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 Un reflet du passé

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MessageSujet: Un reflet du passé    Jeu 4 Jan - 2:27

Un reflet du passé
Sélène & Hunter


Tout était fini. C'était la seule pensée lucide que je parvenais à formuler, la seule que je parvenais à extraire de l'inextricable flot d'angoisse qui me paralysait. Mes tributs étaient morts, Channelle ne s'en sortirait peut-être pas et Crystal... Dans un réflexe idiot, j'entortillais mon doigt autour du bracelet que je ne quittais jamais et sentais le relief profond de la gravure dans la fine plaque d'argent. Ma fille représentait l'objet le moins tangible de mon attention et pourtant elle était aussi ce mince espoir qui me laissait apercevoir une lueur au fond de l'abîme : si elle s'éteignait, me plongerait à jamais dans le néant.

Depuis que l'arène s'était terminée, sur cette note tragique qui m'avait replongée dans des souvenirs que je m'efforçais de repousser dans les retranchements les plus reculés de mon esprit, depuis que j'avais rencontré ce Juge et que toutes ces coïncidences m'étaient apparues comme les pièces d'un puzzle sordide, depuis que j'avais vu Channelle étendue sur ce lit d'hôpital, je ne contrôlais plus rien. Mon univers s'effondrait. J'aurais pu aller n'importe où. J'aurais dû aller n'importe où. Dans un bar pour noyer mon chagrin, chez les parents de mes tributs, chez les miens, mais je n'étais allée dans aucun de ces endroits parce que le seul où je voulais vraiment être c'était avec lui.

Assise dans l'herbe humide et boueuse du cimetière, ma paume caressa la pierre tombale avec douceur en écartant des lettres de marbre la poussière terne qui s'envola dans une bourrasque. Mes cheveux ondulèrent autour de mon visage, la vague lumière du soleil qui disparaissait à l'horizon projetait les ombres des plaques mortuaires sur le sol mais, avant de s'échapper jusqu'à demain, il éclaira le nom de celui qui se trouvait là depuis maintenant huit ans. Maël Garroway.

Mes paupières se fermèrent un instant, une larme coula en silence. Qu'est-ce que je foutais là ? Je venais trouver un réconfort qu'il ne me donnerait plus. Et surtout je venais lui dire, lui dire que Nathanaël avait fait ce que j'avais été incapable de faire, lui dire que je ne savais pas si je survivrai si quelqu'un d'autre qui m'était cher disparaissait pour toujours. Plus que tout, j'étais venue pour m'assurer que tout cela avait été réel, qu'il avait été à mes côtés, puis qu'il était mort et que de lui ne m'était plus restée qu'un enfant dont je doutais qu'il fut réellement là où il devait être. Au fond, je savais exactement ce qu'il me restait à faire mais cette perspective m'effrayait.

Est-ce qu'il me pardonnerait s'il me voyait faire et que j'avais tort ? Je ne pus réprimer qu'un sourire naquit au coin de mes lèvres, y avait-il seulement un au-delà, un monde meilleur ?

A présent mon doigt passait sur chacun des lettres de son prénom, comme une prière silencieuse dont la conclusion m'échappa bien malgré moi.

▬ Fais-moi un signe...

Le murmure avait été si bas que je n'entendis qu'un souffle s'évaporer dans l'atmosphère électrique du District Cinq. Personne n'aurait pu l'entendre et, de toute manière, j'avais veillé à ce que le cimetière soit désert lorsque j'en avais franchi les grilles. C'était imbécile, puéril, insensé. Cependant, n'était-ce pas une façon comme une autre de me dédouaner une fois de plus de mes dilemmes ? Comme ce jour où "ils" avaient choisi parce que j'avais été incapable de décider. Demander à un mort était tellement plus simple que de prendre mes responsabilités. Ma main se serra sur sa pierre si froide comparée à l'agréable chaleur qui régnait encore malgré le temps qui filait et nous emportait chaque seconde un peu plus vers le crépuscule. Je me promis alors de faire ce qu'il faudrait, de faire tout ce qu'il faudrait.

Posé sur le bout des doigts, mon baiser rejoignit sa tombe tandis que je m'autorisais un sourire tendre que jamais il ne verrait.






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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Jeu 4 Jan - 19:03

Un reflet du passé
Sélène & Hunter
Ce soir, le temps était plutôt doux. Une fine brise aérait l’air du district, qui était très lourd en cette fin de mois de septembre. Je m’étais fait régulièrement cette réflexion tout le long du mois, mais c’était rare d’avoir un temps aussi sec en septembre. Il n’y avait pas vraiment eu d’averses ou de vent, si, il y avait bien eu un orage, mais ce n’était rien de bien méchant. Là, ce vent frais venait faire beaucoup de bien aux habitants du district, et notamment à moi. J’avais passé quasiment trois mois à fondre, et enfin je pouvais sortir. Je ne supporte vraiment pas la chaleur. Mais ce temps me convenant très bien, je pris mes clefs et sortis faire un tour dans le district, en errant un peu, voyant ou mes pieds m’emmèneraient.

Je m’aventurais donc dans la grande cité rouge du district 5. Cité rouge, à cause de tous les bâtiments de brique de cette couleur si caractéristique de cet endroit. En fait, cette couleur faisait le charme du lieu. Sans ce rouge présent continuellement, je ne me sentirais pas chez moi, c’est l’impression de dépaysement que j’avais lors de chacune de mes consultations dans les districts alentour. Justement, c’est cette même couleur que mon frère Maël adorait.

Maël… Cela faisait maintenant au moins huit ans qu’il nous avait quittés, assassiné par la Featherstone. Elle devait être rentrée des jeux, maintenant que les deux nouveaux tributs qu’elle avait envoyés à la mort étaient décédés. Comment s’appelaient-ils déjà ? Il y avait Pearl, dont Hunter avait malheureusement rencontré la sœur, qui ne l’avait pas vraiment aidé, et l’autre devait être Nathanaël. Tous deux morts. D’accord, dire que c’était la faute de Sélène est un peu fort, j’en convient. Je ne dois pas me laisser aveugler, sinon je ne serais jamais assez conscient pour lui porter le coup fatal sans en subir les conséquences.

Penser à Maël me conduisit tout naturellement au cimetière, chose que je n’avais pas du tout prévue. Je n’aimais jamais retourner vers le passé, et c’était un lieu dans lequel je ne m’aventurais que très rarement. Mais là, était-ce le temps agréable, ou le soleil en train de sombrer, je ne savais pas trop, mais le fait est que j’arrivais devant les grandes grilles de métal qui fermait le lieu. Je poussais les portes qui s’ouvrir dans un grand grincement, elles devraient être graissées plus souvent vraiment, tout le monde apprécierait. Mais bon les fonds du district n’étaient pas extensibles, et les morts ne demandent rien.

Je m’aventurais dans le chemin plutôt boueux, dû à l’irrigation automatique des plantes du cimetière, qui étaient vraiment très mal réglées. Vraiment, il n’y avait aucun respect des morts ici… Je m’engageais dans le chemin, et prit à droite, vers la deuxième partie du cimetière. Je n’y croisais personne. La plupart des fleurs ici étaient soit noyées, à cause de l’arrosage, soit desséché, à cause du climat. Enfin, j’entrevis la pierre tombale de mon frère dépassée. Devant celle-ci, une fille brune que je ne semblais pas connaître se recueillait. Je m’approchais d’elle, afin de lui tenir compagnie, à elle et à Maël. Mais plus j’étais proche, plus il me semblait connaître ces courbes, et ces longs cheveux noirs. Elle avait la main posée sur la pierre. Cette main, je la connaissais aussi. J’arrivais à sa hauteur, en accélérant le pas, n’y croyant pas. Et en tournant la tête, je la vis.

Non.

Ce n’était pas possible.

Pas ici.

Pas elle.
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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Ven 5 Jan - 2:39

Un reflet du passé
Sélène & Hunter


Mon regard était resté fixé sur le baiser à mon amour perdu, là où les lettres inscrites à jamais dans la pierre me jetait au visage l'affreuse vérité de son éternelle absence. J'aurais dû partir, me lever et rejoindre la gare pour attraper le dernier train qui me ramènerait au District Un. Peut-être pourrais-je même mettre à exécution mon plan d'ici cette nuit ? J'en serai capable, il me faudrait juste une pelle. Et du courage.

Le grincement des grilles avaient dû s'enrouler dans les bourrasques que le vent sec soufflait entre les tombes, car je ne l'avais rien entendu. Pas plus d'ailleurs que ces pas feutrés sur l'herbe qui s'approchaient inlassablement du même disparu pour lequel nos cœurs pleuraient encore avec amertume. Pourtant, à cet instant, lorsque le soleil crépusculaire a jeté son ombre sur ma main encore tremblante, je l'ai immédiatement reconnue. Mes yeux se sont levés et j'ai croisé son regard, ce regard que j'aurais reconnu entre mille même des années après qu'il l'ait posé une dernière fois sur moi.

▬ Maël... ai-je lâché comme une évidence.

Mon expression oscillait entre sourire épanoui de bonheur et traits tirés de peur. Je tentais maladroitement de me redresser, les jambes tremblantes, pour lui faire face. Je ne pouvais pas lâcher cette hallucination des yeux, tant je craignais qu'il disparaisse au moindre de mes battements de cils. Je ne pouvais pas le perdre à nouveau. Maël. J'avais demandé un signe et voilà qu'il se tenait là devant moi. Debout, vivant.

▬ Tu...

J'avais tendu ma main vers lui, vers son visage toujours si réconfortant et qui avait pourtant l'air aussi décontenancé que moi. Aussi étonné. Aussi perdu. Mon geste et mes paroles se stoppèrent soudainement avant que nos peaux n'aient pu se toucher. Les mots étaient coincées dans ma gorge. Mais qu'est-ce que je lui voulais dire au fait ? Lui demander comment il pouvait être là ? C'était insensé. Le choc initial laissait finalement place à la raison, celle que j'étais sans doute en train de perdre. Les détails m'apparurent alors, sans doute mon esprit s'était-il contenté de les occulter jusqu'à présent : sa carrure était plus importante, ses traits jeunes s'étaient crispés dans un masque plus mature, même ses prunelles s'étaient assombries... Et elles se cessaient de gagner en noirceur à chaque seconde qui s'écoulait. Maël ne m'avait jamais regardée comme ça.

▬ Qui êtes-vous ?

J'avais reculé d'un pas, toujours aussi tremblante. Mes yeux bougeaient nerveusement en scrutant ses pupilles, le dévisageant chaque instant un peu plus dans une tentative de sonder son âme. Cette âme que j'avais moi-même perdue au fond de cette arène sans savoir que la sienne avait vu sa moitié se briser.  






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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Ven 5 Jan - 11:15

Un reflet du passé
Sélène & Hunter
Non, non, non, non, non, NON ! Je n’étais pas prêt, pas maintenant, c’était trop tôt. Pas ici, dans ce lieu sacré, elle ne POUVAIT pas être présente. Je ne voulais pas y croire, il me fallait plus de temps. Toujours plus de temps pour être mieux préparé. Là, là, c’était … Ce n’était pas possible. Elle n’avait pas le droit de se trouver sur la tombe de MON frère, de MON Maël. J’étais venu ici pour oublier, pour penser à autre chose, me détendre un peu, et je lui tombais dessus. Elle qui était à l’origine de tous mes maux, elle continuait de me tourmenter où que j’aille. Quand je travaillais, je pensais à elle. Quand je mangeais, et même quand je dormais. Et à présent je l’avais sous les yeux.

Le Capitole ne l’avait pas embellie, et elle était tout aussi jolie que lorsqu’ils avaient regardé les jeux. Mais ça, Hunter ne le voyait pas, où ne voulait pas le voir, à cause de son aveuglement colérique.

Ses longs cheveux bruns ondulaient dans le vent, et ses petits yeux bruns, embués de larmes se tournèrent timidement vers moi lorsqu’elle se releva en chancelant, sous le choc que ma vision lui procurait. Elle ne devait apparemment pas me connaître, Maël n’avait donc pas du dû tout lui parler de moi. Elle me prit pour lui. Pourtant nous étions totalement différents. Elle m’appela même par le nom du garçon qu’elle avait tué, et commença à approcher sa main de mon visage, timidement. Je n’esquissais pas un seul geste, faisant mine de ne pas voir sa main, mais elle la stoppa quand la raison rattrapa le cœur. Elle comprit que je n’étais pas lui. Sûrement à mon regard, car je sentais une flamme ardente sur le point d’exploser derrière mes pupilles. Je résistais grandement à la tentation d’empoigner sa gorge.

J’essayais de penser à Maël. Il n’aurait pas voulu que je fasse ça. Il était là, entre nous, me sommant de ne rien faire. Elle recula, sembla apeuré, et vint la question fatidique de mon identité.

- Hunter. Le frère de feu Maël, lui répondis-je en insistant bien sur le feu.

Je ne savais que faire. En même temps je voulais la voir morte, la voir croupir au fond du lac en train de se dessécher, voir sa peau tomber, se décomposer, et en même temps, j’entendais la voix de Maël. La voix de Maël, me disant de ne rien faire, que ça ne règlerait rien. Je n’en pu plus de la fixer, et détournait le regard en m’essuyant les yeux d’un revers de manche, et m’asseyait sur la tombe.

- Je sais qui vous êtes. Je sais ce que vous avez fait. Pas comme tous ces ignares qui ont cru à votre discours.

Le ton plein de reproches, je n’arrivais plus à supporter le poids de son regard, qui semblait si fragile, et qui avait tant besoin de réconfort et d protection. Mes idéaux étaient en train de s’effondrer, je ne pouvais pas croire qu’une jeune femme si frêle et innocente ait pu faire tout ça lors des jeux. Alors je me repassais la scène de la mort de mon frère en boucle. Encore, et encore. Pour m’assurer une bonne fois pour toutes que c’était elle qui l’avait tué.
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Dernière édition par Hunter Garroway le Sam 6 Jan - 17:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Ven 5 Jan - 23:03

Un reflet du passé
Sélène & Hunter


Je n'arrivais pas à le lâcher du regard. Une angoisse sourde, flirtant avec la terreur, cognait dans ma poitrine au même rythme que sa respiration saccadée que je voyais soulever sa poitrine, cette vie qui l'animait encore ne pouvait pas être mais je le contemplais avec un ridicule espoir. Cette connexion en devenait hypnotique, envoûtante, dangereuse. Mes lèvres picotaient de ce désir fou que j'avais de me jeter à son cou, de le couvrir de baisers et de lui dire combien j'étais désolée, combien j'aurais aimé que les choses soient différentes. Que j'aurais dû mourir pour lui. Ce frémissement interne ravivait une flamme éteinte, une tentation brûlante qui déjà m'enflammait les sens. Ses pupilles se consumaient d'une lueur aussi noir que l'ébène, que le plumage d'un corbeau. Oiseau de mauvais augure. Je n'arrivais pourtant pas à me détacher de ses beaux yeux sombres et terriblement captivants.

C'est alors qu'il se révéla, frère de mon défunt amour. Sa voix me fit l'effet d'un coup de poignard, elle n'avait pas les mêmes inflexions douces et chaleureuses que celle de Maël mais je n'avais aucun mal à y reconnaître ses sonorités à la fois calmes et fortes... Je ne savais quoi lui répondre, alors je me tus, lèvres entrouvertes et larme serpentant sur ma joue pâle.

Maël avait peu évoqué sa famille pendant l'arène, nous vivions au jour le jour et je crois que c'était notre façon de ne pas penser à ceux que nous risquions de laisser derrière nous. Le stupide voile que nous mettions entre nous et tout ce qui aurait pu nous rendre vulnérables, même si avec lui ce n'était qu'une façade. La nostalgie le dévorait à chaque fois que les câbles s'entortillaient entre ses doigts, qu'il m'expliquait des montages auxquels je ne comprenais rien... Mais je m'enveloppais dans le son de sa voix et m'y perdais des heures durant... Jusqu'au dernier cri.

Sentiment de décalage, les souvenirs me submergeaient. Telle une tempête qui m'emportait avec elle dans des abysses insoupçonnées, je me sentais ballotée entre des courants contraires. Son frère et moi, nous avions tant en commun. Son frère et moi, nous étions si différents.

Il m'était impossible de me cacher ce que je voyais en lui à présent. Une colère, non que dis-je de la rage. Une espèce de sauvagerie vivace voilà ce qui passait dans le flou de ses traits qui se crispaient chaque seconde davantage et qui creusait l'abîme de noirceur que ses yeux embués de larmes me renvoyaient. Il les écarta d'un revers, comme on remonte les manches avant la bataille. Ma vue ne le troublait pas, elle réveillait une force brute qu'il essayait de contenir. Éviter de brises ses chaînes qui l'avait sans doute maintenu en vie pendant des années. L'une d'elles crissa, lorsqu'il s'assit sur la tombe de son frère et lâcha l'ultime reproche qu'il devait nourrir depuis sept longues années.

J'avais déjà vu ce regard, j'avais déjà senti sur moi le poids des mots et des reproches. Il me haïssait et c'était normal. Alors pourquoi ne pouvais-je le supporter ?

Parce qu'il ressemblait tant à Maël, me répétait un murmure au fond de ma poitrine.

▬ Maël est mort par ma faute, articulai-je difficilement en détachant chaque mot.

J'avais besoin de me faire du mal. Il se refusait à me gifler, je le voyais bien : je ne la connaissais que trop cette étincelle qui brille avant un combat, celle qui indique la hargne que vous mettrez dans vos coups. Il voulait me voir souffrir. Et moi, j'en avais besoin.

▬ Et je me fiche de ce que vous ou tous les autres habitants de Panem croyez savoir...

Les fines gouttes poursuivaient leur avalanche sur mon visage, sans qu'aucun sanglot ne m'échappe pourtant. L'air fuyait mes poumons, me donnant l'impression de suffoquer un peu plus à chaque nouvelle inspiration.

▬ Il sait, dis-je sur un ton plus doux en réussissant pour la première fois à détacher mon regard de sa silhouette désormais échouée à mes pieds, sur le rivage mortuaire de son amour fraternel.▬ Et vous vous ne savez rien.

J'avais fini sur ses mots avec une véhémence teintée d'un désespoir que je ne me connaissais pas. Qu'est-ce que je cherchais à faire au juste ? A le blesser, à me blesser moi ? A nous faire du mal ? Cela faisait si longtemps que j'attendais un châtiment pour ce qui était arrivé ce jour-là et il était là. Ma sentence était là, une peine immense que me renvoyait le reflet d'un passé qui était enterré sous nos ombres déchirées.  







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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Sam 6 Jan - 17:34

Un reflet du passé
Sélène & Hunter
- Oui. Par votre faute. Tout le monde sait ça, répliquai-je sèchement.

Mais par sa faute, c’était dur de dire ça. Je sais que pendant huit ans, j’ai toujours jeté la faute sur elle, mais le capitole y était aussi pour quelque chose. Elle n’avait fait que se battre pour sa vie, et c’est mon frère qui avait pris. En soit, cela se serait peut-être déroulé autrement si Sélène avait simplement tué Maël comme elle avait tué les autres tributs. Mais le fait est qu’elle avait dit l’aimer. Elle l’avait séduit, ils en étaient même venus à coucher ensemble devant des millions de téléspectateurs. Après ça, elle n’avait plus le droit de le tuer. Ils ne pouvaient gagner que tous les deux, ou alors aucun. Il lui était dans ces conditions interdit de le tuer. Imaginez qu’elle soit tombée enceinte après leur rapport, comment un fils aurait réussi à grandir sans son père, il lui aurait manqué une partie de sa vie.

Elle détourna son regard de mon visage. Sa voix qui semblait incertaine avait l’air d’être adoucie. Apparemment elle se fichait de mon avis. Encore un de ces mensonges. Mon avis lui importait forcément. J’étais celui qui avait été le plus proche de Maël, elle ne pouvait pas être indifférente de mes émotions, même si l’on ne se connaissait aussi peu.

Mais même en se connaissant aussi peu, ma haine était toujours présente, et j’avais pitié de moi-même. J’entendais Maël, qui semblait plus proche que jamais, me disant de ne pas le venger. Je m’entendais moi, me hurlant de me venger, et de me venger maintenant, quelles qu’en soient les conséquences. Mais il fallait attendre. Encore un peu. Je ne pouvais pas me venger aussi rapidement, elle qui semblait si vulnérable.

Mais elle mourrait. Et je savais exactement comment, j’avais eu des années pour y réfléchir, des années pour trouver le meilleur plan, le plan qui me permettrait de l’avoir, sans me faire avoir. Je savais qu’elle était plus forte physiquement, et que si elle décidait de m’attaquer je n’aurais aucune chance. C’est pour ça que mon aveuglement me fait peur. Par cet aveuglement, je peux mourir, et voir toutes mes chances de réussite réduire au néant. Je ne savais pas quand, ça c’est sûr, mais je savais qu’elle mourrait, par MES actions.

Sa dernière phrase, presque énigmatique, me fit un peu passer la tendresse soudaine que je venais de prendre à son égard. Elle semblait remettre en question mes connaissances, ou alors elle voulait me tester. Je ne savais pas trop. Mais je préférai ne rien laisser paraître, et je lui répondis sur un ton tout aussi mystérieux. Sans avoir bougé d'un pouce sur la pierre tombale, sans lui avoir adressé un seul regard.

- Alors, expliquez-moi.

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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Mer 10 Jan - 2:10

Un reflet du passé
Sélène & Hunter


Nos silhouettes se fondaient presque dans le décor. Deux âmes en peine dont les contours immobiles pouvaient faire croire à des statues de pierre parmi les tombes, deux corps à la dérive dans une marée funeste. Fouettés par le vent qui faisait courir son cri strident dans les grilles au loin alors même que le soleil nous gratifiait de ses derniers rayons, nous ne bougions pourtant pas. Entre désespoir et souffrance, je ne défaillais pas. On dit que le temps arrange tout, c'était des foutaises. La date inscrite dans le marbre me paraissait être hier et l'homme qui se tenait au-dessus n'était qu'une ombre du présent.

Il me tournait toujours le dos d'ailleurs. Mon cœur se serra, il m'était douloureux de le voir ainsi accroupi à mes pieds comme Maël l'avait été tant de fois dans l'arène. Assis sur un rocher à flanc de colline, il me jetait des regards en coin et je ne pouvais pas m'empêcher d'y répondre par un sourire léger, parenthèse idiote dans un jeu qui l'était tout autant. Ici, on ne jouait plus. On ne jouait plus depuis longtemps...

A présent que l'émotion retombait et que le choc premier désertait mon être, je ne pouvais éviter les pensées qui se bousculaient, à commencer par celle qui m'effrayait le plus : comment ce frère dont je n'avais jamais eu connaissance pouvait lui ressembler autant ? A en voir ses traits, je pouvais deviner qu'ils avaient dû avoir presque le même âge mais un air de famille pouvait-il suffire ? En vérité, ce n'était pas important. Cette nouvelle question n'était qu'un leurre, comme toutes les autres : si elles prenaient plaisir à tourmenter mon esprit, c'est parce que ce silence qui s'était installé entre nous, plongés dans la tourmente de nos réflexions, en devenait presque rassurant.

Alors même que je pouvais presque palper sa colère à mon égard, un cocon rassurant semblait avoir entouré cet espace autour de nous. Une bulle fragile qui risquait d'imploser à tout moment et dont je refusais de briser l'équilibre en tournant talons. Il s'agissait d'un leurre, rien de plus. Toutefois ce sentiment était si fort que je me refusais à le détruire, même s'il me faisait aussi souffrir.

Sa voix finit par s'élever à nouveau, avec cet accent égal qu'il feignait toujours en m'ignorant. Il ne voulait pas me gratifier de son regard, il me punissait à sa façon ou bien peut-être ne supportait-il pas aussi bien la situation qu'il essayait de le faire croire avec ses déclarations brutes. Le calme mystérieux de sa demande contrastait avec la tempête qui semblait attendre le moindre éclair pour éclater entre nous et briser ce fil où, pauvres funambules, nous tanguions en serrant les dents.

▬ A quoi cela servirait-il ? Ça ne ramènera pas Maël... Ni n'effacera votre douleur...

J'avais été directe, franche, dure. Cependant, que pouvais-je lui répondre de plus ? Que son frère avait été assassiné par les Juges ? Que j'avais essayé de le rattraper ? Les images mentaient et les gens, aussi dégourdis soient-ils, croyaient toujours ce qu'ils voyaient : les apparences étaient trompeuses, surtout à Panem, je l'avais appris à mes dépens. Son ombre devant moi, agenouillée sur la tombe de son frère, me rappelait que je n'avais pas le droit de lui faire du mal, même si cela aurait pu me soulager. Le masque se fissurait.

Dans un mouvement tremblant, je m'agenouillai à côté de lui, fixant toute mon attention sur les lettres dans la pierre. J'avais été une carrière forte, combattive, mais jamais je n'avais été courageuse. Impossible de tourner mon regard vers Hunter, ce frère qui avait tant perdu. Les mots glissèrent pourtant entre mes lèvres, pendant que mes prunelles caressaient la tombe avec un éclat de douceur. Chacun filait avec la terreur de son double-sens vibrant dans les veines.

▬ Les Jeux, l'arène... Tout y est plus intense, plus réel... C'est pour cela que je l'ai aimé, jusqu'au dernier instant. Il... Il avait cette facilité à croire en la bonté des autres, à révéler ce qu'il y a de meilleur en eux, lâchai-je dans un murmure.

Déjà je me perdais, l'illusion de pouvoir contenir le flot de souvenirs se dissipait lentement. Pourtant je savais où ça menait et ce n'était pas un lieu dans lequel je souhaitais m'aventurer tant il était peuplé de démons cruels...  

▬ Et pourtant ce qui est diffusé sur les écrans est tellement loin de tout cela... Tout est tellement artificiel, "sélectionné"... finis-je sur un ton qui trahissait mon écœurement.

C'était imbécile. Qu'étais-je en train d'essayer de faire ? De me racheter en lui révélant une vérité qui ne servirait à rien si ce n'est à raviver son chagrin? Il ne la croirait jamais et je n'avais pas à faire cela, je ne pouvais pas : pire, je n'avais pas le droit de le blesser. Pas à nouveau. Assumer et laisser la culpabilité me ronger, c'était mieux pour tout le monde. Au moins, il pourrait continuer à haïr quelqu'un. Il en avait besoin au moins autant que je brûlais de recroiser une fois encore son regard, tel un dernier reflet du passé. Encore une chose dont j'étais incapable, Maël s'était trompé : je n'avais jamais été brave, juste une idéaliste trompée.

▬ J'ai tué Maël. Pas de la façon que vous pensez, mais j'ai été volontaire pour aller dans l'arène et lui a juste subi parce qu'aucun de nous ne connaissait les règles... Tout ça parce qu'un vainqueur vaut parfois mieux qu'un autre.

Sur mes cuisses, mes poings s'étaient serrés à en froisser la toile fine de mon pantalon sombre. Mes ongles s'enfonçaient dans mes paumes, bientôt des marques profondes s'y formeraient comme celles qui tatouaient mon cœur depuis qu'une falaise avait emporté le vrai vainqueur des Jeux de 2229. J'aurais aimé que son frère comprenne tout, qu'il sache mais je savais qu'il était aussi loin de moi et de ce monde fourbe que Maël était loin de nous.






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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Dim 14 Jan - 14:31

Un reflet du passé
Sélène & Hunter
Non, cela ne ramènerait pas Maël, parce qu’il était mort. C’était vraiment utile de me préciser ça, comme si je ne le savais pas. C’était toi qui l’avait tué, arrête de me le rappeler tout le temps, j’essaye de me calmer tu ne vois pas, essaye de m’aider. Intérieurement, je brûlais encore plus, mais je ne fis rien paraître extérieurement, et restait toujours aussi calme, tout du moins pas dans mes paroles.

- Oui, ça ne le ramènera pas. Plus rien ne le ramènera maintenant…


Mais il ne fallait surtout pas que je m’énerve. Je pris lentement mon inspiration, pour respirer l’air frais de ce lieu calme, et à la douce odeur qu’exhalait le parfum de Sélène. Lentement, je me relevais, toujours en évitant de la regarder, fixant la pierre tombale de mon frère, sentant malheureusement toujours la présence de cette meurtrière à côté de moi. Quelques secondes, je restais comme ça, immobile, à fixer la pierre. Je pensais à tout, et en même temps à rien. Je ne savais pas du tout ce que je pouvais lui dire, ce que je pouvais lui faire, alors j’attendais.

Enfin, je me retournai vers elle, et la fixa, droit dans les yeux. Sans détourner le regard, je gardais le mien dans le sien, pour faire je ne sais trop quoi. C’était sûrement pour moi une sorte de façon pour la tester, pour savoir combien de temps elle résisterait sous cette pression psychologique que je lui imposais. Enfin je ne savais pas véritablement. Nous restâmes comme ça quelques minutes, jusqu’à ce que je m’aperçoive que le nuit était déjà bien arrivé.

Je ne m’étais pas rendu compte que cela faisait aussi longtemps que nous étions dans le cimetière, j’avais toujours l’impression d’être arrivé il y a seulement une minute. Alors une idée me vint. Une première idée afin de faire ami-ami avec cette fille. Elle était sûrement loin de chez elle, n’avait sûrement pas de quoi se loger cette nuit, donc elle serait sûrement ravie que je l’accueille chez moi, ce qui me permettrait dans le même temps à bien plus la connaître, ce qui ne serait pas plus mal finalement.

- Il fait plutôt sombre. Je sais que, que notre conversation à été un peu tendu, mais ça me fait beaucoup de bien de vous parler, vous a qui je n’ai pas arrêté de penser pendant toutes ces années. Si vous voulez on peut manger un bout chez moi pour continuer de parler.

Je ne sais pas si j’avais été franchement crédible, je l’espérais en tout cas, et si même Sélène Featherstone accepterait ma proposition, qui lui paraitrait sûrement étrange venant de quelqu’un qu’elle ne connaissait à peine, et qui pourtant la connaissait depuis longtemps. Ou du moins je connaissais l’image que les jeux avaient créée, et celle que je m’étais faite d’elle. Mais en toute honnêteté, je pense que cette image était la seule qu’il fallait retenir. L’image d’une meurtrière, d’une trompeuse hypocrite, d’une séductrice sans scrupule.

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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Lun 22 Jan - 1:48

Un reflet du passé
Sélène & Hunter


En réponse à mes paroles, un silence pesant s'installa entre nous. Il s'immisça tel un mur infranchissable, invisible et pourtant si indestructible qu'il en donnait le vertige. Cette sensation de tanguer entre deux mondes, l'un regorgeant de souffrances encore plus intenses que l'autre, me paralysait. Parenthèse que personne n'aurait pu comprendre, je n'étais pas certaine que nous-mêmes en connaissions la signification profonde. Peut-être n'y en avait-il pas d'ailleurs...

Après un long moment, j'eus enfin le droit à un regard. Impossible de manquer la haine qui y transparaissait et l'amertume à peine voilée au bout de ses lèvres serrées. Pourtant son air farouche m'apaisait plus qu'il ne me blessait. J'aurais dû me sentir mal, j'aurais dû me sentir coupable de lire toute cette colère dans ses yeux : au lieu de cela, j'étais soulagée de pouvoir enfin le contempler. Je caressai chacun de ses traits, notai son air défiant et m'abreuvai de son expression d'animal sauvage. Maël aurait-il eu le même visage s'il avait vécu ? Mon cœur pleura à cette pensée, mais je ne me détournai pas pour autant. Jamais je n'aurais rompu ce contact, même s'il me transperçait bien plus douloureusement que n'importe quelle lame.

Tout cela n'était qu'un leurre, une manière de me punir car, au fond, je savais que Maël n'aurait jamais été ainsi. Il n'aurait jamais pu me poser sur moi cet air empreint d'une rage violente. Toutefois ce frère dont j'ignorais jusqu'alors l'existence ne me prouvait-il pas que je ne connaissais pas mon premier amour aussi bien que je l'aurais voulu ?

Le soleil déclinant à l'horizon, les pupilles claires d'Hunter prirent des teintes plus obscures. Elles n'en étaient qu'encore plus envoûtantes, mystérieuses, tant et si bien que plusieurs minutes s'écoulèrent sans que je ne réalise l'heure tardive que souligna bientôt le jeune homme qui me faisait face.

Toujours agenouillés de part et d'autre de la pierre tombale, je me figeai à sa proposition et ne pus empêcher l'expression soupçonneuse qui s'imprima sur mon front, y creusant deux rides légères entre mes sourcils froncés. Hunter avait été si distant, muet et il affirmait que notre conversation lui avait fait du bien... Mon monologue voulait-il dire ! Soit il faisait partie de ces personnes contradictoires et difficiles à cerner, soit il tentait de m'attirer chez lui... Mais dans quel but ? Bien entendu, j'avais lu cette violence dans sa silhouette tendue à l'extrême. J'en comprenais le deuil jamais consumé de son frère. Cependant, que pouvait-il bien attendre de plus ?

▬ Je... Je ne pense pas que ce soit une bonne idée... glissai-je en détournant le regard sur la gravure dans la pierre grise.

Je n'étais pas certaine qu'il soit sain d'esprit, pas après ce qui venait de se passer et la facilité avec laquelle il venait de m'inviter à dîner. Un instant, l'idée de voir Channelle tuée dans les Jeux, puis de dîner avec son meurtrier me donna la chair de poule bien plus que la brise dont la fraîcheur s'infiltrait toujours plus entre les mailles de mes vêtements fins.

Il avait dit que ça lui faisait du bien, beaucoup de bien.

Et si je devais cela à Maël, s'il m'offrait une chance de me racheter du mal que l'arène avait pu faire à ses proches. C'était totalement irrationnel ! Idiot et insensé, comme cette proposition tout sauf naturelle dans l'ambiance glaciale que nous avions entretenue depuis notre rencontre. Alors bon sang, pourquoi avais-je envie de dire oui malgré mon instinct qui me criait de fuir ? Je tentais de me donner de bonnes raisons d'accepter, tout en sachant que ce n'était pas raisonnable.

▬ Je ne suis pas certaine de pouvoir vous apporter ce que vous recherchez... Je ne voudrais pas vous faire plus de mal que je pense vous en avoir déjà fait.

Est-ce que j'aurais pu émettre pire réponse ? Je ne crois pas. La balle était dans son camp : une seule parole me suffirait à céder à la tentation de me rapprocher de lui ou à le fuir sans attendre...






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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Mar 23 Jan - 10:55

Un reflet du passé
Sélène & Hunter
Le refus. Il fallait s’y attendre, lorsqu’un inconnu qui a des envies de meurtre vous invite chez lui, on n’est pas très confiant. La réponse de Sélène ne me choqua pas. Nous étions toujours face à face, attendant, sans vraiment dire quelque chose. Je ne savais moi-même pas vraiment quoi lui répondre.

Ce n’est pas, bien sûr, les idées qui me manquaient. J’avais plein de choses sur le cœur que je pouvais lui dévoiler, mais ce n’était pas le moment. La surprise de la rencontre m’avait rendu impatient, et je n’avais pas pu m’empêcher d’agir de façon irréfléchie. Ce n’était pas bien, pas digne de moi. Je devais me ressaisir.

Je regardais devant moi, les autres pierres tombales dans l’obscurité. Certains de ces cadavres étaient peut-être dû, eux-aussi, à la folie de quelqu’un comme Sélène. Ou alors étaient-ils mort tout simplement, en tant qu’honnête citoyen, de vieillesse ou de maladie. Pas comme Maël. J’entendais le souffle haletant de Sélène, que je dévisageais consciemment. Elle était juste à côté de moi, et ne savais pas, tout comme moi, quoi dire de plus. Elle était tout aussi perdue et décontenancée.

- Une bonne idée… commencai-je. Mais Sélène, qu’est-ce qu’une bonne idée ? Est-ce que c’était une bonne idée de sauter mon frère avant de le faire sauter ? Une bonne idée de le tuer sans regret, sans rien garder de lui à part un souvenir, une amertume à peine perceptible ? Rien de ce que tu as fait n’a jamais été une bonne idée, alors qu’est-ce que ça changerait ?

Il y avait trop de haine dans ce que je venais de lui dire. Une haine qui se sentait. Mais je sentais que lui avoir dit ça me relâchais un peu. Il fallait que j’en profite. Une faible brise venait s’écraser contre nous deux, une brise dont le murmure nous était quasiment imperceptible. Ce doux air frais était revigorant, et me donnant de l’espoir quant à la manœuvre que j’allais entreprendre.

Alors je pensais à Maël. Très fort.

Je sentie autour de mes yeux des larmes qui commençaient à s’agglutiner. De plus en plus. Elles glissaient sur mes joues, et vinrent s’écraser sur le sol, sans un bruit. Je tournais ma tête vers Sélène. La flamme qui brillait auparavant dans mes yeux, la flamme de haine, s’était changée en flamme de chagrin.

- Je… Je n’ai le souvenir de rien… ni du son de sa voix, du bruit de ses pas, de son rire, de ses histoires… Je suis… Je suis nu dans les ténèbres, je n’ai même pas le souvenir de l’apparence de mon propre frère. Face à un miroir, je pourrais le voir, à travers moi, mais c’est toi que je vois. Je te vois tout le temps, seulement toi, de mes yeux clos quand je dors, et de mes yeux éveillés quand je travaille… Tu me l’as pris, ils me l’ont pris, je n’en sais rien, mais maintenant il n’est plus là… Et je suis perdu…

Je tombais à genou, et posai ma tête sur la pierre de Maël. Je sanglotais réellement à présent, de sanglots honnêtes et réel. De ma main droite, je frappais la pierre de mon poing, encore, et encore, afin d’évacuer la douleur par la douleur. C’était trop pour moi, j’était définitivement perdu.

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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Jeu 25 Jan - 0:02

Un reflet du passé
Sélène & Hunter


C'était étrange, cette facilité qu'avaient les scènes à se rejouer entre Hunter et moi. Tantôt nos voix résonnaient, tranchantes et pleines de souffrance, tantôt elles se taisaient en laissant retomber le voile de l'amertume. Il se posait sur nos lèvres, enfouissaient nos visages dans sa légèreté captive et étouffante. Nos respirations s'accéléraient, inaudibles pourtant à nos oreilles sourdes aux murmures de nos cœurs qui poursuivaient cette course folle entre rédemption et vengeance. Manège infernal, nous valsions sans nous en rendre compte, nous jouions des apparences. Nous renfilions des masques fêlés.

Même si le crépuscule jetait des ombres sinistres sur nos traits, nous ne pouvions nous empêcher de nous contempler dans ce clair-obscur. L'angoisse disparaissait, emportée dans la lumière du soleil qui nous couvait de ses derniers rayons. Ce fut la colère qui surgit alors : vive et brûlante, amère et brutale. Mes poings se serrèrent sur mes genoux réunis, je n'avais que ça. Le frapper pour qu'il la ferme, pour qu'il ne réduise pas ces instants de bonheur à l'immondice infecte qu'en avait fait les Juges. En voulant me traîner dans la boue, il y roula son frère ; son frère qui gisait à nos pieds et nous regardait de haut. Qu'il m'appelle traînée, salope ou meurtrière, qu'il me crache au visage sans vergogne, peu m'importait. Il n'avait pas le droit de toucher à son souvenir.

Il n'avait rien de Maël si ce n'est les traits. Il n'était rien de plus qu'une illusion indigne. Une mutation ratée.

La brise souffla. Elle n'emporta ni mon ressentiment, ni mes regrets. Regret d'avoir cru un instant que cet homme était autre chose que la part d'ombre qu'il restait de ce qu'avait été la vie de celui que j'avais aimé. Elle apporta néanmoins un sentiment nouveau, l'espoir. Je venais de réaliser qu'il me restait l'espoir que Maël soit plus qu'un souvenir. Crystal...

Comme si cette pensée suffisait à apaiser les âmes, se propageant comme un bonheur qu'on partage avec ceux qui nous sont chers, j'aperçus la lueur haineuse se ternir. Du feu, elle devînt flot... Vagues discrètes et brillantes qui traçaient des sillons sur les joues pâles de Hunter, elles délièrent mes mains serrées. Je scrutai son regard sans comprendre, à la fois surprise et apeurée par ce changement de comportement.

Je connaissais la rage, je savais y répondre par les coups. J'étais incapable de supporter le désespoir, d'en connaître la juste réponse.

Alors quand son corps tout entier s'effondra sous mes yeux perdus par cette situation que je ne maîtrisais pas, je me glaçai, plus terrifiée que jamais. Ses sanglots brisaient le calme du lieu de recueillement, hurlaient sa douleur aux morts et aux vivants. Et moi j'étais là, paralysée par cette vision horrible d'un homme qui faute d'avoir cédé à la haine rongeait son chagrin jusqu'à s'en faire saigner le cœur.

Elles tremblaient à présent, mes paumes moites qui se contractaient sans oser faire un geste. Imperceptiblement, je m'étais penchée sur sa silhouette déchue. Le visage contre la pierre et le poing la frappant avec force firent écho à la détresse de son aveu. Il m'en voulait. Il avait souffert, non il souffrait encore...

Doucement, du bout des doigts, je touchai ses cheveux en bataille, incoiffable comme ceux de son frère. Et alors, je sus que je ne pourrais partir. D'une poigne raide, j'attrapai son poignet pour l'empêcher de rencontrer à nouveau la dureté implacable de l'absence, de marteler une pierre qui jamais ne se fendrait. Les écorchures étaient nettes sur ses phalanges meurtries, elles n'étaient que le vernis abîmé, la surface trouble d'une abîme sombre qu'aucune de ses larmes ne sauraient éclaircir.

▬ Arrête, Hunter arrête... lui dis-je en me penchant tant sur lui, la main bloquant toujours son mouvement compulsif à frapper la tombe, que nos corps se touchèrent. Calme-toi...

Telle une mère qui se penche sur son enfant, une amie qui console son plus cher confident, une fiancée qui réconforte son amant, je m'étais penchée au-dessus de cet homme dont j'ignorais tout sauf la seule chose qui me parut alors l'essentielle : nous partagions plus qu'un amour pour Maël, nous partagions le vide. Celui qui effaçait peu à peu tout et nous laissait seuls. Alors, placée dans son dos, je l'enveloppai de mes bras avec toute la bienveillance dont j'étais capable. Ma tête presque posée contre la sienne, nos cheveux s'entremêlaient. Je contrôlai ma respiration, fermai les yeux pour ne pas faire peser sur lui un regard trop intrusif. Quelques dizaines de secondes se passèrent ainsi, sans qu'aucun de nous ne parle.

▬ Ça va aller... lui murmurai-je d'une voix que j'espérais rassurante. Puis je brisai avec une lenteur précautionneuse le contact si rassurant de nos peaux qui se frôlaient, sans pour autant lâcher ses bras, l'invitant à suivre mon mouvement. Je vais te raccompagner. D'accord ?

Doucement, certains auraient pu dire tendrement, je me relevai en l'entraînant avec moi. Il me tournait toujours le dos et peut-être est-ce le fait que son regard n'était pas plongé dans le mien qui me permit de me souvenir que tout cela était une mauvaise idée. Comme beaucoup d'autres dans ma vie...

Je lâchai ma prise une fois qu'il fut sur pieds, laissant ma main s'attarder plus que nécessaire sur son avant-bras dans un geste qui se voulait réconfortant. Beaucoup de mauvaises décisions avaient parsemé mon existence, je n'étais plus à une près, surtout si elle pouvait me permettre de racheter un temps soit peu mon crime. Celui de ne pas être dans cette tombe à sa place.  






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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Sam 27 Jan - 9:34

Un reflet du passé
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Les instants qui suivirent mon effondrement se passèrent très vite. Et en quelques instants, je me retrouvai enlacé par Sélène qui me murmurait tendrement que tout se passerait bien. Je ne savais même plus si mon acte était conscient, ou si au contraire, tout ce que j’avais fait était réel. Sûrement un peu des deux. Mais démêler le vrai du faux, le théâtre de la réalité, l’obscurité et la lumière, était chose très complexe. Mais tout ce qui m’importait pour l’instant, c’était que, réalité ou non, Sélène y croit. Et elle y croyait.

Mais je ne doute pas de l’intelligence de Sélène, au contraire, je pense que c’est une femme qui n’en manque pas. Je me doutais bien qu’elle comprenait tout autant que moi ce qui était en train de se passer, mais sans elle penser que ce que je venais de faire était au départ délibéré. Mais à présent, plus que la douceur de la brise, je sentais la caresse de sa main sur mon bras, bras qu’elle laissa s’attarder sur mon pendant un temps assez long.

- Ça va aller… répétai-je. Comme ça va depuis huit ans…

Elle ne se rendait pas compte, de toute la douleur que j’avais endurée durant ces huit années, huit années de solitude, et d’errance dans le but de rencontrer cette meurtrière. Je n’avais fait que l’attendre. Je ne dormais plus, je ne vivais plus. Il n’y avait qu’elle. Elle, et la lame qui porterait le coup final. La lame qui sonnerait la fin de notre histoire débutée par procuration il y a huit ans, dans une arène meurtrière, dont personne ne ressort.

Elle m’avait aidé à me relever, et nous étions de nouveau face à face. Je sentais dans ses yeux, comme une lueur qui avait changé. Il n’y avait pas de haine, pas de mépris. Je n’y voyais que du regret, de l’amertume à peine descriptible, une honte d’être là, debout, avec moi. Pendant un instant, je me demandais si la considérer comme coupable était vraiment la bonne solution, et si elle n’avait pas finalement été manipulée par le Capitole, comme tous les autres.

Je tendis ma main vers elle, et attrapais la sienne. Pas pour lui tenir la main comme l’aurait fait un couple, mais simplement pour observer. Observer ce corps à qui Maël avait succombé. Je pris se main entre les miennes. Elle était douce. D’une chaleur rassurante, mais pas rassurée. Aussi rapidement et soudainement que je l’avais prise, je lui rendais sa main, avec quelques restes de larmes dessus, qui y était tombée.

- Oui, je pense que rentrer est la meilleure solution,
lui répondis-je.

Je lui indiquais d’un signe de tête la sortie du cimetière, et je commençais à m’y diriger, dos à elle.  Je sentais sa présence ici, en ce lieu sacré où mon frère reposait, après qu’elle l’y ait elle-même projetée. Je lui en voulais. Et ne plus la voir renforçait mon mépris à son égard, qui s’était quelque peu adouci il y a quelques instants.

À la fin, lorsqu’il ne resterait plus que nous deux, qu’elle et moi, l’adversaire que j’affronterais sera encore plus terrible et plus dangereux que Sélène. Ce sera un adversaire contre qui je ne devrais pas échouer, sinon je m’effondrerais, sans moyen de résurrection. Cet adversaire, c’est moi. Hunter.

- Merci, lui dis-je soudainement. Merci d’être venue. Merci pour tout.

Je me retournais vers elle avec un semblant de sourire qui commençait à paraître sur mes lèvres, tout en restant non artificiel. Elle m’avait beaucoup appris sur elle, et sur moi, et je voyais enfin le bout du chemin dans lequel je m’étais engagé lorsque le nom de Maël avait été tiré dans l’urne. Et à présent nous nous dirigions chez moi.
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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Sam 10 Fév - 0:03

Un reflet du passé
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Un instant, le contact était doux, rassurant et j’aurais même osé le dire : apaisant. Tel le chatouillis de l’eau calme d’un lac, le murmure chantant d’une brise légère ou encore la vision pure d’un soleil couchant, sentir sa peau contre la mienne avait ce pouvoir étrange de rendre cette rencontre plus réelle et sensée. Quand je l’avais initié, cela paraissait tellement plus beau que lorsqu’il en prit l’initiative… Je ne comprenais pas pourquoi son geste provoquait en moi ce frisson suivi d’un sentiment dérangeant de décalage…

Son regard avait changé l’espace d’un instant. Attentif, minutieux, observateur… L’émotion avait quitté ses prunelles, délaissé cette main avec laquelle il avait attrapé la mienne sans plus de cérémonie. Enfermée dans un étau qui m’étouffait, cette perte de contrôle m’inquiétait et me faisait regretter chaque seconde passée prisonnière d’avoir céder à sa tristesse. Il souffrait, c’était évident. Toutefois, la douleur pouvait pousser à la folie et le doute que ce soit le mal qui le frappait commençait à m’effleurer de sa caresse âpre. Mes jambes se tendirent, ma colonne se fit plus droite. Je déglutis difficilement, mal à l’aise, sans jamais le quitter des yeux.

Le plus déstabilisant, c’était l’éclat que je discernais dans ses pupilles. La lune projetait ses étincelles scintillantes mais elles se ternissaient dès qu’elles atteignaient ses larmes. Dans l’arène, celles de Maël avaient gardé cette lueur éclatante quand nous avions cédé à des plaisirs coupables… S’il était la lumière, se pouvait-il que son frère soit l’obscurité ?

Lorsqu’enfin il me libéra de sa poigne, je sus que nous étions plongés dans une nuit obsédante que nous ne pouvions supporter.  

Hunter faisait mine d’avoir repris contenance, mais il était évident que tout cela n’était qu’une illusion, tout comme sa résignation à quitter cet endroit. D’un signe de tête, il me désigna les portes battantes du cimetière. Jamais je n’avais compris pourquoi elles avaient l’apparence de grilles austères, comme si les tombes pouvaient s’ouvrir et les morts en sortir pour venir enserrer nos cous pâles de leurs mains décharnées : ils n’avaient pas besoin de cela pour nous hanter et nous tuer à petit feu. Hunter et moi en étions les parfaits exemples.  

Mes pas crissaient sur l’herbe où quelques graviers s’étaient perdus. Ne plus apercevoir ce visage si familier et différent me permettait de me laisser aller à des pensées plus rationnelles, à l’inquiétude aussi de me fourvoyer totalement. Je confondais tout… Et lui aussi.

Ses remerciements sonnaient faux. Comme tout le reste. Comme ce chemin que nous parcourions ensemble, en solitaires. Il ouvrait la route et je le suivais sans réellement savoir pourquoi. J’avais cruellement cherché depuis des années une façon d’expier mes fautes et voilà que je me trouvais à raccompagner chez lui Hunter, à veiller sur lui de peur qu’il ne s’effondre à nouveau. Une mauvaise idée, une de plus.

Alors je m’abstins de répondre, aussi bien à ses paroles qu’à son sourire. Au lieu de cela, je le dévisageai avant qu’il ne détourne le visage et que la marche ne se poursuive.

Qu’est-ce que j’espérais de tout cela ? Rien de bon ne pourrait naître de cette fable que je me contais en essayant d’y croire. Mes jambes continuaient à s’animer, à avancer, à me porter vers un lieu qui m’intriguait autant qu’il me terrifiait. Je ferai demi-tour. Une fois arrivée devant sa maison, je ferai demi-tour et je ne reviendrai pas. Parce que le courage, c’était quelque chose pour les autres. Pour ceux qui devançaient les embuches. Pas pour la nana qui faute d’avoir accepté s’était simplement tu.

Après l’envol venait la chute. Notre proximité avait été remplacée par un fossé que le silence rendait plus infranchissable encore. La cadence ralentit, nous approchions. Je croisai les bras, les frictionnai : il ne faisait pas si froid mais la brise semblait me glacer les os. Ce n’était pas elle qui produisait cet effet, plutôt l’impression d’être arrivée au bout de ma course.

▬ C'est ici que tu habites ? réussis-je à articuler malgré mes dents serrées.

Je m’étais placée à côté de lui à présent. J’avais ce sentiment de le voir sans le voir. Un flottement irréel. Une minute de silence. Un instant suspendu dans l’immobilité de la fuite inéluctable ou du renoncement total.







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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Mer 14 Fév - 21:39

Un reflet du passé
Sélène & Hunter
Je connaissais mon avantage. Cet avantage était évident. Et Sélène savait que je savais. Elle savait aussi ce en quoi il consistait. L’avantage d’un nom. L’avantage d’un visage. L’avantage d’un corps. C’était Maël qu’elle voyait en moi, à chaque regard. Je devais tirer avantage de cette faiblesse, et je le ferais, aussi souvent qu’il le faille.

Nous avancions toujours dans les rues de la ville, dans les rues de cette ville pourrie du district 5, celle où Maël aurait dû habiter. Après quelques détours, après cette marche silencieuse ou seule nos cœurs et nos pas brisaient le silence, brisaient cette glace éternelle qui semblait s’installer patiemment autour de nous, nous arrivâmes enfin devant chez moi. Le vainqueur devait trouver cette maison bien ridicule par rapport aux richesses dont elle devait jouir au district 1. Ça ne m’aurait pas étonné. Voyant que nous nous étions arrêtés devant chez moi, ou en tout cas ce qui semblait être chez moi, elle s’approcha de moi, nous nous tînmes côte à côte, et elle me demanda si j’habitais bien ici.

Oui malheureusement j’habitais bien ici, et il allait me falloir trouver un nouveau plan pour la garder plus longtemps. Mais ce ne serait pas compliqué, je ne me sentais pas parfaitement bien moi aussi, la présence de Sélène était très dure pour moi, mais il me la fallait. Sans trop savoir pourquoi je ne voulais pas qu’elle parte. Revenant à la réalité, me rappelant de la question qu’elle m’avait posée, je tournai mon visage légèrement pour la regarder, elle.

Droit dans ses yeux. Ils étaient totalement marron, brun. Mais pas d’une couleur dure. Au contraire, j’y discernais des reflets verts qui adoucissaient la douceur de ses traits. Mais ce que j’y voyais, ou plutôt ce que j’y lisais étaient la peine. Une grande peine. Le désespoir d’une mort qui n’aurait jamais dû avoir lieu. Le regret, la nostalgie, la tristesse, la mélancolie, et même une certaine forme de méfiance à mon égard.

Je ne pouvais pas voir mes propres yeux, mais j’y aurais surement observé les mêmes émotions. Oui, pas que de la colère et de la haine. Il y en aurait eu et il y en avait, bien entendu, mais j’étais encore sous le choc de la douleur ravivée de ce décès. Toujours la fixant du regard, doucement, je sentis une larme se mettre à couler sur ma joue. Une larme involontaire.

Qu’est-ce qui était en train de se passer en moi ? Merde ce n’était pas le moment, mais je sentais toutes les parties de mon corps se tendre et se détendre sou l’effort que j’essayais de faire afin de me maintenir en état. Elle voyait sûrement ce qui m’arrivait. Je commençais à trembler, et voyant qu’il me fallait un appui, je posai ma tête sur son épaule.

- Je ne sais pas si tu te rends compte Sélène, mais Maël me manque. Beaucoup. Chaque jour qui est fait. Je n’arrive plus à rien sans lui. Nous étions tellement proches, et en une seule seconde tellement éloignée… S’il m’avait écouté…

Je laissais échapper un sanglot. Je ne m’étais jamais trouvé aussi impuissant face à quelqu’un, et encore moins face à une femme. En fait si. La seule fois où j’avais véritablement cédé à l’appel des pleurs, ce fut devant Maël, juste avant qu’on l’emmène se faire assassiner dans l’arène.

- S’il te plait, ne pars pas. Reste avec moi. Je ne peux pas rester seul ce soir. Soit là. Juste. S’il te plait. Sélène.

Je ne voulais pas ce genre de choses avec Sélène. Mais j’avais besoin de sa présence.

Encore et encore.

Encore un peu.

Encore.
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Dernière édition par Hunter Garroway le Ven 6 Avr - 11:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Dim 18 Fév - 2:23

Un reflet du passé
Sélène & Hunter


Le poids qui pesait sur ma silhouette désemparée était insoutenable. Il s'alourdissait de seconde en seconde, tel un fardeau inexorable. La maison était simple, sans architecture particulière ou signe distinctif. L'analyse des moindres détails était rassurant, elle endormait toute autre forme de pensée qui aurait pu venir provoquer cette angoisse interne qui précède la chute. Le sombre dédale des rues que nous avions parcouru me paraissait profondément calme tandis que dans ma poitrine se réveillait l'hésitation et les interrogations idiotes.

Se pouvait-il que Maël ait vécu ici ? Et d'ailleurs, qu'est-ce que cela changerait ? Au coin de mon regard, je pouvais deviner les yeux clairs de Hunter. Lui aussi cherchait des réponses. La vie m'avait appris qu'elles n'existaient pas toujours. Le savait-il ?

Le malaise enflait comme la nuit qui nous enveloppait et plongeait dans des abysses sombres nos corps secoués de sentiments contraires. Nos esprits embués de souvenirs ne pouvaient se résoudre à lâcher prise, le mien luttait pour ne pas céder sans que je sache à quoi il hésitait à s'abandonner. Il était hors de question que je distingue son visage dans la pénombre maintenant, je ne le supporterai pas et mon âme serait à jamais vouée à une folie contre laquelle je luttais depuis des années.

Pourtant, lorsque le contact de sa joue sur mon épaule dénudée se fit sentir, ma respiration se figea dans un souffle qui sembla vider mes poumons. Asphyxiée, je me noyai à l'air libre. Je refusais d'admirer cette fragilité apparente qu'il me servait, je refusais qu'il puisse avoir la même sensibilité que son frère. Je refusais tout ce qu'il représentait.

Ma poitrine était désormais secouée de spasmes. Sa voix s'élevait, m'interpelait, tentait d'obtenir l'attention qu'il quémandait. Cette ritournelle insupportable me vrillait le crâne au moins autant que le manque d'oxygène qui ne faisait qu'accroître la panique qui se propageait dans tout mon être.

▬ S'il t'avait écouté ? répétai-je dans un murmure sans comprendre où il voulait en venir.

Je ne comprenais plus rien. Ses paroles n'avaient aucun sens, un simple brouhaha au loin qui se perdait dans le bourdonnement qui remplissait l'espace. Tout m'échappait et je refusais d'aller plus loin dans son délire. Ce qu'il imaginait comme salvateur n'était qu'illusoire, rien n'irait mieux parce que je resterai : bien au contraire et au fond de lui, ses rejets avaient le goût de l'amertume qu'on écarte d'un revers parce qu'on veut encore croire que l'espoir existe.

L'espoir était mort depuis longtemps. Pour lui. Pour moi. Mais peut-être pas pour elle.

▬ Je ne peux pas...

Les mots avaient franchi mes lèvres sans que je les ai formulés. Je m'écartai brusquement de lui et pivotai pour lui faire face. Réflexe de survie, la fuite était préférable. A nouveau l'air frais se propagea dans ma cage thoracique, m'extirpant de la terrible étuve dans laquelle mon apnée m'avait plongée.

▬ Je ne peux pas... réitérai-je comme une excuse, une larme dégringolant le long de ma joue.

Ma respiration avait étrangement retrouvé son rythme régulier. Mon regard trouva enfin la force d'affronter le sien. Une tristesse vertigineuse nous engloutissait, mais au lieu de m'effondrer j'avais à présent la force d'exprimer mon tourment et l'effroi qui me faisait trembler de tous mes membres comme une fillette fragile que je n'avais jamais été.

▬ Je suis incapable de te donner ce que tu cherches. Je... Je ne suis pas cette fille que tu crois connaître et tu n'es pas lui... Et... Et il ne reviendra pas. On ne pourra jamais passer à autre chose. Une arène ne finit jamais, elle dure toute la vie.

Me rendant compte de mes paroles hérétiques, je fis un pas en arrière comme si je craignais qu'il me frappe. Il n'avait pas bougé, ni montrer de signe d'hostilité mais son comportement changeant avait ravivé des réflexes primitifs. L'instinct reprenait le dessus et je sentais monter en moi cette adrénaline propre à la terreur de perdre la vie se propager dans mes veines. Si je restai là, je mourrai. Je mourrai sous le flot d'un passé qui ferait éternellement partie de moi : en ouvrir les vannes était dangereux et nous nous noierions tous les deux. La chute dans les escaliers, le sang et les larmes. J'avais ouvert les vannes ce jour-là et je l'avais perdue, enfin normalement. Sans doute. Peut-être. Tout se mélangeait.

Je plongeai mon visage dans mes mains, lâchai un sanglot unique avant de me reprendre et de passer une main dans ma longue chevelure d'un châtain qui devait paraître d'un noir de jais dans cette douloureuse nuit. Rabattus dans mon dos, ils flottèrent un instant quand une brise fraîche passa et me fit frémir. Je devais me laisser emporter par elle avant qu'il ne soit trop tard, avant de l'aider à se perdre définitivement dans cette abîme où il s'apprêtait à sauter à pieds joints parce qu'il pensait y trouver une paix.

▬ Il... Il faut que je parte, je... Je crois qu'il faut que je parte... dis-je en faisant encore quelques pas en arrière sans pour autant lui tourner le dos.

Son apaisement, cette paix qu'il espérait tant n'était qu'une vague utopie. J'en savais quelque chose pour avoir voulu fuir et réparer cette réalité pendant si longtemps que j'avais l'impression de ne pas avoir vraiment vécu : figée à jamais en un jour d'août 2229. Je n'étais pas le remède qu'il cherchait, je ne pouvais être cela pour personne alors que j'étais moi-même brisée.





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MessageSujet: Re: Un reflet du passé    Ven 6 Avr - 11:49

Un reflet du passé
Sélène & Hunter
Elle m’échappait. Ou alors elle s’échappait à elle-même. Le vent semblait l’éloigner de moi, je ne la distinguais qu’à peine, à présent, dans l’obscurité environnante qui commençait à cerner nos corps. Nous étions tout deux au bout de nos forces, comme après un combat. Mais nous étions seuls ennemis de nos personnes. Il fallait lutter contre nos esprits, lutter contre le gouffre, car la chute inexorable qui nous attendait serait longue. J’ai peur de ne jamais toucher le sol. C’est ce précipice mental qui nous faisait signe au bout du chemin dans lequel je m’efforçais de pousser cette sélène, de la pousser le plus violemment possible que son corps montre la trace de mes coups. Et le trou était au bout. La mort de l’esprit.

Nous n’avions pas bougé de devant cette petite maison marron, pauvre et vieille. La lumière grésillant d’un lampadaire mal entretenu était revenue, mais la puissance de cette lampe n’était pas assez forte pour nous éclairer totalement. Le mur observait donc des bouts d’ombre danser, comme si les morts se riaient de nous, comme si Maël, présent avec nous, observait notre discussion, tiraillé par le froid entre ses deux êtres aimés.

Beaucoup d’états succédèrent à Sélène. L’incompréhension, la faiblesse, les pleurs, la force, la fuite. Et moi, je restais là, debout à l’écouter, à l’observer, à me perdre. Je ne savais presque plus qui j’étais exactement, ce que je voulais. Mes conflits internes devenaient trop nombreux, et j’avais peur de me briser en milles morceaux à tout instant. Mais ce que je savais, c’est qu’elle ne devait pas partir. Tout du moins, elle ne devait pas partir sans me laisser une piste pour la revoir, une adresse, un lieu, un rendez-vous. Et à la fin, elle ne partirait plus. Oui, elle resterait, avec moi pour toujours. Mais pas entière.

Encore une fois, mon esprit changea d’avis, revenant à la violente décision originelle de mort, de souffrance. Elle ne savait pas ce que c’était que souffrir. Elle devait l’apprendre, et je le lui montrerais. Elle souffrirait plus qu’elle n’a jamais souffert, et je sais comment je m’y prendrais. Tout était clair et limpide devant mes yeux, plus que jamais, et au fond de mon être, je ne pus m’empêcher de sourire. Je reprenais physiquement le calme le plus profond que je n’ai jamais pris.

Mais à ses paroles, elle me prenait visiblement pour un fou. Elle ne comprenait pas mes paroles, ne voyait aucun lien de cause à effet entres elles, et ne voyait pas ou je voulais en venir, mais cette incompréhension était compréhensible, étant donné que moi-même, je me perdais au fond d’Hunter. Mais plus que de l’incompréhension, c’est de la peur que je ressentie surgir d’elle, surgir de son regard, lorsqu’elle m’annonça qu’elle devait partir. Non, elle ne partirait pas. Et je savais comment la faire rester. Mon calme apparent ne resta pas bien longtemps de marbre. Le plus vite possible, je reprenais mon air perdu et affolé, comme celui d’avant, espérant qu’elle n’est pas entraperçu ce petit changement d’émotion sur mon visage et mon attitude.

- Je… je sais que c’est dur pour toi Sélène… je ne veux te forcer à rien… mais… écoute-moi une dernière fois avant de partir, lui demandai-je d’un air suppliant.

Elle s’était replacée face à moi, et se tenait droite, cheveux dans le vent, ignorant le sanglot lâché précédemment, comme s’il n’avait pas eu lieu. Moi aussi j’étais droit, bien qu’un peu chancelant il faille l’avouer, car me montrer aussi faible devant un inconnu aussi connu n’était pas dans mes habitudes préférées. Mais je devais à présent user de mon éloquence pour lui faire changer d’avis, lui faire comprendre ce qu’elle gagnerait à rester avec moi.

- Je n’ose pas imaginer tout ce que tu as enduré, je ne peux pas, mais… je pense que tu ne peux pas imaginer ce que moi aussi j’ai vécu. Personne ne peut se l’imaginer. Personne ne peux ressentir et vivre ce que moi j’ai vécu. Oui tu as été blessé, torturé par ces salauds du Capitole, mais… mais moi ils m’ont tués, et ont tués ceux que j’aimais. Ils m’ont tout pris, toute ma vie, et sans sa vie il est très dur de se remettre de ses blessures. Je te demande seulement d’essayer de t’imaginer à ma place, tiraillé par cette perte immense. S’il te plait Sélène… Le borgne se doit d’aider l’aveugle à traverser la route…

Une fois de plus, je ne pus réprimer un sanglot, et pour éviter de tomber, je m’appuyais d’une main contre le mur qui était le plus proche de moi, un mur d’une couleur de cendre à cause des couleurs de la nuit, un mur d’une couleur de mort. Sélène était toujours là, devant moi, me voyant démuni, et une fois encore, ma faiblesse n’était qu’à moitié simulée. Je ne sais plus qui je suis.
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