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 EVENT - Confrontation au District 1

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MessageSujet: EVENT - Confrontation au District 1   Dim 22 Jan - 18:01

Marlon Ban





Marcher dans le District Un apaisait toujours les craintes de Marlon.
Ses murs propres qui exposaient son architecture soignée, ses routes bétonnées qui simplifiaient la marche et ses rues proprement indiquées qui aidaient à l’orientation ; le tout participait au confort de vie si cher aux habitants du District Un. Le gamin qu’avait été Marlon avait adoré courir entre les bâtiments officiels, à slalomer entre les Pacificateurs sans qu’ils ne puissent l’attraper puisqu’il était trop rapide ; et le cas échéant, Papa et Maman étaient pour sauver leur précieux enfant.
Aujourd’hui, pourtant, ils ne se trouvaient pas là. Marlon aurait été incapable de décider s’il était satisfait de pouvoir faire ses preuves sans leur assistance ou si l’absence leurs regards protecteurs l’inquiétaient.
Il était pressé et son pas était rapide, silencieux, discret : aussi, il contourna le grand marché et ses écrans de rediffusion, et le fit en traversant des rues parallèles et adjacentes, où la fréquentation se trouvait amoindrie l'atmosphère moins pesante et plus calme. En plus de lui épargner les odeurs de parfum entêtantes, cela lui évitait de rencontrer des connaissances à lui et donc de s'étendre en conversations inutiles. Surtout que, bien loin d'être un jour de fête, sa journée serait consacrée au travail.
Des bruits de voix. Marlon tourna dans la première rue qui se présenta à sa gauche avant même de savoir de qui il en retournait : de toute façon, bien loin de le mener loin de ces passants, cette veine le menait au cerveau de ce District à savoir son hôtel de ville.
Vingt minutes plus tard, après avoir appris que tout le monde discutait de la marche prochaine à suivre et que l'on n'aurait pas besoin de lui, le jeune soldat du Capitole faisait les quatre cents pas devant la mairie du District Un. Il attendait que ses compagnons décident de sortir. Il était seul, pour l’instant, assez seul pour appréhender ce qui allait arriver.
Être sous les ordres de Janet Dixon, Pacificatrice redoutablement efficace, pouvait vite devenir un calvaire pour le jeune homme si celui-ci commettait la moindre erreur : en plus de la rivalité naturelle entre les soldats du Capitole et les Pacificateurs, la vétérane avait en horreur les pistonnés. Ce qu’était indubitablement Marlon, même s’il essayait de se détacher de cette image ; le naturel chassé revenait pourtant au galop.
Il porta ses yeux et son regard sur la rue régulièrement traversée, qui n'arrivait malheureusement pas à lui insuffler la quiétude que l'habitude offrait ordinairement.

« Ca fait trente minutes que tu es dehors. J’imagine que le palier est nickel chrome pour que le maire ne se salisse pas les chaussures ? »

Derek Wolff passa l’entrée de la mairie pour rejoindre le jeune homme qui se tourna lentement vers lui, le regard intrigué vers sa soudaine présence. Mais le grand brun ne se départit pas le moins du monde de sa désinvolture quasi-légendaire : il alluma avec lenteur une cigarette, recrachant sa fumée irrégulièrement.

« J’imagine que parler d’organisation et de déploiement te saoule à ton âge ?
- Janet m’a fait comprendre que je serais de trop.
- Je te rassure, elle est comme ça avec tout le monde. En tout cas, moi, ça m’a vite gavé cette réunion. »

Le temps d'une bouffée de tabac, le monde s'arrêta, à la fois pour le fumeur et pour son interlocuteur.

« Même quand t’es du Capitole, elle est chiante. »

Marlon jetait quelques regards alentours : il voulait éviter de prendre ouvertement position. Ce serait largement préférable pour la suite de sa carrière. Aussi, il observa passer un groupe de jeunes femmes se diriger vers le marché organisé au Centre du District Un, regard qui n’échappa pas à son collègue au vu de son petit rire.
Simplement, le bruit de chaussures battant le sol coupa les deux hommes dans leur pause.  Marlon eut tout juste le temps de se mettre au garde à vous ; malheureusement pour Derek, si toutefois il avait tenté un effort, sa cigarette était toujours allumée quand Janet Dixon émergea de la mairie, Rachel Morrisson à sa suite.
Un regard noir et Derek s’excusa sans gaieté de cœur. Marlon eut un sentiment d’enthousiasme pour le natif du Capitole : celui-ci ne se gênait pas pour transgresser les règles et sa nonchalance semblait le sauver de toute sanction. Une chance que Marlon n'avait jamais vue se présenter, passant d'une figure d'autorité à une autre. Un jour où il pourrait comme il le voulait, comme le lui exhortait sa chère et tendre.
Un simple coup d’œil de la vétérane dans sa direction réussit à lui rappeler qu’il n’était pas de ces chanceux-là.

« Direction la gare ! », ordonna Janet sans appel.

Sans un regard en arrière, la vétérane prit la tête de la troupe, se plaçant aux côté de Mr. Gemmeus, maire du District, qui regardait cet échange avec cet air supérieur qui la caractérisait. Marlon put néanmoins voir ses lèvres frémir : il avait sûrement envie de sourire, mais son rôle le contraignait à la plus dure sévérité. Dans tous les cas, il devait apprécier d’être encadré par ces deux belles femmes.
Avançant doucement aux côtés de Derek, Marlon se tourna vers lui et lui demanda :

« Vous avez souvent fait ce genre de missions ? »



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MessageSujet: Re: EVENT - Confrontation au District 1   Dim 22 Jan - 21:43

Derek Wolff





Mes yeux azur s'accommodaient progressivement à la lumière radieuse du soleil qui baignait de ses rayons le District Un. Je soupirai en descendant les escaliers de l'Hôtel de ville tandis que ma main attrapait déjà une cigarette dans ma poche. La réunion avait été d'un ennui sans nom, même si je n'en avais guère été surpris. Depuis que j'avais été enrôlé dans les troupes pacificatrices, j'avais fréquemment servi sous les ordres des chefs des casernes des districts et à chaque fois la même rengaine était récitée : d'autant plus quand ils s'adressaient à des membres de l'équipe mobile d'intervention. Leur confiance toute relative en des hommes qu'ils ne connaissaient pas devait jouer dans cette méfiance constituée d'ordres plus vivaces, ou peut-être était-ce tout simplement mes origines capitoléennes qui me jouaient des tours ?

Toujours est-il que voir Janet Dixon déblatérer son superbe plan de bataille sous le regard approbateur du maire, Mr. Gemmeus, avait été d'une lourdeur mortelle. Seule la sensation amère de la fumée pénétrant mes poumons et enivrant mon esprit pouvait me permettre de laisser cette tension interne me quitter.

Je clignai des paupières encore un fois. Au bas des marches, Marlon faisait les cent pas. Ce gosse, un soldat du Capitole, rien que ces deux allusions dans la même phrase sonnaient fausses. Néanmoins, je l'appréciais : il avait cette crédulité que seuls ceux qui n'ont encore jamais encaissé un vrai coup dur possèdent. Une espèce de mélange entre innocence et inconscience. J'avais été comme lui, il y a fort longtemps.

Nous avions parlé un moment, j'avais critiqué Janet. Les regards de chiot apeuré qu'avaient alors lancé Marlon, comme si cette cheffe acariâtre allait pouvoir surgir de nulle part pour venir nous taper sur les doigts, m'avaient amusé. Cette image m'arracha un sourire. Marlon n'était pas un mauvais bougre, il avait simplement besoin qu'on lui montre la voie, qu'on l'initie à la vraie vie, celle à mille lieues de la protection de ses chers parents. D'aucuns auraient pu dire que c'était la jalousie qui me dévorait et qu'inconsciemment je tentai d'exorciser mon propre passé. Que des conneries.

Je tirai sur ma clope comme un condamné, une brochette de nanas plutôt sexys passa. J'aurais presque pu deviner la bave au bord des lèvres de Marlon. Décidément, si je devais même lui apprendre à se servir de son uniforme pour avoir un rencard, on était mal barré ! Alors, au lieu de cela, je décidais de simplement en rire. Si cette mission se passait aussi facilement que je l'imaginais - quoi de plus chiant et de moins risqué que de surveiller deux marionnettes qui se serrent bêtement la main ? -, nous aurions le temps d'aller profiter de quelques extras. Avec ce marché de luxe, cela ne devait pas manquer...

Perdu dans mes pensées lubriques, j'avais à peine entendu l'autre psychorigide s'approcher de nous, flanquée de la passionnante mais non moins endoctrinée Rachel Morrisson. Marlon était déjà au garde-à-vous, parfait petit soldat, lorsque la cheffe m'avait dévisagé avec ce regard noir qui lui allait si bien. Je serrai les dents en m'excusant vaguement, je détestai avouer une quelconque faute. Cela avait toujours été comme cela : me prendre la main dans le sac attisait mon envie de désobéissance, c'était comme ça, qu'est-ce j'y pouvais ? C'était cette insoumission qui m'avait conduit sur cet escalier fait de pierres lustrées et, même si j'aurais sans doute dû, je ne le regrettais pas. J'écrasai ma cigarette calmement, sans vraiment porter davantage d'attention à la fureur de Janet qui nous ordonnait déjà de la suivre. Je détachai mon fusil de sa bandoulière pour le glisser entre mes mains, plaqué en diagonale contre mon torse équipé d'une armure pare-balles. Je pouvais paraître négligent, mais cela n'était qu'une façade : j'étais là pour une mission et j'allai l'exécuter correctement.

Je jetai alors un regard à l'équipe de tournage. Constituée de deux cameramans, trois techniciens et d'un pisse-copie propagandiste, elle rassemblait encore quelques valises de matériel quand je les hélai :

- Vous ! L'un d'entre eux, sans doute celui qui dirigerait l'interview à en voir sa tenue chic, me dévisagea interrogateur. Oui vous les journaleux, vous embarquez votre matos et vous vous pressez. On y va maintenant.

Les femmes se placèrent de part et d'autre du maire. Être en sandwich entre deux pareilles beautés ne m'auraient pas gêné. Bien qu'elle fut une excellente pacificatrice, Janet avait une réputation des plus sulfureuses dans un autre district, m'avait avoué un tenancier de bar entre deux verres... Les voyages pouvaient vous en apprendre des choses, des secrets pas jolis jolis... Mon regard clair caressa sa silhouette, descendit jusqu'à ses hanches et je l'imaginais soudain plus jeune, plus belle, sans tous ces vêtements sur son corps. Doucement, une autre femme la remplaça dans son esprit, mais Marlon coupa court au fantasme :

- Vous avez souvent fait ce genre de missions ?

Je sentais dans le ton qu'il employait le trac des premières fois. Cela faisait bien longtemps que j'avais expérimenté toutes les premières fois possibles : première fille, première gueule de bois, première arrestation, première correction, première mission,... J'adorais l'adrénaline qu'elles provoquaient, sans doute parce que je savais qu'elles seraient toutes sans conséquence. Personne ne s'intéressait à moi, je n'avais rien à perdre. Aujourd'hui, ce boulot avait tous les critères d'une promenade de santé et pourtant s'il tournait mal, personne ne viendrait me pleurer... N'avoir aucune attache vous rendait sûr de vous, puissant. J'espérais que Marlon ressentirait un jour la même liberté.

Toutefois, jusqu'à ce qu'il soit un peu plus futé, j'avais bien le droit de le vanner un peu. Je ralentis, histoire de ne plus être tout à fait à portée de voix de Janet et de Mr. Gemmeus avant de lui répondre :

- Oh bien sûr ! C'est le lot quotidien de l'unité mobile, on nous appelle pour aller protéger des personnalités irremplaçables et on laisse les chats coincés dans les arbres aux pacificateurs en faction ! railla-t-il.

Voyant que Marlon n'adhérait pas assez à mes propos, j'ajoutai, non sans un sourire en coin.

- Lors de la dernière Moisson, on a été chargé de la protection de Selena, la véritable vedette des Jeux ! Je marquai une pause avant d'ajouter : Y a un district où y avait un contrat sur sa tête, je peux te dire que le mec a été abattu sans sommation. Après le plus grisant c'est de descendre un de ces salopards d'opposants...

J'avais ajouté cette dernière phrase d'une voix basse, presque dans un murmure. Il ne faisait pas bon d'évoquer les rebelles dans un district où ils étaient au mieux une légende infondée, au pire une vague souvenir du passé sombre de Panem.

Marlon me regardait toujours, friand d'en apprendre davantage sur les actions que j'avais évoquées quand une jeune femme, sans doute une carrière, passa à proximité en me lançant un sourire ravageur.

- Et puis, il faut dire que cela nous ouvre des portes...et des décolletés plongeants ! glissai-je à Marlon qui afficha une mine réjouie.

Même si j'étais détendu, je restai aux aguets. Après tout, Janet avait décidé de faire une économie d'hommes qui encadreraient la rencontre des maires : il y avait déjà plusieurs pacificateurs en faction à l'intérieur de la gare et, selon elle, d'autres étaient postés dans l'ensemble des rues du district en raison du marché du luxe. "Cela suffirait à dissuader tout imbécile de venir perturber notre travail" avait-elle asséné. Pour ma part, j'y voyais une confiance démesurée mais grand bien lui fasse, l'avenir lui donnerait à coup sûr raison. Les personnes comme elle bénéficiaient d'une chance considérable et les gradés accédaient à leurs fonctions à force de piston et d'occasions saisies, non pas grâce à leur habileté à gérer des hommes.

Les rues défilaient, toutes plus cossues les unes que les autres. Les lignes parfaitement équilibrées de cette architecture propre et régulière si caractéristique du District du luxe commençaient à dessiner la gare, signalant qu'il ne nous restait plus grande distance à parcourir avant d'arriver à son niveau. Je scrutai chaque carrefour, m'assurant que la voie était dégagée tout en gardant discrètement ma main sur la crosse de mon arme, toujours posée contre ma poitrine.

Ne pas perdre le Nord, jamais pendant le boulot !

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MessageSujet: Re: EVENT - Confrontation au District 1   Mar 24 Jan - 0:18

Rachel Morrisson





Installée dans la mairie du District Un, Rachel Morrisson constatait tristement que ce quartier n’avait pas la beauté que ses habitants lui prêtaient. Très grand et volumineux, ses rues étaient la vitrine de la capitale pour les Provinciaux qui n’iraient jamais plus loin que cette zone de luxe.
En parlant de luxe, Rachel avait apprécié les préparatifs du marché quand elle avait traversé la place principale.
Ce qui était appréciable avec les commerçants, surtout quand ils étaient exposants : levés aux aurores, plus souriants et plus magouilleurs que jamais, ils tentaient toujours leur chance pour vendre leurs produits. Même lorsque le passant était un Pacificateur en tenue de service : alors certes, Rachel était une jeune femme pleine de vie, mais elle ne s’était pas gênée pour rappeler à ces moulins à paroles professionnels leurs places.
Elle insupportait qu’on la prenne pour une femme alors qu’elle était Pacificatrice.
Alors qu’elle repensait au marché aux milles couleurs qui se déroulaient en ce moment au District Un, Rachel se prit à percevoir des nuances sur ses murs auparavant insipides. Une fois le maire du District Cinq reconduit à son train, elle espérait que Janet les félicite de leur travail bien fait et leur accorderait une permission. Elle pourrait alors acheter une belle écharpe pour sa mère, ou au moins assez chaude pour tenir les soirs d’hiver.
Et de belles chaussettes pour son père. Il adorerait.
Des voix s’élevèrent de l’autre côté de la porte : et émergèrent du bureau Janet et la maire. Rachel se mit au garde à vous et répondit d’un hochement de tête au salut du maire.

« Sortons. »

Suivant au rythme près le pas de Janet, la jeune native du District Neuf écarta ses rêves de permission d’un froncement de sourcils : le réconfort ne viendra qu’après l’effort et celui-ci n’était pas encore entamé.
Sortir de la mairie pour s’exposer à l’immense soleil de l’après-midi lui fit perdre un instant. La fraîcheur du plafond fit place à la chaleur de la journée. Le clair-obscur des couloirs fut submergé par la lumière abondante du ciel. Enfin, le calme d’un bâtiment administratif disparut devant le grouillement de passants.
Rachel reprit pleinement le sens de sa vue quand Derek écrasait sa cigarette sur le mur impeccable de la mairie : cette vision ne lui échappant pas, elle roula des yeux dans ses orbites. Comment ce mec si indolent arrivait à occuper des postes aussi importants ? Loin d’être mauvais, les deux jeunes gens s’étaient déjà retrouvés au détour d’un café pour discuter : elle devait reconnaître que son enfance au Capitole, qui était loin d’être dorée vis-à-vis de ses parents, avait cette simplicité qui la fascinait. Mais il redevenait rapidement insolent, ce qui avait tendance à l’énerver ; ce qui avait tendance à le satisfaire.
Un jour peut-être elle lui en collerait une, pour le plaisir.
Alors, quand il se mit à brailler contre les journalistes du Capitole pour épancher sa frustration, Rachel s’avança vers eux et tenta de tempérer un peu. Elle voulait éviter au maximum que l’on raconte de la Pacification que tous étaient orgueilleux et injurieux.

« La gare n’est pas loin, vous devriez avoir le temps de vous installer. »

Elle se retint de lancer une remarque acerbe à l’encontre de Wolff, mais l’attitude déterminée et impassible de Janet, qui semblait prête à bondir sur le premier qui sortait des rangs, la força à signifier aux agents de presse que c’était urgent. Puis elle s’avança au niveau de Janet et du maire, encadrant celui-ci avec rigueur.
D’une oreille dissipée, elle écouta la conversation de Marlon et Derek à l’arrière, le premier étant plus ou moins rassuré par la mission mais ne souhaitant pas que Janet entende ses craintes ; le second, profitant de cette occasion pour se mettre en avant et transgresser les modèles classiques de Pacificateurs du Capitole. Ceux qui donnaient des hommes justes, droits, impitoyables et imperturbables.
D’un point de vue totalement objectif, on pouvait dire que Janet correspondait parfaitement à cette image. Jusqu’à la mauvaise humeur constante. Et elle constituait par là un exemple pour Rachel qui espérait atteindre par son exemplarité, à défaut de sa mauvaise humeur, une situation pareille.
La marche se faisait avec plus ou moins de calme au fil des rues et le constat de Rachel se trouva sans appel : toutes se ressemblaient. Il lui était déjà arrivé de patrouiller dans ce District et de se perdre, tant les routes étaient identiques et les murs aseptisés. Les règles n'acceptaient aucun débordement, ni aucune dégradation, comprise dans un sens large, et les Pacificateurs de la zone forçaient leur respect au pied de la lettre.
Dans le fond, Rachel ne préférait pas les routes boueuses et les quelques maisons décrépies qui traînaient au District Neuf, mais elle se demandait bien s'il était simplement possible de rendre une chose ordonnée artistiquement intéressante... et pas sujette comme ici à la désorientation totale.

« Et puis, il faut dire que cela nous ouvre des portes... et des décolletés plongeants ! »

C’en était trop.

« Te connaissant Wolff, tu dois regarder beaucoup mais pas toucher grand chose. »

Rachel savait que Marlon fréquentait une jeune femme au District Deux et que ces piques répétées de la part du natif du Capitole le mettait assurément mal à l’aise. Et puis, Derek Wolff commençait à rouler un peu trop des mécaniques au point de se déconcentrer encore plus qu’il ne l’était naturellement. Alors elle insista.

« Dis voir : tu arrives encore à te déshabiller avec une tête et des chevilles enflées à ce point-là ? »

Il y avait manières plus fines de parler devant le maire du District Un, en présence d’un soldat du Capitole, de sa supérieure hiérarchique et d’une équipe complète provenant du Capitole. Rachel regretta rapidement ses paroles, en espérant que personne ne l’ait entendue.


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MessageSujet: Re: EVENT - Confrontation au District 1   Mar 24 Jan - 22:59

Janet Dixon





Janet soupçonnait Wolff d’avoir dessiné une cible rouge dans son dos pour la désigner « femme à abattre » de la journée. Au moins, elle savait à quoi s’en tenir.

« Je suis là pour vous escorter à la gare, Monsieur.
- J’arrive Pacificatrice Dixon, j’arrive ! »

Janet ne bougeait pas : elle se tenait aux côtés du buste de la présidente Siolyn Water, comme une ombre ; droite, immobile effacée. Elle avait, au matin, maquillé son visage au minimum : personne ne noterait les coups de pinceaux destinés à masquer les quelques défauts de sa peau, qu’elles soient cernes, boutons ou rougeurs. Sur ce visage sans imperfections était tiré un chignon parfait, où rien n’était laissé au hasard, assez aplati pour ne pas la gêner si elle devait porter le casque. Mais ce n’était pas au programme aujourd’hui.
De la sécurité pour un programme télévisé. Soyez parés, mais pas trop : portez l’armure mais évitez le casque pour éviter les « têtes de glands ». Janet voyait bien l’équipe de communication du Capitole prononcer ces mots pour décoiffer les Pacificateurs. Ces mots-là, précisément ? Etait-ce une expression usitée dans la capitale ? Il fallait que la vétérane pense à poser la question à Wolff.
Hum, peut-être pas.

« C’est bon ! »

Janet acquiesça et quitta sa place de vigile du côté du buste de Water, sans un regard. Elle n’en avait rien à faire. Ce n’était que du plâtre.
A grandes enjambées, la Pacificatrice rejoignit la porte du bureau qu’elle ouvrit franchement. Le bruit de bottes qu’on mettait au garde-à-vous répondit au grincement sec des gonds et du bois, et Morrisson attendait docilement la suite des ordres. Elles arrivaient à bien s’entendre, entre personnes originaires de Districts similaires, et à se comprendre. Et à la comprendre. Parce que sous ses airs de gentilles filles disciplinées, Janet ne doutait pas un instant qu’à la première occasion, Rachel la boufferait pour prendre sa place.
Une cible rouge dans le dos, dessinée au rouge à lèvres ?

« Sortons », lâcha-t-elle simplement.

Les lourdes chaussures de Pacificateur étouffaient les pas du maire, qui avançait déjà entouré deux agents en armure blanche : il ne pouvait pas sortir du rang. Il ne devait pas. Le chemin était tracé jusqu’à la gare puis jusqu’à l’hôtel de ville. Pas de détour au marché, rien : juste l’aller, et le retour, et ils auront réussi la mission. Comme de réputation.
Tout le petit monde sortit pour retrouver Derek Wolff, un membre de l’unité mobile affecté dans son service le temps de la rencontre entre les maires ; de même pour Marlon Ban, le pistonné du District Un, bien que celui-ci paraissait plus perdu qu’affecté.
Un regard noir, une cigarette éteinte, et la suite pouvait se dérouler comme prévu. Cela ne devrait pas prendre longtemps. Enfin, si les trois gamins pouvaient arrêter de jacasser à l’arrière… Surtout pour sortir des phrases pareilles, d’un niveau de maturité digne de tonton un soir de beuverie. Que Rachel n’imagine pas qu’on ne l’ait pas entendue, à en croire le sourire mi-gêné, mi-amusé du maire. Janet mit un terme à la comédie absurde.

« Le prochain qui l’ouvre, c’est trois jours de corvée. Et Wolff, tu en as déjà trois sur ton ardoise. »

Elle sentit la tension soudaine, l’imperturbable insolence et la honte inavouée. L’ambiance devient enfin rigoureuse à mi-chemin.
Une cible rouge dans le dos, tracé au rouge à lèvres par un fin doigt ?
Il fallait encore prendre à droite, et puis à gauche, et à nouveau à droite. Le dénivelé était irrégulier, tantôt montant, tantôt descendant. Au moins l’on se poussait sur leur route, quand on se dirigeait pour profiter de la journée de marché sur la place centrale du District ; bien qu’elle capta quelques regards hautains de Carrières sur leur route. Elle soupira pour elle-même et, après un regard concerté avec le maire, ils accélèrent le pas. Elle pressa ses hommes par un signe de la main.
Quelle sacrée troupe ils formaient ! Une poignée de caméramans du Capitole auxquels elle n’avait pas adressé le moindre mot. Pas loin d’eux, les trois Pacificateurs assignés temporairement à sa garde qui ne cessait de s’envoyer des moqueries à la figure, et pas particulièrement de bonne facture. Enfin les meneurs, un maire encadré de deux Pacificatrices menaient la bande, avec plus ou moins d’entrain.
Enfin, ils arrivèrent à la gare. Pas de temps de traîner : Janet répartit tout ce joyeux monde sur le parvis. Il était d’abord essentiel que l’équipe soit bien en place.

« L’équipe de tournage ! Vous connaissez votre métier, mettez-vous en place mais restez à portée des Pacificateurs. »

La cheffe des Pacificateurs du District Un n’allait tout de même s’occuper de la propagande du Capitole. Qu’ils filment comme ils le devaient, et que tout se passe bien. Elle observa le journaliste du Capitole mettre le tout en œuvre.
Cela fait, elle se tourna vers ses trois subordonnés et les plaça de part et d’autres de l’entrée de la gare.

« Tenez vos postes et vérifiez bien que tout se passe bien. Et par pitié, ne vous ridiculisez pas encore. »

Après avoir plusieurs vérifié qu’ils étaient bien postés, et remettant correctement Wolff à sa place – avec un certain plaisir – puis se tourna vers le maire du District Un. Puis elle passa la porte de la gare. Le train devait arriver dans quelques minutes.



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MessageSujet: Re: EVENT - Confrontation au District 1   Ven 27 Jan - 1:18

Edmond A. Bennet





Après que la pacificatrice Dixon ait raccroché, je n'avais pas chômé. La caserne était un lieu calme à cette heure-ci, les tours de garde avaient déjà été amorcés et la plupart des pacificateurs habituellement en faction étaient partis pour prendre la relève de leurs collègues qui avaient veillé toute la nuit. Alors, dans cette tranquillité où même mon supérieur restait passif, je se sentais différent.

Différent car j'allais bientôt quitter mon lieu d'affectation pour rejoindre une des régions les plus sécurisées de Panem, différent parce que j'avais été nommé pour effectuer ce travail en solitaire avec toutes les responsabilités que cela impliquait, différent enfin parce que ce transfert important qu'on me confiait pouvait signer son ascension dans la hiérarchie des hommes en blanc. Je n'avais donc pas lésiné sur les préparatifs. Consciencieusement, j'avais vérifié mon arme, enfilé une armure blanche sans toutefois en adopter le casque qui m'aurait gêné lors de ma conversation avec le maire Wetthrone. En effet, bien que notre départ vers le District Un se fit dans la précipitation, j'avais pris le temps d'exposer les consignes de sécurité à cet homme droit et fier qu'était le représentant du Cinq : nous devrions nous montrer prudents et cela même si cette interview semblait être un évènement présentant un risque faible, pour ne pas dire inexistant. Toutefois, j'étais de ces personnes qui souhaitent toujours agir dans les règles de l'art, prenant très au sérieux leurs obligations et désirant faire valoir leurs qualités pour mieux dorer le blason de leur fierté.

Par les fenêtres du train défilaient des paysages changeants. Je n'avais pas souvenir d'avoir autant apprécié un tel voyage, les tableaux naturels qui se succédaient à une vitesse indéfinissable m'apaisaient, me donnaient la force dont je savais avoir besoin devant l'incorruptible Janet Dixon.

- M. Wetthrone, bien que les pacificateurs du Un vous escorteront également durant toute la durée de votre séjour, je serai le seul à être entièrement affecté à votre sécurité et vous veillerez donc à ne jamais vous éloigner délibérément finis-je par lâcher à l'attention du maire. S'il y a le moindre problème, une simple mention de mon nom suffira pour que j'envisage votre évacuation.

Ces mots résonnaient étrangement. Le maire sourit, une des ces expressions pâles et incertaines qu'on ne saurait interpréter comme un gage de reconnaissance ou une lassitude mêlée de tristesse à peine dissimulée. Il avait l'air d'avoir vieilli depuis le début de l'Expiation, depuis que la main de Selena avait sorti le nom de sa fille unique de l'urne. Les rides de son front s'étaient creusées, lui donnant cet air soucieux mais néanmoins fier à chaque fois que ses yeux délavés se rivaient sur l'écran qui, même dans cet endroit en constant mouvement, continuait à diffuser avidement les images les plus inquiétantes de tout Panem. Je ne jugeais pas M. Wetthrone, je comprenais son cœur partagé. Les Hunger Games existaient pour une bonne raison et réaliser que son enfant pouvait puiser en lui suffisamment de ressources pour espérer les gagner devait faire traverser des myriades d'émotions.

Un instant, je me demandai si la victoire d'Amy Wetthrone pourrait avoir une incidence positive sur ma carrière. Le maire pourrait bien se souvenir de moi, ce pacificateur prévenant qui l'avait accompagné pour l'interview exclusive qui avait précédé la victoire de sa fille. Peut-être même avait-il le pouvoir de suggérer une demande de promotion... Un souffle inaudible s'échappa de mes lèvres, autour desquelles une barbe de trois jours commençait à poindre. J'y passai ma main gantée dans un réflexe idiot. C'était de la fiction. Même si elle avait trouvé le parfait bouclier en son carrière chéri, arriverait un moment où celui-ci se rappellerait qui il était et pourquoi il était là : à ce moment précis, il ne faisait aucun doute que le sort ne lui serait pas favorable.

Les crissements des rails annoncèrent bientôt notre entrée dans la gare du Un. Je me redressai immédiatement, jetant un œil autour de nous avec un regard suspicieux. J'avais besoin de faire preuve de prestance, hors de question de manquer à mon devoir et encore moins à la réputation que je m'étais progressivement forgée auprès du maire au cours de précédentes missions de protection.

- Nous y sommes. Attendons que tous les autres passagers descendent, puis nous en ferons de même, dis-je avant d'ajouter : Moins de personnes remarqueront votre présence avant la diffusion et mieux nous nous porterons.

Le bruit mat des pas qui claquèrent sur le quai parfaitement propre de la gare, d'une couleur blanc cassé, parvint jusqu'à nos oreilles. Des foulées tantôt lentes, tantôt pressées, même si ces dernières étaient bien plus nombreuses, provoquaient un écho sous la structure et celui-ci réussissait à s'insinuer jusque dans la cabine où nous étions demeurés durant tout le trajet. Bientôt, ils ne furent plus qu'un murmure, une réminiscence d'une explosion de hâte et d'excitation, avant de disparaître au loin.

- Allons y. Restez derrière moi.

La gare était vaste, la sécurité extrêmement discrète. Le son mat des semelles de mes bottes résonnait, rendant l'ambiance encore plus pesante. Ma poigne se serrait autour de la crosse de mon arme, quand je l'aperçus. En tenue blanche, droite comme un i et le visage fermé, elle s'avançait à notre rencontre avec son propre paquet politique. Son regard ne s'attarda pas sur M. Wetthrone qu'elle salua brièvement, je hochai la tête en direction de M. Gemmeus.

- Pacificatrice Dixon,prononçai-je en marquant un léger garde-à-vous, avant de continuer pour aller à l'essentiel : J'ai été surpris du peu de pacificateurs présents à notre arrivée, vos hommes sont-ils déjà en place à l'extérieur ?

A nos côtés, les deux maires s'étaient éloignés de quelques pas et nous pouvions deviner à leurs paroles qu'ils étaient en pleine discussion à propos de leur première apparition télévisée. La mise en scène de ce genre d'événements devait revêtir une importance primordiale, la vérité était que je m'en moquais ! Seul mon travail m'importait... Lui et ses possibles répercussions...

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MessageSujet: Re: EVENT - Confrontation au District 1   Ven 27 Jan - 16:57

Janet Dixon





Quel cirque pour respecter la mise en scène du Capitole.
Il était nécessaire que les maires se voient pour la première fois devant les caméras et qu’auparavant, ils n’aient rien à se dire. Que leur poignée de mains soit réelle, sincère, pas préparée. Que les habitants de la capitale, si confortablement installés dans leurs canapés derrière leurs écrans bien plus que numériques, croient en la sincérité de ces deux hommes qui n’avaient jamais dû se voir de leurs vies.
Janet comprenait que cette mise en scène pouvait être nécessaire pour les Jeux ; oui, elle comprenait la nécessité et l'importance, mais elle avait du mal à approuver. Puisqu’elle composait l’un de ses rouages, elle regardait toutes ces manigances et les voyait construites de toutes pièces, artificielles. Comment admettre qu'une masse complète de téléspectateurs arriverait à croire en la sincérité de cette poignée de main et des réactions des représentants concernés.
Et pour une fois, les caméras ne seraient pas tournées vers le plus riche ; pas le plus raffiné, pas le plus ventripotent, pas celui qui était à la tête du plus grand District. Non, celui qui serait focalisé par les caméras serait son homologue du Cinq, Mr. Wetthrone, dont la fille était encore en lice pour la victoire des Jeux.
Janet se demanda bien si une telle comédie était tout simplement humaine dans la position d’un parent de Tribut. Cet homme supportait beaucoup de choses en peu de temps, et il devait montrer à Panem entier qu’il tenait le coup. Ca forçait le respect. Bienplus que Mr. Gemmeus ne susciterait jamais dans ce cœur qu'elle s'endurcissait.

« Pacificatrice Dixon, lança soudain le maire ventripotent, vous n’êtes pas sans savoir que cette rencontre sur les quais de la gare n’est pas officielle.
- En effet, Mr. Gemmeus. Que voulez-vous que je fasse ?
- Laissez-nous discuter avec Mr. Wetthrone, et surveillez les alentours. Si l’on pouvait sauver les apparences, ce serait l’idéal.
- Ce sera fait comme vous le désirez. »

Beaucoup de complexité et d'apparences pour une rencontre entre de vulgaires représentants. Qui comptaient si peu, comme eux tous, dans les plans les plus élaborés des plus hautes sphères du Capitole.

« Vous souhaiteriez que nous nous mettions à l’écart, le Pacificateur Bennet et moi-même ?
- Oui, ce serait préférable, nous avons des choses importantes à nous dire. »

Bien sûr. Cet homme paraissait pourtant croire dur comme fer à l’importance de son rôle et de sa personne.

« Soit. Au moins problème, je suis là. »

Mr. Gemmeus aurait dû être son homologue, un habitant des Districts qui n’était pas tant son supérieur que celui qu’elle devait protéger : pour assurer sa sécurité, il ne pourrait pas faire autrement qu’accepter les ordre de la vétérane. Mais elle n’arrivait pas à se croire réellement l’égale de ce maire : dans son attitude même, il transparaissait une vanité et une arrogance qui rappelait la gamine du District Sept forcée à tapiner pour survivre. Ce qui déplaisait forcément à la cheffe Pacificatrice.
Pourvu que cette mise en scène idiote prenne vite fin.
Les Pacificateurs en garnison dans la gare du District Un avaient correctement fait leur travail en évacuant le quai destiné à accueillir le train qu’ils attendaient tous. Tout était désert, et ce vide montrait la perfection du travail accompli par les bâtisseurs et les restaurateurs de ces lieux : pas une égratignure, pas une pierre ne dépassait, et le soleil qui baignait si régulièrement le quartier du luxe trouvait une place confortable en ces lieux.
Finalement, Janet se demanda si ce n’était pas l’endroit le plus agréable qu’elle n’avait jamais fréquenté, surtout dans cette disposition où elle avait l’impression que la gare leur appartenait, que le soleil leur appartenait, que cette magnifique journée leur appartenait.
Quelle somme avait investi Mr. Gemmeus pour imposer son infime pouvoir, pour impressionner les nouveaux arrivants dès qu’ils posaient le pied en dehors ? Des quantités astronomiques, qui provenaient à peine de sa poche mais sans douter plus de celles des contribuables.
Ils étaient tous égaux dans les Districts, disaient le Capitole, mais certaines s’avéraient plus égaux que d’autres.
Le bruit des roues pédalant contre les rails précéda le crissement sourd de freins qu’on actionnait, et comme un serpent qui s’extrayait de sa cache, le train en provenance du District Cinq arriva en gare du Un. Mr. Gemmeus se mit en place, trois ou quatre mètres en retrait par rapport à la porte de  sortie, et Janet le força à reculer de quelques pas pour mieux assurer sa sécurité. Officiellement. Officieusement, elle lui rappelait sa présence, et son obligation de s'y conformer.
Forcément, connaissant les tenants et les aboutissants de son travail, le premier à franchir la porte du train était Edmond Bennet, le Pacificateur chargé de la protection du maire du District Cinq. A le voir en vrai, Janet se demandait bien comment cet homme arrivait à dégager une aura de confiance et de sécurité tout en arborant une barbe négligée de trois jours.
Derrière lui venait ce maire fatigué mais digne : Janet le voyait mais il s’effaçait tellement derrière trois personnes qui vivaient encore, quand lui était dans l’attente brave de tout perdre. Au salut poli que lui adressa la Pacificatrice, il répondit d’un hochement de tête. La vétérane ne pouvait s’empêcher de se sentir émue par la douleur sourde de ce père.
Bennet la héla et souleva le nombre réduit de Pacificateurs présents. Janet haussa un sourcil.

« Pacificateur Bennet, je suis ravie d’avoir un aussi fin observateur sous mes ordres pour les prochaines heures. Maintenant, laissez Messieurs Gemmeus et Wetthrone profiter du calme de la gare pour converser comme ils le doivent. »

Dès qu’il avait posé le pied dans le District Un, il était passé sous son commandement : il valait mieux pour lui le comprendre très vite. Protection du maire du District Cinq, ou non.
Quand les deux représentants s’isolèrent, les deux Pacificateurs se placèrent de manière à pouvoir eux-mêmes converser sans les quitter des yeux. Janet déclara alors :

« Ecoutez Bennet, qu’une chose soit claire : vous êtes ici sous mon commandement et n’avez pas à remettre mon organisation en question. Vous êtes au District Un si vous l’avez oublié, et la sécurité est au niveau de sa réputation. »

Son attitude était globalement dure et cassante, mais elle arborait un sourire qui trahissait une certaine satisfaction. Elle décida d'insister un coup - sait-on jamais

« Vous avez compris ? »
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MessageSujet: Re: EVENT - Confrontation au District 1   Sam 28 Jan - 4:44

Edmond A. Bennet





Avec son chignon parfaitement plaqué et ses cheveux lissés, la pacificatrice Dixon avait cette beauté froide qui m'avait toujours plu chez les femmes rejoignant la troupe des protecteurs de Panem. Son visage n'affichait aucune émotion particulière, seule son assurance en débordait. Elle était forte, bien plus nettement exprimée que la mienne qui savait être discrète, changeante, selon ce que la situation demandait.

Alors, quand elle me tacla, je ne pus retenir un fin sourire. Elle avait du caractère, de la poigne, comme lors de notre discussion téléphonique. Nul doute qu'elle savait diriger des hommes, elle en avait la carrure. Elle finit par donner un ordre, je n'en attendais pas moins d'elle. Visiblement, le besoin de marquer son territoire et de s'imposer prédominait sur le devoir fixé d’œuvrer simplement dans le même sens pour assurer le travail qui nous avait été confié au mieux. Hors de question bien entendu de noter ce fait, cela n'était pas le lieu ni le moment. Je hochai donc simplement la tête en guise de réponse.

Nous nous détournâmes donc des deux maires qui, déjà, avaient un échange bien animé à propos de la meilleure attitude à adopter pour leur première apparition sous les feux des projecteurs. Les apparences ne cessaient jamais pour ceux qui s'apparentaient au gouvernement mais, même si cela pouvait paraître immonde, il fallait admettre que cela était également nécessaire. Postés à quelques mètres d'eux, nous continuions à les protéger de notre attention lorsque Janet reprit la parole.

Le moins qu'on pouvait déduire de son discours était que la pacificatrice en chef du District Un faisait preuve d'une fermeté que je jugeais rapidement disproportionnée. Elle désirait avoir le contrôle sur moi et, bien que cela aurait pu me convenir, le fait qu'elle me laissait ainsi dans l'ignorance de sa stratégie sécuritaire me rendait nerveux. Une erreur de sa part me coûterait assurément... Après tout, ses ordres n'étaient qu'un prétexte pour me garder sous son joug mais elle oubliait l'essentiel : on ne m'avait pas envoyé ici comme un simple soutien à sa caserne sans doute suffisamment fournie, on m'avait confié la vie d'un maire et je comptais bien prouver que j'étais à la hauteur de cette tâche. Indispensable, même.

- Vous maîtrisez l'art d'être claire visiblement, finis-je par lui répondre avant d'oser jouer la carte de la provocation. Si vous n'étiez pas la cheffe de ce district, je vous suggèrerai bien quelques modifications pourtant vu mes premières observations...

Il n'y avait pas besoin d'être fin physionomiste pour remarquer sa crispation après ma déclaration, alors pour apaiser cette fureur sourde qui menaçait de m'engloutir, je précisai :

- Mais bien entendu, je suis certain que vos dispositions sont parfaitement maîtrisées, c'est votre district et vous le dirigez avec une efficacité indéniable, annonçai-je en appuyant sur le pouvoir de Janet, puis j'ajoutai : Je suis avant tout là pour veiller à la sécurité de M. Wetthrone et au bon déroulement de son voyage, comme me l'a ordonné le chef pacificateur Stevens, mais il va de soi que je serai à vos ordres.

Une pique pour deux compliments et appréciations, je ne parviendrais pas à faire mieux. Il fallait que je m'impose sans bousculer les principes apparemment rigides de la vétérane.

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MessageSujet: Re: EVENT - Confrontation au District 1   Sam 28 Jan - 14:49

Janet Dixon





Bennet saisissait au moins le principe. Le reste n’intéressait pas Janet : pour une collaboration qui ne durerait pas plus d’une journée, elle ne souhaitait pas provoquer la sympathie chez cet homme. Des concurrents et des marques rouges dans le dos s’avéraient plus simples à gérer que des collègues qui se voulaient attachés à leurs supérieurs. Le jour où ces simples humains, chargés de responsabilités, devaient prendre des décisions incisives, l’amertume était réelle.
Quand un ami ne pouvait plus qu’apprendre la déception, un ennemi n’apprenait que le respect. Qu’il soit un ennemi, un concurrent, un adversaire.
Lorsque Bennet affirma la clarté des instructions de Janet, celle-ci hocha la tête, satisfaite. Mais ça ne dura pas : comme poussé par une irrépressible volonté de fragiliser cette répartition que la hiérarchie professionnelle avait distinctement installée, le Pacificateur du District Cinq insinuait une critique négative de son organisation. Les lèvres de Janet se crispèrent, une réaction qu’elle tenta de masquer en passant sa langue sur ses dents.
Le mal était pourtant fait au vu de la précision de Bennet : oui oui, les dispositions sont précisées, et bien évidemment qu’il était présent pour la protection du maire du District Cinq. La vétérane lança un regard aux deux maires en pleine discussion, observant leur discussion animée par Mr. Gemmeus. Les approbations sans parole de Mr. Wetthrone agaçait Janet ; non pas à propos de sa personne, mais vis-à-vis de sa présence ici. Elle avait du mal à accepter que cette personne soit exposée. Il devait être avec sa famille pour traverser l’épreuve.
Janet claqua de la langue pour passer à autre chose. Les sentiments de ce père de famille inondaient bien trop l’esprit professionnel de la Pacificatrice.

« Sur toute la zone que compose le centre du District, des Pacificateurs qui sont postés à chaque sortie qui vérifient les entrées et les sorties. Ils possèdent tous une radio directement liée à la mienne : au moindre problème, ils rappliquent. »

Finalement, il lui paraissait important de détailler un peu le plan. Mais elle garda pour elle le fait que la plupart d’entre eux étaient affectés à la protection du marché sur la place centrale : les deux évènements étaient complètement séparés dans leur logistique. De plus, la Pacification en général n’avait trouvé l’intérêt d’affecter trop de femmes et d’hommes au District Un, réputé sécurisé et moins dangereux qu’un District Six ou un District périphérique.
Pour cette raison-là, la rencontre entre les maires avait été confiée à une équipe de six personnes. Certes, pas des plus incompétents, malgré leur attirance oralement poussée aux remarques de mauvais goût. Oui, Wolff, c’est toi qui es visé ; elle l’entendait presque éternuer.
Cette faiblesse, elle ne l’offrirait pas à Edmond Bennet. Et elle savait pertinemment qu’un message d’alerte sur sa radio ferait rappliquer tous les hommes en blanc.
Janet se tourna face à Edmond et reprit de sa voix ferme :

« Cela excepté, je suis en possession de la radio. La protection de Mr. Wetthrone est aussi essentielle pour moi, au même titre que celle de Mr. Gemmeus. N’imaginez donc pas que nous sommes en conflit d’intérêts. »

Un rapide coup d’œil à sa montre : ce serait bientôt l’heure officielle de l’interview. Un dernier coup pour reposer les bases à l’égard de Bennet.

« Et, effectivement, vous êtes encore sous mes ordres pour les prochaines heures. Ne l’oubliez pas. »

Bordel, elle n’avait pas acquis son rang hiérarchique par un piston ou par sa place sociale. Elle avait saisi une occasion et ne cessait de se démener. Aucun doute qu’Edmond allait dans le même sens ; pour autant, il pouvait oublier la familiarité.
Un regard de Mr. Gemmeus dans sa direction lui indiqua que leur discussion était terminée. Janet enjoignit d’un signe de tête Bennet à la suivre. L’heure était arrivée de se mettre devant les caméras.
Une dernière parole était implicitement destinée au maire du District Cinq.

« En avant. Plus vite ce sera réglé, plus vite chacun rentrera chez lui. »

Son dos la démangeait furieusement.

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EVENT - Confrontation au District 1

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