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 EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Lun 13 Mar - 1:23

Les Rebelles - Nicodème Cartright





Le son mat du coup feu résonna à mes oreilles comme une apaisante mélopée, délivrance qui laissait flotter mon esprit fourvoyé par la douleur. S’en suivit une vision sublime : les éclaboussures du sang de cet imbécile peignèrent les vitrines alentours de fines perles écarlates qui dégoulinèrent, coulures translucides morbides. C’était du grand art. Sa main n’était plus qu’un morceau de chair inutile, elle ressemblait vaguement à ces morceaux de viandes, crus et luisants, qu’on pouvait apercevoir sur les étals de la boucherie sans jamais pouvoir s’en payer… A point ou saignant qu’on les servait ? J’imaginais que pour celle-là, on pouvait même qu’il était cuit.

Bien sûr, il beugla. Qu’aurait-il pu faire d’autre ? S’évanouir sans doute. Cela ne tarda pas et j’éprouvais une atroce satisfaction avant qu’un mouvement fugace dans mon champ de vision ne happe toute mon attention. Sur ma droite, il avait été discret. Pas assez visiblement. Mon bras gauche entier tremblait à présent, douleur de merde.

……………….ATTENTE REPONSE WINSTON……….......

Il y avait eu une exclamation aigue de surprise. Depuis quand les pacificateurs criaient comme des fillettes ? Autant qu’il vienne se présenter directement à moi pour que je lui colle la balle qu’il méritait, qu’on en parle plus… En vérité, je voulais qu’on en parle, je voulais l’entendre souffrir, le voir être terrassé par la peur et cette première manifestation me mettait en appétit. Alors je détournai mon attention de l’autre imbécile de vainqueur déchu pour me diriger lentement vers le comptoir.

Mes talons crissaient sur le sol, son cristallin qui me faisait frémir d’impatience autant qu’il réveillait la douleur qui menaçait de se répandre, plus sadique à chaque instant. Il fallait qu’il paye pour cela, pour son œuvre de barbare, pour sa connerie aussi : celle d’être de l’autre côté de la barrière, du côté des salopards qui nous réduisaient à l’état d’esclaves serviles. J’avais aperçu sa tête de gosse quand il m’avait touché : ils devaient sans doute les recruter au berceau, histoire de pouvoir bien leur bourrer le crâne avec leur propagande à deux balles. Il n’en était pas moins coupable, personne ne l’empêchait de regarder plus loin que son nombril ni ne le forçait à estropier un mec, à m’estropier moi.

Je me glissai du côté caché du comptoir. Alors qu’est-ce que ça faisait p’tit con de te retrouver face à face avec l’un de ceux qui n’étaient ptre qu’une légende pour toi ? Tes yeux allaient bientôt tomber au sol et rouler comme des billes à mes pieds si tu clignais pas, tu le savais ? C’était tellement grisant de péter ainsi tant de mythes dans le cœur des enfants en une seule après-midi. Cela compensait presque cette vilaine souffrance interne qui me broyait les côtes, me bouffait le foie… Ou peut-être la rate… Je n’avais jamais su et, à cet instant précis, je m’en foutais à un point.

- On se rencontre enfin… lui dis-je avant d’ajouter dans un rictus accompagné d’un léger rire : J'vous aurais bien serré la main Mr. Le Pacif mais…

Point besoin de lui montrer son œuvre, elle était dégoulinante d’assez d’hémoglobine pour être repérée. Je me délectai de ses regards paniqués, véritable moment d’anthologie : jamais je n’avais vu homme en blanc plus pitoyable. Agenouillé dans le verre, à côté de sa collègue morte ou qui le serait très bientôt, il n’avait plus sa superbe. La vie, ce n’était pas de rester à faire le pied de grue devant un bâtiment officiel hein ? Tu as vu, il y avait même des rebelles pour s’éclater un peu ! Des rebelles qui t’éclateraient à la moindre erreur pour ta couardise à avoir rejoint le rang des oppresseurs…

Le sang sur sa tenue appelait ma soif, ses traits crispés sur une terreur non feinte appelaient ma vengeance. Le métal dans ma paume me rappelait ce que j’allai lui faire, mais je voulais que ce soit lent, qu’il souffre. Il allait payer, c’était l’heure de passer au tiroir caisse pauvre p’tit gars. Heureusement, il était déjà derrière le comptoir, même pas besoin de bouger pour encaisser. Seulement était-il prêt à débourser autant ? Car le seul prix qui m'intéressait était sa vie.


……………….ATTENTE REPONSE MARLON……….......

- Oups ?

Lancée comme un pavé dans la mare, cette réplique m’arracha un rictus. Mes yeux enjoués devaient trancher avec la grimace folle qui tirait mes traits. Doucement, ma main valide baissa mon arme et alla la coincer à l’arrière de mon jean sans que mon regard ne quitte celui toujours plus paniqué du pacificateur. Est-ce que ses paupières allaient péter s’il les écarquillait encore davantage ? Cela pourrait être tellement jouissif de voir ses globes s’échapper et rouler comme des billes sur le parquet de la boutique. Seulement, j’avais d’autres projets pour lui…

Ses pupilles se révulseraient-elles quand je lui arracherai la vie comme il m’avait arraché mon membre ? Les ailes de ses narines se contractaient dans un rythme saccadé, comme un buffle qu’on amènerait à l’abattoir. Au moins là-bas, on tentait de faire vite, d’assommer les bêtes avant de leur trancher la tête… Lui n’aurait pas cette chance. Il souffrirait, il pleurerait comme une madeleine, il hurlerait…à moins que…

Je savais exactement ce que j’allai lui faire. Ma langue passa sur ma lèvre supérieure, tic qui trahissait ma délectation profonde. Perspective hautement réjouissante que celle qui venait d’envahir mon esprit et remplaçait habilement cette sensation de fils métalliques ciselant ma main transpercée.  

Ma chaussure frappa le sol de son épaisse semelle. Le bois du parquet craqua, d’un même craquement que j’espérais bientôt entendre dans sa carcasse. Il avait voulu jouer, je voulais à présent finir la partie et je lui promettais qu’il ne serait pas déçu du voyage.

Spoiler:
 


Nicodème est dans la boutique Standford, avec Ivy (PNJ), Cassio (PNJ), Coralie et Hunter.

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♥️ Sélène J. Featherstone ♥️
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mar 14 Mar - 2:13

Les Rebelles - Cassio T. Shepherd





Putain de merde, quoi encore ? Le cri au-delà de la porte de l’arrière-boutique s’était répandu, malgré les coups de feu, malgré le cristal brisé. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine. Jusqu’à présent, je n’avais pas remarqué son rythme saccadé, ni même ma respiration rapide qui faisait se soulever à intervalles réguliers le tissu du foulard qui couvrait mes traits jusqu’à mes yeux.

Un violent fracas en arrière-fond, le mal de crâne commençait à taper : entre la merde  noire dans laquelle on s’était enfoncé jusqu’au cou, l’autre taré qui continuait à faire sa vie et le potin des tirs, tout me saoulait à un point… Alors quand Ivy gueula qu’il fallait que je m’occupe d’un énième problème, j’oscillai entre soulagement qu’elle ait repris suffisamment de poil de la bête pour aider à l’effort général et terreur sourde de nous voir nous retourner sur de nouveaux pacificateurs qui nous auraient pris à revers : car, point besoin de se mentir, cela arriverait si on ne se frayait pas un chemin vers l’extérieur. Le plus tôt serait le mieux d’ailleurs !

Une volte-face plus tard, la porte vers la rue était grande ouverte offrant un spectacle saisissant : le faisceau lumineux qui se déversait en cascade inondait la pièce auparavant si sombre, éclairant dans son sillage la silhouette svelte d’une jeune femme. Elle oscilla un instant. Dans un réflexe, j’avais levé mon arme vers elle. Mes bras tendus, légèrement fléchis au niveau des coudes pour garder une précision de visée optimale, ne tremblaient pas. Mon index aurait pressé la détente, il l’aurait fait sans la moindre hésitation si sa tenue ne l’avait pas trahie. C’était une civile.

Pas de répit, la nouvelle venue se jeta sur le côté. Qu’est-ce que c’était que ce délire ? On n’avait pas déjà assez d’emmerdes comme ça ? Fallait que des civils à la con viennent en rajouter une couche, histoire de bien s’assurer qu’on allait se faire tuer… Et si cela était un piège ?

J’avançai, tout en gardant une distance de sécurité avec la rangée d’étagères qui s’alignaient le long du mur, traçant des sillons desquels la nana pouvait surgir à tout instant. Mon regard balayait les espaces réduits, osant toutefois quelques coups d’œil vers le dehors. Cette porte ouverte à tous vents ne me plaisait pas. Vraiment pas. Pas le temps de la gérer pourtant, il fallait d’abord que je m’occupe de m’assurer que cette nouvelle venue n’allait pas compromettre notre fuite.

Un pas après l’autre, je passai devant plusieurs rangées avant d’apercevoir son contour. Ses cheveux détachés et son chemisier clair, tout sauf adaptés à la situation : je ne pus m’empêcher de sourire sous l’étoffe bleutée, soit elle était complètement barrée soit suicidaire. Encore une foulée jusqu’à l’ombre d’un rayonnage, je la débusquai aisément.

- Fais pas l’idiote, ok ?  lâchai-je d’un ton ferme lorsque j’émergeai dans son champ de vision, juste à l’endroit où elle s’était tenue quelques secondes plus tôt.

Analysant son attitude, je remarquai qu’elle ne paraissait porter aucune arme. Du moins, aucune lueur métallique ne reluisait dans ses mains et elle paraissait plus équipée pour une virée de gosses de riches que pour se la jouer héroïne du dimanche.

- Tu lèves les mains et tu avances vers moi… Tout de suite !  

La tension m’avait fait aboyer cette dernière réplique… Maintenant que je pouvais sentir les rayons du soleil caresser mes tempes, le désir de nous voir nous échapper de cette bijouterie de malheur était encore plus cuisant. Je fis quelques pas en arrière, il ne fallait pas qu’elle m’approche de trop près, il ne fallait pas qu’elle tente quoi que ce soit.

- Avance et rejoins l’autre fille, là-bas ! ordonnai-je en désignant d’un signe de tête le coin dans lequel l’adolescente blonde s’était réfugiée.

Je n’étais pas à l’aise. Ce n’était pas mon genre de menacer des civils, ni de transformer cette fille en otage… Mais je n’avais pas le choix : nous devions les garder sous contrôle, c’était notre seule chance de sortir d’ici sans faire de dégâts inutiles, sans franchir la limite… Il suffisait pour cela qu’elle obéisse, qu’elle se plie à mes injonctions et file s’asseoir tranquillement dans l’angle opposé. Ensuite, nous pourrions partir : Ivy, moi… Nicodème était en option.

Oui, il suffisait qu’elle obéisse alors que je la défiai du regard pour tenter d’appuyer ma voix sèche et aggravée par les replis du tissu. Qu’est-ce que je pouvais crever de chaud et de soif sous ce foulard… Qu’est-ce que je pouvais crever tout court à chaque nouvelle merde qui nous tombait dessus…


Spoiler:
 


Cassio se trouve dans la boutique Standford, avec Nova, Coralie, Winston, Hunter, Ivy (PNJ) et Nicodème (PNJ), Marlon (PNJ) et Rachel (PNJ).
Cassio tient Nova en joug.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mar 14 Mar - 13:19

Les Rebelles - Nicodème Cartright





Le son mat du coup feu résonna à mes oreilles comme une apaisante mélopée, délivrance qui laissait flotter mon esprit fourvoyé par la douleur. S’en suivit une vision sublime : les éclaboussures du sang de cet imbécile peignèrent les vitrines alentours de fines perles écarlates qui dégoulinèrent, coulures translucides morbides. C’était du grand art. Sa main n’était plus qu’un morceau de chair inutile, elle ressemblait vaguement à ces morceaux de viandes, crus et luisants, qu’on pouvait apercevoir sur les étals de la boucherie sans jamais pouvoir s’en payer… A point ou saignant qu’on les servait ? J’imaginais que là, on pouvait même qu’il était cuit.

Bien sûr, le type arbora cet air atterré, paniqué, profondément choqué. Qu’aurait-il pu faire d’autre que de contempler son vœu exaucé ? S’évanouir sans doute. Cela ne tarda pas et j’éprouvais une atroce satisfaction lorsque, de la pointe de ma botte, je tâtais son visage soudain si neutre de toute expression. Qu'est-ce qu'il était bien moins chiant comme ça... C'est alors qu’un son fugace, accompagné d'un mouvement dans mon champ de vision, happa toute mon attention. Sur ma droite, il avait été discret. Pas assez visiblement. Mon bras gauche entier tremblait à présent, douleur de merde.

Il y avait eu une exclamation aiguë de surprise. Depuis quand les pacificateurs criaient comme des fillettes ? Autant qu’il vienne se présenter directement à moi pour que je lui colle la balle qu’il méritait, qu’on en parle plus… En vérité, je voulais qu’on en parle, je voulais l’entendre souffrir, le voir être terrassé par la peur et cette première manifestation me mettait en appétit. Alors je détournai mon attention de l’autre imbécile de vainqueur déchu pour me diriger lentement vers le comptoir.

Mes talons crissaient sur le sol, son cristallin qui me faisait frémir d’impatience autant qu’il réveillait la douleur qui menaçait de se répandre, plus sadique à chaque instant. Il fallait qu’il paye pour cela, pour son œuvre de barbare, pour sa connerie aussi : celle d’être de l’autre côté de la barrière, du côté des salopards qui nous réduisaient à l’état d’esclaves serviles. J’avais aperçu sa tête de gosse quand il m’avait touché : ils devaient sans doute les recruter au berceau, histoire de pouvoir bien leur bourrer le crâne avec leur propagande à deux balles. Il n’en était pas moins coupable, personne ne l’empêchait de regarder plus loin que son nombril ni ne le forçait à estropier un mec, à m’estropier moi.

Je me glissai du côté caché du comptoir. Alors qu’est-ce que ça faisait p’tit con de te retrouver face à face avec l’un de ceux qui n’étaient ptre qu’une légende pour toi ? Tes yeux allaient bientôt tomber au sol et rouler comme des billes à mes pieds si tu clignais pas, tu le savais ? C’était tellement grisant de péter ainsi tant de mythes dans le cœur des enfants en une seule après-midi. Cela compensait presque cette vilaine souffrance interne qui me broyait les côtes, me bouffait le foie… Ou peut-être la rate… Je n’avais jamais su et, à cet instant précis, je m’en foutais à un point.

- On se rencontre enfin… lui dis-je avant d’ajouter dans un rictus accompagné d’un léger rire : J'vous aurais bien serré la main Mr. Le Pacif mais…

Point besoin de lui montrer son œuvre, elle était dégoulinante d’assez d’hémoglobine pour être repérée. Je me délectai de ses regards paniqués, véritable moment d’anthologie : jamais je n’avais vu homme en blanc plus pitoyable. Agenouillé dans le verre, à côté de sa collègue morte ou qui le serait très bientôt, il n’avait plus sa superbe. La vie, ce n’était pas de rester à faire le pied de grue devant un bâtiment officiel hein ? Tu as vu, il y avait même des rebelles pour s’éclater un peu ! Des rebelles qui t’éclateraient à la moindre erreur pour ta couardise à avoir rejoint le rang des oppresseurs…

Le sang sur sa tenue appelait ma soif, ses traits crispés sur une terreur non feinte appelaient ma vengeance. Le métal dans ma paume me rappelait ce que j’allai lui faire, mais je voulais que ce soit lent, qu’il souffre. Il allait payer, c’était l’heure de passer au tiroir caisse pauvre p’tit gars. Heureusement, il était déjà derrière le comptoir, même pas besoin de bouger pour encaisser. Seulement était-il prêt à débourser autant ? Car le seul prix qui m'intéressait était sa vie.


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Nicodème est dans la boutique Standford, avec Winston, Marlon (PNJ), Rachel (PNJ), Ivy (PNJ), Cassio (PNJ), Nova, Coralie et Hunter.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 18 Mar - 22:24

Les Rebelles - Ivy Shepherd





Le contact du tissu sur mon visage m’irritait toujours plus : quel qu’était mon mouvement, que j’inspire pour récupérer juste ce qui me suffisait de souffle, que je tourne la tête pour observer les alentours, que je tire pour continuer d’immobiliser le Pacificateur, ce cadeau de Cas’ s’avérait toujours plus insupportable. J’essayais de me répéter en boucle que mon frère avait réellement tenu à ce que je le porte, que c’était pour des raisons d’identité, mais un regard vers un Nico libéré de ce genre d’entraves installait toujours plus de doute en moi.
Pour ne pas arracher cette saloperie, je me concentrai uniquement sur mes tirs, sur mes mains qui devaient rester posées sur le pistolet et ne jamais le quitter – sinon que mon frère aille se faire foutre avec ses petits mouchoirs.
Je ne regardais pas vers Nico quand son tir éclata la cloche oppressante qui pesait sur la bijouterie. Je ne me concentrai que sur le comptoir qui avait perdu tout son aménagement en verre, et qui ne livrait désormais qu’un squelette. Certes pitoyable, mais d’une protection suffisante, puisque l’autre chien en blanc resterait bien vivant et très en forme. Aucune balle ne l’atteignait directement : toutes ne faisaient que reverser sans fin des litres de verre sur sa tronche. Finalement, nous l’aurions peut-être à l’usure.
Pas très remarquable comme mort. Ni rapide. Je préférais la surprise et le travail bien fait : un bon Pacificateur était un Pacificateur mort et autant qu’il ne comprenne pas ce qui lui tombait dessus.
Derrière, j’entendis Cas’ s’occuper de l’intrus. Je risquai un coup d’œil en arrière : une nana, chemisier sandalette, qui avait enfoncé la porte arrière de la boutique. Devant cette situation complètement incongrue, je me mis à rire : mais ils étaient tous complètement cons dans ce District ? A croire qu’ils avaient débuté un concours pour savoir qui serait élu Débile Premier du District Un ! Si c’était le cas, la nunuche en sandales venait d’accumuler un beau nombre de points.
Toutes mes félicitations.
Ce qui m’embêtait plus, ce fut d’entendre les invectives de mon frère : quand celui-ci aboya, puis se calma, je ressentais une réelle colère dans sa voix, une profonde lassitude, et surtout je compris que les problèmes risquaient d’arriver. Je savais qu’il aimait absolument tout maîtriser et qu’il perdait les pédales quand les choses venaient à échapper à son contrôle : or, il surveillait nos arrières, et j’avais simplement besoin qu’il tienne le coup.
Sinon je lui ficherais mon pied au cul pour qu’il arrête d’être blasé, ou sache au moins pour quelle bonne raison il soupirait. Cas’ avait toujours été un glandeur né, il suffisait de compter ses heures de sommeil.

« Allez frérot, fais pas encore le guignol, par pitié… »

Le foulard étouffa mes paroles soufflées. Dommage. Un regard noir de Cassio m’aurait simplement rassurée.
Je ne devais pas quitter mon objectif du regard où j’allais laisser une opportunité au Pacificateur. Mon arme relevée, les yeux plissés, j’attendais juste qu’il montre une cible pour l’aligner…

« Excusez-moi, mais... mais que faites-vous là ? »

C’était à moi qu’elle parlait, la gamine ? Surprise, je tournai la tête vers elle, prête à lui rétorquer de fermer sa gueule – on était un peu occupés à limiter la casse. Un certain scepticisme pointa à la pensée des étals qui avaient vomi leurs bijoux sur le sol. Bon, peut-être pas dans ce sens-là. Mais l’intention y était, au moins.
Au moment où mes lèvres laissèrent échapper un son, celui-ci devint plus aigu quand je perçus un mouvement sur le côté. Dans la boutique. Immédiatement, je me retournai, et je vis Nico s’avancer vers l’arrière du comptoir. Où était caché le Pacificateur. J’inspirai un instant et tirai un coup : celui-ci passa au-dessus du meuble, au-dessus même de l’endroit où je supposai que se trouvait le gardien de la paix, mais assez près de Nico pour ne pas qu’il la manque.
J’espérais bien qu’il ne la manquerait pas. Si je ne voulais pas qu’elle le blesse, j’avais envie, au moins allégoriquement : l’agriculteur du District Neuf nous avait complètement oubliés et partait dans son trip. Pourquoi avançait-il vers ce mec au lieu de l’abattre ? J’espérais que ça allait le réveiller. Le ramener à la réalité. Cassio et moi n’en pouvions plus en ce moment, nous menacions de tourner de l’œil à tout moment.

« Merde mais qu’est-ce que tu fiches ! », tentai-je de lui hurler.

En entendant si bien le son de ma voix, je ressentis le silence malsain qui s’était installé dans cette bijouterie. Encore plus étouffant.
Les accents sincères, innocents, si naïfs et tellement décalés de la réalité m’attirèrent à nouveau sur le côté : c’était l’intruse, la pimbêche en short, qui se permettait de nous faire la leçon sur pourquoi nous ne fuyons pas. Et elle, pourquoi elle était rentrée ? C’était aussi parfaitement con.

« Je vous en pose des questions, moi ? », crachai-je.

Si seulement nous savions tous les quatre ce qu’on foutait là… Mais depuis que le mauvais maire avait été abattu, et que Nico s’était barré dans le District, personne ne comprenait dans quelle marée il se trouvait emporté.

« Si tu te tiens tranquille la pimbêche, on devrait pas trop abîmer ton chemisier. Demande à ta copine, elle s’en tire pas trop mal. »




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Ivy Shepherd - PNJ est dans la boutique Standford.
Ivy Shepherd - PNJ tire une balle en direction de Marlon Ban - PNJ et de Nicodeme Cartright - PNJ. Il lui reste 3/10 balles.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 19 Mar - 0:14

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Bordel, qu'est-ce que s'était bon de pouvoir observer ainsi un pacificateur atterré à terre ? Sérieusement, ça n'avait de prix d'avoir un chien du capitole à ses pieds, de le voir ramper la queue entre les jambes... Lui donner un coup à cet instant aurait été plaisant, alors qu'il glapissait en tentant vainement de m'échapper en s'enfonçant toujours plus dans la mare de verre dans laquelle il gisait. Du sang perla bientôt sur l'un des bris, plaqué contre le comptoir, il me fuyait... En vain.

Ma main brûlait presque sur mon arme qui criait vengeance, tandis que sa jumelle s'engourdissait sans doute par la faute de tout ce liquide vital qui la fuyait toujours, laissant des traînées dans mon sillage. Des miettes comme le petit poucet... Pourtant, en cet instant, je me sentais plutôt le grand méchant loup et, dans mon histoire, il remportait enfin la partie.

Viens à moi petit pacificateur, ne crains rien. Tu ne souffriras point... Comptine mensongère.

Sa fuite était si lamentable, indigne d'un homme en blanc. Ce n'était pas un homme d'ailleurs, c'était un gosse qui n'aurait pas le temps d'avoir des poils au menton avant de mourir. Dommage pour lui. J'espérais qu'il avait au moins eu l'occasion de découvrir la sensualité féminine avant d'entrer dans cette boutique, sinon il finirait au tombeau sans rien avoir goûté des seules joies de la vie accordée au peuple de Panem.

Je venais de lever mon arme, hésitant à viser tout d'abord une partie non essentielle à sa survie au lieu de l'achever immédiatement, quand soudain un nouveau coup de feu résonna. Je vis la balle filer à moins d'un mètre devant moi. Mon visage vrilla en direction du tireur. Prêt à engueuler Cassio, je constatais qu'une silhouette blonde était la cause de ce manque de tact. Visiblement, elle était remontée ma petite prodige mais elle ne m'avait pas touché... Apparemment, elle n'avait pas encore assez morflé pour être vraiment efficace et intéressante : sinon, elle ne m'aurait pas manqué, ni n'aurait tenté de me raisonner avec sa réplique à deux balles.

- Hé la gamine ! Laisse les grandes personnes papoter ! lui indiquai-je pour qu'elle me foute la paix et me laisse terminer de faire mumuse avec mon nouveau jouet.

Un mouvement rapide du pacificateur suffit à lui faire retrouver toute mon attention. Une arme braquée sur moi me provoquait, prêt à faire feu sans plus de cérémonie. Putain, les Shepherd auraient ma peau ! Je tentai de relever le poignet pour être le premier, inutile il pressa la gâchette alors qu'un froid polaire envahissait mon front : sueurs froides détestables d'un moment de panique que je n'avais pas vu venir.

Sa tentative retomba pourtant comme un soufflet. Sans classe, son flingue n'émit qu'un vague cliquetis navrant, désespérant. Même la chance était de mon côté, alors rends les armes et laisse-toi faire p'tit gars... Avec ta tronche qui puait la terreur tu aurais p'tre même le bonheur de tourner de l’œil avant que ça ne devienne vraiment écœurant...

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Ses pupilles se révulseraient-elles quand je lui arracherai la vie comme il m’avait arraché mon membre ? Les ailes de ses narines se contractaient dans un rythme saccadé, comme un buffle qu’on amènerait à l’abattoir. Au moins là-bas, on tentait de faire vite, d’assommer les bêtes avant de leur trancher la tête… Lui n’aurait pas cette chance. Il souffrirait, il pleurerait comme une madeleine, il hurlerait…à moins que…

Je savais exactement ce que j’allai lui faire. Ma langue passa sur ma lèvre supérieure, tic qui trahissait ma délectation profonde. Perspective hautement réjouissante que celle qui venait d’envahir mon esprit et remplaçait habilement cette sensation de fils métalliques ciselant ma main transpercée.  

Ma chaussure frappa le sol de son épaisse semelle tandis que mon ombre le recouvrait, s'en saisissait déjà avant que ma main ne l'attrape pour le soulever de terre. Le bois du parquet craqua, d’un même craquement que j’espérais bientôt entendre dans sa carcasse. Il avait voulu jouer, je voulais à présent finir la partie et je lui promettais qu’il ne serait pas déçu du voyage.

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Nicodème tente de saisir Marlon par le colbac. - DEMANDE DE LANCER DE DES.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 19 Mar - 20:21

Les Pacificateurs - Marlon Ban





L’arme glissa lentement entre les doigts gantés. Quand elle s'effondra, elle écarta les éclats de verre, comme un sac de billes que les enfants secouaient pour montrer leur précieux trésor dans la cour de récréation. Le temps béni et lointain, quand ni les Jeux, ni la rébellion, ne menaçaient encore des vies innocentes. Un temps où les gamins ne se sentaient pas pris en otages pour servir des idéaux baignés de violence et de non-sens.
Toute l’absurdité de cette société sautait aux yeux de Marlon alors qu’il dévisageait, désarmé, le rebelle avancer vers lui. Celui-là même qui en poussa une exclamation moqueuse. A quoi cela servait-il de se défendre si le sort lui-même s’acharnait ? Inexorablement muet, il se trouva bien incapable de déglutir sans causer une douleur acerbe dans les parties meurtries de son corps, sans bloquer encore plus sa respiration sifflante.
Et face à lui, le colosse qui avançait toujours.
Ce sourire carnassier qui s’étirait sur son visage ressemblait à une cicatrice, et toutes celles qui barraient le reste de sa face dansaient au rythme des moues et des rictus, comme autant de furies qui riaient de l’impuissance du gardien de la paix. A la frayeur se mêlait désormais l’humiliation, c’était merveilleux.
La balle, qui avait résonné quelques secondes plus tôt, rappelait à Marlon qu’il était coincé sur le parquet, à la merci du rebelle qui avait rangé son arme et dont les yeux enflammés trahissaient des pensées malsaines. Unique lueur dans l’ombre qu’il projetait à son approche. Le temps était lent, mais ne s'étendait pas au point de lui offrir une réelle occasion d’agir…
En finir là alors que la mission n’avait, à l'origine, été que la rencontre bidon entre deux maires le désespérait profondément. Il avait tellement à perdre… Ebène. Et cela lui vrillait le cœur.
Le contact de la main sur son col agit comme une décharge dans le corps de Marlon, sans pour autant lui éviter d'abruptes sueurs froides. Ses poumons expirèrent d’un coup tout l’air qui s’était bloqué au fond de sa poitrine, en un soupir qui ressemblait à un « non ». Ses réflexes agirent : gestes acquis par des années d’entraînement au centre de la Pacification, le soldat attrapa le poignet de son agresseur pour immédiatement le jeter loin de lui. Ce n'était pas le moment d'entrer dans un conflit, leurs rapports de force étant complètement inégaux : à la place, le jeune homme profita de la fenêtre qu'il venait d'ouvrir pour filer.
Marlon esquiva en roulant et échappa à l’emprise du rebelle. Le problème se fit d’abord entendre : des crissements divers et répétés accompagnèrent sa volte et, quand il se ressaisit, il se retrouva réellement perdu au milieu des milliers d'éclats de verre. Comme autant de raisons de se planter. Il déglutit et il se ramassa sur lui-même, manquant de glisser mais n’évitant pas les coupures vives, et aperçut avec stupeur qu’il s'était encore plus éloigné de la porte. Le rebelle, pourtant, ne se dressait pas sur son chemin.
Il ne se priverait pas de cette chance : il y avait d’autres Pacificateurs au dehors, peut-être même Bennet et Derek, et, que ce soit par le colosse ou par ses compagnons, il allait mourir là. Alors il serra les dents, et même glapit quand un morceau cristallin, plus élimé et long que les autres, l’entailla avec vigueur.
Impossible de s’arrêter sur cette blessure. Il tenta dans le même temps de se relever et de s’élancer vers la porte. Lorsque soudain, on l’attrapa et le tira vers l’arrière.



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Rachel Morrisson - PNJ et Marlon Ban - PNJ sont dans la bijouterie Standford.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 19 Mar - 23:26

Les Pacificateurs - Equipe 2





Il fallait rester calme : se précipiter vers l’origine des tirs amènerait des dangers certains, mais lambiner en route ne ferait qu’empirer les existants. L’un dans l’autre, la situation actuelle était périlleuse et le moindre faux serait… problématique. Rien de bien nouveau. Les problèmes s’amassaient aujourd’hui plus rapidement que la neige au District Trois un jour de tempête.
La poudreuse avait au moins l’avantage de forcer le temps de réflexion.
Edmond évitait de penser à son certain manque d’expérience dans le domaine de l’intervention. De Wolff, au contraire, émanait plus que de l’assurance : si déjà il ne puait pas la timidité en tant normal, le Capitoléen courait maintenant à la bijouterie comme s’il avait oublié son coupon de ravitaillement chez lui, et qu’il comptait tranquillement réparer son erreur.
Si Edmond flanchait, c’était fini. Les efforts qu’il déployait s’effondreraient sans pitié.
La foule s’était écartée de la bijouterie. La vue en était ainsi dégagée et le vétéran y repéra deux entrées : à l’une manquait une porte, manifestement enfoncée par Marlon ou Rachel ; et une seconde claquait au passage d’une personne. Il s’était visiblement passé des choses par ici, et des échos de verre éclaté et de détonations leur parvenaient encore.
Edmond ralentit Derek et lui montra d’un signe de tête la porte qu’il devina être de service pour la bijouterie. Si tout se passait bien, les rebelles à l’intérieur seraient ainsi pris en tenailles et le problème de la journée serait réglé. Bien évidemment, le vétéran ne croyait pas une seconde : aucune nouvelle radio de Ban et Morrisson, les otages qui s’enfuyaient paraissaient apeurés et aucun indice ne laissait à croire que les deux premiers Pacificateurs avaient stabilisé la situation.
Comptez sur les autres, qu’on vous enseignait. C’est du travail d’équipe, qu’on vous martelait. Un regard à son partenaire qui restait silencieux et gardait son air concentré. Effectivement, la situation avait évolué.
Wolff et lui échangèrent un regard parfaitement éloquent, signifiant à l’autre que leur mission du jour continuait de démontrer qu’elle était foireuse de fond en combles, et ils partirent d’une foulée de concert vers la porte de service.
Ils furent stoppés dans leur élan par de nouveaux coups de feu qui provenaient de l’arrière. Non loin du bar d’où ils débarquaient. Même Wolff, difficile à surprendre, s’arrêta dans son élan pour se retourner et observer le lieu des nouveaux tirs. Edmond attrapa sa radio et appela les Pacificateurs qui devaient s’occuper du second groupe de rebelles.

« Au rapport ! »

Les quelques secondes qui s’écoulèrent en attente de la réponse parurent très longues. Mais la bijouterie paraissait s’être soudain calmée. Bien loin de lésiner, Wolff gardait son arme en main et scrutait les alentours avec ardeur, persuadant de son seul regard les passants trop curieux à s’éloigner. Derrière, la majeure partie de la foule continuait ses vagues paniquées.

« Un homme à terre, grésilla enfin la radio, Pacificateur, mais deux femmes viennent d’être interpelées. Tout est réglé, Monsieur, on les amène au poste.
- Ne traînez pas ! »

Un homme à terre. Un de plus. Cela hormis, tout s’était bien déroulé là-bas, et Edmond ne tarda pas à ranger sa radio. Wolff comprit. Cette journée de merde prendrait enfin fin, et il serait possible de démêler le paquet de nœuds qui s’étaient accumulés.
Avant, ils devaient régler l’affaire à la bijouterie. Ils repartirent enfin vers la porte de l’arrière-boutique.


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Edmond Bennet et Derek Wolff sont entre le marché et la bijouterie Standford.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Lun 20 Mar - 23:51

Les Rebelles - Nicodème Cartright





Le son finalement si clair de l'arme sur les bris de verre, tapis aux angles effilés qui s'étendait sous nos pieds, sonna comme une victoire. Une victoire trop facile, sans gloire. J'en étais presque déçu, après tout c'est sa silhouette de morveux qui était parvenue à m'arracher plus qu’une main et une douleur infecte. Par sa faute, j'avais perdu un océan de possibilités et je m'en rendis compte au moment même où, dans un réflexe, mes mains s'étaient tendues en avant pour le choper. J'avais lâché un juron immonde, sorti du fond de mes entrailles tant la chair déchiquetée m'avait arraché le peu de raison qui me restait. Je n'étais plus que rage, ma gorge incandescente appelant la soif de vengeance et je l'imaginais déjà périr sous mes doigts.

Mon ombre couvrit son corps de p'tit merdeux en blanc. Ma hauteur le surplombait, l'effaçait déjà de la surface de cette terre. Sa terreur était jouissive : comme une énergie nouvelle, elle décuplait ma haine féroce. Navré mon gars, tu prendras bientôt ton ticket pour cet aller sans retour... Et je mettrai un point d'honneur à ce que ton voyage soit lent et douloureux.

Alors que je me baissai pour le saisir par le colbac, le temps semblait s'être suspendu. La lumière de l'extérieur faisait briller les éclats de verre qui se reflétaient dans mes pupilles hargneuses, j’avais le sentiment que cette lueur m’agressait encore davantage et allumait en moi la mèche de la pleine conscience. L’impression soudaine de mieux ressentir tout ce qui se dressait autour de moi : les vitrines éventrées, le corps inerte de la pacif’ que j’avais descendue, l’odeur âcre de son sang chaud, le grondement sourd des autres connards de passants aussi… Seulement, je n’analysais déjà plus rien. Plus que jamais, je brûlais de cette animalité brutale qui décimait toute parcelle d’humanité dans mon regard. Mes traits avaient peut-être changé. Une bête acculée et blessée ne faisait pas que montrer les dents, elle savait mordre. Tuer même.

Le contact de mes phalanges avec son col immaculé me fit frémir de plaisir. Je m’apprêtai à resserrer ma prise quand soudain une poigne m’attrapa, sensation à la fois fugace et vulgaire. Repoussé. Comme un chien. D’un simple geste vif, il s’était débarrassé de mon emprise, avait expédié ma tentative de sanction.

Comment avait-il eu l’audace de me toucher à  nouveau ? Sale petit corniaud !

Le voilà déjà qui roulait sur le côté, qui tentait le tout pour le tout, qui pensait avoir une chance de m’échapper. Contre qui croyait-il se battre ? Non, il n’avait même pas la classe de se battre, il fuyait comme la crevure qu’il était ! Mon poing se serra et je sus que j’allai réellement le tuer. Si jusqu’alors ça n’avait été qu’une vague pensée, presque un horizon lointain dans la brume de mes douleurs, désormais c’était très clair : cet enfoiré allait mourir ici et maintenant. Et je ne lui laisserai pas le choix d’une belle mort, je déciderai de le congédier de cette vie moi-même, comme lui avait décidé de me traiter comme un moins que rien.

Il ne fallait pas qu’il bouge, il ne fallait pas qu’il parte. Il m’avait tant pris. J’allai tout lui prendre.

Je m’élançai d’un bond, mes semelles firent craquer sans vergogne un entassement cristallin. Frémissement suraigu, il vrilla mes tympans et déchira le silence malsain qui s’était installé dans la bijouterie depuis que ma prodige avait tiré son dernier coup de feu. Je fondis sur lui et cette fois-ci, mes doigts agrippèrent sa veste comme des serres acérées. Ma proie était ferrée. Il était enfin à moi.

Avec un cri de rage rauque et toute la force qui parcourait chacune de mes veines, leur donnant cet élan vital qui transcendait la moindre souffrance, mon unique accroche emporta ce salopard de couard en arrière et je le balançai sans ménagement contre le mur qui, avec le comptoir contre lequel il s’était réfugié jusqu’à peu, délimitait le couloir dans lequel nous avions posé notre ring. A présent, je venais de l’envoyer dans les cordes, de prouver ma supériorité. J’avais pris l’avantage et qu’il le sache : tous les coups étaient permis, pourtant il ne m’en faudrait qu’un seul. Un, pour pouvoir observer cet effroi quand il comprendrait. Cette frayeur silencieuse que je m’imaginais déjà alors que, d’un mouvement rapide, je plaquai mon avant-bras sur la gorge du pacificateur qui m’avait pris plus qu’il ne l’aurait jamais dû. Déjà placé devant le sien, mon corps faisait barrage à tout espoir de fuite, je n’avais peut-être plus qu’une main mais je refusais de le laisser entrevoir la lumière qui s’exposait avec provocation par la porte enfoncée, l’espoir de respirer un jour à nouveau l’air de cette belle journée ensoleillée. Car c’était une belle journée, n’est-ce pas ?

Oh bien sûr, il se débattit cet abruti. Il tenta des coups dans mes côtes et même un dans mon flanc encore sanglant. Je n’émis pas même un gémissement, la douleur n’était plus qu’une impression artificielle et lointaine, un filigrane indécent, un verrou que l’adrénaline faisait céder avec une facilité navrante pour lui, heureuse pour moi. Ça, on ne devait pas te l’avoir appris, qu’un homme blessé est un homme dangereux : avec ton entraînement à la noix, tu ne devais pas savoir grand-chose de la vie à part les conneries propagandistes dont on t’avait bourrées le crâne et j’étais intimement persuadé en cet instant qu’une des accroches de leur manuel n’était sans doute pas « Venez crevez sous la poigne d’un rebelle dont vous aurez sous-estimé la détermination ! ».

En réponse à ses gesticulations inutiles, je relâchai simplement la pression de mon avant-bras sur sa gorge pendant une fraction de seconde avant de le replaquer dos au mur avec une violence à peine retenue. Sa tête le heurta dans un claquement sonore. C’était quand même con de ne pas avoir ton putain de casque, hein p’tit gars ? A mon plus grand bonheur, il ne perdit pas conscience : un rictus barra mon visage, étirant la cicatrice sur ma joue. Les apparences n’avaient jamais été mon fort.

Je me laissais aller à la jouissance extrême de sentir son souffle devenir plus rapide dans la folie d’aspirer une dernière bouffée vitale, à me délecter de la panique immense qui se lisait dans ses yeux, à sentir la vibration effrénée ses carotides battre sous mon bras toujours plus appuyé. C’était grisant d’être ainsi propriétaire d’une vie, d’avoir un pouvoir incommensurable. Je n’étais pas assoiffé de pouvoir pourtant, mais de vengeance. Et je devais admettre que de percevoir le lent glissement de ma proie vers le néant, d’éprouver son passage d’un enfoiré de pacif’ une simple marionnette sous mon simple désir était d’une beauté sans pareille. Un juste retour des choses.

Il faillit tourner de l’œil, je pestai intérieur et je relâchai la pression pour approcher mon visage du sien. Je n’avais pas fini.

- C’est une belle journée pour mourir… murmurai-je à son oreille, en passant ma main sanglante sur sa joue, tout en l’entravant chaque seconde davantage.

J’avais besoin de le marquer, de sentir sa panique et son dégoût. Une dernière fois. Comme il l’avait fait avec moi. Qu’il regrette ma blessure aurait été un affront, alors avant qu’il n’ait eu le temps d’exprimer une nuance de plus, mes muscles se contractèrent une nouvelle fois sur sa gorge. La partie prenait fin maintenant.

Contre ma peau tendue par la puissance vive qui circulait dans ma chair, je pouvais sentir le relief de sa pomme d’Adam. Tout d’abord, elle s’enfonça. Puis son recul devînt pénible, impossible. Peut-être voulut-il dire quelque chose car ses lèvres bougèrent dans un silence de plomb qui n’existait qu’entre nous. Une litanie sépulcrale qui signait une fin à sa hauteur : dans l’indifférence générale et avec pour dernière vision le regard sombre de l’homme qu’il avait osé défier. Un soupir s’échappa, un dernier souffle de vie d’une douceur cruelle qui semblait accompagner l’échappée de son âme aussi pourrie que la fausse pureté de sa tenue, désormais souillée.

Il avait joué. Il avait perdu.

Spoiler:
 


Nicodème est dans la boutique Standford, avec Ivy (PNJ), Cassio (PNJ), Coralie et Hunter.
Nicodème est en train d'étrangler Marlon.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mar 21 Mar - 1:40

Les Rebelles – Kenny K. Lonwood





Les tremblements, Kenny n’y avait jamais songé. Pas plus qu’il n’avait jamais imaginé se retrouver un jour ainsi, bloqué derrière un étal où le vide apparent lui conférait cette horrible impression de calme avant la tempête. Les couleurs vives des tissus agressaient ses yeux, même si son regard les survolait sans leur accorder la moindre importance. Seule la scène grotesque qui s’offrait à lui captivait son attention : même si tous ces badauds qui couraient dans tous les sens comme des animaux en rut créaient un magma pouvant se révéler utile pour ses collègues, Kenny ne put s’empêcher de songer qu’il n’aurait jamais pu parier que des habitants aussi grassouillets, bien  nourris, puissent courir aussi vite. La panique était la drogue à essayer de toute urgence apparemment.

Sans s’en rendre compte, Kenny profitait pourtant déjà du même effet pervers. Tous ses sens étaient en alerte et son cœur qui tambourinait dans sa poitrine lui rappelant que le danger était partout, plus pressant et étouffant à chaque instant. Alors oui, il tremblait plus que le vieux Cook avec son Parkinson débutant, mais merde quoi on lui avait jamais dit qu’il se retrouverait derrière un étal à tissus avec une furieuse envie de parler chiffons en pleine mission plutôt que de tirer sur des pacificateurs ! C’était démentiel, et pas dans le bon sens du terme !

Ses mains moites glissaient sur son arme, les deux pacificateurs qu’il avait repérés arrivaient à proximité de la boutique à une vitesse déconcertante, à croire qu’ils avaient le feu aux fesses. De nouveaux tirs retentirent, d’abord dans la bijouterie dont la porte avant était totalement défoncée : un éléphant était passé par là ou quoi ? Décidément, les pacificateurs du Un n’étaient pas si rouillés qu’ils l’avaient tous cru en partant pour cette destination d’enfer ! Lui qui pensait qu’ils végétaient à force d’attendre « la » mission de leur vie alors que leurs collègues rêvaient de vacances sous leurs auspices, une p’tite mutation au soleil... Au final, ils s’étaient tous fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude et ils payaient maintenant les pots cassés.

Bientôt d’autres coups de feu s’élevèrent. Direction contraire. La respiration de Kenny se stoppa nette, sa poitrine l’enserra. Sensation finalement si proche du rire qui soulevait habituellement son torse, un hoquet d’effroi lui échappa, à peine plus sonore que la larme qui dégringola sur sa joue. Siti. Leanore. S’il y avait des détonations, c’est qu’elles étaient foutues… Il ne réalisait pas. Il ne voulait pas réaliser.

Kenny venait de perdre de vue les deux pacificateurs. Ses yeux restaient inexorablement bloqués vers la rue qu’il avait parcourue au pas de course à peine une minute auparavant, cette rue où ses deux sœurs d’arme venaient de se faire choper, cette rue où elles étaient peut-être mortes à l’heure qu’il était. Jamais. Jamais, ce jeune rebelle idéaliste n’avait pu envisager que, les missions, c’était aussi cela. Que la Rébellion, c’était aussi sacrifier des amis… Non. Des membres de sa famille. Etrangement, une impression fugace passa dans son esprit alors que le visage si souriant de la belle Siti s’imprimait dans le voile humide sur ses pupilles : il n’était peut-être pas prêt à accepter de perdre ceux qu’il aimait au prix d’une cause qui le dépassait.

Furtive, cette pensée disparut dans la même fraction de seconde où elle était apparue. Kenny était né dans un District opprimé et, soudainement, il se souvint pourquoi il avait toujours désiré faire partie des missions externes. Certes ce n’était pas pour se faire canarder, mais il se souvint qu’il avait toujours su au plus profond de lui que cela pouvait tourner au vinaigre. Tout tournait à la dérision dans son esprit, en réalité c’était sa seule chance de ne pas flancher. Alors, lorsqu’il vit que les pacificateurs s’étaient soudainement arrêtés, penchés tous deux sur leur radio, son cœur eut un raté et il scruta ce qui pouvait être la porte de service de l’endroit où s’était retranché ses amis.

A côté de celle-ci, une ombre se tenait déjà et Kenny n’eut pas le temps de la viser que déjà, elle disparaissait dans le bourbier en enfonçant la porte. Purée, c’était une manie ici ou quoi ?!

Il n’y eut pas de nouveaux coups de feu, mais Kenny n’eut pas le temps de s’en réjouir que déjà les deux autres types en blanc recommencèrent à courir vers la même issue. Putain ! Ils jouaient au domino ou quoi à l’intérieur ? Cela faisait une plombe qu’ils auraient dû se tirer, qu’est-ce qui prenait autant de temps ?

Les silhouettes blanches, armures imposantes qui sonnaient le glas, s’éloignaient de plus en plus de Kenny. Son pistolet eut un sursaut dans ses mains quand il faillit le laisser tomber en ajustant la visée. Tirer ou se casser, il allait falloir choisir… Lui, pourtant habitué à mettre en lien tout un tas de données diverses et variées se trouvait dans l’impasse. Il aurait pu disparaître si facilement, se fondre dans le troupeau sauvage qui essayait toujours plus de détaler loin de la zone de non-droit créée au sein même du District le plus sage de Panem.

Sauver sa vie ou tenter le tout pour le tout en essayant de sauver celle de ses amis, sans aucune garantie que ça marche et en étant presque sûr d’y passer… Si ça, c’était pas un choix cornélien ! Les bouquins étaient interdits dans les districts, du moins ceux qui étaient intéressants, et Kenny songea que cette histoire claquerait à mort s’il pouvait la poser sur du papier ! Ok, il avait plus la parlotte mais le papier pour passer à la postérité, c’était de bonne guerre d’y songer maintenant qu’il était presque certain d’y laisser sa peau !

Parce que le chargé des communications du Treize avait choisi depuis longtemps. Ivy ne l’aurait jamais laissé tomber en mission, pas plus que Cas’. Il en était persuadé. Deux pressions animèrent la gâchette… Il venait peut-être de signer son arrêt de mort, mais il n’y pensait pas encore : venir en aide à ceux à qui il tenait était plus urgent et si, après tout ça, Ivy n’acceptait pas de sortir avec lui, il pourrait toujours se demander s’il n’avait pas la gale !


Spoiler:
 



Kenny (PNJ Rebelle) est derrière un étal, situé au marché dans la rue bordant la bijouterie Standford.
Kenny tire 2 balles sur les pacificateurs, Derek et Edmond (PNJ). – DEMANDE DE LANCER DE DES.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mer 22 Mar - 3:14

Les Rebelles - Cassio T. Shepherd





Enfin une lueur d’espoir dans ce merdier, enfin un truc qui se passait comme il fallait. Je soupirai sous le foulard, impatient de voir bouger notre invitée surprise et qu’elle rejoigne ce coin sombre qui devenait une espèce de tiroir fourre-tout où les erreurs de notre mission s’accumulaient. Et cette chaleur… Elle me vrillait les neurones, m’engourdissait les sens. Elle devenait de plus en plus insoutenable à chaque seconde qui passait. Pourtant, je n’en montrai rien lorsque la fille au chemisier de bourgeoise passa devant moi. Montrer une faiblesse aurait signé notre arrêt de mort, je n’étais pas à l’aise dans mon rôle de preneur d’otages, mais c’était mon rôle et je devais l’assumer : cette vérité me percuta d’autant plus vivement quand Ivy revînt dans mon champ de vision.

A pas lents derrière la brune, je scrutai sa silhouette : fine et musclée. Elle ne m’inspirait pas confiance. Seule une personne sûre d’elle faisait une entrée aussi fracassante et ce n’était absolument pas l’image qu’elle reflétait à présent, docile sous le joug de mon arme visant inlassablement son crâne. La tension m’envahissait, serpent vicieux qui me foutait un doute infâme.  Bien entendu, c’est cet instant qu’Ivy choisit pour souffler une phrase à mon encontre : je ne compris pas tout, mais le simple fait de percevoir « frérot » et « guignol » dans la même phrase m’arracha un regard noir. Croyait-elle  que c’était le moment de me provoquer ? J’étais déjà suffisamment sur la corde raide sans qu’elle s’y mette, les conneries de Nico me suffisaient amplement.

D’ailleurs, quand ma sœur tira un nouveau coup de feu, je priai presque pour qu’elle ait descendu l’autre abruti. Peut-être que s’il était mort, nous pourrions nous barrer en paix ! C’était sans compter son interpellation qui me confirma que l’autre idiot n’en faisait toujours qu’à sa tête et que le raisonner était aussi impossible que de demander à un chat d’aboyer. Le long de mon échine, je sentis une langue de sueur dégringoler. Elle avait cette facilité à glisser sur ma colonne sans aucun bruit alors même qu’elle me glaçait le sang, retournait mon estomac vide.

- C'est sa merde, pas la nôtre ! dis-je d'un ton qui n'appelait aucune contestation et dans lequel on n'avait aucun mal à percevoir toute la colère que je nourrissais chaque instant un peu plus envers ce connard d'agriculteur.

Dans le même temps, la nouvelle venue trouva sa place à côté de l’adolescente, puis minauda un regard apeuré vers le sol. Elle était sérieuse la nana ? Avec sa voix tremblotante à deux balles, elle pensait berner qui ? Néanmoins, la question qui suivit était la meilleure : pourquoi on ne fuyait pas ? Bah c’était au programme miss perspicacité ! Tu croyais quoi ? Qu’on t’avait attendu pour avoir cette brillante idée ? Mais entre temps, on n’avait dû gérer une pacif’ folle de la gâchette, les pétages de câbles de notre électron libre et maintenant de votre entrée en beauté. Non vraiment, on s’était tourné les pouces en attendant que tu arrives pour nous donner la fabuleuse idée de se casser !

L’énervement tendit mes muscles, réchauffa ma peau, empourpra mes joues. Qu'est-ce que c'était affreux cette sensation de manquer d'air... Ma poitrine se soulevait, inlassablement et de plus en plus amplement, elle appelait le carburant vital qui s'engouffrait dans mes poumons, avec cette putain de chaleur que je n'arrivais presque plus à supporter. A chaque expiration, j'avais l'impression de crever. Je pouvais déjà entendre ma respiration émettre un léger sifflement sous le foulard, peut-être n'était-ce que le tissu : tout du moins, il vaudrait mieux que cette option soit la bonne.

Tout partait tellement en couille. Est-ce qu'il ne pouvait pas y avoir au moins un truc qui se cassait pas la gueule au moment même où on arrivait à envisager une échappatoire ? C'était trop demander trente secondes de pause ? Putain de merde. Plus la tension montait et plus l'oppression se répandait dans ma poitrine. J'arrondis légèrement le dos, profitant que notre nouvelle copine prenne place à côté de la jeune miraculée. Une bouffée, puis une autre. Mes côtes s'écartèrent davantage et l'impression de m'étouffer s'atténua, même si le réveil des tiraillements de mon flanc bleuté remplaça bien vite le court répit.

C’était la goutte en trop. Celle qui venait de déclencher en moi ce besoin implacable d’air nouveau, de fuite inexorable qu’on ne saurait retarder d’une seconde de plus. Un coup d’œil vers la porte me confirma que c’était le moment où jamais, quelques passants se précipitaient au dehors, courant à perdre haleine en s’éloignant de la bijouterie. Ils étaient notre chance.

Je m’approchai d’Ivy : côte à côte, nos traits et nos yeux clairs devaient nous donner cet air de famille que nous redoutions de trop exposer. Cependant, nous n’avions pas le temps de faire dans le détail et nos étoffes nous permettaient de garder nos identités sûres si nous ne faisions aucune bourde entre nous. Plaqué sur la gâchette, mon index commençait à être envahi d’une crampe, manque d’oxygène à la con. Tout en maintenant la visée sur les deux jeunes femmes, je pris une décision : Il fallait bien que quelqu’un la prenne enfin.

- On se casse, suis-moi et couvre-nous. Moi, j'ouvre ! ordonnai-je à ma sœur. Quand je sentis qu'elle eut une seconde de battement, j'ajoutai, plus catégorique encore : Maintenant !

Le son de mes rangers sembla se répercuter contre les rayonnages encore debout de l’arrière-boutique. Toutefois, un bruit plus abrupt vînt couvrir ce martèlement rassurant : plus bref, percutant et inébranlable, il me fit stopper net. De nouveaux coups de feu. Tout alla très vite, la décision de continuer ou rebrousser chemin ne m'appartenait plus, le temps nous l'avait subtilisée pendant que les emmerdes s'étaient accumulées. Je m’étais mis à trottiner rapidement, ajustant mon arme en direction de notre porte de sortie. Des milliers de fourmillements s’étaient emparés de mon corps : c’était la première fois que je me retrouvais en première ligne dans une situation si catastrophique. Mon esprit divagua alors que les rayons du soleil vinrent m’éblouir avant même que je n’atteigne l’encadrement et une fois encore mes pensées furent pour ma sœur. Son dos heurtait le mien à chaque fois que je ralentissais, nous étions les deux faces d’une même pièce, dans une coordination presque parfaite. C’était con mais j’étais fier d’elle, fier qu’elle tienne le coup alors que… Le visage de ma mère s’imposa, je m’empressai de le chasser… Il était hors de question qu’Ivy revive ça, ou pire qu’elle n'y survive pas : j’étais entièrement responsable du fait qu’elle ait assisté à la mort de notre mère, je ne la laisserai pas tomber une seconde fois.

C’est pourquoi, dès que je sortis à l’air libre sans pouvoir pour autant en goûter la saveur âcre des journées d’été, mon regard se braqua directement sur les tenues reluisantes de deux pacificateurs qui approchaient dangereusement.

Je tirai deux coups rapides dans leur direction, réflexe enseigné par mon père, puis me projetai en arrière. Entraînée dans mon élan, je cognai contre Ivy et, faisant volte-face, l’agrippai pour la plaquer contre le mur à côté de l’entrée alors même que d’autres balles avaient déjà répondu à la mienne.

- Et merde ! lâchai-je dans un élan de panique avant de reprendre contenance : Tu tiens en joug nos copines, je m’occupe d’eux !

Ne pas croiser les yeux de ma sœur, voilà mon défi car je savais déjà ce que je pourrais y lire et je ne le supporterai pas.

Spoiler:
 


Cassio se trouve dans la boutique Standford, avec Nova, Coralie, Winston, Hunter, Ivy (PNJ) et Nicodème (PNJ), Marlon (PNJ) et Rachel (PNJ).
Cassio a tiré 2 balles vers les pacificateurs (chargeur après ces tirs : 3/10).  – DEMANDE DE LANCER DE DES.
Cassio est à couvert, contre le mur à côté de la porte de secours de la boutique avec sa sœur, Ivy.
[/quote]

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 26 Mar - 1:22

Les Pacificateurs - Marlon Ban





Un flash. La lumière l’aveugla un instant. Un choc. L’air fut chassé de ses poumons. Comme un ballon que l’on venait brusquement de dénouer, tant et si bien que le premier réflexe qui lui vint fut de prendre une profonde et franche inspiration. Avant de comprendre ce qu’il venait de se passer et de chercher de quoi il en retournait. L’air chaud et pesant envahit chaque partie de sa poitrine : il assécha sa langue, il alourdit ses entrailles, il incendia ses poumons. Comme autant de coups qui martelaient sa conscience.
Comme le pitoyable dernier repas du condamné. L’instant d’après, déjà, on noua la corde autour de son cou.
Au moment où le rebelle posa son bras sur sa trachée, puis pesa lourdement dessus, Marlon ouvrit les yeux : simplement pour voir le visage déformé par le cri de rage, désormais éteint, qui continuait pourtant à sonner aux oreilles du soldat impuissant, tel l’écho lointain d’un clairon déformé par les combats. Déformé : comment croire que les choses avaient tellement changé en si peu de temps ? Ce qui était un visage devint alors une masse contrefaite de rage ; ce qui avait été sol et plafond se mélangèrent pour ne donner qu’un mur, mortel rempart dans lequel ils s’enfonçaient toujours plus ; et la lumière elle-même se diffusa de manière à éclairer toute la pièce sauf les deux hommes, jetant sur eux un voile pour se détourner ailleurs. Une scène inimaginable, hors du temps.
Non ! Stop !
La terreur embrasa le reste du corps de Marlon. Avec l’énergie du désespoir et la folie des derniers recours, il attrapa l’avant-bras de son agresseur pour le repousser. Sur son cou, il sentait la compression toujours plus forte du rebelle tout comme le poids de son propre corps qui le tirait vers le sol. Pourtant, il y arrivait ! Il avait la sensation que l’emprise se relâchait, que le bras s’éloignait ! Il devait encore insister, pourvu qu’il arrive à récupérer ne bouffée pour aligner deux pensées cohérentes.
Cependant, sa respiration se faisait toujours plus saccadée : et voilà qu’il n’arrivait plus à avaler, et voilà qu’il n’arrivait plus à cracher. L’air déjà ardent s’échauffait toujours plus, incendie menaçant. Non, ce n’était plus une menace : Marlon mourrait à petit feu, incapable de se défaire de la poigne du rebelle et de la gravité pesante, les deux l’entraînant vers la pire des fins. Non ! ce n’était pas encore l’heure, impossible ! Il suffisait qu’il insiste encore un peu, encore un petit moment : depuis le temps que Rachel et lui étaient rentrés dans la bijouterie, Edmond et Derek ne pouvaient pas tarder à débarquer et les sortir de là. Ou d’autres Pacificateurs les sauveraient de cet enfer. Des Carrières tempétueux. Des civils courageux. Quelqu’un, n’importe qui, tant qu’il tiendrait un peu…
Marlon ne pouvait pas mourir seul.
Ses doigts agrippés ne lâchèrent pas leur prise : ils continuaient à repousser le bras, à le griffer, à trouver le moyen de le faire céder. Son corps se tortillait dans tous les sens, cherchant une ouverture par laquelle il arriverait à échapper à la voile noire qui se dessinait à l’horizon. Elle devait bien exister. Il suffisait simplement de faire ployer le rebelle. Après tout, lui aussi était blessé, fatigué, en proie à des émotions qui provoqueraient une erreur ! Marlon ne remarqua même pas qu’il avait touché plusieurs fois son bourreau. Rien ne relâcha la pression. Il étouffait. Des larmes brûlantes perlèrent aux coins de ses yeux, le privant ainsi de la vue et lui causant en plus une souffrance supplémentaire.
La pression relâcha un instant. Il avait réussi. Dans un même mouvement misérable, Marlon déglutit, sanglota, recracha et happa des traînées d’oxygène ; dans le même temps, le rebelle le placarda avec encore plus de violence contre le mur. Sa tête éclata contre la cloison : des étoiles vinrent narguer sa vue, puis repartirent en entraînant avec elles tous les restes de sa vigueur. Et la terrible litanie qu’elles fredonnaient aux oreilles sonnées de leur cocher : elles ne tarderaient pas à revenir pour l’emmener une dernière fois.
Pourquoi s’accrocher ? Pourquoi refusait-il de simplement sombrer au chant des sirènes ?
Ne restèrent donc que ces insupportables larmes. Complètement impuissant, Marlon dévisageait son adversaire. Ses mains ne desserraient pas ce bras : seulement, ses doigts ne le repoussaient plus tant, mais s’y accrochèrent dans l’espoir d’être tiré de sa noyade. A la merci d’un morceau de bois délabré qui ne lui serait d’aucun secours. Au contraire, si celui-ci décidait de sombrer, il entraînerait son naufragé dans son plongeon, pour le laisser dériver vers les abîmes quand lui remonterait seul à la surface.
C’était peut-être ses poumons carbonisés qui le tiraient toujours plus vers le sol, toujours plus vers le mur qui refusait de céder et de l’avaler pour de bon.
Et Marlon ne voyait que ce visage barré du plus horrible des sourires qu’il n’avait jamais vus.  Etait-ce encore descriptible comme un sourire à ce stade-là ? L’autre tenait bien plus d’un prédateur qui allait enfoncer ses crocs dans la chair de sa proie. Il n’y avait plus d’être humain à ce stade là, après tout : les monstres qu’il s’était imaginés, petit, quand ses parents lui parlaient des rebelles n’avaient jamais paru aussi vrais.
Un rictus infâme. Un regard bestial. Les dernières images de sa vie. A mesure que sa bouche se tordait pour respirer convenablement, ses paupières commencèrent à battre.
Cela ne satisfaisait pas le rebelle qui comptait encore allonger cette agonie. A nouveau, il relâcha la pression ; et jamais de sa vie, Marlon n’avait entendu un son aussi rauque franchir ses lèvres. Aussi caverneux. Aussi cadavérique. Qu’en dire d’autres ? Il ne pouvait faire autrement que reconnaître qu’il était un cadavre en devenir, un pantin qui, maintenant qu’on le lui accordait pour une raison qui échappait à son entendement, profitait de son court droit à respirer. Un animal blessé qui se précipitait sur sa nourriture et s’étouffait avec, toussant comme un beau diable, alors que l’on avait décidé de jouer encore un peu avec…
Dur combat contre lui-même que menait le soldat du Capitole, puisque le certain relâchement ne l’empêchait pas d’étouffer : ses idées s’étaient simplement assez éclaircies pour qu’il voie avec horreur le rebelle approcher son visage. Un vrai visage, celui d’un homme qui s’amusait à en tuer un autre. C’était peut-être celui-là le monstre caché sous le lit, qui assombrissait le monde de son ombre et qui étouffait leurs proies par la peur. Et le voilà qui se rapprochait, tellement près que Marlon sentit son souffle contre son visage, dernière provocation à son encontre : l’autre ne l’articula pas, mais ses expirations continuaient de le narguer, de lui rappeler qu’il ne comptait plus le laisser respirer. Peut-être que ses doigts se crispèrent plus sur son bras.
Ou peut-être n’était-ce qu’un mirage de son esprit.

« C’est une belle journée pour mourir… », murmura le rebelle.

Ses lèvres s’étaient portées vers l’oreille de Marlon pour ce faire. Il avait essayé de reculer sa tête pour y arriver, mais incapable de bouger : il était tétanisé par cette main que le rebelle avait posé sur sa joue, dont il ressentait sous les reliefs tendus par l’effort. Et ce sang. Et ce trou. Et ce contact qui se prolongeait. Le soldat avait fermé les yeux avec force, espérant qu’il arriverait à s’endormir et à échapper à cette infernale mascarade : et les larmes qui redoublèrent au coin de ses yeux n’étaient peut-être pas dues qu’à l’effort ou à la strangulation, mais aussi à la terreur qui n’avait plus de limite.
« Non ». « Pitié ». Ces mots resteraient-ils à jamais coincés au fond sa gorge comme un dernier élan de dignité qu’il ne laisserait pas échapper ? Ou était-ce le rebelle qui avait décidé de ne pas les laisser sortir ?
En vérité, si cela avait été un enfer jusqu’à présent, l’autre décida de passer un niveau en-dessous encore.
L’étreinte devint encore plus insoutenable sur la gorge de Marlon, comme un étau que le rebelle resserrait, tour après tour, jusqu’à lui briser le cou. Un sursaut épouvantable envahit son corps qui ne lui appartenait plus, qui tentait avec les forces qui lui restaient de se battre : ses ongles rongés s’enfoncèrent en vain dans le bras du rebelle, ses jambes décollèrent de quelques centimètres, son coude tentait d’atteindre la saignée du bras adverse.
Ses yeux étaient inexplicablement attrapés par le regard de son bourreau. Et dans le fond de sa gorge, sa pomme d’Adam qui céda devant l’impitoyable étau, coinçant par sa défaite le cri de douleur qui serait née au fond de sa poitrine et qui partit mourir dans son âme. Plus une goutte d’air ne parvenait ni à entrer, ni à sortir ; et ses larmes elles-mêmes avaient cessé de couler.
Personne ne viendrait plus, désormais. Il allait mourir seul avec son bourreau, loin des siens. Le regard de Marlon porta lentement sur cette potence qui retenait son corps ballant, secoué des derniers soubresauts du mourant. S’il comprit que ses bras lâchèrent, il ne remarqua même pas qu’ils heurtèrent le mur. Il ne remarqua pas que sa poitrine abandonna soudain toute résistance : elle se laissa simplement aller.
Il ne baissait les armes. C’étaient elles qui tombaient seules.
Et son crâne, sous la pression folle du manque d’air, éclata : Marlon s’effondra dans le noir le plus complet, certain d'emporter avec lui, dans la mort, la folie furieuse des yeux du rebelle.




Spoiler:
 


Rachel Morrisson - PNJ et Marlon Ban - PNJ sont dans la bijouterie Standford.
Rachel Morrisson - PNJ et Marlon Ban - PNJ sont hors d ecombat.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mar 28 Mar - 0:40

Les Rebelles - Nicodème Cartright





Est-ce que j’y avais pris du plaisir ? Au final, cet épisode était passé sans réellement qu’une autre émotion que ma rage bouillonnante ne s’exprime. Et, alors que le poids de son corps commençait à peser sur mon avant-bras,  je le regardais avec ce dégoût que m’inspiraient toujours les représentants de l’ordre… Brave petit soldat, il n’était désormais plus qu’une vulgaire poupée, de celle qu’on donne aux enfants pour apaiser leurs cauchemars la nuit avant qu’ils le les jettent en comprenant que c’était elle, le monstre… Ses yeux humides avaient quelque chose de grotesque, cette pointe de brisure que j’avais fait surgir derrière son aplomb désormais lointain. Bientôt, la dernière étincelle parut s’éteindre et sa panique fit place au vertige, au néant.

Tel un torrent stoppé en plein élan, je sentis un déclic dans ma poitrine et compris que son regard qui venait de fuir sonnait le glas de ma victoire. Revanche menée avec brio, elle se concluait au creux de ses paupières soudainement closes. L’étincelle n’était plus : éteinte, elle se reflétait à peine, disparaissait déjà pour ne rester plus qu’un vague souvenir qui se perdrait dans les méandres de cette journée d’une beauté sans pareille. Car oui, la violence qui l’avait ponctuée avait quelque chose de profondément noble. Cependant, la parenthèse artistique prenait fin et c’est lorsque j’entendis des coups de feu venant de l’arrière-boutique que j’en fus sorti avec brutalité. Les couleurs devinrent moins vives, les contrastes moins percutants. Tout dans cette tête qui brinqueballait piteusement me décevait à présent. Ce pacificateur avait perdu son intérêt au moment même où il avait cessé de se battre. Faible.

Désormais commençait un autre combat. Contre la douleur tout d’abord qui mordait à nouveau ma chair, contre cette saloperie d’impression vertigineuse aussi… Le temps de la drogue était terminé, basta l’adrénaline ne restait plus que ma résistance naturelle. Pffff ! Connerie ! Même dans sa mort, ce p’tit merdeux me gâchait la vie.

Des pas rythmés se précipitèrent dans la salle d’à-côté tandis qu’au dehors d’autres, plus nets et outrageusement menaçants, me parvenaient de la porte défoncée. Mon avant-bras qui avait déjà relâché la pression finit par se détacher totalement de la silhouette livide dont la pâleur n’avait d’égale que son armure. Je n’écoutais plus la douce mélodie de sa chute dans le verre, elle ne m’apportait plus aucune satisfaction. Au contraire, je fis quelques pas en arrière en contemplant mon œuvre, inscrivait une trace dans mon esprit de cette vengeance ô combien méritée, avant de commencer à courir vers l’arrière-boutique pour voir si mes acolytes y étaient toujours.

Bon ok, ce n’était pas mes acolytes. C’était des gamins arrogants et gonflants mais je ne pouvais pas les laisser filer sans tonton Nico, non ? Lucius ne me l’aurait jamais pardonné. De toute façon, ils n’étaient pas allés bien loin : immédiatement en passant dans la salle qui avait vu les Shepherd briller par leur idiotie, je les aperçus plaqués à côté de la porte grande ouverte. C’était quoi ce délire ? Pourquoi cette bijouterie était-elle devenue une vraie passoire ? Un bruissement dans un coin attira mon attention, deux jeunes femmes y étaient prostrées. Une brunette s’était jointe à la blondasse, mais elle n’attira guère mon attention : les questions capillaires et moi, ça faisait deux. Par contre, leur vue m’obligea à sentir que mon flingue était encore coincé dans mon dos et, dans une reprise de conscience soudaine, je le récupérai en m’avançant vers Cassio et Ivy. Hé oui, je ferai partie du voyage que ça leur plaise ou non.

Spoiler:
 


Nicodème est dans la boutique Standford, avec Marlon (PNJ), Rachel (PNJ), Ivy (PNJ), Cassio (PNJ), Coralie, Nova et Hunter.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mar 28 Mar - 13:11

Les Pacificateurs - Equipe 2





Wolff courrait à l’avant et voulait effectivement en découdre : il valait mieux ne pas être à la place des rebelles, surtout lorsque l’on connaissait la réputation du natif du Capitole. Enfant à problèmes, il était entré dans la Pacification pour expier ses erreurs d’adolescents qu’il assumait avec l’insolence qui le caractérisait. En vérité, ces quelques écarts n’avaient rien de terrible : même dans les temps où les Districts étaient connus pour une certaine violence, cela aurait valu au maximum des coups de fouet en place publique ; aujourd’hui, au contraire, le gamin aurait été collé au trou une nuit, après que les Pacificateurs aient tenté de lui faire peur.
Edmond se demandait bien comment il aurait agi s’il avait eu affaire à un délinquant comme Wolff. Son caractère était agaçant et provocateur et le vétéran aurait franchi les limites de la simple trouille, qui n’aurait de toute façon pas marché.
Deux tirs. Venus de loin – derrière leurs dos, si seulement ils avaient eu le temps d’analyser. Les deux projectiles qui leur étaient destinés ne frappèrent pas les gardiens de l’ordre et foudroyèrent à la place deux civils non loin d’eux. Il ne s’en serait pas fallu de plus pour que la foule perde toute once d’ordre dans sa panique désorganisée : les passants, les marchands et les habitants se précipitèrent et barrèrent aux deux Pacificateurs tout accès et toute visibilité derrière eux, pour irrépressiblement les pousser vers la bijouterie.
Impossible ainsi de voir les blessés ou le tireur. Edmond attrapa sans sourciller son arme : puisqu’ils ne pourraient pas faire machine arrière, ils devaient rentrer dans la bijouterie où ils seraient protégés du tireur maladroit et surtout aptes à arrêter le problème. Au plus vite. Sur un signe du vétéran suivi, en réponse, d’un acquiescement légèrement frustré de son collègue, ils détalèrent d’autant plus vite vers leur destination.
Quand la silhouette se dévoila derrière la porte, quand son mouvement de surprise découvrit le canon d’une arme brillant dans le soleil d’après-midi, alors Edmond comprit que c’était fichtrement mal barré pour eux.

« Baisse-toi ! »

Ce hurlement à l’attention de son collègue  se trouva amplifié par des détonations implacables. La conséquence des deux coups fut sans appel : Wolff s’effondra dans un bruit éclatant de plastique et de métal s’entrechoquant au sol ; le second tir, quant à lui, rasa l’autre Pacificateur qui ne s’attarda pas sur la chance qui venait à nouveau de l’épauler.
Ecoutant son conseil au pied de la lettre, il se baissa à son tour pour vérifier l’état de Wolff : et constatant que celui-ci respirait bel et bien malgré sa perte de conscience, il l’attrapa pour le tirer loin de la ruelle, vers l’angle de la boutique qui, au moins, les mettrait tous les deux à l’abri des rebelles de la bijouterie. Et par la même occasion, ils n’avaient d’autre choix que de compter sur la foule, à nouveau affolée sous l’effet des deux nouvelles balles, pour les dissimuler au tireur.

« Allez Wolff, c’est pas le moment. »

Mais l’effort qu’Edmond fournissait en tirant le corps de son collègue lui causait un essoufflement de buffle. Il entendait déjà son fils lui dire qu’il était trop vieux pour ces conneries et qu’il devait laisser la place aux jeunes ; à lui de lui rétorquer que, si le jeune se bougeait les fesses au lieu de rester planté debout à se moquer de son vieux père, le travail serait déjà abattu.
Ne pas penser famille au travail. Redoublant d’effort avant qu’un nouveau coup ne les abatte, Edmond parvint enfin à l’angle du bâtiment et y déposa Wolff, vérifiant encore qu’il était vivant. Celui-ci reprenait doucement conscience des réalités et il valait mieux.
Le vétéran attrapa la radio à sa ceinture. Bon sang, quel temps pouvait-il passer sur cette maudite boîte ! Qui s’était donc chargé de l’organisation de ce District ? Si elle était encore parmi les vivants, Edmond ne se serait pas gêné pour démonter Janet en rentrant à la caserne. Et le fait qu’elle ait payé pour son manque complet de préparation ne le calmait sûrement pas.

« Des renforts en centre-ville, maintenant ! »

Edmond jeta des regards alentours alors que Wolff se mit à murmurer quelques mots. Le vétéran retint un soupir soulagé et secoua légèrement son collègue encore absent.

« Ca va, c’est bon, je peux me relever… », gronda celui-ci en joignant effectivement le geste à la parole.

A l’instant même où il prit son élan,  le blessé poussa une exclamation de surprise, avec un soupçon de douleur, et se tint le côté du buste.

« Chien de rebelle, je vais les étriper…
- J’imagine que tu ne peux pas te relever ? »

Un froncement de sourcil et un éclat lumineux répondirent à la remarque d’Edmond : aussi touché dans son orgueil qu’animé par la fierté, Wolff prit cette réflexion pour un défi et n’hésita pas :

« Bien sûr que si. »


Spoiler:
 



Edmond Bennet - PNJ et Derek Wolff - PNJ sont entre le marché et la bijouterie Standford.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Jeu 30 Mar - 0:14

Les Rebelles - Cassio T. Shepherd





La voix d'Ivy avait tonné sans que j'en comprenne le fond, seuls ses accents aigus m’avaient saisi sans toutefois m’étonner. L'agripper ainsi ne lui avait pas plu, elle me remercierait plus tard – ce qui signifiait jamais dans son langage –, c'était pour son bien : une protection qu'elle dénigrait, une mise à l'abri temporaire dont je craignais de plus en plus qu'elle nous échappe, happée dans une surenchère d'emmerdes toutes plus énormes les unes que les autres. Ses cheveux blonds avaient à peine eu le temps de reluire, reflets dorés qui me rappelaient vaguement nos folles courses-poursuites dans le jardin quand elle avait le malheur de me faire tourner en bourrique. J'évitai son regard avec soin, me plaquant à côté d'elle en scrutant l'ouverture dont la lumière accueillante de l'été nous narguait. Venez dehors, il fait si beau les enfants... Nous jouerons sous le soleil puis nous rentrerons pour un interrogatoire, tout du moins si on ne vous trouait pas la peau avant !

On ne jouait plus. Plus depuis très longtemps. Avions-nous un jour été des enfants ?

Et cette chaleur... Ma langue passa sur mes lèvres, trop sèches. Ma gorge me raclait, assortie de cette impression de bouche pâteuse et de carton dans mes poumons. Le dos collé contre le mur jouxtant la porte grande ouverte, la possibilité de foncer vers cette autre échappatoire qui me faisait face, donnant sur la boutique et donc une autre rue, me saisit avant que je ne me ravisse. C'était trop tard, notre chance était passée depuis longtemps et les silhouettes immobiles des deux otages ainsi que les pas de Nico qui se hâtait étaient là pour me rappeler que j'avais merdé. J'aurais dû embarquer ma sœur depuis un bail et nous tirer de là. J'aurais dû laisser Nico crever la bouche ouverte en laissant les deux pacificateurs sans doute morts à côté faire leur job. Mais non, j'avais été le bon con de l'histoire. Saloperie de reproche. Ce n'était pas le moment de paniquer.

J’avais fermé les paupières, juste une seconde. Une courte seconde durant laquelle j’avais cru m’effondrer. La montée de stress à la vue des deux pacificateurs m’avait fait tourner la tête ou alors était-ce cette putain d’oppression dans ma poitrine qui me donnait l’impression que d’un instant à l’autre tout pouvait basculer une nouvelle fois ? Peu importe en réalité, il ne fallait pas y songer. La moindre défaillance creuserait notre tombe et alors que les tirs anticipés n'avaient finalement pas résonné, l'espoir d'avoir créé une brèche suffisamment sûre réveilla en moi cette force que je me refusais à laisser filer.

C'était le moment ou jamais.

- J'y vais ! annonçai-je, presque plus pour me convaincre moi-même que je ne faisais pas la connerie du siècle que pour réellement prévenir Ivy.

Une prise qui se resserre autour de mon arme, dans mon champ de vision l'espace ombragé qui danse pour finalement voir s'évaporer les silhouettes de ces deux nanas que je ne reverrais jamais mais dont nous aurons marqué les esprits, à défaut d’éveiller leur conscience. Souvenir indélébile de rebelles pitoyables. J'étais déjà ébloui par cette rue pavée, presque trop propre et nette presque pour être réelle. Les cris se mêlaient aux gémissements, la peur était partout. Elle grouillait dans une foule en panique, dont les pas de course l’éloignaient déjà bien trop de la bijouterie. J’étais à découvert. Et pour l’instant, j’étais en vie.

Mon regard s’était fixé dans la direction où les deux pacificateurs m’avaient fait face et j’eus à peine le temps d’apercevoir une botte d’une clarté parfaite briller à l’angle pour comprendre que j’avais sans doute fait des dégâts et que notre chance était là, nous tendait les bras. Je ne remarquai pas les regards apeurés de certains civils autour ; ils eurent un mouvement de recul, initiant un mouvement nouveau à cette masse noire auparavant rassurante. Pourtant, ils seraient notre rempart.

A reculons tout d’abord, je commençai à prendre mes distances avec notre point de sortie. Mes pupilles claires oscillaient sans cesse entre le lieu où j’avais cru voir les pacificateurs se réfugier et celui d’où j’espérais voir émerger ma sœur d’une seconde à l’autre. Et elle parut. Vive et brûlant de cette volonté que je savais inébranlable ou plutôt qu’elle voulait montrer comme tel. Nous n’avions plus de temps à perdre…

- La foule ! J’nous couvre ! lui lançai-je avec un petit signe du menton vers les badauds qui fuyaient inexorablement, dans un vacarme bien pire que celui d’un train aux roulements hors service.

On allait se fondre dans le tas, disparaître. Des bris de verre et un chaos indescriptible, voilà tout ce qui devrait rester de nous…


Spoiler:
 


Cassio est sorti de la bijouterie Standford, il vise l'angle de la rue et attend Ivy.
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Jeu 30 Mar - 13:43

Les Rebelles – Kenny K. Lonwood





Qu'avait-il zappé dans l'histoire ? Il avait visé pourtant et même pensé à fermer un œil pour être plus précis... Il avait suivi tous les conseils de Maureen, du moins c'est ce dont il avait l'impression avec le peu de recul qu'il pouvait avoir sur cette tentative manquée. Les balles avaient fait sursauter les deux pacificateurs, mais aucun n'avait plongé la tête la première sur le pavé. Dommage !

Quant à l'instant d'après, tout s'était emballé. La foule avait eu un mouvement de panique incontrôlable, piétinant tout sur son passage. De vrais buffles ! Fini les fines bouches et les bonnes manières, on était bien loin des mondanités et des formules de politesse ! La cuillère en argent aurait servi à assommer le voisin si ça leur avait permis de se barrer plus vite... Qu'à cela ne tienne, marche ou crève semblait être devenu leur nouvel hymne ! Pour un District qui formait sans le moindre doute des carrières, ses habitants avaient une drôle de manière de réagir au son abrupt des coups de feu ! Et Kenny n'allait pas s'en plaindre ! Sa vue dégagée sur les hommes de loi se voila, le rideau opaque de la masse mouvante aux couleurs trop vives vînt remplacer les silhouettes inquiétantes. Il venait de gagner son ticket pour s'en sortir. Pourquoi cette putain de chance avait-elle décidé de revenir de ses vacances à peine maintenant ?

Kenny bondit alors sur ses jambes, son arme dissimulée sous un pan de sa veste mais l'index toujours prêt à agir sur la gâchette. Il se mêla à la masse sans mal, tant la vague humaine remplissait chaque parcelle de terrain libre, s'engouffrait dans la moindre brèche comme si sa vie en dépendait. Néanmoins, il ne pouvait pas partir. Pas sans savoir si le temps qu'il venait d'offrir à ses camarades leur avait permis de prendre conscience que leur partie d'échecs était un peu trop longue. S'ils s'en sortaient, il leur donnerait un jeu de cartes : la bataille, ça prenait moins de temps, non ?

Plongé dans la foule, Kenny se débattait. Il ne voulait pas se laisser porter par le courant, il fallait qu'il atteigne la lisière, celle que les autres fuyaient. Il jetterait un coup d’œil puis partirait de son côté, cela lui semblait être la meilleure des options. Après tout, ils auraient bien le temps de tous se retrouver hors du District. Pas tous en réalité, mais cela il se refusait à y penser...

Il jouait encore des coudes lorsque de nouveaux tirs retentirent. La chance venait de prolonger ses congés, connasse. Plus de temps à prendre, son sang ne fit qu'un tour et soudain il ne réfléchit plus. Plus aucune logique, juste sa conviction interne, cette voix qui lui rappelait cette décision qu'il avait prise : ne pas les abandonner, ils s'en tireraient ensemble ou pas du tout. Telle une anguille, il se faufila, se prit quelques coups au passage et fut même malmené par une femme qui tentait d'écarter les autres badauds de ses poignets fins : toutefois, cela lui réussit pour que s'exposa sous ses yeux noisette une scène des plus réjouissantes.

Au loin, il apercevait Cas... Enfin, il le devinait parce qu'avec cette horreur bleue sur la moitié du visage, il n'aurait pas parié sur un des gardes à Ivy s'il n'avait pas reconnu sa silhouette. Ses amis se tiraient, c'était pas trop tôt ! Kenny faillit s'élancer pour les rejoindre, mais... Attendez ?! Ils étaient passés où les deux autres guignols en blanc ? Son regard pivota et il releva bientôt leur position à l'angle est de la boutique, l'un d'eux était au sol... Finalement, ses prochains cours de tir se feraient avec le fils Shepherd ! En attendant, il allait falloir qu'il rentre à nouveau dans cette fichue foule et il s'apprêtait à le faire, vraiment...

C'était sans compter sur Ivy. Ses cheveux d'un blond si pâle s'exposèrent sous les lueurs flamboyantes de l'astre du jour et, rapide évaluation, Kenny sut qu'ils seraient bien plus en sécurité s'ils étaient tous ensemble... N'était-ce pas ce qu'il avait dit à Leanore ? Ils étaient une famille... Il avait déjà laissé Siti, il ne laisserait pas les autres...

C'était complètement idiot comme réaction, mais il y arriverait. Arme au poing, il se détacha de la foule pour foncer vers Ivy, Cassio et Nico qui venait d'apparaître à son tour. Ils allaient s'en sortir au nez et à la barbe des pacificateurs ! Ensemble.

Spoiler:
 



Kenny (PNJ Rebelle) s'élance vers les rebelles, dans la rue bordant la bijouterie Standford.
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 9 Avr - 23:24

Les Rebelles - Ivy Shepherd





Le service clients de cette bijouterie était décidément déplorable. La gamine n’aurait sûrement pas mon fric et je ne reviendrai pas, qu’elle en soit assurée.
Je ne sus pas ce qui retenait fermement ces mots railleurs au fond de mon estomac au point de causer une crampe à l'estomac et des douleurs dans mes vertèbres.
J’entendis les deux civiles discuter et les mots de l’enfonceuse de porte parvinrent à mon oreille. « On ne tente rien de stupide ». Je commençais à lister le nombre de conneries qu’elles avaient accumulées et en vint à la conclusion que c’était trop tard. Il aurait fallu y réfléchir avant d’entrer dans cette putain boutique.
Les mots ne purent, cette fois-ci, être retenus.

« C’est trop tard pour éviter les choses stupides. »

Cas’ se rapprocha de moi et prononça enfin les mots providentiels : l’heure de sortir. Une exclamation satisfaite déchira mes lèvres et je lançai un regard à Nico qui traînait à l’arrière. J’hésitais. Je voulais suivre Cas, et j’avais l’envie furieuse de démonter l’agriculteur du Neuf pour tout ce qu’il avait fait. Pour tout ce bordel qui n’en finissait plus, pour cette boutique démontée, pour ces civils qui nous observaient de leurs yeux de chien battu… Effectivement, le laisser là avec sa putain de main, aux mains des Pacifs.
Seulement, je ne laissais personne derrière. C’était hors de question. Quand Cassio me lança un ordre catégorique, je frappai du talon sur le parquet pour lui signifier que je refusais et jetai un regard en arrière, vers Nico.
J’entendis soudain des tirs, dans mon dos, dans la direction qu’avait prise mon frère : mon cœur manqua un battement tandis que je me retournais pour détailler le visage de cet idiot qui partageait ma vie et qui venait de me fiche une trouille bleue. Sérieusement, il en avait pas marre de passer constamment pour un crétin ? Je tentai de respirer profondément pour calmer ce feu dans mes entrailles ; mais je compris que cela ne faisait qu’attiser les braises dans mes entrailles et j’allais lui hurler d’arrêter ses conneries.
Et voila que mon frère paniqua. Lâcha des mots dans la précipitation. Tenta de reprendre contenance. M’agrippa et me plaqua immédiatement contre le mur pour me couvrir. Me plonger dans le noir, un instant, et me couper de cet enfer aux ouvertures qui n’étaient plus des sorties. Du moins, je commençais à ne plus y croire.
Sans même réfléchir plus avant, je me dégageai de son emprise d’un coup d’épaules en poussant des grognements offusqués. Je lui marchai même sur le pied au passage – ce n’était pas volontaire, mais je ne me pressai pas à retirer ma chaussure. D’autant plus que ce dégagement provoqua de sacrées nausées en moi.

« Merde lâche-moi ! »

Ç’aurait dû être une véritable plainte courroucée ; c’en devint un souffle contrarié, et mon frère se déporta lentement une fois que je m’étais libérée pour se poser dos contre le mur. Pendant un instant, complètement perdue dans cette pagaille, je jetai un regard à Cas, puis un autre à Nico.
Je vis alors l’agriculteur achever le Pacificateur et je ne ressentis rien de plus qu’une parfaite indifférence. Ni jubilation à l’idée que l’un de ces mange-merdes s’écrasait lamentablement au sol, ni dégoût par mon compagnon de rébellion. Un seul désir m’anima soudain à l’idée que les choses se touchaient à leur fin : sortir d’ici et courir à pleines jambes me réjouissaient plus que de raison.
Aussi, l’ordre clair de Cassio sonna comme une putain de bénédiction, une injonction divine qui répondait à mes plus pressants besoins, et je me lançai à sa suite sans même me rendre compte. Il était déjà à l’extérieur et moi encore à l’intérieur quand je freinai des quatre fers dans une exclamation surprise : Nico était encore derrière.
Je jetai un regard vers lui. Constatai alors qu’il nous suivait. Je me sentis prête à suivre mon frère vers la liberté chérie. Puis je vis les deux civiles toujours plantées dans leur coin et m’arrêtai dans ma contemplation. La gamine et la tarée continuaient à se jauger entre elles, discutant un langage silencieux qui leur appartenait exclusivement, mais dont le silence prolongé provoquait un inconfort certain en moi : nous allions leur tourner le dos et donc perdre tout contact visuel.
Mon geste fut rapide et complètement incontrôlé : j’avais saisi mon arme et laissé échapper quelques mots dans leur direction, le canon pointé vers les jambes de la nana en chemise :

« Désolée pour le carnage, vous enverrez la facture. »

La balle partit : mais au dernier moment, j’avais décalé ma main, et je sus avec certitude que l’impact ne bourgeonna pas dans le corps de la nana mais vint fleurir à nouveau le parquet qui dégustait décidément beaucoup.
Je ne laissai pas le temps à la surprise de nous priver de son cadeau chéri : après avoir encore vérifié que le show de l’agriculture avait pris fin et que l’artiste se retirait de scène, je m’en allais vers mon frère. Et tournai le dos aux deux gamines, comme je l’avais craint… j’espérais leur avoir suffisamment fait peur pour qu’elles ne tentent rien de désespéré.
La violence de la lumière éblouissante m’arrêta à la porte : entre les rues larges et les murs blancs du District Un, je ne m’attendais plus à tel déferlement et je gémis contre mon gré. Coincée dans l’encadrement, je regardais à droite, à gauche, ne voyant que la foule, sans même savoir où nous étions et par où fuir. Nico et moi nous étions trouvés coincés dans cette bijouterie depuis tellement de temps que j’avais perdu toute notion du temps et de l’orientation.
Et soudain, plus vif que la balle propulsée hors d’un canon, je vis cette silhouette se détacher de la foule et foncer droit vers nous. Elle émergeait de l’autre bout la grande rue, longeant le marché à toute blinde, et je pris une paire de secondes à le détailler pour le reconnaître : c’était Kenny.

« Putain… », lâchai-je, toujours coincée dans l’encadrement de la porte.

Ce moulin à paroles était encore vivant ! Le cœur battant, je jetai un regard vers Cassio qui s’en allait dans le sens opposé et assumai qu’il ne devait pas avoir remarqué le nouveau venu. Je fis un pas pour attraper son poignet et l’arrêter dans sa course.

« Attends ! »

Ne laisser personne derrière.


Spoiler:
 


Ivy Shepherd - PNJ est dans la boutique Standford.
Ivy Shepherd - PNJ tire une balle en direction de Nova Waltham . Il lui reste 2/10 balles.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Jeu 13 Avr - 20:35

Les Pacificateurs - Equipe 2





Pendant un instant, Derek se demanda s’il allait vraiment bien.
Quand il avait repris conscience, il n’avait d’abord pas ressenti la douleur dans sa poitrine. Il s’était rappelé d’un choc, de son souffle subitement coupé, puis de s’être retrouvé adossé au mur de la bijouterie face à un Bennet qui ne cachait plus son inquiétude. Et tout autour, les cris, la chaleur, les courbatures…
Baragouinant les premiers mots qui lui étaient venus à l’esprit, Derek avait tenté de se lever pour s’extirper de tout cela : mal lui en prit puisqu’il sentit une douleur lui percer le thorax, comme un couteau qu’on lui enfonçait insidieusement et qui irradiait toutes ses cotes. Chaque expiration était une épreuve et chaque inspiration était un enfer, au point même qu’il n’arrivait plus à faire un mouvement sans pousser une exclamation ou un gémissement.
Derek aurait pu rester là à jurer et à se convaincre qu’il arriverait à se relever. A force d’envoyer Bennet et ses inquiétudes sur les roses, de pester tous les diables contre les rebelles, de se redresser pour se relever et reprendre le combat, il était certain qu’il arriverait à se persuader qu’il pétait la forme. A défaut de s’exploser les cotes.

« Il faut qu’on t’évacue, déclara soudainement Bennet.
- Vous avez vu la panique ? Les rebelles ont descendu des civils ! Combien d’entre eux sont morts dans la bijouterie, à votre avis ? Si l'on ne parle pas des Pacifs ! »

Le vétéran fronça les sourcils mais ne se départit pas du calme qu’il paraissait avoir soudain retrouvé. Au contraire, il insista d’un ton sans appel :

« Tu as raison, Derek. Seulement, tu ne peux pas te lever. »

Il jetait encore un regard à la ronde. Derek, un peu agacé par le côté paternaliste de son collègue, se redressa, cracha des souffles douloureux mais tint bon. Comme un défi qu’il lançait à Bennet, qui comprit d’un regard de quoi il en retournait – mais il se tut. Le natif du Capitole le remercia silencieusement pour cela. Il plissa les yeux un instant pour essayer de se relever complètement.
Comme des dizaines de couteaux qui s’enfonçaient dans son buste. Derek les insulta copieusement et tint bon. Il s’appuya sur ses genoux redressa l’une de ses jambes. Il se laissa gagner par la douleur ; douleur qu’il troqua contre une fureur salvatrice. Il plissa les yeux, il serra les dents…
Hors de question de rester au sol comme un vulgaire pantin déblayé d’un revers de main. Il ne resterait pas abattu là. Il les égorgerait tous un à un ces rebelles, pourvu qu’ils passent à portée de sa main.
Du mouvement. Plus vif et plus brusque que le roulement flou de la foule. Et bien plus déterminé. Derek rouvrit grand les yeux, juste à temps pour apercevoir une arme à son poing – et, concomitamment à sa mise en joug, Bennet lança un appel derrière lui.
Il ne lui était pas destiné. Le Pacificateur tentait simplement de déstabiliser le gosse qui s’élançait à côté d’eux.

« On ne bouge plus ! »

Ce n’était sûrement pas une sommation. Peut-être un coup malin. Le vieux paraissait porter sur la conversation, tant mieux s’il excellait dans son domaine ; son collègue était un chien fougueux qui ne prendrait sûrement pas le temps de savoir si le cri avait, ou non, fonctionné.
Un premier coup détonna de la main de Derek, dans une position étonnamment stable en vu de sa blessure – l’entraînement, et une rage incroyable. Le simple recul provoqua dans son corps entier une décharge qu’il ne contint pas, se recroquevillant sur lui-même.
La cible ? Les jambes du rebelle. Hors de question que cette ordure s'en tire avec une balle dans le cœur, après la cabane et le martyr que souffrait actuellement Derek.
Derrière lui, Bennet tira aussi.



Spoiler:
 



Edmond Bennet - PNJ et Derek Wolff - PNJ sont à l'extérieur de la bijouterie Standford.
Derek Wolff - PNJ tire une balle en direction de Kenny Lonwood - PNJ. Il lui reste 11/12 balles.
Edmond Bennet - PNJ tire une balle en direction de Kenny Lonwood - PNJ. Il lui reste 11/12 balles.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 15 Avr - 2:20

Les Rebelles – Kenny K. Lonwood





C'était une mauvaise idée, une très mauvaise idée. Il l'avait pourtant prise cette foutue décision, même si ce n'était pas pour les bonnes raisons. Elle n'aurait pas pu être moins lumineuse sa chevelure ? Moins reconnaissable ? Son cœur n'aurait-il pas pu tambouriner moins fort, battre moins vite ? Un ensemble de facteurs qui ne dépendait pas de sa volonté ou plutôt qui l'avait totalement anéantie, annihilant au passage tout raisonnement sensé.

Bien sûr, il y avait eu la pensée pour Siti et Leanore : elle n'avait sans doute que rendu son désespoir plus criant, ses choix plus flous et irréfléchis. Cependant, c'était bien Ivy qui l'avait attiré, sans qu'elle le remarque, une fois de plus.

Alors qu'il s'était élancé sur le pavé brûlant, il avait songé qu'il serait facile après tout cela d'obtenir enfin quelque chose d'elle. Un simple regard un peu plus doux qu'à l'habitude lui aurait suffi, il n'était pas exigeant et il l'aurait bien mérité. Sa course était rapide, ses pas sûrs le portaient chaque seconde vers ses collègues, ses amis, sa famille... Le soleil se reflétait dans une vitrine, juste un peu plus en arrière, il éblouit le jeune du Treize un instant sans que celui-ci ne ralentisse la cadence pour autant.

Moins d'une dizaine de mètres avaient été parcourus, ce qui lui avait pourtant semblé être une éternité dans la chaleur étouffante et le poids inquiétant des pacificateurs qui pouvaient surgir à tout moment. Il avait d'ailleurs décidé de les ignorer royalement... Courir. C'était sa seule chance. C'est ce dont il essayait de se convaincre tout en progressant vers cet objectif qui a chaque foulée lui donnait l'impression que cet espoir de rentrer chez lui était à portée de main. Il savait que c'était faux... Et il en prit toute conscience quand un premier tir résonna, immédiatement suivi d'un deuxième.

Kenny ne sut même plus s'il avait réellement entendu les tirs ou seulement senti la douleur fulgurante qui avait broyé sa jambe et déchiré son abdomen. Tous ses sens s'emmêlèrent, souffrance infâme qui l'avait conduit à manger la poussière sans même plus se soucier de cette chute soudaine. Elle venait pourtant de le précipiter dans l'abîme, un gouffre dont il ne se relèverait peut-être jamais. Sur le sol, rebelle déchu, il en oublia cette folle espérance, la vision de son district natal et d'aventures futures fut remplacée soudainement par une perforation insoutenable qui dévorait son être et anesthésiait ses pensées.

Aussi brillant que mille rubis, le liquide écarlate éclaboussa la rue pavée avant de s'écouler lentement dans chaque interstice. Il colora la rue d'une teinte vermeille que les éclats si radieux de l'astre du jour rendait belle, profonde, attirante. L’œil ne pouvait se détacher d'une telle cascade tandis que le regard de sa source s'éteignait...

Il avait été bête, idiot même. Naïf. Il avait décidé de tenter le destin, il avait perdu. L'obscurité l'enveloppait déjà dans son manteau froid et son esprit s'assombrissait. Dans un dernier sursaut, il tenta de lever sa tête vers les siens... Il crut les apercevoir, mais ils n'étaient plus que des silhouettes difformes, lointaines, absentes... Il allait les laisser derrière lui, avec son sang, avec sa vie...

Soudainement tout s'éteignit. Tel un pantin désarticulé, Kenny venait de sombrer. Sa tête avait rejoint son corps sur les pierres grises : l'immobilité l'avait avalé tout entier, le coupant de ce monde...

La famille n'était plus qu'un idéal qu'il venait de perdre de l'avoir trop désiré.


Spoiler:
 



Kenny (PNJ Rebelle) est à terre, inconscient, dans la rue bordant la bijouterie Standford.
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 15 Avr - 3:32

Les Rebelles - Cassio T. Shepherd





Le coup de feu d'Ivy m'avait fait sursauter, pourtant croyait-elle avoir besoin de me faire encore de telles frayeurs ? Qu'elle arrête avec ses effets et laisse Nico se faire dézinguer ! Ne voyait-elle pas qu'il aurait gravé notre épitaphe lui-même dans cette boutique s'il l'avait pu ? Décidément, Ivy avait toujours été une plaie en mission : le genre de rebelle butée qui ne se laisse rien dire et qui assume totalement toutes ses conneries. Mais c'était ma sœur et je l'aimais. Alors il fallait que je fasse avec, que je la protège de tout et surtout d'elle-même.

Autour de nous, la vague humaine continuait sa houle désordonnée. Le vertige qu'elle éveillait, cette masse bigarrée qu'elle façonnait, voilà qui nous fournissait une fenêtre qu'il nous fallait emprunter. Le plus vite serait le mieux, cela était évident. Pourquoi les deux autres mettaient-ils tant de temps à se décider à me suivre ? Ils comptaient vraiment se confronter à la force vive qui allait nous tomber dessus d'un instant à l'autre ?

Mon regard oscillait constamment entre l'espace où j'avais vu disparaître les pacificateurs, tout en me doutant que d'autres unités devaient être proches, et l'encadrement de la porte où ma sœur restait immobile. Rejetant la possibilité de la contemplation pour laquelle nous n'avions plus vraiment le bon timing, l'idée qu'elle puisse à nouveau se sentir mal prit le dessus. La peur qu'elle puisse s'effondrer d'une seconde à l'autre fit place à une panique incontrôlable qui assécha ma gorge et souleva mon estomac vide dans une nausée immonde. Une brusque sensation de fraîcheur passa dans mon front, m'étourdissant au passage.

Plus pour me rassurer que pour mener la danse, je me positionnai de profil en gardant mon arme braquée en direction de l'angle maudit des hommes en blanc et continuai de faire plusieurs pas pour rejoindre la foule à l'ouest de la rue.

- Viens ! intimai-je à ma cadette en voyant qu'elle ne réagissait pas.

Bien que l'air du dehors m'ait permis de respirer avec plus d'aisance, ma voix peina à prendre son envol et à résonner avec la conviction que j'aurais voulue. J'espérais que mon mouvement de recul lancerait celui de la fuite : elle devait être sans retenue et immédiate si nous ne désirions pas finir sur le pavé... Comment en étions-nous arrivés là ?

J'avais tout juste tourné la tête vers l'ouest pour entrevoir la meilleure possibilité d'extraction de ce merdier lorsqu'une main fine m'enserra le poignet. Volte-face, une invective. Que voulait-elle ? Qu'on attende Nico ? Je suivis son regard et le vis :

- Kenny... soufflai-je sous le foulard qui m'étouffait un peu plus à chaque minute qui passait.

Il était là, à peut-être une dizaine ou quinzaine de mètres de nous... Qu'est-ce qu'il tentait de faire ce con ? Il n'avait pas vu les pacificateurs ou quoi ? Sa tentative était du pur suicide et, quand mes yeux croisèrent les pupilles scintillantes d'Ivy, j'eus peur de trop bien comprendre où elle voulait en venir. Aider Kenny, le soutenir pour qu'il nous rejoigne et qu'on puisse tous s'enfuir au nez et à la barbe des pacificateurs. La scène se joua devant mes yeux, du moins cette hypothèse de ce qu'il pouvait advenir si nous avancions vers lui. La fusillade qui s'imposa à moi comme seule issue laissait une unique décision.

- On se casse ! Il nous suivra ! rétorquai-je en retournant mon poignet dans sa paume pour saisir le sien.

Je n'abandonnai jamais un collègue. Jamais. Siti en était témoin. Siti n'était pas avec lui. Pas plus que l'autre connard de décoloré ou la véto. Et à ce moment précis, je m'en contrefoutais. Tout ce qui importait, c'était Ivy. Il fallait que je la sorte de cet enfer, il fallait qu'elle s'en sorte en vie ! Kenny n'était pas important, pas plus que n'importe lequel des autres rebelles qui nous avaient accompagnés dans ce bordel. Elle était ma sœur, ma sœur cadette, notre princesse sur laquelle nous veillions avec une tendresse qu'elle ne souhaitait pas mais qu'elle suscitait malgré elle parce qu'elle faisait partie de nous, de notre famille.

J'aurais aidé Kenny, si j'avais été seul. Je ne l'étais pas. Fin de l'histoire. J'agrippai encore le poignet d'Ivy quand deux coups de feu retentirent. Ma respiration marqua une pause, ma poitrine se serra et tous mes sens s'arrêtèrent tandis que je ne pouvais croire de voir mon ami s'effondrer dans la rue si belle et propre, maintenant salie par du sang... Une marée de sang qui s'écoulait de son corps. Les cris de la foule ne m’atteignirent pas, pas plus que je ne remarquai la course de Nico en direction de Kenny qui s'était stoppée nette à l'annonce du glas.

Sans que je ne sache comment, je réagis au quart de tour : fondant sur ma sœur qui s'était dégagée et qui déjà s'élançait vers Kenny. Mes bras enserrèrent sa poitrine et ses bras avec une force liée au désespoir. C'est avec le même sentiment qu'elle se débattit comme une furie.

- On peut plus rien faire, arrête ! C'est fini ! clamai-je pendant que son corps se tordait dans mon étau que je ne cessai de resserrer, tout en essayant de ne pas lâcher mon arme malgré ses impulsions sauvages.

Mes paroles étaient vaines... Je le savais. C'était complètement con mais j'avais besoin de les prononcer à voix haute : sans doute plus pour moi que pour elle... Dernier électrochoc pour l'attirer de force vers notre fuite...




Spoiler:
 


Cassio est dans la rue au nord qui borde la bijouterie Standford, il maintient Ivy et tente de l'attirer de force vers l'ouest.

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♥️ Sélène J. Featherstone ♥️
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Lun 17 Avr - 23:43

Les Rebelles - Ivy Shepherd





S’enfuir sous la barbe et la moustache de ces connards de Pacificateurs, tous ensemble : quel meilleur pied-de-nez  faire au Capitole ?
Voici l’une des raisons qui me portaient, entre autres, vers Kenny. Je savais que quelques clowns en blanc traînaient dans le coin et qu’ainsi, se retourner reviendrait à abandonner notre ami, notre camarade, notre frère d’armes, dans un combat qui était le nôtre. A tous. Après tout, ce bordel n’était pas sa faute, et il continuait pourtant à nous épauler.
Et je n’avais simplement pas envie de me retourner. Après tout, je l’aurais fait pour tous les crétins que nous étions dans cette foutue rébellion, non ?
Alors, quand j’entendis Cassio qui refusait catégoriquement d’aller aider Kenny, je lâchai son poignet avec un sifflement de dégoût : à cet instant, la seule certitude qui m’habitait était que ce crétin de trouillard aurait laissé notre mère derrière. Lui aussi. Quelle famille d’enfoirés : à ce jeu, il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre. Et ils s’étonnaient après que je ne demandais qu’à me désolidariser de leur tableau de lâcheté.
J’avais fait une foulée. Un bond loin de mon frère, loin du fils Shepherd – Cassio, pas Will – pour porter assistance à Kenny. J’entendis deux coups de feu à ma droite, comme les échos d’un cauchemar qui venaient frapper la réalité avec la violence d’un boxeur sur son sac : les balles le trouèrent et, impuissante, je le vis s’effondrer au sol avec mollesse.
Un cri de rage s’échappa de ma gorge. Je m’élançai vers le corps sans vie de Kenny. Je m’y précipitai. Je m’y serais presque effondrée, par ailleurs, si je n’avais pas senti un corps me heurter et m’enserrer dans la plus insupportable étreinte qui ne m’avait jusqu’à lors jamais emprisonnée.
Oui, une prison : je me mis à tousser et à éructer pour tenter de reprendre mon souffle. Mes yeux restaient inexorablement accrochés sur Kenny qui bougeait encore : quelques soubresauts, quelques secousses, certes, mais c’était très loin d’en être fini de lui. Il vivait encore, il respirait encore, merde !

« C’est pas fini ! »

Ces quelques mots réussirent à débloquer ma poitrine : à défaut de manquer d’air, j’avais la tête qui explosait, et je ne comptais pas laisser ce fils de pute me retenir plus longtemps. Après avoir été mécanicien, chieur, frère, il s’improvisait geôlier ? Qu’il essaye d’être efficace et intègre avant de changer de casquette !

« Putain Cas’, casse-toi ! », braillai-je.

Je commençai à frapper : mes talons écrasèrent ses pieds et battirent ses tibias ; ma tête se secoua dans tous les sens et mes cheveux fouettèrent son visage. Je l’entendais gémir sous mes coups mais cet imbécile encaissait ferme. Ca me foutait encore plus en colère, redoublant mes agitations et mes hurlements : à force d’attirer l’attention, il allait me lâcher. Il allait forcément me lâcher.
Il voulait fuir ce trouillard ? Qu’il fuie ! mais qu’il ne m’embarque pas dans sa lâcheté !

« Lâche-moi connard ! »

Les vibrations dans ma voix trahissaient avec désespoir que je perdais de la force et qu’il n’allait pas tarder à atteindre son but. Je ne faisais physiquement pas le poids face à Cassio, malgré toute la mollesse dont lui faisait preuve. Ces bras qui m’étouffaient me dégoûtaient complètement, me laissant cet amer goût de protection qu’ils m’avaient toujours servie.
Je vis Kenny secoué de soubresauts. Ces quelques spasmes n’avaient plus rien d’humain : si dans sa chute, il avait perdu toute action, voilà que sa position infamante le privait de toute dignité humaine. Un animal qu'on laissait là, aux portes de l'abattoir. C’était écœurant. A le voir, j’eus un haut-le-cœur, et je pensais à ma mère. J’imaginais que la dernière chose qu’on lui avait laissée était cet avilissement.
Tout ça à cause de mon frère qui m’avait retenue. Si, au lieu de discuter, Cassio m’avait suivie, on aurait déjà pu être en train de fuir tous ensemble vers la bordure du District !
Dans un dernier cri de rage, bestial, j’armai mon coude et l’abattis directement dans les côtes de mon frère ; sans même savoir si le premier coup avait porté, je réitérai au même endroit, avec nécessairement moins d’élan.
Je sentis soudain l’étreinte se relâcher et, privée de cette prise, je manquai de très peu de finir étalée par terre : j’avais perdu une partie de l’équilibre que j’avais difficilement regagnée dans la bijouterie, et seule mon obstination à rester sur mes pieds me soutira de mon rencard avec les pavés. Contre mon foulard détrempé par la sueur et la salive, je crachai. Le sang se mit à battre à mes oreilles, me coupant de tout son extérieur, me fixant à mon seul objectif : Kenny.
Des flaques vermeilles s’agrandissaient tout autour de lui. Ma poitrine fut secouée d’un tel spasme que je retins le maigre contenu de mon estomac du bout des lèvres : et ce relent acide qui ne quittait plus ma bouche desséchée m’énerva encore plus, m'invita à me porter encore plus en avant. Je voulais juste rejoindre Kenny et le sortir de là.
Nous pouvions encore sauver notre camarade rebelle.



Spoiler:
 


Ivy Shepherd - PNJ est dans la ruelle Nord adjacente à la bijouterie Standford.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mer 19 Avr - 15:48

Les Rebelles - Nicodème Cartright





C'était le moment de presser le pas, de mettre les voiles ! Tchao les mecs, retour à la maison. Ok en réalité c'était loin d'être aussi relax que ça, il y avait eu des coups de feu de la part du Shepherd, ce qui signifiait clairement qu'on avait une bande de pacificateurs dehors prêts à en découdre. Je ne m'étais jamais vu crever entre les blés, mais je ne souhaitais pas non plus pousser mon dernier souffle entre les cailloux brillants de cette saleté de bijouterie, pure merveille capitoléenne. J'étais en train de me diriger vers la sortie quand Ivy avait eu cette putain d'idée de flinguer les deux nanas, sur le moment j'avais cru que le tir m'était destiné : ça n'aurait pas été si aberrant en somme, elle avait foiré son coup tout à l'heure et voulait peut-être remettre le couvert. J'aurais presque été fier d'elle si cela avait été le cas ! Je me baissais immédiatement tout en continuant à accourir vers la sortie où elle s'était plantée. Sa balle n'effleura même pas la blonde, elle aurait tout de même pu viser plus près... Nouvelle déception. Elle devait encore mûrir pour devenir la parfaite rebelle que j'entrevoyais dans sa fougue.

Nos regards se croisèrent pendant que les pas lourds de mes bottes me rapprochaient toujours plus d'elle, une même lueur insolente et déterminée les caractérisait. Elle tourna talons à la suite de son frère, je me pressai : il était hors de question que je sois le dindon de la farce s'ils avaient déniché une échappatoire. Sous l'effort, je crispai les muscles et le regrettai aussi sec. Ma main gauche sembla se disloquer ou peut-être n'était-elle déjà plus ? Je ne sentais plus sa chair, plus aucune sensation de vie, ni même de sensation de mort... Il n'y avait plus qu'un immense espace soudainement remplacé par une douleur atroce, cuisante et infâme. De celle qui vous soulevait le cœur et vous brouillait l'esprit, elle m'arracha un grognement sourd et je vacillai. Mes appuis au sol devinrent cotonneux, je me sentis presque défaillir mais titubant je continuai à avancer alors que mon souffle rauque se mêlait à la chaleur écrasante qui ne faisait qu'engourdir encore plus mes sens obnubilés par ma blessure.

Derrière moi, une traînée de fines gouttelettes écarlates s'étalait. Ce n'était pas la seule trace que je laissais de mon passage dans cette boutique détruite : il y avait aussi les corps, trois poupées de chiffon qui jonchaient pitoyablement le sol de la pièce principale. La satisfaction d'avoir remporté une seconde bataille - après celle de la gare déjà particulièrement belle - me ragaillardit, la souffrance parut se dissoudre sous l'effet conjugué de l'orgueil et des éclats solaires qui frappèrent mon visage avec une force qui se diffusa dans mon corps. J'étais enfin dehors. Que le spectacle continue chers habitants du District Un !

La foule paniquait alentours tandis que d'un simple coup d’œil je repérais les Shepherd à quelques mètres sur ma gauche. Immobiles, ils fixaient quelque chose de l'autre côté de l'espace vide qui s'était dessiné autour de la boutique et que les badauds fuyaient avec terreur. Des pacifs ? Je pivotai et levai mon arme dans un réflexe mais déjà sa silhouette svelte m'apparut. Putain Kenny qu'est-ce que tu foutais ? Il allait se faire buter ce con ! Qu'est-ce qui lui prenait ?! Restant un instant tétanisé, mes pensées ne firent qu'un tour et je m'élançai vers lui la seconde suivante. J'étais peut-être un salaud après tout le bordel que j'avais provoqué aujourd'hui, mais j'aimais Maureen et Kenny était son poulain. Même si je n'avais jamais compris son attachement à ce gosse insupportable - et bien trop causant à mon goût -, ils tenaient sincèrement l'un à l'autre, presque comme une grande sœur aurait veillé sur son petit frère.

Je me rapprochai de lui, moins de dix mètres à faire peut-être... Nous serions bientôt ensemble et nous pourrions nous casser. Bientôt...

Pourtant le son abrupt des armes stoppa ma course et je vis Kenny s'effondrer dans une gerbe de sang. Un cri s'éleva dans mon dos, Cassio devait tenir Ivy car je l'entendais hurler pendant que je regardais le corps de notre ami qui, projeté avec violence sur le sol, s'entourait peu à peu d'une flaque qui s'agrandissait davantage chaque instant. Il bougeait à peine et je restai pétrifié lorsqu'il tourna la tête vers moi avant qu'elle ne retombe mollement sur le pavé. C'était foutu pour lui. Pas de retour dans son district natal... Maureen... Qu'est-ce que je lui dirais ? Était-ce ma faute tout ça ? Kenny était un p'tit idiot, du genre à faire preuve d'un humour très limite à longueur de journée et à avoir toujours la blague de trop au bord des lèvres. Mais il ne méritait pas ça. Mon assurance se craquela et pour la première fois de la journée, je me sentis coupable.

Cependant, je me souvins que ce n'était pas moi qui avait tiré. C'était ces salopards de pacifs ! Des pauv' types à la botte du Capitole, qui appliquaient les ordres sans voir plus loin que le baratin qu'on leur servait ! Les pacificateurs se planquaient à coup sûr derrière l'angle nord-est ! Je pointai mon arme vers celui-ci, avançai vers Kenny dans un dernier espoir imbécile et appuyai plusieurs fois sur la gâchette : une seule balle partit. A cours de munition. Manquait plus que ça !

Un dernier regard sur l'ombre ensanglantée de celui que j'avais échoué à sauver et je commençai à battre en retraite en coinçant le flingue inutile à ma ceinture. A reculons d'abord, j'observai encore Kenny avant de m'en détourner complètement et de courir franchement vers les Shepherd. Ivy se débattait comme une furie dans les bras de Cassio, personne ne lui disait ce qu'elle avait à faire mais décidément pour une fois elle aurait mieux fait d'écouter son frère. Soudain, je le vis osciller en arrière alors qu'Ivy profitait de la faille pour se précipiter vers Kenny. Putain la gosse n'avait pas encore percuté que c'était peine perdue ?

Point besoin de réfléchir, je bifurquai pour faire face à Ivy et l'attrapai au vol par le bras.

- Laisse ! criai-je en essayant de l'entraîner à ma suite alors qu'elle se débattait de toutes ses forces, mettant à mal la seule prise que je pouvais avoir sur elle. Il est mort ! Faut se tirer !

Elle n'écoutait rien, elle n'écoutait personne. Comme d'habitude quoi... Son insolence que j'adorais me mettait les nerfs en pelote à présent ! Dans la douleur, je la repoussai en arrière avec force pour la déstabiliser puis fondai sur elle en me baissant. Mon épaule frappa sa taille et je la saisis de ma main valide pour la porter ainsi. Elle viendrait avec nous, de gré ou de force !

- On dégage ! lançai-je à Cassio en accourant vers l'ouest.

Je courrais aussi vite que je le pouvais avec l'autre sac à patates injuriant et gesticulant sur mon épaule et la souffrance encore omniprésente. Seulement, c'était ça ou mourir.

Spoiler:
 


Nicodème tire une balle dans la direction des pacificateurs (chargeur : 0/9). - Demande de LANCER DE DES.
Nicodème est dans la rue au nord de la boutique Standford. Il porte Ivy et court à la suite de Cassio vers l'ouest pour se fondre dans la foule.
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mer 19 Avr - 21:14

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Un élan vers l'est, puis une valse de panique vers l'ouest,... Dans cette foule en mouvement perpétuel dans laquelle la terreur déclenchée par les rebelles est palpable, tu t'es bien malgré toi laissé emporter par la marée humaine. Totalement désorienté, les coups de coude des badauds pressés de quitter le lieu du désastre t'ont malmené sans que tu ne parviennes à y échapper. Il faut dire que tu y étais presque mais de nouveaux tirs, très proches, ont à nouveau provoqué ce raz-de-marée que tu n'as su éviter et poussé vers l'ouest, tu l'as suivi impuissant.

Une femme face à toi voulait passer, son enfant serré contre sa poitrine et le regard paniqué. Elle t'a bousculé sans vergogne et peut-être ne lui en veux-tu même pas... Au final, son mouvement rapide et violent t'a fait basculer en arrière et tu t'es retrouvé éjecté de la foule, les fesses sur le pavé à proximité de l'étal le plus au sud du petit marché.

Tu étais en train de dépoussiérer ton costume hors de prix de journaliste capitoléen quand tu les as aperçus, engagés dans une allée entre les étals et venant du quartier de la gare au nord-ouest : une patrouille de deux pacificateurs qui venaient sans doute prêter main forte à leurs collègues qui luttaient dans la bijouterie. Tu t'en serais sans doute moqué, après tout tu en avais déjà bien assez fait... Oui tu te serais moqué de leur arrivée si tu ne venais pas d'apercevoir un peu plus au sud le jeune rebelle que tu avais suivi jusqu'à la boutique. Des rebelles étaient encore en vie ! Mais pour combien de temps ? Ils continuaient à fuir entre les passants, mais ne paraissaient pas avoir remarqué la menace venant du nord !

Ton regard oscilla, tout comme tes pensées confuses et tu aperçus bientôt une large porte ouverte et donnant sur une vaste cour, juste un peu plus au sud : les rebelles n'y seraient pas vus des pacificateurs et pourraient facilement repartir dès la menace passée. Dans la cohue, tu pourrais faire bien des choses...

A peine sorti des vagues, te voici entre deux courants contraires : vas-tu te précipiter vers les rebelles pour les aider et leur montrer où se cacher pour éviter à coup sûr les pacificateurs ? Ou vas-tu préférer aller vers les hommes en blanc pour à nouveau tenter le sort en essayant de les rediriger ?
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Jeu 20 Avr - 0:34

Les Pacificateurs





Les rues à l'est ainsi que la place avaient retrouvé un certain calme avec l'arrestation des deux femmes rebelles. La rumeur de leur mise aux fers se propageait dans la foule comme une traînée de poudre, elle flottait dans l'air presque comme un hymne patriotique à la gloire du Capitole.

Un pacificateur était resté avec leur collègue, touché par la tentative désespérée de la plus téméraire. Il attendrait les secours médicaux pendant que les autres pacificateurs se chargeaient s'escorter les deux prisonnières vers la caserne.

Sous la poigne gantée des hommes en blanc, encerclée par leur force implacable et la foule qui s'écartait avec respect sur leur passage, Leanore pouvait apercevoir à travers le sang qui coulait de son arcade les badauds la regarder avec ce dégoût viscéral qu'éprouvaient les habitants des districts aisés envers les autres... Tous essayaient de deviner qui pouvaient être ces deux femmes, ces vermines. Ils imaginaient des personnes ayant perdu des enfants dans l'Expiation, même s'ils ne comprenaient pas ce que cela pouvait avoir d'affreux... S'ils étaient assez idiots pour ne pas voir l'honneur de participer aux Jeux, alors peut-être étaient-ils assez imbéciles pour tenter une action de révolte ? Mais ce n'était qu'une illusion rassurante, car le mot "rebelle" s'esquissait sur toutes les lèvres et avec lui son lot d'inconnues...

Telle une légende, un mythe réveillé, ces deux femmes suscitaient une vague de fascination et de terreur. Comment pouvait-on engendrer de tels actes de violence ? Lors d'une si belle journée d'été qui plus est ? Non, réellement, la plupart de ceux présents ici ne comprenaient pas. L'absence de savoir entraînant la haine, point besoin de jugement pour les condamner.

« Laissez passer ! » hurlait à la foule le pacificateur qui ouvrait la marche tandis que ses quatre collègues le suivaient dans un rythme ordonné sans jamais relâcher leur prise.

- Qu'est-ce qu'il se passe ?... murmura Siti en reprenant doucement conscience, ballotée sans ménagement entre les deux pacificateurs. Son épaule la faisait atrocement souffrir, cela participa à son retour à la surface.

« La ferme ! » lui intima un pacificateur. « Garde ta salive pour l'interrogatoire ! »

Malgré le vertige, les larmes montèrent aux yeux de Siti. Elle ne commençait qu'à percevoir le drame de leur situation et cherchait des yeux un sauveur. Kenny, Cassio,... Où étaient-ils ?

Ils passèrent non loin de l'hôtel de ville et ils arrivèrent  bientôt à la caserne. L'édifice dénotait un peu dans le paysage si épuré : grande bâtisse grise, elle régnait avec prestance sur la vaste allée passante. Les pacificateurs empruntèrent les larges escaliers de pierre. Siti trébucha plusieurs fois, à peine consciente. Les hommes en blanc ne ralentirent pas, ses chevilles furent fouettées par les marches qu'elle ne parvenait pas à monter.

Une fois à l'intérieur, ils se retrouvèrent dans un vaste hall où plusieurs collègues se redressèrent à la vue des deux prisonnières. L'un d'eux s'avança et les toisa avec répugnance, il était sans doute celui qui avait pris la direction de la caserne à la mort de Janet.

« Prélèvement puis cellule, contactez Bennet pour savoir ce qu'on fait d'elles... »

La marche reprit sans attendre. On les conduisit dans une petite pièce sombre où, sans leur enlever leurs menottes, un pacificateur à l'air sévère attrapa un instrument tranchant, sorte de petit scalpel à la lame si fine qu'elle aurait pu passer pour une aiguille si son côté n'avait pas été si aiguisé sous la lumière artificielle du bureau. Lorsqu'il s'approcha de Leanore et s'apprêta à lui planter la pointe dans le doigt, le collègue qui avait dû la maîtriser enchérit :  

« Fais-toi plaisir avec celle-là, c'est une vraie saloperie. Mike est à l'hosto à cause de cette connasse de rebelle. »

Son regard dur et plein de rancœur se plongea dans celui de Leanore avec une rage à peine maîtrisée. Il l'aurait frappée, jetée au sol et molestée s'il avait pu... Mais il y avait du monde autour, son supérieur notamment. Son déchaînement dans la rue n'avait pas suffi, il rêvait de la voir morte pour ce qu'elle avait fait à son coéquipier. Elle ne perdait rien pour attendre.

Le scalpel dérapa, volonté farouche de blesser. Il s'enfonça profondément dans la chair de la jeune femme avant que sa main entravée soit saisie pour être plaquée violemment contre la plaquette de prélèvement. Ils étalèrent son sang, puis le pacificateur la saisit et appuya sur la plaie à nouveau pour la diriger vers la sortie de la pièce.

« Avance ! » lui intima le pacificateur tandis que son autre main agrippait ses cheveux.

Alors qu'elle quittait la pièce, Leanore put encore entendre le cri strident de Siti : plutôt que de la piquer, les pacificateurs avaient décidé de prélever son sang en frottant sa blessure par balle avec la feuille de prélèvement. Son hurlement fit naître des sourires de contentement sur les lèvres de ses geôliers, mais Leanore ne la voyait déjà plus : on l'entraînait vers un nouvel espace, encore plus austère.

Encore une nouvelle marche et ils pénétrèrent dans un couloir relativement étroit qui desservait plusieurs cellules. Arrivés devant une cellule à l'allure minuscule et totalement dépourvue de tout aménagement, le pacificateur la poussa contre les barreaux de métal avec véhémence. Son visage déjà très marqué par ses précédents coups les heurta, faisant résonner un bruit sourd dans toute la zone de détention. Saisissant son col, il l'empoigna pour la rejeter en arrière si bien que son dos vînt se plaquer contre le mur du couloir dans lequel ils se trouvaient. Il finit par attraper le menton de Leanore entre ses doigts, plantant ses phalanges dans ses joues comme s'il s'agissait de serres. Il s'approcha d'elle au point de lui cracher ses quelques mots au visage :

« Alors ma jolie, ça fait quoi de savoir que tu vas crever entre nos mains ? »

Un rictus s'imprima dans ses traits, puis il l'envoya valdinguer dans la cellule sans plus de manières.

Son collègue entraîna alors la seconde rebelle dans la cellule adjacente. A travers les barreaux, chacune pourrait admirer la déchéance de l'autre, apprécier son désespoir et voir dans le regard de leur amie la plus terrifiante des lueurs : la peur de leur mort prochaine.


Spoiler:
 


Une équipe de cinq pacificateurs escorte les deux rebelles jusqu'à la caserne.
Un des pacificateurs moleste Leanore. - Demande de LANCER DE DES.
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Ven 21 Avr - 19:25

Les Pacificateurs - Marlon Ban





Un très doux nuage. Comme un lit de coton flottant vers le lointain. Aucun son, aucun toucher, aucune odeur et aucun goût : juste le noir, calme, serein. De ceux que personne ne voulait quitter, de ceux dans lesquels tout le monde rêvait de plonger pour se laisser emporter dans cet autre monde. Si distant.
Tout était si simple en s’éloignant…
Voilà que des picotements surgirent au bout de ses doigts. Comme des fourmis venues mordre sa peau. Non, davantage que son épiderme, elles attaquèrent ses chairs : les picotements se transformèrent en des piqûres plus aigues. Des morsures acérées. Les insectes le tirèrent de sa léthargie : à cet instant, il eut l’irrépressible envie de lutter. Impossible. Les démangeaisons, apparues à toutes ses extrémités, commençaient à remonter le long de ses bras, de ses jambes, à envahir tout son être.
Puis Marlon fut soudainement arraché à son univers ouaté pour se trouver balancé dans la réalité.
Des coupures sur les joues, des rayons perçants, des marmonnements étouffés. Le souvenir d’une porte enfoncée qui s’écrasait lourdement sur le sol et les ordres implacables de Rachel. Des crampes avaient envahi son corps entier ; et, soudain, son bras se secoua d’un spasme incontrôlable. Des cliquetis aigus lui répondirent. Les stigmates du visage mort de Janet, perdu dans le lointain. Le sol tremblait par intermittence.
Et un mal de tête toujours plus lancinant. Non, pas lancinant : c’était une explosion constante dans sa tête, interminable, continue. Tiré de son nuage, Marlon se trouvait dans le brouillard le plus complet : plus rien n’avait de sens. Il encaissait chaque nouvelle sensation avec résilience. Avait-il simplement la force de bouger ?
Les voix étaient toujours assourdies. Des détonations violentes les entrecoupèrent. Se recroqueviller pour attendre que tout passe aurait été la solution la plus simple : mais même là, rien n’avait de sens, il était incapable de se décider à faire un mouvement.
Marlon demeurait inexorablement immobile.
Quel changement avait donc opéré ? Tout à coup, des taches blanches se mirent à danser devant ses yeux ; tout à coup, il accusait ce poids oppressant au fond de sa poitrine et ce nœud impossible à défaire au fond de sa gorge. Au milieu de ces maux de tête insoutenables lui parvinrent ses sifflements. Cette impression atroce de manquer d’air. Il cracha. Il suffoqua. Les taches devant ses yeux dansèrent, puis s’agitèrent comme une tempête de neige.
Un gémissement agita sa gorge. Il suffoqua. Des flashs lumineux continuaient à exploser devant ses yeux et des détonations déflagrèrent dans ses oreilles : plus il crachait, moins il parvenait à inspirer. Comme si une infranchissable barrière, quel qu’en soit le sens, s’était logée au milieu de sa tranchée et ne comptait pas en bouger.
Des larmes perlèrent aux coins de ses yeux. Marlon porta ses mains à son visage pour les essuyer : le contact de sa paume sur sa joue n’était pas agréable. Au contraire, les fourmillements se décuplèrent et il regretta son geste.
Les cheveux envoûtants d’Ebène sous ses doigts. Derek qui se moquait de ses rougeurs devant l’hôtel de ville. Le goût acide hantant son palais gustatif.
Que s’était-il donc passé ?
Alors lentement, frileusement, Marlon ouvra lentement les yeux. Il continuait de tousser ; avec moins d’intensité, certes, mais il n’arrivait pas à se défaire de cette impression constante d’étouffer. Quand sa vue s’éclaircit enfin, une seule question subsista : ce qui lui arrivait avait-il un sens ?
Il était effondré au sol : partout autour de lui, des éclats faisaient office de parterre. Leur verre était terne. Pâle. Complètement fade. Et le reste était flou. Marlon tenta de ramener son deuxième bras à lui, pour au moins se redresser un peu, quand il comprit que celui-ci c’était blotti contre sa poitrine : quand il fut conscient de sa présence et de sa localisation, un spasme brut et douloureux le secoua. Plus rien n’ait de sens. Il ramassa ses bras sous lui, sentit vibrer l’armure qui enserrait son corps, et entreprit de se relever.
A peine soulevé d’une dizaine de centimètres, ses bras tremblants l’abandonnèrent dans une quinte de toux : il roula sur le dos dans un sinistre crissement et s’immobilisa à nouveau en tentant de refreiner cet accès plus terrible que les autres qui lui jeta même un voile noir parsemé de taches blanches sur les yeux. Et un léger gémissement.
Le blanc du plafond l’oppressait ; mais, puisqu’il pouvait désormais voir, il se refusait à ferme les yeux. Bon sang, que se passait-il ? Les images étaient floues et les sons diffus ; les souvenirs étaient effacés et les paroles fondues. Il ne pouvait pas rester là. Il devait comprendre ce qui lui arrivait.
Le dos de sa main frôlait le mur. Cela ne pouvait être que le mur, son dos étant appuyé contre le sol. Dans un geste malhabile, il roula de manière à se plaquer le plus possible contre la cloison, puis utilisa très lentement le contact pour se redresser. Et ne pas tomber. Malgré sa concentration affaiblie par la migraine et ses gestes parasités par les spasmes, il arriva à s’asseoir. A ouvrir les yeux. A voir sans comprendre.
Un champ de bataille : des vitrines éventrées, des shrapnels en verre dispersés, des corps délaissés, et d’autres, blessés, qui se relevaient. Cela n’avait pas sens. Les yeux du Soldat du Capitole, d’abord fixés sur une Pacificatrice dont le visage se dérobait à lui, furent soudain attirés par du mouvement et des voix plus loin. Une jeune fille blonde relevait un quarantenaire au visage tiré par la douleur, mais ses lèvres s’agitèrent et il tira un foulard de sa poche. Les paupières de Marlon clignèrent devant la couleur de vin du morceau de tissu qu’il secouait. Une couleur très intense. Très belle. Très prononcée, dans le genre qu’adorerait porter Ebène.
A ce moment-là, Marlon décida à s’avancer vers eux, vers ces mouvements dans le coin d’un pièce – d’autres personnes qui arrivaient ? – pour enfin comprendre ce qu’il s’était passé. Il s’appuya encore plus sur le mur pour se relever et réussit à tenir debout. Enfin, ce fut ce qu’il crut puisque, d’affalé sur le mur, il tenta de s’avancer dans leur direction : mais ses jambes furent tremblantes au bout de quelques pas, puis complètement flageolantes, avant de l’abandonner complètement.
Heureusement que son armure le protégeait : il s’effondra complètement sur une étagère complètement éclatée, provoquant un raffut du diable. L’un des plateaux du meuble glissa sous sa main bleutée et dégringola au sol. Il y avait du mouvement.
Marlon tenta d’exprimer son incompréhension totale à voix haute mais sa trachée s’enraya complètement – une quinte de toux plus violente que d’autres le secoua, et il se tenait à bout de bras à l’étagère. Il n'avait aucune idée de l'image pitoyable qu'il renvoyait, surtout si l'on ajoutait ses yeux rouges, son cou meurtri ou encore ses lèvres bleuies. Entre autres.

« … l’aide… », souffla-t-il enfin.

C’était très bas. Lui-même n’arrivait pas à entendre. Il fallait cependant que cela sorte, qu’il mette des mots sur ce qu’il ressentait, et il espérait que quelqu’un s’était approché, puisque lui ne pourrait pas s’approcher plus que cela.

« Que… que… s’est-il pa… ssé ?, bafouilla-t-il. … femme… là-bas… »

Marlon tendait le bras et supposa assez fort qu’il avait désigné la Pacificatrice qu’il avait vue tout à l’heure. Et dans sa tête agitée par des maux de tête insoutenable, une petite piqûre persistait pour rappeler sa mémoire, mais rien… Juste la réminiscence du foulard pourpre.




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Rachel Morrisson - PNJ et Marlon Ban - PNJ sont dans la bijouterie Standford.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 29 Avr - 4:23

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Son corps secoué par une rage brûlante, Ivy se débattait comme un diable avec toute la force du désespoir. Elle ne réalisait pas. Elle ne réalisait pas que si je lui obéissais, si je la laissais rejoindre notre ami alors elle serait la prochaine à rougir le pavé. Elle ne réalisait pas que si j'acceptais d'encaisser tous les coups qu'elle m'assénait de ses mouvements vifs et violents, c'était parce qu'il n'était pas envisageable que je la laisse se sacrifier dans une cause perdue d'avance. Il était mort ou sur le point de l'être et tous ses foutus espoirs n'y changeraient rien. C'était trop tard ! Bon sang, c'était trop tard !

Mes bras resserrèrent leur étreinte quand elle hurla mon prénom, il fallait qu'elle la ferme à tout prix ! Il n'était pas question qu'elle nous condamne, Kenny l'aurait compris j'en étais sûr ou du moins je me le répétais pour m'en convaincre. Entre la chaleur étouffante et ses gesticulations incessantes, ma main moite glissait sur la crosse de mon arme dont les reflets métalliques jouaient avec les rayons cuisants de l'astre du jour. Ces éclats clinquants répondaient à ceux des riches marchandises qui s'étendaient sur les étals à l'arrière de notre position, dont les produits bien trop précieux avaient été abandonnées à une indifférence générale. La faute au bordel que nous avions créé.

Mon visage plaqué dans la chevelure dorée d'Ivy, je tentais de bloquer ses tentatives de fuite. Quand elle se jeta en arrière dans un élan afin de me repousser, j'en profitai pour l'utiliser et reculer d'un pas en l'emportant dans mon sillage. J'espérais la forcer à abdiquer. Ma volonté inébranlable saurait trouver la force de la traîner contre son gré : si cela était la seule manière de la sortir de là, je n'hésiterai pas. Après tout, que sa colère me lamine la chair et qu'elle me haïsse autant qu'elle le voulait, tant qu'elle sortait vivante de cette fusillade qui s'engageait je me foutais du reste.

- Arrête tes conneries, faut qu'on dégage ! me mis-je à crier à mon tour.

A cet instant, je m'en fichais de la blesser de trop l'étreindre, qu'elle me déteste, m'insulte et me cogne. Elle pouvait marteler mes jambes et me fouetter le visage autant qu'elle voulait, il était hors de question que lui laisse le moindre lest. Pourtant, sa haine s'amplifia, redoubla, devînt viscérale. Des râles m'échappaient, je ne pouvais plus ignorer la douleur qu'elle réveillait à chacune de ses frappes. Ma poitrine comprimée contre son dos avait tant de mal à se lever que ma respiration se faisait de plus en plus saccadée, emportant mes gémissements dans un souffle court couvert par les vociférations de ma sœur et les hurlements de terreur de la foule. Mes muscles tendus se tordaient dans des crampes insoutenables, mais je tenais bon en reculant d'un nouveau pas.

Je ne l'avais pas vu venir ce putain de coup. S'écrasant dans mes ecchymoses, son coude venait de couper mon inspiration et distillait son poison dans une souffrance interne. Déchirante, elle irradiait dans tout mon flanc et pourtant mes doigts agrippèrent Ivy, dernier rempart contre une folie qui nous coûterait la vie.

- Putain arr...

Elle ne m'avait pas laissé finir que déjà mon point faible était à nouveau exploité sans le moindre état d'âme. Un second coup me fit lâcher un hoquet de douleur, assorti de quelques injures marmonnées alors que je me pliai en deux. Une main s'était plaqué avec l'arme sur mon côté contusionné, sa jumelle se tendant vers l'ombre mouvante d'Ivy qui s'était projetée en avant. La panique me gagna, brouillant ma vue et faisant tambouriner le sang dans mes tempes. Putain à quoi elle jouait ! Mes traits se déformèrent dans une grimace lorsque je me redressais pour la poursuivre, pour la protéger contre les pacificateurs, contre elle-même. J'eus à peine le temps de faire une foulée en relevant le torse que déjà j'entendis ma sœur lâcher un cri avant de cracher ses poumons en insultes, plus véhémente que le vieux Johnson quand des gosses cognaient dans sa caisse à outils. Qu'est-ce que...

La sueur froide qui dévala mon échine à l'idée qu'elle fasse face aux deux pacifs parut devenir une nappe de brouillard glacé s'étendant dans mon crâne, je manquais de trébucher et de bouffer le pavé. Je relevai déjà mon arme, prêt à tirer. Seule la crinière de ma fauve de sœur m'apparut, éclatante sous le soleil qui courait sur la silhouette haute de Nicodème. Perchée sur son épaule, elle se débattait comme une tarée mais Cartright arrivait déjà au pas de course dans ma direction avec cet air déterminé et froid dont il avait le secret. Cela n'effacerait pas tout ce qu'il avait fait dans la journée : impossible d'oublier que c'est à cause de lui qu'on était dans cette merde et que bien des nôtres étaient morts par sa faute, sa dernière victime encore chaude derrière lui... Une pointe de reconnaissance me traversa pourtant, Ivy...

Il la tenait, il allait me suivre. Enfin.

Volte-face. Devant mes yeux dansaient des dizaines de silhouettes, elles nous contournaient, nous fuyaient alors que ma cadette faisait résonner sa voix couverte par les cris de panique de la foule. Le foulard flirtait avec mes lèvres, les embrassait à chaque inspiration pour s'en détacher à regret à chaque souffle rejeté dans l'étuve humide. Vivement que je puisse virer ce truc, vivement qu'on soit loin mais par où aller ? Il ne fallait pas que je réfléchisse, il fallait simplement courir. Courir et s'échapper de ce merdier.

Foncer tête baissée dans la foule était la meilleure option, je la saisissais. Une femme hurla en me voyant approcher, provoquant un mouvement incohérent dont je profitais pour me glisser entre deux autres badauds qui n'avaient pas compris ce qui se jouait à côté d'eux. Je rentrai ma main sous un pan de ma veste, juste assez pour que mon arme ne se voit pas tout en étant prête à sortir pour faire feu. Comment croire qu'on allait pas être poursuivis ? Comment croire qu'ils n'allaient pas vouloir finir le boulot après avoir fait tombé l'un des nôtres ? L'image de la chute de Kenny, de son sang, de sa position de rebelle déchu... Elle s'imposa encore. Ce n'était pas le moment.

Battant des coudes, je progressais avec difficulté entre tous ces gens qui transpiraient la peur. J'aurais aimé avoir ce luxe car, à l'instant même où nous n'aurions plus la tête froide, on serait foutus. Plusieurs fois, je m'assurai que Nico était toujours derrière moi même si en réalité les braillements de ma sœur suffisait à me rassurer sur le fait qu'il veillait à l'emporter dans notre sillage. Autour de nous, le brouhaha se mélangeait aux visages inconnus et repérer des hommes en blanc était perdu d'avance. Notre seule chance était de foutre le camp et vite. Vague désordonnée, la foule nous ralentit à nouveau et je dus bousculer un homme portant un de ces drôles de costumes colorés pour nous frayer un chemin vers l'angle sud-ouest.

Je m'apprêtais à me dégager, à tailler la route vers le sud, quand je sentis une main sur mon épaule. Pire qu'un coup de feu, cette sensation d'être stoppé dans mon élan sembla arrêter net la course du sang dans mes veines et je pivotai en pointant déjà mon arme vers son torse qu'elle toucha du bout du canon. Heureusement pour ce cinglé, sa main levée en signe d'apaisement et ses mots m'empêchèrent d'appuyer sur la gâchette.

Ses paroles sonnèrent comme le glas. Je m'immobilisai en laissant s'échapper dans un murmure, à la fois surpris et prit d'une angoisse qui brisa ma voix.

- Les pac...

Il avait raison. Plus loin, au nord, plusieurs silhouettes filaient entre les étals. Et merde !

Nicodème me fonça dedans en grommelant avant de s'immobiliser à la vue de nos futurs bourreaux. Je me retrouvai pressé encore davantage contre cet homme dont le visage me disait vaguement un truc sans que j'arrive à le remettre. Le revolver s'enfonça entre nous, invisible aux yeux de toute cette masse qui grouillait sans pour autant nous protéger de quoi ce que soit. Je balayai rapidement la zone du regard, aucune échappatoire ne m'apparut. On avait pas le choix.

Mes yeux clairs se plongèrent dans ceux de ce mec sorti de nulle part.

- Qui que tu sois, je te jure que si tu mens tu meurs avec nous ! lui intimai-je en appuyant un peu plus encore le canon contre son corps et en saisissant un pan de sa veste pour l'obliger à rester coller contre moi.

Cette menace n'était pas voilée : on n'avait pas le temps pour les politesses ou pour faire connaissance ! Si c'était un de ces foutus mecs qui rêvaient de jouer aux héros patriotiques, il pourrait toujours me servir de bouclier pour me laisser le temps de couvrir Nico et Ivy dans leur fuite... Les idées s'enchaînaient dans un flot interrompu, j'imaginais presque déjà les interpellations des pacifs et le son sourd de leurs tirs.

Putain pourquoi fallait-il que ça continue à tourner au désastre ! On n'avait pas le choix, on pouvait pas risquer de se faire tirer comme des lapins : on devait tenter le coup avec ce type  !

- On le suit ! ordonnai-je à Nico qui s'apprêtait à gueuler un truc.

Il me suivrait, il le suivrait. Tout simplement parce que c'était notre dernière chance.


© Aeli
Cassio agrippe Clyde Holden et le braque de son arme à l'angle nord-ouest de la bijouterie, en s'apprêtant à le suivre.

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“Le temps emporte sur son aile - Et le printemps et l'hirondelle, - Et la vie et les jours perdus ; Tout s'en va comme la fumée, - L'espérance et la renommée. ” A. Musset
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EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1

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