serrer le poing. Lorsque la lumière devint un peu moins vive, j’aperçu Sélène, assise devant moi, les yeux à peine fermés …

« Sélène … ? »

Aïe. C’était quoi, ça ? Ma voix semblait étrangement rauque, étouffée. Sèche. Je tendis fébrilement la main vers la table de chevet à côté de moi ou je devinai un verre d’eau. Bon sang, fébrilement. C’était quoi ce délire ? D’un coup, je senti comme un regain d’énergie et je m’agitai, presque paniquant, mais toujours retenue dans mes mouvements par ce fouttu fil ! J’étais complétement désorientée … Qu’est-ce qui se passait ? Où j’étais ?

« Qu’est-ce que … »

Bordel, je suffoquais. Je suffoquais jusqu’à ce que mon esprit se calme. Je tentai d’inspirer et d’expirer profondément comme on me l’avait appris au camp en cas de panique. J’étais en train de paniquer. Ça pouvait se gérer, c’était juste physique. Un, deux, trois. Respire. Après quelques instants mes yeux se posèrent à nouveau vers Sélène, puis sur la pièce autour de moi. C’est là que je compris où j’étais …. J’étais à l’hôpital.

« Qu’est-ce que je fais là ?! »

Nouvel élan de panique. Mon premier réflexe fut de regarder mes bras, mes mains, mes jambes. Je n’avais pas l’air d’avoir perdu en muscle, donc je ne devais pas être là depuis trop longtemps. Par contre, ma jambe était douloureuse et un peu surélevée. Merde. Après le check-up rapide de mon corps, mon cerveau c’était calmé pendant un instant. Il avait repris ses habitudes confortables et commençait à calculer combien de temps il me faudrait pour récupérer une jambe potable. Avant les jeux de l’Expiation … Mais ils n’étaient que dans quelques jours … Si j’avais laissé passer ma chance, jamais je ne me le pardonnerais. Peut-être que je pourrais participer comme ça ? D’ailleurs, comment est-ce que « ça » m’étais arrivé ? Je ne me souvenais absolument pas de comment j’aurais pu tomber là. J’avais du me prendre un sale coup au centre d’entraînement. Mes yeux se posèrent sur Sélène, et sa voix me parvint comme un écho. Depuis combien de temps est-ce qu’elle me parlait ? Ma main attrapa son bras et se crispa dessus.

« Quel jour on est ? Dans combien de temps est la Moisson ? »


_________________


FEATHERSTONE, CHANNELLE. Like a vendetta, see how this is gon' go. Touch me and you'll never be alone. Island breeze and lights down low, no one has to know. In the middle of the night, in my dreams ... You should see the things we do, baby. In the middle of the night, in my dreams, I know I'm gonna be with you so I take my time. Are you ready for it? Taylor Swift



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MessageSujet: Re: "Quel jour on est ?"    Lun 5 Fév - 22:56

Quel jour on est ?
Sélène & Channelle


Avez-vous déjà eu l’impression que tout vous échappait ? Que votre vie entière se déroulait comme une mauvaise émission de Capitol TV dont vous ne pouviez stopper la diffusion ? C’était ce que je vivais depuis que, au sein d’une foule de sponsors décadents, j’avais assisté à la chute de mon tribut. De favori, il était passé à cadavre haï. Une chute vertigineuse et sans appel, sans retour possible. Les langues de vipères qui m’entouraient n’avaient aperçu que ce que leurs yeux bien trop fardés avaient voulu voir : une victoire aussi surprenante que l’arc-en-ciel jaillissant dans le ciel après la pluie. Moi je n’avais vu que les torrents de la tempête, un orage infernal qui avait foudroyé deux âmes et ne leur avait laissé qu’un choix impossible. Un choix que j’avais moi-même fait sans succès : Nathanaël avait seulement été plus malin que moi. Après tout, il n’aurait jamais à affronter les regards désapprobateurs et faussement choqués des oiseaux du Capitole dont les piaillements incessants m’avaient vrillé les tympans. Entre liesse et déception cuisante, la frontière était mince mais l’échec de l’Expiation lui était indéniable.

Je m’en moquais. Jamais je n’avais trouvé la moindre satisfaction dans la victoire des tributs qui m’avaient succédé dans l’arène. Pourtant, mon sentiment vis-à-vis de cette fille était différent. Du District Cinq, Nathanaël du District Un. L’histoire maudite semblait se rejouer avec d’autres personnages, pièce infâme qui prenait plaisir à contrefaire mes souvenirs d’un autre temps et rendait mes soupçons encore plus insupportables… Au moins cette fille ne se poserait jamais ces questions cruelles d’un nous, ils n’étaient pas allés aussi loin.

Même si le dénouement avait été très différent, dans les gestes tremblants d’Amy Wetthrone, je percevais une fragilité et, pire, de l’incompréhension : cette dernière me mettait en rage. Une colère si forte que je m’étais hâtée de quitter le vaste lieu où les sponsors me dévisageaient moi seule, n’ayant aucun mentor à féliciter ou à choyer pour leur nouvelle gagnante. Bientôt de vieux pervers auraient proposé de me raccompagner, mieux encore de passer un moment en leur agréable compagnie pour me consoler de la perte de mes tributs. La nausée était déjà dans ma gorge quand j’avais dévalé les escaliers pour regagner au plus vite le centre des tributs et les appartements du District Un. Je n’étais pas parvenue à me détacher de ce parallélisme troublant tandis qu’à peine esseulée dans l’étage du Luxe, je m’étais effondrée devant les images de la victoire qui passaient en boucle à l’écran que je n’avais pas été capable d’éteindre.

Ensuite, les choses s’étaient enchaînées. Amy était sortie, elle devenait l’unique centre d’attention et c’est sans regret que j’avais regagné mon district dont je goûtais l’ambiance pesante dès l’arrivée à la gare. Trois jours avaient pourtant passé depuis que nous avions tous assistés en direct à l’exécution du maire du District Cinq et à la chef des pacificateurs. Je ne la connaissais que vaguement, nous avions discuté une ou deux fois ensemble à propos de certains carrières qui s’amusaient à jouer les gros bras en ville et que nous avions décidé d’un commun accord de calmer autrement qu’en les faisant coffrer. C’était une femme intègre, honnête et juste. Droite surtout. Maintenant, elle était simplement une femme morte.

La Rébellion avait fait son coup d’éclat. On avait parlé de quelques blessés civils et pacificateurs, jamais de morts outre ceux que nous avions vus directement à l’écran mais je ne m’y fiais pas : cela faisait trop longtemps que je ne croyais plus les balivernes diffusées sur les ondes. Après l’angoisse de ne pouvoir contacter mes parents et ma sœur pour savoir s’ils allaient bien – Kyle pouvait bien être dans un caniveau que ça ne m’aurait pas touchée –, la tension de cet évènement hors norme puis des exécutions diffusées à l’écran le matin suivant avait été happée par la finale de l’arène. Une information en remplaçant une autre, une émotion en ensevelissant une autre. Entre angoisse et désarroi, c’était sur ce dernier que c’était porté mon effroi.

Bien entendu, j’avais été naïve. Ils auraient tout de même eu la décence de me prévenir si une personne de ma famille aurait été touchée dans l’attaque du District – même s’il était certain que cette dénomination n’était pas celle requise mais qu’on devait parler d’un « incident isolé » -, ils n’auraient pas eu la traitrise de me laisser dans l’ignorance.

Pourtant, lorsqu’en arrivant dans mon District je ne fus reçue par personne de ma famille mais seulement par le maire et les parents des tributs décédés, une vague d’appréhension m’avait envahie. Moins d’une heure plus tard, j’avais planté toutes ces cérémonies grotesques et inutiles pour être au chevet de Channelle.

Depuis les jours se suivaient dans une ritournelle infernale. Je passai tout mon temps dans une chambre aux murs blancs, à l’atmosphère puant les produits chimiques et où les bips constants des machines qui contrôlaient les signes vitaux de ma cadette retentissaient sans cesse. Au début, cela avait été dur. L’odeur de l’hôpital me soulevait le cœur, l’ambiance aseptisée avait cette fâcheuse tendance à me rendre mal à l’aise.

C’était l’accouchement sans doute. Aucun souvenir précis ne s’était ancré de cette journée, juste ma peine et mon accès de rage destructrice chez moi puis le vide quand j’avais chuté jusqu’aux pieds des escaliers. Channelle qui pleurait, les mouvements des médecins qui s’affairaient autour de moi… J’avais été une gamine active mais j’avais rarement vu les salles de soin de l’hôpital avant cette expérience terrible… Et maintenant j’étais à nouveau là, à m’agacer contre un fichu interne qui n’y comprenait rien et qui me récitait le dossier de ma sœur comme si lui-même n’en saisissait pas un mot. Le médecin avait dit qu’elle se réveillerait vite mais les heures puis presque une semaine s’étaient écoulées sans le moindre signe d’amélioration.

Si nos parents n’avaient pas été présents, mon père toujours imperturbable et ma mère au bord des larmes, j’aurais plaqué cet imbécile binoclard contre un mur jusqu’à ce qu’un vrai médecin daigne sortir de son fichu bureau pour venir examiner une fois de plus Channelle. Ce n’était pas lui qui était à blâmer, c’était à moi-même que j’en voulais de ne pas avoir été là quand j’aurais dû… Ma mère errait entre la maison, la boutique et l’hôpital : père ne souhaitait pas qu’elle s’y installe et cela valait mieux pour éviter les sanglots sans compter qu’outre leur inquiétude, mes parents avaient leur honneur. Les soins étaient chers. Pour une fois, Kyle et moi étions tombés d’accord pour couvrir les frais malgré leurs protestations : nous nous bagarrerions entre nous pour les détails, mais cela n’avait pas d’importance. Tout ce qui importait, c’était cette silhouette si jeune et fragile qui était étendue là sur le lit aux draps de coton blanc.

Installée dans le fauteuil au cuir synthétique, les jambes recroquevillées contre ma poitrine, un plaid les recouvrant, je ne quittai pas des yeux ma sœur. Sa peau si pâle, ses paupières toujours si closes… Ses lèvres étaient bloquées dans une expression morose… Du bout des doigts, je caressai sa main avant de la glisser sous le tissu froid et terne. Elle me manquait tellement.

Une balle, c’était tout ce qui avait suffi à la mettre dans cet état. Plus que ce projectile, la chute qui s’en suivit avait provoqué un traumatisme crânien selon les médecins. Ils ne savaient dire quand elle se réveillerait, juste qu’elle ne souffrait pas et qu’elle devait se reposer pour retrouver des forces. Cependant, ce n’était pas ma Channelle. Ce corps étendu sur ce lit avait son visage, ses traits et sa silhouette mais ce n’était pas elle. Son rire, son charme, son espièglerie et son arrogance… Sans tous ses attributs, elle n’était qu’une poupée que je veillais dans l’espoir qu’après un battement de cil de plus elle se mette à bouger à nouveau, à me taquiner et me sourire.

Pour l’instant, l’heure n’était pas à la colère. On ne saurait jamais si la balle venait des rebelles ou des pacificateurs, bien que ces derniers prétendent le contraire. Foutaise. Les uns comme les autres étaient responsables de ce qui arrivait à ma sœur et Kyle pouvait bien nous faire son numéro de défenseur de la patrie, il n’était qu’un mouton de plus. Alors, j’étouffais ma rancœur et bâillonnai mon désespoir. Et, une fois de plus, le sommeil me trouva pendant que j’observai avec tendresse sa respiration lente, sa poitrine qui soulevait les draps dans un tempo parfait. Portée dans un monde imaginaire, je me trouvai projetée dans un lieu insulaire. Les flots alentours hypnotisaient mes pensées. Rien ni personne ne pouvait me heurter. Alors pourquoi ce murmure à l’horizon m’interpellait. Pourquoi m’appeler à l’aide il se bornait. Déjà, le doux songe cessa. Et avec le réveil, un nouvel espoir commença.

Cette voix.

Mes paupières qui jusqu’à présent se débattaient pour s’ouvrir claquèrent comme des volets qu’on pousse avec vigueur et qui rencontre un mur trop dur pour leurs pauvres battants de bois. Les éclats et échardes volent. Le cauchemar prend fin.

- Channelle !

D’un bond, je me retrouvais sur mes jambes encore cotonneuses et engourdies. Le brouillard des derniers temps s’était pourtant levé. Tout me paraissait plus vif, plus intense. Comme cette joie immense qui secouait mon cœur de battements incontrôlables plus rythmés que lors de n’importe laquelle des courses-poursuites que j’avais pu mener dans l’arène. Elle était réveillée et le bonheur immense qui transcendait chaque partie de mon être me donnait le vertige.

- Doucement ma belle, tu es à l’hôpital… Calme-toi… tentai-je de la rassurer en attrapant ses poignets pour éviter qu’elle n’arrache toutes les perfusions.

Des câbles traînaient déjà sur le sol et je doutais que les infirmiers en soient ravis, d’autant plus que ces médicaments n’étaient peut-être pas pour rien dans son éveil et je refusais qu’elle replonge à nouveau dans ce coma angoissant ! Elle se débattait, s’agitait et moi je laissais s’échapper une vague de paroles douces pour qu’elle arrive à nous rejoindre, qu’elle prenne à nouveau ses marques dans notre monde qu’elle avait quitté trop longtemps. Quand elle s’apaisa, je ne pus m’empêcher d’afficher ce sourire franc et heureux qu’elle déclenchait d’un simple regard. Précautionneusement, je lâchai un de ses poignets pour caresser sa joue : cela était si bon de la revoir. Trop émotive dans un premier temps, je ne répondis pas à sa question à propos de ce qui l’avait conduit ici : le médecin nous avait prévenus qu’elle pourrait être désorientée, j’étais préparée à cela et tout ce qui comptait, c’est qu’elle soit de retour.

Mon sourire s’évapora pourtant si vite lorsque je compris que quelque chose clochait. La Moisson. Elle me parlait de la Moisson.

- Channelle… La Moisson est passée depuis un moment… Tu… Tu te souviens, tu ne t’es pas portée volontaire…

Désormais, elle me regardait comme si j’étais folle. Comme si j’avais définitivement et irréversiblement perdu l’esprit.

- Tu ne voulais pas que j’y retourne alors Pearl…

Ses prunelles s’agrandissaient, me transperçaient. L’horreur que j’y lisai n’avait d’égale que la panique qui circulait dans mes veines. Qu’arrivait-il à ma petite sœur ?







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