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 Νέμεσις ou Nemesis

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Mitch Flecto
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MessageSujet: Νέμεσις ou Nemesis   Mar 9 Aoû - 20:50

Νέμεσις
N E M E S I S
Ἄστρα τοξεύεις
Chroniques d’une bataille sur bois bicolore

Nous voyions seulement qu’ils
déplaçaient leurs pièces tels des
leviers, ou comme des généraux font
marcher leurs troupes pour tâcher de
faire une brèche dans les lignes
ennemies.
Stefan Zweig,
Le Joueur d'échecs


- Monsieur Flecto, Eneron Stark se dirige vers le Capitole.
- Envoyez-moi un compte rendu détaillé de ce déplacement.
- Bien monsieur.
- Encore une chose, vous êtes sûre qu'il déplaçait des pièces de bois sur un damier blanc et noir, il y a peu ?
- Oui, il le fait fréquemment. Dois-je me renseigner sur cette manie ?
- J’aimerais simplement savoir s’il est de notoriété publique qu’Eneron Stark joue avec ce bibelot.
- Ce jeu ? Oui, cela est su de quelques personnes de la haute-société.
Mitch Flecto, Pacificateur, chef du département de la Répression. Vêtu uniformément de blanc, un blanc parfait, immaculé, un blanc luisant. La veste de son costume drapait son fauteuil, bois ocre d'acacia, velours blanc clouté de cuivre. Flecto respirait autorité, pouvoir et officiel.
Il était assit sur cette grandiose chaise. Face à lui, un bureau de bois, accompagnée d'une seconde chaise, plus modeste. Le fond de la pièce, dos au pacificateur, était recouverte de panneaux de bois, les autres murs étaient de verre blanc, et l’un d’eux, un écran. Un autre écran était d’ailleurs suspendu à un bras amovible accroché au plafond.
Il ressassait les dires de sa taupe au sein des industries du richissime chef d’entreprise. Eneron Stark, le vainqueur prodige, le mentor aigri, le magnat de l’armement - Stark, la fortune du un. Tant de pouvoir, tant de richesse faisait de lui un homme dangereux. Sa popularité - populisme, pensa Mitch - surtout auprès des femmes, était de ses armes, la plus puissante. Ses armes, un réel danger. Ce simple civil possédait un arsenal militaire, et si la fantaisie lui prenait de ne plus fournir Panem suprême, ou de retourner les armes vendues contre leur propriétaire, qu’adviendrait-il ? Le Capitole n’y croyait pas, évidemment. Le moindre refus serait balayé par la menace d’une mort violente, n'est-il pas ? Grave erreur, car comment tuer l’homme qui créé les armes censées le menacer ? Et que faire s’il se fondait dans la masse de vermines rebelles ? Au demeurant, ces rebelles étaient justement équipés en armes de la Stark Idstr., ou de technologie que seule cette entreprise était en mesure de développer. Comment leur parvenaient-elles ? Un secret jalousement gardé par quelques membres discrets d’une rébellion floue.
Dangereux, indubitablement, et pourtant difficilement atteignable. Appuyé par de nombreuses têtes dirigeantes, têtes féminines en majorité, et nécessaire à la patrie, nécessaire aux pacificateur de par son commerce. Le chef de la Répression prenait presque comme une offense personnelle que cet homme suffisant et imbu de sa personne soit tellement protégé, lui qui, disait-on, par son attitude et son comportement, laissait parfois transpirer une distance, si ce n’est un dégoût, du Capitole. Un simple civil, mais le seul qui avait les moyens de lui résister. Un simple civil, mais un civil intelligent et calculateur. Un simple civil, mais un civil avec un coup d’avance. Un simple civil, vraiment ? La guerre se devait de lui être déclaré, mais une guerre sans effusions de sang, des soldats devaient l’attaquer, mais des soldats sans visages, les tours de ses défenses devaient s'écrouler, sa dame se faire assassiner, et lui se calfeutrer dans ses retranchements sans que lui ou ses assaillants n’aient à quitter les quatre murs d’une salle. Eneron Stark. Ce conflit se tiendrait sur un champs de bataille de bois bicolore, et des soldats de bois y seront sacrifiés.
Le pacificateur effleura son bureau et la tablette incrustée s’anima. Il y pianota, et soixante-quatre cases - trente-deux blanches, trente-deux noires - se dessinèrent. Du doigt, il pressa la case en E4 qui se teinta en bleu. Puis l'écran biface suspendu au bras amovible vient se placer face à lui.

“ Très cher Monsieur Stark”

Au fur et à mesure de la prononciation des mots, ceux-ci s'affichaient à l'écran.

“La nouvelle de votre venue dans notre magnifique cœur de la nation, le ô combien magnifique Capitole m'est parvenu. Je me réjouis de savoir que vous pourrez profiter des opportunités de notre ville, et c'est dans un esprit de paix que je vous invite à disputer une violente bataille en mon domicile, une partie d’échecs.
En espérant votre assentiment, celle-ci se livrera vers quatre heures de l’après-midi du jour qui vous sierra, un véhicule sera mis à votre disposition pour vous conduire une demi-heure plus tôt.
Gloire à Panem.
Pacifiquement,
Monsieur Mitch Flecto, Gardien de la Paix, Chef du Département de la Répression. “

Une main se déplia et effleura un petit levier, et bientôt un tintement résonna dans la pièce.

- Entrez, Silver.

Ladite Silver pénétra dans le bureau. L'agent Silver White, tellement reconnaissable lorsque sa présence était officielle, tellement discrète lorsqu'elle était en mission. Vêtue d’une robe blanche, ses chaussures comme ses ongles, lèvres, cils sourcils, yeux, cheveux et bijoux semblaient d’argent.

- Ce message doit parvenir en mains propres à Eneron Stark, le jour de son arrivée ici-même, sur une lettre papier. Lors d'un repas de préférence.
- Ce sera fait.
La pacificatrice tapota quelques instructions sur l'écran, puis se tourna vers son employeur.

- Est-ce tout ?
- Vous enverrez également mon hovercraft, celui de taille moyenne, le chercher, et vous donnerez pour ordre qu’il atterrisse sur le toit de ma résidence. Vous pouvez maintenant disposer.

Elle se dirigea vers la porte, mais s'arrêtant au seuil, de prononcer :

- b6

Le pacificateur ferma les yeux et joint ses doigts.

- Pion en d4.

Surprise de la réaction du tyrannique Mitch Flecto - celui-ci acceptait de jouer une partie avec une employée ? - elle murmura :

- Fou en b7.
- Asseyez-vous et agencez le jeu.

La jeune femme prit place sur la chaise de bois, devant le bureau. Elle effleura l'échiquier jusqu'à dessiner l’actuel avancement de la partie. Sans avoir ouvert les yeux, sans delier ses mains, le vieil homme annonça son coup.

- Fou en d3.
- Pion en f5.

La jeune femme jouait en parlant quand son adversaire restait immobile.

- Pion en e mange pion en f5.
- Fou mange pion en g2.
- Dame en h5, échec.
- Pion en g6.
- Pion en f mange pion en g6.
- Cavalier en f6.
- Pion en g mange pion en h7, échec.
- Cavalier mange dame en en h5.
- Fou en g6, échec et mat.*
La jeune femme restait muette, incrédule de ce qui venait de se passer. Et Mitch Flecto d’ouvrir les yeux.

- Une partie d’échecs est un duel, et un duel ne se refuse pas, Silver. Ne t’avises pas de recommencer à me provoquer en duel. D’autant que tu as perdu...
- Oui monsieur, excusez cette impertinence.
- La partie était ouverte, tu étais dans ton droit. Il se trouve que tu t’es bien battue, si ce n'est que tu as préféré manger mes sacrifices plutôt que de protéger ton jeu… il se peut que nous soyons amener à disputer d'autres parties. Mais trêve, va remplir ta mission.
- Entendu Monsieur.
La pacificatrice quitta la pièce d’un pas leste. Elle s’assura qu’un muet accomplirait la besogne. Transmettre le message. Envoyer l’hovercraft gris foncé, mat. Inviter le milliardaire à jouer une partie d’échecs. Provoquer le dangereux Eneron Stark en duel, au nom du puissant Mitch Flecto.
*Partie de Gioachino  Gréco contre un inconnu, Rome, 1619.
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★ Âge : 45 ans.
☆ Surnom : Le renard
★ Occupation : Vendeur d'armes
☆ Humeur : Plutôt bonne
★ Plat préféré : Pizza , foie gras
☆District : Un

○ Points : 366
○ Barre de vie :
200 / 200200 / 200


May the odds be ever in your favor
Compétences:
Talents:
Inventaire:


MessageSujet: Re: Νέμεσις ou Nemesis   Jeu 18 Aoû - 0:52








Le paysage défilait à toute allure sous les yeux d’un Eneron confortablement installé dans un des plus beaux fauteuils du luxueux train qui devait l’amener au Capitole et dont il était désormais devenu un habitué. Silencieux depuis le départ, de toute façon il n’avait personne avec qui échanger à l’exception de ses gardes d’un naturel peu bavard.  Durant de longues minutes , peut-être même des heures, il lisait de vieux ouvrages écornés et jaunis par le temps tout en jetant de temps à autres un regard en direction d’une bague soigneusement posée dans son magnifique écrin de velours. Sur la bague on pouvait voir un symbole étrange : une équerre et un compas qui s’entrecroisaient et un œil entre les deux : le signe de la franc-maçonnerie. Le milliardaire l’avait retrouvé dans le “sanctuaire” de son père, le bijou avait dû appartenir à l’un de ses illustres ancêtres. Evidemment, aujourd’hui la franc-maçonnerie n’existait plus et rares étaient ceux qui savaient encore ce que c’était mais l’ingénieur avait tout de même réussi à se procurer plusieurs ouvrages afin de lever son mystère familial Qui était cet aïeul? Qui était-il lui même ?  Pour le moment les recherches n’avaient pas été des plus concluantes mais l’homme d’affaires n’était pas de ceux qui abandonnaient si tôt surtout pour un sujet aussi personnel que celui-ci ; il comptait aller au bout et il irait au bout comme il l’avait toujours fait auparavant.

Une annonce qui résonna dans tout le wagon indiqua que le train était en instance d’arrivée à la Gare Centrale du Capitole. Eneron rangea rapidement ses quelques effets , et sortit entouré de sa garde privée.

A la sortie de la Gare; il fut immédiatement imprégné de cette atmosphère si particulière du Capitole. Le District 1 avait beau être très luxueux,  le mode de vie et la mentalité n’étaient en rien comparable avec ce qu’il se passait ici où tout respirait le grandiose , l’extravagance mais surtout le ridicule. Ces rues à la fois si colorées et si kitsch , ces magasins aussi fascinants qu’étrange, ces personnes si atypiques et si déshumanisées, cette atmosphère autant pure que fausse.

Bien qu’il s’y rendait souvent, le magnat de l’armement limitait au maximum toute relation inutile avec la société du Capitole qui ne vivait que pour le paraître et le divertissement. Et il y avait peut-être là un paradoxe car ce même public adorait l’ingénieur qui réunissait justement ces deux particularités : un paraître soigneusement travaillé et du divertissement assuré.  Si le gouvernement et les hautes instances de sécurité attendaient surtout les dernières productions des Stark Industries ; la population elle était plus friande des petites phrases salées que lançait Eneron à chacune de ses interventions publiques. Il savait que cela leur plaisait et ne se gênait pas jouer là-dessus. Etrangement,  en matière de communication la société la plus aisément manipulable était celle du faste et de l’opulence quand celles des Districts se montraient plus circonspectes ou prudentes.

Eneron se dirigea à pied vers le Nord de la Ville, attirant comme à l’ordinaire de nombreux regards. Il saluait poliment ceux qui avaient assez de cran pour venir lui serrer la main mais ne s’attardait pas trop : il avait un horaire à respecter et il n’était jamais bien vu de se rendre en retard à un rendez-vous d’affaires avec un représentant du gouvernement ; même pour lui :  le célèbrissime Eneron Stark.

A l’entrée du haut building; plusieurs hommes en tenue blanche l’accueillirent. Il passa un contrôle de sécurité avant de , guidé par un employé, monter au bureau de celui avec qui il négocierait.

L’homme qui l’attendait devait avoir la cinquantaine, il avait un visage taillé à la serpe , un crâne soigneusement rasé et portait le fameux uniforme d’apparat immaculé des Pacificateurs.

“Prenez un siège M.Stark je vous en prie. Je suis le général Pieters, chargé de la gestion du matériel.
-Ah…”


Eneron était un peu déçu d’avoir à traiter avec un officier de seconde zone quand par le passé il avait déjà négocié avec des personnalités plus hauts placées comme le Chef des Pacificateurs , celui des Renseignements ou encore celui de l’Etat-Major ; quelquefois il avait même eu affaire à la présidente Water en personne ; sûrement tous ceux-ci étaient déjà pris par de nombreux problèmes liés à l’actualité et à l’atmosphère délétère qui régnait en maître depuis l’annonce de l’Expiation ; peut-être était-ce aussi une manière de signaler au sulfureux milliardaire que la manière dont il avait présenté l’évolution de son Entreprise au début de l’Expiation ne leur avait pas plu. Enfin ,tant qu’ils continuaient à payer aussi bien pour ses armes; Eneron s’y ferait.


“Vos représentants ont-ils été convaincus par les tests du Terminator?
-Plutôt oui M.Stark comme vous devez vous en douter; sinon vous ne seriez pas là pour négocier.”


De toute façon comment en aurait-il pu être autrement avec le Terminator: le dernier petit bijou sortie de l’esprit de l’ingénieur et donc des usines des Stark Industries . Le canon le plus dévastateur et efficace du marché ; une petite révolution dans le domaine de l’artillerie lourde. Un engin  aussi meurtrier que dissuasif; il n’ y avait qu’à le voir pour comprendre sa puissance. Un énorme canon de près de cinq mètres de haut et long d’une dizaine mais une allure qui évoquait une créature chthonienne et diabolique toute droit sortie du royaume d’Hadès. Lors de la conception de ce qu’il appelait “ses œuvres d’art de guerre” l’ancien Vainqueur accordait autant d’importance à l’allure extérieure de l’arme qu’à son efficacité. Rendre une pièce plus menaçante qu’elle ne l’était en réalité pouvait faire reculer un ennemi peut-être plus fort alors qu’une arme mortellement efficace mais qui ne paraît pas dangereuse ne pourrait jamais forcer un ennemi à faire demi-tour.  Allure et efficacité étaient les maîtres mots et c’était là dessus qu’Eneron avait bâti son succès retentissant  ; en quelques années il s’était imposé comme le partenaire privilégié du gouvernement ; supplantant par la même occasion l’industrie historique du Deux qui avaient jusque là toujours été leader du marché.

Au grand bonheur du milliardaire, Pieters n’était pas un négociateur né et il était prêt à mettre un joli pactole pour s’adjuger la propriété de plusieurs canons.

“Nous voulons une cinquantaine de ces pièces d’artilleries M.Stark. Vous êtes sûr qu’ils peuvent convenir à la défense du centre du Capitole.
-Comme je vous l’ai dis à vos représentants, ils ont été conçus pour cela. Donc oui.”


Une cinquantaine? Ce nombre était vraiment colossal ; de quoi avait donc si peur le Capitole pour s’équiper de manière aussi astronomique. En vérité le milliardaire s’attendait plutôt à une commande qui ne dépassait pas la vingtaine de pièces ; il allait se faire une très belle marge. Le contrat fut vite rempli ; cependant au moment où Eneron se saisit du stylo que lui tendait son interlocuteur pour signer , il eut quelques secondes d’une hésitation coupable.
Allait-il vraiment faire ça? Vendre tant de ces armes de destructions massives au Capitole ? Allait-il contribuer à la protection du système qui avait détruit sa vie et qui détruirait celles de centaines voire de milliers d’autres personnes? Au fond n’avait-il pas toujours rêvé de voir le palais présidentiel à feu et à sang?

Finalement il haussa les épaules ; de toute façon les rebelles se feraient écraser avant même d’avoir posé un pied au Capitole s’ils tentaient une incursion. Et puis que voulez-vous? Il faut bien gagner sa vie…  Il signa.

“Excellent M.Stark! Un déjeuner nous attend dans un restaurant huppé pour arroser tout cela.”

Eneron se rendit alors compte que son ventre criait famine et dû fournir quelques efforts pour ne pas se ruer hors de l’immeuble à la recherche de la fameuse enseigne ; il valait mieux suivre son hôte pour ne pas se perdre sur les avenues du Capitole et être condamné à y errer pendant des heures en cherchant la  route à suivre tout en la demandant à des femme-tigres et des hommes-moustiques.

Le personnel du restaurant accueillit ses clients de choix et si toute la salle avait été privatisée pour l’occasion , ils allaient être plus que deux au vu de la longue table dressée qui trônait au centre.

“J’ai invité quelques connaissances pour partager ce repas.”
commenta le Capitolien.

Les convives arrivèrent tous  petit à petit dans un intervalle d’une dizaine de minutes  Certains étaient de parfaits exemples de la mode particulière de la capitale mais d’autres avaient opté pour plus de sobriété. Un homme en costume gris attira d’ailleurs particulièrement l’attention du milliardaire.

“M.Stark ; ravi de vous voir enfin en chair et en os.
fit l’homme en gris en lui tendant la main qu’Eneron serra.

-On me dit souvent cela. A qui ai-je l’honneur?
- Judas Werner , chef des Renseignements.
-Ah…”

Finalement Eneron finissait par échanger avec une pointure du gouvernement et de l’armée même si Werner n’était clairement pas le plus connu des officiers du Capitole. D’ailleurs cela était sûrement voulu ; il valait mieux se montrer discret lorsque l’on dirigeait un réseau d’espionnage. Le visage dur et creusé de l’Homme était animé par un regard vivace qui respirait l’intelligence.

Le déjeuner commença avec un poisson et un vin blanc délicieux qu’Eneron sirota avec plaisir. Werner, assis en face de lui, l’interrogea alors :

“Alors M.Stark ; le Capitole vous plaît?
-Oh...vous savez je commence  à m’y habituer depuis le temps que je viens ici de manière régulière. Après comme tout autre endroit il y a du bon et du moins bon.
-Oui, vous avez raison. “Comme tout autre endroit.”

Le magnat de l’armement se souvint alors d’une ancienne commande que le Capitole avait passé avec les Stark Industries et il fit immédiatement le lien avec son interlocuteur.

“Au fait sont-ce vos hommes qui se serve de l’équipement furtif que j’ai vendu aux forces armées?
-Vous avez bonne mémoire ; effectivement notre département à souvent recours à vos créations lors de diverses missions. Nous en sommes satisfaits; vous avez fait du bon travail et croyez moi mes compliments valent cher.
-Je n’en ai jamais douté. Alors dites moi en quoi consiste exactement le rôle du Département des Renseignements?”


Entre celui de la Répression, celui des Renseignement, celui de la Sécurité et encore de nombreux autres départements ; les citoyens de Panem avaient de quoi s’y perdre si jamais ils voulaient en savoir plus sur l’organigramme militaire du gouvernement. Mais de toute manière ; hormis quelques privilégiés qui pouvaient se targuer d’avoir le temps et la tête pour se consacrer à de telles recherches?

“C’est simple ; nous devons être les yeux, les oreilles , les mains du Capitole dans tout Panem. Nous sommes ceux qui doivent dévoiler , anticiper ou dissimuler. Mais vous devez bien vous doutez que je ne pourrai pas aborder avec vous les détails de nos opérations.
-Je comprends bien entendu.”


Le déjeuner se déroula dans une atmosphère conviviale même si au fond Eneron savait qu’il n’était pas vraiment à sa place : aussi célèbre et populaire qu’il était il était et resterait toujours un enfant des districts et donc par extrapolation un individu inférieur aux yeux des Capitoliens qui partageaient son repas. Mince! Mais que foutait-il ici à la fin? N’était-il pas censé détester tous ces gens ?  Et pourtant il se retrouvait en train de manger un steak en leur compagnie tout en s’en mettant plein les poches…

Il fut tiré de ses pensées par une main qui tapota doucement son épaule; alerté, Eneron fit volte-face et se retrouva face à un tout jeune homme portant encore des traces d’acné. Le milliardaire tenta d’amorcer le dialogue mais comprit vite qu’il avait affaire à un Muet ; avec un signe de tête en guise de remerciement le milliardaire se saisit du message que le Muet lui avait apporté. Un message aussi surprenant qu’intrigant signé de la main du Chef de la Répression : le sinistrement célèbre Mitch Flecto.

Il esquissa un sourire en lisant “ La nouvelle de votre venue [...] m’est parvenue”. Comme si cette nouvelle était arrivée à ses oreilles par hasard sans que son réseau d’information ne soit impliqué. Il aurait plutôt fallu écrire “ mes espions m’ont informé de votre arrivée”. L’oxymore présente ensuite qui posait   côte à côte les expressions antinomiques “ Esprit de paix” et “ violente bataille” était caractéristique du style particulier du Pacificateur.
Mais c’était bien sur le fond que la lettre se révélait plutôt curieuse : ainsi Mitch Flecto l’invitait pour disputer une partie d’échecs…

Eneron regarda sa montre : ce serait bientôt l’heure. Il prit poliment congé de ses convives avant le dessert en prétextant une affaire importante à régler. Seul le Chef des Renseignements ne sembla pas dupe devant cette excuse mensongère mais il ne dit rien.
Comme promis un véhicule flanqué de deux soldats en blanc l’attendait à la sortie du restaurant ; l’ancien vainqueur pensa alors à sa garde rapprochée en poste dans la boutique d’en face. Il appuya discrètement sur un bouton latéral de son téléphone destiné à alerter ses hommes d’un imprévu où d’un évènement où seul Eneron pouvait se rendre.

Dans l’antre de la bête le marchand d’armes serait seul.


Le bâtiment du Département de la Répression n’était ni le plus coloré ni le plus extravagant du Capitole, loin de là. Sobre voire austère il disposait d’un très vaste  et très haut vestibule d’entrée soutenu par de grandes colonnade sans grandes fioritures.

Après les habituels contrôles de sécurité qui ne révélèrent la présence d’aucune arme dans les chaussettes du milliardaire on le fit monter jusqu’à l’étage désiré et on lui indiqua la porte du bureau du chef de la Répression. D’un pas assez hésitant Eneron se rendit jusqu’au seuil de la pièce.  Il prit une grande inspiration avant d’avaler rapidement une petite capsule transparente puis il frappa. Une voix familière s’éleva alors pour l’inviter à entrer.

“M.Flecto; c’est un véritable honneur que vous me faites en me recevant ici même si votre invitation m’a quelque peu surpris.”


Le milliardaire avisa alors le magnifique échiquier qui trônait au milieu de la pièce.

“Je vois que vous avez bon goût. Moi qui croyiez être le dernier à savoir jouer à cet ancien jeu ; je pensais bien être condamné à gagner éternellement contre mon Intelligence Artificielle. Mais au fond , qui d’autre que Mitch Flecto pour me provoquer en duel? “

Si le restaurant avait un peu perturbé un Eneron qui n’en avait rien montré extérieurement ; à présent le milliardaire qui tentait tant bien que mal de se garder une certaine tenue était clairement plongé dans le doute et l’appréhension. Qu’est ce que le chef de la Répression aux méthodes tortueuses et sombres lui préparait-il? Cette fois-ci Eneron , seul , pouvait-il s’en sortir indemne? Rien n’était moins sûr si Flecto avait décidé d’en finir avec l’électron libre du Un.

“ Pourrais-je vous demander un verre ? J’ai dû quitter le déjeuner avant qu’on ne serve les digestifs…”


Verre en main Eneron s’installa en face de son adversaire. Ce dernier était , comme toujours , tout de blanc vêtu quand le milliardaire affichait un costume sombre, noir qui faisait le contraste.

“Honneur aux blancs; M.Flecto.”


Le choc tant attendu allait enfin avoir lieu ; le combat des géants ; l’affrontement entre deux des plus grands esprits de Panem ; la confrontation du renard libre et rusé et de l’impitoyable loup; une bataille qui se déroulerait sur un sol faits de carrés blancs et noir.
C’était bien plus qu’une simple partie d’échec qui allait se jouer; car selon le résultat final leur destinée changera à jamais. Le milliardaire aurait-il raison du système qui en serait bouleversée comme jamais ou alors l’agent de la Paix finira-t-il par défaire l'incontrôlable vainqueur dévoilant par la même l’épée de Damoclès qui menaçait constamment ce dernier?
Les gladiateurs étaient lâchés; les Jeux pouvaient commencer.
Le blanc faisait face au noir une nouvelle fois après les temps bibliques de la Création et de l’Apocalypse. Mais cette fois qui allait en être le héros ; le dieu de l’échiquier et le maître du destin de l’un et de l’autre?

 


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