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 Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]

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Brooklyn A. Lefevre
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MessageSujet: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Mer 17 Aoû - 13:46

[Attention, certains propos peuvent choquer la sensibilité de certains.]




Pain is the one experience common to every living thing. It unites us.
Brooklyn, Zane & Melvil

Le cobra me dépose au D4. La résistance doit avoir beaucoup de ses membres pris pour m’envoyer moi jusqu’ici. Mais c’est pour la bonne cause, il s’agit après tout d’encadrer un approvisionnement en poissons, en escortant un chargement jusqu'au cobra. Nos alliés nous permettront de nourrir les hommes du D13, ce qui est une bonne chose. L’autre bonne chose de cette histoire, c’est que je vais bosser avec Zane. Et revoir Melvil. Ça fait des jours que je ne l’ai pas vu. Il a enchainé les missions depuis la moisson. D’un autre côté, c’est aussi positif : ça veut dire qu’il n’y a pas eu de problème et qu’il est en vie. Néanmoins, je suis surprise qu’il soit appelé encore une fois. Surtout compte tenu de la situation... J’avance vers le quartier des pêcheurs, voyant mes deux binômes favoris. Je dois bien avouer que ça me fait bizarre de les voir là tous les deux. Y a même un petit côté dérangeant en fait. On n’a jamais bossé tous les trois ensemble. Mais le soulagement que je ressens en voyant Melvil. En vie et en un seul morceau. Je ne sais rien de ce qui a pu se passer pour lui depuis tout ce temps. Comment a-t-il vécu les Jeux ? Comment s’est déroulée sa mission au Capitole ? Où était-il passé ? A mon avis, il n’a pas dû penser une seule seconde à lui. Par contre, il y a un autre sentiment qui vient contrebalancer le plaisir de le voir. Je leur souris.

« Zane. A l’odeur, j’aurais dû me douter que c’était toi. »

J’évite sa main qui veut me décoiffer, avant de saluer Melvil.

« Pas trop dur de quitter les toilettes en or du Capitole ? »

Je sens qu’il va m’en parler encore du Capitole, quand on aura un peu plus de temps. Mais pas maintenant. Il faut d’ailleurs que je lui dise quelque chose, cependant, devant Zane, et nos contacts qui arrivent, c’est un peu délicat. Nous saluons nos alliés puis nous assurons avec eux que tout est sécurisé. Il faut tout de même être prudent. La nuit est notre alliée et nous aide à nous dissimuler des Pacificateurs, mais le trafic d’aliments, ça ne plait pas du tout au Capitole. Encore moins s’il s’agit de nourrir les rebelles. Mais alors qu’on fait une ronde, Melvil passe à côté de moi et j’entends sa question fatidique. Comment ça va à la maison ? Et je pourrais faire l’idiote, lui dire que ma maison n’a pas changé, que les placards sont toujours vides blablabla. Mais je sais très bien ce dont il parle. Et je ne suis pas douée pour dire les choses alors…

« Faye va bien mais il y a autre chose. Ce n’est peut-être pas si grave, je ne voudrais pas t’inquiéter pour rien, mais Faye est passée voir Azylis, elles se voient souvent d’ailleurs. Ta… Ta mère n’est pas en bonne santé. »

J’avais découvert ça en suivant Faye à mes heures perdues, parce qu’il m’avait demandé de veiller sur elle. Dans le douze, les gens tombent malades facilement, moi-même il m’arrive d’être clouée au lit pendant plus d’une semaine, surtout au plus lourd de l’hiver. Sauf que là, nous ne sommes pas en hiver.

« On peut gérer avec Zane, si jamais tu veux rentrer pour la voir, tu sais que ce n’est pas un problème. »

Je n’aime pas être porteuse de mauvaises nouvelles. Un bruit attire mon attention. C’est trop bruyant, le transfert jusqu’au cobra est trop bruyant. Je guette les maisonnées, espérant que personne ne prête attention à ce que l’on fait, ou qu’ils fassent semblant de ne rien voir. Il refuse ma proposition. Pourquoi, je n’en sais rien mais il décide de rester. Zane réapparait en trottinant. Lui aussi il est inquiet à cause du bruit ?

« Pas de mouvement suspect ?
- Non mais c’est trop…
- Je sais. Tu crois qu’on peut…
- Non, mauvaise idée. »

C’est ça qui est pratique avec lui. On se connait tellement qu’on est sur la même longueur d’onde sans se parler. De toute manière, l’itinéraire avait été réfléchi et bien balisé. Les rues empruntées ne sont pas dangereuses. Alors que nous nous apprêtons à nous engouffrer dans l’une d’entre elles, je prends la tête du cortège, arme à la main. Un bruit. Et une détonation. Putain ! On nous tire dessus ! Comment ils savent ? Des Pacificateurs apparaissent à l’autre bout de la rue. Impossible de passer par là, il faut qu’on fasse demi-tour. Je tire à mon tour, pour els ralentir. La cargaison s’écroule au sol tandis que nous essayons de rebrousser chemin en évitant les tirs. Mais d’autres apparaissent par là où nous sommes arrivés. Zane me tire le bras, m’évitant de percuter un pacificateur de plein fouet. Je cours, le plus vite possible, m’engageant dans des rues au hasard, du moment que je suis Melvil et Zane. Et c’est qu’ils courent beaucoup plus que moi. Mais les autres nous suivent, de bien trop près. Impossible de retourner au cobra, c’est exactement ce qu’ils veulent, parce qu’on serait déjà morts sinon. Quoique… une balle qui me frôle me fait douter de mon raisonnement. Melvil nous fait signe et on s’engouffre dans un renfoncement nous permettant de souffler quelques secondes.

« On peut pas reprendre le cobra. Et j’suis pas sûre qu’on puisse se fier à qui que ce soit ici. »

Je reprends mon souffle quand Zane propose un plan qui est le seul valable en la circonstance. Même si ça va vraiment être bizarre. Rejoindre le D1 et nous abriter chez lui le temps que ça se tasse… ça va nous demander une sacrée course. Mais il faut être lucide, hors de question de risquer de révéler la station du cobra, et on ne peut pas rester au D4 si on ignore à qui on peut faire confiance. Une dernière inspiration et on se remet à courir, slalomant entre les maisons, évitant les pacificateurs, direction le D1, comme si le D1 pouvait nous sauver…

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Zane Hamilton
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Mer 17 Aoû - 16:42

Pain is the one experience common to every living thing. It unites us.
Avec Channelle et Brooklyn et Melvil
Une mission poisson au Quatre. Ben voyons, ça pouvait pas être une mission diamant au Un ? Non du poisson, ils sont sérieux ? Forcément que j'étais sur le coup, forcément que c'était important. C'était pour nourrir les collègues. Y'avait pas vraiment à réfléchir ni à rechigner. Mais franchement...du poisson. Et comme toujours, j'avais pas le droit à Cobra, je devais me taper la route à pieds, seul. Quand ils voulaient il pouvaient creuser jusqu'ici. Ouai je râle, et alors ? Je dois dire que j'ai un peu les boules de quitter Channelle après l'avoir retrouvé. Alors si le train pouvait arriver sous mes pieds pour me faire gagner du temps et des jours avec elle, ça m'arrangerait. J'irais même creuser avec eux quand ça sera le moment s'il le faut.

Channelle m'avait proposé d'y aller avec elle, mais c'était impossible. Autant elle connaissait Brook et Brook la connaissait, autant on ne serait pas seuls pour le coup. Et nous devions échanger avec d'autres rebelles sur place. Donc c'était mort. Elle n'aimait pas que je parte, je le voyais bien, même si elle essayait de faire bonne figure. Mes départs étaient de plus en plus difficile, et pour elle et pour moi. Mais c'était comme quand chaque matin elle se rendait au Centre. Peut-être y était-elle moins en danger que moi, mais le résultat était le même au final si c'était pour qu'elle choisisse l'Arène à la fin du truc. On évitait le sujet la plupart du temps. Après l'avoir rassuré sur là où j'allais et ce que j'avais à faire je la quittais.

Le chemin n'avait pas été si long en fait, avec tout ce que j'avais dans la tête comme pensées, je m'étais tenu compagnie facilement finalement. J'avais profité de manger et dormir à 4km de la clôture du Quatre avant d'y entrer. Autant y être en forme.

Le seul point positif c'était que j'étais avec ma binôme de toujours. La mission même si elle n'était pas "sympa", serait forcément cool avec Brook. On ne s'était pas revu depuis la dernière mission de reconnaissance du tunnel. Et ça me faisait franchement plaisir de faire celle ci avec elle. J'allais aussi pour la première fois bosser avec Melvil. On s'était croisé plusieurs fois au Treize, mais sans plus. Ça m'a l'air d'un mec fiable, et Brook le connait plutôt bien, c'est un gars de son District, un Mentor. Je serais qui alors franchement pour juger, alors que ma copine est une Carrière ? J'ai juste pas trop envie qu'il le sache. Que je sors avec le genre de fille qu'il a du tuer dans l'Arène. J'ai confiance en Brook, elle a confiance en lui, alors j'ai confiance en Melvil.

Je retrouvais Melvil en premier. On fit les premiers échanges avant que Brooklyn n'arrive avec son humour tranchant. Il avait connu mon père, me disant qu'il avait fait un excellent rebelle. Beaucoup de gens connaissaient mon père comme un gars bien et un bon résistant. Tellement bon qu'il a été fait exécuter à cause du père de ma copine. La classe. Bref. Étrangement je ne m'attardais pas sur le sujet et je l'en remerciais simplement. Il avait cool comme gars. Enfin la 3ème rebelle arriva.

"Brook. Pourquoi ? T'as une douche au Douze maintenant ? Attends de toucher aux caisses de poisson, on verra qui pu le plus à la fin de la soirée." Lâchais-je un sourire franc sur les lèvres. Je tente alors de la décoiffer, en vain, elle esquive.

Je souris de nouveau à sa remarque à Melvil sur les chiottes du Capitole. Ça la taraude vraiment cette question ?! Un jour je l'y amènerai voir de ses propres yeux, ça sera son cadeau d'anniversaire. Une mission en bonne et due forme au Cap'. On regarda de nouveau tous les trois vite fait notre parcours, notre itinéraire pour bien se l’imprégner avant que nos collègues débarquent.

Et justement nos contacts arrivèrent brisant les retrouvailles. Je m'éloignais rapidement un peu pour commencer à faire le tour des caisses de l'autre côté avec ma lampe torche, afin de m'assurer que tout était nickel et qu'on était tranquille. Je passais entre les marchandises, rien à signaler, tout avait l'air clair. Je m'aventurais un peu plus loin, regardant les bâtiments autour de nous. Bordel. Je ne voyais rien, rien de suspect, mais ce bruit n'était pas normal. Des bottes ? Non, des cliquetis ? Des armes ? Des ceintures qui raclent les murs ? J'en savais rien, je n'étais pas sûr. Une sorte de mouvement pas très rassurant en tout cas. Je retournais sur mes pas en courant vers Brook et Melvil. Pas besoin d'en dire plus, Brook comprit mon inquiétude pour la partager aussi.

On s'avança à peine vers le circuit qu'on avait tracé avant. Brook passant devant. Tous arme en main, on assurait ses arrières quand j'entendis un tir. D'un coup, les Pacificateurs étaient visibles. Je grognais. Qui nous avait trahis ? Comment ils savaient ça ? Ils nous attendaient ? Leur manière d'agir était étrange, différente...




Brook ouvra le feu. J'en fis de même, un homme s'écroula à terre au pied d'un mur, faisant trébucher un autre Pacificateur. On tira alors vers moi, juste le temps de sauter derrière une caisse, et puis le monticule s'écroula sous les tirs. Merde. Fallait sauver notre peau maintenant. On se mit à courir, à esquiver. On traça sans se retourner, mais d'autres étaient déjà devant nous, putain Brook, j'eus juste le temps de tirer son bras pour la plaquer contre moi et lui permettre de repartir dans la rue pendant que je cognais le gars avec la crosse de mon arme. Trop près pour un tir.

Je me remis à courir à la suite de Brook et Melvil. Comme j'étais content qu'on soit deux pour la protéger et qui plus est deux gars. Je ne ressentais même pas la peur, je n'en avais pas le temps, tout se passait trop vite, il fallait courir, tirer, frapper, rouler, sauter. On ne se parlait pas, on agissait par regard, par geste, coup de tête et bras tournait vers la droite, vers la gauche. Doigts sur la bouche. Melvil et moi on tomba sur un gars en même temps le désarmant et lui réglant son compte. On repris notre course. On ouvrit le chemin à Brook. Elle peinait à nous suivre, mais elle s'accrochait, comme toujours, elle avait d'immenses ressources. On ralentissait. On tirait. C'était un ballet de rue infernal. Si Channelle me voyait...

Hors de question pour le Cobra, ils attendaient que ça, notre repli vers cette partie de la rébellion. Fallait réfléchir, où aller ? Que faire ? La transpiration me coulait dans les yeux, me les brûlait. J'avais la lèvre en sang et l'arcade ouverte. Rien de bien méchant quand on voyait la gueule de l'autre Pacificateur. Merci Melvil au passage qui m'avait aidé à me dégager de là. D'ailleurs il nous faisait un signe et on fonça vers lui sans réfléchir. On se retrouva dans un coin tranquille pour le moment. On reprit notre souffle, j'essuyais le sang, la sueur.




"Au D1, chez moi, le temps que ça se calme. On a pas le choix. On saute la barrière, je connais le chemin comme ma poche. C'est notre seule chance. On est trop loin pour le 8. Et au moins Brook, tu connaîtras les joies d'une vrai douche."

Moi j'en avais encore assez pour faire trois notes d'humour. Ils acquiescèrent et on reprit notre course folle. Ils me suivirent. Je pris les petits chemins. Mes poumons me brûlaient. Mes cuisses tiraient, mais au bout d'un moment, les efforts payèrent. Plus on s'éloignait, moins on rencontrait de costumes blancs. Le bruit des balles et des bottes se firent plus lointain. Je voyais enfin la clôture.

On ne s'arrêta pas. L'élan me permit de sauter assez haut pour grimper en quelques secondes. Je m'accrochais en haut et je réceptionnais la main de Brooklyn. Je la tirais et elle bascula de l'autre côté, là où déjà Melvil assurait nos arrières, je le voyais tirer à travers le grillage. Ils arrivaient déjà. Je poussais alors Brook, fallait courir encore. Au moins sur 8km ensuite on pourrait freiner notre marche. On ne serait vraiment en sécurité qu'après une bonne heure de course. Làbas on pourra souffler et se poser. Pas avant.


FICHE PAR DITA | EPICODE
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Ven 19 Aoû - 14:44





Brook, Zane & Melvil





Voilà quelques jours que j’avais quitté le Capitole. Je n’avais encore pas pu rentrer chez moi, entre la fin de la mission au Capitole et cette nouvelle, je n’avais pas encore eu le temps de mettre les pieds au douze. Quelque part, je ne savais pas trop vers quoi je retournai, et une petite voix dans ma tête me disait que ce n’était pas plus mal. Et puis, on m’avait dit que cette mission était avec Brooklyn et Zane. Je ne connaissais pas bien le garçon, mais j’avais connu son père. S’il était seulement à moitié aussi bon, c’était un atout de l’avoir avec nous. Et puis Brook … Le fait qu’elle soit là m’avait déjà rassuré. Ca signifiait que sa mission n’avait pas si mal tourné que ça et qu’elle était encore en un morceau. Il arriva le premier. On échangea rapidement des informations sur la mission. Rien de bien compliqué en somme, un simple rapatriement de nourriture pour le treize, ça devrait être vite fait. On échangea quelques banalités, je lui parlais brièvement d’une ou deux missions que j’avais faite avec son père. Puis Brook arriva. Ils se taquinèrent un peu, Brook l’avait parfois mentionné, elle avait fait pas mal de missions avec lui et ils se connaissaient bien. Après tout, ils devaient avoir à peu près le même âge. Elle finit par se tourner vers moi.

« Pas trop dur de quitter les toilettes en or du Capitole ? »

Je ne réponds même pas et lève les yeux au ciel. C’est bien, rien n’a changé pendant mon absence. Les collègues ne rejoignirent assez rapidement. Ils nous assurèrent que tout était sécurisé, et on commença à faire des rondes. Lorsque Brook passa près de moi, je lui posais la question qui me brûlait les lèvres depuis que je l’avais vue. Comment étaient les choses à la maison ?

« Faye va bien mais il y a autre chose. Ce n’est peut-être pas si grave, je ne voudrais pas t’inquiéter pour rien, mais Faye est passée voir Azylis, elles se voient souvent d’ailleurs. Ta… Ta mère n’est pas en bonne santé. »

Je la fixais un instant, les informations trouvant leur chemin jusqu’à mon cerveau. Bon sang. Faye et Azylis … « Ce n’est peut-être pas si grave » … Qu’est-ce que … C’était forcément très grave. Cela voulait dire que, soit Faye savait pour les rebelles, ce qui était un état de crise, soit elle ne savait pas, auquel cas elle et Azylis avaient du se dire des choses qui auraient mis la puce à l’oreille comme à l’autre. Et ma mère, par-dessus le marché, n’allait pas bien. A quel point ? Voulais-je vraiment le savoir maintenant, alors qu’il n’y avait rien que j’aurais pu faire à ce sujet ?

« On peut gérer avec Zane, si jamais tu veux rentrer pour la voir, tu sais que ce n’est pas un problème. »

Je reposai mes yeux sur Brook. Je suppose que j’étais parti un moment dans ma réflexion. Je secouai la tête.

« Ca va. Je suis parti des jours, quelques heures de plus ou de moins ne changeront rien. »

Zane nous rejoins alors. Je fixe leur échange silencieux.

« Pas de mouvement suspect ?
- Non mais c’est trop…
- Je sais. Tu crois qu’on peut…
- Non, mauvaise idée. »

Heu, traduction pour ceux qui ne lisent pas dans les pensées ? Je les regarde à tour de rôle avant de relever la tête. C’était très calme jusqu’alors, mais un bruit sourd attire mon attention. Un pacificateur apparait, puis les coups de feu s’enchainent. Merde. On a été repérés. Brook leur tire dessus alors qu’on emprunte une ruelle. Je dégaine à mon tour. Ils sont déjà de l’autre côté. Zane tire Brook alors qu’elle manque de percuter un pacificateur. Je regarde autour et part rapidement de l’avant, devançant les autres, à la recherche d’un coin où s’abriter, lorsque je repère un renfoncement qui donne sur une autre rue. La dernière chose qu’il nous faudrait, ça serait bien un cul de sac. Je leur fait signe d’approcher tout en les couvrant au cas où, mais il semblerait qu’on les ai semés.

« On peut pas reprendre le cobra. Et j’suis pas sûre qu’on puisse se fier à qui que ce soit ici. »

Je secoue la tête à mon tour.

« Clairement pas. Ils sont trop nombreux et trop organisés pour que ça soit un hasard, on nous a clairement vendu. Mais on pourra penser à tout ça quand on sera de retour au treize. »

« Au D1, chez moi, le temps que ça se calme. On a pas le choix. On saute la barrière, je connais le chemin comme ma poche. C'est notre seule chance. On est trop loin pour le 8. Et au moins Brook, tu connaîtras les joies d'une vrai douche. »

C’est bien le moment de faire de l’humour. J’acquiesce sans discuter, de toute façon il est clair qu’il faut partir du quatre. Si Zane a un pied à terre pas loin, c’est encore mieux ; on sera bien mieux dans une maison que dehors à se planquer. Je les suivi, couvrant nos arrières tandis qu’ils avançaient vers de petites chemins. Finalement, on finit par atteindre la clôture. Je grimpais en même temps que Zane, le laissant aider Brook tandis que je tirais à travers la clôture sur les costumes blancs qui nous suivaient. J’étais à présent en terre inconnue. Le chemin entre le deux et le un était pour moi un mystère, aussi je laissais Brook et Zane prendre les devants.

On courut pendant de très longues minutes. On ne s’arrêtait pas, et on surveillait nos arrières sans cesse, jusqu’au moment où, après presque une heure de trotte, il sembla évident qu’on ne nous suivait plus. On s’arrêta quelques secondes pour reprendre notre souffle. On ne devait plus être qu’à quelques kilomètres du district un. Il fallait réfléchir, et vite. Forcément, ceux du quatre n’abandonneraient pas comme ça. Il était tout à fait possible qu’ils nous attendent là-bas. Je pivotai vers Brook, puis vers Zane.

« Tout vas bien, vous pouvez encore tenir ? »

Je jetai des regards autour. Même si cela semblait calme, il ne fallait pas se reposer sur nos acquis. Rien n’était sûr … Et on ne pourrait plus courir longtemps. Brook était complétement essouflée, Zane ne tiendrait pas non plus longtemps à ce rythme.

« Zane, chez toi, c’est près de la clôture ? Faut pas arriver dans un coin trop peuplé, ou trop près du centre. Tu vois un coin pas trop risqué, ni trop dégagé ? »

Suivant ses indications, nous progressions plus lentement jusqu’au frontière du district un. Nous demeurions silencieux sur le chemin. Plus on se rapprochait, plus la prudence était de mise. Après une autre bonne heure de route, on pouvait distinguer au loin la clôture du district. Toutes les lumières étaient éteintes. Le coin que Zane avait choisi n’était pas éclairé, car peu fréquenté sans doute. Un bon choix. Toutefois je ne pouvais retenir le mauvais pressentiment qui me bouffait. C’était beaucoup trop calme. Je tournai la tête vers Brooklyn en lui faisant un signe négatif de la tête. Il fallait repérer les alentours avant de passer en force.



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Melvil B. THORNE. I've seen the blood, I've seen the broken. The lost and the sights unseen. I want a flood, I want an ocean to wash my confusion clean.
I can't resolve this empty story I can't repair the damage done. We are the fortunate ones, who've never faced oppression's gun. We are the fortunate ones, imitations of rebellion. We acted out we wear the colors confined by the things we own. We're not without we're like each other, pretending we're here alone. And far away, they burn their buildings, right in the face of the damage done Rebellion

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Brooklyn A. Lefevre
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Ven 19 Aoû - 21:18




Pain is the one experience common to every living thing. It unites us.
Brooklyn, Zane & Melvil

Vendus. J’ai du mal à croire qu’on nous aurait trahis, s’engager dans la rébellion n’est pas une décision que l’on prend à la légère, et il faut être prêt à mourir pour elle. Là, il s’agissait seulement de ramener de la nourriture pour les rebelles qui trouvent un abri au D13… Pourtant Melvil a raison, nos ennemis sont prêts et ne sont pas là par hasard. En tout cas, la course reprend de plus belle, il faut quitter ce district ou nous serons piégés comme des rats. La grille. Ça ne nous sauvera pas mais ça mettra un peu de distance entre les Pacificateurs et nous. J’attrape la main de Zane qui m’aide à me hisser et à passer de l’autre côté. Je n’ai jamais été une excellente grimpeuse, et je dois admettre que je ne suis pas fâchée qu’il me donne un coup de main. Comment ils font pour courir aussi vite et ne pas manquer de cracher leurs poumons ? Je regarde sans cesse derrière moi, pour être certaine qu’on ne soit pas suivis. Je ne sais pas au bout de combien de temps s’arrête notre course, mais une chose est sûre, je suis en nage et j’ai besoin de vraiment respirer. Mains sur les hanches, j’essaye de dégager mes poumons qui me brûlent de l’intérieur. Est-ce qu’on peut encore tenir la bonne blague, je suis sur le point de mourir là d’asphyxie.

« On tiendra le temps qu’il faudra. »

Je remets quelques mèches de cheveux  derrière mes oreilles, essuyant mon front au passage. Voilà les gars, c’est très bien, parlez entre vous et laissez-moi mourir en silence. Mais voilà qu’il faut déjà repartir, à vitesse amoindrie, fort heureusement. L’angoisse liée à ce qu’il s’était passé, combiné à l’effort fait que lorsque le grillage marquant la frontière du D1 apparait, je suis totalement épuisée. Toutefois, il est hors de question que je dise quoi que ce soit. D’une part, parce que la nana fragile entre deux mecs, ce n’est pas mon truc, et d’autre part, parce qu’ils seraient capables de ralentir pour m’épargner. Et il est hors de question de les mettre en danger. Plus tôt on sera chez Zane, mieux ce sera. Je prendrai une grande douche et j’irai m’allonger en refusant catégoriquement de bouger pour au moins trois jours. Ou seulement deux, parce que je deviendrai folle à ne rien faire.

Malheureusement, je croise le regard de Melvil. Je pense que le désespoir doit se lire sur mon visage. On ne va pas prendre la ligne droite, c’est ça ? Vainqueur, mentor, chasseur et rebelle, je suppose que je ne fais pas le poids pour imposer mon désir du « on fait au plus cours pitié ». Je fais un signe aux deux hommes pour leur indiquer que je m’attaque au côté ouest, pour m’assurer qu’il n’y a pas de gardes qui nous prépareraient un petit comité d’accueil. Chacun sa zone à couvrir avant de choisir le meilleur passage. Je serre mon arme bien fermement, avançant à pas feutrés. Il est con Melvil franchement, il a réussi à me foutre la trouille avec son air sérieux. C’est une zone plutôt tranquille du D1, il n’y a vraiment pas de quoi…

Putain. De. Chiotte. Des pacificateurs ! Je comprends qu'ils surveillent dans la direction de Zane et Melvil. En réalité, ça doit durer une ou deux secondes, mais dans ma tête, j’ai le temps de songer à tout un tas de choses : je suis dans la merde, je vais mourir, ils sont que deux mais ils nous attendaient, ils ne doivent pas repérer mes amis. J’ai aussi un raisonnement un peu foireux : j’ai rien pu faire pour Blake, mais je me suis jurée de ne plus jamais regarder impuissamment mes proches mourir. Et que je le veuille ou non, ces deux-là comptent plus que je ne veux me l’avouer. Mais s’ils comprennent que je suis dans la merde, ils vont rappliquer tout de suite.

Alors j’ai fait la chose la plus stupide qui soit : j’ai balancé mon arme sur l'un d'eux pour attirer leur attention, et je me suis remise à courir, pour les éloigner au maximum des zones couvertes par Melvil et Zane, me retournant fréquemment pour m’assurer cette fois d’être suivie. Bon sang Brooklyn, niveau stratégie, il va falloir revoir certaines choses. Mais je ne pense qu’à une chose : qu’ils restent en vie. J’ai une petite chance quand j’avise la clôture. Si j’arrive à passer… je connais mal le district mais c’est un coup à tenter. J’accélère, surprise qu’ils ne tirent pas… Et s’ils savaient ? S’ils nous attendaient ? Pas le temps de m’attarder, je saute pour gagner quelques centimètres sur la montée. Sauf qu'une main attrape ma cheville et me fait tomber en arrière. Une autre se plaque contre ma bouche. Je ne peux plus bouger, tant ils me serrent forts, me bloquant les poignets et bientôt les jambes. J’ai beau me tordre dans tous les sens comme une anguille, rien n’y fais. J’ai foncé droit dans leur piège, pas assez rapide. J’espère qu’au moins les garçons s’en sont sortis.  

BY .SOULMATES

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Kyle T. Featherstone
« Invité »


MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Lun 22 Aoû - 22:25



Pain is the one experience...
Kyle Featherstone J'étais plutôt satisfait depuis quelques temps. Ma vie semblait prendre une sorte de tournant. Les choses se posées petit à petit. En clair, au Centre ça se passait bien, les Carrières étaient motivés, c'était une bonne année de coach, même si certains devaient être recadré de temps en temps. Channelle suivait ses entrainements assidûment. Elle progressait bien. Elle avait récupéré de ses anciennes blessures. J'étais fier, même si je n'en disais rien. Pas besoin d'épiloguer et de sortir les violons, il manquerait plus qu'elle pense que tout était joué pour les Jeux. Mais avec Enzo, on pensait déjà qu'elle serait prête pour la future édition, mais on en parlait pas. Il ne fallait pas qu'elle se repose sur ses acquis, qu'elle fasse de pause ou que sais-je. Il fallait qu'elle reste à fond, qu'elle croit jusqu'à la dernière minute qu'on ne pensait pas à elle. Qu'elle donne le meilleur d'elle même en se dépassant, surtout que par moment, elle avait l'air plus distraite et ailleurs. Comme si quelque chose la préoccuper. Et ça ne me plaisait pas vraiment. Un jour j'ai pensé à la suivre pensant qu'un homme lui tournait la tête, mais elle s'est dirigé vers les quartiers plus pauvres du District, cette idée s'est envolée aussitôt. Je n'ai pas pu continuer ma filature puisque j'ai été alpagué par un habitant trop bavard, le père d'un de mes Carrières. Et je ne pense pas que ma sœur soit le genre de fille a se laisser monté la tête par un gars, elle a autre chose à foutre.

Justement, je ne pouvais pas en dire autant. Depuis quelque temps, depuis une certaine soirée au Capitole, où j'avais croisé une vainqueur, j'étais perturbé. Je ne l'avais jamais été auparavant. Du moins certainement pas pour une fille. Et ça avait un côté agaçant cette histoire. J'avais beau multiplié les entrainements à la maison, au Centre et même avec Enzo. Cette femme ne sortait pas de ma tête. Pourtant je m'appliquais à l'oublier, mais rien à faire. Alors j'avais trouvé une autre tactique. Sortir, chasser comme au bon vieux temps avec Enzo. Penser et passer à autre chose. Et quand ce dernier n'était pas disponible, j'allais au bar seul, comme ce soir.

Après avoir pris une douche et fermé le Centre tard, je me dirigeais vers la Taverne du coin. Je m'approchais du comptoir quand j’aperçus une connaissance. Un gars, un Pacificateur qui s'occupait souvent des Échanges entre les Centres. Twysden voilà je crois que c'est ça. Un gars plutôt cool avec qui j'avais échangé quelques mots lors de ces fameux trajets. Je me dirigeais alors vers lui et le saluais. J'étais pas doué pour faire la conversation, mais c'était toujours mieux de boire à deux n'est-ce pas ?

"Bonsoir, toi ici ? Tu bois quoi ?"

Je nous commandais une nouvelle tournée. On passa un moment à discuter et échanger sur nos métiers. J'avais déjà pensé à ce boulot de soldat du Capitole, mais j'aimais tellement ce rôle de coach, martyriser quelques Carrières ça entretenait la jeunesse. Et puis, c'était un lien avec les Jeux que j'avais encore. Et je sais pas, il y avait un truc dans ce boulot qui me comblait un certain vide, un certain manque. J'avais besoin de garder le contact avec ce mode de vie, avec l'endroit d'où j'étais revenu y'a presque 20 ans.

Alors qu'on attaquait un autre verre, la radio de Pryce s'enclencha. Mon regard fixa l'objet qui venait de sortir une information qui m'intéressait. Puis je fixais le Pacificateur. J'étais pas du genre à supplier ni rien. Mais clairement, j'avais envie de partir avec lui. Bordel, j'avais besoin d'action. Même si c'était faire un tour de clôture pour rien. J'avais besoin de ça ce soir. De poser mon verre et de faire un truc qui changeait de mes habitudes.

"Je sais me montrer utile Pryce, et j'ai du temps à perdre ce soir !"

Après un bref échange on sortit tous les deux pour ma plus grande satisfaction. Direction la clôture. Mon cœur palpitait, l'instant d'une seconde, en poussant la porte du bar, j'eus la sensation de descendre du socle d'une l'Arène. Je retrouvais cette vieille sensation. Traquer. Je n'avais que ce mot en bouche. C'était peu être rien ce mouvement perçu décrit à la radio du Pacificateur. Mais les souvenirs s'imposaient à moi. Je n'avais pas de hache dans la main, mais un truc en moi sonnait. On resta silencieux et attentif le long du trajet. Arrivés à la hauteur de la clôture, mon cœur s'emballait de plus en plus. Twysden se tourna vers moi, me filant une arme.

"Tu sais te servir de ça ?"

Je hochais la tête sobrement. Un sourire en coin s'afficha sur mon visage. Pas comme lui, mais assez pour viser quelqu'un. Tenir cette arme me donnait un sentiment de puissance et d'avantage. J'avais bien fait en arrivant dans ce Pub d'aller vers lui. Ce que je vivais là était revigorant. J'étais un autre homme.

On fila le long de la clôture regardant le moindre indice. Twysden ne pouvait pas s'imaginer ce que j'étais en train de vire à ses côtés. Débusquer le Tribut à éliminer. Tous mes sens étaient en éveil. Je savourais ce moment comme jamais. Les souvenirs affluaient, j'étais dans un autre monde, dans une autre époque. Twys s'arrêta ce que je fis en même temps. D'un signe de tête et de main il me montra la direction à regarder. On se mit à couvert et on observa. Y'avait du bruit oui ! Là derrière la clôture. La montée de l'adrénaline en moi avait quelque chose de particulièrement jouissif. Ce n'était pas une patrouille là dehors, c'était forcément quelqu'un qui n'avait rien à y faire. Et si c'était un rebelle ?

On continua notre chemin avançant vers le bruit quand un truc me tomba dans le dos. Une arme ! Incrédule je me retourne et récupère l'objet dans les mains. Au visage de Twysden c'était pas l'arme d'un collègue. Nos yeux fixèrent la même direction, quelqu'un courrait et comme d'instinct on en fit de même. Cet abruti était trop bête pour ne pas s'enfoncer dans les bois, il restait visible. Plus on courrait, plus on s'approchait et je finis par voir que c'était une femme. Non loin de moi l'idée qu'une femme ne puisse pas être rebelle, mais pourquoi avait elle eut l'audace de se montrer à nous ? Il suffisait qu'elle reste tapis dans l'ombre, attendant qu'on continue notre chemin. Se pouvait-il qu'il y en ait d'autre derrière avec elle ?

"Diversion ?" Avais-je questionné le Pacificateur.

On n'eut pas de mal à l'intercepter quand elle essaya de sauter la clôture pour rentrer dans le District. Je maintenais sa bouche, c'est qu'elle avait la niaque cette petite. Une gamine de l'âge de ma sœur. Bon sang. On la plaqua au sol. Elle se débattait, ben tu parles, prise en flagrant délit la petite. Ses gémissements étaient au choix énervant ou jouissif.

"Alors chérie ? Ils sont où tes copains ?"

Qui qu'elle était, braconneuse, rebelle, elle ne devait pas être seule. Et on pouvait pas dire qu'ils en avaient quelque chose à faire d'elle. Car personne ne se montrait. Je regardais la clôture avant de croiser le regard de Twysden. Je crois qu'il était aussi désireux que moi d'avoir des réponses à nos questions silencieuses. Fallait-il qu'on la remette aux autorités du D1 ? Twysden était après tout figure de ça.

Après un bref échange, et après un très grand soulagement, on décida de ramener la fille chez moi. Histoire d'en savoir plus sur elle, et dans l'éventualité d'en savoir aussi plus sur ceux qui se planquaient derrière la barrière. Twysden avait contacté les collègues qui arrivaient pour les rondes. Heureusement on ne croisa personne jusqu'à la maison. La lune était ronde, nous éclairant faiblement jusqu'à la maison. Et pour éviter d'attirer l'attention, le manche de mon arme avait frappé contre le crâne de la fille, l’assommant le temps du trajet et permettant au Pacificateur de la porter sur l'épaule. Il serait ainsi facile de faire croire qu'il s'agit d'une fille bourrait qu'on ramène chez elle. Et bon sang que ça avait fait du bien de lui faire fermer sa gueule.

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★ Âge : 28 ans
☆ Surnom : Twys'
★ Occupation : Pacificateur
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Dim 28 Aoû - 14:52





Torture et autres drogues




J’avais passé une journée banale. Depuis quelques temps, elles se ressemblaient toutes. Je n’étais pas revenu chez moi, dans mon district en deux mois. J’avais prétexté à du travail supplémentaire, pour laisser Eli avec sa nouvelle colocataire, mais je devais bien avouer que ça me bouffais. Pire, ça se ressentait même dans mon travail. J’étais plus tendu, plus violent, et on n’avait pas manqué de me le faire remarquer. Alors « pour me calmer », on m’avait envoyé en mission plan-plan, transport de marchandises jusqu’au District 1. Bon sang, je faisais super bien mon boulot, non ? Le vice n’était-il pas ce qu’on attendait de moi ? Je le prenais comme une punition. Aussi, lorsqu’on m’avait dit d’attendre sagement le retour du train, j’avais foncé à la taverne. Fallait pas non plus abuser, si ils voulaient me punir, qu’il le fasse. Je saurais m’occuper.

J’étais arrivé là et j’avais pris une bière. Je ne connaissais pas beaucoup les habitants de ce district, mais rapidement, un visage connu fit son apparition. Un coach des carrières, et ancien mentor du district, pour qui j’avais beaucoup d’admiration –comme pour presque tous les mentors. Je le connaissais rapidement, on avait discuté plusieurs fois lorsque j’avais accompagné des échanges de carrières entre districts. Kyle Featherstone.

« Bonsoir, toi ici ? Tu bois quoi ? »
« Salut. Un bière, mais franchement, j’crois que je vais passer à un truc un peu plus fort. J’te paye une tournée ? »

Il refusa, insistant pour payer la sienne d’abord. On discuta un moment, discutant de ce qu’on faisait, de nos métiers. Je payais la tournée suivante lorsqu’une voix m’interpela à ma radio. Apparemment, il y avait eu un débordement au district 2 … Des rebelles qui avaient pris la fuite, et se dirigeaient probablement vers nous. Il fallait patrouiller autour des limites de district pour les prendre si ils tentaient de traverser. Je répondis positivement ; c’était une mission qui me correspondait déjà beaucoup plus. Je pivotai vers Kyle pour m’excuser, et je constatais qu’il avait cette drôle de lueur dans son regard. Je la reconnaissais, comme celle qui brillant dans le mien lorsque je savais que j’allais servir mon pays.

« Je sais me montrer utile Pryce, et j'ai du temps à perdre ce soir ! »

Je souris. C’était mal, très mal. Ce n’était pas son job, mais le mien. Il n’était pas censé venir, et je n’étais pas censé laisser un civil m’accompagner. Mais travailler avec l’ancien vainqueur avait un aspect attirant que je ne pouvais pas nier. Sans parler du fait que ce soir, on m’avait relégué à une mission de seconde zone. J’pouvais me permettre un accro, fallait juste que ça ne se sache pas. Je lui répondis d’abord que ce n’était pas bien vu, mais que je serais ravi de l’occuper si ça le tentait –tant que ça restait entre nous. Après quelques instants, on prit tous les deux la direction de la clotûre.

Arrivé sur place, j’avais un bon pressentiment. C’était silencieux, mais je le sentais, ce soir, on allait les avoir. Peut-être était-ce la présence de Kyle qui me gonflait d’orgueil et me rendait si confiant. Jetant un œil à la clotûre, je me retournais vers mon nouveau collègue improvisé avant de sortir une arme de ma ceinture et de la lui tendre.

« Tu sais te servir de ça ? »

Il acquiesça, et on commença à longer la clôture en silence. J’observai tout, oubliant presque sa présence pour le coup, ne me concentrant que sur ce qui comptait : débusquer un sale petit rebelle. Mes yeux se portaient bien au-delà de la clôture, et à un moment je cru voir quelque chose. D’une main, je barrais le chemin à Kyle et lui désignait du doigt la direction à observer. Je me baissai par terre, suivi par Kyle. Après quelques pas, une arme tomba sur le dos de Kyle. Mes yeux s’écarquillèrent. C’était du délire.

« Diversion ? »

J’acquiesçai en accélérant le pas pour la rattraper.

« Pas grave, une suffit. »

Je gardais mon souffle pour la course, mais je pensais qu’il m’avait compris. Si on la choppait, on aurait les autres plus tard ; tout ce qu’on avait à faire, c’était la faire parler. Lorsqu’elle traversa la clotûre, Kyle accéléra le mouvement et l’intercepta. Bien joué. Je souris avant de venir à côté pour l’aider à la maintenir au sol tandis qu’il plaquait ses mains sur sa bouche pour la faire taire.

« Alors chérie ? Ils sont où tes copains ? »

Je la fixai. Il était évident qu’elle n’allait pas répondre comme ça, il allait falloir « l’aider un peu ». Mais ce n’était pas l’endroit. Pendant un instant, je songeais que la chose à faire était de la remettre aux autorités de ce district. Mais j’avais envie- non, j’avais besoin de faire le travail moi-même. Je lançai un regard à Kyle, qui avait bien compris. Lui non plus n’avait pas envie de finir sur un travail « inachevé ».

« Si on la ramène au QG, ils vont prendre les choses en main. Ils n’ont pas l’habitude de gérer ce genre de phénomène par-ici. »

Je tentai de voir s’il avait compris ce que je suggérais. En effet, le taux de rébellion ici était faible. Ils n’avaient pas l’habitude des interrogatoires très musclés. Kyle me fixa à son tour.

« On peut aller chez moi. »

Un très léger sourire se pointa sur mon visage. Tout cela était parfait. Je contactais mes collègues, leur disant qu’il n’y avait rien à signaler de mon côté, et on prit la direction de la maison du mentor. Il avait pris soin d’assommer la fille, et je l’avais montée sur mon épaule. J’étais impressionné. Il n’avait pas réfléchis une seconde. Lorsqu’on passa la porte de sa maison, il me fit signe de la descendre à la cave, où je la balançais sur une chaise. Je pivotai une seconde vers lui.

« C’est vraiment con que tu te plaises autant dans ton rôle de coach. Ce qu’on pourrait faire avec dix hommes comme toi … »

Je regardais la fille une seconde, alors que Kyle me disait de faire comme chez moi. Il la ligota à la chaise, tandis que j’arrivais avec un sceau d’eau pour réveiller la marmotte. Avant de le lui lancer, je voulais que les choses soient claires avec Kyle.

« Elle était clairement pas toute seule là-bas, va falloir la faire parler. Ca risque de pas être joli-joli. »

Je ne pensais pas que ça poserait problème de son côté, mais je devais en avoir le cœur net. Lorsque je compris qui l’idée était loin de le rebuter, je désignais la fille.

« T’as de quoi faire ici ? »

Heureusement qu’il était coach. Il avait pleins de jolis jouets, et je n’avais qu’une hâte : les tester sur la jolie brunette. Je m’approchai d’elle un instant avant de soupirer. J’étais en colère. Elle était si jeune ; sans doute à peine plus âgée que ma Eli.

« Ces salopards de rebelles … Embrigader des petite jeunettes comme ça … »

Je secouai la tête avant de jeter le saut à son visage. Elle se réveilla d’un coup et je tapotai sa joue, doucement.

« Allez ma jolie, on se réveille. T’as pas oublié notre rencard ? »

Je reculai un instant. J’allais d’abord poser les questions. Ensuite, je laisserais Kyle se faire plaisir, et moi avec. Mais avant d’entamer « le plaisir », j’allais poser les questions posément. Il fallait qu’elle sache ce qu’on attendait d’elle. Qu’elle sache quelles réponses lui permettraient de faire que tout ce qui allait lui arriver s’arrête.

« Alors ma belle, je vais te poser des questions. Tu ne vas pas y répondre, mais c’est pas grave, mon ami et moi on a tout notre temps, et on préférerait tous les deux que tu prenne ton temps pour répondre, histoire qu’on puisse se défouler un peu. A un moment, tu nous diras tout ce que tu sais, rien que pour que tout s’arrête. Tu pourrais t’éviter ça … »

Je la fixai avec intensité. Je voulais qu’elle sache que je ne plaisantais pas.

« On sait ce qui s’est passé au Deux. Pourquoi vous vouliez ce poisson, ou est-ce que vous comptiez l’emmener et qui était avec toi pour faire ce petit vol. C’est tout ce que je te demande. »

Lorsqu’il sembla évident qu’elle n’allait pas répondre, je pivotai vers Kyle.

« Arf, c’est pas une fille facile. Je crois qu’on va devoir user de nos charmes pour la faire parler. Pas trop déçu ? »

Je savais bien que non. Je lui lançai le couteau que j’avais pris un peu plus tôt sur la table et me retournai.

« A toi l’honneur. »



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Brooklyn A. Lefevre
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Dim 28 Aoû - 20:11




Pain is the one experience common to every living thing. It unites us.
Brooklyn, Twysden & Kyle

Ils savent. Evidemment qu’ils savent, je suis tellement nulle en stratégie. Je ne dois pas paniquer, je fais partie de la résistance, j’ai déjà eu des ennuis, on savait que ça pouvait arriver. Sauf que lorsque ça m’est arrivé, je n’étais jamais toute seule. Je n’arrive pas à bouger, ils me tiennent et tout ce que je veux, c’est qu’ils laissent Melvil et Zane. Et puis le trou noir…

Je me réveille en sursaut, glacée, trempée… ligotée. J’essaye de me lever mais ils m’ont bien attachée. Je ne sais pas où je suis, je ne sais pas qui ils sont. Je tente de détourner le visage quand l’un d’eux me touche. Alors c’est ça, un interrogatoire par des Pacificateurs…

« T’as oublié les fleurs. »

Comme si j’étais ce genre de fille en plus. En tout cas, une chose est sûre, je ne vais pas leur donner la satisfaction d’avoir peur. Ou au moins de leur montrer. Parce qu’en réalité, je ne suis pas du tout rassurée. Je soutiens le regard de celui qui m’énonce les « règles du jeu ». Que je m’épargne ? En vendant mes amis ? Il rêve éveillé ce con.

« Je n’aime pas le poisson, vous devez faire erreur. »

S’ils jouent aux cons, je peux en faire de même, non ? Mon regard suit la lame qui passe d’une main à l’autre. Ok, très bien. Ça va aller. Ça va piquer un peu, mais ça va aller. Mon frère est mort sous une lame, je sais comment faire pour tuer avec ce genre d’armes et je sais aussi qu’ils ne le feront pas tant que je ne parlerai pas. Je me raidis quand la lame approche de moi, mais je ne la regarde plus. Je fixe celui qui la tient. Droit dans les yeux. J’ai perdu mon père, mon frère, ma mère, j’ai tué un vainqueur des Jeux, et je ne flancherai pas. J’ai juré de ne pas trahir les rebelles, surtout que là, les parmi les rebelles en question se trouvent les deux êtres qui comptent le plus pour moi. Je me raidis encore plus quand je sens la lame couper ma peau au niveau de mon abdomen. Ma mâchoire se crispe, mes poings se serrent tandis que je me mords l’intérieur des joues.

« J’voulais juste passer au Un. Mais je suis ravie de vous aider à prendre votre pied. »

J’adresse un sourire ironique au type qui vient de m’entailler. Sourire qu’il me renvoie, avant d’enfoncer la lame dans ma chair, m’arrachant un cri que j’étouffe immédiatement. Ok, Brooklyn, respire. Ça fait mal, mais t’es pas morte. J’ouvre de nouveau les yeux que j’ai fermés sous la douleur. Et comme j’ai tendance à faire des choses stupides, surtout quand je suis sous pression, je e trouve rien de mieux à faire qu’à lui cracher au visage. La sanction ne se fait pas attendre et une douleur immédiate me fait comprendre que je me suis pris un coup au visage. Ma vue est floue et bordel, ça fait mal. Quand le voile trouble devant mes yeux se dissipe, je distingue quelque chose qui ne me plait pas vraiment… IL… il chauffe la lame c’est ça ? Je sens la morsure de la chaleur sur mon torse au niveau d’une côte. Est-ce qu’il entaille la chair ou est-ce qu’il me brûle juste ? J’en sais rien, je serre les dents, mais j’ai mal, je suis incapable d’étouffer un grognement. Mon regard se reporte sur l’autre type, celui qui pose les questions sans se salir les mains. Oh, il veut savoir où irait le poisson et qui m’aidait ? Il peut crever. Je vais tenir. Je n’ai pas le droit de faire ça aux rebelles. Je garde mes lèvres closes tout en reprenant mon souffle. J’essaye aussi de graver leurs visages dans ma mémoire. A chaque coup qu’ils me porteront, j’imaginerai ma vengeance. Je sais que je ne sortirai jamais d’ici, mais ça m’aidera de visualiser ce que je leur ferai si j’en avais l’occasion. Et plus je tiendrai, plus je les occuperai, plus Melvil et Zane auront le temps de regagner le D13. Pour l’instant, c’est tout ce à quoi je pense. Si je me mets à penser que je vais mourir ici, ou que je ne vais plus les revoir… Non.

BY .SOULMATES

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Kyle T. Featherstone
« Invité »


MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Mer 31 Aoû - 18:27



Kyle T. Featherstone
La Torture
“La torture interroge, et la douleur répond.”
François Raynouard




Pain is the one experience... « C’est vraiment con que tu te plaises autant dans ton rôle de coach. Ce qu’on pourrait faire avec dix hommes comme toi … »

Il avait réussi à me faire décrocher un sourire. C'était un compliment venant de lui. C'était vrai que c'était assez enrichissant comme expérience. Je ne pouvais pas dire que je ne passais pas un moment agréable. Bordel, je me sentais plus vivant que jamais. Et le meilleur allait arriver. On installa la gamine dans mon sous sol, celle là allait regretter d'avoir répondu présent chez les rebelles. Quelle belle connerie. Je la ligotais à une chaise qu'il y avait par là. Je ne manquais pas de corde. Ni de rien d'ailleurs. Ici y'avait tout ce dont on pouvait rêver pour ce genre de chose. Je serrais les liens, peut-être même un peu trop fort. Elle était pas à deux ou trois marque près. Mais on ne savait jamais. Ça pouvait être de vrai anguille ces choses là et elle avait les poignets fins. Twysden voulu clarifier la situation avec moi avant de "commencer".

« Elle était clairement pas toute seule là-bas, va falloir la faire parler. Ça risque de pas être joli-joli. »

Une lueur traversa mon visage. Me projetant des souvenirs d'il y a quelques années en arrière. Un mélange d'expériences et de pensées de mes anciennes vies. D'abord des souvenirs de l'Arène où je voyais cette hache que j'avais lancé à distance fendre le crâne d'un Tributs. J'avais encore le bruit, des os craquant, qui raisonnait parfois en moi et celui du coup de canon qui avait suivit cette touche. Puis je voyais mes mains remplit des cheveux d'Opaline, et ce moment où j'avais fracassé son crâne contre la glace avant de la noyer. Tout ce sang. Ce visage démolie, ses yeux sans vie me regardant. Comme ceux d'Evy, la femme de mon meilleur amie. On l'avait torturé, et on l'avait achevé. Question de survie à l'époque aussi, enfin d'une certaine manière. C'était une rebelle, comme celle là dans ma maison. Quelle différence il y avait ? Ça me fera juste de nouveaux souvenirs, avec une nouvelle personne.

Je revenais au présent, fixant Twysden. Il ne savait rien de tout ça, et il ne devait rien savoir. Juste que ça ne m'arrêterait pas. Que j'avais bien compris ce qu'on allait faire. Et qu'il pouvait compter sur moi.

"J'ai vu bien pire crois moi."

Et il devait certainement me croire. J'étais après tout un ancien Vainqueur et j'en avais vu des horreur et j'y avais même participé. Bien que ce soit différent aujourd'hui, pour moi tout se rejoignait.

« T’as de quoi faire ici ? »

Je secouais la tête à l'affirmative. Oui j'avais du matériel. C'était pas prévu à cet effet, mais s'était totalement compatible avec ce genre d’interrogatoire. Pryce réveilla la garce. Enfin elle ouvrit ses yeux. Il commença ce qu'il savait faire de mieux que moi, lui poser les règles du Jeu. De notre Jeu.

« Alors ma belle, je vais te poser des questions. Tu ne vas pas y répondre, mais c’est pas grave, mon ami et moi on a tout notre temps, et on préférerait tous les deux que tu prenne ton temps pour répondre, histoire qu’on puisse se défouler un peu. A un moment, tu nous diras tout ce que tu sais, rien que pour que tout s’arrête. Tu pourrais t’éviter ça … On sait ce qui s’est passé au Deux. Pourquoi vous vouliez ce poisson, ou est-ce que vous comptiez l’emmener et qui était avec toi pour faire ce petit vol. C’est tout ce que je te demande. »

J'avais une espèce de sourire qui ne voulait pas quitter mes lèvres. Il avait l'habitude des rebelles, pas moi. C'était nouveau, enfin si on ne prenait pas en compte Evy. Ça avait été différent à l'époque. Je n'avais pas une idée vraiment faite sur qui ils étaient. Juste je ne pensais pas que c'était des gosses comme elle. Evy n'était pas une gamine comparée à celle là. Elle ne semblait pas avoir d'expérience. Je me demandais s'ils avaient des sortes de coach ou d'entraineur pour leur apprendre des trucs.

On ne pouvait pas nier le fait qu'elle avait du répondant cependant. Elle faisait la maline, pour l'instant... De quel District était-elle ? Pas du 1, ni du 2 ou du 4. D'ailleurs pourquoi elle s'était perdue au 1 ? Connaissait-elle quelqu'un ici ? C'était complètement dingue comme stratégie, de fuir dans ce genre de District.

« Arf, c’est pas une fille facile. Je crois qu’on va devoir user de nos charmes pour la faire parler. Pas trop déçu ? »

Je réceptionnais le couteau lancé par Twysden. Mon sourire carnassier s’étira d'un coup. Déçu moi ? Non au contraire...

« A toi l’honneur. »

Je m'avançais près d'elle, le cœur battant. L'adrénaline faisait son effet. Y'avait rien de mieux que cette situation pour me faire oublier le reste. Je m'étais peut-être trop ramollie au côté de Zatanah. J'avais trop donné de ma personne. J'avais eu l'impression d'être un autre homme. Comme si elle avait un effet inhibant à mes côtés. Elle était dangereuse cette fille. Alors que là, y'avait personne pour me brider. J'étais en possession de toutes mes capacités. Pas de nana pour me tourner la tête. Et j'avais besoin de ça. De pousser mes limites.

Alors je soulevais son haut et y appuyais la lame, comme si je dessinais quelque chose. Et en face de moi, elle souriait, elle me fixait et elle répliquait, elle provoquait. Fallait qu'elle arrête s'en était que plus jouissif. Les gens qui encaissaient la douleur, ça me fascinais. Le genre de personne légèrement inconsciente ou au contraire, bien consciente de ce qu'il pouvait provoquer chez l'autre. Je souriais à mon tour jusqu'à ce qu'elle me crache au visage. La garce ! Je lui retournais une immense claque dans le visage du revers de la main. Elle voulait jouer à ça ?

Je lançais un regard furtif à Twysden. Je n'avais même pas pris le soin d'essuyer son crachat. Je chopais un chalumeau que j'avais pour entretenir mes armes et bricoler. Et j'y approchais la lame de mon couteau que je chauffais jusqu'à ce qu'elle soit de la couleur des braises. Elle semblait avoir de nouveau les yeux en face des trous quand je lui coupais la peau. Y'avait un truc de bien quand on coupait avec une lame brûlante, le sang ne coulait presque pas, car la peau se cautérisait d'office. C'était net, propre, mais bordel qu'est-ce que ça puait le cochon grillé. Son grognement était satisfaisant. Parfait même !

"Crache moi encore à la figure ma jolie, et je fais la même chose sur ta langue ! Tu veux toujours pas répondre à la question de mon ami ?"

Je me décalais pour laisser la place à Twysden. Je m'aventurais vers ma table de travail, où était posée ma hache fétiche. Je venais de l'aiguiser la veille au soir. Et si je m'en servais ? Je pris le bois du manche entre mes mains, qu'est-ce que j'aimais son contact. Elle n'était pas trop lourde et on voyait bien qu'elle avait servi. C'était une merveilleuse fabrication. L'arme qui avait fait de moi ce Vainqueur de 2221.

Il était bien trop tentant de l'achever d'un coup de lame. Y'avait tellement à faire avec cet arme. Le plat était tout aussi utile. Pour assommer ou casser de l'os. Oui j'avais envie de lui briser des os. D'entendre encore ce son d'os qui craque, qui casse. De la voir grogner de nouveau. Qu'est-ce que Pryce allait m'offrir comme spectacle ? Lâcherait-elle quelques informations ?

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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Mer 31 Aoû - 19:50



 

Torture et autres drogues





Kyle n’avait pas froid aux yeux, c’était déjà ça de pris. Il venait de planter le couteau que je lui avais tendu dans le ventre de la rebelle. J’observai en silence, un brin admiratif. Pas de sa technique de torture ; il était trop brutal et trop rapide, c’était à peine s’il lui laissait le temps de craindre ce qui allait venir. Mais j’étais admiratif de sa soif de sang et de sa dureté. Il n’hésitait pas. C’était après tout un tueur, et un des meilleurs. Je mesurais ma chance de pouvoir assister à cela. Une rebelle se faisant torturer par un mentor. C’était jouissif. Lorsqu’elle lui cracha au visage, je vis qu’elle avait fait mouche. Il la frappa immédiatement en retour. Ca non plus, ce n’était pas la chose à faire ; c’était lui donner l’impression qu’elle pouvait elle-même orchestrer la torture. Mais j’avais des années de pratiques.

Lorsqu’il alluma le chalumeau et que je vis l’ombre passer dans le regard de la brunette, je compris qu’il avait déjà saisi. Il apprenait très vite. Elle gémit lorsque la lame brûla sa chair, me provoquant un léger frisson de plaisir. On allait la briser.

« Crache moi encore à la figure ma jolie, et je fais la même chose sur ta langue ! Tu veux toujours pas répondre à la question de mon ami ? »
« Et comment je répondrai à vos questions, crétin?! »

Je souris, et fis signe à Kyle de me laisser la main. Je m’approchai doucement d’elle et vins m’assoir en face, en secouant la tête.

« On se calme les enfants, pas besoin d’être malpoli. »

Je la fixai quelques instants en silence. La main de Kyle avait fait une jolie marque rouge sur la joue de la brunette, et j’y portai ma main pour la caresser doucement. Je vis à son visage qu’elle serrait les dents.

« Chuut, chut … Tout va bien. Il faut excuser mon collègue, il a le sang chaud. Il ne sait pas qu’on ne frappe pas une jolie jeune femme comme toi au visage. »

Je caressais sa joue, presque tendrement, avant que mes mains ne passent derrière son visage pour détacher ses cheveux. Doucement, je les étalai de part et d’autre de son visage. Je ne jouais pas au « bon pacificateur mauvais pacificateur ». Je créais une proximité. D’après mon expérience, c’était quelque chose qui marchait extrêmement bien avec les femmes. Parce qu’elles imaginaient toujours le pire. Les femmes avaient plus d’imaginations que les hommes.

« Très jolie … »

Ma main descendit sur sa joue à sa mâchoire, jusque dans son cou, s’aventurant à la limite de sa poitrine avant de retomber à côté de moi.

« C’est dommage que tu ne prenne pas plus soin de toi. C’est les rebelles qui occupent tout ton temps ? Avec de jolies courbes comme ça, ce joli petit minois et ta langue acerbe, tu as du en charmer plus d’un là-bas, mmh ? »

Je la fixai dans les yeux, comme si cela était une vraie conversation. Je ne regardais pas Kyle, qui devait bien se demander où je voulais en venir. Ma main attrapa la sienne toujours avec douceur. Je sentis son poignet se tendre, mais sa main était fermement tenue à l’accoudoir de la chaise, me laissant le loisir de parcourir ses doigts.

« On t’as déjà dit que tu avais de jolies mains ? De longs doigts, fins … Il n’y a que les ongles. Un peu négligés … Il faudrait songer à entretenir tout ça. »

Mon regard plongea dans le sien et je vis qu’elle savait ce qui allait venir. Je ne souriais pas, pas extérieurement en tout cas. Après quelques secondes d’échanges entre nos yeux en silence, je me redressais et reparti vers la table, ou je me saisis d’une pince. Je l’observai quelques instants, plus pour faire durer son imaginaire que par réelle curiosité, avant de retourner m’installer près d’elle.

« Mon grand-père disait toujours que pour refaire de belles choses, il faut faire peau neuve. »

Et doucement, je serais son ongle avec la pince, et je tirais. Doucement, très doucement. Je voyais bien qu’elle luttait pour se retenir de crier, ou d’afficher une quelconque douleur. Je lui laissais le loisir de croire qu’elle allait y arriver, en ralentissant lorsque je sentais que la peau allait céder.

« Serre les dents ma belle, ça va piquer un peu. »

La prévenir, encore et toujours de ce qui allait arriver. Et je tirais. En quelques secondes, l’ongle s’était désolidarisé de son doigt dans un cri sonore. Je la regardais avec un air presque compatissant lorsque je déposai l’ongle sur sa cuisse. Le visuel aussi avait son importance.

« Tu vois ? Ce n’était pas si terrible. »

Ma pince attrapa alors un deuxième ongle, alors que je plongeais mes yeux dans les siens, cette fois sans aucune compassion. Mon regard s’était durcit, et mon ton était plus froid.

« Combien ont rejoint le district Un avec toi ? »

Le ton était calme, mais grave. Si elle ne répondait pas, elle savait ce qui allait se passer. Je commençai avec une question facile. Une question qui ne posait de problème à personne, qui était « presque » sans conséquences. Au début. Parce que répondre à ces questions marquaient le début de l’acceptation dans leur tête, et le reste suivait presque inévitablement.


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Brooklyn A. Lefevre
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Jeu 1 Sep - 20:21




Pain is the one experience common to every living thing. It unites us.
Brooklyn, Twysden & Kyle

J’essaye de me focaliser sur un seul fait : je le hais, et je le truciderai, salement, comme le porc qu’il est. J’ai mal, c’est indéniable, mais je le défie, parce que je ne peux pas céder. Les rebelles m’ont permis d’échapper à de sacrées emmerdes il y a trois ans, ils m’ont donné un but, et deux d’entre eux sont plus importants que je ne peux l’avouer. Alors qu’ils aillent se faire foutre, tant que je les hais, je peux supporter leurs coups. Je sais ce qu’ils font en plus : ils veulent me faire peur. Comme l’autre con en jouant avec sa hache. J’me demande en combien de temps on meurt quand on est amputé. Est-ce qu’on meurt d’ailleurs ? Pas forcément en fait. Mais avec un peu de chance, la douleur doit faire tomber dans les vapes. Ce serait un répit de quelques minutes.

Sauf que c’est son petit copain qui reprend la main. Ok, c’est chacun leur tour, ça en serait presque mignon. Alors qu’il s’assoit face à moi, je reporte mon regard noir dans le sien, gravant maintenant son visage à lui dans ma tête. Ça aide un peu à surmonter la douleur que de m’imaginer lui crever les yeux. Je prendrai une flèche et j’enfoncerai la pointe dans ses pupilles. Sa main sur ma joue… Dégage sale enflure, lâche-moi… Je me crispe encore plus – si tant est que ce soit possible – quand il… Putain comment il ose ? Melvil. La main sur ma joue, mes cheveux détachés et étalés sur les épaules. Sauf que ça n’a rien à voir, et je ne sais pas si je dois m’accrocher à son image ou bien me faire à l’idée. Je hais ce type, je hais ce connard qui est en train de me voler mes souvenirs, qui m’affaiblit. Je hais ce qu’il fait en entrant dans ma sphère privée parce que bordel, la queue de cheval c’est privé. Et ma haine augmente d’un cran à chaque parcelle de peau qu’il ose toucher. Qu’est-ce qu’il fait d’abord ? Il cherche les zones auxquelles il va s’en prendre ensuite ? Qu’est-ce qu’il veut ? Qu’est-ce que ça peut lui foutre cette histoire ? J’ai ce réflexe idiot de vouloir retirer ma main quand il la touche, mais je ne peux rien faire. Je crois que c’est pire que tout ça. Etre totalement impuissante. J’vais lui foutre où j’pense son « joli ». Et là je comprends… Je le vois avec certitude dans son regard, et je suis terrifiée, mais il est hors de question qu’il le voit et qu’il en ait la satisfaction.

IL va le faire, n’est-ce pas ? Il va m’arracher les ongles ? Parce que ça se fait vraiment ce genre de truc. Ça doit faire mal ça. Putain ça fait mal. Je serre les dents, bloquant un instant ma respiration quand la douleur se fait trop intense. IL va se passer quelque chose n’est-ce pas ? IL y a bien quelqu’un qui va entrer. Zane ? Melvil ? Au lieu de ça, j’hurle à m’en arracher les poumons. Putain. De. Bordel. De… Je sens les larmes qui me montent immédiatement aux yeux, mais je ferme les paupières pour les empêcher de couler. Je n’ai pas pleuré depuis trois ans, je refuse de pleurer à cause de lui. J’essaye de respirer et de contrôler la douleur, mais en rouvrant les yeux, je vois mon ongle sur ma cuisse. Et là, je commence à paniquer, surtout que son regard me laisse comprendre que ce n’était que le premier niveau. Sa pince enserre un autre ongle alors qu’il me pose une nouvelle question. Ils sont deux, et je me surprends à espérer si fort qu’ils aient désobéi et qu’ils me trouvent. Et je sais que je n’ai pas le droit d’espérer ça. Parce que ce n’est pas la procédure, parce que ça voudrait dire qu’ils sont en danger. Ça je peux pas.

« Une bonne centaine. Tous ceux que j’ai charmés. Et ça va peut-être augmenter quand je ferai peau neuve. »

Ma voix tremble sous la souffrance, avant de se muer en un nouveau cri incontrôlable quand il arrache l’ongle. Ça pulse à l’extrémité de mes doigts, ça pique comme si des milliers de lames me poignardaient en même temps. Je sens à peine le sang qui perle, mais je sens en revanche la sueur qui perle sur mon visage et dans mon dos. Je crois que tous mes muscles sont tendus et brûlants, mes cheveux collent à mon visage et je suis en colère. En colère et morte de peur. Je remue les jambes, plus sous la douleur, pour essayer de la contrôler qu’autre chose. Ma chaise tangue alors qu’une vague de rage m’envahit. Je veux contrôler, je dois contrôler. Je plaque alors d’un coup mes pieds au sol pour pousser et me donner assez d’élan pour foutre un coup de boule à ce connard. Bon, un peu raté certes, vu que je me fais mal. Et la sanction tarde. Il continue de me regarder, comme si je l’avais à peine effleuré, puis son regard baisse vers ma main et je comprends que ça va recommencer. Je le déteste, je hais sa lenteur. Je ne regarde pas, je ne peux pas et ressentir et voir mon ongle s’arracher de ma peau, ma plaie à vif qui se baigne de sang. J’hurle encore, au point que ça m’en fasse mal à la gorge. Je vais bien finir par m’évanouir c’est pas possible. Une larme perle cette fois. Une seule. Je dois même avoir le nez qui coule tellement je me liquéfie. Mais je rouvre les yeux pour les planter dans les siens et lui promettre silencieusement mille morts plus terribles les unes que les autres.

« Si la manucure te plait pas, fallait le dire tout de suite, on peut s'adapter… »

Qu’est-ce qu’il va me faire encore ? De ses sales pattes il caresse ma main qui me brûle et me lance de façon horrible. Je veux rentrer… Je veux que les garçons ne soient pas repartis… ils vont forcément venir ma chercher, ils vont forcément mettre un terme à tout ça.

« Tu chasses ? Bien sûr, tu braconnes, tous les rebelles braconnent un peu, n'est-ce pas ? Voyons voir, si tu es douée, tu devrais pouvoir t'en sortir avec une seule main, non ? »

Quoi ? Qu’est-ce que… Je me mets à beugler comme pas permis quand un marteau s’abat sur ma main. Il n’a pas pris d’élan, mais le choc est horrible et je sens mon os qui craque sous l’impact. Je crois que je n’ai senti qu’une fracture, mais j’ai tellement mal que franchement, j’en sais rien. C’est pas possible d’avoir aussi mal, ça va forcément s’arrêter. Zane… Melvil… vous êtes où ? Mes cheveux, les doigts sur ma joue… Melvil… « Quoi que tu aies besoin, tu n’auras qu’un mot à dire. »… j’ai mal, et dans un souffle à peine audible, juste pour moi dans une prière quasi muette, mes mots m’échappent…

« Viens me chercher… »

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Kyle T. Featherstone
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Mer 7 Sep - 22:06



Kyle T. Featherstone
La Torture
“La torture interroge, et la douleur répond.”
François Raynouard




Pain is the one experience...« Très jolie … »

C'était à partir de ce moment là que j'avais compris que lui et moi on était différent. Et pourquoi il était Pacificateur et moi coach des Carrières. Il connaissait son rôle par cœur et le faisait à la perfection. Il avait une tactique particulière d'approche et s'en était déconcertant, même pour moi. Je savourais le moment, celui d'apprendre de ses gestes, de ses mots, pour une fois il était mon entraineur. Les rôles étaient inversés le temps d'un interrogatoire. Si on avait su ça pour Evy, on se serait presque amusé à l'époque. Je me délectais et mes yeux brillaient de reconnaissance pour ce qu'il me permettait de voir là. Il était doux, il était prévenant, mais il était en réalité tout à fait flippant. De tels gestes, équivoquent, intrusifs, c'était du génie. Elle gigotait sur son siège, incapable de bouger plus. Il continuait ardument sa manipulation, sa torture psychique. Et puis je continuais de l'observer, de l'écouter, de le voir faire.

« On t’as déjà dit que tu avais de jolies mains ? De longs doigts, fins … Il n’y a que les ongles. Un peu négligés … Il faudrait songer à entretenir tout ça. »

Je le vis prendre la pince. Mon cœur se mit à battre rapidement. La commissure de mes lèvres se soulevaient, un regard mauvais émanait de mon visage. Il n'allait pas faire ça ?

« Mon grand-père disait toujours que pour refaire de belles choses, il faut faire peau neuve. »

Oh que si. Et j'allais être là. Au centre même de la torture. Mon Dieu que je lui étais reconnaissant de pouvoir me permettre de vivre ça. De voir la souffrance. De la lire dans les yeux de cette rebelle. De pourrir leur vie. D'entendre hurler. Oh oui hurler et supplier, comme dans l'Arène. Allait-elle le faire ? Ou allait-elle s'évanouir avant ? Les traits de son visage se crispaient quand il commençait à tirer l'ongle. Et il fallait avoir l'estomac solide pour ne pas imaginer la douleur qu'elle devait avoir en cet instant. Un estomac de Pacificateur. Un estomac de Vainqueur.

Twysden prenait tout son temps. Je n'étais pas comme ça. Je fonçais toujours dans le vif du sujet. Il était doux dans sa torture, et j'étais rapide. Mais c'était là notre différence. Car à en croire à ce que j'étais en train d'assister, ce mec là, avait la même pourriture que moi à l'intérieur de lui. Oui c'était pas humain de se régaler de ce genre de spectacle. Mais c'était comme ça, ça faisait partie de moi, et ça me plaisait, et j'en avais besoin. Faire souffrir les autres, pour oublier ses propres souffrances. Rien ici ne m’apportait plus de satisfaction que de voir cette lueur de terreur dans les yeux des gens. Entre la peur et l'admiration. Comme quand mes yeux se posaient sur Twysden. Je n'avais plus la peur, juste le plaisir de partager une même...passion avec quelqu'un. Comme la fois ou on avait fait cracher à Evy. C'était jouissif, jubilatoire. D'être plus malin qu'eux. D'obtenir des réponses. Car c'était bien ce qu'on voulait aussi maintenant. Qu'elle parle, qu'elle avoue.

Et il arriva ce cri. Celui qui fit dresser mes poils, augmenta ma pression sanguine et dilata mes pupilles. Ce cri de capitulation. Elle se savait vaincu. Au fond d'elle c'était le cri qui montrait qu'elle venait de briser son espace-temps. Que sa vie venait de se séparer en deux. D'un côté l'espoir, de l'autre la perte. Et au milieu, un néant de souffrance. Arrivant par vague.

« Combien ont rejoint le district Un avec toi ? »

Et une question stratégiquement posée. L'ongle sur les genoux comme preuve que ce qu'elle vivait était bien réel. Elle était enfermée, seule face à deux hommes qui avaient tout leur temps pour la faire parler.

« Une bonne centaine. Tous ceux que j’ai charmés. Et ça va peut-être augmenter quand je ferai peau neuve. »

Bon sang qu'elle rendait les choses encore plus séduisantes avec sa répartie. Ça me donnait encore plus envie de le faire crier, de lui faire mal. Juste pour voir sa prochaine réplique. C'était juste dommage que sa voix chevrotait déjà comme ça, alors qu'on venait tout juste de commencer. Un nouveau cri, encore plus réjouissant que le premier. Elle nous gâtait.

Elle commençait à s'agitait sérieusement sur la chaise. On le voyait venir gros comme une maison. Elle se redressa, je ne sais comment, mais Twysden ne broncha pas quand le coup de tête partie. Il resta là, insensible. Comme si toute la douleur possible de ressentir, c'était elle et elle seule qui la vivait. Même la notre. Et voilà, elle cria de nouveau. Je voulais passer à l'action. Je voulais être trash, je voulais bouger, la faire hurler à mon tour.

« Si la manucure te plait pas, fallait le dire tout de suite, on peut s'adapter… Tu chasses ? Bien sûr, tu braconnes, tous les rebelles braconnent un peu, n'est-ce pas ? Voyons voir, si tu es douée, tu devrais pouvoir t'en sortir avec une seule main, non ? »

Mes yeux s'écarquillent. Oui voilà. D'un geste brusque il frappa d'un marteau sa main. Cet excès de violence, cette rapidité du geste. J'aimais ça. Encore l'os se brisait. Le summum des bruits les plus doux à entendre.

« Viens me chercher… » C'était bien ce qu'elle venait de dire ? On se regarda un instant avec Twysden. Oui, on y arrivait, on commençait à faire céder la carapace. Je voulais essayer un truc. La technique de Pryce et ma manière. En douceur comme il le disait. Et un coup franc, direct, précis. Ça avait marché, elle avait commencé à parler. Je voulais recommencer.

Je regardais autour de moi, et je l’aperçu. La bougie à côté des allumettes. Je la récupérais et Twysden me laissa le passage. Je pris place devant elle et je lui fis un sourire. Allumant la flamme. Ses reflets orangés virevoltaient dans ses yeux, me questionnant silencieusement. Qu'allais-je faire ? J'attrapais ses mains.

"Je vais te faire une seconde peau si cette couleur sang ne te plait pas"

Je penchais la bougie sur un doigt dégarnie d'ongle. Patientant maintenant que la cire fonde sur cette pulpe meurtrie. Ne soyons pas trop pressé. 3-2-1 la première goute perla, puis la seconde, recouvrant sa peau à vif d'un film blanc brûlant. Elle hurla de nouveau sous mes doigts.

"J'ai rien entendu ? Combien étaient-ils à rejoindre le D1 avec toi ?"

Je recommençais sur chacun de ses doigts blessés. Je me redressais. Passant ma main sur son visage, derrière sa nuque et je saisis une poignée de cheveux et penchait sa tête sur le côté. Je la maintenais fermement. Si fragile, je pouvais la briser, lui tordre le cou sans soucis. Je pouvais à tout moment sentir sa vie coulait entre mes doigts. Et pourtant, il fallait savoir attendre et résister à la tentation.

J'approchais la bougie de son oreille. Je me demandais l'intensité de la douleur d'un tympan qui éclatait sous l'effet de la chaleur. Elle n'avait pas besoin de ses deux oreilles, il lui fallu juste la langue pour tout nous dire.

"Tu as entendu une réponse ?" Disais-je en me tournant vers Pryce ? "Parce que moi rien du tout..."

Je penchais alors la bougie, et la cire commença à fondre de nouveau, prête à déverser d'un instant à l'autre ses larmes de feu dans son conduit auditif.

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★ Âge : 28 ans
☆ Surnom : Twys'
★ Occupation : Pacificateur
★ Plat préféré : la viande
☆District : District 8

○ Points : 520
○ Barre de vie :
200 / 200200 / 200


May the odds be ever in your favor
Compétences:
Talents:
Inventaire:


MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Mer 7 Sep - 23:17



 

Torture et autres drogues





« Viens me chercher… »

Kyle me fixa. Oui, elle n’était donc pas toute seule. Il y en avait au moins un autre avec elle … Et elle commençait à craquer. Kyle me lança un regard, signifiant qu’il prenait le relai, et je reculai un peu, me demandant ce qu’il avait à l’esprit. Je le vis se saisir de la bougie … Il était inventif, on ne pouvait pas lui retirer ça.

« Je vais te faire une seconde peau si cette couleur sang ne te plait pas. »

Sa tactique avait radicalement changé. J’imaginais qu’il avait un peu appris en me regardant, car il était plus calme, moins brutal. Mais je voyais qu’il bouillonnait. Ca lui coûtait visiblement, cette « attente ». Etait-ce une caractéristique commune à tous les vainqueurs, le manque de patience, ou était-ce lui particulièrement ? Je vis la cire lui tomber sur le doigt, et une odeur de cochon grillé s’éleva dans la pièce. Il recommença sur chaque ongle que j’avais retiré, et chaque fois, cela s’accompagnait d’un cri sonore. Elle ne semblait même plus tenter de les retenir. J’en étais persuadé, elle était proche du point critique : celui où elle allait se briser.

« J'ai rien entendu ? Combien étaient-ils à rejoindre le D1 avec toi ? »

Et là, je le vis approcher la bougie de son oreille. Mon cœur manqua un battement. J’étais surpris. Presque un peu effrayé de le voir agir ainsi alors qu’il n’avait pas été formé pour ça. Il semblait y prendre un plaisir malsain, et pendant une seconde, je m’interrogeais sur ses réelles motivations. Etait-il vraiment là pour combattre la cause rebelle, ou prenait juste-t-il plaisir à faire souffrir ? En tout cas, il y avait quelque chose chez lui d’à la fois fascinant et … Pétrifiant. Mais il était imaginatif, et je le laissai faire sans bouger, observant la jeune femme. D’extérieur, j’étais froid comme la glace, mais à l’intérieur je bouillonnais. Je hurlais même. « Parle ! Parle espèce d’idiote ! ». Une gamine de l’âge d’Eli bon sang. J’aurais voulu que ça s’arrête pour elle. Qu’elle dise ce qu’il fallait pour qu’on mette fin à sa souffrance. Qu’est-ce que les rebelles pouvaient bien leur dire ? Quelle bourrage de crâne est-ce qu’ils pouvaient leur faire pour qu’ils soient prêts à souffrir autant avant de parler ? Ca me mettait hors de moi.

« Tu as entendu une réponse ? Parce que moi rien du tout... »

Il s’était tourné vers moi, et j’acquiesçai de la tête, lui donnant un accord silencieux pour continuer avec sa méthode. Il baissa la cire dans son oreille, et le visage de la jeune femme se déforma sous la douleur dans un cri qu’on aurait cru venu de l’au-delà. C’était presque intolérable à regarder, mais je continuai à la fixer. Ca ne faisait que renforcer toutes mes convictions. Ce n’était pas nous, ni Kyle ni moi qui lui faisions subir ça. J’en avais la conviction. C’était les rebelles. Lorsque je voyais son petit corps blessés, ses doigts, sa main. Son visage crispé de douleur et les larmes à ses yeux, tout ce que je voyais c’était ce que les rebelles lui avaient fait. Ils auraient aussi bien pu la torturer eux-mêmes. C’était eux qui avaient fait cela.

Lorsque Kyle recula, je la fixai un instant. Elle semblait être complétement perdue, on n’allait pas tarder à lui faire perdre connaissance à ce rythme. Je me redressai et allait chercher un sceau que je remplissais d’eau. En me rapprochant d’elle, j’hésitais un instant à lui jeter dessus pour la réveiller un peu, mais ça risquait de calmer un peu sa douleur. Je ne voulais pas. Je ne voulais pas qu’elle redescende alors qu’on avait mis tant de cœur à l’ouvrage pour la faire en arriver là. Alors je tendis le sceau devant son visage et je fis signe à Kyle de se mettre derrière elle. Il attrapa ses cheveux sans une once d’hésitation, et plongea sa tête dans l’eau quelques secondes. Jusqu’à ce que sa tête se mette à s’agiter vivement. Bien. Elle était réveillée. Je fis signe à Kyle de lâcher un peu sa prise alors qu’elle se redressait, reprenant son souffle. Je la fixai.

« Combien ? »

Il ne fallait pas lui laisser de répit. Accélérer le rythme. Je fis un nouveau signe à Kyle, et il replongea sa tête dans le sceau. Un peu plus longtemps.

« Combien ?! »

Mon ton était de plus en plus fort, de plus en plus brutal. Sa tête ressortit de l’eau. Elle peinait à respirer. Je relevai la tête vers Kyle et fis un nouveau geste pour qu’il replonge sa tête dans l’eau, alors que je détachai sa jambe de la chaise. Il fallait augmenter. Augmenter le rythme, augmenter la douleur. Alors, tandis qu’elle avait encore la tête sous l’eau, je tandis sa jambe, et d’un coup sec, alors que je maintenais sa cuisse, je fis remonter sa jambe. J’entendis son cri, sous l’eau. Je fis signe à Kyle de la relâcher, et le sceau tomba au sol alors que des larmes perlaient sur ses joues.

Je me remis à croupi devant elle. Je la fixai. Je ne voyais plus cette lueur de défi que je pouvais lire plus tôt … Seulement de la résignation. On était très proches. Ma main n’avait pas bougé de sa cuisse, et l’autre de sa jambe. D’un geste doux, je bougeais légèrement sa jambe pour raviver la douleur, alors que mon ton se radoucissait.

« Combien … ? »



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Brooklyn A. Lefevre
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Jeu 8 Sep - 17:44




Pain is the one experience common to every living thing. It unites us.
Brooklyn, Twysden & Kyle


Je ne savais pas qu’on pouvait avoir aussi mal, j’ai l’impression que tous mes nerfs sont à vif et je ne comprends pas pourquoi je suis encore consciente. J’ai tellement mal… Mal, et peur aussi. Je n’ai jamais eu aussi peur. Si je n’ai jamais eu peur des Jeux, c’est parce qu’en une fraction de seconde, tout pouvait s’arrêter. Pas le temps de souffrir, mais là… avec eux, ça ne s’arrête pas. J’ai l’impression que ça fait une éternité et que ça va encore continuer de plus belle. Je veux rentrer. Je veux être chez moi. Je veux être seule. Je veux être en train d’emmerder Zane. Je veux discuter avec Melvil blottis dans les fauteuils comme si c’était la chose la plus normale du monde. Je ne veux pas voir le sourire de ce type avec sa bougie. Je ne veux pas imaginer ce qu’il a en tête. J’enregistre chaque pigment de sa peau. Il me dit quelque chose, mais clairement, je ne peux pas réfléchir. Je regarde la flemme, épuisée. Je n’ai même plus la force de tenter quoi que ce soit. Même si c’est inutile, tout être humain aurait le réflexe de se secouer dans tous les sens, de tout faire pour échapper à ça… Moi je n’en ai pas le courage, je me contente d’attendre, en sachant que ça va encore faire plus mal que ce que j’ai déjà enduré.

Et ça ne manque pas. La cire brûlante sur ma chair à vif me fait hurler comme rarement. Où sommes-nous pour que personne ne m’entende ? Question stupide, nous sommes au D1, qu’est-ce qu’ils en ont à foutre ? Lui aussi me repose la question. A combien on est venu… ça fait combien de temps que je suis là ? Est-ce qu’ils ont pu se mettre à l’abri ? Il faut que je tienne, encore un peu, que je leur fasse gagner du temps. De toute manière, je suis foutue. Chaque seconde qui passe ne me laisse que peu de doute sur le fait que je vais mourir. Mais je dois leur laisser du temps. Alors ça recommence, et je hurle, sans la moindre pudeur. La salive coule le long de mes lèvres et de mon menton sans que je ne fasse rien pour l’arrêter, je suis couverte de sueur et les larmes de douleurs commencent vraiment à poindre.

Trois ongles arrachés, trois brûlures, et ça se répercute dans la main elle-même qui doit être en mille morceaux. Je n’ai même pas le temps de reprendre mon souffle après mon dernier cri que je sens que l’abruti me tire violemment la tête sur le côté. Ça va s’arrêter, n’est-ce pas ? Ça y est, il va enfin m’égorger et faire que tout ça s’arrête ? J’en arrive à espérer ça, que ça s’arrête, que je n’aie plus mal. Mais non… évidemment que non. Je sens la chaleur de la flemme léchant mon oreille. Il va me brûler ?

Je hurle, de la façon la plus aigüe que j’ai jamais hurlé, ne retenant plus mes larmes. Tout mon corps est pris de spasmes plus violents les uns que les autres. Parce que c’est mille fois plus douloureux que tout ce que j’ai pu imaginer. La cire coulant dans mon oreille et cette impression d’explosion dans mon crâne… C’est quoi ? Mon tympan. Ça fait si mal que je ne contrôle plus rien et évidemment, chaque secousse qui me traverse ne fait qu’accentuer la douleur dans ma main et sur mon ventre. Quand je parviens à « m’habituer » à la douleur ou que celle-ci s’atténue, je ne vois ni n’entends presque plus rien. J’ai beau inspirer, je n’ai pas l’impression que je respire. Ça tourne. C’est bon signe. Ça veut dire que ça va s’arrêter, définitivement ou momentanément, mais ça va s’arrêter. C’est quoi ça ? De l’eau ? Ils vont pas me donner d’eau, ce n’est pas possible, ce serait trop humain pour eux. Je ne suis presque pas surprise quand je me retrouve le bec dans l’eau. Sauf que j’ai l’impression qu’une lame me traverse le cerveau. L’eau et un tympan éclaté, ça ne fait clairement pas bon ménage. Et quand l’eau pénètre dans ma gorge et mes poumons, je crois que c’est plus instinctif qu’autre chose, je m’agite, parce que tout, absolument tout me fait mal.

J’inspire dès que ma tête sort de l’eau, mais j’ai à peine le temps de prendre une bouffée d’air, à peine le temps d’entendre vaguement la question qu’il me pose que ça recommence. Je n’ai jamais su à quel point l’eau pouvait brûler, quand elle pénètre dans les voies respiratoires, à quel point le silence et cette eau peuvent être effrayants. Je ne sais pas combien de temps leur manège a duré, je sais juste qu’à un moment j’ai hurlé avec les dernières forces qui me restaient. Je sais que je suis prête. Quand ma jambe a cédé, j’ai cessé de me débattre dans l’eau, priant pour avaler suffisamment de liquide pour me noyer grâce à ce dernier cri. Parce que je ne peux plus. C’est fini… Je n’en peux plus. Je ne vais plus les revoir, je pense à eux, au pardon que je voudrais leur demander pour n’être pas assez forte mais là, je ne le suis plus du tout.

Sauf que je ne me suis pas noyée, ils me privent de ça aussi. L’air me brûle autant que l’eau, autant que la cire. Je ne sens que mon corps en lambeaux. Je ne le sens presque plus à dire vrai. Je ne suis plus rien. Et je pleure. Je pleure pour la première fois depuis trois ans. Je pleure parce que je ressens encore cette sensation de vide absolu. Je pleure parce que je suis toute seule. Je pleure parce que j’ai mal, parce que je voudrais être ailleurs, parce que je voudrais que quelqu’un soit là, parce que je voudrais qu’il soit là, parce que je voudrais me blottir dans des bras et être en sécurité. Je pleure parce que je sais que je vais me haïr dans quelques secondes, parce que je ne me le pardonnerai jamais.

« On était… on était trois. Moi … et deux autres… »

J’ai reporté mon regard dans celui du bourreau qui me fait face même si je ne le vois plus. J’ai l’impression qu’un filtre noir m’obscurcit la vue et la douleur lancinante dans ma jambe finit par avoir raison de moi. Le voile s’épaissit, je sens que mes forces me quittent. Ça tourne un peu, mais ce qui m’achève, c’est le coup que je reçois sur mon pied, porté par le plat de la hache de l’autre type. Puis le néant…

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Kyle T. Featherstone
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Sam 10 Sep - 13:29



Kyle T. Featherstone
La Torture
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François Raynouard




Pain is the one experience... Je n'avais qu'à fermer les yeux pour sentir la morsure du froid. Le vent parfois glacial s’engouffrait dans mes narines. Ce paysage blanc d'Arène hivernale qui laissait des souvenirs indélébiles. Et chaque fois que je plongeais sa tête dans l'eau je devais me faire violence pour l'en sortir. Je n'avais pas hésité pour Opaline. Sa tête était restée sous l'eau, jusqu'à ce qu'il n'y est plus eut de soubresaut. J'avais senti la vie s'échappait. Et l'eau devenir si calme. Je fermais les yeux un instant. Je pouvais la soulager cette rebelle. Faire de son monde quelque chose de plus limpide et de plus paisible. Un endroit où elle rejoindrait les autres sans armes et sans le besoin de lutter. Mais au lieu de ça je sortais sa tête de l'eau, à chaque mouvement de menton de Twysden, il me donnait le rythme. En réalité il ne savait pas qu'il était en train de diriger une machine qui n'attendait qu'une chose : appuyer sur END.

J'entendais les gargouillis sous l'eau, ses cris étouffés. Elle avalait de l'eau, elle luttait pour sa survie. Pourquoi ? Était-ce bien utile dans ce monde ? On lui offrait l'opportunité de recommencer ailleurs quelque chose de mieux. Pourquoi résistait-elle ? Je me serais laissé aller pour l'au-delà. N'importe où dans ce monde, même mort j'aurai pris ma revanche. C'était l'occasion de tout recommencer à zéro. On lui offrait quelque chose de grand. Quelque chose qui allait l'aider. On était là pour elle. Mais en échange, on voulait aussi qu'elle coopère.

Un nombre, peut-être des noms, c'était tout ce qu'on voulait. Pourquoi c'était compliqué ? Ils étaient où ses copains ? Ils n'étaient pas mieux que nous ces rebelles. Ils faisaient alliance, comme nous, dès le début de l'Arène, et quand ça se gâter, il y avait plus personne, chacun pour soi. Si nous Carrière on tuait notre propre équipier, notre allier, eux là...ils étaient en train de faire quoi ? De la laisser mourir, c'était peut-être plus facile pour eux que ça ne se passe pas de leur propre main.

Mais c'était pire. Ils n'avaient aucune fierté, pas de couilles. Rien, c'était des lâches. Ils n'avaient pas le courage d'achever eux même des coéquipiers trop faibles. Parce que c'était bien ce qu'elle était. Un petit agneau faible sorti du troupeau. Les autres ne s'étaient pas fait prendre. Un petit agneau qui s'était sacrifié. Pourquoi ? Pour qui ? Pour des lâches qui ne venaient pas finir le travail eux même ? On était là pour ça avec Twysden. Terminer le travail qui devait être fait. Achever les faibles qui n'avaient rien à faire dans ce monde. Comme Opaline, comme Evy, comme tout ceux qui étaient mort sous nos armes, sous nos poings. C'était la sélection naturelle. On ne faisait rien de mal. C'était la vie, la survie.

Sa tête était encore sous l'eau. Et j'eus soudainement une vision qui me fit la sortir immédiatement. Zatanah. Il fallait que je la protège. Elle n'était pas faite pour ce monde. Mais il n'était pas tolérable qu'elle le quitte. Le cris de la rebelle me ramenèrent au présent une bonne fois pour toute. Pryce venait de lui brisait la jambe.

« On était… on était trois. Moi … et deux autres… »

Je saisis ma hache. Je pouvais maintenant la délivrer. Un coup sec sur la base de son cou. Et ça serait finit. Alors que je levais ma lame vers elle. Twysden me fit un signe. Ce n'était pas le moment, on avait encore besoin d'elle. Alors je tournais le bois dans ma main et abattit le plat de ma hache sur son pied dans un craquement sonore. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites et sa tête tomba sur sa poitrine. Elle était tombée dans les pommes.

"Il me les faut, les deux autres !"

J'aurai parié que Twysden m'avait fait un sourire. Il acquiesça et on quitta la pièce. Elle était inutilisable de toute façon, une vrai poupée de chiffon. Autant allait en cueillir deux autres avant de reprendre avec celle là. On se mit de nouveau en chasse. La maison renfermant à clef un trésor qui ne demandait qu'à patienter sagement là. Elle était attachée et dans l'incapacité de s'enfuir, avec sa jambe et son pied cassé. La soirée ne faisait que commencer.

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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Sam 10 Sep - 18:42





Que dois-tu faire Channelle ?




J’étais dans ma chambre, sur mon lit. Après avoir été reprise chez les carrières, mes parents m’avaient repris. Ils étaient partis pour le week end vendre des bijoux au district deux. C’était très étrange, d’être à nouveau là. Presque comme si rien n’avait changé. Mon père n’avait rien dit. Ma mère non plus. Rien à propos du fait qu’ils m’avaient viré de chez eux. Rien du tout, pas un mot. Mon père était venu chez Kyle et avait simplement dit que je pouvais revenir, sans faire de mention à ce qui s’était passé. Pas un mot. Dire que cela ne m’avait pas travaillé aurait été mentir. Lorsque j’avais diné avec eux et qu’ils m’avaient parlé normalement du centre, de ma journée, de Sélène … J’avais l’impression qu’il y avait un éléphant rose qui se trouvait au centre de la table.

Je n’y avais pas pensé davantage après cela. Je savais à quoi m’en tenir, ce qui était plus que ce pouvais dire sur les autres aspects de ma vie. Kyle était fier, c’était un début. Enzo me regardait bizarrement depuis quelques temps. Je ne pouvais pas lui expliquer pourquoi je ne pouvais plus faire de petits entraînements nocturnes, donc je m’arrangeais toujours pour ne pas me retrouver seule avec lui, mais là aussi, il y avait un gros éléphant en plein milieu du centre. Il allait bien finir par remarquer qu’un truc ne tournait pas rond. Sans parler du fait que ma forme actuelle était un peu en dents de scie. Je donnais tout au centre, mais je ne sortais presque plus. Je mangeais peu. En réalité, il me semblait même parfois que j’avais du mal à respirer.

Zane était parti depuis plus d’une semaine. Je n’avais aucune nouvelle, je ne savais pas où il était, ce qu’il faisait … Et j’aurais préféré ne pas savoir avec qui il était. Je ne savais même pas s’il était en bonne santé, ou mort dans un fossé. Je n’aurais aucune façon de le savoir. Personne ne savait pour lui et moi, à part Brook, mais je doutais qu’elle serait venue me prévenir. J’essayais autant que faire ce peu de ne pas trop y penser, mais l’idée ne quittait jamais vraiment mes pensées. Les premiers jours, je faisais de temps en temps un détour par chez Zane, au cas où il soit rentré. J’avais arrêté. Ca me bouffais, de voir la lumière éteinte. Ca me bouffait de ne pas savoir.

Bien sûr j’y avais longuement pensé ; je n’avais pas grand-chose d’autre à faire le soir, allongée dans mon lit. Je savais bien que je ne pourrais pas vivre comme ça. Si ces deux semaines m’avaient appris quelque chose, c’est que même si, à mon plus grand désarroi, j’étais follement attachée à lui, je ne pourrais pas passer mon temps à attendre de voir si il allait revenir ou pas. Je ne pensais même pas être capable de le faire une seconde fois. Je savais qu’il faudrait qu’on en parle. Que je lui dise. Mais pour ça, il aurait fallu qu’il rentre … Et je n’avais aucune espèce d’idée de quand ça pourrait se produire.

Je me redressai. Il fallait que je bouge. J’avais besoin de changer d’air. Il était déjà tard, mais la grande maison vide me donnait le bourdon. Je décidai donc d’aller chez Kyle. Il devait être chez lui, peut-être à boire un verre avec Enzo. Un verre me ferait le plus grand bien. J’avais pris la direction de sa maison. Le district était extrêmement silencieux, s’en était presque bizarre. Lorsque j’étais arrivée devant chez lui, il n’y avait pas de lumière à l’intérieur. C’était bizarre. Je clanchai la porte. Fermée. J’haussai un sourcil. Où est-ce que Kyle pouvait bien être ? Je songeais avec amusement qu’il était peut-être … Chez une femme. Contrairement à moi, il était un peu plus discret sur le sujet. Il ne pouvait pas déjà dormir … N’est-ce pas ? Poussée par la curiosité, je pris le double des clefs que j’avais conservé après avoir quitté sa maison, et j’entrai. La porte grinça alors que je la refermai derrière moi.

« Kyle ? »

Pas de réponse. Pourtant, quelque chose attire mon regard assez rapidement. Il y a de la lumière … A la cave. Nouveau froncement de sourcils. Je me rapproche des escaliers et j’ouvre un peu plus la porte, passant ma tête dans l’ouverture. Je l’appelle une nouvelle fois.

« Kyle ? »

Mon pouls s’accélère alors et je dévale les marches quatre à quatre. Bon sang Kyle. C’est là qu’il s’entraîne. A ce moment précis, j’ai l’absolue certitude qu’il est en bas, blessé ou pire. Il a du se faire mal en s’entraînant. J’ai le souffle court lorsque j’arrive en bas.

« Kyle ! »

Mais lorsque mes yeux découvrent la pièce, c’est une toute autre scène que je découvre. Je me stoppe net, comme arrêtée par une force invisible. Je cligne des yeux plusieurs fois, croyant halluciner. Mon ventre se tord face à ce que je vois. Brook. Plus ou moins. Inconsciente. Ligotée. Ensanglantée. Mes pensées fusent dans ma tête sans que je puisse en contrôler le flot alors que la force me libère et que je m’approche d’elle, lentement.

Qu’est-ce qu’elle fait là ? A ton avis. Pourquoi elle est comme ça ? Pourquoi chez Kyle ? Qu’est-ce que tout ce sang ? Je n’arrive pas à rassembler une pensée cohérente. C’est une rebelle, tu sais bien ce qu’elle fait là. Tu vois, tu as des yeux. Où est Kyle ? Pourquoi est-il parti ? Est-ce que je dois … Faire quelque chose ? Qu’est-ce que je pourrais faire … L’aider elle ? L’aider lui ?

Mais soudain, une pensée plus forte s’affirme au-dessus de toutes les autres. Zane. Bon dieu, Zane. Il était en mission avec elle. Où est-il ? Est-ce qu’il est … Avec Kyle ? Mon estomac se retourne. Je ferme les yeux. Et si Kyle rentre ? Il a visiblement torturé Brook. Donc il sait, il sait qu’elle est rebelle. Que sait-il d’autre ?

Mon regard se porte sur Brook. Et pendant un instant, je suis prise d’un doute. Je m’avance vers elle, et ma main se pose sur son cou. Et là, je sens un pouls. Elle est vivante. J’aimerais être rassurée, mais en réalité, ma première pensée et que ça complique tout. Parce qui si elle est vivante et qu’elle a été torturée, et que Kyle n’est pas là, ça ne peut vouloir dire qu’une chose. Elle a parlé. « Je donnerais ma vie pour le protéger ». N’était-ce pas ses mots ? Mais mourir et souffrir sont deux choses singulièrement différentes. Je ferme à nouveau les yeux et porte mes mains dans mes cheveux. Je dois arrêter, être cohérente et stratégique.

C’est une rebelle. Elle mérite ce qui lui arrive. Si je dois faire quelque chose, c’est bien servir mon pays, et mon frère. En plus, la faire sortir de la vie de Zane serait un bonus personnel non négligeable. Je pivote. Bon sang, comment tu peux penser à ça maintenant. Je souffle. Concentre-toi. Si c’est ce que tu voulais, tu serais déjà remontée. Parce qu’au fond, tout ça est vrai, sauf qu’il y a Zane. Elle est la seule à pouvoir me dire ce que Kyle sait. Où Zane se trouve. Et même si ce n’était pas le cas … Zane ne me le pardonnerait jamais. Mais aurait-il vraiment besoin de le savoir ? Mais t’as quand même couché avec elle. Je pivote. Il faut que je me concentre. Si je la sors de là, qu’est-ce qui se passe ? Et si on me voit ? Et Kyle … Si elle survit, est-ce que je ne le condamne pas ? J’ai la tête qui tourne.

Ce que je veux ou pas n’a pas d’importance. Au fond, je sais depuis quelques secondes déjà que je dois la sortir de là. Pas pour Zane, pour elle, ou pour les rebelles. Mais parce que j’ai besoin d’elle pour savoir pour Zane. Je n’ai pas d’autre option pour savoir si Kyle sait. Ou s’il a déjà été pris. Ou pire. A cette pensée, mon cœur s’accélère encore. J’ai envie de partir en courant …

Au lieu de ça, je prends un couteau sur la table et je tranche ses liens. Doucement, je la soulève par la taille. Elle n’est pas bien épaisse, mais c’est un poids mort. Elle n’en est que plus lourde. Doucement, je la glisse sur mon épaule au niveau de la taille, et je remonte les escaliers. Je passe ma tête dans l’entrebâillement de la porte. Personne. Et si je croise Kyle, dehors ? Et la porte, il n’y a que moi qui aie les clefs. Je prends une grande inspiration. Il faut réfléchir et vite. Je dépose Brook au sol et je vais refermer la porte à clef. Si Kyle doit rentrer, je le saurais. Et personne ne saura que cette porte a été ouverte. Tout doit paraître comme si quelqu’un, un rebelle, était venu la sortir de là. J’ouvre la fenêtre, et je glisse doucement Brook par terre. Je passe à mon tour dans l’encadrement et je la remets sur mon épaule, ramassant un caillou. C’est le seul moyen d’être entré. Mais ça va faire du bruit. Il va falloir courir. Avec Brook sur le dos. J’inspire à nouveau. Et je lance le caillou.

A partir de là, je ne réfléchis plus. Je cours aussi vite que je peux avec le poids de Brook sur les épaules qui m’encombre et me ralentis. Je me cache au mieux derrière les maisons. Je vois des pacificateurs qui passent dans les rues, au pas de course. Ils ont du entendre le bruit. Le bruit de quelqu’un qui entre, et qui est encore dedans, pas qui va dans l’autre direction. C’est ma chance. Alors j’accélère le rythme, le souffle court. Je suis aux aguets, mon regard parcourant les rues à chaque coin avant d’avancer. Finalement, j’arrive en face de la maison. Une dernière accélération et je suis à l’intérieur. Je lâche Brook sans vergogne au sol et verrouille la porte derrière moi en quatrième vitesse, avant de m’écrouler le dos contre elle. Je fini assise par terre, pliée en deux. Mes poumons me brûlent. Ma respiration est forte et rapide, et je la laisse redescendre lentement, avec l’adrénaline. Des larmes roulent sur mes joues sans que je ne m’en aperçoive. Qu’est-ce qui m’a pris ? Qu’est-ce que j’ai fait ? Protéger Zane, le cacher chez moi, c’est une chose. Mais sortir une rebelle de chez Kyle, risquer ma vie comme ça … Pour … Pour cette prétendue « cause ». C'est contre la loi. C’est de la haute trahison.

Après quelques longues secondes, je me redresse. Je ne peux pas la laisser là, on ne sait jamais. N’ayant pas la force de la porter, je mets une main sous chaque bras et je la traîne dans ma chambre, sur un fauteuil. Mon premier réflexe et de retourner à la cuisine pour vérifier qu’il n’y a de traces de sang nulle part. C’est le cas. Je prends un vieux T-shirt, et j’essuie le sol. Je frotte encore et encore, même lorsqu’il n’y en a plus. J’ai l’impression que « ça se sent ». Et je me rassois. Je regarde le lavabo –celui que Zane a « réparé », et je sais que je n’ai pas de temps à perdre. Qu’est-ce que je ferais, s’il a été pris ? Qu’est-ce que je pourrais faire ? S’il devait être pendu … Je serre les dents et me dirige vers le lavabo, où je prends un verre d’eau, et je retourne dans la chambre.

Pour la première fois depuis que je l’ai vue, je regarde vraiment Brook. Je la détaille. Elle n’est qu’un tas de sang. Mes yeux passent sur son visage, elle saigne à l’oreille. A la lèvre aussi. Je descends. Elle saigne au ventre. Je soulève son T-shirt et constate les coupures. Bon sang, Kyle. Est-ce toi qui a fait ça ? Sans doute. C’est une rebelle. N’est-ce pas « ce qu’il fallait faire ? » Je continue mon inspection. Ses mains … L’une est cassée. Broyée est plus exacte. Et ses ongles ont presque tous été arrachés. A quel point est-ce douloureux ? Je me pince la lèvre et descend. Sa jambe a un drôle d’angle. Cassée aussi, visiblement. Et son pied est en sang. Je n’ose pas enlever sa chaussure. Je n’ose qu’imaginer. Je ne songe qu’à la réveiller, pour savoir. Je dois savoir. Mais dans un élan de je ne sais quoi, je fais un aller-retour à la cuisine pour aller chercher de la glace.

Doucement, je tente d’en mettre sur sa main. J’en dépose aussi sur son ventre, puis sur son pied. Enfin je la regarde, et j’en approche un de son oreille. Au moment où j’entre en contact avec son visage, elle sursaute. Réveillée par le froid, sans doute. Je la fixe. J’arrive à peine à me retenir de lui sauter dessus avec la seule question qui m’importe vraiment.

« Brook … Tout va bien, c’est Channelle. Tu es en sécurité. Tout va bien. »

Tu l’as déjà dit. Tout va bien, la blague. Tu l’as vue ? Tout va mal. Elle a l’air paniquée. Je plonge mon regard dans le sien, tout en appuyant la glace contre son oreille. Mon autre main se pose sur son avant-bras, une des seules parties qui semble avoir survécu à la bataille.

« Tu es en sécurité, je t’ai sortie de là. Il n’est plus là, tu n’as rien à craindre. »

Son souffle est court. Doucement, je lâche son bras et j’approche le verre d’eau de ses lèvres.

« Tiens … Bois … »

Je la regarde quelques instants. Je serre les dents. Mais je n’y tiens plus. Je n’arrive pas à penser à autre chose, et je pense que je ne vais pas tarder à avoir la nausée si je ne demande pas. Alors je la fixe un instant, et je me libère.

« Brook … Brook je dois savoir. Est-ce que Zane était avec toi ? Est-ce qu’ils l’ont eu ? »

Je crois n’avoir jamais fixé qui que ce soit avec une telle intensité. Mon souffle est pendu à ses lèvres et mon cœur semble s’être arrêté. Je ne sais pas combien de temps s’écoule entre ma question et sa réponse, mais cela ressemble à une éternité. Mon corps est tendu, et je sens sans même avoir la réponse que mes yeux s’humidifient. Au fond, je crois que je sais. Je sais sans doute depuis le début que Zane ne l’aurait pas laissée sans se battre. Mon ventre se tort. Je t’en prie, ne sois pas mort.



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Brooklyn A. Lefevre
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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Dim 11 Sep - 11:04




Pain is the one experience common to every living thing. It unites us.
Brooklyn & Channelle

J’ignorais qu’on pouvait ainsi être comme sur pause. Pas de rêve, pas de conscience. Rien. Juste rien. J’aurais aimé que ça dure encore, parce que dans cet état, on n’existe tout simplement plus. On n’a pas mal. On n’a pas peur. On ne ressent plus rien. On n’a plus conscience de rien. Mais ce froid… ce froid surgi de nulle part me réveille et réveille ainsi ma douleur et la terreur qui était mienne juste avant que je ne perde connaissance. Ça recommence ? Ils m’ont réveillée pour recommencer ? Ils ont eu Melvil et Zane ? Non, non, ils ne peuvent pas s’être fait prendre. Ils sont plus malins et mes bourreaux n’ont pas la moindre idée de qui ils sont. Pourtant ils pourraient… si j’ai voulu croire qu’ils seraient rentrés au D13 comme l’aurait voulu la procédure, je dois aussi admettre qu’une petite voix me dit que s’ils ne sont pas avec moi, ils n’ont pas pu me laisser. Parce que je ne l’aurais pas fait. Je sursaute, je m’agite. Ils ne peuvent pas recommencer. Pas déjà.

« Laissez-moi ! Laissez-moi ! Ne me touchez pas ! »

Ses yeux… ce sont ses yeux ! Ceux de celui qui m’a lacérée et brûlée, brisé le pied, explosé l’oreille, noyée. Je me débats, me faisant mal, haletant comme si j’étais de nouveau en train de lutter pour avaler de l’air. Je sens le froid, je sens qu’il me tient, je… Cette voix… Je plisse les yeux… J’ai rêvé ? Ce regard si ressemblant… pourtant c’est… Channelle ? Pourquoi Channelle est ici ? Pourquoi m’aurait-elle sortie et comment a-t-elle su ? Je n’arrive pas à réfléchir, quand elle me tend le verre, je bois goulument. Ça aurait pu être un piège, ils auraient pu mettre du poison ou autre là-dedans, mais je bois. Mon regard parcourt la pièce… ce n’est pas là que j’ai été… Je ne suis plus attachée, c’est un fauteuil. Elle m’a vraiment sortie de là ? Est-ce que… Zane lui aurait demandé de l’aide ? Non, sinon elle ne me poserait pas la question.

Et là, c’est comme si elle avait appuyé sur le bouton panique. Je recommence à m’agiter. J’ai juste donné un nombre, ils n’ont pas plus d’indices que ça. Mel et Zane sont forcément en sécurité. Mais si ce n’est pas le cas ? Et si j’en ai dit plus que ce que je crois ? Ils ne peuvent pas être pris et moi sortie. Ils ne peuvent pas être morts et moi en vie. Ma main valide se pose sur son poignet, j’essaye de me rattraper à quelque chose, même si ça doit être elle.

« Je sais pas…. J’ai… j’ai essayé de leur faire gagner du temps… C’est moi qui ai été prise… ils doivent avoir eu le temps de se planquer…. Va voir, Channelle, s’il te pait… mais ils ont pu repartir aussi, ok, ça veut rien dire… »

Je n’ai pas la moindre idée de où ils peuvent être. Se planquer chez Zane me semblerait la meilleure tactique s’ils ne sont pas rentrés mais le fait est que je n’en sais rien. J’ai besoin de savoir qu’ils sont en vie, en un seul morceau. J’ai besoin de savoir qu’en dépit de ma trahison ils sont en sécurité. Mais si je sens qu’ils sont ici, au D1, je ne peux omettre la possibilité qu’ils soient sur la route du retour. Donc si Channelle ne les trouve pas, ça ne veut rien dire, il faut aussi qu’elle le comprenne.

« Attends… »

Ma prise se resserre sur son poignet même si je n’ai plus de force. S’ils sont toujours à deux, elle va voir Melvil. Elle va comprendre car elle sait ce que Zane est et ce que je suis. Je n’ai pourtant aucune foi en elle mais là, je suis condamnée à devoir avoir une confiance aveugle en Zane. Et je déteste ça, car je n’ai vraiment aucune raison de la croire.

« Dis à personne ce que tu verras. Je sais ce que représente la loi pour toi, mais je t’en supplie, moi plutôt qu’eux… »

Ou plutôt que lui, même si je me sens incapable de revivre ce par quoi je suis passée. Aussi débile que ce soit, je sais qu’elle ne dénoncera pas Zane. Je l’ai su dès le début et ses yeux là, maintenant, ne laissent aucun doute sur la question. Mais elle est une pro-capitole, convaincue que les rebelles sont des parasites. Mettre mon identité dans la balance, c’est une chose, mais si elle doit voir Melvil… Mais elle ne le verra pas, n’est-ce pas ? Parce qu’ils ne sont pas idiots, il se cachera quand elle ira chez Zane s’ils sont là-bas. Je suis prête à la supplier, je ne suis plus à ça près, mais je me doute aussi que même si elle m’a sortie de là, elle ne refusera pas ma proposition, de me balancer moi.

Elle se redresse, pourtant, elle ne part pas. Pourquoi ? Est-ce que c'est vraiment un piège ? Au lieu de ça... elle me demande si j'ai besoin de quoi que ce soit, si elle peut faire quelque chose... J'ai vraiment bien entendu ? Je dois être dans un état réellement lamentable. J'ai envie de lui dire "ramène-les moi", mais je sais que ça ne peut pas être dit.

« Laisse le verre d'eau, s'il te plait... Et peut-être... juste de quoi nettoyer un peu... Je sais même pas... »

J'essaye de lever la main qui a le plus pris... Je ne sais même pas comment nettoyer ça, comment enlever la cire qui colle à mes plaies. Quand elle me rapporte ça, alors que je sais bien qu'elle crève d'envie de partir chercher Zane, je laisse échapper un "m'ci" aux trois quarts bouffé.

Elle se met ensuite en route et je réalise à quel point c’est le bordel. Je passe la main sur mon visage, me crispant toute entière pour  ne pas pleurer. La peur. La douleur. L’inquiétude. La panique même, à remettre ma vie et celle des garçons entre les mains de Channelle. Je me reprends. Il faut que je sorte de là. Sauf qu’à peine j’essaye de m’appuyer sur n’importe laquelle de mes jambes, je pousse un cri de douleur. Merde. Qu’est-ce que je vais faire ? Comment je peux rentrer chez moi si je ne peux plus marcher ? Comment je vais vivre, si je ne peux plus marcher ? Je n’ai pas de quoi me payer des soins, je ne pourrai pas chasser pendant un moment… Putain, c’est pas vrai… Je regarde ma main endommagée. C’est immonde et je suis incapable de la bouger. Je ne peux RIEN faire et je crois que c’est l’une des pires condamnations qui soient.  J'avale un verre d'eau puis cale ma tête contre le dossier moelleux du fauteuil. Avec une espèce de chiffon propre imbibé, je me passe un coup sur le visage, essuyant des trainées de sang. Je ne peux qu’attendre de toute manière… juste attendre et espérer. Je me détends doucement, n’arrivant tout de même pas totalement à me défaire de l’inquiétude et de l’impression que j’ai eu de voir le type qui m’a foutu de la cire dans l’oreille. Mais je me mets à somnoler.

BY .SOULMATES

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MessageSujet: Re: Pain is the one experience common to every living thing. It unites us. [+18]   Dim 11 Sep - 12:28





Que dois-tu faire Channelle ?




Elle s’agite. Si je n’étais pas aussi paniquée moi-même à l’idée de Zane pendu sur la place publique, je serais sans doute presque admirative. Vu son état, ce qu’elle a subit … C’est assez incroyable qu’elle arrive encore à trouver la force de se bouger.

« Je sais pas…. J’ai… j’ai essayé de leur faire gagner du temps… C’est moi qui aie été prise… Ils doivent avoir eu le temps de se planquer…. Va voir, Channelle, s’il te pait… mais ils ont pu repartir aussi, ok, ça veut rien dire… »

C’est elle qui a été prise. Aussi horrible que ce soit, je suis reconnaissante que ça soit elle et pas Lui. Elle leur a fait gagner du temps. Je pourrais presque lui sauter au coup, si je n’étais pas malgré tout paniquée. Il faut que je le voie. Il faut que je sois sure. Quand elle me dit d’aller voir, je me relève immédiatement. Elle n’aura pas besoin de me le dire deux fois. S’ils sont là … Attend. « Ils » ? Merde. Quoi ? Combien sont-« ils » ? Peu importe en vérité. Je dois juste savoir pour Zane. S’il est là, il est sans doute en train de réfléchir à comment secourir « sa Brook ». Je n’en reviens pas moi-même d’arriver à être jalouse à ce moment-là. Je me redresse, et je sens la main de Brook se saisir doucement de mon poignet.

« Attends… »

Je pivote et je la regarde. Evidemment, je suis bête. Je ne peux pas la laisser dans cet état, elle doit avoir besoin de quelque chose. Mais je n’arrive pas à penser à la politesse, ou même à la décence humaine alors que je ne sais toujours pas si Zane a pu se mettre en sécurité.

« Dis à personne ce que tu verras. Je sais ce que représente la loi pour toi, mais je t’en supplie, moi plutôt qu’eux… »
« La loi ? Je crois qu’on peut dire que ce soir, j’suis pas vraiment du bon côté. »

Enfin, pour elle si. Je sens que mon ton est un peu sec. J’ai envie de lui dire que je viens de sauver ses fesses à la barbe de mon frère, mon propre frère. Mon propre district. Ma « loi ». Alors franchement, qu’est-ce que j’irais raconter ? Mais je vois dans son regard la même peur panique que la mienne. Ca n’est pas rationnel, ce qui se passe ce soir. Ce qu’on ressent. Alors j’acquiesce de la tête et je la regarde, parce que je sens qu’elle a besoin d’être rassurée.

« Si j’avais voulu te livrer, j’me serais pas amusée à jouer à cache-cache avec les pacificateurs pour te sortir de chez mon frère. »

Je pivote et je m’avance vers la porte. Je me retiens de ne pas partir en courant. Je n’ai que cette idée en tête depuis que je l’aie trouvée chez Kyle, et pourtant, mon bon sens me pousse à me retourner vers elle. Elle fait tellement peur à voir. Je lève les yeux au ciel et je lui demande :

« Je ne les ramènerais pas ici. Ça grouille de pacificateurs dehors, ça serait trop risqué. Est-ce que … Tu as besoin de quelque chose ? Pour être … Plus à l’aise ? Tu veux que je t’allonge ?»
« Laisse le verre d'eau, s'il te plait... Et peut-être... juste de quoi nettoyer un peu... Je sais même pas... »

J’acquiesce. Je file à la cuisine lui chercher de l’eau et des linges propres avec une bassine et du désinfectant. Je prends une seconde pour regarder ses plaies, ses doigts, et je plonge mon regard dans le sien.

« Je n’y toucherais pas trop si j’étais toi. Tu risques de faire plus de mal que de bien. Je regarderais ça quand je reviendrais. »
« M'ci. »

Je tente de lui faire un sourire, mais je suis presque persuadée que cela ressemble davantage à un rictus. Je n’arrive pas à être ce qu’elle aurait besoin que je sois : bienveillante, rassurante. Parce que je n’ai qu’une hâte : me casser. Aller le trouver. J’ajoute rapidement :

« Je serais pas longue. »

Et je passe la porte.



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