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 EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1

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MessageSujet: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Ven 27 Jan - 15:40

Les Pacificateurs





Alors que les deux Pacificateurs vétérans discutaient de l’évènement, les trois plus jeunes de la troupe étaient en poste au dehors.
Le soleil se trouvait alors à son zénith : dans la configuration actuelle de la troupe de Pacificateurs accompagnée des intermittents capitoléens, cela signifiait que ses rayons tapaient directement sur les têtes de ces bonnes gens qui ne pouvaient pas se réfugier à l’ombre. Évidemment, lorsque l’on était habillé en armure blanche et prié avec vigueur de rester à notre place, la situation devenait rapidement un calvaire. Voilà tout le malheur de ces agents de l’ordre et, a fortiori, de l’équipe de tournage.
Les esprits s’échauffaient et les langues se déliaient – ou peut-être était-ce l’inverse, dur à savoir. Dans tous les cas, si les gens à l’intérieur de la gare ne se pressaient pas plus, ils risquaient d’avoir sur les bras une folie rebelle, causée par cette chaleur qui se ressentait toujours plus caniculaire pour qui était contraint à la supporter.
Les quelques mots lâchés par Rachel à l’encontre de Derek avaient installé une certaine tension entre les deux. Installés devant les portes de la gare, Wolff trépignait sur le sol du parvis, usant ses chaussures et la pierre en dessous ; à côté, Morrisson lui jetait des coups d’œil appuyés, tellement obliques qu’elle allait se les coincer pour toujours en un regard louchon.
Quand Derek le constata, un sourire quelque peu éloquent s’étala sur son visage.

« Arrête de me reluquer comme ça, Morrisson. Ou alors assume totalement, tu te feras moins de mal », et son ton narquois était toujours plus prononcé au fil de ses mots.
- Wolff, ça t’étoufferait de faire correctement ton travail ? Pour une fois ? Et par correctement j’entends en silence. »

Rachel avait détourné le visage pour cacher ses lèvres pincées et ses joues rougies. Il faisait une chaleur à mourir sous ce soleil de plomb, et elle apposa ses mains sur ses pommettes pour chercher un peu de fraîcheur. Rien n'y faisait, pourtant : elle sentait un regard peser sur elle en permanence et décida de garder son calme, comme si rien ne se produisait.
Marlon se détachait toujours plus de la scène, préférant assumer le rôle des deux autres le temps qu’ils se calment. Et voici qu’il couvrait à lui seul la totalité du District visible depuis leur parvis ! Au point d'avoir à jeter quelques regards en arrière pour contrôler les allers et venues des voyageurs.
C’était une lourde charge à supporter, surtout seul, et Marlon prit son courage à deux mains. La chaleur et la soif l’empêchaient de se concentrer: voilà qu'il commençait à voir danser les bâtiments devant lui. Avec les deux autres qui n’arrivaient pas à se taire…
Marlon pesta.

« Dites tous les deux… Ca vous dérangerait de reporter votre discussion à plus tard et m’aider à surveiller l’endroit ? S’il faut vraiment, je paye la chambre. »

Le silence. Enfin. D’un regard, il comprit qu’ils se pliaient aux ordres de Janet en attendant son retour prochain. Ouf. Elle ne beuglerait pas et, en plus, ses injonctions avaient été utiles pour la santé mentale de Marlon. Les choses s’annonçaient positives pour la suite des évènements.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Ven 27 Jan - 15:42

Les Rebelles





La fin de leur marche au-delà des grillages qui entouraient le District Un avait été pressée, saccadée, silencieuse. Les herbes folles foulaient encore leurs chevilles quand le métal froid et acéré de la frontière du Un caressa leurs silhouettes. C’était une brèche, étroite et difficilement repérable. Chacune des six silhouettes s’y engouffra habilement. Un instant plus tard, personne n’aurait plus douté que quelqu’un était passé par là. Déjà, ils avaient disparu.

Entre la tension qui s’était insidieusement installée entre les membres de l’équipe rebelle lors des tractations qui avaient précédé l’entrée dans le district et celle provoquée par l’imminence de leur entrée dans la zone de risque, chacun se préparait à sa façon. Kenny se focalisait sur la visualisation de chaque espace pour mieux l’appréhender tandis que, derrière lui, Franklin veillait à aviser chaque recoin de son œil perçant. Siti et Cas’ trottaient en binôme, la main sur leurs armes dissimulées sous leurs vestes, Ivy sur leurs talons. Quant à Nicodème, il fermait la marche en avançant régulièrement à reculons pour s’assurer que personne ne les avaient repérés. L’important était de paraître naturel, du moins autant que cela se pouvait quand on s’apprêtait à assassiner quelqu’un.

Bientôt dans les quartiers d’habitation, ils passèrent par l’arrière des maisons. Chacun les regardait avec son expérience, celle qu’il vivait jour après jour dans leurs districts bien moins cossus. Personne ne dit néanmoins quoi que ce soit : le temps n’était pas aux commentaires mais à la concentration qui précède une mission réussie. Leurs pas étaient filants à présent, leur discrétion pouvait donner le sentiment qu’ils flottaient au-dessus du sol même si les pas lourds de Franklin rappelait ce qu’ils étaient : des êtres de chair et de sang.

Au détour d’une ruelle, deux pacificateurs en faction observaient la foule qui se dirigeait vers le marché du luxe. *Foutue tradition* pensa le jeune du Treize en arrêtant la troupe. D’un mouvement, il les fit bifurquer dans une allée adjacente. Voyant qu’Ivy n’avait pas vu le geste de leur guide, Nicodème l’attrapa par le bras et l’entraîna avec lui. Elle eut une moue boudeuse avant de comprendre, un simple hochement de tête remercia l’agriculteur du Neuf. Leur nouveau chemin était désert, visiblement une allée de service par laquelle étaient acheminées certaines cargaisons jusqu’aux entrepôts. Ceux-ci contrastaient tant avec le reste de l’architecture du district : leurs hauts murs de tôle grise, légèrement ondulée, n’avaient pas la prestance écœurante ni même les lignes parfaitement dessinées des demeures et autres boutiques qu’ils avaient aperçues en venant du Nord.

Un grincement. Franklin vient d’entrouvrir la porte d’un entrepôt pour leur permettre d’y pénétrer.

- La voie est libre, tout le monde est au marché aujourd’hui. On passe par l’entrepôt, on avise de l’autre côté. Y a toujours des chargements en attente, on aura vu sur la gare.

L’humour légendaire du mec des communications avait fondu comme neige au soleil et, soudain, tous lui accordaient le crédit qu’il méritait. Il n’était pas difficile de comprendre que cette impasse était leur dernier moment de quiétude avant l’accomplissement de ce pour quoi ils étaient venus ici, se fondre parmi ces habitants qui ne connaissaient pas vraiment les difficultés de la vie de Panem ou qui l’occultaient pour un bonheur artificiel. Chez les rebelles, pas plus que dans les armées, il n’y avait de mot avant de partir à la confrontation. Il y avait juste des regards, des tics invisibles. Cas’ remonta son châle noir jusqu’à son nez pour dissimuler son visage, sans aucun besoin qu’il le lui rappelle ni protestation Ivy l’imita avec celui qu’il lui avait tendu plus tôt. Siti ferma les yeux une seconde, fixant l’image de sa famille et inspira une bouffée de l’air chaud qui flottait même dans l’ombre de l’allée. Franklin toucha sa montre, un cadeau de sa femme. Quant à Nico, il se contenta d’une main passée dans ses cheveux noirs et fins avant de la passer sous sa veste où elle vint trouver la crosse de son arme. Peut-être étaient-ce des rituels, des manies pour conjurer le mauvais sort qui pouvait toujours s’abattre sur une mission. Aucun d’eux pourtant n’était réellement inquiet, cela allait être si facile. Seul Cas’ sentait sa respiration devenir plus difficile, il ne pouvait s’empêcher de penser à sa mère : c’est pour elle et non pour son père qu’il réussirait.

Alors quand Kenny s’engagea dans l’entrepôt, cinq ombres le suivirent. Au milieu des caisses, une odeur de bois régnait, elle fit frémir de plaisir Siti qui avait toujours chéri ses missions au Sept où la nature était si présente, loin de l’industrie chimique des teintures de son district. Elle se demanda un instant si elle pourrait demander la faveur d’y retourner, une fois tout cela finit. Peut-être même pourrait-elle demander à Will de l’y accompagner ? Un murmure de Franklin attira son attention, il pointait du doigt l’entrée principale de l’entrepôt : ouverte et donnant sur la rue. Ivy sentit son cœur s’accélérer, l’adrénaline pénétrait ses veines, envahissait son corps et elle s’en délectait. Un large sourire s’étala sur son visage, mais le foulard empêcha quiconque de le distinguer. Seuls ses yeux rieurs prouvaient son état d’esprit.

D’abord leur dos plaqué contre le métal, ils attendirent le feu vert de Nicodème sorti en repérage. Plusieurs cargaisons étaient entassées, il suffisait de se glisser dans leurs méandres pour se dissimuler à la vue des passants et des forces de l’ordre. Kenny leur avait assuré que le parvis de la gare serait à portée de vue et de tir. Il n’avait pas menti. Quand le rebelle à l’expression froide réapparut, tous se déployèrent. Cas’ prit place juste en arrière des premières caisses, Siti juste à sa droite faisait une rapide évaluation de la situation. Elle siffla entre ses dents :

- Les pacificateurs sont déjà en place, j’en compte trois mais il doit y en avoir plus dans la gare. L’équipe de tournage est là, ils vont filmer ici.

- Tiens-toi prêt, ajouta Franklin, à l’adresse de Cas’, en se postant un peu plus à gauche, derrière une caisse sur laquelle était inscrit en lettres capitales : « STY.DELACOUR.1/3 ».

Les trois autres étaient restés en arrière, une rangée de caisses plus loin. Ils observaient la scène, la rue passante et tentaient de détecter le moindre changement de comportement d’un badaud ou le regard perçant d’un pacificateur caché au détour d’une ruelle. Cependant, le Un n’était pas connu pour surveiller outre mesure les rues périphériques et le marché était sans nul doute le centre de l’attention de toute la sécurité mise en place. Nicoèdeme sourit, c’était une si belle occasion. Il allait marquer Panem. Aujourd’hui, la Rébellion prenait son envol.

Cassio venait de sortir son arme. Il vérifia que le chargeur était bien engagé. Ses mains ne tremblaient pas, il n’avait pas peur, pas le moindre état d’âme non plus. Ce qu’il faisait, il le faisait pour sa mère, pour sa famille. Pour lui ? Peut-être, il n’aurait su le dire.

Quelques minutes passèrent. Quatre silhouettes sortirent de la gare. Cassio reconnut immédiatement sa cible : gros, pansu, l’air suffisant. Nul doute que ce type dégoûtant fut le maire du Un, à ses côtés une pacificatrice : tant pis, elle échouerait à le protéger aujourd’hui. Désormais, tout allait se passer très vite. Cassio se cala contre l’une des caisses, sa respiration ralentit. Ses yeux ne lâchaient plus sa cible du regard : il aligna les deux viseurs de son arme.

- Ils ont commencé à filmer, ils vont se serrer la main, attends ! murmura Siti.

Tous les autres membres de la Rébellion sentaient leurs muscles tendus, prêts à détaler dès que leur tireur aurait accompli son devoir. Par précaution, Kenny avait déjà sorti son arme, prêt à assurer la situation si les pacificateurs réagissaient au quart de tour après le tir de Cassio. Tous attendaient, retenaient leur souffle. Seul l’un d’eux imitait le tireur désigné. Nicodème, en retrait, venait de prendre une position de tir, son arme stabilisée entre deux cargaisons visait également une vie, une vie qui peut-être bientôt ne serait plus. Le jeune Shepherd venait de retirer le cran de sûreté. Tout serait bientôt fini.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 28 Jan - 21:48

Les Pacificateurs





« L’accueil est chaleureux jusqu’au soleil dans ce District », commenta Bennet.

Janet devait se rendre à l’évidence : il faisait une chaleur à mourir là dehors. Placée en tête de file, aux côtés du maire dont elle avait la protection, son champ de vision était totalement libre pour délivrer un bilan de la situation : l’équipe de tournage avait été efficace au point que la scène complète avait été installée, les caméramans attendant jusqu’à voir apparaître les deux maires. Derrière, le journaliste griffonnait encore quelques notes, écrivant sûrement ses questions de dernière minute.
Elle sentait derrière elle le regard observateur du Pacificateur du District Trois, et elle-même jeta un œil à sa brillante équipe.
Leurs visages étaient rouges et il ne fallait pas être fin physionomiste pour comprendre qu’ils avaient passé autant leur temps à tenir vaillamment leurs postes contre les flammes de l’été, ennemi bien compliqué à repousser ; qu'ils avaient tenté d’éponger leurs sueurs avec les moyens du bord et qu'ils continuaient à surveiller les alentours entre deux gouttes.
Peut-être n’étaient-ils pas si terribles que ça, au final, se permit de penser Janet.
C’était sans compter sur le regard noir que lança Rachel à Derek aux airs rieurs, et Marlon qui poussa un soupir de fatigue. Au final, ils avaient sûrement fait plus que leur travail.
Janet se tourna vers Bennet et Mr. Wetthrone derrière elle et les plaça également sur le parvis, selon son organisation. Précision et minutie.

« Vous deux, restez près de la gare : il faut donner l’impression que vous en sortez. Mr. Gemmeus et moi nous placerons près de l’entrepôt et irons à votre rencontre.
- Bien reçu.
- Une fois la poignée de main échangée, direction l’hôtel de ville. Je pense que l’équipe de tournage sera ravie des plans qu’elle pourra avoir avec la foule présente sur la place publique, pour le marché. »

Les maires acquiescèrent lentement, et Janet enjoignit Mr. Gemmeus à la suivre. Elle adressa un signe au journaliste qui menait l’équipe de tournage, qui lui fit comprendre que tout se déroulait très bien. Janet réfréna le sentiment de satisfaction qui montait en elle ; une allégresse trop rapide ne produisait que de mauvais résultats. Mais tout paraissait se dérouler comme prévu.
En passant devant ses hommes, la vétérane s’arrêta un instant pour prendre un peu de leurs nouvelles :

« Tout va bien pour vous ?
- Parfaitement cheffe !, intervint Wolff sans laisser le temps aux autres d’intervenir, surtout depuis que vous êtes arrêtée devant nous… »

Un haussement de sourcils de sa supérieure et un souffle de Rachel le forcèrent à terminer sa phrase :

« … vous nous faites de l’ombre et je reconnais que sous ce soleil, c’est appréciable.
- Tenez vos postes. Je vous offrirai un coup à boire une fois que tout est fini. »

Et sans attendre de voir quelle était la réaction de ses hommes – et femme, naturellement –, Janet les dépassa. Mais une fois assurée qu’ils ne la verraient, elle laissa un sourire se dessiner sur son visage.
Puis elle se rappela qu’elle ne pourrait pas participer à cette sortie dans un bar : une question d'autorité et d'image. Saloperie. Tant pis.

« Me voilà prêt à serrer une main, déclara Mr. Gemmeus quand ils s’arrêtèrent plus loin. La tâche la plus exigeante de ma vie.
- De quelle ironie vous faites preuve, Monsieur le maire ! Je ne vous pensais pas comme ça.
- Je suis un homme plein de ressources, Mme Dixon.
- Pacificatrice Dixon. »

Les dents serrées, Janet riva ses pupilles noires dans celle du maire.

« Pacificatrice Dixon », corrigea celui-ci.

Cet homme le dégoûtait et elle détourna le regard une fois obtenu ce qu’elle souhaitait. C’était sûrement à cause de la chaleur harassante, mais elle ressentait l’envie terrible de vomir. Comme elle avait envie que tout cela se termine. Alors, elle jeta un coup d’œil au journaliste du Capitole qui, en la voyant, lui assura une nouvelle fois que tout était prêt ; un autre regard pour Bennet, et celui-ci fit de même. Ses trois subordonnés se tenaient docilement à leurs postes, aussi fiers que des paons albinos.
Janet jeta un regard à l’horloge au-dessus de la gare, se rendant soudain compte qu’elle avait oublié tout ce temps-là de vérifier qu’elle respectait le rythme donné ; mais, instinct ou chance, tout rentrait dans l’ordre.
Encore deux minutes avant la diffusion en direct.
Longues et dures et fatigantes. Jamais deux minutes ne tardèrent autant à arriver à leur terme. Janet passa tout ce temps à regarder droit devant elle, au loin, ses yeux ripant successivement vers l’horloge pour vérifier l’heure.
Puis le caméraman leva la main. Comme s’il avait donné un ordre à tous les Pacificateurs présents sur le parvis, ceux-ci se redressèrent et affermirent leurs poignes sur leurs armes minutieusement calés sur leurs poitrines. Les traits figés, l’air sévère, voici la fierté de la Pacification.
Quatre doigts. Trois. Deux. Un.
Zéro.
Le journaliste commençait à déblatérer son flot continu de paroles alors que l’émission devait commencer. Janet, elle, se concentrait à caler sa marche sur le pas du maire, qui avançait de son allure de pacha avec la superbe et l’arrogance qui le caractérisaient tant et qui répugnaient toujours plus son garde du corps.
Allez, il suffisait qu’ils se serrent la main et que tout le Capitole applaudisse. Mr. Gemmeus, arrivait au niveau de la croix blanche qui signifiait l’arrêt, et accueillit son égal d’un grand sourire ; Janet continua sa route et se mit sur le côté de l’image, le but étant de ne pas prendre trop de place. Tandis que Mr. Wetthrone avança sa main pour serrer celle de son homologue du Un, sous les commentaires enjoués du journaliste du Capitole, Janet fit un tour sur elle-même pour imaginer la scène qu’on pouvait admirer sur les écrans.
Mais hormis le monde sur le parvis, l’endroit était vide. Tout le District était sur la place publique pour le marché.
Le soleil brilla sur une surface métallique dans le lointain.
Les yeux plissés, ils s’écarquillèrent soudain quand elle comprit que cet éclat dans l’entrepôt était anormal : il bougeait. Il s’élevait devant une masse sombre, indistincte, mais mouvante. Vivante.
Le battement de son cœur frappa sa poitrine. Janet poussa un cri en se projetant vers Mr. Gemmeus, le maire du District Un. Mais elle était beaucoup trop loin pour le protéger. Tout allait si vite.
Personne à part elle ne réagit. Comme si le temps n'avait plus d'emprise sur elle. Uniquement.
Le battement de son cœur frappa sa poitrine. Un coup de fusil retentit. Suivi immédiatement d’un deuxième.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 28 Jan - 23:45

Les Rebelles





Le premier coup était parti, sans crier garde. Il avait surpris tout le monde et en particulier le tireur désigné qui n’avait rien à voir avec cette détonation absurde. La silhouette du maire du District Cinq s’était effondrée sur le pavé en l’éclaboussant d’une trainée cérébrale sanglante sous le regard abasourdi de Cassio qui avait pressé la détente à son tour d’un geste vif. Trop vif. Le tir avait dévié sur la droite, fendu l’air avant d’abattre la pacificatrice qui s’était précipitée vers sa cible. Son corps inerte gisait à présent sur le marbre froid des escaliers de la gare, ses yeux sombres ouverts pour toujours sur la violence de ce monde.

Pourtant, ce n’était pas tout ce sang versé qui fit bondir les rebelles sur leurs appuis mais bien l’incompréhension d’apercevoir deux vies volées au lieu d’une. Ivy avait détourné la tête dès le premier coup de feu, qui avait résonné si fort à côté d’elle que ses oreilles lui avaient semblé s’être brutalement bouchées et les bourdonnements désagréables qu’elle subissait jour après jour à cause de ses problèmes d’audition s’étaient ravivés. Elle avait alors découvert Nico, tout juste en train de quitter sa position de tir et tournant talons à toute allure pour détaler loin du gigantesque brasier qu’il venait d’enflammer. Son regard croisa celui de la jeune fille, d’un noir intense, il paraissait plus déterminé et Ivy sut : elle sut que plus que jamais il avait décidé de faire cavalier seul. Alors quand il partit au pas de course, elle se lança à sa suite, bien décidée à ne pas le laisser filer.


- C’est quoi ce bordel ?! pesta Cassio d'une voix rugissante toutefois étouffée par son foulard.

Il se retourna immédiatement son tir parti pour comprendre qui l’avait devancé dans son dos ; dans le même mouvement que ses collègues tout autant sous le choc de la scène.

Leurs esprits embrumés par ce spectacle inattendu, transgressant toutes les directives de leur mission, ne parvenaient pas à saisir ce qui venait de se passer. Ils n’intégraient pas cette nouvelle donnée, cette erreur dans l’équation. Pourtant, quand leurs regards s’étaient portés sur la dernière rangée de caisses, le responsable était déjà en train de bifurquer plus loin dans la rue, Ivy à ses trousses.

Cassio cessa de respirer en voyant sa sœur s’engouffrer dans ce dédale qu’elle ne connaissait pas, tandis que Kenny et Siti observaient également leur fuite d'un air interdit, presque paniqué pour cette dernière. Franklin, lui, maudissait profondément ce type ingrat et sans foi ni loi qu’était Nicodème. A cet instant, il aurait rêvé de lui faire payer cet affront et sa colère, grandissante également dans l’âme des trois autres rebelles, l’empêchait de penser à ce qu’il se tramait devant la gare.

Tout s’était déroulé si vite, en l’espace de quelques secondes à peine : cinq ou peut-être dix ? Aucun n’aurait su le dire. Pendant tout ce temps, ils étaient restés incapables de la moindre réaction. Ce fut leur première erreur.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 28 Jan - 23:49

Les Pacificateurs





Deux corps s’écroulent : le maire du District Cinq, frappé d’une balle en pleine tête, et Janet Dixon, cheffe des Pacificateurs du District Un.
Personne ne se laissa un instant pour respirer. Les années d’entraînement et d’expérience payèrent : Edmond, Derek et Rachel se précipitèrent immédiatement sur la scène.

« Rachel, gère ces connards ! J'm’occupe de l’équipe de tournage ! »

Edmond attrapa les épaules de Mr. Gemmeus, qui se trouvait pétrifié par les évènements, et le dégagea au plus vite. D’un rapide coup d’œil, il jugea que la gare était le lieu le plus sûr des alentours. Il hurla ainsi à l’égard des autres agents :

« On se planque dans la gare ! Tous ! »

Ouverture de ce ballet, les seules balles qui tonnèrent furent celles de Rachel : figure droite au milieu de ce tableau, elle trônait au milieu des deux corps, son arme dévastatrice parfaitement parallèle au sol. A croire qu'un artiste s'était penché sur son cas : un peintre aurait forcé la violence des multiples couleurs de la scène, criardes, vives, mélange de vie et de morts ; un photographe aurait souligné cette géométrie, celle qui caractérisait la vie droite, honnête et dévouée d'une femme de l'ordre ; un poète aurait décrit un ange noir, lui ajoutant des ailes venues de sa volonté de tuer, soulignant sûrement un certain excès de perfection dans cette rigueur à provoquer la mort, ou à retirer la vie.
Mais elle ne faisait que son devoir auquel elle avait été formée toute sa vie. Un, deux, trois coups ; elle poussait une exclamation quand elle en toucha un.
Marlon avait été incapable de bouger : le tout s’était enchaîné tellement vite, sous ses yeux démunis, et ce sans que lui soit laissé le temps de réagir. Mais, alors que d’un côté Derek et Edmond se précipitaient vers la gare pour mettre à l’abri l’équipe de tournage et le maire du District, et de l’autre, Rachel, figure irréelle au centre de ce carnage.
Marlon fit un pas. Le soleil l’éblouit soudain et il dut se couvrir les yeux. Le temps pour n’importe quel tireur de l’abattre ; à cette simple pensée qu'il pouvait mourir, d'un coup, la peur attrapa ses tripes et lui fit oublier sa cécité temporaire.
Le soldat du Capitole saisit la première idée qui lui traversa l’esprit : saisissant son arme, il se plaça aux côtés de la jeune femme, à l’instant même où ils entendirent un cri d’Edmond dans le lointain : mais au milieu des explosions, aucun mot distinct ne leur parvenait.
Rachel dut recharger. Marlon prit la relève.

« Ils sont rentrés ?
- Pas encore ! »

C’était ça le but : gagner du temps et détourner l’attention des rebelles du District de l’équipe de tournage et du maire du District Un.
Marlon crut en avoir touché un, mais il n'était pas certain.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 29 Jan - 0:28

Les Rebelles





La violence répond à la violence. La mort à la mort.

Il y eut quelques tirs et, comme un seul homme, les rebelles qui restaient là se retournèrent vers ceux qui les avaient désormais pris pour cible. Siti sentit une pluie fine se projeter sur son visage, devant ses yeux pétrifiés venait de tomber Franklin. Face contre terre, son crâne s’ouvrait en un indescriptible carnage qui lui provoqua un haut le cœur quand Cassio l’attrapa par le bras pour la projeter vers le sol, la protégeant des balles qui trouaient les caisses les plus fragiles autour d’eux. Elle ne sut pas si elle avait réellement crié, mais les deux jeunes hommes n’avaient pas attendu pour riposter pendant qu’elle tremblait de tout son corps, les yeux exorbités et pleins de larmes réflexes.

Concentré sur ses tirs et sa volonté de garder les pacificateurs à bonne distance maintenant que la confrontation était inévitable, Cassio ne s’occupait pas d’elle. Ses yeux étaient rivés sur cette femme en blanc qui les canardait sans répit. Il essayait de ne pas songer au cadavre encore chaud de l’ami de sa famille, cet homme qui avait une épouse et des enfants qui l’attendaient au Trois. Non, ce n’était pas le moment de songer à cela. Il fallait continuer à tirer : tirer pour survivre, tirer pour retrouver Ivy et sortir de cette merde sans nom.

Les claquements des balles fusaient, Siti passa sa main sur ses joues et la contempla. Une trace humide, écarlate, s’y était dessinée. C’était donc cela qui l’avait éclaboussée ? Une pluie de sang. Des pensées toutes plus irrationnelles les unes que les autres se bousculaient dans son esprit alors elle rampa vers Franklin, posa ses doigts sur son poignet sans y trouver le moindre pouls. Pourquoi avait-elle eu le besoin de vérifier ?

Kenny serrait les dents, légèrement en arrière, il se sentait un peu plus protégé que ces deux collègues postés en première ligne. Constatant que la pacificatrice était la seule à leur répondre, il tenta un instant de se redresser dans l’espoir de l’atteindre plus facilement. Toutefois, elle semblait animée d’une hargne sans pareille et cela était peine perdue : sa visée était précise et rester à découvert un seul instant était un risque inconsidéré. Il bougea alors, se décalant légèrement entre deux caisses métalliques d’où il pouvait davantage s’appuyer pour maintenir sa visée de manière plus stable et peut-être réussir à descendre cette collabo qui tentait de les tuer.

Seulement, les tirs avaient soudainement redoublé. Un autre pacificateur venait de la rejoindre et leurs séquences de tirs rapides les mettaient en mauvaise posture. Et puis flûte à la fin, Kenny se redressa, tira plusieurs coups avant d’entendre clairement une balle filer à proximité de sa tempe droite. Il se laissa choir sur le sol et à quatre pattes, rejoignit son précédent poste de tir.

- Il faut qu’on se tire de là ! Tout de suite ! hurla-t-il à ces deux camarades en jetant une de ses armes qui venait de s’enrayer.

Il en saisit une seconde et recommença à tirer.

- J’suis ouvert à toute suggestion ! gueula Cassio qui s’était plaqué contre la cargaison qui le protégeait jusqu’à maintenant.

Son chargeur tomba au sol, parmi le nombre impressionnant de douilles métalliques qui prouvait l’affrontement sans merci que se livraient les défenseurs d’un Panem libre et ceux d’un Panem sous contrôle.

Le son des voix de ses camarades ramena doucement Siti parmi eux. Doucement, son regard se posa sur Cassio en reprenant peu à peu conscience de la situation désespérée dans laquelle ils se trouvaient. Puis il se porta sur les alentours, elle cherchait… A vrai dire, elle ne savait même pas ce qu’elle espérait repérer quand soudain elle la vit. Une ruelle vers le sud qu’ils avaient une chance d’atteindre s’ils courraient vite en serpentant entre les cargaisons. Elle ne sut comment elle trouva la force de leur lancer :

- Au sud ! Y a une ruelle, on peut se dégager !

Cassio lui jeta un regard, il fut horrifié par la vision de son amie dans un tel état. Couverte du sang de l’ancien de leur équipe, elle n’avait plus rien de l’innocente Siti qu’il appréciait bien plus qu’il n’aurait jamais voulu l’admettre. Une balle claqua au-dessus de sa tête, il la rentra instinctivement entre ses épaules. Un morceau de bois venait de voler, il le regarda avec horreur avant qu’une ride de rage lui barre le front et qu’il se redresse pour répondre à cette attaque.

A l’arrière, Kenny tirait encore quand il aperçut une des deux figures en blanc se mettre à l’abri, eux aussi manquaient de munitions :

- Le pote de la folle furieuse recharge ! Grouillez-vous je vous couvre !

C'était maintenant ou jamais, combattre ou renoncer, espérer vivre ou mourir.

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Dernière édition par Sélène J. Featherstone le Dim 29 Jan - 3:28, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 29 Jan - 1:05

Les Pacificateurs





Marlon s’abaissa pour recharger son arme. Mais, dans cette pause soudainement imposée, il se trouva brusquement frappé par un mal inexplicable. Ses mains tremblèrent, continuèrent malgré sa volonté de les arrêter alors qu’il essayait de placer les cartouches au bon endroit : et deux, et trois, et quatre d’entre elles tombèrent au sol et roulèrent sur plusieurs centimètres. Il jura. Trop loin pour les attraper, quand ses jambes tremblaient trop pour le porter plus avant.
Etait-ce de la sueur ou des larmes dans ses yeux ?
Son regard embué se porta sur les corps qui reposaient sur le sol, autour d’eux, à la fois présents et absents. Il ressentit instantanément la chaleur harassante de la journée ; déshydratation, choc, excitation, il dut poser ses deux mains au sol pour tenir. Mais il n’arrivait pas à quitter les cadavres de vue.
Doucement, il progressa d’abord vers le maire. Il manqua plusieurs fois de flancher, jusqu'à ce que sa manche goûte un liquide rouge, chaud. La flaque de sang qui tachait la pierre quasi-immaculée ne laissait place à aucun doute. Pourtant, poussé par une envie vomitive, il retourna le corps et eut un haut-le-cœur en voyant les dégâts de la balle logée en plein milieu front.

« Merde », souffla-t-il dans l’espoir de rester conscient par ses mots.

Seuls les échanges de balles lui répondirent.
Laissant ce cadavre, il s’avança vers Janet, habité par un espoir dégoûtant. Après tout, personne n’avait pu voir où, dans son élan, elle avait été frappée : la blessure pouvait ne pas être sévère. La vétérane avait plongé, puis s'était effondrée. Pouvait-on mourir après avoir exprimé un tel dernier souffle de vie ? Après avoir hurlé et protégé ? Lorsque les yeux atterrés firent face à des globes vides, et que le sang qui s’écoulait encore de la plaie de son cou se déversa sur ses mains, Marlon fixa celui-ci se mêler aux marques qu'il avait emportées du mair du District Cinq.
Son visage devint livide. Le corps devenait trop lourd. Il le lâcha, et elle tomba lourdement au sol, dans une position pitoyable. A ce moment-là, Rachel se baissa et évita à temps une balle – hasard ou calcul ?

« Bordel, Marlon !, hurla-t-elle. Tu fais quoi ?
- Ils sont morts ! »

C’était le désespoir qui répondait, entité qui venait bloquer sa gorge quand son être entier voulait éjecter le trop-plein d'horreur qu'il accumulait encore, toujours.

« Bien sûr qu’ils sont morts ! »

Tout s’était subitement calmé, comme un film mis sur pause. Plus aucune explosion, plus aucun sifflement, rien hormis les cœurs qui battaient : et les jambes de Marlon n’étaient pas capables de le porter plus avant. Pas avec ce qu'il voyait.

« On part maintenant qu’ils se sont arrêtés ! »

Elle attrapa Marlon par le bras et le traîna loin de ces visions qui le pétrifiaient ; et, à force d’entendre Rachel pester contre lui parce qu’il n’arrivait pas à avancer assez vide, il se laissa emporter la rythme et les deux Pacificateurs réussirent à quitter le parvis de la gare.
Ils entrèrent dans le bâtiment. Il y faisait terriblement frais. Marlon fit trois pas de côté et vida le contenu de son estomac dans un coin ; il vacilla contre le mur de pierres fraîches et l'agressivité de leur contact lui provoqua autant de réconfort que de douleur. Comme un retour à la réalité. Comme une authentification de ce qu'il avait vu.
Dissuadés d’aller questionner le jeune soldat du Capitole, Edmond et Derek se portèrent vers Rachel, qui respirait profondément, loin du déversement de dégoût de Marlon. Elle voulait éviter une trop grande solidarité.

« Qu’est-ce-que tu as vu dehors ?
- Ils étaient plusieurs… On en a descendu un je crois, et ils ont pris la poudre d’escampette.
- Janet et le maire du Cinq sont morts ! », cracha Marlon.

Et aux mots se succédèrent de la bile et des injures. Il fallait que ça sorte.
Derek fit quelques pas en direction de Rachel mais celle-ci le dissuada de tout autre mouvement. Il échangea un regard avec Edmond qui était accaparé par ses pensées. Quelques autres Pacificateurs, de poste dans la gare, s’approchèrent d’eux, et naturellement se tournèrent vers le natif du District trois : plus âgé, plus sage, et surtout, le plus calme de toute cette bande.

« Ils se cassent vraiment ?, demanda Derek.
- Je crois, articula Rachel. Ils ont arrêté de nous tirer dessus au bout d’un moment. Vous croyez que ce sont… des rebelles ? »

Les mouvements de tête des Pacificateurs trahirent leur incompréhension : des rebelles, réellement ? Pour ces natifs du District Un, qui n’avaient rien vu d’autre que les Districts supérieurs, ces gens-là n’étaient qu’un souvenir de temps anciens ; un souvenir qui justifiait la tenue des Jeux de la faim. Si on leur avait annoncé que des sirènes venaient de prendre d’assaut la gare pour ensevelir Panem sous les eaux, la plupart aurait eu plus de facilités à le croire.

« A ton avis ? Merde, on va pas les laisser filer maintenant !
- Mais… comment ils ont fait ?
- C’est pas le moment de répondre à cette question », intervint Edmond.

Très calme, celui-ci s’avança doucement vers les trois Pacificateurs rassemblés là : Rachel qui continuait à respirer profondément, Derek qui serait parti sans l’intervention du vétéran, et Marlon qui tentait tant bien que mal de reprendre leurs esprits.

« Wolff, tu bouges pas.
- Je vais pas rester là à me tourner les pouces !
- C’était pas prévu. »

Edmond s’adressa ensuite aux autres Pacificateurs :

« Occupez-vous du maire, gardez-le en sécurité dans la gare et si vous avez le temps, récupérer les corps dehors. »

Puis il se tourna vers les trois anciens subordonnés de Rachel dont les regards témoignaient du changement de situation : ils attendaient ses ordres à lui.

« Je vais vous expliquer comment faire. Mais avant, je dois récupérer la radio de Dixon. »

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 29 Jan - 2:38

Les Rebelles - Equipe 1





Sous aucun prétexte Nicodème n’aurait fait demi-tour ou même ralenti sa course effrénée. Il n’en avait cure que les autres rebelles le suivent, s’ils l’avaient fait ils étaient plutôt malins, sinon ils n’étaient que des crétins. Quand les premiers coups de feu résonnèrent derrière lui, il comprit que c’était la seconde option qui avait remporté sa mise. Pourtant, il percevait des pas rythmés derrière lui. Une personne le suivait.

Ivy fulminait intérieurement. Bien que leur éloignement progressif de la gare fasse taire les tirs et alors qu’elle s’efforçait de ne pas se laisser distancier, son cœur battait à tout rompre :  pas uniquement à cause de l’effort physique qu’elle fournissait pour traquer Nicodème qu’elle refusait de laisser s’en tirer après ce qu’il avait déclenché comme bazar, mais aussi à cause des images qui se formaient dans son esprit. Elle avait déjà eu à affronter l’épreuve d’une mission qui avait mal tourné et, à l’époque, elle avait voulu protéger sa mère sans succès. Aujourd’hui, elle avait laissé derrière eux leurs compagnons rebelles…et son frère. Devant ses yeux se dessinait en filigrane une scène atroce où il gisait entre ses foutues cargaisons, le corps criblé de balles. Elle secoua la tête comme si cela pourrait suffire à chasser ses horribles pensées.

Bifurquant une nouvelle fois au coin d’une ruelle, Nicodème rangea son arme en la glissant dans son pantalon tout en la recouvrant de sa veste : il avait déjà repéré la petite place sur laquelle donnait la dernière allée qu’il avait empruntée et il comptait bien profiter des conseils de l’autre comique du Treize en se fondant dans la masse. C’est à ce moment qu’il vit la jeune fille aux cheveux blonds, le front ruisselant de sueur et les yeux vomissant sa rage contre lui. Ivy. Elle était la seule à l’avoir suivi. Il sourit.

- Ne me retarde pas ! lui lança-t-il crument avec un air moqueur.

Elle voulut répliquer mais n’en eut pas l’occasion car, déjà, l’imprévisible rebelle se glissa entre les passants. Ivy jeta un dernier regard en arrière, abaissa son foulard, découvrant son visage pour paraître moins suspecte. Puis, elle suivit celui auquel elle envisageait sérieusement d’arracher les yeux.

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*************************************************



Les Rebelles - Equipe 2





Le choix ne fut pas difficile. Dès l’annonce de Kenny, Cassio ne perdit pas une seconde. Il bondit sur ses jambes et courut vers Siti qu’il redressa sans ménagement au passage. Même en courant entre les cargaisons, il tentait des tirs en biais dans chaque espace suffisamment large pour lui offrir un angle de visée. La jeune femme, qui avait quelque peu retrouvé ses esprits, le guidait dans le dédale des caisses et autres chargements en attente. Derrière eux, Kenny se hâtait pour ne pas les perdre de vue tout en continuant à les couvrir du mieux qu’il pouvait.

Siti indiqua une bifurcation à Cassio, il s’y engouffra pour atterrir dans une ruelle sans doute parallèle à celle qu’avait empruntée sa sœur peu avant. Même s’il était en dehors du champ de vision des pacificateurs et en sécurité – même précaire –, sa respiration était haletante, douloureuse, saccadée. Il savait qu’il aurait dû fuir, seulement il ne pouvait se résigner à ne pas attendre ces deux compagnons de galère. Alors il guetta pendant quelques secondes, sentant ses poumons se transpercer sous l’effet de l’effort et de l’angoisse.

Voyant que Kenny mettait du temps à arriver, Siti avait fait demi-tour. Elle se faufila une fois encore et se retrouva nez à nez avec lui. Leurs regards se croisèrent, se dévisagèrent un instant de cette frayeur contenue qui les tétanisa. Seconde erreur.

Un coup de feu encore résonna. Siti émit un petit cri quand la balle la projeta en arrière. La bouche de son collègue s’ouvrit dans une expression de surprise horrifiée, il se précipita pour l’aider à se relever : la main droite de la jeune femme s’était instinctivement portée sur le point d’impact, le haut de son bras gauche. Le sang teintait progressivement son haut marron, se diffusant dans le tissu fin de son haut kaki. Se mordant la lèvre dans un réflexe, un sursaut d’adrénaline l’aida à courir en toute hâte, entraînée par Kenny vers la sortie de ce bourbier.

Lorsque Cassio les aperçut, il s’écria :

- Merde ! Qu’est-ce que vous avez foutu ?! Puis il avisa le bras de la jeune femme et se précipita vers elle : Non, non, non !

Le Shepherd porta sa main à son front, repoussant en arrière ses cheveux clairs.

- Faut qu’on dégage, Cas’… siffla Siti entre ses dents.

Kenny délassa Siti pour la confier à son acolyte et commença à courir dans la rue déserte, il était l’éclaireur. Cassio et Siti restèrent sur ses talons. Ils filèrent ainsi le long des murs, changeant plusieurs fois de direction pour être certain de mettre une distance importante entre eux et les pacificateurs qui, ils en étaient sûrs, ne tarderaient pas à se lancer à leur poursuite. Peut-être même était-ce déjà le cas ?

Ils approchèrent bientôt de la foule. Les rires qui en émanaient, à mille lieues de l’enfer que venait de vivre les trois rebelles, leur semblèrent décalés. Pourtant, c’était bel et bien eux qui n’avaient pas leur place dans ce tableau insouciant et c’est ce qui pouvait leur coûter la vie. Cassio finit par s’arracher son foulard pour en passer une extrémité autour de l’épaule de Siti en la serrant tandis qu’il laissa l’autre morceau glisser autour du cou de son amie, il s’agissait autant de limiter le saignement que de dissimuler sa blessure. Malgré leur course, il l’avait observée : il n’y avait qu’un point d’entrée, pas de sortie. La balle était toujours dedans. Le sort s’acharnait.

C’était une véritable débandade, un gâchis monumental. Ce mec. Nicodème. Tous l’avaient en tête alors que les rues défilaient sous leurs jambes encore tremblantes alors qu’ils ralentissaient l’allure pour se fondre parmi les badauds. Tous avaient une idée de ce qu’il lui ferait s’il lui remettait la main dessus… Toutefois, pour l’instant, ils n’en étaient pas là… Leurs pensées vagabondaient vers les absents : Siti revoyait le cadavre de Franklin, Kenny aussi pensait à cet homme avec lequel il avait souvent collaboré et qu’ils avaient laissé aux mains des pacificateurs, le visage contre terre dans la poussière, comme un chien… Cassio était trop occupé à penser aux vivants pour s’occuper des morts. Sa sœur, Ivy… Elle était la seule sans qui il ne repartirait pas d’ici. Il fallait qu’il la retrouve, il fallait…

C’était un cauchemar que chacun vivait à sa façon et où chaque rue devenait une étape de plus du jeu sadique : le destin scellera leur sort… Leur sera-t-il favorable ?

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 4 Fév - 23:04

Edmond regarda avec une appréhension légère Ban s’élancer vers le parvis.
Cette appréhension devait être partagée entre tous les protagonistes de la scène, et elle permettait à tout un chacun de percevoir chaque détail. Chaque pas de Ban, chaque regard alentour, chaque hésitation : le gamin progressait prudemment, virevoltant de coin en coin sans savoir d’où les balles tomberaient.
Mais rapidement, chacun en était arrivé à la même conclusion : les rebelles étaient partis.
Pourtant, Ban continuait à jouer de prudence. Il vérifiait chaque mètre carré du parvis de la gare comme si sa vie en dépendait – ce qui devait être le cas pour lui. Edmond constata qu’il était rapide et précis : au vu de son air perdu et de son pédigrée, il était facile de le juger comme simple pistonné et complètement inapte à son travail.
C’était à en oublier qu’il n’était que jeune et qu’il avait complété sa formation de soldat du Capitole, ordinairement admise comme étant « d’élite » par rapport à la Pacification. Qui ne se gênait pas pour lui trouver un tas de qualificatifs persifleurs, plus ou moins appropriés.
Edmond se tourna vers Wolff à son côté pour se rappeler que lui-même, affecté à l’unité mobile, était un membre « d’élite ». Et l’on pouvait facilement étendre cette vision à Morrisson, fille du District Neuf qui avait été mutée au Un. Trop de circonstances pour rappeler au simple Pacificateur du District Trois, occasionnellement adjoint au District Cinq, qu’il n’avait pour lui que l’âge par rapport à ces trois gamins.
Ce qui n’était certes pas négligeable, mais sûrement pas suffisant, surtout à la vue du corps de son protégé qui n’avait pas le temps de refroidir sous ce soleil de plomb.
Sans un mot, les yeux qui divaguaient, Ban donna au vétéran la radio demandée. Celui-ci le remercia d’un hochement de tête et la tendit à Morrisson, légèrement surprise d’être ramenée sur le centre de la scène.

« Il vaut mieux que tu passes l’appel : ils te connaissent mieux que moi. On n’a pas le temps pour les présentations. »

Morrisson observa un instant la petite boîte en métal, puis leva les yeux vers Edmond. La question sous-jacente à ce regard frappa le vétéran : « tu veux vraiment perdre ta chance de mener toute la troupe ? ».
Non. Bien évidemment. Mais comme il l’avait si bien explicité, le temps n’était pas aux présentations et à la justification : les rebelles auraient le temps de quitter le District trois fois qu’il aurait enfin terminé de prouver sa fonction.
En riposte, Edmond fronça les sourcils, lui faisant bien comprendre qu’il ne comptait pas se laisser faire. Surtout pas à travers ce geste. Morrisson le comprit bien et acquiesça lentement de la tête pour signifier sa subordination. Ses doigts fins attrapèrent la radio tendue, mettant ainsi fin à la conversation sourde qui s’était engagée entre les deux.
Pour l’instant. En un sens, Edmond commençait à comprendre le caractère aigre qu’avait Janet, cette femme fissurée qui devait constamment tout prouver pour éviter aux jeunes loups de l’avaler. Et les plus dangereux n’étaient pas les plus bruyants, à en croire l’air interloqué de Wolff qui n’avait rien compris à l’échange.
Tant mieux.

« D’accord, approuva Morrisson. Que suis-je censée dire ?
- Tu vas parler aux Pacificateurs qui sont en poste tout autour du District pour éviter les suites. Dis leur qu’il y a eu des complications à la gare et qu’ils doivent se tenir sur leurs gardes : plus personne ne quitte le District avant nouvel ordre. Tu n’entres pas dans les détails : ne dis rien sur Janet ou sur de potentiels rebelles. »

Les méninges de Morrisson fonctionnaient à toute blinde, cela se voyait nettement à son air concentré. Mais elle opina lentement du chef, à nouveau, pour approuver le plan d’Edmond. Il pouvait pour l’instant compter sur elle.

« Très bien, je me lance. »

Elle inspira un grand coup et prit sa voix des plus solennelles et autoritaire ; l’entraînement manquait mais l’assurance y était.

« Ici Pacificatrice Morrisson, de la brigade de la Pacificatrice Dixon pour la rencontre à la gare. Suite à des complications diverses, il est nécessaire que vous teniez vos postes aux lisières des Districts : plus que jamais, personne ne doit en entrer, ni sortir. Pour ceux présents sur la place publique pour le marché, soyez vigilants : tout comportement suspect devra nous être immédiatement signalé. Fin de transmission. »

Comme si elle avait gardé son souffle pendant toute la transmission, Morrisson souffla un grand coup et reprit une respiration normale. Edmond approuva d’un grognement et fit un signe aux Pacificateurs désignés pour escorter l’équipe de tournage et le maire du District Un vers l’Hôtel de Ville, et ils se mirent en route.
L’âge faisait véritablement des miracles.

« Et maintenant ?, lança Wolff, quelque peu inquiet.
- Maintenant, on va voir le fameux mort rebelle. »

Tous acquiescèrent et quittèrent la gare, qui se trouva vidée de toute cette vie qui l’animait plus tôt. Quelques Pacificateurs se trouvaient déjà sur le parvis, débarrassant les deux corps dans un silence religieux ; Edmond baissa la tête quand ils les dépassèrent, puis la releva pour se concentrer sur leur objectif. Les rebelles.
Le corps du rebelle abattu plus tôt n’était réellement pas beau à voir, et la remarque de Wolff ne fut pas de trop pour aider la troupe à supporter cette vue :

« Joli coup, Rachel. Il ne pouvait pas s’en relever. »

_________________
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Now in my remains are promises that never came. Set the silence free to wash away the worst of me.
Like an army, falling, one by one by one... Like an army, falling, one by one by one.◗ amaaranth ♫♪


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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 5 Fév - 1:19

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Ils n’étaient que des anonymes, des silhouettes de plus dans cette masse qui ne se lassait d’admirer les produits luxueux dont le Capitole leur permettait de jouir à l’occasion des marchés mensuels de ce District exemplaire. Pourtant, eux n’admiraient rien. Ils tentaient de se fondre dans la foule, de devenir ces personnes sans intérêt pour Panem et ils découvraient combien cela était difficile. « Être sans idéaux à défendre » pensa Kenny, il ne bêlerait jamais comme ces moutons dont l’argent sonnait dans les bourses.

Siti s’appuyait de plus en plus sur Cassio qui l’entraînait avec lui tant bien que mal : le bras passé autour de sa taille, il sentait le poids de son amie s’affaiblissant de minute en minute. De l’extérieur, ils auraient passé pour le parfait petit couple alors que leur situation actuelle était loin d’être aussi frivole. Bien que la foule fût dense, Cassio ne perdait pas de vue leur éclaireur. Il était leur seul guide et lui seul pourrait les sortir de ce merdier. Les rues se ressemblaient sans pour autant être identiques. Dans ses essais désespérés pour oublier sa douleur si cuisante, Siti se concentrait sur toutes les couleurs vives des tissus qu’elle apercevait çà et là chez des marchands. Elle se prit à penser qu’elle n’avait jamais remarqué leur beauté auparavant, elle qui pourtant les travaillait jour après jour au Huit, cet élan de vie qu’ils paraissaient renvoyer avec violence. Franklin lui revînt en mémoire, vision macabre écarlate.

Un instant, Siti posa son visage sur l’épaule de son soutien. Immédiatement, le contact de son front chaud et humide fit légèrement frémir le jeune homme qui porta sur elle un regard inquiet, sa blessure finirait par les trahir s’ils ne sortaient pas bientôt de la ville. Alors, nerveux, il passa sa main gauche dans la poche de sa veste pour y retrouver le contact froid et rassurant du métal de son arme. C’était la seule chose tangible à laquelle se raccrocher, la seule qui pourrait lui venir en aide si un pacificateur surgissait au détour d’une ruelle.

Kenny fit mine de s’attarder auprès d’un négociant de pierres précieuses, pour s’assurer être toujours suivi par ses deux collègues. Ils étaient encore loin des limites de la ville et il se prit à penser que toutes ses pirouettes ne sauraient les aider à quitter plus rapidement ce bourbier dans lequel ils étaient plongés jusqu’à l’os. Quand il les aperçut, Cassio lui adressa un léger hochement de tête et il se remit en marche d’un pas sec et déterminé. Ses mains tremblaient légèrement. Étrangement, alors qu’il était encore au District Treize à taper sur son clavier des messages parfaitement codés, il n’avait jamais envisagé que tout cela pourrait arriver. Il avait désiré ces missions, voulut prendre des risques, c’est lui qui s’était engagé là-dedans sans pourtant y être obligé. Désormais plus qu’à n’importe quel autre moment dans sa vie, Kenny comprenait ce qu’être rebelle signifiait.

La place principale du district se distinguait à peine tant le marché l’avait envahie. Les deux rebelles à l’arrière eurent un moment d’hésitation avant de s’y engager, l’idée de se jeter ainsi à corps perdu parmi autant de potentiels délateurs ne leur plaisait guère mais Kenny ne ralentit pas sa marche et ils durent s’y résoudre. Les bruits étaient plus intenses, les voix s’envolaient dans des exclamations qui faisaient sursauter Siti.

- Ca va aller, dans quelques minutes on sera loin, murmura Cassio autant pour lui que pour sa collègue qui le gratifia d’un sourire légèrement tordu par la souffrance.

Par des regards furtifs d’un étal à l’autre, Cassio tentait de dissimuler sa manie de chercher parmi les gens qu’il croisait l’esquisse d’un uniforme pacificateur. Cependant, il n’en vit aucun et cette absence de réaction le soulagea autant qu’elle l’angoissa. Il cherchait également la chevelure blonde de sa sœur et son teint porcelaine, sans davantage de résultat. Autour d’eux, les gens ne voyaient rien de leur manège, ils étaient bien trop occupés à jubiler devant le clinquant des produits toujours plus somptueux ; à croire que les stands plus raffinés avaient été spécialement assignés à cette place centrale pour exposer ostensiblement toutes les richesses de Panem, celles auxquelles seule l’élite avait droit. A l'un d'eux, une jeune femme s’exclamait d’une voix forte : « je vous donnerai mes secrets de beauté si vous me donnez vos secrets de victoire». Elle avait cette arrogance que Siti détestait profondément et celle-ci se prit à penser que si cette jeune fille pouvait s’étouffer dans sa voix criarde, cela serait tellement plus reposant. Sans doute cette pensée farouche n’était-elle que l’expression de la fièvre qui la gagnait peu à peu, elle si douce et sensible qui avait subi la réplique des défenseurs d’un système corrompu.

Kenny aussi scrutait les alentours, il ne sut s’empêcher de lâcher un soupir de soulagement lorsqu’il aperçut enfin la ruelle qu’il espérait rejoindre. Finalement, il tenterait de passer par le Sud du District et non par le Nord, comme il l’avait pourtant suggéré lors du briefing : le passage devant la caserne des pacificateurs aurait été une blague de mauvais goût et, bien que mourir de rire fasse partie de ses activités favorites, il n’était pas prêt à y laisser sa peau !

C’est alors qu’il la vit. D’abord, la fille : petite, brune, la vingtaine, normalement banale mais reconnaissable entre mille depuis qu’un avis de recherche  à son nom avait été diffusé dans toutes les casernes suite à une mission où elle avait eu la langue trop pendue. Les pacificateurs la lui auraient sans doute coupée avant de la délester aussi de sa tête s’ils lui avaient mis la main dessus. Visiblement, la planque qu’on lui avait demandé de lui trouver lui seyait tant que la princesse s’amusait à se balader en plein jour ! Elle croyait quoi ? Qu’elle était là pour faire son shopping ?  

Il ralentit pour évaluer la situation qui se présentait à lui : elle discutait avec une autre personne, un jeune homme aux cheveux blonds et à la veste à capuche. Le second du Huit. Grâce à ses fonctions, Kenny était fréquemment en lien avec les chefs et sous-chefs rebelles des districts, Jace était une connaissance de longue date et il ne put réprimer un sourire en coin en songeant à la mine défaite que celui-ci affichait toujours face à ses plaisanteries potaches. Sans doute ne se trouvait-il pas ici pour la cause rebelle, il connaissait trop bien les données des missions en cours pour en douter, sa présence pourrait peut-être les aider… Mais comment ?

Hésitant un instant, les deux autres le rattrapèrent.

- Y a un problème ?

La voix du fils Shepherd était aussi ferme que celle de son père, empreint d’une témérité que lui-même ne se connaissait pas. Après quelques secondes de silence durant lesquelles il hésita à impliquer d’autres rebelles alors qu’eux-mêmes étaient dans de beaux draps, Kenny croisa le regard vitreux de Siti et une information capitale lui revînt en mémoire.

- Non, mais p’tre une solution. Tiens le coup Siti.

Il se dirigea alors directement vers les deux rebelles postés là ; Cassio et Siti le suivirent, sans trop comprendre dans un premier temps.  

- Quelle belle journée d’été vous ne trouvez pas ? lança Kenny tout naturellement aux deux comparses en arrivant à leur hauteur. Jace, Leanore… Laissez-moi vous présenter deux amis.

Les deux autres rebelles avaient avancé à pas de loup, avant que Cassio n’aperçoive Jonathan. Ils ne se connaissaient pas vraiment, mais la réputation de la famille Shepherd et la qualité de second du blondinet suffisait à leur permettre d’apprécier la situation incongrue qui se présentait.  
Les petites mouches brillantes qui se baladaient sans gêne devant les yeux de Siti l'empêchèrent de reconnaître Jace, pourtant son supérieur de district.  

- Kenny, je ne suis pas certain qu’impliquer d’autres personnes soit une bonne idée… glissa Cassio d’un air sévère.

- Ça ne m’enchante pas non plus mais elle peut nous aider, conclut Kenny en toisant Leanore.

- Cas’ a raison, il faut qu’on bouge vite… finit Siti dont la voix s’éteignit sur la fin de sa phrase.

Elle eut un mouvement de recul, Kenny se tendit vers elle pour la rattraper mais Cassio la serrait suffisamment à la taille pour éviter qu’elle ne flanche. Lâchant l’arme toujours dissimulée dans sa poche, il la passa alors sous la fausse étoffe noire, à l’endroit exact où le foulard compressait la plaie. Lorsqu’il la retira, il tourna sa paume juste assez pour apercevoir qu’elle était maculée de sang…

Vous mettrez-vous en danger pour les aider ?

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 5 Fév - 3:40

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La foule était compacte, impersonnelle, indifférente. Les gens allaient et venaient d’un étal à l’autre. Ils flânaient, se détendaient, s’interpellaient, marchandaient et parfois même ils se serraient la main lorsqu’une négociation bien menée leur avait fait économiser un peu d’argent. Consommateurs d’un luxe qui étincelait dans leurs yeux corrompus par la beauté des choses, ils étaient si ignorants… Si insignifiants.

Nicodème regardait tout ce beau monde comme s’il s’agissait de minuscules insectes dans un des champs dont il labourait les blés. Il aurait rêvé de les secouer, de les mettre face à la réalité, celle qu’ils s’évertuaient tous à ne pas voir, celle à laquelle lui s’était confronté de plein fouet quelques minutes avant. Il jubilait encore de son tir. Voir ce maire chuter sur le sol comme le pantin désarticulé à la solde du gouvernement était jouissif. Désormais, il fallait survivre à sa petite incartade au « règlement » de leur mission et cela impliquait de se tirer le plus vite possible.

Cependant, le marché bousculait la vision des rues et autres allées passantes. Les requêtes qu’il avait eu à effectuer au Un avaient été trop rares pour qu’il parvienne à s’orienter aisément maintenant que des étals étaient présents sur toutes les places et que la masse noire des badauds les traversait de son flux interrompu.

Trouver son chemin n’était pas une priorité pour la demoiselle qui avait continué à suivre l’électron libre qu’elle rêvait toujours de mettre en cage, à défaut de le démolir pour ses conneries. Pour l’instant, elle se moquait de savoir où il l’amenait et, à vrai dire, se concentrer sur sa traque lui évitait de trop penser à ses amis, dont les tirs résonnaient encore dans sa poitrine. Même si elle ne l’admettrait jamais, Ivy avait peur pour eux. Elle souffrait de ne pas savoir ce que les tirs qu’elle avait entendus signifiaient, du moins c’est ce qu’elle aimait à croire car la cadette Shepherd n’était pas dupe : un échange de coups de feu n’était jamais bon signe.

Bientôt, Nicodème ralentit à son arrivée sur une place dont se détachaient en tout et pour tout quatre issues. Il avait besoin de réfléchir, besoin de prendre le temps d’évaluer la meilleure option de fuite sans rester vulnérable ainsi dans la rue à la vue de potentiels pacificateurs.

Ivy ne dit rien, toutes les paroles qu’elle souhaitait lui adresser comportaient soit une mention à leur mission rebelle qu’il valait mieux éviter d’évoquer trop haut alors que les hommes en blanc les recherchaient peut-être déjà, soit trop d’insultes et de noms d’oiseaux pour ne pas attirer l’attention des passants. Elle se tut en observant l’attitude de l’agriculteur, impénétrable. Elle aurait juré avoir aperçu une lueur folle dans son regard lorsqu’il se remit soudainement en marche vers un étal. La panique la gagna immédiatement, qu’allait-il encore tenter ?

Le rebelle s’attarda alors devant plusieurs stands. En premier, ce fut celui d’un marchand de mets fins qui argumentaient franchement leurs délicates saveurs. Puis il passa au négociant de meubles dont les riches boiseries gravées créaient un jeu d’ombres intéressantes sous la lumière aveuglante du soleil. A chaque fois, il faisait mine de contempler avec intérêt les articles proposés à la vente, souriait même lorsqu’un commerçant lui demanda s’il avait besoin d’aide. Quand ils arrivèrent à hauteur d’un orfèvre qui exposait ses plus belles pièces, la jeune fille ne put en supporter davantage.

- A quoi tu joues ? lui glissa-t-elle à voix basse en l’attrapant au poignet.

D’un geste sec mais discret, il se dégagea et continua à regarder tranquillement les bijoux qui s’étalaient là…et finit par en saisir un avec une habileté déconcertante. Ivy fronça les sourcils dans une expression de surprise et d’incompréhension totale. Un autre mouvement agile, le bijou changea de main et finit son évasion dans la poche de la veste d’une cliente qui discutait avec une amie.

Avant qu’Ivy n’ait eu le temps de faire le lien, Nicodème mit en place son stratagème. Il héla un vendeur.

- Excusez-moi mais j’ai vu cette femme mettre un de vos colliers dans sa poche ! Regardez, il en dépasse encore !

Son accusation résonna sous le stand et bientôt la femme offusquée commença à se défendre avec véhémence. Avant de remarquer que le collier était bel et bien dans sa poche et que le vendeur l’accuse de tous les noms, Nicodème s’était déjà détachée du petit attroupement qui se créait autour du nouveau scandale. C’était parfait, son plan fonctionnait à merveille.

Les cris de la femme que tout accusait se mêlèrent aux injonctions du vendeur qui réclamait une peine bien plus importante que la simple restitution du bijou. Des badauds s’arrêtaient pour regarder la scène, d’autres sortaient des boutiques alentours pour assister à ce qui était devenu l’attraction principale de cette partie du marché. La curiosité et le voyeurisme commun étaient des vices si répandus…

Une bijouterie à l’angle de deux rues se trouvait à proximité, elle vomissait des clients tous plus curieux les uns que les autres. Une petite vitrine et une porte dont seule la petite vitre supérieure pouvait laisser présager ce qui se passait à l’intérieur. Sa situation était idéale.

- Ivy, prête pour le grand bain ?

Avant qu’elle n’ait eu le temps de répondre, Ivy remarqua l’éclat de l’arme de Nico. Celui-ci venait de la saisir dans sa poche, sans toutefois la sortir totalement. Il se dirigea vers la petite boutique avec détermination.

La panique gagnait doucement la fille Shepherd. Comprenant peu à peu la diversion qu’avait créée Nico, elle lui emboîta le pas en relevant son foulard au-dessus du nez pour cacher son visage quand il pénétra dans la bijouterie Standford.

Tout se passa alors très vite.

Nicodème entra dans la boutique, Ivy à sa suite. Son arme brilla du même scintillement que les bijoux en argent qui s’exposaient dans les vitrines disposées dans la vaste pièce qui s’étendait devant lui. Ivy l’imita en sortant son revolver, plus pour se donner l’impression de maîtriser la situation que réellement dans le but de tirer. Toujours très calme, il tourna la petite pancarte annonçant que le magasin était « fermé », tandis qu’il indiquait d’un signe de tête à sa collègue rebelle de fermer les stores. Elle n’avait plus le choix, maintenant qu’elle s’était engagée dans ce bazar, elle devait suivre ce mec qu’elle considérait de plus en plus comme un taré instable et pour lequel elle nourrissait des envies de meurtres cuisantes.

Un tour suffit à clore les lamelles qui enfermèrent au dehors les rayons chauds et rassurants du soleil. Seule une lumière pâle continuait d’éclairer les visages interrogateurs qui se tournèrent vers les deux rebelles. La première cliente qui vit l’arme ne put retenir une exclamation de stupeur, Nico sourit.

- Bonjour à tous, faisons simple : vous allez vous tenir tranquilles et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes ! lança-t-il avec une certaine fougue tout en braquant son arme vers les personnes présentes.

Il dévisagea toutes les personnes qui restaient dans la pièce : il comptait quatre femmes, dont deux portaient un badge de vendeuses, et deux hommes. L’un était vieux et sa chemise jabot de bobo prouvait qu’il ne représentait aucun danger, quant à l’autre c’était un homme jeune dont il se méfia immédiatement. Pas question de se laisser surprendre par un mec qui aurait pu vouloir jouer les « héros »…

Cela allait être une partie de plaisir.

- Le règle pour rester en vie est facile à comprendre : vous allez gentiment nous obéir et répondre à nos questions, sinon je tire. Première chose : au fond du magasin, assis dos au comptoir et que ça saute !  

Pendant que l’arme de Nico ne quittait pas les corps de ses otages, Ivy avait adopté une attitude similaire. Son arme en main, elle visait les personnes qu’ils venaient de séquestrer sans saisir où l’autre rebelle  voulait en venir. Le foulard qui lui barrait le visage, dissimulant celui-ci dès le haut des joues jusqu’au cou, ne l’aidait pas à avoir une respiration fluide. La tension qui l’animait tétanisait ses muscles et, pour la première fois depuis qu’elle était partie à la poursuite de Nico, elle se demanda si cela avait réellement été une bonne idée. Toute cette mascarade pourrait tourner au carnage en un instant…

Coopérerez-vous ou vous opposerez-vous à ces deux inconnus ?

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mer 8 Fév - 0:29

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Alors que les deux autres rebelles commençaient à s'agiter autour d'eux, le regard de Cassio n'arrivait pas à lâcher cette main sur laquelle le sang de Siti s'était répandu. D'un geste, il pressa sa paume dans l'étoffe noire : il ne fallait pas qu'un passant aperçoive ce spectacle, il était sûr qu'un hurlement s'en suivrait et ils seraient tous foutus. Cependant, Leanore s'était déjà penchée sur Siti qui, dans un réflexe, s'accrochait au flanc de Cassio qui lâcha une grimace lorsque la main de son amie s'appuya sur son flanc. Décidément, il n'était pas en parfaite condition non plus, mais il prenait sur lui. L'important était que Siti tienne le coup.

Lorsque la rebelle croisée par hasard déclara qu'elle était médecin, Kenny émit un léger rire. Après tout, quelle que fut la situation, mieux valait garder de l'humour !

- Dans ton dossier c'était marqué véto, t'as eu une promotion ? annonça-t-il sur un ton amusé.

- Tu plaisantes ?! rétorqua immédiatement Cassio avec un regard dans lequel on devinait toute son inquiétude.

Siti ne releva pas. Sa tête lui tournait et, même si elle avait l'impression que cette sensation désagréable diminuait un peu depuis qu'ils avaient stoppé leur marche, elle n'était pas en mesure de comprendre ce qui se jouait autour d'elle. Les manipulations du tissu qui couvrait sa plaie la firent sursauter, elle se mordit la lèvre inférieure pour éviter de lâcher un juron.

- Tu ne peux pas l'examiner ici, on est trop exposé... intima le fils Shepherd à voix basse, puis attrapant le poignet de Leanore il ajouta dans un murmure presque inaudible : La balle est encore dedans.

Ses yeux clairs croisèrent ceux si sombres de cette rebelle qu'il ne connaissait pas et qui n'avait certainement pas les compétences pour soigner Siti. Cependant, il était bien obligé de lui faire confiance.

- Ta baraque est dans les quartiers Nord... Ça va être chaud d'y retourner... déclara Kenny en songeant à la planque qu'il avait participé à trouver pour cette demoiselle peu discrète, puis il jeta un œil vers la place du District à l'affût du moindre mouvement suspect.

C'est alors que le second rebelle s'adressa à lui. Bien que le petit groupe formait un noyau compact que les badauds associaient sans doute à l'image de jeunes gens discutant ensemble de banalités frivoles de leur âge, ils étaient à mille lieues de la réalité. Froides, l'attitude et les paroles teintées de condescendance de Jonathan surprirent les deux rebelles en mission. Habitué  au comportement anti-social et profondément rébarbatif du second du Huit, Kenny ne marqua pas. Ses pensées se mélangeaient tant qu'il était presque rassuré de penser qu'une oreille extérieure puisse les écouter et faire un tri dans le merdier qui leur collait aux basques :

- Bah la routine quoi... tenta-t-il dans un euphémisme. Sauf qu'on a la moitié des paci...

- Si tu n'es pas foutu de nous aider sans avoir un rapport détaillé alors on a clairement pas besoin de toi ! bondit Cassio d'une voix qu'il tentait de garder suffisamment basse pour ne pas attirer l'attention.

Alors que Jonathan s'approchait déjà pour l'aider à soutenir Siti, son expression brûlait d'une rage qu'il ne pouvait contenir. A la mention de ceux qui les traquaient, le jeune homme s'était tendu. Tous les sens en alerte, il scruta la foule qui passait régulièrement au centre de la ruelle dans laquelle il s'était réfugiée. Malgré le fait qu'elle ne semblait pas être une menace imminente, il refusait de rester ici à attendre de se faire choper : loin d'être dupe - d'autres auraient dit optimiste -, il ne pouvait pas imaginer que les pacificateurs en resteraient là... Pas après ce qui c'était passé... Ils les chasseraient tels des animaux jusqu'à les débusquer... Même venant de Kenny, accepter une planque était stupide. Profondément stupide.

- Ne serre pas... Ça va aller... souffla Siti qui supportait mal l'étreinte de plus en plus serrée de Cassio qui refusait de l'abandonner aux bras de ce mec qui se pensait plus malin qu'eux. - Jace...

Elle venait enfin de reconnaître un des gradés de son District et tenta un maigre sourire quand il passa son bras en dessous de celui de Cassio pour le décharger de la jeune femme. Ce dernier surprit, laissa finalement s'échapper son amie aux côtés de cet autre qu'il détestait déjà. Kenny posa sa main sur son épaule, avant de déclarer :

- Elle arrivera pas jusqu'à la frontière Cas'...

Kenny avait l'air si sûr de lui, si persuadé qu'ils allaient échouer. La mâchoire du Shepherd se serra et il ne put se retenir.

- Tu es toubib toi maintenant ? râla Cassio d'une voix qu'il tentait de garder suffisamment basse pour ne pas attirer l'attention.Si on se barre pas maintenant on est morts... Siti est plus forte que tu ne le crois.

Pourtant, Kenny ne bougea pas. Pas plus que Siti qui le regardait avec un air implorant. Elle avait toujours beaucoup apprécié le jeune homme, elle le considérait comme un ami, un être cher dont elle savait qu'il lui était profondément loyal : il lui avait déjà sauvé la vie et il l'avait sans doute fait à nouveau aujourd'hui. Elle aurait tellement voulu le rassurer, mais sa voix se brisa quand elle lui dit sur un ton implorant :

- Fais leur confiance Cas', ils ont raison il faut qu'on se planque...

- Non, il faut qu'on se barre, on pourra toujours t'aider après mais si on se reçoit une balle dans le crâne on pourra plus te soigner ! lui dit-il en prenant son visage fiévreux dans ses mains.

Siti chercha du regard l'aide de Kenny, puis le baissa à contre-cœur en faisant peser son poids sur Jace et Cassio comprit. Ses mains abandonnèrent les joues rougies par la douleur de la belle brune du Huit.

- Ok. Allez avec eux, je me débrouillerai pour vous rejoindre après avoir trouvé Ivy. Je la laisserai pas avec l'autre taré... Il marqua une pause avant d'ajouter : - Faites gaffe à vous.

Kenny allait le retenir mais c'était déjà trop tard.

Cassio venait de disparaître parmi la foule des badauds, en direction du Sud.

Spoiler:
 


Kenny et Siti sont dans la ruelle avec Leanore et Jonathan.
Cassio ne fait plus partie du groupe 2 des rebelles et marche vers le Sud.
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mer 8 Fév - 1:54

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Nicodème n'était pas peu fier. Il venait de réussir à provoquer un chahut monumental sur la place qui jouxtait la boutique, ce qui occuperait sans doute les badauds pendant un bon moment et ralentiraient à coup sûr les pacificateurs. D'ailleurs, ce ne serait pas la gamine et lui qu'ils rechercheraient, mais d'autres rebelles dont ils devaient à coup sûr avoir repéré les silhouettes lors de l'échange de coups de feu entendu pendant leur fuite. Finalement, ces "collègues" lui étaient bien utiles...

Il pensait à leur confrontation avec les pacificateurs. En toute logique, il aurait dû en être, seulement il avait beau être sûr de lui, il n'était pas assez barge pour ça. Ainsi, l'agriculteur du Neuf préférait songer que s'ils avaient été intelligents, ils auraient pris la poudre d'escampette avec lui au moment même où il avait lui-même détaller. Cela n'était d'ailleurs pas si invraisemblable : la cadette Shepherd l'avait bien fait, elle... A croire que cette gosse était la seule que Lucius avait suffisamment peu éduqué pour qu'elle sache réagir à la chose la plus primaire mais aussi la plus sûre de toute : son instinct.

Du coin de l’œil, Ivy lui jetait des regards entre incompréhension et colère. Il fallait qu'elle se calme, maintenant. Au fond, la jeune fille ne pouvait s'empêcher de le maudire : la peur qu'elle ressentait pour les autres rebelles restés là-bas la marquait, particulièrement quand elle songeait à son frère... Elle ne pouvait pas perdre quelqu'un... Pas encore.

Alors quand Nico obligea les personnes présentes dans la boutique à se plaquer contre le comptoir, elle le suivit vers le fond de la boutique. Elle devait rester avec lui, qui sait ce qu'il était encore capable de faire... Sa nouvelle initiative pourrait bien tourner au même désastre que celui qui avait eu lieu devant la gare et cette fois-ci, elle ne le laisserait pas passer à l'action.

Il semblait si calme, seuls ses traits légèrement tirés prouvaient qu'il était plongé dans des réflexions intenses. Lorsqu'une des nanas, peut-être même la plus jeune de toutes, commença à craquer, Nico leva un sourcil en s'approchant d'elle. Sur le qui-vive, Ivy avait déjà dans l'idée de se charger de lui s'il osait toucher à un cheveu de la jeune fille. Pourtant, c'est le moment que choisit le "potentiel héros" qui se trouvaient à ses côtés pour se réveiller et tenter de briller dans cette situation calamiteuse. Seulement, au lieu d'une parole rassurante, ce fut une gifle qui fendit l'air.

Soudainement, l'expression de Nico se ferma. Il s'approcha d'un pas rapide du type qui venait de frapper sa soit-disant petite sœur et lui plaqua le canon de son arme sur sa tempe.

- Et ta mère t'a jamais appris qu'on frappe pas les femmes ? demanda-t-il en faisant jouer le canon sur le visage du jeune homme.Faut p'tre que j't'apprenne les bonnes manières ?

Ivy fit un pas en avant, prête à intervenir :

- T'en as déjà fait assez aujourd'hui tu crois pas ?! l'invectiva Ivy.

Cette réplique avait surpris l'intéressé qui s'était stoppé dans son élan. Néanmoins, un large sourire s'étala sur ses lèvres.

- J'ai fait ce qui aurait dû être programmé dès le début, indiqua-t-il calmement en se redressant et en reculant d'un pas pour s'éloigner des otages sans leur tourner le dos. Mais il semblerait que je sois le seul à avoir le cran de faire correctement le ménage parmi ces pantins...

Durant toute sa déclaration, il n'avait pas cessé de garder en joug les otages. Les deux vendeuses s'étaient mises à geindre dans leur coin, des larmes remplissaient les yeux de celle dont la blondeur juvénile était si convenue dans ce décor de strass et joyaux.

- Il y a des règles ! continua la jeune Shepherd.

- Les règles sont faites pour être transgressées... Tu comprendras, tu es comme moi. Mais passons aux choses sérieuses... annonça-t-il sèchement.

Il fit un tour dans la boutique, regardant d'un œil absent les bijoux qui brillaient dans les vitrines. Ivy ne s'occupait pas de son manège, elle n'osait pas quitter les otages des yeux, même une courte seconde, de peur qu'une nouvelle réaction impromptue vienne mortifié cette jour. Soudainement, Nicodème se retourna et toisa les otages.

- Qui est le patron ici ? demanda-t-il sèchement.

Quand certains des otages, visiblement les clients, détournèrent les yeux vers le sol pour éviter de croiser le regard courroucé de leur bourreau, d'autres ne purent s'empêcher de jeter un regard inquiet sur la silhouette de la jeune blondinette qui venait de tester sa patience.

- Alors comme ça la gamine on a une cuillère en argent dans la bouche ? Un sourire carnassier s'étala sur sa bouche aux lèvres fines. Et maintenant tu vas gentiment te lever et me montrer où est l'arrière-boutique... à moins que ton frère veuille s'en charger ? C'est toujours compliqué les histoires de famille, n'est-ce pas ?

Sa dernière réplique était autant pour ses otages que pour Ivy qui bouillonnait dans son dos. Il pouvait presque sentir toute la volonté qu'elle mettait à ne pas le tuer, là tout de suite et cela l'amusait. Elle avait la fougue, mais pas encore le cran. Ça viendrait. Il en était sûr.

Spoiler:
 


Nico et Ivy sont dans la boutique Standford.


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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Ven 10 Fév - 4:16

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Le sourire qui était posé sur les lèvres de Nicodème était indéchiffrable. On pouvait y déceler de la satisfaction malsaine, mais aussi un intérêt curieux mêlé d'un sadisme certain. Dans ses yeux, on devinait qu'il analysait le moindre mouvement, la moindre parole de ses "otages" : il se délectait de leur peur, autant qu'il profitait de la faiblesse d'Ivy. Cette gamine aurait pu être tellement plus intéressante si elle osait sortir du carcan dans lequel sa famille l'enfermait... Il jeta un coup d’œil vers elle. Son arme s'était focalisée sur le frère de la petite blondinette, peut-être enfin une chance à saisir pour la faire éclore.

Tout cela était exquis. La voix tremblante de la jeune fille vînt couronner ce moment de jubilation. Quand elle demanda si son frère pouvait l'accompagner, Nicodème fit un pas en arrière puis indiqua par un geste fluide, presque révérencieux, qu'il leur laissait le champ libre. Après tout, il ne fallait pas contrarier des otages, quel mauvais rebelle aurait-il fait ! Au contraire, les garder ensemble, c'était les contrôler... Les autres avaient l'air si inoffensifs et impuissants, dos contre le comptoir. Une vendeuse faisait de son mieux pour camoufler ses sanglots tandis que l'homme âgé suait comme un bœuf !

- Sta... Ston... Standford c'est ça ? fit-il mine de deviner en saisissant le poignet de Coralie alors qu'elle se redressait :Pas un seul faux pas, compris ?

Nicodème toisa du regard son frère et ajouta un passant son pouce sur l'ovale du visage de la blondinette :

- Sinon je te promets que frérot aura plus qu'une joue légèrement rougie...

Sa main se détacha d'elle, son arme non. Ivy se chargeait de fermer la marche, son pistolet pointé dans le dos de celui qu'elle abhorrait. En vérité, la rebelle aurait rêvé de se défouler sur ce mec qui s'était cru plus malin que tout le monde en giflant sa sœur devant tous. Encore un de ses salauds qui pensaient tout pouvoir se permettre du moment qu'ils vivaient sous la coupe du Capitole.  

Quelques pas, un tour de clé et l'arrière-boutique s'offrit à eux. Ivy resta sur le seuil d'où elle pouvait jeter des regards furtifs vers les autres personnes qu'ils continuaient de garder sous leur joug. Lorsque la jeune patronne s'écarta pour les laisser pénétrer dans la pièce, Nicodème pointa le canon de son arme dans sa direction et lui intima d'un voix froide :

- Honneur aux dames... Son ton s'était voulu sarcastique, son plaisir à entretenir la terreur qu'il pouvait lire dans son regard était grisant.

- Avance ! aboya Ivy en réajustant son foulard sans jamais laisser entrevoir son visage.

Nicodème savourait cette situation et le comportement toujours plus violent de la jeune Shepherd : finalement ce n'est peut-être pas toute la famille était bonne à éliminer... Néanmoins, il n'avait pas le temps pour ce genre de futilités, son regard se plongea dans celui de la gamine :

- Il y a toujours des issues de secours dans ce genre d'endroits. Montre-les moi, patronne.

La Shepherd venait enfin de comprendre de quoi il en retournait et elle ne put s'empêcher de songer que l'agriculteur du Neuf avait de la ressource. Trop sans doute. Le silence s'était installé, seulement rompu par quelques gémissements provenant du comptoir. Dans cet espace hors du temps, Ivy percevait avec davantage de netteté le son aigu et vibrant de ses acouphènes. Déclenchées par le tir de Nicodème, elles n'avaient cessé de lui marteler les oreilles depuis qu'ils avaient pris la fuite. L'explosion n'avait pas que tué sa mère, elle l'avait également touchée à jamais. Alors que l'image de la déflagration passa telle une ombre du passé, les sons redoublèrent et elle posa instinctivement sa main contre sa tempe, geste inutile. Tout ceci était interne, incurable. Une trace à vie.

Et parce que l'incertitude du destin de son frère qu'elle avait abandonné lui revînt en mémoire, elle choisit de tenter de se concentrer sur autre chose pendant que leur otage s'exécutait. Son regard vrilla, elle contempla la silhouette de cet homme dont le comportement la révoltait. Elle en avait tellement marre d'attendre pour agir. Elle rêvait tant de remettre Nico à sa place, de le faire payer son coup d'éclat... Cependant, il n'était pas le seul à mériter sentence. L'autre petit malin en méritait une aussi... On ne frappait pas sa sœur impunément. C'était si intolérable. Révoltant. Son arme le tenait en joug, ça aurait été si facile de lui faire payer sa bêtise.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 11 Fév - 1:44

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C'était presque trop facile. La gamine offrait si peu de résistance que ça en était navrant. Son petit coup de gueule n'était donc qu'une simple réaction réflexe, d'un banal... J'en étais horriblement déçu, elle avait du potentiel pourtant cette poupée si bien pomponnée. Elle n'avait aucun ongle cassé ni même une mèche qui dépassait. Je repensais à tous les gosses qui trimaient dans nos champs et je la maudis. C'était à cause de gens comme elle si des enfants mourraient, parce que certains acceptaient les privilèges de ces fumiers du Capitole sans se poser aucune question. Au moins un de ceux qui appliquaient leurs règles à la con était mort aujourd'hui, le maire du Cinq était tombé avec la même prestance qu'une poupée de chiffon. Tsssssss, il n'était rien de plus de toute manière. Je m'étais barré avant de voir si le Shepherd avait fait honneur à papa et buté le pansu du Un... Si deux salopards qui profitaient du système au prix de la vie des habitants des districts étaient morts, alors ce serait vraiment une magnifique journée.

Cela faisait si longtemps que j'avais compris qu'on ne pourrait plus les changer ces collabos. Alors oui nous avions l'autre nana du Neuf qui avait rejoint la rébellion, mais elle ne prenait pas de grands risques et se vautrait tout de même dans un confort que nous n'effleurerions jamais. Elle voulait sans doute se donner bonne conscience... Elle ne me trompait pas plus que les onze autres dont les discours vides de sens ne servaient qu'à pouvoir faire exécuter une poignée d'innocents pour l'exemple, d'un simple claquement de doigt. Non, rectification : les neuf autres puisque deux devaient avoir quitté ce monde corrompu.

Un court instant, je me rappelais mon père. Tout ce sang sur le mur derrière lui et son regard vide au milieu des éclaboussures. Plus qu'une vengeance, ces deux maires avaient payé pour la faute d'un de leur espèce : c'était cela une véritable Expiation.

Lorsque la demoiselle Standford se mit enfin en mouvement, je la suivis avec un sourire en coin. Elle tremblait tellement que c'en était risible. Elle m'indiqua une sortie qui visiblement donnait sur une autre rue que celle par laquelle nous avions pénétré dans la bijouterie : normal, celle-ci faisait l'angle et c'était un bien bel avantage.

- La clef, demandai-je sans plus d'explications.

Elle me regarda avec cet air à la fois médusé et empli de cette incompréhension propre à ceux qui ne savent pas aligner un raisonnement dès lors qu'ils ont une arme pointé sur la poitrine. Son immobilité me fit soupirer. Faible...

- Je suis pas con, cette porte doit être verrouillée par sécurité donc tu me files la clef, Elle sembla tétanisée, j'aboyai : Maintenant !

L'effet d'électrochoc que ma réplique eut sur elle était grisant. Elle fouilla dans ses poches, sorti une clef que je saisis.

- Bonne fille... dis-je sur un ton doucereux et condescendant, comme on parlerait à un animal ayant bien ramené sa baballe, avant de repasser soudainement à une voix d'une fermeté presque violente : Allez, on y retourne !

Jamais trop prudent, je glissai la clef dans la serrure et tentai de la tourner pendant que la gamine avançait déjà vers Ivy et l'autre "héros". J'entendis un cliquetis, c'était la bonne. Bien. Elle avait compris qu'il valait mieux m'obéir, c'était une bonne otage.

Quand nous revînmes à hauteur d'Ivy et du frère ingrat, je poussai la gamine en avant : elle se rattrapa à l'encadrement de la porte de l'arrière-boutique, à un mètre sur la droite d'Ivy. J' arborai cet air à la fois calme, froid et sombre dont j'avais seul le secret. L'homme à la gifle, placé entre ma haute silhouette et celle de ma "collègue" finalement si utile, était disséqué du regard de part et d'autre... Ses yeux qui parcouraient la pièce paraissaient chercher quelque chose, je doutais un moment qu'il veuille nous la faire à l'envers. Je songeais déjà à lui faire passer l'envie de toute révolte quand je saisis celle d'Ivy... Elle le regardait comme un rat qu'on rêve d'abattre, une vermine à exterminer. Une magnifique occasion de faire éclore la rebelle pleine de potentielle qui sommeillait en elle...

- Vas y.

J'avais dit cela sur un ton égal. Une simple invitation.

- Quoi ? demanda-t-elle, incrédule.

- Il le mérite, tu as vu ce qu'il a fait à sa sœur. Montre-lui qu'on ne fait pas cela à une gosse, détaillai-je.

Les lèvres d'Ivy s'entrouvrirent sans que le moindre son n'en sorte.

- Montre-moi que tu as ce qu'il faut ! Es-tu si faible ? Si lâche ! Réveille-toi !

Montre-toi comme tu es... songeai-je pour moi-même tandis que mes pupilles sombres défiaient celles de la cadette Shepherd.

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[Pour information : L'équipe 1 des rebelles est dissoute, Nicodème et Ivy seront à présent joués séparément.]
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Sam 11 Fév - 22:38

Les Pacificateurs





Mise à part la fouille minutieuse de Bennet, le corps à la peau tannée demeurait inexorablement immobile, inanimé, mort. Ses trois collègues se tenaient en ligne un peu plus loin, silencieux mais inquiets.
Sauf Derek qui n’était ni silencieux, ni inquiet. Il rongeait son frein avec son calme légendaire, grinçait des dents et se tordait dans tous les sens pour regarder les alentours. Rachel respirait profondément pour ne pas se laisser gagner par l’agitation qui frémissait lentement dans le groupe. D’un coup d’œil, elle constata que Marlon se contrôlait pour garder également son calme.
Si la native du District Neuf ne réagissait pas, c’était parce qu’elle comprenait la frustration qui habitait Derek : la même murmurait en elle, toutefois elle était capable de ne pas l'écouter. Un immobilisme forcé, une appréhension inévitable ou une digestion des évènements passés : qu’elle que soit la réelle durée de la fouille, cette attente était trop longue pour n’importe lequel des acteurs de la pièce.
Respectant un périmètre précis, de manière à intervenir rapidement en cas de problème, les trois Pacificateurs décidèrent tacitement de se répartir aux alentours pour ainsi se rendre utiles et accélérer la récolte de preuves. Derek n’arrêtait pas de tournicoter sur lui-même, observant continuellement les parages pour repérer le moindre détail inhabituel.
Sacrée sentinelle.
Rachel, elle, s’était déportée de la scène de fouille du corps rebelle, préférant regarder les détails alentours. Des douilles traînaient de ci, de là, de quoi donner les positions de quelques rebelles : la précision n’était pas de mise mais au moins, il était plus simple de se faire une idée. En notant les regroupements, elle situa leurs emplacements.
Deux rebelles avaient tiré. Un troisième était mort. Ne pouvant pas être partis qu’au nombre de trois, Rachel se permit d’estimer qu’ils étaient à peu près cinq. Un en moins, bien sûr, et tandis qu’elle reportait son regard vers le cadavre, ses pas l’y conduisirent.
Des traces carmin attirèrent soudain son attention, et elle se pencha pour repérer quelques gouttes. Leurs contours étaient bien trop nettes et leurs gisements trop concentrés pour trouver leur origine dans le corps allongé plus loin. Un autre rebelle était par conséquent assez gravement blessé pour que la plaie ait saigné, et il requérait un bandage apposé quelques mètres plus loin. Cette découverte réussit à ravir Rachel. Elle venait encore de prouver son utilité.
Edmond était agenouillé et inspectait minutieusement le cadavre devant lui ; Marlon l’aidait, debout à son côté. Ce dernier, justement, fronça légèrement les sourcils, puis se baissa avant balayer doucement la pierre devant lui. Il tira doucement à lui un objet dont l’éclat attira l’attention de Rachel.
Une montre pendait dans la main de Marlon, bien trop grande pour tenir à son poignet : de belle facture, argentée, la mort de son propriétaire ne l’avait a priori pas abîmée.

« Il y a des initiales au dos », examina-t-il.

Des lettres étaient effectivement gravées à l’arrière du bracelet : « F » et « S ». Un échange de regards éloquent se produisit entre les Pacificateurs présents : il y avait assez pour identifier une famille entière.
Cette montre offrait d’autant plus d’informations qu’en la retournant et la soupesant, Marlon en dégagea des fonctionnalités bien plus élaborées que ce que possédaient les horloges moyennes : entre autres, une boussole et un chronomètre. Il n’osa pourtant pas pousser plus avant son inspection par crainte d'abîmer le précieux objet.

« C’est typiquement le genre de gadgets que l’on trouverait au District Trois, affirma Edmond. Enfin, pour les plus aisés des ingénieurs. Ou pour ceux qui auraient des moyens détournés pour s’en procurer. »

Le vétéran attrapa le bijou et le rangea dans l’une de ses poches.

« Il n’y a plus rien à voir ici », déclara-t-il soudain.

Rachel s’avança pour faire part de ses observations : ce groupe paraissait pas complètement désorganisé, mais en revanche très peu équipé. Les conclusions ne furent pas compliquées à tirer pour quiconque :

« Un petit groupe, peu armé. Je suppose que leur intervention ne devait pas paraître compliquée à leurs yeux. »

Aux yeux des Pacificateurs non plus, pensa Rachel, mais elle garda sa remarque pour son for intérieur.

« J’ai par contre une bonne nouvelle : l’un d’entre eux est blessé. J’ai trouvé des traces de sang. Or, un blessé par balle un jour de marché ne doit pas être compliqué à repérer dans cette foule.
- Excellent. »

Chacun prit le temps de peser la nouvelle. Certains, pourtant, étaient plus véloces – ou plus précipités – que les autres.

« Et maintenant, on fait quoi ? »

Edmond se releva, les regarda tous les trois et acquiesça doucement.

« Maintenant on agit. Direction la caserne. »

Spoiler:
 



Les Pacificateurs se séparent en deux groupes.
L'équipe 1 est composée de Marlon Ban et Rachel Morrisson.
L'équipe 2 est composée de Edmond Bennet et Derek Wolff


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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 12 Fév - 0:28

Les Pacificateurs - Equipe 1





Après une hésitation de la part d’Edmond, qui avait failli imposer la présence de Derek à Rachel, celle-ci se dirigeait vers la place centrale du District Un en compagnie de Marlon. Elle s’estimait sincèrement heureuse d’avoir gagné au change.
La Pacificatrice s’arrêta un instant pour ajuster les fermetures de ses chaussures, et vérifier d’un coup d’œil son équipement ; le tout était plutôt destiné à se rassurer l’esprit qu’à s'assurer de sa fonctionnalité.

« Il y a vraiment du monde sur la place », déclara Marlon d’un ton amer.

Un bruit de scratch lui répondit, suivi de bottes que l’on frappait pour en attester la solidité – ou se donner du courage. Rachel rebondit sur ses jambes pour se mettre bien en place.

« Il faut bien qu’on ait du travail, non ?
- C’est une manière de dire les choses… »

Rachel vint à la conclusion que leur tenue était réellement adaptée à l’effort : aucune gêne, aucun blocage, elle s’avérait complètement différente des tenues de parade et beaucoup plus confortable.
L’essentiel était de rester concentré. Pour cela, elle était réellement satisfaite que Wolff soit resté derrière.

« Tu as retenu les signes distinctifs des rebelles ?
- Euh… aucun ?
- Bien. Au moindre geste suspect, de n’importe qui, fais-moi signe. On ne la joue pas solo. »

Marlon acquiesça. Sur un signe de Rachel, ils débarquèrent sur la place publique.
Rachel avait souhaité très fortement pouvoir se rendre sur le marché à la fin de la rencontre entre maires : si tout ne s’était pas déroulé comme prévu, son vœu de profiter de la braderie se trouvait exaucé. Des marchands hélaient sans fin les passants : pour certains les yeux brillaient quand pour d’autres, ce furent les poches. Des foulards bigarrés, des parfums exotiques, des voix prononcées ; le tout se mêlait et s’entrelaçait pour entraîner qui le désirait dans sa danse.
Rachel inspirait profondément pour ne pas se laisser attirer par ces merveilleuses odeurs de mets qui promettaient par leur apparence et leurs effluves d’être raffinés. De plaire à tous les palets. A la place, elle préférait observer les visages des hommes et des femmes qu’elle croisait : gros, petits, enjoués, tristes, tous se ressemblaient et se différenciaient sans cesse. C’en était à la fois passionnant et fatigant, cette imitation omniprésente des attributs physiques.
Certains d’entre eux baissaient les yeux, quelque peu coupables. Mais ils avaient la bonhomie des gens luxueux, ou la gaucherie d’une fillette : mais ni Rachel, ni Marlon n’avaient quelque chose à en faire de leurs histoires de coucheries ou de chocolat dérobé dans le placard. Dans tous les cas, à part avoir des talents terribles en dissimulation, cette petite blonde aux joues replètes n’avait rien d’un membre de rébellion.
Cela ne devait pas faire bien longtemps que les deux Pacificateurs arpentaient la foule et déjà ils devaient reconnaître leur ennui et leur agacement dus à la tension et l’absence manifeste de résultat. D’intérêt. Après tout, alors qu’ils se cassaient la tête à analyser le moindre geste des passants, les rebelles pouvaient parfaitement retourner tranquillement à leur planque. Et tout allait bien pour eux, après avoir assassiné une Pacificatrice et un maire.
Les deux collègues procédaient lentement, comparable à une équipe de surveillance. Ils ne pouvaient pas arrêter le premier passant venu : ce serait une perte de temps et une provocation d’appréhension. Or, dans une foule, la moindre onde inquiète pouvait rapidement se transformer en un affolant raz-de-marée. Edmond avait été clair à ce sujet-là : tant que le calme et l’ordre régnaient, ils pouvaient espérer les repérer.
Mais dans l’effervescence, la rébellion restait maîtresse ; à la Pacification appartenait l’ordre.
Marlon attrapa subitement le bras de Rachel et lui désigna un groupe de deux personnes au loin qui quittaient le marché central, pour s’en aller vers des rues parallèles – et ce qui semblait être une boutique de bijoux au loin. Le gamin du Un le lui confirma.

« Je reconnais l’une des personnes qui se dirigent vers la boutique des Standford, c’est une Carrière du District Deux. Si elle a vu quoi que ce soit, elle nous le dira. »

Rachel hocha lentement la tête : elle savait qu’il avait une ancienne Carrière du District Deux comme petite amie, désormais reconvertie en coach. Elle s’avança donc en direction des deuxcivils.

« Un instant. »

La Pacificatrice les apostropha sans appel, arrêtant le groupe dans sa procession vers la boutique de bijoux qui attirait par à-coups les regards : certaines pierres éclataient dans la vitrine selon les rayons du soleil qui arrivaient à les atteindre et à s’y refléter.

« Nous aimerions juste vous poser quelques questions. Simple contrôle. »

Que Marlon ait eu raison, par pitié.
Elle savait son collègue guettant le moindre danger.

« Nous souhaiterions savoir si le marché se déroulait bien pour vous, si vous n’avez rencontré aucun problème. Si aucun évènement, disons, anormal, ne vous a marqués. »

Qu’elle se sentait idiote à procéder à un « contrôle » alors que des meurtriers courraient dans la nature.
A cet instant débarqua une jeune rouquine, légèrement essoufflée, qui avait cherché à rejoindre son groupe après avoir été retardée pour une raison complètement inintéressante. Rachel observa simultanément les trois personnes qu’ils avaient arrêtées, insistant par son regard pour souligner la gravité de la situation et les inciter à éviter toute blague – ou de les faire tourner en bourriques. Le résultat fut satisfaisant avec la jeune rouquine qui, déjà naturellement mal à l’aise, ne traîna pas à détourner le regard ; elle espérait atteindre le même aboutissement avec la grande asperge ainsi que la Carrière suffisante.
Au moins, Rachel ressentait la même tension chez Marlon, et elle ne doutait pas que leurs cœurs battaient à l’unisson.
Spoiler:
 

Marlon Ban et Rachel Morrisson se trouvent sur le marché.
Marlon Ban et Rachel Morrisson ont arrêté Winston Davis, Nova Waltham et Indis Winfield pour discuter avec eux.



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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 12 Fév - 0:29

Les Pacificateurs - Equipe 2





Derek était sincèrement honoré par la confiance que manifestait Bennet à son égard quand il lui avait fait comprendre qu’il préférait l’avoir sous son service plutôt que de le voir partir avec Rachel et Marlon. Superbe.
Oh, il aurait pu lui faire ravaler ses prétentions dirigeantes d’une réplique : Bennet n’était qu’un simple Pacificateur d'un District intermédiaire, exonéré sa vie entière de responsabilités jusqu’à ce jour où on l’avait chargé de l’escorte d’un maire. Escorte à l’aboutissement affligeant, cela allait sans dire, au vu des cadavres qu’ils laissaient dans leur sillage.
Mais Derek lui laissait volontiers l’imputabilité de toute ce bordel, s’il le désirait tant : après tout, que les ambitieux se battent entre eux pour garder la tête hors de la fosse à merde, tant qu’ils ne l’entraînaient dans leur immondice.

« C’est à vous de donner le signal, chef. »

Derek insuffla un certain mépris dans le dernier mot, qu’il agrémenta d’un sourire satisfait. Mais Bennet, dans son calme exemplaire que n’avait jamais réellement eu Dixon, ne fit même pas mine de réagir à sa provocation. Il mesurait le temps d’avance dont nécessitaient Marlon et Rachel pour que leur ronde ne paraisse pas suspecte.
Peut-être que sa maîtrise inspirerait le respect à Derek. Encore fallait-il qu’elle ne se transforme pas en une incompétente inaction.

« Rien à signaler ?, quémanda Bennet dans son talkie aux Pacificateurs qui savaient à qui ils avaient affaire.
- Personne n’a tenté de quitter le District, grésilla l’un d’entre eux, rapidement conforté par ses pairs.
- Bien. Continuez à guetter. »

Avec flegme et détachement, Bennet repositionna précisément la radio à un endroit facile d’accès, sans risque de vol, et replaça un peu son armure qu’il trouvait quelque peu rigide – ou peut-être étaient-ce ses articulations qui n’étaient plus de prime jeunesse.

« Allez. »

Lâchée dans un souffle, cette invitation ne patienta pas pour avoir une réponse : et voilà que les deux Pacificateurs quittèrent la caserne avec l’intention ferme de ne rien laisser leur échapper.
Cette foule de marcheurs et de camelots rassemblait à elle seule toutes les craintes du duo : si une chatte n’y retrouverait pas ses petits, des Pacificateurs n’y retrouveraient pas leurs rebelles. Tous ces regards qu’ils croisaient, ces sourires qui les frappaient, ce décalage complet avec l’urgence que la gare avait provoquée ; rien ne pouvait les aider à atteindre leur objectif. Rien hormis leur rigueur et leur détermination, et là-dessus, les deux hommes pouvaient compter l’un sur l’autre : ils ne laisseraient aucune chance, à n’importe quel suspect, de fuir les conséquences de leurs actes. De leurs choix. Fuir la justice et l’ordre de Panem.
Derek repéra au loin les silhouettes de Rachel et Marlon qui opéraient avec moins de suffisance et de confiance qu’eux deux. Ils étaient cependant rapides : la foule les engloutit avec la gloutonnerie de gens qui cherchaient à acheter, et le natif du Capitole se surprit à espérer qu’ils en sortent.
Pour des raisons d’efficacité, Bennet l’entraîna dans la direction opposée. Cet homme était aussi décidé que sa prédécesseure, ce qui était tout à son honneur, l’austérité en moins.
Leur inspection les mena alors devant l’établissement de boissons du District, qui était bondé à cette heure de la journée. Sûrement pas un endroit pour cacher un blessé, mais Derek sentit la certaine volonté de son compagnon d’infortune d’y entrer.
Un haussement de sourcil.

« Dixon nous avait promis un verre à la fin de cette journée, déclara-t-il sobrement en estimant au travers des vitres le nombre de clients - trop.
- Ton vœu sera exaucé plus tôt que prévu, bien qu’il ne faille rien espérer de plus fort que de l’eau.
- Ce sera toujours ça. »

Avec un grognement de concert, les deux hommes pénétrèrent dans le bar.
L’environnement étouffait par sa chaleur, bien plus terrible qu’au-dehors, et frappait par son ramdam d’aboiements, de rires et de chocs contre les verres : les serveuses allaient et venaient entre les consommateurs avec une agilité professionnelle, à moins qu’elles ne soient entraînées par l’appât de la prime de service. Même eux, en tant que Pacificateur, ne pouvaient pas espérer en toucher à la fin de cette sale journée ; ils devaient même s’estimer heureux si on ne les flanquait pas au pilori pour le chaos causé sur le parvis de la gare.
Deux pas dans ce lieu de vie et de boissons que l’ambiance s’appesantit sans détour.
Elle s’avérait d’autant plus lourde que certains rires étaient devenus forcés, que certains regards illuminés par l’alcool devinrent plus inquisiteurs. Etait-ce dû à la simple présence des Pacificateurs, où à leur dégaine immanquablement marquée par la fusillade de la gare ? Des traits sévères, des gestes calculés, des lèvres pincées ? Derek regrettait que l’une des serveuses qu’il connaissait pourtant ait un geste d’hésitation à venir à sa rencontre ; il regretta d’autant plus la rigidité avec laquelle Bennet la renvoya à son travail.
La dure vie d’agent de la paix, aurait-il aimé susurrer à cette fille si jolie quand le travail était précisément terminé.
Bennet fit un tour rapide de la salle, sûrement attiré par cette baisse de jovialité à leur entrée. Derek, quant à lui, ne le suivit mais s’avança d’un pas de roi vers le comptoir : un visage attablé juste à côté l’y avait emporté. Enfin, plus qu’un visage, ce fut une situation complète : le Pacificateur avait reconnu la face immanquablement célèbre d’Eneron Stark, vendeur d’armes du District, aux côtés d’une jolie rouquine – un futur coup ? que la vie de businessman était terrible accompagnée de filles si exquises – avec laquelle il menait une conversation qui semblait importante. Sans doute. Ils paraissaient en tout cas bien installés.
Derek s’accouda au comptoir et le barman ne tarda pas à venir.

« Pacificateur Wolff ! Je ne vous ai pas souvent vu dans mon établissement pendant votre service. Je peux faire quelque chose pour vous ?
- Un verre d’eau. Les joies de la blancheur. »

Son oreille errait vers la conversation à la table non loin de là, mais Derek constata avec amertume qu’elle était inintéressante. Essentiellement composée de chiffres d’affaires, d’assurance et d’offres d’emploi. Jusqu’à ce qu’un détail l’intrigue : Stark avait dit de la rouquine qu’elle était ingénieure.
A Bennet qui ne traînait pas loin, Derek lui fit signe de se rapprocher. Devant le regard interloqué, il murmura très bas :

« La rouquine à côté de Stark serait ingénieure. En plus d’être notoirement de notre côté, l’homme d’affaires pourrait nous rendre un sacré service pour l’avenir. Ca te dérange si je m’occupe du sportif à côté d’eux ? »

Bennet étudia un instant l’armoire à glace détrempée et les deux interlocuteurs, et il acquiesça. Derek était comblé qu’on lui fasse ainsi confiance.

« Tu l’ajouteras à mon ardoise, n’est-ce pas !, lança-t-il au barman en attrapant le verre d’eau qui lui était servi.
- Bah, si tu me devais qu’un verre d’eau ! »

Dixon aurait été scandalisée devant une telle scène ; Bennet n’en avait strictement rien à faire.
Derek se dirigea vers la personne ciblé, un blondinet baraqué qui avait de grandes chances d’être Carrière. Tirant une chaise vide non loin de là, il la plaça entre lui et la rouquine. Il attira l’attention du duo en lançant à la fille :

« Ca ne choque pas votre ami détrempé si je bois un verre d’eau devant lui ? Il fait une chaleur à crever dehors, à chacun sa méthode pour se rafraîchir. »

Un clin d’œil malicieux ponctua sa phrase.
A cet instant, avec un léger sourire compréhensif, Bennet s’était glissé entre Stark et la nana, préférant rester debout. Au final, au vu de la configuration des deux Pacificateurs, aucun des trois interlocuteurs ne pouvaient s’éclipser en douce, et Derek savait qu’il n’y était pas pour rien. Loin de là.

« Monsieur Stark, c’est un honneur de pouvoir vous rencontrer ! Vous êtes une légende dans mon humble District. Le District Trois. »

Derek observait attentivement Stark, Bennet observait attentivement la fille : au moindre signe de leur part qui offrirait une information, ils la saisiraient sans hésiter.

« Permettez que je dérange votre conversation, mais mon collègue n’a pas pu s’empêcher d’entendre que vous étiez ingénieure, mademoiselle… Or, nous aurions précisément besoin de votre instruction. Ce ne sera pas long. »

Bennet sortit alors la montre trouvée précédemment sur le corps du rebelle, et la montra à la rouquine : pourtant, loin de défaire son étreinte pour la laisser s’emparer de l’objet, il affermit sa poigne.

« Nous souhaiterions simplement retrouver le ou la propriétaire de cette montre de très belle facture… Malheureusement, pour éviter tout accident, je préférerais la garder en main. Dites-moi simplement comment je peux vous aider… à nous aider. »

Derek but une gorgée et fit mine d’en offrir un peu à son voisin mouillé.
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Edmond Bennet et Derek Wolff sont dans le bar.
Edmond Bennet et Derek Wolff parlent avec Eneron Stark, Emerick Waltham et Clarissa Stern.

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 12 Fév - 2:39

Les Rebelles - Equipe 2





Alors que leur collègue le plus expérimenté venait d’indiquer clairement sa désapprobation à la stratégie qui se mettait en place suite à la prise de contrôle de Jonathan, Kenny avait fait un bond en avant pour le retenir. Cependant, Cassio n’était déjà plus qu’une ombre parmi les passants, il filait sans un regard en arrière pour ne devenir plus qu’une silhouette qui bientôt se mêla à tant d’autres. Il le perdit de vue. Une fois de plus, le jeune Shepherd montrait qu’il avait toujours su être invisible… L’angoisse gagna pourtant Kenny : et si Cas’ avait raison ?

- Laisse-le partir, il a besoin de les retrouver... l’appela Siti d’une voix faible en passant son bras autour des épaules de Jonathan pour paraître moins recroquevillée.

Le second du Huit était un peu plus grand que son ancien soutien et elle devait se redresser davantage pour réussir à trouver une stabilité dans son étreinte sans laisser transparaître son état. La douleur la tirailla, sa tête lui tournait mais il était hors de question qu’elle puisse causer leur perte.

- Il pourrait avoir besoin de nous, t'as déjà oublié l'autre as du viseur qui a voulu nous montrer qu'il avait la plus grosse ? Il marqua une pause : Cas’ pourrait avoir besoin d’aide face à lui…

Siti n’avait pas réellement saisi le discours de son collègue, il était bien trop compliqué de se concentrer sur quoi que ce soit tant son épaule la lançait. Elle sentait la chaleur du sang qui grouillait sous le tissu noir et qui lui rappelait inlassablement sa profonde blessure. Les indications de la soignante ne la rassurait pas, dix minutes avant de perdre connaissance… Voilà donc ce qui lui restait avant de devenir un poids pour les autres rebelles, pour devenir celle qui pourrait tous les faire tuer. Le simple fait d’être en possession de cette information l’angoissait terriblement, consumant ses forces dans un stress inutile.  

Lorsque Jonathan l’interrogea sur sa capacité à pouvoir se rendre jusqu’à la planque, Siti murmura :

- Je… Je saurais faire ce qu’il faut…

Sa voix se cassa sur un gémissement quand le bras de Jonathan, passé sous ses aisselles, vînt bouger son épaule.

Quand Leanore mentionna un cabinet médical, Kenny se tourna vers elle. Ses yeux sondèrent son regard sombre, il y lisait une inquiétude qui le déstabilisait. La situation lui parut soudainement plus grave, plus insolvable encore. Ses boutades éternelles le quittaient, laissant place à l’incertitude et au danger… Peut-être était-ce une meilleure option après tout ? Il y trouverait tout ce dont il aurait besoin pour soigner Siti dont les forces vacillaient. Les idées se mélangeaient dans la tête du jeune homme qui se disait de plus en plus qu’il aurait dû suivre les conseils de Cassio et fuir… Seulement, cela aurait été à quel prix ?

Bientôt, Jace commença à se décharger des responsabilités qu’il avait pourtant réclamées quelques minutes plus tôt. A cet instant, le rebelle du Treize sentit le doute qui habitait ce mec qui avait presque le même âge que lui et entre les mains duquel ils avaient placé leurs vies. Devant cette hésitation malvenue, Kenny serra les dents :

- C’est maintenant que Cas’ est parti que tu nous demandes notre avis ?

Son ton avait été plus sec qu’habituellement. La jovialité était bien moins de mise maintenant que le masque du second du Huit se craquelait et que le chargé des communications prenait conscience avec horreur que celui-ci ne savait absolument pas plus qu’eux quoi faire pour se sortir de ce faux pas.

- Il faut qu’on prenne une décision… La planque est au Nord, il faudra retraverser la place, réfléchit-il à voix haute avant de se tourner vers Leanore pour l’interroger : Pour le doc’ tu penses qu’il est du genre consult’ sur rendez-vous ou open bar ?

Ils devaient maintenant prendre une décision… Tentative de retour à la planque ou nouvelle implication de civils ? Il vous faudra choisir…

Spoiler:
 



L'équipe 2 des rebelles (Kenny & Siti) sont dans la ruelle, avec Leanore et Jonathan.


Dernière édition par Sélène J. Featherstone le Dim 12 Fév - 2:51, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 12 Fév - 2:44

Les Rebelles - Ivy Shepherd





Tiiiiiiiiiiiiiiiiiii…
Je me serais volontiers taper la tête contre ce mur si ça avait permis à ce bruit insupportable de se taire. A jamais. Ou peut-être que je me serais tapée la tête contre ce putain de mur juste par besoin, sans en avoir rien à faire du résultat.
Juste pour m’échapper un instant de cette situation.
Mes doigts se détachèrent lentement de ma tempe pour se fixer à nouveau sur mon arme. Elle était devenue chaude à force de se trouver dans mes paumes, et je ressentis cette chaleur comme un insupportable enfer. Je sentais que Nico était totalement excité, voire exalté, par cette température qui augmentait au fur et à mesure que ces bêcheuses tremblaient, que cette gamine blonde encaissait, que la tension montait et repoussait toujours plus la rupture.
Un volcan toujours bouché qui faisait face à une pression insoutenable.
Mais cette fièvre créait un casque qui m’emprisonnait le crâne et forçait les acouphènes à résonner.
Les ordres qu’intimait Nico me ramenèrent lentement à la réalité : le voile noir que le bruit aigu avait insidieusement jeté sur mes yeux se dissipa, et je fus plus que soulagée de constater que personne ne m’ait vue perdre conscience de la situation. Une certaine irritation commença à brûler le fond de ma poitrine : il serait arrivé n’importe quoi que j’aurais été incapable de réagir. Ma fierté s’échauffa. Je ne devais plus me laisser ainsi aller.
Je remontais le morceau de tissu que m’avait donné Cassio pour couvrir mon visage.
Nico aboya et je levai alors les yeux vers lui : était-il forcé d’aboyer sur cette gamine ? Dans d’autres circonstances, face à une tierce personne, je lui aurais rappelé que les gros chiens aboyaient fort mais mordaient peu. Simplement, il était question ici de Nicodème : il mordait plus qu’il n’aboyait et, lorsqu’il élevait la voix, ce n’était jamais des paroles dans le vent.
Je discernai les battements nets de mon cœur. Je devais reconnaître que c’était pour cela que j’admirais cet homme. Etait-ce pour cela que j’avais bondi dans sa direction alors qu’il venait d’abattre le maire du Cinq, sans un regard en arrière ? Sans même vérifier que celui des nôtres qui avait été abattu n’était pas Cassio ? Ce n’était ni l’endroit, ni l’heure de chercher des réponses à cette question.
Face à moi, bien visible, se dessinait la nuque du grand frère. Le voir ainsi ravivait une certaine colère moi : comment oublier ce qu’il venait de faire à sa sœur ? Je voyais la gamine blonde, effrayée derrière le comptoir de son magasin, implorant aux intervenants de les laisser tranquilles… Elle était assurément une gosse pourrie gâtée, qui n’avait jamais souffert de la peur de mourir, ou de la perte d’un être cher, ou d’une douleur qui transperçait les chairs et cuisait la peau. Sauf qu’à ce moment, à son cri, elle n’était plus rien de tout cela : tous les hommes étaient égaux devant la peur, et ses yeux avaient exprimé le plus sincère des langages.
Je haïssais cet idiome.
Pire que tout, toutefois, je haïssais la violence gratuite : or, lorsque cet homme avait asséné ce coup à sa sœur, mon sang n’avait fait qu’un tour. Rien ne justifiait qu’on frappe sans raison. Il l’avait fait. Je sentais tous les pores de mon corps réclamer justice contre cette injustice. Et la justice, je l’avais à portée de doigts, tandis que je tenais en joug ce frère de mes mains.
Des cris, des larmes. Et l’intervention chérie de Cassio.
Quand Nico repoussa violemment la gamine sur le mur proche de moi, tout aurait dû me porter à la soutenir, à la relever. Mais je n'esquissai pas un mouvement. Je ne jetai même pas un regard. Cette fille devait apprendre que la vie n’était pas une boutique de bijoux : que derrière les faux semblants se cachaient du toc et des coups. Bien pires qu’un mur. Bien pires que son frère.
Ce qui n’excusait pas son acte, loin de là.

« Vas-y. »

Je jetai un regard interloqué vers Nico qui m’avait sans conteste adressé ces mots. Mes cheveux volèrent dans mon dos Mais pourquoi ?

« Quoi ? »

Je pensais lentement comprendre, mais une voix susurrait en moi que ce n’était pas la bonne chose à faire. Que je ne devais pas laisser cette colère, cette excitation, tout ce bouillonnement qui chauffait chaque organe de mon corps et qui ne revendiquait qu’une chose : sortir, et laisser la pression se libérer.
Mes mains se replacèrent sur la crosse de mon arme, et je déportai mes yeux de Nico pour les reporter sur cette nuque mise à nue. Cet homme était en position de faiblesse, autant que l’avait été sa sœur désespérée derrière le comptoir. Connaissait-il ce sentiment ? Regarder impuissant les coups prêts à pleuvoir ? Imaginer toute la douleur qu’ils allaient délivrer, en sachant pertinemment qu’elle serait pire ?
Nous n’avions qu’un objectif : sortir de cette boutique. Je devais m’y concentrer. Pourtant, quand Nico désirait une chose, il ne la laissait pas filer.

« Il le mérite, tu as vu ce qu'il a fait à sa sœur. Montre-lui qu'on ne fait pas cela à une gosse. »

J’ouvris la bouche, prête à lui ressortir qu’il existait des règles, des manières de se conduire. Je restais pourtant muette par une simple interrogation : était-il au courant ? Etait-il simplement au courant de ce qui se produisait chez les Shepherd, tard les soirs, quand le désespoir gagnait les cœurs de ceux qu’une femme avait laissés dans un deuil éternel, et qui tentaient par tous les moyens de s’en séparer ?
Je n’avais jamais pu rendre à mon père les coups qu’il désirait m’infliger.
L’occasion est là, à portée de doigts, sur un salaud bien pire que lui.
Mes mains se crispèrent autour de mon arme. Je me mordis les lèvres. Je sentais une colère bouillonnante s’emparer de moi… mon esprit s’échauffait… un casque comprimait mon crâne…

« Montre-moi que tu as ce qu'il faut ! Es-tu si faible ? Si lâche ! Réveille-toi ! »

Qu'il se taise !
Un son, à mi-chemin entre le cri et le grognement, se libéra du fond de ma gorge : mon pied fouetta avec une violence incontrôlée l’arrière du genou de ma victime. Dans le lointain, le bruit sourd d’un corps qui s’écroulait au sol, devant moi. Il aurait pu être le paillasson pour mes chaussures rendues poussiéreuses par cette fuite.
Mais ç’aurait été trop d’honneur. Ma semelle, en lieu et place, s’écrasa contre ses parties avec une animosité toute dirigée. Contre cette virilité qui l'avait poussé à se croire supérieur au point de frapper sa sœur.
Le plus dur pour moi était peut-être cette boule qui refusait de quitter le fond de ma gorge, ou ces larmes qui répugnaient à ne serait-ce qu’embuer mes yeux : aucun de mes gestes ne me faisait le moindre bien. Ce n’était pas mon père que je voyais là, mais juste un connard qui avait frappé sans raison sa blonde de sœur. Gratuitement. Je n’en tirai aucune satisfaction.

« Merde ! »

Un geignement, plus aigue que je ne l’aurais souhaité : je m’essoufflais trop vite devant cet effort. La scène s’était déroulée plus rapidement que prévue, plus rapidement que ce que racontaient tous les rebelles qui se vantaient d’avoir infligé la pire dérouillée que n’avait jamais connue une ordure.
Je ne pouvais pas rester sur ce gémissement : pourtant, ma tête tournait, m’empêchait de réfléchir à des paroles correctes. La fièvre n’avait pas baissé, le bouillonnement ne s’était pas calmé. Et je me sentais quelque peu nauséeuse.
Les mots sortirent dans un crachas de haine et de mépris :

« Tu ne la frapperas plus jamais, connard ! Sinon c’est pas moi qui rendrais les coups. Et ce sera pire pour toi. »

A qui étaient destinés ces mots ? Je ne regardai pas Nico, je ne regardais pas la gamine, je ne regardais pas le visage à mes pieds : juste ses mains, et mon arme.

« Allez putain, relève-toi et assume tes coups, et d’avoir été foutu au tapis par une femme. »

J’insistai involontairement sur ce mot.

Ivy Shepherd est dans la boutique Standford.

Spoiler:
 



Coralie Standford : La boutique n’a jamais été aussi silencieuse. Personne n’ose parler, ni même expirer, de risque de faire un bruit trop fort et d’attirer l’attention : le passage à tabac semble même avoir calmé tous les gémissements des vendeuses et les revendications des clients. Tout ça pour venger la gifle que Hunter t’a infligée.
Pendant ce temps, pourtant, tu n’es pas si loin de la sortie des employés de l’arrière-boutique – Nicodeme t’a même forcée à la déverrouiller. Les deux rebelles sont concentrés à autre chose. Tu n’as qu’une courte chance : comptes-tu la saisir et fuir sans savoir ce qu’il y a derrière cette porte ?

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Dim 12 Fév - 4:19

Les Rebelles - Cassio T. Shepherd





Les mains dans les poches, je m'étais enfoncé dans la ruelle sans attendre. Ce blondinet avait voulu jouer les gros bras en gonflant bien le torse, qu'il se démerde maintenant puisqu'il se croyait plus apte à nous sortir du pétrin. Certains n'arrivaient donc jamais à rester à leur place. Cela ne lui était-il pas venu à l'esprit que s'il n'avait pas été contacté pour cette mission, c'est qu'il aurait dû rester en retrait ? A croire que même lorsque ce genre de type arrogant réussissait à gravir les échelons avec une aisance déconcertante de parvenu, il avait encore besoin de se faire valoir sur les cendres de leurs collègues.

Certes, j'avais entendu le son mat des bottes de Kenny qui s'était précipité pour me rattraper, mais j'avais préféré m'emmurer, regarder devant moi et avancer. Je savais que si l'un entre d'eux bronchait ouvertement de mon départ, je ne parviendrais pas à garder le cap que je m'étais fixé maintenant que Kenny et Siti avaient trouvé une aide dans laquelle ils avaient toute confiance. Sans doute étais-je un peu blessé dans mon orgueil, j'aurais aimé qu'il se fit à mon jugement plutôt qu'à l'autre blond décoloré : non pas aveuglément, mais parce qu'il aurait compris que j'avais évalué la situation avec toute l'expérience que m'avait transmise mon père... La famille... Ivy...

Alors que les visages qui m'entouraient étaient multiples, rayonnants d'une légèreté que je me souvenais à peine avoir connue, je m'enfonçais dans vers le sud du district. Comment avais-je pu être aussi con ? Je ne connaissais pas suffisamment cette ville pour espérer pouvoir me dépatouiller sans l'aide de quiconque. Je serrai les dents, il allait pourtant bien falloir que je réussisse : entre les pacificateurs qui devaient s'organiser et Ivy qui était certainement encore en compagnie de l'autre ordure, je ne pouvais pas me permettre de renoncer.

Après qu'un groupe de jeune fille m'ait toisé en gloussant étrangement, je remontai instinctivement le col de ma veste sur le bas de mon visage. L'étouffante chaleur qui régnait aurait incité n'importe qui à se dévêtir, je ne pouvais me permettre ce luxe. Je n'étais pas ces personnes aux riches porte-feuilles qui se baladaient ici par pure frivolité et goût du clinquant. J'étais de ceux qui étaient traqués et dont la cervelle finirait sur la place publique si je ne me montrais pas assez prudent. Bien que peu à l'aise, je ne m'arrêtai à aucune intersection : j'avais noté la présence d'un pacificateur à un embranchement à l'extrême sud du centre-ville, aucun comportement suspect ne devait transparaître sinon j'étais foutu. Kenny avait eu raison sur un point, pour le moment ces fichus soldats à la botte du Capitole ne bronchaient pas ouvertement. Ils avaient trop peur de choquer la population si "innocente" de ce pauvre district Un...

Seulement voilà... Si notre intervention avait bien été diffusée en direct comme cela avait été programmé, cela signifiait que bientôt des habitants allaient commencer à parler entre eux, la rumeur se répandrait et tous paniqueraient. Une fois le bordel déclenché, ils leur importeraient peu de répandre un peu plus encore la terreur en fouillant chaque recoin pour nous débusquer. Une goutte de sueur coula le long de mon dos, frôlant mon échine avec cette lenteur infâme propre à la peur qui se répand. Je fermai les paupières en reprenant une bouffée d'air presque caniculaire. Pour une fois, j'aurais rêvé être à l'abri des lueurs brûlantes à l'atelier, entre les outils de métal frais.

Je retrouvai néanmoins cette sensation quand ma main gauche glissa dans ma poche. Le revolver était toujours là. Mes munitions avaient peut-être diminuées, mais il m'en restait suffisamment pour pouvoir gérer une situation de crise. Non. Ça c'était la version rassurante... En réalité, s'ils me tombaient dessus, j'étais foutu. Et cela tout simplement car j'étais seul. Me fondre dans la foule me procurait une planque inespérée, toutefois il fallait que je veille à ne pas sortir du rang.

Quand j'entendis des clameurs monter d'un marché situé en amont de la rue très passante que je venais d'emprunter, je pressai le pas. Lorsque j'y parvins, je me glissai contre les vitrines d'une bijouterie d'où je pouvais observer le bazar qui régnait sur le marché. Se pouvait-il qu'il s'agisse d'une conséquence du passage de ma sœur et cet abruti de Nicodème ? C'était tout à fait le genre du type de provoquer un mouvement de foule pour couvrir sa sortie... Mes yeux balayèrent les alentours, rien d'autre n'attira mon attention : dans la rue nulle trace d'eux, quelques badauds attroupés s'extasiaient de la scène opposant une femme à un commerçant visiblement remonté contre un présumé vol et dans la boutique rien ne semblait bouger...

Je me remis donc en marche en comprenant que j'allai devoir affronter la grande place. Si Nico avait voulu fuir, et nul doute que ce fut son intention - sauver ses fesses et nous laisser assumer ses conneries -, il l'aurait fait par l'endroit que nous avait indiqué Kenny. Autour de moi s'étendaient des étals exposant des babioles toutes plus ridicules et inutiles les unes que les autres. Je ne leur prêtai pas attention, bien trop occupé à tenter de trouver une logique à cette scène à laquelle je venais d'assister... Quand je compris, je me stoppai net. Une femme d'un certain âge me heurta, elle bredouilla une réprimande que je n'entendis même pas tandis que je tournai talons pour retourner sur mes pas.

"Rien" ne semblait bouger. Tout était "trop" calme.

Mes pas s'accéléraient même si j'essayais de garder une démarche tranquille pour ne pas paraître suspect si des pacificateurs venaient à envahir la foule. Mon cœur tambourinait à chaque fois qu'un regard se posait sur moi, à chaque fois que je sentais peser sur mes épaules le poids de mes suppositions et la peur du désastre que je craignais de découvrir. D'un geste mécanique, je fourrai ma main dans mon sac passé en bandoulière. Le foulard n'y était plus. Siti. La balle. Sa blessure... A l'heure qu'il était, j'espérais qu'il avait au moins déjà traversé la place pour fuir chez notre contact. Il fallait qu'eux au moins soient en sécurité. Toutefois, cette absence ne pouvait signifier qu'une chose : il allait me falloir de quoi me cacher le visage car si ce que je pensais était exact, mon identité serait à dissimuler plus que jamais.

Un peu plus en avant dans la marche incessante des acheteurs friqués, je remarquai une jeune femme. Rouquine, elle tournait sans cesse la tête vers un autre étal dont elle dévorait des yeux les objets exposés. A sa main, un sac laissait déborder un morceau de tissu bleu. Il serait un peu voyant mais c'était moins risqué que d'en faucher un sur un étal... Je me glissai donc derrière elle, marchant à sa cadence, ce qui n'était guère difficile. Lorsqu'elle pivota sur la gauche sans que j'y trouve aucune raison - peut-être pour admirer je ne sais quoi qui brillait plus que le reste -, je me baissai légèrement en passant à sa droite et saisis l'étoffe convoitée.

Sans perdre de temps, je la glissai sous ma veste avant de dépasser la jeune fille ainsi que le petit groupe qu'elle semblait suivre. J'attendis de les semer un peu dans la foule pour faire un tour autour de mon cou avec le foulard d'un bleu clair, tout en veillant à laisser ses pans retomber sous ma veste pour ne pas le rendre trop visible. Se faire pincer pour un vol alors que je tentais d'échapper à une condamnation pour acte de Rébellion aurait fait tâche, non ?

Seul un mince morceau du tissu me recouvrait le col à présent que je me dirigeai vers mon objectif, là où nous allions peut-être enfin pouvoir mettre à plat cette fichue mascarade qui avait trop duré et avait fait coulé bien trop de sang... Même si je rêvais d'en verser encore un en particulier.

Spoiler:
 


Cassio semble se rendre quelque part, il se trouve dans la rue au sud-ouest de la grande place.

Clyde Holden : Alors que tu marchais dans le dédale du marché de la grande place en compagnie de ton cher cameraman, tu as aperçu un jeune homme dont il te semblait reconnaître les traits. Certes, tu n'avais pas vraiment une bonne vue de là où tu étais posté lors du cuisant épisode à la gare et tu t'es peut-être un peu caché lorsque les coups de feu ont redoublé... Cependant, entre sa veste qui était vraiment d'un goût propre aux districts et ses yeux clairs perçants, tu penses reconnaître le rebelle qui était dissimulé derrière la première rangée de cargaison. Peut-être ton imagination te joue-t-elle des tours et désires-tu tant t'impliquer que tu les vois à présent partout... Ou peut-être est-ce bien l'un d'entre eux à qui tu pourrais apporter ton aide... Soudain, il fait demi-tour vers le sud et presse le pas, tu le vois même frôler une demoiselle avant de disparaître dans la foule pour se glisser dans une allée du sud-ouest. Le suivras-tu ?

Winston Davis : Tu étais en train d'écouter les pacificateurs qui vous ont interpelés quand tu as remarqué la couleur si reconnaissable de l'écharpe portée par un jeune homme, posté devant une vitrine un peu plus loin. Il était en train de contourner l'angle de la boutique lorsque tu as fait le lien avec l'étoffe achetée par Indis et que, détournant le regard vers son sac, tu as découvert que son achat n'y était plus. Une seule conclusion s'impose : on a dû lui la voler.
Cependant, maintenant que les pacificateurs vous questionnent à propos de comportements suspects, quelle sera ta réaction : leur parleras-tu de ce vol et de son présumé coupable ?

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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Lun 13 Fév - 23:36

Les Pacificateurs - Equipe 1





Il fallait prévoir que ce qui était craint arriverait. Ne sachant pas de quoi il en retournait, les civils prirent un temps forcément trop long pour répondre.
Peut-être qu'un souffle aurait pris trop de temps.
Les informations arrivèrent l’une après l’autre, à croire que la Pacification avait dormi depuis que le marché avait débuté. Ou peut-être n’était-elle pas capable de couvrir tous les incidents qui pouvaient survenir. Quelle qu’était la réalité, Marlon devait reconnaître qu’elle ne l’enchantait pas.
Nova Waltham, dont il connaissait le nom et la réputation – bien que ce ne soit apparemment pas réciproque –, obtempéra à la demande de Rachel de son attitude confiante qui frisait, voire embrassait, la suffisance. C'était des gestes et des regards que Marlon ne connaissait que trop bien. Heureusement que sa copine était un peu plus mesurée. Enfin, elle l'était devenue par la force, quand les Jeux lui échappèrent et qu'elle s'était trouvée reléguée au coaching. Qu'elle avait appris à apprécier.
La Carrière devant lui commença à expliquer qu’il y eut une agitation un peu plus loin d’ici, une dizaine de minutes plus tôt. Pas besoin d'être sociologue pour comprendre que rien de plus ordinaire n'était provoqué lorsqu'une telle masse était réunie dans un espace trop confiné.
Un échange de regards entre Marlon et Rachel : ils ne prendraient pas cet évènement à la légère.
Mais rapidement après, alors qu’une rouquine avec un air complètement paumé débarqua, l’aîné de cette troupe de civils attira l’attention générale en désignant un endroit à proximité où se trouvait un voleur d’écharpe ; écharpe qui aurait appartenu à la gamine surprise de découvrir qu’elle n’était plus en sa possession. Rachel eut un regard dans la direction indiquée : naturellement, aucune trace de la personne accusée. Dans cette configuration de l'endroit, le voleur aurait assurément plus de facilités à se fondre dans la foule qu’un lézard sur un mur infernal.
La rouquine le confirma par ses quelques mots, tant qu’on arrivait à les comprendre dans ses babillages : il n’y avait personne et elle pouvait l’avoir perdue en chemin. Elle paraissait parfaitement capable de ne pas s'en être rendu compte.

« Nous vous remercions pour les renseignements. »

Apparemment, Rachel avait décrété que c’était le moment de partir. Marlon n’était pas réellement satisfait : il sentait, quelque part, qu’il y avait quelque chose à faire de ces révélations.

« Nous allons voir pour l’agitation là-bas. »

Elle n’avait pas tort. S’ils devaient chercher un unique homme dans toute cette mêlée, ils passeraient forcément à côté de rebelles. Si tant était qu’ils n’avaient pas quitté le District.

« N’hésitez pas à vous adresser à l’une des patrouilles au sujet du vol. Ou de tout autre problème qui dérangerait votre après-midi. »

Une certaine frustration perçait dans la voix de Rachel. Marlon tenta par tout moyen d’attirer son attention, son regard, pour lui faire signe qu’il fallait creuser un peu ; mais la femme obstinée ne semblait pas désirer autre chose que quitter cet endroit au plus vite.
Marlon déglutit. Il devait prendre des initiatives. Il se tourna vers le trio infernal.

« Quelle est la couleur de l’écharpe ? »

Rachel lui lança un regard perplexe, légèrement… agacé.

« Si nous la voyons, nous interviendrons. »

Marlon regarda successivement les trois civils évitant soigneusement de croiser la vue de sa collègue.


Spoiler:
 

Marlon Ban et Rachel Morrisson se trouvent sur le marché.
Marlon Ban et Rachel Morrisson ont arrêté Winston Davis, Nova Waltham et Indis Winfield pour discuter avec eux.


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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Mar 14 Fév - 2:11

Les Rebelles - Equipe 2





C'était étrange comme le destin jouait avec eux. Il les avait pris dans ses filets, puis désormais les laissait se débattre dans les mailles dont Kenny pouvait presque sentir les fins fils tranchants sur sa peau. Chaque souffle, chaque regard qu'il portait vers la place lui rappelait le caractère éphémère de leur situation car, s'il y a bien une chose que les rebelles avaient appris aujourd'hui, c'est que tout pouvait basculer d'un instant à l'autre. Une mission de routine pouvait se transformer en débâcle cruelle, en charnier morbide. Il sentit sa pomme d'Adam remonter lorsqu'il déglutit difficilement en regardant Siti, si faiblement appuyée contre Jonathan. Elle paraissait si vulnérable et pourtant elle tenait le coup, elle luttait pour montrer le moins possible son état alarmant. D'un point de vue extérieur, elle pouvait passer pour une jeune femme avec un mauvais coup de chaleur. Au final, peut-être seraient-ils parvenus à sortir du District avec elle ? Peut-être pourraient-ils être loin désormais... Peut-être auraient-ils pu avoir cette certitude rassurante de revoir un jour leur demeure. Bien que rester dans une taupinière pour le reste de ces jours ne fasse pas partie de ses désirs les plus chers, le jeune du Treize se prenait presque à rêver se mouvoir dans les couloirs étroits des galeries, à laisser ses yeux s'accommoder à la semi-pénombre qui régnait toujours dans le dédale du bunker de sa ville natale.

Que ce médecin soit ou non disposé à les aider, qu'il y ait ou non des patients dans son cabinet, il y aurait des risques et leur évaluation ne faisait pas partie de ses attributions. Lui avait été formé à assurer le lien avec les rebelles externes, il était une des voix du district disparu et pourtant si présent. Il était celui par lequel passaient les informations sans qu'il n'en saisisse toujours les tenants et les aboutissants. Or, aujourd'hui, alors même qu'il avait toujours apprécié les missions et l'adrénaline joviale qu'elles injectaient dans ses veines, il comprenait. La réalité. Celle si dure et implacable des districts. Celle qui pourrait les faire tous tuer.

Sa plaisanterie n'avait guère fait mouche. Tout au mieux, il avait pu apercevoir un léger sourire sur les lèvres de Siti : elle était toujours si bon public et cela en toutes circonstances. Personne n'avait le cœur à rire mais il en avait besoin. Il savait que lorsque les blagues cesseraient alors c'est qu'ils auraient atteint un point de non-retour.  

Kenny scrutait avec une certaine intensité la silhouette de Jonathan. Il avait besoin de l'entendre prendre une décision, il avait besoin qu'il assume le rôle qu'il leur avait arraché quelques minutes auparavant. Pourtant, il ne paraissait rien de plus qu'eux. Un titre hiérarchique ne faisait décidément pas tout. Dans son cou, le visage de Siti s'était glissé. La pâleur de sa peau était inquiétante pour quiconque connaissait la fraîcheur qui se dégageait habituellement de ses traits fins. Elle était de ces filles que même un travail rude ne changeaient pas, qui restaient douces et pleines d'empathie malgré l'adversité. En cet instant, elle paraissait pourtant éteinte.

Sa tête tournait encore même si le brouillard qui l'entourait semblait se dissiper peu à peu. Étrangement, elle se sentait mieux. Leur immobilité participait sans nul doute à ce regain de forces et elle s'appuya à nouveau davantage sur ses jambes, délestant quelque peu Jace de son poids. Bientôt, la soignante se détourna d'elle et, lorsqu'elle annonça que le cabinet médical était la meilleure option, Siti grimaça. Elle eut envie de reprendre les paroles que son ami Cassio avait prononcées quelques minutes plus tôt : ce n'était pas une bonne idée d'impliquer encore davantage de personnes. D'ailleurs, sa présence rassurante lui manquait. Jonathan faisait de son mieux ; seulement, malgré la douleur et le brume, elle n'était pas dupe, il se reposait sur eux au moins autant qu'ils se reposaient sur lui.

Finalement, ce fut Leanore qui prit le groupe en main. Elle s'apprêtait à sortir dans l'allée perpendiculaire à la ruelle quand Kenny se pressa de la saisir par l'avant-bras.

- Il faut que tu restes avec nous... Siti pourrait avoir besoin de tes compétences n'importe quand...

Il se tourna alors vers Jonathan, leurs regards se défièrent et le jeune chargé des communications s'affirma pour la première fois :

- Comme c'est toi la lumière du groupe, tu vas jouer les éclaireurs !

Ok, celle-là elle était gratuite ! Cependant, Kenny devait bien admettre qu'il n'arrivait presque plus à contenir l'amertume qui grondait dans chaque pore de sa peau, qui grouillait dans ses muscles et le poussait à la provocation.

-Qu'est-ce que tu fais Kenny ? murmura Siti lorsque celui-ci vînt prendre la relève de Jonathan et la cala au creux de son flanc.

- Chut ma belle, je te tiens... Ton pote va aller nous ouvrir la voie et la toubib reste avec nous. Il sourit avec une gentillesse d'une beauté certaine dans le regard, avant d'ajouter : Tu perds pas au change, je suis quand même vachement plus drôle que tes deux précédentes béquilles !

Bien que Jonathan fut le second de son district, Siti obtempéra à la demande de Kenny. Après tout, c'était avec lui qu'elle était en mission et impliquer ostensiblement Jonathan ou même Leanore pouvait se révéler dangereux. Etait-ce l'effet du court repos qui lui permettait d'avoir les idées un peu plus claires ?

Maintenant que Kenny soutenait Siti et que Jonathan s'en était détaché, l'impatience les gagnait, prise dans un flot ininterrompu de sentiments contraires. Amitié, reconnaissance, déception, colère, angoisse, pression, peur,... Toutes se confondaient.

Kenny suivit Jonathan du regard et, tandis que ce dernier sembla hésiter à s'engager dans l'allée pour leur ouvrir la route, il ne put s'empêcher de lui lancer :

- T'inquiète, on connaît la musique : si tu hurles on se casse !

Associé à un sourire en coin, cette déclaration était hautement rassurante et pourtant tellement sérieuse.

Spoiler:
 



L'équipe 2 des rebelles (Kenny & Siti) sont dans la ruelle, avec Leanore et Jonathan.

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Sélène J. Featherstone
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Lun 20 Fév - 0:31

CLARY



Une fine brume passa devant mon visage, vestige d’une bouffée de fumée qu’’un cigare de nos voisins de table avait amené jusqu’à nous. L’odeur âcre me chatouilla les narines, envahit ma gorge et manqua de me faire toussoter. Je n’étais pas habituée à ce type d’effluves artificiels. A côté, le carrière doté d’un orgueil certain essayait d’essorer sa fierté, sans broncher plus que nécessaire. Il était jouissif d’apprécier son silence, mais je n’étais pas là pour ces jeux puériles qui n’avaient été qu’une petite distraction permettant de nous mettre à l’aise. Nous allions donc pouvoir nous concentrer sur nos affaires, ce que mon interlocuteur souhaitait visiblement autant que moi à en entendre le début de son discours passionné.

Nos tractations débutèrent par une leçon de suffisance de la part du magnat des industries. « On obtenait rien sans rien », là-dessus nous nous comprenions même si l’homme qui était assis en face de moi n’avait encore aucune idée du prix que cela allait lui coûter et de ce que j’avais de précieux à lui offrir en échange. Après tout, j’avais l’avantage : cette rencontre s’était organisée suite à ma demande et j’avais donc eu tout le loisir de peaufiner mon angle de négociation. Il m’avait suffi d’obtenir quelques données sur l’actualité de sa société et de sa personne pour comprendre exactement comment m’y prendre… Mes employeurs n’avaient été absents de cette petite mise au point de ma stratégie, ils savaient que M. Stark n’aurait guère le choix.

Au fond, je n’appréciais pas plus que cela ma situation. Devoir mettre au pied du mur celui qui avait longtemps été considéré comme un des hommes les plus influents dans le domaine de l’industrie technologique ne me plaisait guère. Toutefois, les ordres avaient été clairs : mon projet devait être mené à bien coûte que coûte. Dans le cas présent, cela impliquait de sacrifier les conditions au combien pénibles et superficielles de M. Stark.

Bien qu’enrobées dans des paroles doucereuses doublées d’un ton qui se voulait ferme mais rassurant, ses propositions étaient exigeantes. Il pouvait se le permettre, son nom et le prestige qu’il lui procurait lui octroyaient le droit de jouer de son influence et d’imposer ses désirs dans le monde des affaires. Seulement, je n’étais pas une commerciale. J’étais une ingénieure et cela semblait lui avoir échappé. Finalement, il n’était peut-être pas si malin qu’il voulait bien le laisser croire : si j’avais fait partie d’une petite entreprise, aurait-elle réellement envoyé sur le terrain la créatrice du projet ou aurait-elle mandaté un spécialiste en communication ou vente ? La réponse me paraissait évidente. Pourtant, le patron des seules entreprises technologiques établies au Un n’avait visiblement pas saisi cette nuance.

Mener les négociations avec le Capitole, financer une grande majorité des ressources nécessaires au projet et enfin le versement d’une partie non négligeable des bénéfices,… Etait-ce réellement de cette façon que fonctionnait le monde de l’ingénierie avant que le Capitole ne développe sa propre industrie d’innovation ? Une suite de profits incessants à qui saura investir dans la meilleure idée ? M. Stark n’était finalement en rien différent des autres hommes de son espèce, il avait uniquement su profiter de son titre de vainqueur et des fonds qui lui avaient alors été offerts pour se hisser à un rang enviable. Il maniait le verbe avec cette habileté des grands orateurs et son intelligence servait la seule chose qui semblait compter pour lui : son intérêt.

Cependant, aujourd’hui, je n’aurais pas besoin de négocier. Je ne rétorquai à aucune de ses propositions, me contentant d’hocher la tête d’un air entendu. Quand enfin, il termina sur un ton qui ne dissimulait ni sa confiance en lui ni sa détermination, je humectai les lèvres presque inconsciemment avant de prendre la parole. En réalité, je ne savourais pas ce coup de massue que j’allais lui porter, ce jeu qu’on m’avait demandé de jouer. J’aurais tellement souhaité n’être ni plus ni moins qu’une ingénieure qui discutait avec un autre qui pourrait lui apporter son aide. Mes ordres divergeaient pourtant, légèrement mais suffisamment pour provoquer en moi une tension interne.

- Cher M. Stark, ma petite entreprise n’est ni plus ni moins que le gouvernement lui-même.

J’avais su dès le premier contact avec les Stark Industries qu’il lui fallait en dire le moins possible sur l’entreprise pour laquelle j’œuvrais. Cela allait à présent servir ma cause, mon discours était presque déjà rôdé : les indications que j’avais pu obtenir étaient claires.

- Je vais donc à mon tour vous proposez de saisir la chance d’entrer à nouveau dans les bonnes grâces du gouvernement suite à votre conférence qui reniait leurs compétences dans les hautes technologies et le discréditait aux yeux de tout Panem.

Quelque part, je n'avais pas saisi la volonté de Stark lorsqu'il avait tenu cette conférence. Diffusée à la télévision, elle avait été très mal vue par les représentants du Capitole et je ne pouvais douter que cet homme qui avait si bien su tirer son épingle du jeu ne puisse savoir qu'il faisait alors une grossière erreur.

- Vous n’êtes pas sans savoir que mes patrons n’apprécient guère que leur autorité et leurs choix soient remis en question… Prouvez-leur que vous soutenez leurs projets et leur êtes fidèles malgré tout au point de vous passer de tout aspect purement matériel et pécuniaire.

Je déglutis, il devait peut-être se rendre compte que toute cette mascarade n'était pas uniquement de mon fait. Pourtant, je concluais ma proposition avec toujours autant de calme.

- Et nous pourrons alors trouver un point d’accord.

J’avais souri. Même si je savais pertinemment n’avoir pas totalement le contrôle de la situation, j’étais plutôt soulagée d’être parvenue à lui exposer les véritables enjeux de ma visite et ce qu’elle sous-tendait dans les futures relations entre son industrie et le Capitole.

Il n’avait pas encore répondu lorsqu’un homme en blanc nous aborda. Totalement concentrée sur la révélation que je venais de lui asséner, je n’avais pas pris conscience de l’arrivée de deux pacificateurs dans le bar. Apparemment en service vu leurs uniformes parfaitement ajustés et leurs armes maintenues à leur taille, ils venaient de s’installer à côté de nous avec une nonchalance terriblement suspecte. L’un d’eux, plutôt séduisant avec son regard d’un bleu translucide dans lesquel je pouvais presque voir se refléter mon portrait, avait pris place entre moi et l’autre imbécile toujours si peu essoré. Il avait cette moue malicieuse qu’ont ceux qui savent qu’ils ont du charme, ce qui le rendit soudainement terriblement banal à mes yeux.

Mon attention se reporta alors sur le second membre de ce duo en blanc. Il était bien plus âgé, ses traits étaient de ceux qu’on n’oublie pas : un véritable caractère dans le visage. Je souris, j’aimais ce genre de personnes à la physionomie authentique. Beaucoup se seraient sentis pincés, ainsi encadrés par deux pacificateurs. Moi, je restai détendue : j’étais habituée à me fondre dans leur masse immaculée et à les fréquenter, sans compter que si cela avait quelque chose à voir avec une prétendue relation rebelle, je n’aurais pas été appréhendée dans un autre district.

Quand il déclara venir du district Trois, le plus âgé des deux retint toute ma curiosité. Je levai la tête vers lui, écoutait ses paroles avec attention et mon impatience de savoir pourquoi ils étaient directement venus à notre table. En effet, seul un simple d’esprit aurait pu penser que tout cela n’était pas calculé… Les pacificateurs savaient toujours ce qu’ils faisaient et surtout ne faisaient rien sans arrière-pensée… Bientôt, mon « voisin » du Trois abattit ses cartes.

Une montre, une belle montre d’une très belle facture en effet… Elle luisait dans sa main rocailleuse avec un éclat tout particulier. Plusieurs petites marques m’indiquèrent qu’elle n’était pas qu’une montre, ce que ce pacificateur originaire du district qui affectionnait le plus les gadgets n’avait certainement pas pu s’empêcher de remarquer sans pour autant réussir à les actionner pour trouver une réponse à sa question sans aide extérieure.

Seulement, pourquoi voulait-il en savoir plus sur cet objet ? La réponse, je la connaissais. Ce n'était pas de la curiosité frivole ni même de l'intérêt dénué de sens... Les pacificateurs n'étaient pas des intellectuels qui vivaient pour résoudre des questions survenues au détour d'une pensée étrange. Pour eux, rien ne se faisait sans qu'ils ne puissent en tirer un bénéfice. C'était donc la montre d'une personne recherchée, peut-être même un rebelle. Et ce que celui qui me regardait avec intensité me demandait en réalité, c'était de lui fournir suffisamment d'informations pour l'identifier, voire le dénoncer moi-même si je parvenais à être aussi efficace.

Mon éthique personnelle aurait pu être mise à mal par un choix si cornélien. Moi qui avais autrefois servi aveuglément le Capitole, je connaissais maintenant son vice et savais la véritable nature de mes parents et ce qu'ils avaient voulu pour moi avant d'être assassiné par la main qui m'avait ensuite nourrie, formée, forgée. La survie était plus forte. Je ne ressentais plus aucun dévouement pour le Capitole et, étrangement, je n'étais pas non plus dans le camp de la Rébellion. Pour l'instant, je n'étais rien pour ces derniers. Embrasser un des leurs ne faisait pas de moi l'une des leurs. Je ne leur devais rien. Je ne devais quelque chose qu'à moi-même : rester en vie.

- Je suis toujours heureuse de pouvoir aider nos soldats, je peux comprendre votre besoin de la garder en votre possession mais je dois la voir d’un peu plus près pour pouvoir vous apporter la meilleure des expertises possibles…

Il s’exécuta, sans pour autant lâcher le bijou. Dans l’ambiance feutrée du bar, difficile pourtant de distinguer réellement les détails de cette montre. Bien sûr, il y avait au moins deux gadgets, l’un se déclenchait sans doute par un appui continu sur le verre de la montre et j’avais des doutes quant à la présence d’un second mécanisme au niveau du bouton qui habituellement servait à régler l’heure. Le pacificateur tourna ensuite la montre dans sa main, j’aperçus des initiales. En m’approchant encore plus, jusqu’à avoir presque le nez collé sur la montre, deux tâches rougeâtres m’apparurent : il aurait été idiot de douter qu’il s’agisse de sang. Au moins une hypothèse confirmée.

- F.S. … murmurai-je en réfléchissant.

Mes paupières se crispaient, je n’arrivais pas à distinguer les autres détails relatifs au mécanisme des options surajoutées. Etant donné l’excellente conception de cette montre, il ne pouvait s’agir que de celle d’un ingénieur expérimenté. Néanmoins, plusieurs personnes pouvaient correspondre à cette dénomination et seule une meilleure visibilité des composants pourrait me permettre de tirer tout cela au clair.

Je pouvais désormais donner une réponse de politique et nier pouvoir leur apporter davantage d’informations que la lecture de ces pauvres initiales… Ou bien, je pouvais être honnête. Cet homme devait être mort et ces deux pacificateurs m’offraient une chance de me protéger, de réaffirmer mon attachement au Capitole et ainsi de me couvrir pour un bon moment. Entre trahir cet homme qu’ils recherchaient et qui étaient sans doute soit blessé soit mort dans un coin, et me garantir une certaine sécurité pour dissimuler plus facilement mes liens récents avec un rebelle, le choix était d’une simplicité déconcertante.

- Je pourrais sans doute vous donner d’autres informations : cette montre a au moins deux gadgets intégrés à son fonctionnement, dis-je en leur désignant les deux mécanismes repérés. J’aurais besoin de les voir avec une meilleure lumière... L’ambiance feutrée et la fumée des cigares ne m’aident pas vraiment pour y voir clair.

Le pacificateur avait l’air septique, j’ajoutais alors pour appuyer mon discours :

- Chaque ingénieur a des « manies » de conception. Si je peux mieux observer les deux mécanismes que je vous ai indiqués, je pourrais sans doute vous dire qui l’a fabriquée. Mais c’est à vous de voir, bien entendu.

J’avais souri avec douceur. Il ne fallait jamais rien imposer à ces hommes, mais toujours leur donner l’impression que l’idée venait d’eux. La balle était dans leur camp, je n’aurais rien à me reprocher.

_________________




Sélène J. Featherstone
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MessageSujet: Re: EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1   Lun 20 Fév - 1:56

Les Pacificateurs - Equipe 2
Edmond Bennet





Edmond lança un regard à Wolff et constata que celui-ci était mieux installé dans ce bar que l’aurait été le tenancier lui-même à sa place, attablé avec des Pacificateurs et un homme riche et important. Son confort était tel que le vétéran redoutait que le verre ne contienne pas simplement de l’eau. Il aurait pu soupirer, lui lancer quelques regards significatifs ou bien même le remettre en place, comme l’aurait fait Dixon.
Simplement, il n’était pas Dixon et, dans cet établissement, Wolff régnait en prédateur : l’agresser l’aurait définitivement braqué. Or, Edmond avait besoin qu'il garde planqués ses crocs et qu'il ne cherche pas à les braquer vers lui. Qu'il soit coopératif. Tant pis s’il avait dû lui faire des concessions un moment – concessions que le natif du Capitole paraissait apprécier à leur juste valeur.
La plupart des hommes plantaient leurs graines dans l’espoir d’en récolter directement les fruits. Edmond, lui, avait appris avec le temps que les plus beaux arbres méritaient plus d’un tour de patience, et qu’il fallait user de concessions pour rendre la terre fertile. Très bon engrais;
A ses côtés, Eneron Stark commença cependant à s’offusquer de ne pas bénéficier de plus de considération que sa compagne de table, au point même de se qualifier de « marchand de laitues ». Edmond réfréna un rire, préférant garder le masque calme qu’arborait si naturellement son visage : l’homme d’affaires gagnerait de cette seule marque d’attention. Or, si la réplique était amusante, son intervention n’en était pas moins des plus agaçantes pour qui manquait de temps. Et justement, le Pacificateur manquait cruellement de temps.
Il le savait. Il évitait simplement de se le rabâcher sans cesse et ainsi céder à la panique.
Edmond lança alors un regard à Wolff qu’il identifiait désormais comme spécialiste des problèmes existentiels : sa prestation devant les plaintes du journaliste avait marqué le vétéran. Il espérait que de ce simple échange, il saisirait : un geste, un signe, ne serait-ce qu’un contact visuel prolongé casserait le naturel de son intervention et Stark s’en apercevrait.
Avec son esprit trop vivace au goût de beaucoup, et notamment d’Edmond qui, pourtant, le félicita silencieusement à ce moment-là, Wolff réagit immédiatement et interpella l’homme d’affaires avec son verre d’eau. Décidément, ce récipient et son liquide étaient les stars de la journée, à en croire tout le zèle qu’appliquait le jeune Pacificateur à les mettre en avant. Mais cela suffit à occuper les deux grandes gueules d’un côté de la table, et Edmond revint aussi vite à son occupation principale qu’il en était parti.
Marchand de laitues. Quelle humilité, bordel.
L’ingénieure s’exécuta avec docilité. Oh ! une docilité qu’Edmond n’interpréta pas comme un manque de caractère : il avait refusé sa vie entière de commettre cette erreur, préférant considérer chaque homme et femme qu’il croisait comme une potentielle menace. Etait-elle patriotique, ou simplement assez intelligente pour ne pas se dérober à la tâche que lui plaquait le vétéran sous le nez ? Cela manquait de délicatesse et subtilité, sans conteste, mais il n’en était pas friand et les circonstances ne s’y prêtaient pas : si la gamine pouvait éviter de passer par quatre chemins pour lui apporter une réponse, ce serait grandement apprécié.
Le léger sourire qu’appliquait Edmond sur son masque l’y invitait très fortement.
Faisant un laïus presque protocolaire sur sa volonté d’aider les soldats du Capitole, elle invita le porteur de la montre à approcher le bijou pour l’aider et il s’exécuta sans problème. Ne souhaitant pas desserrer son emprise, il facilita la tâche de l’ingénieure en se pliant à ses instructions qui n’étaient pas bien exigeantes. Elle lut les initiales à voix haute. Détailla les mécanismes. Baragouina un langage qui était familier au natif du District Trois, bien qu’à son grand malheur, il n’ait jamais réussi à le comprendre. Une extraction sociale trop basse, une vie parmi les ouvriers plutôt qu’auprès des intellectuels : une certaine pointe d’orgueil piqua le fond de la poitrine d’Edmond et il se raccrocha à son masque pour calmer ses ardeurs.
L’on tombe toujours du côté où l’on penche.
Alors, à l’invitation de sortir de ce bar bondée et étouffant, Edmond n’y vit pas la moindre objection et acquiesça.

« A votre bon vouloir, mademoiselle. Comptez sur mon escorte. »

D’un rapide coup de main, le vétéran dissimula le bijou à la vue de tous, dans un endroit sûr. Edmond estima à ce moment qu’il valait mieux ne pas agresser l’ingénieure par la présence d’un second Pacificateur, aussi, il invita son collègue à rester auprès de Mr. Stark.

« Pacificateur Wolff, nous allons prendre l’air un instant. Restez avec ce très cher Mr. Stark pour régler ses salades, il semble nécessiter votre aide. »

Un léger sourire flotta sur les lèvres de Wolff, comme un acquiescement, et Edmond sentit sa semence devenir toujours plus conséquente. En plus de récupérer de beaux fruits, ils seraient nombreux. A lui de faire des efforts pour les protéger de la tempête qui grondait à l’horizon.
L’ingénieure et le Pacificateur quittèrent donc le bar, se postant à côté de la porte pour profiter d’un semblant d’ombre en cette journée qui promettait d’être toujours plus affligeante.

« Mademoiselle… euh… »

Il buta volontairement sur les mots qu’il souhaitait prononcer, avant de continuer :

« … permettez que je vous demande votre nom de famille ? La discussion n’en sera que plus facile et moins artificielle. Vous pouvez m’appeler Edmond. »

Le vétéran attendit que la jeune femme décline son identité, et paraissait tout entier occupé à connaître son nom en ce moment. En vérité, tant qu’elle ne le lui donnerait pas, il refusait de lui dévoiler à nouveau la montre qu’il maintenait dissimulée. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle manque le stratagème, qui ne brillait pas par sa subtilité. Simplement par un prétexte de galanterie. Comme toujours entre personnes civilisées, à défaut d’être deux intellectuels.
Lorsque celle-ci obtempéra, Edmond lui montra à nouveau la montre pour qu’elle puisse enfin l’étudier à la lumière du jour.
Le talkie se mit bientôt à grésiller tandis qu'une voix bien trop peu familière, sauf pour les haut-gradés des districts, commença à percer de son ton sec dont émanait une autorité naturelle :

« Je suis en ligne ? Vous m'avez enfin passé celui qui dirige les opérations ou bien encore un ignorant sans aucune information ? »

Le sang d’Edmond ne fit qu’un tour à l’entente du ton autoritaire et ses yeux lancèrent un regard décontenancé à l’appareil bruyant. Sentant la tempête s’abattre sur ses efforts, et surtout qu’il allait avoir besoin de toutes ses ressources pour tenir cette conversation, il confia la montre à l’ingénieure pour qu’elle l’inspecte à son bon vouloir. Quand l'homme au bout du fil se rendit compte qu'il était sans nul doute en lien avec la personne ayant pris le commandement des unités du District Un, sa voix devint encore plus austère :

« Ministre des armées à l'appareil. Veuillez décliner votre identité Pacificateur ! »

Edmond serra les dents à l'interpellation autoritaire, mais comprit que le temps perdu à répondre ne pourrait que le desservir. Il déclina donc machinalement son matricule, puis son identité – tant pis pour les informations qu’entendrait l’ingénieure.

« Edmond Bennet, du District Trois, attaché à la protection de Mr. Wetthrone, maire du District Cinq. Je suis temporairement en charge des opérations.
- Attaché à la protection d'un cadavre..., réagit immédiatement le Ministre. Vous ne pouvez donc que faire mieux à présent ! »

Son affirmation laissait parfaitement transparaître le fait qu'il lui aurait tordu le cou lui-même s'il ne se trouvait pas si loin. Réaction classique de la hiérarchie se soulageait sur ses subordonnés.

« Sachez que tout Panem a assisté à votre incompétence ! Maintenant, il va falloir des résultats et vite !
- Oui Mr. le Ministre, et c'était ainsi prévu, M. le Ministre. Je vous souhaite une excellente journée, M. le Ministre. »

Croyait-il se débiner aussi maladroitement ? Edmond se sentait ridicule. Il n’aurait pas mis fin à la conversation. Ce n’était de toute façon pas à lui de le faire, et le Ministre le lui rappela immédiatement.

« Ma journée sera excellente lorsqu'il y aura une balle dans votre crâne..., lui rétorqua-t-il. Il laissa planer un silence, avant d'ajouter : A moins que ce ne soit ceux des rebelles qui finissent plombés... Avez-vous déjà arrêté certains d'eux ?
- L'un des rebelles ne nous posera plus problème, M. le Ministre, je m'en suis assuré. Les autres... »

Un regard à l’ingénieure qui étudiait toujours la montre sous l’œil rigoureux d’Edmond. Puis un silence et une inspiration.

« ... ne tarderont pas, M. le Ministre.
- Il vaudrait mieux pour vous après le fiasco auquel vous avez participé, car... – on entendait que le Ministre choisissait avec soin chacun de ses mots – … soit nous aurons une exécution publique devant les caméras ce soir, soit vous devrez en assumer les conséquences. Toutes les conséquences.
- Tel est mon devoir, M. le Ministre, et soyez certain que je m'en acquitterai. Dois-je vous recontacter ce soir ?
- Si je n'ai pas de vos nouvelles ce soir, alors je saurai quels ordres donner. Maintenant, montrez que vous servez réellement Panem en offrant à tous la sécurité qu'ils sont en droit d'attendre et en l'exposant sous les yeux de l'ensemble de votre patrie. Soyez à la hauteur ou vous descendrez plus bas que terre. »

La communication fut ainsi interrompue. Les dés étaient lancés. Il devait s'en sortir avec les conséquences que lui avaient léguées Dixon.
Edmond se permit de pester une nouvelle fois.

« Encore des caméras… je vais devoir poursuivre ce journaliste et son caméraman en plus des… »

Le visage de l’ingénieure lui apparut : elle avait tout entendu. Avait certainement tout compris. Comme marque d’autorité, se faire envoyer au tas par son supérieur, on aurait vu mieux.

« Dites-moi que vous avez avancé sur cette montre », lança-t-il en se revêtant à nouveau de son masque calme et souriant.
Spoiler:
 

Edmond Bennet PNJ se trouve devant le bar et discute avec Clarissa Stern.



Dernière édition par PNJ le Lun 20 Fév - 2:50, édité 1 fois
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EVENT exceptionnel - Confrontation au District 1

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