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 Comme une impression de déjà-vu

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MessageSujet: Comme une impression de déjà-vu    Dim 7 Jan - 15:05

Comme une impression de déjà-vu

Cassio T. Shepherd & Coralie L. Standford

Je regardais par la fenêtre du train le paysage défiler devant mes yeux. Je n'étais jamais allée au district 6. Qu'allais-je trouver là bas ? Je ne connaissais que le Capitole et mon district. Les gens y vivaient-ils différemment ?

Ma mère était venue me voir il y a quelques jours pour me proposer d'aller effectuer une livraison pour la femme du maire du district 6. C'était une cliente habituelle, mais elle avait cette fois-ci commandé un bijoux de très grande valeur. Ma mère et elle s'étaient donc mis d'accord pour qu'elle vienne elle même le lui livrer. Malheureusement, ou heureusement pour moi, elle était invitée à un gala au capitole au même moment. Elle me demanda donc de la remplacer, ce que j'accepta avec plaisir, ne sachant pas quand une opportunité comme celle là se représenterait.

Ainsi j'étais à présent dans le train, en route vers l'inconnu et un collier lourd de diamant dans la poche de ma veste. Je n'arrêtais pas de passer machinalement une main dessus, pour vérifier que je l'avais encore. Ma mère m'avait fait confiance, je ne voulais pas la décevoir en perdant bêtement un objet aussi cher.

J'avais pris soin de bien m'habiller, afin de faire bonne figure à cette cliente régulière qui était réputée pour son bon goût. Il aurait été dommage de perdre une si bonne cliente parce que je me serais habillée en guenilles.

Le train s'arrêta tout doucement. Je descendit rapidement, ne voulant pas arriver en retard. Je sortis de la gare et compris alors que je me trompais sur toute la ligne. Moi qui croyait que la vie confortable de mon district était commune à tout Panem, je me rendis rapidement compte que ce n'était absolument pas le cas en observant les rues sombres et les usines qui m'entouraient.

J'oubliai rapidement mon objectif et décida de m'aventurer au travers de ce district que tout différenciait du miens. Même l'attitude de ses habitants, plus préocupée et moins souriante différait de l'ambiance colorée qui vivait autour de moi sans que je n'y fasse plus attention. Les gens avaient l'air de vivre dans une simplicité déconcertante. Etaient-ils pour autant moins heureux ? Il fallait que j'en sache davantage.

Je m'avançais ainsi dans une rue au hasard. Elle devait sûrement mener au centre de la ville et plus précisemment à la mairie où la femme du maire m'avait donné rendez vous.

Le calme régnait, le peu de passant que je croisait portaient des combinaisons pour travailler. Je n'en avait vu des semblables que pendant certaines Parades où des stylistes s'amusaient à les recréer, comme symbole du district. Les voir en vraie, mais surtout en plus simple, me faisait bizarre.

La rue n'en finissait pas. Je me rendis compte que je marchai depuis un moment un peu plus vite, presque au pas de course. Je n'étais pas vraiment rassurée par ce calme dont je n'étais pas habituée.

C'est à ce moment là que je vis trois individus adossés au muret d'une ruelle qui était perpendiculaire à la rue que je traversais depuis un moment. Ils me regardaient insistement. Je jetais un coup d'oeil à mes vêtements et compris que ma tenue faisait tâche dans ce monde si uniforme. L'un d'entre eux me héla. Peut être étaient-ils curieux de savoir d'où je venais ? En observant bien, ils avaient l'air assez jeunes. Je pourrais ainsi étancher ma soif de curiosité en leur posant des questions sur leur vie dans ce district. Je décidais donc de m'approcher, tout en gardant une certaine réserve. Quel parent n'a jamais dit à son enfant de ne pas suivre des inconnus en même temps... Mais ce n'était pas tous les jours que j'avais l'occasion de découvrir d'autres environs, je voulais en profiter.

T'es pas d'ici toi ça se voit...



Bon, le ton peu rassurant du premier jeune homme aurait dû me mettre sur la voie, mais naïve comme je suis, je me suis entendue répondre :

Non, je ne suis pas de ce district... Vous... Vous travaillez par ici ?



Ils se jeterent des regards amusés que je n'arrivais pas à décrypter.

Notre lieu de travail, c'est ici princesse !



Il effectua de grands cercles avec ses bras, montrant toute la rue, un rictus ne partant pas de son visage.

Le fait que je ne comprenne pas leurs allusions faisait sonner une alarme d'alerte dans mon cerveau qui criais fuir le plus loin possible de ces types louches.

Bon... Et bien je vais y aller moi, heu bonne soirée...



Je fis demi tour et vis que l'un des trois gaillards s'était placé derrière moi. Je compris avec horreur que j'étais coincée.

Qu'est ce... Qu'est-ce qu'il se passe ? Que voulez vous ?



Je criais presque, espérant attirer l'attention d'un passant voulant bien me sortir de cette mauvaise passe.

Montre nous un peu ce que tu as dans tes poches princesse...



Ho non, pas le collier. Mais qu'est ce que j'ai été imprudente de ne pas m'être baladée après avoir rendu le bijou... L'homme qui était derrière moi posa une main sur mon épaule ce qui me fit frissoner. Et pas à cause du froid. Non, j'avais réellement peur de ce qui pouvait m'arriver.

Non s'il vous plait laissez moi partir...



En espérant que quelqu'un m'entende.

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!! soirée discord !!
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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Dim 7 Jan - 21:42

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Impression de déjà-vu

Coralie & Cassio




La chaleur écrasante et le soleil de plomb traînaient leur carcasse ardente dans les rues du District Six. C'était toujours comme ça quand la fin de l'été arrivait, les relents des vents désertiques du sud couvraient les rues d'une vague poussière qui se collait à la moindre flaque de cambouis. Je détestais cette période, elle donnait l'impression que le District était plus fréquentable avec ses rayons lumineux qui cognaient contre les arrêtes rouges des bâtiments de pierre. Ils renvoyaient une onde brûlante que j'avais déjà dû supporter toute la journée dans l'atelier. Aujourd'hui, on avait tous attendu que la météo nous fasse son fichu tour de passe-passe : "des trombes d'eau devraient descendre, c'est sûr !" avait même lancé Tobias avec sa voix sèche. Ce mec avait la trentaine, mais on lui aurait donné la quarantaine sans même hésiter et la sagesse censée aller avec.

Son expérience l'avait pourtant trompé et tous les gars l'en avaient raillé pour oublier le four dans lequel on devait bosser. Entre l'odeur crasseuse de l'huile qui nous brûlait les poumons et les pièces de métal qu'on aurait dit fumantes sous nos paumes, il fallait qu'on se détende. Maintenant que la journée était finie, j'étais censé rentrer directement. C'était une routine à laquelle je ne dérogeais jamais : dans les vestiaires, je me passais une serviette terne et râpeuse sur le visage histoire de pas être couvert de graisse de moteur, je virais mes fringues de boulot, j'enfilai un autre pantalon sombre et un tee-shirt noir avant de rejoindre Will et père. Sauf depuis quelques semaines...

J'avais besoin d'être seul. Pas que je sois quelqu'un d'aussi sociable que mon frangin, mais j'avais besoin d'un minimum de temps avec ma famille avant, comme tout le monde j'imagine. Les choses changent. Maintenant il m'arrivait de me tailler en vitesse pour déambuler dans les rues du District pendant une petite heure avant de rentrer. Père n'avait rien dit, Will était inquiet ça se voyait mais il se taisait aussi. On marchait tous sur des œufs depuis longtemps à la maison.

Les hautes bâtisses de pierre crachaient la chaleur estivale dans les rues. De bétonnées à l'abord des ateliers, elles devinrent plus terreuses à force de me rapprocher des quartiers les plus décrépis... Les murets de pierre de chaque côté de la grande rue donnaient cette impression de prendre au piège quiconque s'y aventuraient et ce n'était pas si faux. Avant, je venais surtout dans le coin pour me fournir en plantes médicinales, mais Vahine était morte et je n'avais pas encore trouvé de personne comme elle pour m'éviter que ma santé se dégrade.

Des voix me sortirent de mes pensées. Sur la droite un groupe de trois mecs pas vraiment fréquentables étaient en train d'entourer une nana. Ses fringues bon chic bon genre ne cadrait pas vraiment avec le coin, ne s'en était-elle pas aperçue ? Je serrai les dents : elle ne devait pas être d'ici et s'était sans doute paumée dans le dédale des rues, tout se ressemblait quand on était pas de la région il paraît.

Je n'aurais pas dû m'en mêler, jouer les chevaliers servants c'était le crédo de Will, pas le mien. Pourtant, quand ils ont commencé à la chahuter et qu'elle a crié, il était évident que si je n'y retournai pas personne ne lu viendrait en aide. Elle avait peut-être une famille, un frère qui aurait aimé que quelqu'un vienne la tirer de ce mauvais pas. C'était peut-être une de ces gamines pour lesquelles la vie à Panem était douce à en voir ses vêtements bien clinquants et ses cheveux d'or, mais est-ce qu'elle méritait ce qu'ils s'apprêtaient à lui faire dans cette sordide impasse ?

Demi-tour, je m'approchai non sans tâter ma poche, le poids du couteau à la lame repliée dans le manche me donna l'assurance qui me manquait. J'avais toujours fait profil bas, c'était même une garantie pour notre survie de ne pas nous exposer, de rester dans la masse. Seulement j'arrivais déjà plus à me regarder dans le miroir après l'histoire du District Un alors ce serait quoi si je laissais cette inconnue se faire dépouiller ou violer ?

- Hep ! Qu'est-ce qu'il se passe là ? lâchai-je d'un ton fort pour interpeler celui qui vissait son regard dans les yeux de la fille qui me tournait toujours le dos.

Il vrilla ses pupilles légèrement dilatées vers moi. Son organisme ne devait pas encore avoir totalement absorbé sa dose car il ne tremblait pas encore.

- Rien qui te regarde, casse-toi ! mugit-il avec hargne en vérifiant que ses deux potes étaient prêts à me refaire le portrait.

Je les contournai, juste assez pour que le dealer soit obligé d'arrêter de faire face à la nana que son larbin serrait toujours par les épaules.

- Je me tire si je veux. lui rétorquai-je alors que la fille commençait sacrément à pâlir. C'est la première fois que je pouvais vraiment voir son visage, ses traits me disaient vaguement quelque chose. J'ai pas l'impression que la demoiselle soit là pour ton petit commerce... Alors tu la laisses partir et tout est ok.

Mes mains s'étaient levés en signe de paix, pour lui montrer que je n'avais pas d'arme aussi. Je savais comment il réagirait, il était sanguin ça se voyait au premier coup d’œil.

- Tout est ok, ouais mec... lâcha-t-il en s'approchant de moi.

Son poing fendit l'air. Il n'avait vraiment rien d'original ce dealer. Jamais faire dans le théâtral, aller à l'essentiel. Je m'étais écarté au dernier moment et avais attrapé son avant-bras au vol. Une clef de bras et voilà qu'il geignait comme une truie en appelant ses acolytes. Celui qui maintenait la fille par derrière ne bougea pas, ses yeux étaient injectés de sang : un camé, il ne serait pas dur à contrôler s'il venait et visiblement il n'en avait aucune intention. L'autre par contre nous fonçait déjà dessus.

D'un geste, je projetai son pote dealer dans sa carrure carrée. L'adrénaline me faisait du bien. Il n'y avait que quand je me battais que je réussissais à oublier ces derniers temps. Dans un fatras de membres, le gorille écarta le dealer encore endolori et sous le choc puis me balança un premier coup de poing que j'évitais sans mal. Le second par contre me frappa à l'estomac avec violence. Je lâchai un hoquet en me mordant la lèvre à sang. Alors comme je ne bougeai pas, toujours debout mais plié en deux, il continua à me frapper à l'abdomen. Les anciennes blessures se réveillaient mais s'il y avait une chose que je savais faire, c'était encaisser. Après quatre ou cinq coups qui l'avaient forcé à se courber toujours davantage, je me dégageai en arrière et lui assénai un choc sur le haut de la colonne : il tomba à plat ventre sur le sol dans un craquement sonore. Il finit par prendre encore quelques coups de pied bien sentis, frapper un homme au sol n'était pas loyal mais la loyauté ça valait pour les vrais mecs, pas ceux qui coinçaient des filles sans défense dans des impasses malfamées. Celui qui tenait la fille avait déguerpi entre temps. Je me dirigeai donc vers celui que j'avais étalé avant et le relevai par le col pour le plaquer contre le mur le plus proche. Le son mat de son dos qui heurta les pierres presque noires calmait les tiraillements dans ma poitrine.

- Fous-le camp, maintenant ! lui intimai-je à voix basse.

Il ne se fit pas prier. A peine avais-je lâché mon étreinte qu'il s'est mis à courir, sans demander son reste. L'autre s'est à moitié traîné jusqu'au coin de la rue avant de suivre son chef. Ça n'avait pas été bien difficile finalement, même pas besoin d'arme pour les mettre en fuite. Des petites frappes, rien de plus. Ma respiration était saccadée, douloureuse quand je me retournai vers la demoiselle qui était toujours debout, visiblement perturbée par ce qui venait de se passer.

Je soulevai mon tee-shirt pour apercevoir deux grosses rougeurs, les hématomes se formaient. D'ici une heure, ça ne serait pas beau à voir. Avec une grimace dans les traits, je m'approchai de celle que j'avais sauvée de justesse :

- Tu vas bien ? Ils t'ont pas touchée ?

C'est alors que le malaise vînt. Putain c'était cette nana ! La fille du District Un, celle qui m'était tombée comme une fleur dans les bras, dans cette boutique où Nicodème avait fichu un bordel monstre. Là où on avait failli laisser notre peau. Je serrai les mâchoires, une ombre passa dans mes yeux en assombrissant leur vert habituellement si clair. Elle ne pouvait pas m'avoir reconnu, j'avais pris suffisamment de précaution pour ça, le foulard qui recouvrait la moitié de mon visage devait avoir fait son job... Mais quel con je faisais... Will était doué pour voler au secours des nanas en détresse, pas moi. Moi sur des milliers, j'arrivais à venir aider la seule qui aurait pu m'expédier directement à l'exécution en place publique.

Inconsciemment, tout mon corps sembla se contracter comme ces vieilles pièces qu'on ne parvient pas à dessouder pour les remplacer. Il était hors de question que ma sœur termine avec une balle dans le crâne par ma faute. Fallait pas être un génie pour faire le calcul : si elle finissait pas me reconnaître, il lui resterait plus qu'à me dénoncer avec son plus joli sourire de gamine friquée puis elle ferait le lien avec Ivy quand on m'arrêterait. Qu'on me colle une balle entre les deux yeux pour mon erreur, passe. Mais Ivy ne devait pas trinquer.

C'était le moment de foutre le camp avant qu'elle percute car, même si le risque était minime, il existait. Un peu comme quand on laissait rouler les trains sur des voies dont le bourrage était pourri : c'était pas censé dérailler tout de suite mais un rien pouvait tout faire partir en vrac.

Je passai le dos de ma main sur mon sourcil gauche, traçant une trace sanguinolente sur mon front et m'arrachant une grimace. Il m'avait pas raté l'autre dealer. Puis je plongeai mon regard dans celui encore incertain de la petite blonde.

- Traîne pas ici, ok ? T'es pas dans un quartier fréquentable... ajoutai-je en espérant pouvoir me tirer l'air de rien.

Tournant talons, je commençai à m'éloigner. Si j'avais cru en autre chose que moi-même, j'aurais peut-être prié. Prier pour que je n'entende pas ses talons me suivre, ni sa voix me héler...


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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Mar 9 Jan - 22:28

Comme une impression de déjà-vu

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 Hep ! Qu'est-ce qu'il se passe là ?



Je sursautais, surprise mais surtout très tendue par la situation. Puis je me rendis compte de ce que cela signifiait : quelqu'un m'avait entendue !

L'homme qui se situait en face de moi lui ordonna de partir. Je n'osais pas bouger, sachant que quelqu'un me tenait toujours l'épaule. Je voulais pourtant voir la tête de mon sauveur.

J'entendis sa voix se déplacer vers ma droite. J'arrivais à le voir du coin de l'oeil. C'était un homme, il avait l'air plutôt jeune. Et sa voix.. J'étais persuadée de l'avoir déjà entendue quelque part... Mais non, je devais sûrement me tromper, je n'étais jamais venue dans le district de toute façon.

Tout en examinant sa voix, je compris qu'il parla d'un certain commerce, et que je n'étais pas là pour ça. Mais un commerce de quoi au juste ? En tout cas, et au vue de la tête des lascars que j'avais en face de moi, ce ne devait pas être un commerce très légal. Existait-il quelque chose de semblable dans mon district ? Non je ne pense pas, je l'aurais découvert plus tôt je pense.
Les deux hommes s'observaient intensemment. La pression était tellement palpable que j'aurais presque pu la toucher.

Je poussais un cri lorsque l'homme en face de moi essaya de frapper le nouvel arrivant. Pourtant, malgré la surprise de l'attaque, il réusit à s'écarter à temps et à retourner la situation. Je ne put qu'admirer ce qu'il était en train de faire tellement ses gestes étaient précis et rapides. Si tous les jeunes du districts étaient aussi fort que lui, il y aurait eu beaucoup plus de victoires aux jeux, ça j'en étais certaine.

Alors qu'il avait maitrisé le premier des trois individus, un deuxième fonça vers lui. Celui là avait l'air plus fort, car mon sauveur avait plus de mal. Tellement de mal que je commençais à me faire du soucis en le voyant plié en deux, comme tordu de douleur. Je voulais l'aider, je tournais alors la tête et mordis la main de mon agresseur pour qu'il me lâche. Cela lui fit plus de mal que je le pensais, et en voyant que son copain commençait à passer un sale quart d'heure, il grogna et s'éloigna rapidement. J'aurais presque juré qu'il courrait.

J'étais plutôt contente de mon coup à vrai dire. Mais que de m'envoyer des fleurs à moi-même, je devais aider le jeune homme à se débarasser du troisième gars. Mais il n'eut absolument pas besoin de mon aide et réussit à le faire fuir.

 Tu vas bien ? Ils t'ont pas touchée ?




Je fronçais les sourcils. Décidemment, sa voix me disait vraiment quelque chose. Je vis alors les blessures qu'on venait de lui faire à l'instant. Je devais reprendre mes esprits car il attendais une réponse. Mais non, on ne m'avait pas fait de mal, il était arrivé juste à temps.

Moi oui je vais bien mais toi... enfin t'as quand même pris de sacrés coups. T'es sûr que ça va ?



Le sang qui commençait à couler sur son visage n'arrangeait rien. Je fouillais dans mes poches et trouvai un morceau de tissus que j'avais utilisé pour nettoyer les diamants du collier que je devais (toujours hélàs) livrer cet après-midi.

Attends je vais t'arranger ça quand même...



Je me sentais coupable qu'il ai dû recevoir tous ces coups à cause de mon imprudence. Je voulais me rattraper. Je m'approchais de lui afin d'essuyer le sang qui marquait son visage. Ma main allait effleurer son visage quand je me rétractai. Je ne pouvais que lui faire mal, je n'étais pas médecin après tout. Je décidai donc de lui tendre le mouchoir pour qu'il puisse le faire seul.

Il commençait à me regarder bizarrement. Comme s'il était en train de m'analyser. En même temps, il aurait pu dire la même chose de moi puisque je faisais exactement pareil. Mais tout de même, je me demandais comment un garçon de cet âge arrivait à faire fuir trois homme qui devait être tous plus âgés que lui. Je ne connaissais que les carrières qui étaient autant entrainés. Il me tira de ma reflexion en prenant la parole.

Traîne pas ici, ok ? T'es pas dans un quartier fréquentable...



Et il commença à s'éloigner. Quoi, c'est tout ? Je ne lui avait même pas dit merci... Après ce qu'il venait de faire, c'était tout de même la moindre des politesse. Je posai une main sur son épaule pour qu'il s'arrête.

Attend ! Je ne t'ai pas remercié pour ce que tu viens de faire. C'était... c'était vraiment très gentil de ta part. Tu n'étais vraiment pas obligé de t'impliquer, et maintenant je m'en veux car tu es bien blessé par ma faute....



Il était peut être pressé, mais peut importait, je voulais savoir une chose avant qu'il ne parte.

Avant que tu partes... Je peux au moins savoir comment tu t'appelles ?



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Dernière édition par Coralie L. Standford le Dim 14 Jan - 22:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Ven 12 Jan - 1:25

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Impression de déjà-vu

Coralie & Cassio




Son air si prévenant, inquiet même pour tout dire et ses paroles pleine de reconnaissance me glaçaient encore quand je m'efforçai de mettre de la distance entre nous. Elle n'avait pas hésité à s'approcher de moi, à tenter de me toucher pour éponger ma blessure à l'arcade et je ne pouvais pas m'empêcher de penser qu'elle avait été bien trop proche avant que je ne me secoue pour ficher le camp, la plantant là avec son mouchoir dans la main. Il était trop propre, trop blanc dans cette rue sale et terne, comme elle avec ses cheveux blonds qui reluisaient sous les rayons du soleil qui commençaient à s'estomper pour laisser place à de fourbes nuages noirs. Finalement, Tobias avait peut-être raison : ça n'allait pas tarder à nous tomber dessus et au propre comme au figuré si je ne mettais pas les voiles à temps.

La sueur perlait sur mon front mais ce n'était pas qu'une question de météo. Derrière moi, j'espérais que la demoiselle serait suffisamment en état de choc ou je ne sais quelle autre connerie pour ne pas avoir le déclic de me suivre. Pourtant, je n'avais même pas creuser l'écart de plus de cinq mètres que déjà j'entendais qu'elle s'activait pour me rejoindre. Il était inutile de presser le pas, quant à courir ça aurait été l'idéal si j'avais voulu paraître encore plus louche que je ne devais déjà l'être à ses yeux... Purée... Dans quel pétrin je m'étais fourré.

Soudain, je la sentis arriver dans mon dos avant de faire volte-face par réflexe lorsqu'une main fine se posa sur mon épaule. Cette prise stoppa nette ma respiration, mon regard se faisait scrutateur alors qu'elle débitait sans plus de cérémonie :

- Attends ! Je ne t'ai pas remercié pour ce que tu viens de faire. C'était... c'était vraiment très gentil de ta part. Tu n'étais vraiment pas obligé de t'impliquer, et maintenant je m'en veux car tu es bien blessé par ma faute....

Un instant, j'avais cru qu'elle m'avait retenu pour me dire qu'elle avait saisi qui j'étais, ce rebelle qui lui avait empêché de finir défigurée par un timbré avant d'aider ce même barjot à faire de la boutique dans laquelle elle se trouvait une passoire où les pacificateurs n'auraient pas hésité à la descendre. Je doutais qu'elle ait eu cette vision salvatrice des choses, surtout après réflexion, et c'est bien cela qui pouvait me coûter cher. Après tout, nous savions tous qu'il y avait un risque qu'un jour une main gantée nous saisisse par l'épaule et nous colle en cellule, en salle de torture ou au peloton d'exécution. Nous le savions et nous l'acceptions... Mais pas comme ça, pas en dehors d'une mission et pas à cause d'une imprudence pour avoir voulu faire ma B.A. du jour.  

- T'inquiète, d'ici deux jours on verra plus rien, mentai-je certainement trop rapidement pour qu'elle me lâche, j'essayai de me rattraper dans la seconde : Mais reste pas dans le coin... Y a beaucoup de dealers et on peut pas dire que tu te fondes dans le décor.

Impossible de ne pas remarquer d'où elle sortait : personne ne s'habillait comme ça dans le secteur, ni ailleurs dans le Six. Il n'y avait que les districts supérieurs pour les tons colorés et les tissus qui claquent, sans compter les babioles précieuses qu'elle portait sans se rendre compte de la tentation qu'elles représentaient pour beaucoup. Dans d'autres circonstances, elle aurait pu me sembler mignonne avec ses grands yeux bleus posés sur moi et ce sentiment de pure gentillesse qu'elle dégageait. Naturelle, c'était le mot qui venait quand on la regardait de plus près : c'en était si perturbant pour une fille en apparence si superficielle. Et voilà que je m'attardais...

Allez, j'avais fait mine de pas vouloir me tirer comme un voleur pour soulager tout soupçon qu'aurait pu déclencher mon départ précipité, mais rien ne servait de rester planter sous son regard plus que nécessaire. Chaque seconde qui passait était une seconde de trop, une seconde qui me coûterait des années si elle lui permettait d'avoir le déclic. Ce n'est pas parce que j'avais été prudent lors de la mission et que les risques étaient minimes qu'il fallait que je flirte avec le danger, surtout quand il ne pesait pas que sur ma tête. Il était temps de disparaître et pour de bon ce coup-ci. Mais, comme si elle avait pressenti mon intention, elle s'empressa de me demander :

- Avant que tu partes... Je peux au moins savoir comment tu t'appelles ?

Quand est-ce que ce cauchemar allait enfin s'arrêter ? Était-elle en train d'essayer de me piéger ? Mon cerveau fonctionnait à vitesse grand V et le calcul n'était pas difficile : ni vérité ni mensonge n'était envisageable. Ne restait que l'évitement.  

- Qu'est-ce que ça peut faire ? commençai-je avant de me rendre compte de mon manque de tact. Alors je revis Will et sa facilité à embobiner les filles, j'ajoutai immédiatement sur un ton plus léger : Tu voudrais pas plutôt savoir où tu es ? Parce que je suis quasiment sûr que ce n'est pas ici que tu comptais atterrir. Je me trompe ?

J'y avais même mis le sourire en coin, mon frangin tout craché. Pas moi. Je n'avais jamais été doué pour les relations sociales : il était rare de me voir traîner avec les autres mecs de l'atelier après le boulot et toute ma famille me savait solitaire, taciturne. Pourtant, malgré la tension et la peur qui me secouait intérieurement, je n'avais pas vraiment eu de mal à sourire à cette fille. Je détournai le regard vers la rue qui s'élançait devant nous, perturbé par cette constatation.  

- J'dois retourner vers le centre, je te conduis où ?

Ok, ça s'était con. Complément irresponsable et dangereux. Mais avec mon joker identité, je n'avais plus des milliers de solutions. La plus prudente consistait à la jouer décontracté pour espérer pouvoir m'en tirer à bon compte tout en croisant les doigts pour qu'elle ne soit pas soudainement frappé d'une révélation mystique. Après tout, elle ne me regardait plus avec autant d'insistance... Ou était-ce simplement moi qui tentais de me rassurer comme je pouvais, évitant que le bruit sourd des coups de feu ne retentissent à nouveau ?



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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Dim 14 Jan - 22:52

Comme une impression de déjà-vu

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T'inquiète, d'ici deux jours on verra plus rien, Mais reste pas dans le coin... Y a beaucoup de dealers et on peut pas dire que tu te fondes dans le décor.  



J'avais donc eu affaire à des dealers ? Personne n'allait me croire quand je rentrerais. Après une seconde de reflexion, il valait mieux que je n'en parle pas à ma mère. Elle avait peur de me perdre. J'étais tout ce qui lui restait, après... et bien après la mort de Pearl. Je n'avais toujours pas compris à quel moment elle croyait que partir dans un district inconnu n'était pas sans risque, mais bon je ne m'en formalisais pas, tout le monde a le droit d'avoir des contradiction.

C'est la première fois que je viens ici je... c'est vrai que je ne m'étais pas vraiment préparée à tout ça.  



J'effaçai rapidement le sourire qui s'était dessiné sur mon visage. J'avais peut être dit ça trop vite et j'avais peur qu'il croyait que je critiquais son district, alors que pas du tout. J'étais seulement dépaysée, et le fait qu'il le remarque aussi ne faisait qu'appuyer ma première impression en arrivant : nous vivions vraiment dans deux mondes différents.  

Je voulais mettre un nom à ce joli minois avant qu'il ne disparaisse à jamais dans les rues sombre du district. Sa réponse ne manqua pas de me surprendre.

Qu'est-ce que ça peut faire ?  Tu voudrais pas plutôt savoir où tu es ? Parce que je suis quasiment sûr que ce n'est pas ici que tu comptais atterrir. Je me trompe ?



Je trouvais ça étrange qu'il ne veuille pas me donner son prénom. Etrange ou mystérieux, je ne savais pas encore. Il était peut être un agent infiltré du capitole en couverture et qu'il ne devait pas se faire repérer. Ca expliquerait le fait qu'il ai battu trois gaillards plus costaux que lui tout seul. Ou alors, plus sérieusement, il ne voulait juste pas le donner à une parfaite inconnue, ce qui était tout de même beaucoup plus plausible.

Il avait compris que je m'étais perdue. En même temps, ce n'était pas difficile de le remarquer. Néanmoins le fait qu'il me propose de l'aide me fit oublier qu'il n'ait pas répondu à ma précédente question. Je lui répondis, en ne cachant pas mon sourire.

On va dire que je me suis plus ou moins égarée de mon objectif de départ... Je veux pas critiquer, c'est très joli par ici, mais tout de même les rues se ressemblent toutes c'est dingue !



Cela n'avait en effet rien à voir aux architectures étonnantes des batiments du district un ou du capitole qui permettait de rendre les rues bien différenciables. Ici, tout avait cette même couleur grise dont la simplicité continuait de m'étonner.

 J'dois retourner vers le centre, je te conduis où ?  



Surprise, J'haussai un sourcil. Moi qui pensais qu'il devait partir vite... C'était ma chance, en plus d'être mon sauveur, il devenait mon guide.

Ca tombe bien je doit me rendre à la mairie, j'imagine qu'elle se situe près du centre du district...



J'avais une carte dans ma poche, mais elle ne me servait à rien puisque je ne savais pas où je me trouvais. Alors calculer un trajet à partir de ça.... J'étais bijoutière de base, j'avais un sens de l'orientation désastreux et je n'avais jamais rien fait pour l'améliorer, si bien sûr il était possible d'améliorer un sens de l'orientation. Quoiqu'il en soit, il tombait à pic. Je décidais donc de le suivre aveuglément, sachant qu'il devait tout de même bien connaitre son district.

En tout cas c'est cool de m'aider parce que sinon je pense que j'aurais tourné en rond pendant des heures... Et pour l'avoir déjà rencontrée, je pense que la femme du maire n'aime pas qu'on la fasse attendre !



Sa présence avait un effet si apaisant que j'en oubliais presque l'incident qui venait d'avoir lieu. Maintenant, ces fameux dealers pouvaient toujours bien rappliquer, mon précieux colis était en sécurité. Malgré tout, je ne lui dévoilais pas le fait que je venais livrer un collier d'une grande valeur et que ce dernier était simplement dans la poche de ma veste. Après ce qu'il venait de se passer, un excès de prudence n'engageait à rien. Sachant qu'on allait devoir faire un bout de chemin ensemble, je décidais d'engager la conversation.

T'as appris où à te battre comme ça ? Tu t'entraines pour les jeux de l'année prochaine ?  



Les carrières désignaient les tributs des hauts districts, mais je n'avais jamais entendu parler d'un nom qui désignait les favoris des autres districts. Peut être n'y en avait il pas tout simplement. Je me sentis bête d'un coup à avoir posé cette question si cela s'avérait être vrai.

Ma soeur se battait aussi bien... Elle est.. était assez douée d'ailleurs.  



Coralie, tu est donc bien peu maligne d'évoquer à chaque fois que tu rencontres quelqu'un un sujet qui te donne les larmes aux yeux.

Enfin bref ça n'a pas d'importance.  



Bravo, maintenant ce n'est plus seulement toi qui est mal à l'aise, il doit l'être aussi à coup sûr. Il fallait vraiment que je revois ma capacité à sociabiliser. Il devait se mordre les doigts d'avoir proposé d'accompagner une fille aussi rabat-joie.  Je ravalai ma peine et me tournai vers lui en lui souriant; étais-je convaincante ça je ne pouvais pas le savoir.

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Dernière édition par Coralie L. Standford le Jeu 25 Jan - 18:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Mer 17 Jan - 1:21

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Impression de déjà-vu

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Fichtrement mignonne avec ce sourire qu'elle avait lâché avant de se raviser dans la seconde, cette fille essayait décidément de faire bonne figure. Ok, elle était maniérée : tout le monde savait que notre district était pas le plus fréquentable et le sous-entendre était loin d'être un crime. Notre niveau de vie n'était pas si merdique en réalité mais on était loin de la mélodie du bonheur qu'elle devait connaître dans son univers de perles et de cailloux clinquants.

La surprise passa dans son regard avant que la tension ne retombe d'un cran lorsqu'elle accepta mon offre sans ciller concernant ma pirouette. Bien entendu, je n'aurais pas dû être satisfait ni ressentir ce soulagement : après tout, j'allai encore risquer la chute pendant un moment à rester avec elle. Ce comportement casse-cou ne me correspondait pas et je me demandais comment j'avais pu en arriver là. Succession de malchances peut-être, ou simplement élan d'une bienveillance idiote qui avait mal tourné... Si je m'en sortais sans qu'elle percute, il faudrait vraiment que je pense à arrêter de vouloir sauver tout Panem et surtout les demoiselles à la peau pâle et aux boucles blondes. Ma sœur m'avait fait prendre de mauvaises habitudes, songeai-je avec amusement en m'imaginant le coup de coude que je me serais pris pour une telle remarque.

- En tout cas c'est cool de m'aider parce que sinon je pense que j'aurais tourné en rond pendant des heures... Et pour l'avoir déjà rencontrée, je pense que la femme du maire n'aime pas qu'on la fasse attendre !

Quand on croyait qu'on avait touché le fond, voici qu'on arrivait à aller encore plus bas dans les coïncidences malheureuses. Cerise sur le gâteau, elle fonçait chez l'épouse du maire... C'était typiquement le genre de personnes à éviter : superficielle, hautaine et tellement aveuglée par le Capitole qui lui fournissait tout ce qu'elle voulait pour qu'elle mène son train de vie et en oublie le reste de la population. Un peu comme tous ceux qui trempaient dans la collabo avec le gouvernement, des parvenus sans aucun amour propre qui auraient vendu père et mère pour être dans les bons papiers des puissants. Mais la roue tournerait. Bientôt.

- Normal, répondis-je sans plus de commentaire. Je vais pas continuer à te laisser errer jusqu'à ce que ces crapules te retombent dessus. J'veux bien prendre des coups une fois pour toi mais faudrait pas abuser ! terminai-je finalement comme une boutade, sourire en coin en prime, pour appuyer mon air détaché.

J'avais passé les mains dans mes poches, feignant de me détendre alors que j'avais commencé à marcher en lui faisant un signe de tête pour qu'elle comprenne qu'elle devait m'emboîter le pas. Scrutant son attitude, son regard s'était fait plus vague. Au moins, elle ne me fixait plus comme si elle essayait de lever un voile bien trop fin pour me démasquer. Cependant, ce n'est pas parce que je jouais l'indifférence que je n'analysais pas le moindre de ses propos et ma curiosité tournait actuellement autour de la raison qui la conduisait chez cette femme. Le bilan n'était pas compliqué : elle bossait dans une bijouterie - si tant est qu'elle ait pu être retapée après le bordel qu'on y avait mis - et elle avait été prise à partie pour se faire délester, il y avait des chances pour qu'elle transporte une ou plusieurs babioles plutôt coûteuses, à moins qu'elle soit venue prendre une commande ou un truc du genre.

- T'as appris où à te battre comme ça ? Tu t'entraines pour les jeux de l'année prochaine ?  

Sa question me prit au dépourvu, où était-elle allée chercher ça ? S'entraîner pour les Jeux, fallait être cinglé. Puis mes yeux se posèrent sur elle alors que nous venions de tourner dans une rue adjacente. La lumière n'était plus aussi vive, non pas uniquement à cause des épaisses armatures de fer qui passaient entre les bâtiments, créant des arches industrielles qui devaient lui paraître inhospitalières mais par la faute des épais nuages qui s'étaient formés au-dessus de nos têtes. Elle paraissait beaucoup moins menaçante tout à coup, plus banale aussi maintenant que les couleurs pétantes de sa tenue avaient viré à des tons plus ternes avec la luminosité filante.

Puis je me souvins d'où elle venait et sa question prit tout son sens.  

- Tu dois venir d'un district supérieur pour sortir un tel truc... fis-je mine de deviner tout en continuant à marcher dans les rues désertes, beaucoup étaient encore dans les ateliers ou rentrés se poser avant la prochaine relève. Y a que là-bas qu'on peut penser qu'on peut "s'entraîner" pour les Jeux.

D'accord, j'avais été un peu raide. Les carrières n'avaient jamais attiré ma sympathie. C'était des machines de guerre, créées par le Capitole pour caresser dans le sens du poil les Districts qui lui étaient les plus fidèles. Et le pire dans cette histoire, c'est qu'ils n'y voyaient que du feu jusqu'à ce qu'ils se fassent tuer. J'avais des convictions fortes à propos de toutes ces mascarades. Pourtant, je ne pus m'empêcher de me sentir honteux quand je compris où elle voulait en venir lorsque sa sœur fut mise sur le tapis...

- J'suis désolé... avouai-je sans la regarder pour lui laisser un espace pour se reprendre.

Sa voix avait tremblé et j'avais aperçu des larmes au coin de ses yeux. Impossible de laisser le silence s'installer, je n'avais jamais supporté ressentir la détresse de ceux qui m'entouraient et, d'une manière irrationnelle, je me sentais un peu responsable de ce qu'elle avait subi lors de notre mission loupée.

- C'était y a longtemps ? lui demandai-je en sentant qu'elle avait besoin d'extérioriser, sinon pourquoi parler de cela à quelqu'un qu'on venait de rencontrer. Ta sœur dans les Jeux... précisai-je pour lui montrer que j'avais saisi.

Purée, voilà que je lui témoignais de l'intérêt... Tout ce qu'il ne fallait pas faire pour qu'elle me lâche la grappe plus facilement une fois arrivés à bon port. En même temps, nous en avions encore pour un bon quart d'heure de marche, donc autant ne pas jouer - ou plutôt être - l'asocial permanent qui aurait éveillé des soupçons de la taille d'un atelier d'hovercrafts.

Étrangement et alors que j'avais porté à mes lèvres mon pouce dans un réflexe nerveux pour en ronger l'ongle déjà inexistant, elle se tourna vers moi pour me sourire. Visiblement, elle avait besoin que la pression baisse et elle s'efforçait de faire bonne figure malgré la douleur. Je dois admettre qu'elle me surprenait : avec sa silhouette petite et fine, sa vulnérabilité était inscrite au fer rouge sur son front, au lieu de cela je savais à présent que la vision de cette boutique mise à sac et l'optique d'avoir failli être tuée d'abord par les rebelles puis les pacificateurs n'avaient pas été les seuls traumatismes qu'elle avait eus à traverser... Je ralentis légèrement la cadence de mes pas, pensif. L'expression qu'elle avait eu en poussant l'arme d'Ivy vers moi quand elle aurait très bien pu nous abattre me revînt et je ne pus m'empêcher de tourner vers elle un visage bienveillant.

- En tout cas toi t'es pas une carrière. Sinon je suis sûr que tu te serais très bien débrouillée sans moi, d'ailleurs t'en as fait fuir un, non ? lui dis-je sur un ton doux en lui rendant son sourire pour l'encourager à passer à autre chose. Je la regardai toujours, traversant un carrefour où des enfants jouaient à la marelle quand j'ajoutai : Alors dis-moi d'où viens-tu ? Un, Deux ou Quatre ? Et qu'est-ce que tu viens faire au pays des moteurs et du cambouis ?

Ce sourire était pour la dérider, bien que je sache ne pas avoir ce pouvoir. On ne pouvait pas dire que j'étais à l'aise mais je ne pouvais pas continuer à garder cet air crispé sans quoi elle m'aurait pris pour un véritable sans cœur avant de commencer à se poser des questions. Moins elle s'en poserait, mieux ce serait. Du moins, c'est ce que je me plaisais à songer pour m'empêcher de reconnaître que cette fille était plutôt touchante si on excluait qu'elle pouvait me conduire à la mort.

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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Sam 27 Jan - 15:39

Comme une impression de déjà-vu

Cassio T. Sheperd & Coralie L. Standford



 Normal, je vais pas continuer à te laisser errer jusqu'à ce que ces crapules te retombent dessus. J'veux bien prendre des coups une fois pour toi mais faudrait pas abuser !



Sa remarque me fit sourire. Mais il avait raison, je ne risquais plus de me faire aborder en sa companie. Enfin aborder n'était pas le problème. Moi même, en y réflechissant, j'abordais des gens tout le temps. Je ne suis naturellement pas aussi extravertie que ma soeur, mais aller parler à des inconnus n'était pour moi pas un problème, loin de là. J'en croisais tous les jours dans le magasin de ma mère. Parfois donc, quand j'apercevais au loin des habitantes de mon district avec des tenues à couper le souffle, il m'arrivait de courir vers elles leur demander des conseils de mode. Cela pouvait paraître ridicule dit comme ça je peux le concevoir, mais quoiqu'il en soit je ne pense pas qu'aborder des personnes dans la rue soit un problème. Il faut seulement avoir de bonnes intentions, et ceux que je venais de croiser n'en avaient clairement pas.

Il me fit signe de le suivre, je lui emboitais alors le pas, soucieuse d'arriver à l'heure à mon rendez vous. Pendant que nous marchions je réfléchissais. La force dont il avait preuve me fit demander s'il ne devait pas s'entrainer pour les jeux.

Tu dois venir d'un district supérieur pour sortir un tel truc... Y a que là-bas qu'on peut penser qu'on peut "s'entraîner" pour les Jeux.



Je m'étais préparée à avoir dit une bétise. Après tout cette visite dans ce district me montrais que je ne connaissais finalement rien de Panem. Il fallait que je change ça. Je ne voulais pas rester dans l'ignorance alors que des ombres de clairvoyances m'effleuraient sans que je ne puisse les attraper. Il devait avoir une bien piètre opinion de moi, d'une fillette ne connaissant rien au monde, dans une tenue que je trouvais à présent ridiculement colorée dans un décors aussi terne.

Oui c'est vrai... Là bas c'est un honneur de participer aux Jeux du coup je pensais que c'était pareil partout...



D'ailleurs en y repensant, je me demandais pourquoi ce n'était pas le cas. Pourquoi personne ne s'entrainaient pour les Hunger Games alors qu'ils savaient pertinamment que chaque année deux personne seraient piochées. C'est comme s'ils ne respectaient pas la tradition. Peu importait, je ne voulais pas commencer à réfléchir à ce sujet en sachant que j'aurais plus que questions que de réponses.

Malheureusement, évoquer les Jeux me firent penser à ma soeur. Je perdis mes moyens et je commençais à voir trouble à cause de larmes naissantes. Je clignais des yeux, essayant de faire disparaitre ce signe de tristesse que je trouvais honteux et pas digne de la mémoire de ma soeur.

Il s'excusa. C'était la réaction de la plupart des personnes avec qui j'en parlais. Mais lui avait l'air de l'être sincèrement. D'ailleurs, il avait l'air tellement de s'en soucier qu'il me demanda plus de détails. Je ne voulais pas m'apesentir sur mon sort, alors je décidai de faire bref.

C'était... C'était il y a à peine quelques jours.



L'image de la tête de ma soeur frappant le sol s'imposa alors à moi tel un coup de poing. Le visage de ma soeur se transforma pour devenir celui de la rebelle blonde qui était entrée dans le magasin de ma mère. Ce fut ensuite des images de sang et de coups qui surgirent dans mon esprit. Jamais je n'avais assisté à une scène aussi violente. L'affrontement entre un pacificateur et du rebelle qui ressemblait à une armoire à glace n'arrêtait pas de me hanter. Je fermais les paupières un instant, pris une lente respiration. Coralie, tu peux surmonter tout ça, tu dois être sois aussi forte que ta soeur. Je reouvris les yeux. Ma sœur était déjà partie. Le rebelle aussi. Par contre, ce qui était bien réel, c'était le garçon à côté de moi qui attendais une réponse.

Pearl Standford, ça dois sûrement te dire quelque chose...



Je tenais à dire son nom, pour que le monde entier puisse s'en rappeler. Quoi de plus malheureux que de tomber dans l'oubli après avoir vécu une si belle mais courte vie ? Je ne pouvais pas m'empêcher d'être fataliste, il fallait vraiment que je corrige ce vilain défaut.
Il compris, et je le remercia silencieusement pour cela, qu'en parler remuait trop de mauvais souvenirs que j'essayais tant bien que mal de refouler, pour ne jamais plus avoir à m'en rappeler. Pour l'instant ça ne marchait pas vraiment.

En tout cas toi t'es pas une carrière. Sinon je suis sûr que tu te serais très bien débrouillée sans moi, d'ailleurs t'en as fait fuir un, non ?



Je souriai. Il est vrai qu'à ma plus grande surprise un des gaillards avait fuit grâce à moi qui lui avait mordu sans vergogne dans les doigts, chose que je ne réalisais que sous l'emprise de l'adrénaline et à aucun autre moment.

Je ne veux pas me jeter des fleurs mais... c'est vrai qu'il ne faisait plus trop le malin après ! Je pense même que j'aurais pu me battre contre les trois si je m'étais échauffée avant...



Tu peux toujours rêver Coralie, tu ne fais pas le poids face à trois hommes, même si Channelle t'avais appris à te battre.  Channelle... j'avais appris qu'elle s'était blessée pendant l'assaut dans la bijouterie et qu'elle était inconsciente à l'hopital. J'espère qu'elle ira bien...

Alors dis-moi d'où viens-tu ? Un, Deux ou Quatre ? Et qu'est-ce que tu viens faire au pays des moteurs et du cambouis ?



J'aimais beaucoup la façon dont il qualifiait son district. J'avais appris à l'école que le district Six était spécialisé dans les transports. Tout le monde travaillait-il donc à la fabrication de moyens de transport ici ? Cela devait être une ambiance bien spéciale, d'entendre le bruit des machines toute la journée, tandis qu'au district Un c'était le son de la fête qui raisonnait dans les rues.

Je viens du district Un. Ma mère tient un magasin de bijoux dans le centre ville. Elle m'a demandé de livrer un...



Je tatais le bijoux dans ma poche. Etait-il pertinant de lui révéler que je possédais un bijoux de grande valeur et qu'il était donc extrêmement facile pour lui de le voler s'il le voulait ?

Un petit quelque chose qu'elle avait oublié dans le magasin et qui a pour elle une grande valeur sentimentale, c'est pour ça que c'était plutôt urgent.



Après mon altércation de toute à l'heure, je préférais être prudente. Il avait l'air certes extrêmement sympathique, il n'en restait pas moins un inconnu d'un district lointain.

Mais j'en avais assez de parler de moi. Je ne connaissais rien de lui, pas même son prénom. Il avait éludé la question quand je le lui avait demandé, je préférais le questionner sur autre chose.

Et toi alors raconte moi un peu, tu travailles dans le coin ?


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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Dim 28 Jan - 1:54

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Un honneur de participer aux Jeux, la gloire de son District... Ses paroles ne m'agaçaient pas, elles me faisaient sourire intérieurement : comment pouvait-on accepter de mourir pour si peu ? Pour une cause, ça je pouvais comprendre. Après tout, j’œuvrais dans l'ombre pour une de celles qui méritaient à mon sens qu'on puisse y laisser sa vie. Instantanément, le visage de ma mère m'apparut comme un fantôme du passé et je chassai cette vision pour m'éviter de me laisser envahir par des pensées qui n'auraient fait que compliquer la situation déjà périlleuse. Ivy était comme notre mère, elle était prête à tout. Cependant, je réalisai de plus en plus que je n'étais pas comme elles... Pas comme mon père non plus... Même si échouer une mission était souvent bien plus qu'un grain de sable dans les rouages d'une stratégie telle que l'imaginaient les autres rebelles, je n'avais jamais réellement accepté qu'on puisse s'autoriser à y sacrifier des vies. On pouvait toujours trouver une parade, un autre angle d'approche en cas d'échec. On ne pouvait pas ressusciter les morts.

En cela, notre débandade à l'issue funeste au District Un m'avait fait prendre conscience d'une triste réalité : j'avais toujours souhaité suivre les traces de mon père, prouver mon engagement toujours plus fort pour la cause et trouver grâce à ses yeux, mais je ne pourrais jamais admettre qu'une mission vaille que des vies soient perdues pour qu'elle aboutisse. Ivy... Elle était si différente de moi.

La sœur de cette jeune fille devait l'être aussi. Différente d'elle... Alors ouais, elles devaient toutes les deux avoir le crâne bourré de conneries du Capitole vu la façon dont elle causait des Jeux et pourtant, bien qu'elle mentionnait l'honneur qui aurait dû en découler, elle n'arrivait pas à dissimuler la tristesse dans son regard. L'endoctrinement avait cet effet-là quand il se fissurait. D'abord, on continuait à dire les litanies qu'on nous avait apprises, puis on commençait à voir le pot aux roses et là les choses pouvaient prendre deux tournures. Soit on s'enfermait dans le confort des mensonges, soit on se bougeait et on en venait à tenter de faire évoluer les choses. Beaucoup de rebelles étaient passés par ces stades dans les Districts. Pas moi, avec mes parents j'avais su très jeune à quoi m'en tenir à propos de la propagande gouvernementale dont on nous embuait le cerveau en classe. Cependant, je savais faire partie des rares privilégiés. Les autres devaient parcourir un chemin de croix pour en arriver au même stade et je ne savais pas si cette fille aurait les épaules pour franchir le pas un jour, surtout après ce que Nicodème et ma sœur lui avaient fait subir dans cette foutue boutique.

Et dire que sa sœur était morte la veille de cette fusillade... A son nom la tribut blonde du District Un me revînt en mémoire et j'avouai leur trouver désormais un certain air de famille. J'étais sans doute le Shepherd qui suivait le plus les Jeux, non pas par plaisir ou encore pour plaindre les tributs mais parce que j'y voyais une motivation supplémentaire à nos actions.

- Oui... C'est les Juges qui l'ont tuée, pas l'arène... ne puis-je me retenir de lâcher. Réalisant mon erreur, je rectifiai pour adoucir mes paroles : C'est pour cela qu'on ne peut pas vraiment s'entraîner...

Sa mort n'avait pas été une bataille, juste une exécution. Aveugle, elle n'avait même pas pu se défendre, tout ça parce qu'un vieux sadique installé tranquillement dans un fauteuil de cuir devant un écran holographique l'avait condamnée pour le plaisir de voir une autre la tuer. Mes poings se serrèrent dans mes poches. Comment autant de personnes pouvaient ne pas réaliser qu'elles étaient manipulées ? Que les arènes n'étaient que des spectacles de foire dont le final était convenu d'avance ?

La légèreté de la suite de notre conversation fit retomber mon amertume, mes muscles se détendirent à nouveau. Elle était pleine d'une fraîcheur que je n'avais pas perçu chez quelqu'un depuis longtemps... Je ne pus même pas retenir le petit rire qui monta à mes lèvres quand elle argua qu'elle aurait pu se débrouiller seule contre ses assaillants. Peut-être relâchai-je trop la garde, mais qu'est-ce que ça faisait du bien...

- Je viens du district Un. Ma mère tient un magasin de bijoux dans le centre ville. Elle m'a demandé de livrer un... Elle sembla hésiter avant de poursuivre : Un petit quelque chose qu'elle avait oublié dans le magasin et qui a pour elle une grande valeur sentimentale, c'est pour ça que c'était plutôt urgent.

Il s'agissait donc de la boutique familiale que nous avions trouée comme une passoire. Entre honte et un profond sentiment de culpabilité, mon esprit vascilla. Les conséquences nous importaient peu quand nous avions ouvert le feu sur les Pacificateurs, sauver nos vies - et pour ma part surtout celle de ma cadette - était tout ce qui nous préoccupait.  Néanmoins, j'imaginais maintenant tout ce que cette famille avait perdu en moins de quarante-huit heures et j'eus du mal à ne pas m'en sentir partiellement responsable.

Mon air détaché ne me quittait pas, même si je devinai que mes traits s'étaient crispés. Elle ne devait pas faire de lien quelconque à cause d'un changement de comportement de ma part, je jouai donc l'attaque plutôt que de laisser transparaître mon trouble.

- Une valeur sentimentale ? Vu comme tu tripottes ta poche depuis tout à l'heure, j'aurai plutôt dit "valeur" tout court. Comme elle sembla se raidir, je nuançai : T'inquiète je gagne suffisamment ma vie pour pas avoir à piller les voyageurs, mais c'est pas le cas de ceux qui ont besoin de s'acheter leur dose donc si tu dois à nouveau venir ici, pense à te fondre dans le décor. Le noir t'irait bien.

Purée, voilà que je me mettais aux compliments. Passai-je donc trop de temps avec Will pour que son attitude de charmeur déteigne sur moi ? Mes paroles avaient beau être sincères, elles me semblaient sonner tellement faux dans ma bouche qui n'avait pas l'habitude d'articuler ce genre de remarques. Sans doute cela ne lui parut pas tant bizarre qu'à moi puisqu'elle enchaîna avec plus d'assurance :

- Et toi alors, raconte-moi un peu, tu travailles dans le coin ?

Mon sang n'avait fait qu'un tour lorsque les premiers mots avaient résonné dans la ruelle étroite dans laquelle nous nous étions engagés. Sans m'en rendre compte, j'avais emprunté un raccourci : à croire que mon corps dont les pas lents nous guidaient vers le centre tentait de me rappeler brutalement qu'elle était bien plus dangereuse qu'elle n'en avait l'air. L'instinct de survie était plus fort que tout le reste, y compris ma faiblesse à lui avoir proposé mon aide.

Une grande inspiration, nous longions des ateliers où les claquements des pièces métalliques retentissaient à travers la tôle fine des portes coulissantes. Larges, elles permettaient de faire circuler les véhicules jusqu'à l'extérieur une fois en état de marche.

- Je travaille dans un atelier comme celui-là mais dans un autre quartier. Je suis mécano ferroviaire, lui avouai-je en toute franchise avant de penser à ajouter un détail qui pourrait m'être utile :Ce qui est sympa c'est qu'on bosse à la fois ici et ailleurs quand on a besoin de nous sur les voies ferrées d'autres districts, on voit du pays...

Mon allusion n'était pas innocente. Si elle venait à un moment donné à avoir un doute quant à mon visage, ma réflexion suffirait peut-être à lui faire croire qu'elle m'avait aperçu travaillant dans son district. Tout alibi était bon à placer pour semer le trouble chez elle, pour orienter son raisonnement s'il venait à devenir un danger pour moi.

- Je suppose que ça te paraît moins glamour que la bijouterie de ta mère mais on n'est pas malheureux, ca permet de vivre.

Je souriai en réalisant que je n'échangerai jamais mon existence contre la sienne, aussi riche soit-elle. Le luxe dans lequel vivaient certains districts n'était qu'une illusion, ils s'enfermaient volontairement dans une cage dorée en attendant que le Capitole leur file des graines pour leur attitude exemplaire... Pourquoi ne voyaient-ils pas qu'il ne recevait que les miettes ? Pire, pourquoi s'en contentaient-ils ? Je me mordis la lèvre, ce n'était pas le moment de jouer les révoltés. Bien au contraire.  

- Même si tu n'en as pas trop l'air, sans te vexer hein, tu voyages souvent hors de ton District pour des livraisons ?

Question orientée, je l'admets. Je recentrai la discussion sur sa personne pour éviter qu'elle ne s'éternise sur moi et des informations dont je n'avais pas envie de devoir peser l'importance avant de les lui divulguer. La sensation de détente qui m'avait apaisée peu avant en sa compagnie m'avait quittée, envolée comme le soleil qui avait fui le ciel pour se dissimuler à la vue de tous derrière d'épais nuages... Le temps n'allait pas tarder à se gâter, j'espérais cependant réussir à rester moi aussi suffisamment dans la brume pour éviter qu'une tempête dilluvienne ne s'abatte et ne réduise toute mon existence à néant.

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MessageSujet: Re: Comme une impression de déjà-vu    Ven 20 Avr - 12:13

Comme une impression de déjà-vu

Cassio T. Sheperd & Coralie L. Standford



Oui... C'est les Juges qui l'ont tuée, pas l'arène... C'est pour cela qu'on ne peut pas vraiment s'entraîner...



Cette remarque aurait pu passer inaperçue, mais en y réfléchissant une seconde, je me demandais pourquoi il avait dit ça. C’était idiot de dire que c’était les Juges qui tuaient les tributs. Ils ne mettent que des obstacles mais au final, ce sont eux même qui doivent se battre entre eux, les juges n’y sont pour rien. Je me promis de revenir, une fois chez moi, sur cette réflexion qui méritait une plus grande attention.

Je lui parlais ensuite du bijou que je transportais. Il insinua qu’il était d’une grande valeur. Je vis dans son regard que je ne l’avais pas trompé et qu’il avait compris que ce n’était pas qu’une simple babiole. Il fallait décidemment que j’apprenne à mieux mentir.

T'inquiète je gagne suffisamment ma vie pour pas avoir à piller les voyageurs, mais c'est pas le cas de ceux qui ont besoin de s'acheter leur dose donc si tu dois à nouveau venir ici, pense à te fondre dans le décor. Le noir t'irait bien.



Je lui souris. Je compris qu’il n’était pas au courant de la mode au district un, car sinon il aurait su qu’il était impossible de trouver le moindre vêtement sombre, alors noir n’en parlons pas. Toutes les couleurs possible et imaginable étaient représentées dans les rues du district. Nos yeux ne pouvaient jamais s’ennuyer face à ce spectacle continu qui agitait la monotonie de nos vies. Mais je ne voulais pas commencer à partir dans un débat sur la mode, il s’ennuierai sûrement.

C’est gentil, à vrai dire je n’en ai jamais porté… Mais c’est risqué de se balader dans les rues j’ai l’impression non ? ça a toujours été comme ça ?



Il m’expliqua par la suite qu’il était mécanicien. C’était un métier que je ne connaissais pas du tout. Il y avait tellement de métiers qui restaient dans l’ombre, mais pourtant qui semblaient indispensables ! A la télévision, on nous présentait seulement les couturiers en vogue, ou les mannequins qui avaient fait une forte impression pendant la semaine. On ne nous parlait jamais de métiers peut-être plus… utiles ?

Si le capitole ne nous montrait pas ça, qui sait ce qu’il nous cachait d’autre ?

Non Coralie, mais qu’est-ce que tu racontes ? Arrête de t’embrouiller l’esprit comme ça. Reviens sur ce que te disais ce garçon. Mais si le district 6 ressemble à ça, à que diable pouvait donc ressembler les autres districts ? Il travaille dans de nombreux districts, concentre toi là-dessus.

T’as de la chance de pouvoir voyager autant alors !



Je remerciai le ciel qu’il ait continué de parler, il fallait que je sorte ces idées révolutionnaires à deux balles qui n’allaient me servir qu’à me causer des problèmes. Mais j’avais jamais parlé avec une personne qui vivait un quotidien aussi dur que le sien.

Je suppose que ça te paraît moins glamour que la bijouterie de ta mère mais on n'est pas malheureux, ça permet de vivre.



Le « permettre de vivre » me fit questionner sur le niveau de vie qu’il y avait dans le district. La pauvreté était donc si présente ? Et les gens étaient d’accord avec ça ? Il avait l’air de ne pas se plaindre de sa condition. Voilà, j’étais la seule se questionner de la sorte, tout le monde était d’accord avec ça, il ne fallait pas que je commence à refaire le monde qui fonctionnait bien comme il était.

Même si tu n'en as pas trop l'air, sans te vexer hein, tu voyages souvent hors de ton District pour des livraisons ?



Il lisait en moi comme dans un livre ouvert. Je ne pouvais décidemment rien cacher.

Tu ne me vexes pas du tout ne t’inquiète pas… Mais il faut que je t’avoue quelque chose.



De toute façon, il l’avait bien compris, autant lui dire. Mais je me sentais bête, après qu’il m’ait dit qu’il voyageait dans de nombreux districts. Je me sentais tellement sotte de découvrir un monde dans lequel je vivais depuis 17 ans déjà.

Hormis une fois au capitole, je ne suis jamais sortie de mon district… Mais je regrette à présent, en voyant tout ce que j’ai loupé !



Ce garçon me plaisait bien, je ne ressentais aucune gêne à parler avec lui. Ce n’était pas du tout le même genre de personne que je côtoyais au quotidien. Il avait l’air plus… vrai. C’est ça, il avait l’air de ne pas s’intéresser au regard des autres. Ça changeait tellement de mon district !
Nous arrivâmes sur la place principale. J’aperçue alors la mairie de l’autre côté. J’étais contente d’arriver à bon port, mais j’étais déçue que ma conversation avec ce charmant jeune homme prenne fin. Je savais que si je le quittais maintenant il n’avait plus aucune chance que je le revois.

Je retente mais… j’aimerais tout de même connaître comment tu t’appelles, avant de partir.



Il avait refusé de me le dire la première fois, il y avait que peu de chances qu’il me le dise cette fois-ci. Mais qui ne tente rien n’a rien.

DEV NERD GIRL



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