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 [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière

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MessageSujet: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Jeu 11 Aoû - 16:29


Tribut pour un carrière
[Mission d'avancement]


  Hier soir, le coup de canon indiquant la mort de Nikolay Willis avait résonné dans toute l’arène, comme dans le cœur des capitoliennes qui rêvaient de voir le jeune tribut du district de la pêche remporter cette Expiation. Malheureusement, les règles des Juges étaient impartiales, et même ses beaux yeux n’allaient pas les empêcher d’appliquer leur sentence : son destin était lié avec une carrière un peu trop sûre d’elle ; ils en ont payé tous les deux les conséquences.

Durant un reportage sur les carrières, j’avais eu la chance de rencontrer notre feu jeune tribut, sans savoir que j’allais le retrouver quelques mois plus tard sur l'écran de ma télévision, se portant volontaire. Je ne cache pas que cela m’avait surpris : je n’avais pas beaucoup parlé avec lui mais il m’avait semblé qu’il avait d’autres choses à finir – peut-être son entraînement à perfectionner avant de se jeter dans le grand bain. Ou peut-être était-ce quelqu’un –désolée de vous décevoir mesdames, mais il m’avait semblé l’apercevoir au bras d’une élégante jeune femme brune qui ne ressemblait en rien à Thalia. Et ils m’avaient l’air très proches… Je suis sûr qu’elle doit pleurer sa mort autant que lui avait pleuré celle de Pane, un proche de sa grande famille. Car derrière cette montagne de muscle se cache un jeune homme affectueux, très apprécié dans son district. Il m’avait confié au cours de l’interview que la perte de cousin l’avait beaucoup affecté, et les deux jeunes gens étaient, selon ses dires, très proches. Peut-être valait-il mieux que Pane meurt avant les Jeux ; si non je suis persuadé que la mort de son cousin l’aurait anéanti, et cela aurait été comme si Nikolay l’avait achevé lui-même.

En plus d'être généreux, il était fort, motivé, avec une volonté à toute épreuve. Il s’entraînait depuis son plus jeune âge pour que son district soit couvert d’honneur, et son courage se doit d’être salué. Contrairement à ce que l’on peut penser en voyant la facilité avec laquelle le jeune homme semblait emprunter cette voie, dédier sa vie à une cause, une idée, un espoir, est tout sauf évident –et en mourir l’est encore moins. Je pense que beaucoup de gens, et, pour l'avoir un peu connu, je serai ravi d’en être, apporteront à la famille du défunt l’aide et le soutien dont elle a besoin, en mémoire d’un tribut qui incarnait l’esprit et les valeurs des carrières.

Il semble cependant qu’il n’ait pas eu le temps de nous montrer l’ampleur de ses talents lors de son passage –court bien que remarqué, dans l’arène. On se souviendra notamment de son combat contre le jumeau du deux, adversaire particulièrement coriace –et effrayant, ne nous le cachons pas-  si on regarde le nombre de morts du à lui et à sa sœur. Nikolay et sa partenaire partaient pourtant parmi les favoris de cette édition des Jeux. Un duo de carrières, surentraînés comme ils sont, et avec des personnalités aussi affirmées que les leurs, aurait dû faire des étincelles. Mais il faut croire que rien, même les tributs les plus forts et les mieux préparés ne le seront jamais assez pour affronter l’arène. Lorsque je l’ai rencontré, il avait pourtant l’air confiant, sur ses capacités autant physiques que mentales qui lui permettraient, « sans l’ombre d’un doute », pour reprendre ses mots, d’atteindre la victoire. Mais il faut croire que les temps ont changés, et qu’il faut désormais se méfier de tous les districts, même ceux qui semblaient le plus inoffensifs –preuve en est avec le petit Aeden, encore vivant à l'heure où j'écris ces mots, que personne n’avait vu venir. La suite de l’arène nous le dira, et pour les tributs qui sont encore vivants… que le sort leur soit favorable.

Clyde J. Holden







Fiche de RP (c) Miss Yellow


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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Dim 21 Aoû - 22:32





Intervention recrutement rebelle
 

Clyde,

Ton article a fait forte impression chez les rebelles, qui salue tes piques envers le Capitole, même s’ils trouvent que ton style est un peu trop évident (attention à ne pas te faire taper sur les doigts par la rédaction …)

Toutefois, ils ont bien vu que tu ne portais pas les Hunger Games et le Capitole dans ton cœur, et ils sont prêts à te tester pour savoir si tu pourrais leur être utile. Le lendemain du jour où tu as écris l’article, tu reçois une note d’une coiffeuse bien connue au Capitole pour son côté commère … Begonia Bow.





La note dit qu’elle a des potins pour tes articles, sur des coucheries plutôt juteuses, mais que, comme elle ne veut pas risquée qu’on sache qu’ils viennent d’elle, elle préférerait te rencontrer à l’abri des regards indiscrets … Elle te donne donc rendez-vous à sa boutique, à la fin de son service, après 20h30.

Tu vas donc décrire le moment où Clyde trouve le mot, jusqu’à son arrivée à la boutique. La porte sera fermée à clef, et Begonia ne sera pas encore là … Un Pnj viendra ensuite à ta rencontre …
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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Jeu 25 Aoû - 23:14

Tribut pour un carrière
Mission d'avancement



Encore incertain de son article, Clyde appuya sans grande conviction sur le bouton « envoyer » de sa boite mail. Ca y est, l’article était parti, il ne pouvait plus le modifier comme il l’avait fait pendant des heures et des heures ces deux derniers jours. Cela allait-il être suffisant ? Il doutait de lui, il doutait de son article, et c’était bien la première fois que cela lui arrivait. Lui d’habitude si fier de ses articles, son orgueil se gonflait à chaque fois un peu plus que l’un de ses articles déclenchaient les passions des Capitoliens. Il ne faisait clairement plus le fier, et il attendit toute la soirée impatiemment un coup de fil de la rédaction.

Il devait être minuit lorsque le téléphone sonna. Tremblant de tous ses membres –Clyde n’avait jamais eu l’air aussi décomposé-, il décrocha le combiné, s’assurant de prendre une voix claire et sûre d’elle :

▬ Clyde Holden à l’appareil, que puis-je faire pour vous ?

C’était sa formule habituelle, au cas où si quelqu’un avait des renseignements à lui transmettre, quelques ragots ou potins. A son plus grand regret, ce n’était pas un potentiel racontar, mais la voix de son rédacteur en chef qui résonna dans le combiné. Clyde retint sa respiration lorsque celui-ci prit la parole :

▬ Holden, je viens de recevoir l’article sur le tribut du quatre, que tu m’avais promis pour hier soit dit en passant. D’habitude ça ne me dérange pas de recevoir les tiens en retard, je n’ai aucun soucis à me faire pour leur qualité, mais je suis déçu de celui-ci. Aucune exclusivité, ragot inédit. En creusant un peu, tu aurais pu trouver quelque chose d’un peu croustillant ! La femme avec qui tu l’as vu, par exemple, c’était très bien, tu aurais pu approfondir cette piste au lieu de se concentrer sur son idiot de cousin, mort par dessus le marché, tu crois que les gens en ont quelque chose à foutre ??

Clyde ne répondit rien ; il ne savait pas exactement ce qu’avait compris son patron ou non. Celui-ci continua :

▬ Je l’ai envoyé sans le relire car il devait partir avant minuit, par conséquent je n’ai pas pu le modifier. On va dire que c’est une erreur de parcours Holden, je sais que c’est ta première alors fait en sorte que ce soit la seule. Je me suis bien fait comprendre ?

C’était tout ? En essayant de retenir sa joie, Clyde ne put s’empêcher de laisser un soupir de soulagement s’échapper de ses lèvres. Il connaissait son supérieur, rien ne servait de se confondre en explications. Il cherchait l’efficacité avant tout, peu importe les raisons qui l’avaient poussé à écrire ce qu’il considérait comme un mauvais article.

▬ Compris patron, je vous assure que ça ne se reproduira pas.

Ce n’était pas forcément un mensonge, si les rebelles n’avaient pas lu son article, n’avaient pas compris ses sous-entendus ou ne voulaient tout simplement pas de lui, c’était le dernier article du genre qu’il écrirait.

Il tomba de fatigue quelques heures plus tard, après avoir lu et relu son article pour voir ce qui n’allait pas.

Son réveil le tira d’un sommeil difficilement trouvé quelques heures plus tard. Se préparant rapidement –il ne voulait pas être en retard le lendemain d’une réprimande de son patron. Prêt à partir en dix minutes, il fut cependant ralentit par une note qu’il trouva sous le palier de sa porte.

Note:
 

Clyde jeta un coup d’œil en bas de la note : celle était signée Bégonia Bow. Il la connaissait sa réputation de commère, et fut surpris de ne pas avoir eu à faire avant avec elle. Il la considéra comme une source sûre, et décida de faire un détour à l’heure indiquée à son office.

A son grand soulagement, la journée se passa sans difficulté notoire. Il craignait qu’à tout moment des pacificateurs n’aient compris le sens de son article et viennent le prendre, et ce n’est qu’en fin d’après-midi qu’il commença à se détendre.

Il quitta son bureau vers 20 heures, et pris la direction de la fameuse boutique. Il arriva quelques minutes en avance –c’était dans son habitude, il ne voulait pas faire patienter les éventuels futurs transmetteurs de ragots et se posta sur un banc en face de la boutique, les yeux faussement plongé sans un journal qu’il avait sorti de son sac. Prenant un air très concerné par les informations qu’il était censé lire, il ne cessait de jeter des coups d’œil discret à la boutique, espérant y voir sortir Bégonia Bow. Un coup d’œil à sa montre lui confirma qu’il était l’heure, mais il n’y avait toujours personne.

Peut-être qu’elle s’est dégonflée, se dit-il, déçu. Il aurait bien eu besoin d’un bon scoop pour faire oublier son dernier article. Il décida d’attendre encore dix minutes. S’il n’y avait encore aucun signe de vie de la dame en question, il rentrerait chez lui.


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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Ven 26 Aoû - 18:00

Capitole - Bégonia Bow






Une journée ordinaire pour la coiffeuse d’exception qu’était Bégonia Bow : elle n’avait pas cessé d’aller et venir entre les clients et clientes de son salon, leur offrant des coiffures plus soignées et plus magnifiques coiffures que demandées. Elle était fière de ses créations qu’elle observait s’éloigner au loin, des boucles ressorts aux dégradés de couleurs les plus fantasques ; et quelque part, cette démarche allégée de clients s’en allant et promettant, au vu de la complexité du travail, de revenir très rapidement.
Il ne restait qu’une cliente. Cela faisait aujourd’hui l’affaire de la coiffeuse.

« Vous ferez passer les frais au nom de mon mari, n’est-ce-pas ?, questionna la Capitoléenne à l’impeccable crinière blanche de lion avec un accent de questionnement si aigu qu’il était compliqué de le lui refuser.
- Comme à notre habitude, ne vous inquiétez pas. Je dois dire que cette chevelure éclatante vous va terriblement bien : vous allez faire des merveilles ! »

Bégonia frappa dans ses mains et poussa un cri d’émerveillement pour attraper la conviction de la femme mûre qu’elle accompagna ensuite à la sortie, en la complimentant sans cesse sur son style vestimentaire. La blonde se promit qu’elle aussi porterait des bretelles en fourrure. A peine cette personne fut-elle arrachée de la vitrine que la coiffeuse reconnut une cliente habituelle dans le lointain. Elle venait vers nous.
Il était vingt heures et Bégonia devait fermer plus tôt.
Miss Bow savait pertinemment que refuser cette personne serait une erreur professionnelle impardonnable. Aussi elle prit les devants et s’avança-t-elle avec un air déploré sur le visage :

« Oh, Plume, je suis désolée ! Vous n’imaginez pas ce qu’il s’est passé ! »

Devant la détresse de sa coiffeuse, la Capitoléenne se sentit l’âme en peine.

« Qu’y a-t-il ma chérie ?
- Vous veniez pour une couleur éclatante, non ?
- Oh, comment tu as deviné ?
- Parce que je sais que vous avez bon goût et que cela vous irait magnifiquement au teint ! Mais vous comprenez, tous mes clients aujourd’hui m’ont demandé cette couleur…
- Ah bon ?
- Oui et… »

Bégonia fit tomber par mégarde ses clefs au sol et se pencha pour les rattraper, prenant un temps certain. Geste utile puisque, lorsqu’elle se releva, sa cliente semblait réellement pensive.

« Quelque chose ne va pas ?, demanda la coiffeuse.
- Oh tu sais, je crois que tu t’es trompée, je ne veux pas cette couleur blanche. Sauf que je crains avoir oublié ce que je souhaitais.
- Vous pouvez y réfléchir ce soir et repasser demain. Je vous ferai passer prioritaire si vous voulez, j’ai même un conseil : regardez dans les couleurs rouges ou roses, elles vous iraient merveilleusement au teint. Et les beaux cheveux de la Présidente font des émules, à l'avenir… »

Avec un sourire, Bégonia fermait sa boutique à vingt heures et quart avec la satisfaction d’une journée rudement menée. Seulement, la nuit allait commencer et celle-ci allait être chargée. Aussi, avec la discrétion d’une femme, certes habile, mais se précipitant dans le coin d’une rue en talons aiguilles, Bégonia se cacha en attendant la suite de la soirée.
Le journaliste arriva avec de l’avance. Foutu professionnalisme, les passants qui l’auraient vue avec cet homme aurait fait courir un bruit de fou. Personne ne devait savoir qu’elle le rencontrait ce soir. Aussi, quand vingt heure et demi fut passé et qu’il était certain pour le quartier entier qu’elle avait déserté sa boutique, Bégonia s’arma de ses lunettes de soleil, attacha ses cheveux en une queue de cheval haute, et s’avança vers Clyde à pas précipités.

« Miss Bow est partie tôt ce soir, déclara-t-elle à voix haute. Et son salon est fermé pour la journée. »

Bégonia n’arrivait pas à détailler l’homme au travers de ses verres teintés ce qui était un problème certain. Aussi, elle fit glisser sa monture sur le bout de son nez et observa par-dessus le journaliste qui lui faisait face.
Quelconque. Avec une affreuse coupe de cheveux.
Mais elle avait un secret d'une importance capitale à lui confier.
Aussi, elle se rapprocha à distance de murmures de Mister Holden et lui glissa à l'oreille, tout en prenant appui sur son épaule qu'elle espérait solide :

« Je ne peux pas parler dans ma boutique, je crois que mes ennemis savent et qu’ils me surveillent. C’est un très lourd secret, vous savez. »

Oui, le secret était énorme, impliquant des femmes et des hommes hauts placés. Mais je ne pouvais pas le laisser continuer : avec son allure et surtout son dernier article d’un ennui terrible, ce ne devait pas être un homme très fin d’esprit.

« Mais ne vous inquiétez pas, je suis une femme pleine de ressources. Suivez-moi. »

Et Bégonia prit les devants de sa démarche précipitée et se dirigea vers la boutique voisine qui était celle d'un fleuriste. Son propriétaire était actuellement absente puisqu'aucune lumière ne filtrait entre les bouquets visibles aux fenêtres. Miss Bow jeta régulièrement des regards inquiets autour d’elle : que personne ne la voie, pitié. Ils sauraient qu’elle en savait trop. Elle atteignit donc sans tarder ladite boutique et en déverrouilla précipitamment la porte.

« Vous savez, c’est un vieil homme, et je me suis portée volontaire pour m’occuper de sa boutique. C’est un certain sacrifice et il faut beaucoup de bonté pour le faire, je ne pouvais donc pas laisser ce pauvre homme seul. Et il fait de si jolis bouquets ! »

Bégonia ouvrit la porte et invita avec insistance le journaliste à entrer.

« Dépêchez-vous ! », articula-t-elle les dents serrées.


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Dernière édition par PNJ le Sam 10 Sep - 15:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Dim 4 Sep - 11:01

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Le quartier était désert lorsque Clyde allait se lever. Elle n’allait pas venir, tant pis, il n’avait qu’à rentrer chez lui. Au moment où il prit cette décision, une silhouette se détacha dans l’ombre de la boutique qu’il observait depuis tout à l’heure.

▬  Miss Bow est partie tôt ce soir, et son salon est fermé pour la journée.

Clyde cru reconnaître Begonia Bow, mais faisait trop sombre pour être sûr de quoi que ce soit, il préférait attendre qu’il n’y ait pas de doute avant de se faire remarquer. La silhouette s’avéra être une jeune femme qui s’approcha de lui, posa sa main sur son épaule pour lui murmurer :

▬  Je ne peux pas parler dans ma boutique, je crois que mes ennemis savent et qu’ils me surveillent. C’est un très lourd secret, vous savez.

Clyde leva un sourcil interrogateur. Habituellement, c’était lui qui devait persuader ses informateurs d’être discrets, ils se rendaient rarement compte de ce qu’il pourrait leur arriver s’ils étaient découvert. Elle doit avoir l’habitude, se dit-il. En même temps, quelle simple histoire d’adultère demandait autant d’attention ? Cela devait concerner des personnes très haut-placées, peut-être quelqu’un du gouvernement,ou il n’y aurait pas eu besoin de toutes ces précautions. Ses interrogations furent coupées par la jeune femme qui reprit la parole :

▬  Mais ne vous inquiétez pas, je suis une femme pleine de ressources. Suivez-moi.

Clyde retint sourire.

▬ Je n’en doute pas. Je vous suis.

Clyde ne se fit pas prier, impatient d’apprendre ce qu’elle avait à lui transmettre. D’un pas rapide, Begonia se dirigea vers non pas vers son magasin comme Clyde l’avait cru pendant un instant, mais vers la boutique d’à côté, qui s’avérait être un fleuriste. Lieu assez original, mais pourquoi pas.

Clyde était intrigué par la jeune femme. Elle paraissait extrêmement sûre d’elle, et en même temps elle semblait terrifiée à l’idée que l’on puisse les surprendre. Ce qu’elle ajouta confirma cette impression :

▬  Vous savez, c’est un vieil homme, et je me suis portée volontaire pour m’occuper de sa boutique. C’est un certain sacrifice et il faut beaucoup de bonté pour le faire, je ne pouvais donc pas laisser ce pauvre homme seul. Et il fait de si jolis bouquets !

Elle semblait avoir tout prévu, ce qui ajouta à la curiosité de Clyde. Il doutait qu’elle avait accepté de cette boutique par pur altruisme, envisageait donc-t-elle depuis longtemps qu’elle aurait besoin de cet endroit à l’écart des oreilles indiscrètes ? Lorsqu’elle l’en intima, Clyde s’engouffra dans la boutique, rapidement suivit par son informatrice. La boutique était sombre, mais il ne préféra pas allumer la lumière. Avec toutes les précautions prises par la jeune femme, il aurait été dommage d’être repéré à cause de cela.

A peine avait-il franchit le pas de la porte que son odorat fut assaillit de toutes parts par des odeurs florales qui emplissaient la pièce. Le fleuriste devait être parti depuis quelques temps car au lieu de dégager un parfum agréable, l’odeur était presque nauséabonde. D’un mouvement de tête, Clyde désigna l’arrière boutique.

▬ On y sera plus à l’aise pour discuter.

Tout en se dirigeant vers l’arrière-boutique, Clyde sorti de son sac un bloc note et un stylo de son sac. Cette fois-ci, pas de micro, de caméra. Il expliqua à Begonia ses intentions :

▬ Je vais retranscrire mot pour mot ce que vous allez me dire.  Le matériel informatique n’est pas assez fiable pour être utilisé, on pourrait très facilement le pirater, et même si je déforme votre voix ou floute votre visage, on n’est pas à l’abri que quelqu’un retrouve la source. Et c’est quelque chose que nous voulons tous deux éviter n’est-ce pas ?

Clyde voulait la mettre en confiance, lui montrer qu’ils étaient sur la même longueur d’onde. Il employait beaucoup de moyens et d’énergie pour que ses informateurs anonymes le restent, et il se flattait qu’aucun nom d’informateur n’ait fuité. Lui-même n’en gardait qu’une copie, bien en sécurité, cachée et codée.

▬ Je vous écoute, dites-moi tout ce que vous savez. Je vous poserai des questions si j’ai besoin de plus de précisions.

Le stylo dans une main et le carnet dans l’autre, Clyde était prêt à noter ce qu’il espérait être des informations à la hauteur de ses espérances.

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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Sam 10 Sep - 16:07

Capitole - Bégonia Bow






Bégonia pénétra dans la pièce à la suite de Mr. Holden et referma soigneusement la porte avec ses clefs, vérifiant par des coups d’œil successifs et brusques que personne ne les avait observés ou même suivis. Elle actionna les stores intérieurs qui dégringolèrent en une guirlande plutôt ridicule. La coiffeuse tenta d’arranger la décoration du dos de la main avec une mine déçue. Quel mauvais goût.
Quand la femme se retourna, une exclamation de ravissement éclata dans la pièce.

« Mon Dieu, j’adore les pétunias ! »

Le visage illuminé par cette découverte, Bégonia s’avança à grandes enjambées vers le bouquet coloré de rose, de violet et de blanc éclos au milieu de la boutique. Les talons claquèrent toujours plus rapidement et les cheveux blonds se mirent à caresser les pétales colorés.
Une moue dégoûtée déforma les traits de Bégonia. Cette dernière se força à garder toute sa contenance quand elle se détourna de ces fleurs qui n’étaient pas de première fraîcheur, ni même de troisième. Sa langue claqua.

« Celles-là sont en revanche vraiment laides, il faudrait que j’en touche deux mots à mon collègue. C’est scandaleux. »

Mr. Holden se dirigea donc vers l’arrière de la boutique et déclara que l’endroit était plus confortable pour discuter. Le laissant prendre les choses en main, Bégonia s'accapara à nouveau tout son sérieux en se raidissant et en prêtant attention à ne pas provoquer un bruit trop important avec ses fins talons. Régulièrement, elle jetait des regards aux vitres pour observer qui pouvait passer à l’extérieur, qui pouvait venir du Capitole, et qui pouvait voir les locaux. Avec la crainte que quelqu’un ne les voie intriguer au milieu des fleurs.
Puis elle se détourna de sa vision pour écouter les instructions que le journaliste s’appliquait à dispenser et à cataloguer :

« Je vais retranscrire mot pour mot ce que vous allez me dire. Le matériel informatique n’est pas assez fiable pour être utilisé, on pourrait très facilement le pirater, et même si je déforme votre voix ou floute votre visage, on n’est pas à l’abri que quelqu’un retrouve la source. Et c’est quelque chose que nous voulons tous deux éviter n’est-ce pas ?
- Tout à fait ! C’est une très bonne idée, Mr. Holden, je ne l’aurais moi-même pas eue. »

Rejetant ses cheveux en arrière et coinçant les mèches rebelles derrière ses oreilles, Bégonia se sentit prise dans cette intrigue passionnante. Elle attrapa une chaise non loin d’elle puis s’installa avec une certaine élégance et un certain sérieux, deux traits dignes de ces vieux films d’espionnage d’une époque révolue.

« Je vous écoute, dites-moi tout ce que vous savez. Je vous poserai des questions si j’ai besoin de plus de précisions. »

Bégonia détailla un instant le carnet et le stylo armés par son interlocuteur avant de reporter son attention sur Mr. Holden et sur son attitude confiante. Satisfaite de le voir ainsi prendre les rênes, elle émit une réserve :

« Vous êtes certain que ce soit une bonne idée d’écrire chacune de mes phrases mot pour mot ?, puis elle ajouta : et puis, je peux vous faire confiance, après tout vous êtes le professionnel. Je ne vais pas vous donner de leçons de journalisme, comme vous ne me donneriez assurément pas de leçons de coiffure. »

Un regard désolé se perdit sur cette coupe simplette qu'arborait le journaliste et elle conclut par ces mots-ci :

« Chacun son métier. »

Bégonia se dandina, comme mal à l’aise sur sa chaise, puis se décida à commencer son récit en prenant le soin de réfléchir à ses mots et à bien articuler, tout en affectant à des mots donnés des émotions précises pour souligner ses émotions.

« Bon, d’accord, commençons… En fait, tout a commencé quand j’ai entendu du bruit dans l’une des boutiques de cette allée marchande, un peu plus loin quand vous allez vers les quartiers Est. C’était le mercredi il y a deux semaines… Oui, c’est ça, puisque la fabuleuse Ahle Lumeuses – vous savez, la talentueuse chanteuse ? – est venue se faire coiffer dans mon salon pour son concert privé du soir. Mon travail, enfin reconnu ! »

Ses yeux papillonnèrent.

« Enfin, en sortant du salon après une si belle journée, alors que je rentrais chez moi – si vous écrivez tout ce que je dis, je ne vous donnerais pas mon adresse, vous comprenez –, j’ai entendu du bruit dans le magasin de vêtements de Miss Schon. Vous savez, cette odieuse commère aux habits tellement fluorescents que je suis persuadée qu’elle comptait à l’origine les vendre à la division nocturne des Pacificateurs pour qu'on les voie de loin ! »

Bégonia s’abaissa pour réajuste ses bas roses.

« Cette fille est insupportable ! J’ai mis deux semaines à refaire ma réputation sur l’une de ses sales diffamations, simplement parce que j’avais parlé à l’une de ses anciennes conquêtes à cette mal baisée de… »

Face aux mots qu’elle avait prononcés, la coiffeuse s’arrêta en une exclamation de surprise et se répandit en excuses précipitées pour sauver les meubles.

« Oh !, excusez-moi ! N’écrivez surtout pas ce que je viens de dire, je m’égare ! Ne faites pas attention, je m’emporte vite à propos de cette fille ! En tout cas, lorsque j’ai entendu le bruit de vase brisé, je n’ai pu m’empêcher d’approcher de la vitrine et vous n’imaginez pas ce que j’y ai vu… »

Elle se rapprocha de Mr. Holden en posant sa main sur son genou et, après avoir lui avoir jeté un regard entendu, acheva son récit.

« J’y ai vu le chat de Shiloh Bornsted, le chef de la sécurité au Capitole ! Oui, exactement, son chat, avec sa fourrure d’un orange flamboyant et ses rayures d’un noir profond ! J’ai déjà vu son chat et je peux vous assurer que je ne l’oublierai pas ! »

Même si elle s’était tenue à parler à voix basse, Bégonia avait les traits du visage tendus par l’excitation de sa nouvelle qu’elle voulait rendre exceptionnelle et vraisemblable.

« Sacré scoop que vous tenez là, n’est-ce pas ? »



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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Lun 19 Sep - 16:33

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Clyde fut patient – plus patient qu’il n’aurait dû l’être. Il la laissa se perdre dans ses divagations, et autant il aimait les détails –ils permettaient d’enrichir son article, lui apporter un peu de crédibilité- autant là il fallait avouer que la moitié de e qu’elle disait ne lui serait d’aucune utilité. A part peut-être lorsqu’elle insulta une capitolienne : il y avait là un lien d’animosité qu’il tenterait de creuser s’il en avait le temps.

Begonia posa sa main sur le genou du journaliste ; il avait l’habitude que les Capitoliens soient très tactiles, et s’il avait eu du mal à s’y habituer, aujourd’hui cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Il adapta cependant son expression faciale au récit de son interlocutrice, hochant la tête au bon moment ou esquissant un sourire lorsqu’il le fallait. Lorsque vint le moment de la « grande révélation », Clyde retint sa respiration, le stylo aux aguets :

▬   J’y ai vu le chat de Shiloh Bornsted, le chef de la sécurité au Capitole ! Oui, exactement, son chat, avec sa fourrure d’un orange flamboyant et ses rayures d’un noir profond ! J’ai déjà vu son chat et je peux vous assurer que je ne l’oublierai pas !

Clyde leva s’arrêta d’écrire à « fourrure ». Qu’est-ce que le chat de Siloh Bornsted, fut-il le chef de la sécurité, venait-il faire ici ? Clyde leva un sourcil interrogatif en direction de Begonia, attendant visiblement la suite. Peut-être ce chat était-il porteur d’un message, peut-être l’avait-elle vu à un endroit compromettant, peut-être… Même imaginant les meilleures hypothèses, Clyde ne voyait pas ce qu’il pouvait y avoir de très intéressant.

▬   Sacré scoop que vous tenez là, n’est-ce pas ?

C’était donc tout ? Un instant, Clyde cru à une plaisanterie –elle ne pouvait décemment pas l’avoir appelée pour ça, c’était ridicule. Il croisa son regard, et y lu toute l’excitation que lui procurait cette révélation. Elle ne plaisantait pas. Clyde n’en revenait pas. Il fit semblant de gribouiller quelques notes, essayant de faire passer ce moment de blanc pour de l’étonnement. Le goût amer de déception dans la bouche, il se leva un peu plus brusquement qu’il ne l’aurait voulu. Il tendit sa main, attendant qu’elle la serre.

▬ Et bien écoutez, merci beaucoup pour cette précieuse information, je vais voir avec mon rédacteur en chef ce que nous pouvons en faire.

Il ne voulait pas avouer sa déception –aucune information digne de ce nom- et sa colère –d’avoir clairement perdu son temps- ; elle pourrait être utile dans le futur, et si elle se trouvait en possession d’autres informations –avec un peu de chance plus intéressantes que celle-ci-, et il ne fallait pas qu’elle les transmette à un journal concurrent. Son patron ne lui aurait pas pardonné de perdre un informateur, même avec aussi peu de valeur. Il pesta contre lui-même. Il aurait du se douter que c'était trop beau pour être vrai. Qu'il allait trouver quelque chose le lendemain de la rédaction de son article "rebelle", histoire de faire oublier e fameux article autant que lui-même.

▬ Je ne veux pas abuser plus longtemps de votre temps précieux, aussi je vous dis au revoir. Vous savez comment me joindre si vous avez d’autres informations.

Sa voix s’était légèrement teintée d’espoir. Il rangea son carnet et son stylo dans son sac, prêt à partir.


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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Ven 23 Sep - 14:22

Capitole - Bégonia Bow






Les yeux chocolat de la Capitoléenne papillonnèrent : ils attendaient impatiemment la réponse du journaliste qui griffonnait dans son carnet. S’il tentait de ne rien laisser transparaître, Mr. Holden était évidement déçu, cela se voyait dans son attitude générale et surtout dans le grincement brusque de la chaise sur le sol.
Les paupières de la coiffeuse s’agrandir pour inviter son interlocuteur à parler, ce qu’il fit en tendant une main distante.

« Et bien écoutez, merci beaucoup pour cette précieuse information, je vais voir avec mon rédacteur en chef ce que nous pouvons en faire.
- C’était un plaisir ! J’ai hâte de lire votre article que j’imagine déjà magnifique !»

Bégonia n’avait pas caché son ton habituellement surexcité et avait sauté sur ses jambes pour serrer la main du journaliste d’une poigne ferme et vive. Avec envie le regardait-elle ranger son carnet dans le sac – il avait écrit nombre de mots dedans ! – et fermer son sac, alors qu’il allait clore leur échange avec les mots suivants :

« Je ne veux pas abuser plus longtemps de votre temps précieux, aussi je vous dis au revoir. Vous savez comment me joindre si vous avez d’autres informations.
- Tout à fait, et vous savez où me trouver si vous souhaitez améliorer votre coupe de cheveux… je vous ferai un prix ! »

Bégonia glissa un clin d’œil entendu à l’adresse de son interlocuteur. Dans le fond, elle devait reconnaître qu’elle se sentait un peu déçue par le comportement de Mr. Holden et peut-être même souhaitait-elle le lui signifier ; aussi, elle força une moue désappointée quand le bruit clair de son sac fermé s’éleva.

« Mais… vous partez réellement ? », s’empressa-t-elle de demander.

La coiffeuse déplaça sa moue du côté droit au côté gauche de son visage, puis haussa les épaules comme si finalement, elle n’en avait plus rien à faire de l’avis du journaliste sur les informations qu’elle lui avait livrées. Bégonia possédait une fierté qui comptait bien s’imposer à son interlocuteur – peu importait s’il ne se rendait pas compte des enjeux ! Elle savait ce qui se tramait et était certaine qu’au final, le chat de Siloh avait son importance.
Aussi n’esquissa-t-elle pas un mouvement quand Mr. Holden se leva. Elle s’occupa de se frotter les ongles de ses doigts, admirant la parfaite manucure qui s’y étalait. Peut-être devrait-elle s’en refaire une nouvelle, une fois qu’elle serait rentrée chez elle. Elle opterait alors plutôt pour du rouge – oh ! elle savait déjà avec quelle tenue l’assortir.

« Partez devant, déclara-t-elle en lustrant ses ongles sur le haut de sa chemise. Je fermerai derrière vous. »

Bégonia ne leva même pas les yeux vers son interlocuteur.
Pourtant, à la vérité, tout commençait là pour elle.
Via à la fois sa vue panoramique et le reflet sur son vernis, Bégonia parvint à détailler Mr. Holden qui obtempérait, estimant n’avoir visiblement plus rien à faire là, et qui se levait pour quitter la pièce. Repérant nombre de vases autour d’elle quand elle était entrée, la coiffeuse retrouva le constat amer que la plupart d’entre eux étaient soit trop fragiles et risquaient ainsi de se briser dans un bruit tonitruant, soit trop durs et amèneraient une conséquence non-désirée.
Quand le journaliste lui fit dos, elle releva les yeux pour profiter tout de même d’une meilleure vue. Il y avait un vase qui pourrait faire l’affaire non loin de là… Il suffisait que l’intéressé le dépasse dans sa marche.
Bégonia avisa ses escarpins dont elle considéra les talons, pour la première fois de sa vie, comme étant bien trop hauts et bien trop fins. Elle entreprit alors de se déchausser et posa ses pieds nus sur le sol sale et froid de la boutique.
Elle fit l’effort de sa vie en retenant un terrible cri dé dégoût qui se changea en une grimace tout aussi loquace.
Se sentant complètement ridicule, Bégonia parvint à se concentrer suffisamment sur son objectif pour oublier son humiliation. Elle se souvint des quelques instructions reçues plusieurs années auparavant et parvint à se déplacer sans bruit. Mr. Holden avait presque atteint la porte. Et avait dépassé le vase dont il était plus tôt question. La Capitoléenne attrapa alors le bocal à fleurs, heureusement vide d’eau et de fleurs, et avança d’un pas décidé vers sa destination. Mais pourquoi diable avait-elle enlevé ses escarpins ? Le bruit de ses talons cognant le sol aurait été de circonstance – elle aurait donné cher pour entendre leur écho magnifique.
Clyde Holden posa la main sur la poignée de la porte et dut, à cet instant, découvrir qu’elle avait été préalablement verrouillée. Précaution que Bégonia se félicita d’avoir prise quand elle était entrée. Elle arma, avec certes peu d’aisance, le vase qu’elle tenait dans les mains et annonça :

« La boutique est fermée. »

L’arme de circonstance s’abattit sur la tête du journaliste qui s’effondra derechef.



Etait-ce dix minutes ou bien une simple heure ? Voilà maintenant un bon moment que Bégonia attendait que Mr. Holden se réveille.
La pièce dans laquelle étaient installés les deux protagonistes était d’une simplicité terriblement triste. Les murs gris n’étaient que trop bien éclairés pour montrer leur surface rugueuse et terne, sans ornement aucun, et quelques fois cachés derrière des cartons précipitamment empilés. Une table était dressée au centre précis du lieu, à croire que l’on avait mesuré avec une déconcertante rigueur pour que ce soit le cas ; le meuble était des plus classiques, composé d’une planche en bois soutenue de quatre pieds en métal. Les chaises, fidèles demoiselles, étaient aussi quelconque que la table et d’un inconfort incroyable.
Toutefois, depuis que Bégonia s’était installée, elle n’avait pas une fois manifesté son inconfort. Bien au contraire, elle avait profité de l’occasion de se reposer – elle qui passait ses journées sur les jambes – pour changer son maquillage, accentuant ses lèvres et ses yeux mais durcissant le reste de ses traits.
Cette opération enfin conclue, le journaliste n’était toujours pas sorti de son inconscience. Peut-être était-il trop bien installé pour ouvrir les yeux – ou alors, la Capitoléenne y était allée tellement fort qu’il repartait pour un tour de cadran. Il n’y avait ici pas de lieu, pas de temps, peu importait. De toute façon, les poignets attachés aux accoudoirs de la chaise et les chevilles liées à ses pieds, le pauvre homme n’irait pas loin s’il décidait à se réveiller.
En attendant, Bégonia s’attaqua à l’ongle qu’elle s’était plus tôt brisé en déplaçant Mr. Holden inanimé pour le transporter en ce lieu. Bon Dieu, que le bonhomme avait été lourd ! D’habitude, elle ne s’occupait pas de cela ; elle préférait les tâches plus subtiles que déplacer des corps inanimés.
Comme bassiner un journaliste tendancieux avec des histoires de chat.
Bégonia eut un petit rire tant elle était fière de son histoire totalement loufoque, et elle entendit à ce moment-là du mouvement en face d’elle. Ah, les choses sérieuses commençaient enfin ! Sans se départir de sa sérénité à se trouver dans ce si petit endroit, ni sa concentration à se limer parfaitement l’ongle, la Capitoléenne ne leva pas les yeux de ses mains pendant de longues minutes, portant certes attention aux réactions de Clyde Holden pour l’étudier mais l’ignorant avec une superbe digne de la capitale.

« Voilà qui est bien », lâcha-t-elle soudain pour annoncer qu’elle entrait dans le jeu.

Bégonia souleva son magnifique sac en cuir rose qui resplendissait de diamant et y rangea son maquillage ainsi que le matériel d’entretien des ongles. Elle estima un instant son ongle à la taille disproportionnée par rapport à ses voisins et fit une moue boudeuse, le montrant au journaliste comme si elle disait : « Voyez ? Je me suis cassé un ongle. »

« Et vous, comment va votre tête ? »

Cette question était purement rhétorique et Bégonia n’en attendait aucune réponse – au demeurant, elle écoutait attentivement si elle devait en recevoir une. En évitant toujours tout contact visuel avec Clyde, elle replia sa main pour faire gratter l’ongle cassé sur sa paume. Se tournant à nouveau vers son sac posé au sol, elle en sortit un journal qui sentait encore le neuf et le déposa sur la table, le titre qui l’intéressait sur le dessus.
« Tribut pour un Carrière »

« A quel jeu jouez-vous, Mr. Holden ? Si j’avais réellement un scoop à donner, j’aurais cherché journaliste plus subtil. Et bien mieux coiffé. »

Les yeux de Bégonia agrippèrent ceux de Clyde, de manière à ce qu’il la regarde, à ce qu’il ne puisse pas fuir.

« Qu’on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme, j’y trouverai de quoi le faire pendre. »

Ses lèvres maquillées s’étirèrent en un sourire enjôleur.

« Vous pensez quoi de la pendaison, Mr. Holden ? N’est-ce pas une mort trop douce quand on s’oppose au Capitole ? C’est ce que je pense, que vous me demandiez ou non mon avis. Mais j'aimerais réellement connaître le vôtre. »



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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Lun 3 Oct - 21:03

Tribut pour un carrière
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Un instant, Clyde regarda Begonia, déconcerté. Elle lui offrait vraiment de lui faire une nouvelle coupe de cheveux. Comme s’il avait le temps, ou l’envie. Et puis, elle était très bien sa coupe. Non mais oh. Il se dirigea vers l’entrée de la boutique, et entendit les petits pas de la coiffeuse le suivre. Clyde se demanda un instant comment elle pouvait marcher toute la journée avec ces choses-là, avant de se rendre compte qu’il n’en avait rien à faire, c’était son problème. Elle n’avait qu’à pas lui faire perdre son temps comme ça.

Il posa la main sur la poignée qu’il tenta de faire basculer pour ouvrir la porte, pour se rendre compte qu’elle était verrouillée.  La voix de Bégonia résonna derrière lui :

▬  La boutique est fermée.

Un frisson le parcourut. Sans savoir pourquoi, la voix de la jeune femme lui avait paru très inquiétante.

▬  Que…

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que tout devint noir, et il s’écroula au sol, inconscient.


***


Pendant une seconde, Clyde cru qu’il rentrait d’une soirée où il avait trop bu. Son crâne lui faisait horriblement souffrir, et, extrêmement mal à l’aise dans la position dans laquelle il était, il avait mal à tous ses muscles. L’instant d’après, il reprit conscience et ouvrit brutalement les yeux, et il se rappela tout ce qui s’était passé. Enfin, tout, disons tout ce dont il pouvait se souvenir. Il se rappelait de la voix de Bégonia derrière lui, alors qu'il essayait d'ouvrir la porte, dans la boutique...
Maintenant il était… il était où d’ailleurs ? Il regarda, inquiet, autour de lui. Rien. Rien qui ne puisse lui donner la moindre indication sur l’endroit où il pouvait être. Devant lui, quelque chose l’interpella. Il ne l’avait pas vu avant. Begonia, assise sur une chaise en face de lui. Une simple table les séparait. En regardant plus précisément, Clyde se rendit compte qu’elle se… qu’elle se limait les ongles. Soit il avait trop bu –mais il ne se rappelait pas avoir touché une goutte d’alcool- soit il devenait définitivement et complètement fou. Clyde avait beau se creuser les méninges dans tous les sens, il ne trouvait aucun sens à cette situation. Qui devint encore plus étrange lorsque Begonia émit un petit rire. L’incompréhension totale dans laquelle se trouvait Clyde aurait pu le faire sourire si elle ne le pétrifiait pas comme elle le faisait actuellement. Il voulut se lever rapidement, mais une douleur lui traversa les poignets lorsqu’il entama le mouvement. Terrifié, il jeta un coup d’œil à ses poignets : ils étaient, tout comme ses chevilles, attachés à la chaise.

Il était prisonnier.

▬  Voilà qui est bien.

Mais qu’est-ce qu’elle racontait encore. Peut-être n’était-elle pas satisfaite de la réaction de Clyde face à sa révélation sur il-ne-savait-plus quel chat. Elle agita ostensiblement sa main devant lui. Le journaliste ne sut quoi en déduire.

▬  Et vous, comment va votre tête ?

Comment allait sa tête ? Clyde avait du mal à imaginer que c’était elle qui l’avait assommé, transporté puis ligoté à la chaise. Mais il ne voyait pas d’autre explication plausible. Abasourdi, il ne sut pas quoi répondre jusqu’à ce qu’elle sorte un journal de son sac. Clyde le reconnu aussitôt; il comprit aussitôt. Il avait été découvert, le Capitole allait le faire payer. Il allait mourir, sans que personne ne sache comment ni pourquoi, comme son père.

▬  A quel jeu jouez-vous, Mr. Holden ? Si j’avais réellement un scoop à donner, j’aurais cherché un journaliste plus subtil. Et bien mieux coiffé.

Sa réplique confirma sa première pensée. Il n’avait pas été assez discret dans son article, il allait en payer les conséquences… Et d’où venait cette fixette pour ses cheveux ?

▬  Qu’on me donne six lignes écrites de la main du plus honnête homme, j’y trouverai de quoi le faire pendre.

Clyde déglutit difficilement. La pendaison, voilà donc ce qui l’attendait. Il aurait préféré quelque chose de propre, de rapide, et d’efficace, mais au moins il savait ce qui l’attendait.

▬  Vous pensez quoi de la pendaison, Mr. Holden ? N’est-ce pas une mort trop douce quand on s’oppose au Capitole ? C’est ce que je pense, que vous me demandiez ou non mon avis. Mais j’aimerais réellement connaître le vôtre.

Sa gorge était sèche, les mots qu’il prononça étaient rauques.

▬  Ah, parce que maintenant on demande mon avis ?

Les mots étaient sortis tout seul. Il avait prévu de dire quelque chose du style « non mais
vous vous trompez vous devez faire erreur, ce n’est pas ce que j’ai voulu dire moi j’aime le Capitole c’est génial les Hunger Games ». Mais la rancune qui s’accumulait comme un poids sur la poitrine depuis la mort de son père avait décidé de prendre le dessus, de parler à sa place, sachant pertinemment que cela allait mener à sa perte. Bien. Maintenant que c’était dit, il était trop tard pour reculer.

▬ Depuis quand le Capitole s’intéresse à ce que l’on pense ? Mieux, depuis quand nous laisse-t-il le droit de nous exprimer ?

« Mais qu’est-ce que tu fous. Ferme-la. Juste, ferme-la. »

▬ Et si la pendaison est une mort trop douce pour ceux qui s’opposent au Capitole, je ne préfère même pas imaginer ce que méritent des gens qui envoient des gosses de battre dans une arène, des gens qui maintiennent dans une pauvreté extrême des gens pour qu’à quelques centaines de kilomètres d’eux ils vivent d’excès ?

Clyde ne savait même pas pourquoi il disait cela. Elle était sûrement déjà au courant de tout cela. Peut-être inconsciemment il espérait la convaincre. Cette pensée lui arracha un rictus. S’il s’imaginait qu’une espionne –car c’était tout ce qu’elle pouvait être n’est-ce pas ? pour l’attirer à un endroit précis, l’assommer puis lui demander des comptes, le tout sous les traits d’une innocente coiffeuse- allait changer d’allégeance parce qu’un pauvre gars comme lui se révoltait maladroitement, comme un gosse qui faisait sa crise d’ado. Sauf qu’ici, le gosse risquait d’être pendu.

▬  Mais vous savez déjà tout ça, pas vrai ? Vous le savez et ça ne vous pose aucun problème, vous êtes comme les autres.

L’adrénaline qui l’avait boosté à dire tout cela redescendit brutalement lorsqu’il se rendit compte de ce qu’il venait de dire. Lorsqu’il se rendit compte, réellement compte, qu’il était condamné. Il tachait de faire bonne figure lorsqu'il reprit enfin la parole, mais déjà il sentait sa voix trembler.

▬ La pendaison, c’est donc à ça que je dois me préparer ?


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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Lun 10 Oct - 21:03

Capitole - Bégonia Bow






La surprise et l’incompréhension de Clyde n’échappèrent pas à Bégonia. Elle était satisfaite mais ses traits ne bougèrent pas. Après tout, la situation entière pouvait prêter à une perte totale de repères tant que l’on n’imaginait pas être coupable. Que l’on n’imaginait pas avoir franchi la limite. Que l’on n’imaginait pas se tenir sur un fil qui nous ferait irrémédiablement tomber d’une côté ou de l’autre – suffisait-il que cette main vernie se décide dans quel sens pousser.
Cette maîtrise totale gonflait le cœur de la coiffeuse.
Le voile de perdition qui traversa le visage de Clyde quand ses yeux se posèrent sur le journal conforta Bégonia. Pourtant, elle continua son manège, son spectacle, s’escrimant pour analyser chaque mouvement, chaque réaction. Après tout, elle ne connaissait pas le journaliste. Après tout, même s’il avait jusqu’à lors démontré un caractère vraiment gauche et pas très finaud, il pouvait s’avérer dangereux – sinon il ne serait pas là, dans cette pièce anonyme et attaché à la chaise. La citation d’un ancien conseiller connu, au nom coulé avec l’Apocalypse qui avait érigé Panem, provoqua chez l’homme un malaise.
N’avait-il été qu’un gamin qui, approchant une petite flamme d’un papier pour savoir  quand il allait prendre feu, pleurait et blêmissait en apprenant qu’il allait mettre le feu à sa maison ? Ce sera décevant.

« Ah, parce que maintenant on demande mon avis ? »

Bégonia étira ses lèvres en un large sourire satisfait. Elle détourna les yeux, laissant les mots de Clyde résonner contre les murs gris de la pièce et pénétrer au plus profond de l’être qui avait fait de la manipulation des mots son métier. Qui avait voulu en faire son arme. L’arroseur était arrosé ; elle le laissa seul face à lui-même.
La coiffeuse aurait volontiers laissé une de ses petites répliques fouetter pour calmer cet élan de rébellion naissant dans le cœur d’un homme qui croyait tout perdre, mais sa formation avait été essentiellement tournée vers cette pratique : parle pour passer pour la blondasse de service mais tais-toi pour laisser ta proie ouvrir ses défauts. Alors, elle se tut, et laissa Clyde dégringoler alors qu’il était emporté dans son élan.

« Depuis quand le Capitole s’intéresse à ce que l’on pense ? Mieux, depuis quand nous laisse-t-il le droit de nous exprimer ? »

Le sourire de Bégonia ne fit que s’étirer encore plus. Elle posa ses mains croisées sur la table.

« Et si la pendaison est une mort trop douce pour ceux qui s’opposent au Capitole, je ne préfère même pas imaginer ce que méritent des gens qui envoient des gosses de battre dans une arène, des gens qui maintiennent dans une pauvreté extrême des gens pour qu’à quelques centaines de kilomètres d’eux ils vivent d’excès ? »

Depuis longtemps déjà Bégonia avait laissé  couler les images que lui provoquaient ces mots. Depuis longtemps ne les regardait-elle plus – oh ! elle les voyait, beaucoup, souvent, mais toujours lors de soirées où la personne qui lui faisait face valait mieux. La coiffeuse avait eu le talent d’ériger un mur entre les Jeux, l’arène, et sa vie qui n’avait rien à voir avec tout cela. Aussi ces paroles ne lui firent aucun effet de culpabilité.

« Mais vous savez déjà tout ça, pas vrai ? Vous le savez et ça ne vous pose aucun problème, vous êtes comme les autres. »

La voix de Clyde tremblait. D’excitation ? De rage ? De douleur ? De désespoir ? Peu importait puisqu’elle tremblait. Et Bégonia continuait sans fin de lui sourire de ses belles dents blanches.

« La pendaison, c’est donc à ça que je dois me préparer ? »

Bégonia ne répondit pas. Elle continuait de regarder Clyde, de le sonder, de lui sourire. Puis, lentement, elle décroisa ses jambes, elle décroisa ses mains, elle sortit un miroir de sa poche et entreprit de se recoiffer, calmement. Après tout, cette femme se fichait pas mal de prendre du temps. Alors qu’elle replaçait l’une de ses mèches de ses cheveux derrière l’oreille, elle se fit la remarque qu’elle, au moins, savait où ils étaient. Alors qu’elle se recourbait un cil, elle constata qu’elle était de congés. Alors qu’elle rangeait son miroir, elle se gratifia de la satisfaction de savoir, elle, qu’elle savait de quoi il en retournait.
Ses yeux noisette se levèrent vers Clyde. Ses lèvres n’avaient pas effectué un mouvement, restant inlassablement étirées. Sa tête se pencha légèrement, à la recherche d’un sentiment qu’elle ne trouvait pas. Et puis :

« Je vous comprends, Clyde. »

Le sourire de Bégonia se détendit, devenant bien moins satisfait mais bien plus complice. Oh, elle l'avait entendu, elle l'avait écouté, mais elle lui laissait simplement une... dernière chance.

« Vous avez été envoyé faire un reportage dans les Districts. On a tendance à vouloir plaindre la vie des gens qui ont moins de chance que nous, même quand leur vie est belle. J’imagine que c’est dur de perdre une connaissance aux Jeux. »

Après lui avoir décroché un dernier sourire compatissant, Bégonia se leva pour se détendre les jambes.

« Nous ne savons rien de tout cela au Capitole, puisque nos familles et nos proches ont la chance d’être préservés. Pourtant, ne faut-il pas oublier que ce que vivent les Districts, ils l’ont cherché par leur rébellion ? Ils l’ont cherché en se soulevant contre la capitale, dans la violence ? N’est-ce pas un juste retour des choses ? »

Bégonia s’arrêta à côté de Clyde.

« Et c’est ce que vous venez de faire par vos mots violents, culpabilisants. Une rébellion. »

Bégonia se pencha vers Clyde et posa sa main sur son épaule.

« Je suis prête à vous pardonner, Clyde, à tout oublier de la misère que vous m’avez fait vivre en me rappelant la mort de ces enfants. Simplement… »

La coiffeuse s’humecta les lèvres.

« … pourquoi Nikolay ? Pourquoi parler d’un Carrière qui, ne nous leurrons pas, a voué sa vie aux Jeux ? Avec le risque de mourir ? Pour dénoncer la misère comme vous venez de me le faire, il aurait plus judicieux de le faire avec la mort la petite fille du Sept au Bain de Sang ou de celle de cette jeune femme enceinte du Trois. Pourtant, vous avez été plus attaché à Nikolay du District Quatre… Qu’avait-il de plus que les autres ? »

Les lèvres maquillées se rapprochèrent de l’oreille de Clyde.

« A quel point sa mort est-elle plus regrettable que celle d’une petite fille ? »

Sa main se posa sur celle de Clyde puis, doucement, glissa vers son poignet avant de laisser apparaître dans un cliquetis des clefs. Elle ouvrit alors l’une des quatre paires de menottes qui entravaient le journaliste, avant de doucement aller se rasseoir vers sa chaise.



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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Mar 18 Oct - 15:45

Tribut pour un carrière
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Le regard de Clyde ne pouvait pas quitter le sourire, inlassablement satisfait étiré sur le visage de Bégonia. Il savait que cela lui faisait plaisir –c’était tout comme s’il avait confessé, elle n’avait pas eu beaucoup de mal à obtenir des aveux – mais était-elle obligé de rester tout le temps aussi souriante ? La vision de sa pendaison avait l’air de lui faire autant plaisir que celle d’une de ses coiffures, portée par tout le Capitole.

Et pourtant, s’il y avait bien une réponse qui le surprit de la bouche de la coiffeuse –et dieu savait qu’il allait de surprise en surprise depuis le début de la soirée- était celle qu’elle venait de lui livrer :

Je vous comprends, Clyde.

Non, vous ne comprenez pas, vous ne pouvez pas comprendre. Avait-elle déjà menacée de mort seulement pour avoir osé rêver d’un monde différent –d’un monde meilleur ?

▬ Permettez moi d'en doutez.

Sa gorge était sèche, chaque mot était plus difficile à prononcer que le précédent.

▬  Vous avez été envoyé faire un reportage dans les Districts. On a tendance à vouloir plaindre la vie des gens qui ont moins de chance que nous, même quand leur vie est belle. J’imagine que c’est dur de perdre une connaissance aux Jeux.  Nous ne savons rien de tout cela au Capitole, puisque nos familles et nos proches ont la chance d’être préservés. Pourtant, ne faut-il pas oublier que ce que vivent les Districts, ils l’ont cherché par leur rébellion ? Ils l’ont cherché en se soulevant contre la capitale, dans la violence ? N’est-ce pas un juste retour des choses ?

En parlant, elle s’était levée et s’était rapprochée de Clyde. Quand bien même le journaliste n’aurait pas été menotté qu’il aurait été incapable de bouger. Il était pétrifié.

Et c’est ce que vous venez de faire par vos mots violents, culpabilisants. Une rébellion.

Le contact de la main de la coiffeuse sur son épaule le glaça d’effroi.

▬   Je suis prête à vous pardonner, Clyde, à tout oublier de la misère que vous m’avez fait vivre en me rappelant la mort de ces enfants. Simplement… pourquoi Nikolay ? Pourquoi parler d’un Carrière qui, ne nous leurrons pas, a voué sa vie aux Jeux ? Avec le risque de mourir ? Pour dénoncer la misère comme vous venez de me le faire, il aurait plus judicieux de le faire avec la mort la petite fille du Sept au Bain de Sang ou de celle de cette jeune femme enceinte du Trois. Pourtant, vous avez été plus attaché à Nikolay du District Quatre… Qu’avait-il de plus que les autres ?  A quel point sa mort est-elle plus regrettable que celle d’une petite fille ?

▬  Je ne comprends pas.

Décidément, il était beaucoup trop sincère ce soir. Il massa doucement le poignet douloureux que la coiffeuse avait libéré. Avec un poignet de libre, il n'allait pas aller bien loin.

▬  Je ne comprends pas ce que vous attendez de moi. Qu’est-ce que je fais ici ? Où sommes-nous ? Qui êtes-vous réellement ?

Clyde avait pris l’habitude de répondre à une question embarrassante par une autre question. Mais était donné que la femme en face de lui avait sa vie entre ses mains, il allait peut-être se donner la peine de répondre. Que lui dire ? Il ne comprenait toujours pas de quel côté elle était, il ne savait pas à quoi elle jouait. Pourquoi l’avait-elle à moitié libéré ? C’était une rebelle, finalement ? Tant qu’il n’en était pas sûr, il ne pouvait pas prendre de risque et dévoiler ce qu’il savait de la condition de rebelle de Nikolay. Le Capitole ne pouvait plus le tuer, mais il trouvera toujours un moyen pour le lui faire payer –en humiliant sa mort ou en blessant sa famille.

Pesant ses mots –pour la première fois de la soirée-, il décida finalement de répondre à la question posée :

▬  Aucune mort n’est plus regrettable qu’une autre. Aucune. Sauf peut-être celle de la présidente, je pense que le monde s’en sortirait beaucoup mieux sans elle. Mais même si j’ai terriblement envie qu’elle meure, lentement et douloureusement, je n’en ferais rien si j’en avais l’occasion. Elle doit être jugée, et de manière juste. Et de la justice, je n’en vois pas beaucoup aujourd’hui. Je ne crois pas que des dizaines de générations doivent payer le prix d’une faute de leurs ancêtres, et je ne sais même pas si nous pouvons parler de faute. C’est complètement ridicule.

Il parlait un peu vite, trébuchait sur les mots. Il n’avait pas l’habitude de parler aussi ouvertement, sans se soucier des conséquences. Et malgré la situation d’incompréhension dans laquelle il se trouvait, il se sentait bien. Entier. Il continua, passant sous silence l'appartenance aux rebelles de Nikolay. Si elle était rebelle, elle devait bien être au courant ?

▬  Pour Nikolay… je le connaissais, je l’avais interviewé une fois, au district 4. D’habitude, je connais les tributs par la télévision ou par les interviews que je fais auprès de leur famille après leur mort. Celle fois-ci, je le connaissais avant qu’il aille dans l’arène. Avant qu’il ne meure. Je pense que c’est ça qui a changé quelque chose. Et je suppose… Je suppose que je voulais montrer aussi que peu importe d’où il venait, ce qu’il avait fait, il ne méritait pas de mourir comme ça. Puisque aucune mort n’est plus regrettable qu’une autre.


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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Mer 11 Jan - 15:58

Capitole - Bégonia Bow






« Je ne comprends pas. »

Comme en attestait ses yeux dubitatifs et ses airs perdus. Rangeant la clef contre sa poitrine, elle se laissa aller à une moue à la fois moqueuse et à la fois déçue devant l’incompréhension de son otage.

« Je ne comprends pas ce que vous attendez de moi. Qu’est-ce que je fais ici ? Où sommes-nous ? Qui êtes-vous réellement ? »

Bégonia leva lentement les yeux et joignit ses deux mains sur la table, de manière à mimer une personne qui réfléchissait. Réaction des plus hypocrites puisque la Capitoléenne ne comptait pas répondre avec sincérité puisque, après tout, elle menait la danse et observa avec attention les pas de son partenaire.

« Aucune mort n’est plus regrettable qu’une autre. Aucune. Sauf peut-être celle de la présidente, je pense que le monde s’en sortirait beaucoup mieux sans elle. Mais même si j’ai terriblement envie qu’elle meure, lentement et douloureusement, je n’en ferais rien si j’en avais l’occasion. Elle doit être jugée, et de manière juste. Et de la justice, je n’en vois pas beaucoup aujourd’hui. Je ne crois pas que des dizaines de générations doivent payer le prix d’une faute de leurs ancêtres, et je ne sais même pas si nous pouvons parler de faute. C’est complètement ridicule. »

A l’évocation du sort que Clyde aurait aimé réserver à la Présidente Water, Bégonia ne put s’empêcher un haussement de sourcils : il se permettait de délivrer de telles opinions à une inconnue ? Une inconnue qui l’enfermait dans une pièce glauque ? Oh, le reste de ses paroles ne tombait effectivement pas dans l’oreille d’une sourde, mais cette honnêteté laissait pantoise la Capitoléenne.

Passée cette surprise, Bégonia se revêtit de sa superbe et récupéra son sourire assuré pendant que son compagnon continuait sa prise de parole :

« Pour Nikolay… je le connaissais, je l’avais interviewé une fois, au district 4. D’habitude, je connais les tributs par la télévision ou par les interviews que je fais auprès de leur famille après leur mort. Celle fois-ci, je le connaissais avant qu’il aille dans l’arène. Avant qu’il ne meure. Je pense que c’est ça qui a changé quelque chose. Et je suppose… Je suppose que je voulais montrer aussi que peu importe d’où il venait, ce qu’il avait fait, il ne méritait pas de mourir comme ça. Puisque aucune mort n’est plus regrettable qu’une autre. »

Clyde venait de définitivement baisser sa garde pour confirmer à Bégonia qu’il connaissait Nikolay Willis et que leur relation avait pu dépasser le cadre d’une simple interview. Or, cette femme savait qui était réellement Nikolay Willis, ce convenu pêcheur du District Quatre. Rebelle du District Quatre. Avec un large réseau derrière lui.
Son sourire rouge s’étira encore plus, puis se résigna à libérer quelques mots. A attaquer.

« Vous êtes un imbécile, Clyde. »

Ses ongles se posèrent sur la table et commencèrent à taper un rythme régulier, presque militaire.

« Vous êtes un imbécile et si vous n’y remédiez pas, tôt ou tard, vous payerez pour votre imbécilité. »

Ses yeux se levèrent et replongèrent dans le regard de Clyde. Le pas s’accélérait. A lui de tenir la mesure.

« Dites-moi la vérité sur Nikolay Willis. Dites-moi quelque chose d’utile, cette fois-ci. »

Ses doigts s’accélèrent comme un tambour de guerre, coupant là toute réponse du journaliste – à moins que celui-ci ne veuille réellement s’imposer, cas que la coiffeuse para de sa réplique ferme :

« Un journaliste dans les Districts est intrigant et j’avais un peu de temps entre deux de mes merveilleux clients pour lire l’article qu’il en avait tiré… Surprise de voir qu’il s’agissait de Nikolay Willis, dont le nom résonnait avec une familiarité déconvenue à mes oreilles. Un article sur ce garçon, au Capitole, alors que la personne renseignée avait eu vent de ses… loisirs. Ceux qui ne concernaient pas la mignonne petite Thalia, bien évidemment. »

Bégonia arrêta net ses doigts de façon à ce que seul le silence coupe ses paroles.

« Alors Clyde, je vous le demande encore une fois, et ce sera la dernière : que pouvez-vous me dire d’intéressant sur Nikolay ? Pourquoi lui, et pas un autre ? »




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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Dim 15 Jan - 13:47

Tribut pour un carrière
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Discrètement, il essayait d’enlever sa main encore attachée de la menotte. Il tenta  de la glisser, de la tourner dans tous les sens mais rien n’y faisait ; elle était trop serrée. Au lieu de ça, le fer lui mordit la peau du poignet et il retenait difficilement une grimace de douleur. Rien à faire, il était pris au piège. S’agiter n’allait que le rendre encore plus ridicule, et il n’avait pas besoin de ça.

A peine avait-il terminé de parler qu’un sourire s’étira sur les lèvres de son interlocutrice. Il était horriblement frustré ; il ne savait pas ce qui se cachait derrière ce sourire. Etait-ce de la satisfaction ? Du sadisme ? De la déception déguisée ? Il était autant pris au piège physiquement que mentalement. Il ne pouvait pas bouger ni comprendre ce qui se passait, jamais il n’avait été dans une position aussi inconfortable.

▬    Vous êtes un imbécile, Clyde.

Ça, pour le coup, ce n’était pas un scoop. Le prouvait le journal qui trônait piteusement sur la table devant lui. Le titre semblait avoir beaucoup moins d’éclat, beaucoup moins d’impact que lorsqu’il l’avait envoyé à mon rédacteur en chef, quelques jours auparavant. Le rythme des doigts de Begonia qui résonnait dans toute la pièce lui faisait froid dans le dos. Une certitude s’installa paisiblement en lui alors qu’il sentait une goutte de sueur glisser le long de son dos. Il ne sortirai pas vivant de cet entretien. Begonia lui confirma cette certitude un instant plus tard :

▬    Vous êtes un imbécile et si vous n’y remédiez pas, tôt ou tard, vous payerez pour votre imbécilité.

Et le probable était le plus tôt. Les yeux de Bégonia cherchèrent ceux de Clyde. Il évita un instant son regard avant de renoncer : à quoi bon ? Quitte à mourir, autant le faire dignement. Qu’il ne devienne pas un sujet risible pour les Capitoliens.

▬   Dites-moi la vérité sur Nikolay Willis. Dites-moi quelque chose d’utile, cette fois-ci.

Clyde hochait la tête négativement. Aucun son n’eut le temps de sortir de sa bouche que la coiffeuse enchaina :

▬    Un journaliste dans les Districts est intrigant et j’avais un peu de temps entre deux de mes merveilleux clients pour lire l’article qu’il en avait tiré… Surprise de voir qu’il s’agissait de Nikolay Willis, dont le nom résonnait avec une familiarité déconvenue à mes oreilles. Un article sur ce garçon, au Capitole, alors que la personne renseignée avait eu vent de ses… loisirs. Ceux qui ne concernaient pas la mignonne petite Thalia, bien évidemment.

Malgré sa peur, Clyde essaya de se concentrer sur les paroles qu’il venait d’entendre. Il n’était même pas sûr d’avoir compris correctement, comme il n’était pas sûr de comprendre ce qui se passait depuis le début de la soirée. En fait si, il était sûr : il ne comprenait rien. Cependant, un mot qu’elle avait employé attira son attention : le nom de Nikolay lui était « familier »… Pour quelle raison ? Begonia était-elle une rebelle ? Il en doutait fortement. Nikolay était-il déjà connu du Capitole comme étant un rebelle, et envoyé dans l’arène pour cette raison ? Non, il s’était porté volontaire. Pour Thalia peut-être, mais alors la Moisson de Thalia avait peut-être été trafiquée dans ce but. Cela ne surprit pas Clyde, la jeune femme en face de lui avait l’air de connaître la relation unissant les deux jeunes gens.

▬    Alors Clyde, je vous le demande encore une fois, et ce sera la dernière : que pouvez-vous me dire d’intéressant sur Nikolay ? Pourquoi lui, et pas un autre ?

Clyde n’hésita pas un instant. S’il avait décidé de se livrer lui aux yeux du Capitole, de livrer au grand jour ses convictions –même s’il avait la désagréable impression qu’il allait le regretter dans quelques minutes-, c’était son choix et il allait, il devait en assumer les conséquences. Ce n’était pas à lui de prendre cette décision pour Nikolay, même s’il était mort, car d’autres pourraient en subir les conséquences. Alors quitte à passer pour un idiot, il répondit :

▬  Je vous l’ai déjà dit. Je ne suis que journaliste, c’est mon rédacteur en chef qui m’a demandé cet article. Pourquoi Nikolay particulièrement, je n’en ai aucune idée. Je crois qu’il pensait que ça se vendrait mieux, surtout auprès des demoiselles du Capitole qui semblaient avoir un petit faible pour lui. Pourquoi ?

Il tentait le tout pour le tout. De toute façon, il n’avait rien à perdre. Il se savait, sa réponse risquait fortement de décevoir Bégonia. Réponse qui n’était d’ailleurs pas tout à fait fausse : Clyde avait le choix de faire un article sur un des morts de l’arène, celui qu’il trouvait le plus intéressant, son choix s’était naturellement porté sur Nikolay.

▬  Pourquoi se concentrer sur le choix de Nikolay ? Il avait quelque chose de particulier pour qu’une coiffeuse du Capitole soit aussi intéressée par lui ?

Sa curiosité mal placée était tout sauf convaincante, et il le savait. Mais s’il allait mourir, autant essayer de protéger des gens qui n’avaient rien demandé. A moins qu’elle ne soit déjà au courant, et que ces questions ne soient qu’un test pour le faire confesser. Il aurait peut-être été gratifié d’un adoucissement de sa peine –peut-être lui aurait-on épargné la torture ?- s’il avait dit la vérité, mais les mots avaient été prononcés. Il était trop tard pour changer d’avis.


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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Mer 18 Jan - 17:17

Capitole - Bégonia Bow






Voilà que Clyde ne répondait plus aux questions.
Son regard s’était durci, une étincelle avait embrasé ses yeux, et tout son être s’était tendu : il adoptait une véritable attitude rebelle. Certes, un peu trop visible, mais il pourrait encore apprendre. Heureusement qu’il apprendrait encore. Au Capitole, plus qu’ailleurs, il fallait porter une attention particulière à l’attitude, et nombre de Pacificateurs étaient entraînés pour traquer ces dissidents. Surtout au Capitole. Il serait dommage que des termites traînent dans leur splendide cabane en bois.
Oh non, pas « termites ». Bégonia n’aimait pas cette image. Elle préférait l’abeille ouvrière, celle qui créait une ruche au sein d’un vieil arbre malade : une abeille consciente, individualisée, mais bâtisseuse, toujours dans l’ombre, à profiter des ressources d’un géant d’autrefois jusqu’au jour où ses racines se casseraient.
Il fallait le dire : abeille claquait plus que termite. Mais peu de gens dans la capitale connaissaient l’existence de ces petites bêtes – à peine savaient-ils ce qu’étaient des insectes, c’était tout dire. Bégonia, elle, avait vu sa première fourmi quatre ou cinq ans auparavant, et l’expérience l’avait assez marquée pour qu’elle pense à des termites et à des abeilles alors qu’elle interrogeait un homme menotté.

« Je vous l’ai déjà dit. Je ne suis que journaliste, c’est mon rédacteur en chef qui m’a demandé cet article. Pourquoi Nikolay particulièrement, je n’en ai aucune idée. Je crois qu’il pensait que ça se vendrait mieux, surtout auprès des demoiselles du Capitole qui semblaient avoir un petit faible pour lui. Pourquoi ? »

Saisissait-il enfin ce qui se déroulait ? Au moins n’essayait-il plus de la prendre pour une idiote. Il tentait même de renverser les rôles d’interrogé et d’interrogateur. Détourner l’attention. Promener son interlocuteur. Lui faire perdre son temps. Et ainsi éviter l’erreur. Puisque la personne interrogeant n’était pas plus savante que son vis-à-vis, mais se sentait en position de force, échanger les rôles pourrait être… avantageux.
Ou précipiter la fin si l’on avait affaire à un orgueilleux aux mains pleines de pouvoirs.

« Pourquoi se concentrer sur le choix de Nikolay ? Il avait quelque chose de particulier pour qu’une coiffeuse du Capitole soit aussi intéressée par lui ?
- Une coiffure totalement désordonnée », insinua Bégonia.

La Capitoléenne passa sa main dans ses cheveux ce qui défit sa coiffure : la laque se délita, les épingles se détachèrent, et des cheveux soigneusement arrangés devinrent soudain plus libres. Plus sauvages. Plus vivants.

« La coiffeuse du Capitole n’en a strictement rien à faire du Tribut du District Quatre – pas très distrayant. Par contre, quant à Nikolay Willis… »

Les yeux marron se détachèrent de Clyde et se portèrent sur le sac mauve vernis frappé par une célèbre marque du Capitole. Ses doigts frottèrent un instant le logo, ils lustrèrent sa surface métallique, suivirent le tracé et puis….

« … que dirait-elle d’un gamin qui a abattu un rebelle juste avant que celui-ci ne monte dans un train ? Pour une fois, peut-être qu’elle pourrait ignorer ce style discutable, pitoyable, tellement typique des Districts. »

Sa voix devenait un peu plus aigue à mesure qu’elle parlait, et l’accent propre à la capitale pointait à nouveau le bout de son nez. Bégonia s’éclaircit la gorge.

« Mais Nikolay est mort aujourd’hui alors que le journaliste qui traînait là, par hasard dirait-on, et qui avait tout vu, lui, respirait encore, et en redemandait encore ! Entrer chez les rebelles ? Quelle idée ! »

D’un geste nonchalant, elle laissa tomber son sac bon marché au sol. L’heure de vérité avait sonné : voici ce qu’exprimaient les yeux de Bégonia quand ils se rivèrent avec violence dans les yeux de Clyde.

« C’est vrai, Clyde, que tu souhaites rentrer chez les rebelles ? »


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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Sam 21 Jan - 15:43

Tribut pour un carrière
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En temps normal, Clyde aurait pu esquisser un sourire à la note d’humour de la coiffeuse mais là tous ses muscles étaient figés, impossible pour lui d’afficher le moindre rictus. Comme joignant le geste à la parole, elle défit sa propre coiffure. Cela la rendait plus humaine, mais, d’un autre côté, plus effrayante.

▬    La coiffeuse du Capitole n’en a strictement rien à faire du Tribut du District Quatre – pas très distrayant. Par contre, quant à Nikolay Willis … que dirait-elle d’un gamin qui a abattu un rebelle juste avant que celui-ci ne monte dans un train ? Pour une fois, peut-être qu’elle pourrait ignorer ce style discutable, pitoyable, tellement typique des Districts. Mais Nikolay est mort aujourd’hui alors que le journaliste qui traînait là, par hasard dirait-on, et qui avait tout vu, lui, respirait encore, et en redemandait encore ! Entrer chez les rebelles ? Quelle idée !

La gorge de Clyde était tellement nouée qu’il avala très difficilement sa salive. Si elle avait des preuves de ce qu’elle avançait, il ne pouvait plus se faire trop d’espoir sur ce qui l’attendait après cet entretien.

▬     C’est vrai, Clyde, que tu souhaites rentrer chez les rebelles ?

Le passage au tutoiement surpris un instant le journaliste. Qu’est ce qui justifiait cette soudaine proximité ?
Pour répondre à cette question, une idée traversa l’esprit de Clyde. Une idée si simple, si évidente qu’il ne savait pas comment il n’avait pas pu y penser avant. Une idée pourtant si folle qu’il n’osait y croire. Et s’il s’était trompé depuis le début ? Sur la personne en face de lui, la raison de sa présence ici ?
Bégonia avait raison. Il était un imbécile. De ne pas y avoir pensé avant. Si le Capitole avait eu le moindre soupçon sur lui, il l’aurait exécuté, sans autre forme de procès, comme son père. Cet interrogatoire n’aurait rimé à rien, et lui était tombé en plein dans le piège. Bégonia l’avait fait marché, il avait couru avec enthousiasme derrière elle.
Bien sûr qu’elle avait réussi à déchiffrer le journal. Bien sûr qu’elle s’intéressait à Nikolay, mais pas en tant que tribut. Toutes les paroles de la coiffeuse prenaient un sens à présent. D’ailleurs, était-elle vraiment coiffeuse ?

▬  Qui êtes vous ? Qui êtes vous vraiment ?

Cette fois-ci, sa voix tremblait franchement. D’espoir –il n’était peut-être pas condamné finalement- mais également de peur : c’était sa dernière et unique chance.
Mais cette question n’allait pas suffire. Si elle le faisait patauger depuis vingt minutes ce n’est pas avec cette simple question qu’il allait avoir des réponses.

▬  Vous n’êtes pas réellement coiffeuse si ? Ce n’est qu’une couverture n’est-ce pas ?

Il parlait en même temps qu’il pensait, il n’y avait plus aucun filtre qui choisissait avec précision les mots qu’il allait employer.

▬  Et si vous m’avez emmené ici, c’était pour tester ma motivation, pas pour m’exécuter mais pour me recruter…

Il leva enfin les yeux vers son interlocutrice, et plongea son regard dans le sien, afin de détecter toute réaction qui pourrait trahir ses pensées. Il y cherchait, presque désespérément, un signe qui lui permettrait de confirmer ce qu’il était en train d’avancer.

▬  Je me trompe ?

Fébrile de sa potentielle découverte, il en avait oublié la question de la jeune femme. Sa voix était devenue un murmure. C'était la première fois qu'il formulait à voix haute ce désir.

▬  Bien sûr que je veux rejoindre les rebelles. Je veux agir, je veux être utile, je ne pouvais plus rester sans rien faire...

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MessageSujet: Re: [Mission d'avancement] Tribut pour un carrière    Dim 22 Jan - 14:58

Capitole - Bégonia Bow






« Qui êtes vous ? Qui êtes-vous vraiment ? »

Bégonia posa ses doigts sur sa poitrine et arbora un air indigné sur son visage ; dans le fond, au contraire, elle se concentra sur cette évolution qui s'opérait en Clyde Holden et son esprit qui entrapercevait enfin l’étendue de ce monde auquel il aspirait.
Les paroles du journaliste débitèrent alors tandis que son interlocutrice tapait doucement sur son sternum.

« Vous n’êtes pas réellement coiffeuse si ? Ce n’est qu’une couverture n’est-ce pas ? Et si vous m’avez emmené ici, c’était pour tester ma motivation, pas pour m’exécuter mais pour me recruter… »

Clyde plongea son regard dans celui de Bégonia. Oh ? Il voulait jouer ? Il voulait deviner ce qui traversait l’esprit de l’interrogatrice ? De ses années bercées par l’habitude de paraître au point que les autres croient en son jeu théâtral, elle en avait un art de vivre. Alors elle le vit chercher la réponse à sa question, elle le vit se jeter à corps perdu contre cette dernière porte qu’avait entrouverte la jeune femme.
Et si celle-là donnait sur l’enfer ?
Comme poussée par le défi, Bégonia refusa de lui donner la réponse attendue. De le rassurer par un sourire, par des yeux compatissant, par des traits humanisés. Au contraire, elle brisa rapidement le regard pour observer le plafond – qui restait masqué par la pénombre de la pièce.

« Je me trompe ? »

La machine était allumée et la coiffeuse ne se sentait pas le cœur à l’arrêter : les mots étaient posés au bord des lèvres de Clyde, prêts à sortir, prêts à le plonger dans cette situation. De toute façon, elle devait le reconnaître, les choses étaient allées trop loin pour qu’il fasse demi-tour : depuis qu’il avait ouvert un œil dans cette pièce, soit il terminait dans la rébellion, soit il terminait sa vie.
Telles étaient les directives subtiles qu’avaient reçues Bégonia à sa formation.

« Bien sûr que je veux rejoindre les rebelles. Je veux agir, je veux être utile, je ne pouvais plus rester sans rien faire... »

Silence.
Bégonia écouta le silence qu’elle imposait derrière cette déclaration, ce murmure. Elle espérait que les mots se répétaient sans fin dans la tête de son interlocuteur, choquant, toquant, frappant chaque souvenir, chaque espoir d’avenir, au moins pour le marquer. Elle écouta le silence qui devait montrer à cet homme qui rien n’était gagné, que jamais sa vie ne sera aussi compliquée que maintenant.

« Bien. »

Vraiment ?
Bégonia se redressa et attrapa son sac à main au sol.

« Il y a beaucoup de choses à améliorer, Mr. Holden. Vous êtes au Capitole, pas dans les Districts : les détails ont toujours compté dans la capitale. »

Elle ouvrit son sac à main et la fermeture claqua.

« Et là où vous mettez les pieds, ne comptez pas sur ces gens pour vous faire oublier votre nature… capitoléenne. »

Bégonia évita les yeux de son nouveau collègue : d’abord, elle se leva pour ouvrir les dernières menottes de son vis-à-vis, avec méthode et silence, puis elle se rassit à sa place en laissant ses talons claquer au sol. Puis elle farfouilla sa sacoche, sortant une à une les affaires du journaliste. D’abord son calepin et son stylo.

« Vous serez recontacté si l’on a besoin de vous. En attendant, n’espérez pas être lâché dans la nature : le moindre faux pas vous sera facturé. »

La jeune femme continua en déposant le portefeuille, qu’elle avait pris le soin au préalable de fouiller – comme le calepin. Les informations seraient transmises à qui de droit. Puis son téléphone, dont elle avait copié le contenu sur un disque dur analogue.

« Au passage, je tenais à vous rappeler que vous vous trompez : je suis bel et bien coiffeuse. »

De ses doigts vernis, elle fit glisser le téléphone vers Clyde Holden, satisfaite d’avoir rétabli la vérité.
Tout à coup, l’appareil se mit à vibrer et la sonnerie retentit avec fracas.


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