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 Devoirs Capitoliens

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Kyle T. Featherstone
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MessageSujet: Devoirs Capitoliens   Sam 9 Juil - 22:43



Kyle T. Featherstone
La Passion"La passion. Elle se cache au plus profond de nous-mêmes, elle fait semblant de dormir, elle attend son heure, et d'un seul coup, alors qu'on ne s'y attendait plus, elle se réveille, elle ouvre ses mâchoires et elle ne nous lâche plus. La passion nous entraîne, nous pousse, et finit par nous imposer sa loi et nous lui obéissons. Que pouvons-nous faire d'autre ?

La passion est la source des moments les plus rares, la joie de l'amour, la lucidité de la haine, la jouissance de la douleur. Quelquefois la douleur est si forte qu'on ne peut plus la supporter. Si l'on pouvait vivre sans passion sans doute serions-nous moins torturés, mais nous serions vides, espaces déserts, sombres et glacés. Sans passion nous serions véritablement morts."



Devoirs CapitoliensC'était une de ces soirées où il fallait se montrer. Et c'était l'une de ces soirées où je le faisais. Comme chaque année depuis que j'avais 16 ans. Peut-être moins depuis que Sélène avait pris ma place de Mentor. J'y allais par routine, peut-être aussi par manque de tout ça. De tout ce qui était à moi avant qu'elle ne vole ma place. C'était pour ne pas qu'on m'oublie, c'était pour revivre ces moments qui avaient fait de moi celui que j'étais. Un Featherstone reconnu et craint. Et j'aimais ça, ces regards qui se baissaient quand j'arrivais dans une pièce, ceux qui restaient fixés entre l'admiration et le trouble. Et puis ceux qui disaient "je te veux". Ceux qui me désiraient, je les connaissais à force. Est-ce que j'en étais blasé ? Pas vraiment, ils étaient justifiés, je les méritais non ?

Qui ici, au Capitole pouvait se vanter d'avoir tué autant de personne à l'âge de seize ans ? D'avoir connu une telle gloire ? Un tel événement ? Lui là avec sa cravate et ses sourcils verts ? Non. Celle là, avec la perruque et les seins proéminents ? Non. Pas moins que la rousse qui battaient ses longs cils argentés dans ma direction. Ils étaient tous refait, ils étaient tous faux, et ils avaient besoin de nous, de moi pour leur montrer autre chose. Ils avaient besoin de craindre, de trembler, de vibrer sous notre statut. Ils avaient besoin des Jeux, des vainqueurs. Il avait besoin des gens comme nous, des survivants. Nous on était authentique. On était réel, puissant. Y'avait un truc en nous qui ne serait jamais chez eux. Jamais. Et j'aimais leur apporter ça. Cette partie qui leur manquait. Parce que j'en tirais un plaisir inouïe, j'aimais être respecté, comme au Centre. J'aimais combler leur vide pour me faire oublier le mien.

Je me servais un verre, puis deux. Un troisième pour rentrer dans l'ambiance. Les odeurs me rappelaient mon retour victorieux. Ça me replongeait 14 ans en arrière, quand j'étais revenu de l'Arène. Opaline. Un quatrième verre en son honneur. Je regardais mes mains, je sentais encore la glace de ce lac gelé. Et j'y voyais toujours le sang, même après toutes ces années. Je serrais les poings et je levais mes yeux, scrutant la foule. Qui serait ma prochaine victime ? Oui qui pensait que j'allais être sa future proie ? Pas elle, non... Celle ci ? Pourquoi pas, hum non trop brune. Celle là trop noire. Celle ci trop bronzée. Trop pâle. Là, trop surfaite. Elle déjà faite...

J'avançais au milieu de la foule, je rodais, je chassais. C'était mon nouveau terrain de jeu. Oui, celle ci était parfaite. Son regard se posa alors sur moi quelques secondes et s'en échappa. Comment ? Oh. Pas possible. Mademoiselle Keywell était ici ? Depuis quand ? Je ne l'y avais jamais vu jusqu'à présent. Evidemment, le Vampire de Soie n'était mentor que depuis deux ans. Je bloquais sur elle un instant. De toute évidence, je n'avais aucun devoir envers elle ce soir. Inutile d'insister. Dommage.

Cinquième verre. Je mangeais un peu aussi. De quoi goûter à ce que je ne toucherai plus, même au Un. Quelques mondanités, histoire de montrer que j'étais là. Quelques salutations à d'anciens collègues. Dieu merci ce soir il y avait aussi Enzo. La soirée était moins pompeuse à ses côtés. Après une heure de conneries mondaines, mon collègue coach disparut avec une métisse que je lui jalousais à peine.

Je sentis alors une main se posait sur mon épaule, je tournais ma tête, mon regard avait du faire son effet car la main se détacha de moi rapidement. La jeune femme baissa ses yeux, mais souriait toujours. Je la regardais de la tête aux pieds. Pourquoi pas. Je ne voulais de toute façon pas tarder ce soir. Je ne voulais pas croiser Sélène. Alors celle ci ferait l'affaire.

Sixième verre cul sec et je l'amenais dans une chambre. Ses yeux se posaient à peine sur moi. C'est bien, crains moi. Frissonnes ma belle, ce soir tu es à moi. Je poussais la porte et je la plaquais contre. Je commençais à la détailler avec mes mains, parcourant ses courbes. Hum quelles courbes ? Elle était encore une de celles qui n'avaient que la peau sur les os. Ses yeux croisèrent les miens, et j'y voyais le néant, quelque chose de tellement abyssal que je la retournais afin de ne voir que son dos, ses fesses. Elle gloussa. Elles gloussaient toutes. Elle m'attira vers elle, ses mains étaient efficaces, ses ongles long parsemés de diamant rentraient dans ma peau. Elle me poussait vers le lit. Non non. Jamais là dessus, pas là où des dizaines étaient passés avant moi. Elle se dévêtit, je retirais ma chemise. J'attrapais son poignet et la faisait voler contre mon torse.

"Viens par là toi !"

"Vanille Monsieur Featherstone. Je m'appelle Vanille !"

"Chuut, Vanille, on a pas besoin de parler pour faire ça..."

D'un revers de main je virais tous les bibelots d'une table par terre. Je la tournais et elle s'allongea dessus. Toujours ce regard, ce vide inexpressif. Une de plus. Encore un truc sommairement baisable. Un corps plat, droit. Un corps froid. Une vie morne. Mais baisable. Pas comme ça j'ai dit, jamais comme ça. Je la fis se retourner, allongeant son ventre sur la surface boisée. Personne n'avait le droit de me regarder. Personne n'avait le droit d'observer cette histoire que je cachais, cette rage que je contenais. Ce besoin que j'avais. Ce brasier qui m'ensevelissait chaque année un peu plus. Non, personne. Il y en avait peut-être une... Deirdre avec qui je n'avais rien à cacher, qui avait ce même incendie en elle. Et puis il y avait eu Opaline, que la glace avait à présent éteinte.

***

Je lui sommais de se rhabiller. Voilà, mon devoir était à présent fait pour cette année. Je me dirigeais vers la salle de bain. J'enlevais mon pantalon que je n'avais fait que baisser avec Vanille. Je poussais la porte, prêt à prendre une bonne douche pour filer d'ici. Alors que j'avais la tête baissée en train de descendre mon caleçon, je remontais mes yeux sur une masse plus blanche que blonde. Un fantôme... Mon dernier souvenir de l'Arène... Et puis je la reconnu. Zatanah Keywell.

Ses yeux fuirent les miens et étrangement ça me déranger. Encore ?! Pourquoi ça ? Parce qu'elle faisait parti du "nous", et qu'elle n'avait pas de raison de baisser son regard. Je penchais ma tête pour la regarder de biais. Qu'est-ce qu'elle foutait là ? OH. Oui... Son devoir.

"Quelque chose ne va pas ?" Annonçais sans trop de cérémonie.

"Oh bien sûr !" Tout en haussant les épaules je remontais mon caleçon à sa place d'origine. Si ce n'était que ça.

"Enchanté Mademoiselle Keywell. Ravi de faire enfin votre connaissance. Kyle, Kyle Featherstone." Je lui tendis une de mes mains. Evidemment qu'elle savait qui j'étais. Elle était là dedans depuis combien de temps ?

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Zatanah Keywell
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MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Dim 10 Juil - 1:47



Je n'avais pas vraiment brillé la nuit dernière. Je crois que je suis partie en larmes, je ne me souviens même pas vraiment de la soirée. Aucun sponsors n'a voulu m'aider, et au final, ça n'a rien changé puisque mes tributs sont morts dans la soirée. Je n'ai donc pas de regrets si ce n'est un sentiment de honte, un ressentiment envers Ethan que je croyais plus... disons amical et l'envie de ne jamais y remettre les pieds. Malheureusement pour cela, il faudrait que mes tributs gagnent. C'était peine perdue.

Mais pour cette année, j'étais libérée. C'était ce que je croyais ce matin en rangeant mes affaires, prête à sauter dans le premier train pour retrouver ma sœur. Jusqu'à ce qu'un message ne me parvienne. C'était une invitation à une soirée, plutôt discrète, elle ne mentionnait rien d'autre que le lieu. Signée « KS ». Je savais de qui cela venait : une magnifique et riche capitolienne à la peau de bronze qui m'avait refusé son sponsor mais m'avait proposée de la rejoindre... Je me mordais la lèvre. J'étais tentée, c'était le seul bon souvenir de cette soirée et elle était très séduisante. Après quelques rapides hésitations entre l'inconnue et ma soeur, je choisissais cependant ma soeur et repris le cours de mes bagages.

C'est là que le styliste fit son entrée pour me dire au revoir. Il tomba sur l'invitation que j'avais laissé au milieu et se mit évidemment en tête de me convaincre d'y aller.

- Du papier, comme c'est à la fois vieux jeux et terriblement sexy ! Zatanah, il faut que tu y ailles ma biche. Une invitation pareille, penses-tu ! L'année prochaine, tu peux être sûre d'avoir son soutien. Et puis c'est l'occasion parfaite pour ne pas gâcher mes créations de l'année. Hop, hop, hop. Profite d'être au Capitole, mon agneau, montre-toi. Ils n'attendent que ça ! Une nuit avec la Vampire de Soie !

Je me laissais convaincre, trop facilement peut-être. Mais la vision de Kadhedja m'attirait. La journée passa, et je me retrouvais de nouveau engoncée dans une magnifique robe, un peu guerrière, coiffée, maquillée. Il n'y avait pas d'heure pour la soirée, j'avais écouté les conseils du styliste. Ce n'est pas Kadhedja Sycorimio qui vint m'ouvrir mais un inconnu, un majordome qui me conduit ensuite dans une grande maison magnifiquement décorée. Il y avait du monde et tous me regardèrent arriver, ils avaient ensuite tous souris je crois. J'étais un peu déçue, je m'attendais à une soirée intime, seulement elle et moi. Et je fus même surprise d'apercevoir quelques mentors ou ex-mentor.

Kadhedja vint à ma rencontre, me gratifia de sa joie de me voir ici, ne fit pas de commentaires sur mes tributs, préférant plutôt exprimer son désappointement face à mon décolleté bien moins appétant que la veille. Elle ne resta pas bien longtemps à mes côté d'ailleurs, préférant la compagnie d'un autre mentor avec qui elle disparu bien vite. Je crois l'avoir entendue mentionner le fait qu'elle me trouvait ennuyeuse.

J'étais donc là au milieu de tout ce beau monde, livrée à moi-même, complètement perdue. De temps en temps quelqu'un venait me parler, ou plutôt me reluquer. Plusieurs me proposèrent de les suivre, je refusais. Je croisais ensuite un ex-mentor. Kyle Featherstone il me semble. Il paradait comme un paon, fier et heureux d'être ici. Je croisais son regard avant de détourner le miens et de m'éloigner.

Très vite un autre homme vint à ma rencontre, bien plus insistant que les autres. Il était grand, certainement plus vieux qu'il n'en avait l'air, brun avec la barbe taillée d'une drôle de façon. Je trouve ça hideux, je n'aimais pas ses manières et pourtant ses mains ne cessaient d'envahir mon corps. Je les repoussais, doucement, diplomate. Je riais en même temps à ses remarques absolument pas drôle, ou bien j'en faisais une à mon tour. Doucement, cela commençait à déraper, il s'agaçait et moi aussi. Je détestais tout ce qui pouvait sortir de sa bouche. Il voulait voir la vampire de soie, il voulait du mordant. Et plus je résistais, et plus cela semblait lui plaire. Jusqu'à ce qu'il commence à le prendre mal. C'est là que la belle femme noire que je n'avais pas vu revenir vint me glisser quelques mots à l'oreille. J'étais ridicule disait-elle, il fallait que j'arrête mon cinéma, tout le monde me regardait. Quelques minutes plus tard, je me retrouvais dans une chambre avec cet homme.

J'avais essayé de rendre ça le plus agréable, mais c'était une bien dure leçon que je prenais là. Voilà donc ce que nous étions pour le Capitole, des objets, des trophées. Et lui, il ne voulait pas Zatanah, il voulait la vampire de soie. De ma douceur, il n'avait que faire. Je perdis mes vêtements plus vite que je ne l'aurais voulu et même si je parvins à lui faire entendre raison, la suite ne fut pas aisée. Il ne me plaisait pas... Il fallait faire avec je présume. Je n'ai pas non plus essayer de m'y opposée une fois dans cette chambre.

Fort heureusement, dés que son affaire fut terminée, il s'empressa de quitter la chambre. Non sans exprimer son mécontentement. Il me trouvait ennuyeuse. Moi j'avais envie de vomir et je me dégouttais. Je filais alors sous la douche pour me débarrasser de lui au plus vite. Je laissais couler l'eau dans cette salle de bain bien trop somptueuse pour être vraie, fermant les yeux sous les vapeurs chaudes. Trop longtemps sans aucun doute.

Je n'avais rien entendu venir et pourtant la chambre était belle et bien de nouveau occupée. Un homme et une femme discutant sur un ton enjôleur, qui tourna très vite à d'autres bruits. Génial. Et en plus mes habits étaient restés dans la chambre. Je n'avais aucune idée de qui il s'agissait, mais je n'avais aucune envie de les interrompre, de les voir en plein acte... Je m'enrobai donc de ma serviette, fis le tour de la pièce et me résignai à m'asseoir dans un coin, au fond de la douche, et à attendre. Je ne voulais pas faire du bruit et me faire repérer. Ce fut de très longues minutes à supporter les cris idiots de cette femme. Le souvenir des miens, plus proche de la plaintes, vint leur fait écho. Mes pensées dérivaient dangereusement.

Enfin fini, je croisais les doigts. J'allais peut-être pouvoir récupérer mes habits et sortir de là, puis quitter cette maudite soirée avec un peu de chance. Au lieu de ça, un homme presque nu apparu devant la vitre de la douche. Je n’eus pas vraiment le temps de regarder mon visage, car autre chose, qui plus est à ma hauteur, attira toute mon attention avant que je ne la détourne, honteuse. Son nom vint compléter ce que je n'avais pas pu regarder. Kyle. Sa réputation le précédait et je n'avais jamais éprouvé le désir de faire sa connaissance. Plus pour son nom et son district que ce qu'il avait pu faire dans l'arène. Nous étions tous égaux là dessus.

Je ne pris pas sa main, maintenant la serviette entre mes doigts frêles pour ne pas qu'elle glisse. Je n'étais pas prête à me relever, j'avais trop ressassé des idées noires pendant qu'il... faisait ce qu'il faisait...

- Je sais qui tu es. Kyle. Qui ne t'a pas vu à la télé ? Je marquais une pause. C'était un léger mensonge, juste que je n'avais pas fait attention à son visage avant qu'il ne se présence. Je ne le regardais toujours pas d'ailleurs. Yeux perdus dans le vague. Je ne veux pas y retourner.

C'était sortie tout seul mais c'était la seule chose que j'avais en tête présentement. J'avais eu ma dose pour la nuit, l'année même. J'avais trop peur de simplement traverser la pièce vers la sortie et me faire aborder en cours de route. De ce que j'avais cru comprendre, un refus ne tenait pas lieu de réponse pour ces gens là. Nous étions leurs choses.
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Kyle T. Featherstone
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MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Mar 12 Juil - 15:20



Kyle T. Featherstone
La Passion"La passion. Elle se cache au plus profond de nous-mêmes, elle fait semblant de dormir, elle attend son heure, et d'un seul coup, alors qu'on ne s'y attendait plus, elle se réveille, elle ouvre ses mâchoires et elle ne nous lâche plus. La passion nous entraîne, nous pousse, et finit par nous imposer sa loi et nous lui obéissons. Que pouvons-nous faire d'autre ?

La passion est la source des moments les plus rares, la joie de l'amour, la lucidité de la haine, la jouissance de la douleur. Quelquefois la douleur est si forte qu'on ne peut plus la supporter. Si l'on pouvait vivre sans passion sans doute serions-nous moins torturés, mais nous serions vides, espaces déserts, sombres et glacés. Sans passion nous serions véritablement morts."



Devoirs CapitoliensMa main resta en suspend. Je la rabaissais le long de mon corps voyant qu'elle ne la prendrait pas.

- Je sais qui tu es. Kyle. Qui ne t'a pas vu à la télé ?

Parce que tu m'as vu toi ? Intéressant. Je penchais de nouveau ma tête sur le côté en la regardant. Quand allait-elle redresser ses yeux vers moi ? Elle était...étrange, je n'avais rien demandé, je ne le lui avais pas imposé. Et ça me déranger. Mais son comportement, c'était autre chose. J'étais assez prétentieux, mais pas au point de croire qu'il ne s'agissait que de moi.

- Je ne veux pas y retourner.

Quoi ?! Oula attends, j'étais pas là pour ça beauté. J'étais pas là pour remettre le couverts avec toi. On se calme hein ? Je ne bougeais pas et elle non plus. Elle ne leva pas plus son regard vers moi. C'était pas ça en fait. Mais c'était quoi ?

Je regardais ce que la serviette ne cachait pas. Elle avait l'air fragile dans cette position. Tellement que si j'avais pris sa main tout à l'heure je l'aurai probablement brisé. Malgré ça, je la trouvais magnifique. Rien à voir avec ce qui se trouvait en dehors de cette chambre. J'avais observé toute la soirée des femmes refaites et sans saveur. Zatanah était d'une telle fraîcheur, d'une telle blancheur. Comme la neige, elle semblait éphémère. Comment ce petit bout de femme avait pu être celle que j'avais vu dans l'Arène ? C'était à ce moment là, que je me disais qu'il y avait un autre monde entre les vainqueurs issus des District des Carrières, et les autres. Fragile...trop fragile...

Oh, c'était ça ! Elle était cachée volontairement dans cette salle de bain ? C'était son refuge ? Non, pas Zatanah Keywell... Pas la Vampire de Soie. C'était peut-être sa première fois ? Elle était Vainqueur depuis peu après tout... Je m'en souviens plus très bien de la mienne moi. De la première fois où j'avais été un objet du Capitole. Était-il possible que ce soit plus facile quand on était un homme ? J'en savais rien, je connaissais pas mal de femme Mentor qui s'en satisfaisaient. Elle n'était peut-être pas comme elles ? Pour moi le sexe n'avait jamais posé de soucis, ni de me pavaner devant tout ce monde. Au contraire, je n'existais qu'à travers tout ça au fond. Et puis une femme de dos restait une femme de dos, tant qu'elles ne me regardaient pas et qu'elles se la bouclaient quand on le faisait, et même après...

J'aurai voulu me pencher et lui relever le menton vers moi. J'aurai voulu lui dire qu'elle arrête d'agir comme ça. Qu'elle relève la tête, qu'elle marche fièrement au milieu de ces sangsues, qu'elle était au dessus de tout ça. De chacun d'entre eux. Qu'elle pouvait agir au lieu de subir. Qu'elle pouvait choisir, plutôt que de l'être. Mais ce n'était pas mon rôle, je n'étais pas son... coach. Ce soir j'étais un Vainqueur, pas un entraîneur.

J'haussais mes épaules. "Ok, tu peux rester ! Mais avant..."

Je me dirigeais vers la porte de la salle de bain où je donnais deux tours de clef pour la fermer. Puis je me retournais vers elle.

"Y'en a qui viennent ici aussi pour faire leurs petites affaires. Et les plans à trois, c'est pas ce qui les rebutent le plus si tu veux mon avis..."

Oui l'avis d'un connaisseur... Je parlais par expérience. J'enlevais enfin le dernier morceau de tissu qu'il me restait et je rentrais dans la douche. L'eau bouillant me mordait la peau. Je restais un moment sous le jet, sans rien dire. Si elle n'avait pas été aussi prostrée et distante, je crois que ça aurait été l'occasion de l'amener avec moi là dessous. Mais j'en avais qu'à faire. Il suffisait que je sorte d'ici, et j'en avais des dizaines dehors, à prendre dans toutes les positions que je voulais dans cette cabine. Ça ne m'intéressait pas, je n'avais pas envie de jouer avec elle ce soir.

J'écoutais et je n'entendis pas la porte s'ouvrir. J'espérais qu'elle parte au fond. Parce que je ne savais pas quoi faire de sa confidence. J'étais pas doué pour le dialogue et je n'avais pas envie de jouer au psychologue. Chacun ses problèmes à gérer. J'étais un homme d'action, pas le genre de gars à aider son prochain. Je faisais déjà ma béa de l'année en relevant Channelle, qui était venue toquer à ma porte comme un chien battu. Ce qu'elle était en fait sur le moment. J'allais pas m'occuper de toutes les âmes à la dérive. Putain, pourquoi n'avait-elle pas fermé la porte à clef tout à l'heure, avant que je rentre ?

J'arrêtais l'eau et je sortis, elle était toujours là. Bon sang qu'elle m'agaçait. Elle m'agaçait, mais pas au point de la chasser d'ici. Ça m'énervait au fond son comportement. Et bordel de merde, pourquoi elle ne me regardait pas ?

Je secouais ma tête en levant les yeux en l'air. Je finissais de me sécher et j'enfilais de nouveau mon sous vêtement. J'allais sortir mais ma main resta sur la poignet de la porte. Kyle qu'est-ce que tu fous ? Tu tournes la clef, tu pousses la porte et tu la laisses là. Qu'est-ce que tu en as à faire ? Je déverrouillais la porte, j'appuyais sur la poignet et...

"Où sont tes affaires ? Tu vas sortir avec moi !"

Putain mais fermes-la ! Qu'est-ce que tu viens de dire ?! Relax... Avec un peu de chance elle ne voudra pas. Oui, il n'y avait plus qu'à espérer qu'elle reste recroquevillée dans cette salle de bain. Je me retournais quand même vers elle l'admirant une nouvelle fois, comme si la dernière n'avait été qu'un mirage.

Merde merde merde ! Je ne pouvais tout simplement pas la laisser comme ça. C'était l'honneur des Vainqueurs qui était en jeu, elle pouvait pas se laisser gagner par eux. C'était elle la survivante, elle ne leur devait rien, fallait juste qu'elle le sache. Tout ces gens là dehors, ils avaient besoin d'elle, mais elle n'avait pas besoin d'eux. Je m'avançais vers elle et vint poser ma main sous son menton pour le redresser. Regardes moi bordel !

"Zatanah, où tu as mis tes affaires ?!"

Mon ton était beaucoup plus autoritaire. J'avais envie de la secouer, mais je la briserai là aussi... Pas besoin d'un drame au Capitole.

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Zatanah Keywell
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MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Mer 13 Juil - 16:46

Qu'est ce qu'il voulait ? Qu'est ce qu'il me voulait ? Je ne voulais pas qu'il soit là, comme je n'avais jamais voulu entendre les cris de la femme avec lui ou entrer dans cette chambre.  Je voulais qu'il parte, qu'il me laisse tranquille, seule. Ne pouvait-il pas prendre sa douche ailleurs ? Apparemment non, cet homme ne manquait pas d'air. C'était ma chambre et ma salle de bain avant d'être la sienne... Dehors. Dehors !

Soudainement, tout me paraissait sombre. Le souvenir de ce qui s'était passé entre moi et cet homme se ternissait. Je n'avais certes pas tellement aimé, mais je ne pouvais pas dire non plus que c'était aussi horrible que ce maintenant j'avais en tête. Je ne voulais pas mettre ce terme si violent sur cet acte, quel qu’en soit la réalité. C'était comme si c'était pire de le dire, de le penser, d'y mettre un nom. Pire pour le passé, et pire pour le futur. Car il y en aurait d'autres...
Là, tout de suite, c'était presque la pire chose qui m'était arrivée, bien pire que l'arène. La douleur morale venait de triplé d'intensité, sans raison apparente. Elle s'était créée sous la douche. Le souvenir, l'idée était plus douloureuse que l'acte lui-même. Et je me le repassais en boucle, ne le rendant que plus insoutenable alors que j'avais été majoritairement absente, comme une poupée sans vie. Je me sentais sale.

Sous mon regard noir, le presque inconnu nu disparu à son tour sous la douche. Comme un rituel indispensable après ce devoir accompli. Regard noir ? Seulement à l'intérieur, je me voyais comme ça. A l'extérieur rien n'avait changé, j'étais impassible et parfaitement éteinte. Mais je me voyais pestant, rageant, griffant, décimant. Accompagnée de serpents mortels sur les épaules. Gorgone vengeresse à la volonté parfaitement égoïste. Le rideau d'eau donnait l'ambiance parfaite à ma vision démoniaque, un clapotis qui devint vite un nuage de frelons.

Il réapparut après une demi-seconde. Pourquoi si vite ? J'avais presque crue être enfin seule. Seule et enfermée, sans risque d'être dérangée. Car il avait eu la bonne idée de fermer la porte à clef. C'est vrai, maintenant que j'y repensais. Une histoire de plan à trois à laquelle je ne voulais pas penser. Rien que le mot me donnait des frissons dans le dos... Jamais. Jamais je ne ferais ça pour eux. Le démon de la colère prenait peu à peu le pas sur le démon de ma peine.

J'étais si riche de l'intérieur et si pauvre en apparence. Un vrai zombie. Quoiqu'il dise, quoiqu'il fasse, rien n'attirait mon attention. Je sentais plus l'eau couler sur mon dos des serpents blancs que formaient mes cheveux que je n'entendais ses mots ou percevais ses gestes. Il fallait le temps qu'ils arrivent à mon oreille puis qu'ils passent la barrière intransigeante de mon esprit clos. Même pas le clic de la clef, de la porte qui se déverrouille. De cette foutue porte que je ne veux surtout pas qu'il ouvre. Derrière il n'y a que l'enfer d'un monde que je supporte à peine.

Depuis quelques jours déjà je suis sur le rebord du précipice, toute prête à sombrer dans ce que je sais faire de pire. Des personnes l'ont vues, mais personne n'a rien fait pour me retenir de sauter... Ethan, Phileas, Kadhedja, Ethan encore... Ils ne tiennent pas à moi. Personne d'ailleurs. S'il n'y avait pas Zo... J'ai arrêté les pilules, comme un appel à l'aide. Et lui, là, je lui ai dis aussi. Je ne veux pas y retourner. Il ne m'écoute pas, pas plus que les autres. Ils sont tous pareils.

Soudain, mon esprit est extirpé de force de cette boucle infernale de pensées. Il est tiré à la surface, rappelé à l'ordre. Je le vois alors : Kyle, la salle de bain. Je sens ses doigts qui tiennent fermement mon menton. Mes yeux croisent fugacement les siens alors qu'ils reprennent vie. J'entends enfin comme si j'étais vraiment présente. Pas un simple écho lointain. Où sont mes vêtements ? Il me faut quelques secondes pour recoller les morceaux entre eux, comme si je sortais d'un mauvais rêve.

- De... Dans la chambre. Je les avais laissé dans la chambre...

Ma voix s’éteint sur les derniers mots, pour laisser en suspens tout ce que cela sous-entend. Si j'étais restée là, à ruminer c'est parce que mes vêtements étaient dans la chambre et qu'il avait pris cette chambre sans attendre que je sois dehors. D'une certaine façon, c'était de sa faute.

Il me lâche ou je m'échappe ? La nuance importe peu. Il doit chercher mes vêtements. Mais moi, je me sens toujours sale. Malgré mes cheveux trempés. Malgré le savon. Je largue la serviette derrière moi et replonge sous la douche, dans la pièce embuée. Les vapeurs créent un nuage vaporeux, dérangeant. Ce n'est pas en rouvrant l'eau, bien chaude que je vais arranger ça. Je me mets sous le jet qui fouette et brûle la saleté. Je disparais dessous, tournant jusqu'à faire face à l'entrée de la douche. Je suis immobile et droite sous l'averse, les poings fermés. Mes cheveux se collent partout sur ma peau : mon dos, mon visage, ma poitrine. Je ferme les yeux. Je respire peu. Je ne sais plus si c'est l'eau qui m'en empêche, ou bien l'angoisse. Et bientôt l'apnée créé des soubresauts douloureux.

Je ne veux pas y retourner. Je suis trop sale pour y retourner.


Dernière édition par Zatanah Keywell le Dim 21 Aoû - 14:34, édité 2 fois
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Kyle T. Featherstone
« Invité »


MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Mar 26 Juil - 16:46



Kyle T. Featherstone
La Passion"La passion. Elle se cache au plus profond de nous-mêmes, elle fait semblant de dormir, elle attend son heure, et d'un seul coup, alors qu'on ne s'y attendait plus, elle se réveille, elle ouvre ses mâchoires et elle ne nous lâche plus. La passion nous entraîne, nous pousse, et finit par nous imposer sa loi et nous lui obéissons. Que pouvons-nous faire d'autre ?

La passion est la source des moments les plus rares, la joie de l'amour, la lucidité de la haine, la jouissance de la douleur. Quelquefois la douleur est si forte qu'on ne peut plus la supporter. Si l'on pouvait vivre sans passion sans doute serions-nous moins torturés, mais nous serions vides, espaces déserts, sombres et glacés. Sans passion nous serions véritablement morts."



Devoirs Capitoliens J'avais enfin capté son attention si fuyante. Et ses yeux étaient fabuleusement déstabilisants quand ils croisèrent les miens quelques secondes. Hypnotisante cette fille. C'était son regard à elle qui était désarçonnant. J'y lisais des milliers de choses inconnues, des tas d'histoire.

- De... Dans la chambre. Je les avais laissé dans la chambre...

Mais qu'avait-elle fait dans cette fameuse chambre pour être autant...en état de choc ? Je fronçais les sourcils en la fixant, me décidant à lui lâcher le visage. Ok d'accord, dans la chambre. Logique. Elle était restée dans son trou de petite souris sans sortir et donc elle avait du tout entendre. Mais elle était si gênée que ça ? Ne devrais-je pas l'être plus qu'elle ? Je m'en fichais bien de ce qu'elle avait pu entendre là dedans, ce n'était qu'un devoir, du plaisir. Fallait juste se saisir de ça et pas le subir.

Je me redressais quittant la salle de bain pour récupérer sa tenue. Je profitais au passage pour rassembler mes affaires sur le lit. Je revins la voir pour lui donner sa robe en espérant qu'elle avait commencé à se bouger. Bon sang, ça commençait tout doucement à me chauffer sa manière de rester là prostrée depuis tout à l'heure. Je me demandais ce qui pouvait bien se passer dans sa tête. Le mec avant lui avait-il fait du mal ? Et pourquoi ça m'agaçait autant de le penser ? En poussant la porte, je pris une vague de vapeur au visage, je ne voyais plus rien dans la pièce. Qu'est-ce que ?

J'entendais du bruit, des sortes de sanglots, de gémissement. Je rentrais franchement, lâchant ses habits à même le sol, me dirigeant vers la douche. Zatanah était là, immobile sous le jet brûlant. Bordel que faisait-elle ? Sa peau était rougie. Je me précipitais dans la cabine et l'attirais contre moi afin me pencher pour arrêter l'eau et qu'elle arrête de se cramer. Elle ne ressentait pas la douleur ? Ses cheveux dégoulinaient sur moi, me brûlant aussi au passage, pourtant je ne la relâchais pas. Je ne savais pas vraiment quoi faire ni comment réagir, alors je restais comme ça, et je la serrais contre moi. Attendant qu'elle se calme et que sa poitrine arrête de se soulever aussi rapidement. Sa réaction m'avait déstabilisé.

D'accord c'était officiel, j'avais un soucis. C'était comme si elle me faisait passer un message et que je n'étais pas très bien au clair avec le décryptage. Elle était mal, je le voyais bien, il était évident qu'il s'était passé un truc et qu'elle n'avait pas supporté. Et ça me rendait étrangement dingue qu'une fille aussi belle puisse être autant affectée, au point de se faire du mal en retour. Oh bien sur c'était trois fois rien, mais si elle avait grimpé dans cette douche sous ce filet d'eau chaude, ce n'était pas pour rien. Et je ne voulais plus que ça se reproduise, tout du moins, plus quand j'étais là.

Elle sembla se calmer mais ne bougeait pas pour autant. Je la sortis alors de la cabine avec moi et l'enroulais dans une serviette. Mon Dieu qu'est-ce que j'étais en train de faire ? Machinalement je regardais autour de moi que personne ne m'observe faire ça. C'était trop bizarre. J'étais pas à l'aise du tout. J'avais l'impression de... Arrrg je sais même pas. En génréral quand j'avais une fille à poil dans la douche, je restais pas là sans rien faire, à attendre qu'elle se calme, non... Au contraire... Je faisais en sorte qu'elle s'active. Mais là... Je n'avais envie que d'une chose : de l'envelopper dans un tissus et de la faire voler sur mon épaule pour l'amener loin d'ici, cet endroit qui semblait être une torture pour elle.

J'essuyais son visage et ses cheveux patiemment avec une autre serviette. J'osais même pas ouvrir ma bouche, parce que déjà, ces gestes là ne me ressemblaient pas et j'avais peur de dire une énormité qui ne me correspondait pas non plus. Alors j'entrepris en silence de la sécher et de la rhabiller. Elle était tout bonnement magnifique, et sa faiblesse avait quelque chose d'attirant. Presque excitant. Je pouvais là, si je le voulais la plaquer contre le mur derrière elle et l'étrangler. Elle était à ma merci. Une petite chose fragile que je pouvais briser ou réparer à ma guise.

Elle paraissait si méfiante mais se laissa faire sans s'y opposer. Bon sang Zat, me dit pas que tu as fais pareil dans cette chambre tout à l'heure ? Je savais que les Capitoliens profitaient de nous, faisaient leur petite affaire, assouvissaient leur fantasme avec nous. Mais tout d'un coup, qu'un mec ou qu'une femme puisse abuser aussi facilement d'un Vainqueur me donnait envie de cogner. Que quelqu'un puisse la détruire me rendait dingue. Parce qu'il n'y avait pas d'autre raison que le fait que je sois un peu fou en ce moment, pour prendre soin de quelqu'un comme je le faisais avec elle.

Je la fis sortir de la salle de bain et s'assoir sur le lit le temps de m'habiller. A ce moment là, la porte de la chambre s'ouvrit sur un couple qui ricanait. Ils se stoppèrent pour nous regarder, nous détailler à vrai dire. Je haussais les épaules, n'en ayant rien à foutre. Je finissais de passer mon costume sans broncher en fixant l'homme. Qu'est-ce qu'il pensait ? Qu'on avait couché ensemble ? Tant mieux. Si je pouvais pas me la faire, autant que les autres pensent que je l'avais fais. Ça me déranger pas. Il y eut une minute de silence le temps que je termine de mettre mes chaussures.

Zatanah avait les yeux rivés au sol. Je soufflais un coup et je me dirigeais vers elle, la soulevant par le bras pour la lever du lit. Est-ce que si je l'amenais ailleurs elle serait rassurée ? Est-ce qu'elle finirait par me parler ? Pas que je veuille vraiment savoir ce qu'elle avait exactement. Elle me l'avait déjà un peu dit "Je ne veux pas y retourner." Mais je ne pouvais plus la laisser. Pas comme ça. J'avais pas oublié ce sentiment de tout à l'heure, j'étais celui qui pouvait la briser ou la protéger. Et pourtant c'était pas moi ça, d'habitude j'étais loin de me prendre la tête avec ce genre de conneries. Mais un truc me fascinait chez elle, et ça faisait déjà un bon moment que je rêvais d'une entrevue avec la Vampire de Soie. Mon occasion était là.

"Viens Zat, on a fini ici" Lâchais-je devant le deux futurs amants. Je poussais un peu sur son bras et elle résistait. Je me penchais vers elle et parlais entre mes dents contre son oreille. "Tu veux pas retourner, mais il faut bien sortir d'ici. Je..." Non ne dis pas ça Kyle, qu'elle se démerde. "...te raccompagne. Ça va bien se passait. Tu me suis et c'est tout." Je plaçais une main dans son dos et j'appuyais pour qu'elle s'avance avec moi. Elle finit par céder à mes pas et on quitta la chambre pour revenir dans le salon principal.

"Où est ta chambre ?"

Mais elle ne semblait déjà plus avec moi, son regard était de nouveau vide. Je respirais de nouveau un coup. Je ne sais pas comment j'arrivais à rester aussi calme en sa présence. N'importe qui à sa place aurait volé plus loin, je l'aurais secoué pour qu'il réagisse. Pourquoi je m'emmerdait autant ? Bon et bien on allait aller dans la mienne puisque qu'elle était redevenue muette.

J'essuyais d'un regard et d'un revers de main certaines personnes qui venaient quémander du temps avec moi. Et puisse qu'elle semblait en être incapable, je me chargeais aussi des prétendant de miss Keywell. Elle était désirée, je le voyais dans les yeux asservis qui dégoulinaient sur elle. Ma mâchoire était crispée, et je ne saurais dire pourquoi j'étais aussi tendu de les voir tous comme ça la dévisager avec fascination et désir. Je ne savais même pas s'il s'agissait de jalousie, car j'avais le même genre de regards sur moi depuis des années. Et là en plus c'était des hommes, et je ne donnais pas dans les relations homosexuelles.

En quittant la grand pièce je croisais Enzo qui s'arrêta devant nous. "Ben alors tu t'en vas déjà ? En bonne compagnie à ce que je vois. Mademoiselle Keywell." Il la salua. Oui bon, aller Enzo... Ne rends pas les choses plus compliqués qu'elles ne le sont. Tu vas me la tétaniser sur place et va falloir que je la porte à ce compte là.

"On va dans ma chambre, on a assez...profité de la soirée ici."

Enzo afficha un sourire en coin et me tapa dans le dos. Il était pas plus chiant que ça et je l'en remercierai plus tard. On continua ainsi notre route sans plus de rencontres. J'ouvris en grand la porte de ma chambre et l'invitais à rentrer en lui tendant un bras vers l'entrée.

"Je vais pas te faire de mal, malgré les apparences. Tu peux toujours rejoindre ta chambre si tu veux. Mais faudra te passer de moi pour l'escorte."

Je rentrais avant elle et commençais à me débarrasser de ma veste de costume et de la cravate que j'avais trop serré autour de mon cou.

"Est-ce que tu veux boire un truc ? Manger ?" Avais-je annoncé en haussant le ton pour qu'elle m'entende. Comme s'il était évident qu'elle allait rester ici, avec moi.

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Zatanah Keywell
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MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Dim 21 Aoû - 14:28

Bouge Zatanah. Bouge-toi.

Bon sang, même moi je m'énervais. Mais j'étais comme paralysée. J'avais réussi à aller jusqu'à la douche, allumer l'eau. J'avais pas fait exprès de mettre si chaud. Je voulais de la chaleur, mais quand même. Ça me brûlait et je n'arrivais pas à en sortir. C'était pas ce que je voulais, souffrir j'entends, du moins il me semblait et en même temps ça faisait du bien d'avoir mal. D’écorcher ce derme qu'il avait touché. La vérité c'est que je me détestais à cause de cet homme. Je me sentais moins que rien, pas mieux qu'un vulgaire objet et profondément sale.  Il ne m'avait pas fait de mal concrètement. Pendant, je n'avais pas ressenti grand chose, je m'étais laissée faire essentiellement. C'était l'après qui était plus dur, l'absence totale de sentiment.

Mais ça commençait à vraiment brûler fort, même si je m'habituais à la chaleur et j'étais incapable de bouger. Et puis l'absence d'oxygène rendait tout cela plus flou, moins douloureux encore. Je ne voyais plus rien, je ne sentais plus rien. J'avais tout oublié. Mes démons. Le capitolien. Kyle. Je n'étais plus sous la douche, je ne brûlais plus. Il n'y avait plus rien qu'un trou noir. J'étais morte, pensais-je sereinement.

Jusqu'à ce que je me mette à tousser. Kyle m'avait sorti de là en douceur, m'entourant de ses bras pour éteindre le jet d'eau avais-je deviner lorsque je respirai à nouveau et repris légèrement conscience de la situation.. A dire vrai, c'était plutôt gênant d'être nue devant un inconnu et de se laisser attraper comme une petite poupée. Mais sur le moment, tout ça me passait complètement au dessus de la tête, comme à peu près tout le reste d'ailleurs. Je reprenais mon souffle. J'étais totalement absente et enfoncée jusqu'au coude dans ce dégoût de moi-même.

J'essayais de réagir à ce qui se passait mais je ne pouvais que le regarder, impuissante, s'occuper de moi. Prendre soin de moi même. Et constater ma chance de l'avoir croisé lui... Il me sèche, me rhabille comme si j'étais une enfant. Mais ça n'a pas vraiment d'importance puisque je suis si loin de mon corps. Il n'empêche qu'il m'a un peu apaisée en me prenant dans ses bras et doucement je me sens reprendre possession de mon corps. Vraiment tout doucement. Être entourée de bras forts et protecteurs, comme... Comme ceux d'un père. C'était pas forcément ce que je recherchais mais c'est bien plus que ce que je ne pouvais espérer.

Mes pensées se perdent ailleurs. Kyle, Kyle Featherstone. Qui est cet homme ? Je sais qu'il a gagné les jeux, bien avant sa sœur. Je n'ai aucun souvenir particulier le concernant, pas vraiment d'à priori à part qu'il est du Un et que personne n'aime les gens des districts supérieurs. Ils sont hautains dit-on, ce qui est tout aussi préjudiciable pour eux. Je ne me souviens pas de son arène et de ce qu'il a pu faire. Quelle importance ? Il a tué, comme nous tous. Je n'ai aucun jugement à faire là-dessus. Au contraire, je crois qu'entre mentors, nous sommes proches les uns des autres d'une certaine façon ; les seuls vivants à comprendre ce que ça fait d'avoir été dans l'arène et de tuer pour le spectacle... Pour la survie.
Finalement, je ne veux plus qu'il me laisse seule ici.

Je reste pourtant toujours impassible à tout ce qui se passe. Absente, le regard perdu dans le vide. Ce couple qui vient nous déranger ? Je ne me suis même pas retournée, comme s'ils n'existaient pas. Mais les sollicitations de Kyle deviennent pressantes. Je veux lui répondre, acquiescer, bouger. Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ? Je suis une pierre lourde et inamovible. Mais je VEUX le suivre. Il insiste encore, à mon oreille, comme si c'était nécessaire... Je sais, JE SAIS KYLE mais je n'y arrive pas ! Ce qu'il faut c'est que j'inspire un grand coup et que j'ose pousser mes fesses hors de ce lit. Que je me pousse sur mes pieds et ensuite je n'aurais qu'à me laisser guider. Au prix d'un effort considérable, mes jambes répondent enfin, avec un peu de son aide. Je ne cherche d'ailleurs pas à me soustraire à son bras, comme si ce contact me rappelait sur terre.

Ensemble nous quittons la chambre, mais la peur d'affronter le monde et les invités de cette soirée me paralyse toujours. Si j'arrive à le suivre c'est parce que le mouvement de mes jambes est lancé et que je me rapproche de lui un peu plus afin qu'il me protège et me cache. J'aurais presque envie de m'agripper à lui, très fort, jusqu'à planter mes ongles dans sa peau ; néanmoins il me reste encore un peu de bon sens et un minimum de dignité. Si je lui sautais sur le dos, nous aurions l'air vraiment étranges, non ? A défaut, je prend sa main et je la serre, la lâchant quelques mètres plus loin en entendant une voix connu qui me sort un peu de ma léthargie mentale. Enzo ? Je ne le connais pas plus que Kyle ceci dit, simplement déjà croisé. Nous passons notre chemin grâce à un mensonge de l'ancien mentor et je lâche un grand soupir lorsqu'enfin la salle des festivités est derrière nous et qu'il ne reste plus que les couloirs bien moins fréquentés de ce grand hôtel à affronter.

A aucun moment je n'avais regardé autour de nous, cependant je n'avais ni fixé le sol ni fixé mes pieds, je savais qu'ils nous observaient et qu'il fallait paraitre normaux à leurs yeux. Je n'avait pas trouvé la force de sourire pour autant. Ils ont dû penser des choses sur Kyle et moi... De quoi alimenter les potins, grand bien leur fasse. Ça n'avait aucune importance.

La chambre de Kyle est devant moi. La mienne est au centre des carrières, bien loin d'ici. Cela veut dire réussir à sortir sans me faire interpeller et réussir à trouver un chauffeur pour me raccompagner. Depuis que je l'ai croisé, je sais que j'ai eu toutes sortes de pensées, et pas forcément très aimables à son encontre mais je dois bien admettre qu'il n'a rien fait d'autre que m'aider. Il a été bienveillant tout du long. Je lui dois beaucoup.

Bon sang Zatanah, bouge, parle, fait quelque chose. Dans ces moments là j'ai vraiment envie de m'en coller une moi-même. Tu ne vas quand même pas rester sur le palier à le regarder vivre ?! Reviens à toi-même ! Paralysée par la peur... Ce qui te terrifie est hors de cette chambre, pas dedans ! Et là, Tu es dehors... Alors BOUGE !
Après de longues minutes à avoir l'air stupide, j'entre donc avec une rapidité surprenante et referme la porte avant de me coller dos à elle.

- Un... hmm... Un peu d'eau ? dis-je, d'une petite voix pas très affirmée.

En fait, je m'exécrais de m'être laissée faire, laissée manipuler et je m'exécrais encore plus de réagir d'une telle façon. C'était un cercle vicieux. Avoir bougé, avoir parlé me redonnait un peu de contenance. Et il fallait vraiment que je reprenne pied, je ne cessais de me le répéter. Sinon je savais ce qui allait se passer... Et ça n'était pas beau à voir. Je me forçais donc à bouger encore, à aller m'installer dans un fauteuil, à le regarder, à tenter un petit sourire.

- Merci...

Je balançais en un souffle alors qu'il me tendait mon verre, bien frais. Peut-être que c'était une douche froide dont j'aurais eu besoin finalement car si je ne me sentais pas très bien et mal à l'aise, je me sentais des plus lucides après avoir bu. Alors je murmurai, plus pour moi-même que pour lui. D'ailleurs, j'avais parlé à voix haute ? La triste vérité qui avait rendu ses jeux particulièrement pénibles et que j'avais besoin de l'admettre.

- J'avais arrêté de prendre mes pilules... C'est... c'est pas bien. Il faut que je les retrouve. J'en ai besoin.
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Kyle T. Featherstone
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MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Mar 23 Aoû - 22:06



Kyle T. Featherstone
La Passion"La passion. Elle se cache au plus profond de nous-mêmes, elle fait semblant de dormir, elle attend son heure, et d'un seul coup, alors qu'on ne s'y attendait plus, elle se réveille, elle ouvre ses mâchoires et elle ne nous lâche plus. La passion nous entraîne, nous pousse, et finit par nous imposer sa loi et nous lui obéissons. Que pouvons-nous faire d'autre ?

La passion est la source des moments les plus rares, la joie de l'amour, la lucidité de la haine, la jouissance de la douleur. Quelquefois la douleur est si forte qu'on ne peut plus la supporter. Si l'on pouvait vivre sans passion sans doute serions-nous moins torturés, mais nous serions vides, espaces déserts, sombres et glacés. Sans passion nous serions véritablement morts."



Devoirs Capitoliens Je m'activais dans la chambre pendant que la succulente blonde faisait le piquet devant ma porte. Je lui lançais quelques regards de temps en temps, histoire de m'assurer qu'elle était toujours là. Son comportement était étrange, mais des choses étranges, des gens bizarres, j'en avais croisé dans ma vie, je n'allais pas m'arrêter à ça. Surtout qu'elle ne me dérangeait pas vraiment au fond, pour un petit être bizarre, elle était plutôt discrète.

J'entendis la porte claquer et en me retournant vers le bruit, je la vis collée contre cette dernière. Je fronçais mes sourcils. Et bien ce n'était pas trop tôt ! Elle me demanda de l'eau dans un son presque inaudible. Et elle parlait en plus ?! Halleluja ! De l'eau. Mhhh. Après tout ce qu'elle venait de vivre en terme d'émotion, elle voulait un liquide insipide ? Je haussais les épaules silencieux de son choix et m'aventurais vers le frigo afin d'y tirer une bouteille. Je remplis un verre pour elle, et un autre pour moi, mais avec le Whisky qui se trouvait par là sur le comptoir. J'en avais besoin. Trop d'émotions pour la soirée aussi. Je venais de ramener une fille chez moi, sans lui avoir encore arraché les vêtements. C'était pas vraiment du Featherstone cette histoire.

Je la regardais s'assoir sur le canapé. C'était pas vrai, elle avait l'air d'être faite en porcelaine. Et sa peau blanche le rappelait encore plus. Le genre de poupée qu'on pouvait briser si facilement. Le genre de petite chose que j'écrasais si souvent au Centre. Les filles fragiles qui voulaient se faire passer pour des guerrières, très peu pour moi. Alors que là, c'était dans un autre registre. Je fus surprise de la voir enfin sourire. C'était furtif, mais elle m'avait fait un sourire. Son visage s'animait enfin, après ces longtemps minutes -interminables minutes - de prostration. Se pouvait-elle qu'elle s'ouvre enfin ? Arrêtant de me mettre mal à l'aise, hors de mes frontières de confort ? Déjà que je n'étais pas doué en relation humaine, elle ne me facilitait pas les choses.

Elle me remercia fébrilement quand je lui tendis le verre d'eau. Perdue dans ses pensées elle lança une phrase à laquelle je ne m'attendais pas. Surpris une nouvelle fois d'entendre le son de sa voie. Elle venait d'avouer une sorte de confidence sortie de nulle part. J'étais allé chercher mon verre, que je portais à mes lèvres, buvant une gorgée. J'arquais un de mes sourcils dans sa direction. Des pilules ? Quel genre de pilule ? Elles les avaient perdu où ? Là bas ? A la soirée ?

Une nouvelle fois je me laissais attendrir par ce bout de femme. Kyle, tu files du mauvais coton. Elle est dangereuse cette fille ! Je m'installais en face d'elle, la regardant, la détaillant, la déshabillant du regard. Je n'arrivais pas à lire en elle. Merde. Que voulait-elle ? C'était...un jeu ? Elle était trop mystérieuse. Elle ne cherchait même pas à me séduire, ni à m'impressionner, comme le faisait la quasi totalité des femmes que je rencontrais sur mon chemin. Ça je savais faire, je savais anticiper, mais là. C'était l'inconnu.

Buvant une nouvelle gorgée, je continuais de la fixer. Pensant pouvoir la sonder. En vain. Elle bottait le cul à tout ce qui pouvait être mystérieux et attirant chez une femme. Elle était d'un niveau au dessus. Merde j'avais l'air d'aimer ça en plus. Il fallait que je perce le mystère vivant qu'était cette irrésistible Mentor.

Allait-elle dormir là ? Non parce que ça allait durée un moment cette histoire. Et elle serait capable de me tourner la tête un bon moment avec toutes ses conneries. Bon, et ses pilules ? Ça pouvait l'aider ? Elle disait en avoir besoin. Après l'avoir observé silencieusement je me remis à parler.

"Ok. Et elles ressemblent à quoi tes pilules ? Tu sais qu'ici au Capitole, ce que tu veux, tu peux l'avoir."

C'était pour se shooter ? C'était peut-être ça qui l'avait... grillé ? Toutes les absences qu'elle avait. Ce regard parfois vide, alors qu'un simple de ses sourires étaient éblouissant.

"Tes sûr que c'est si mal que ça d'avoir arrêté ? Tu n'en as pas déjà pris assez ?"

J'avais les drogues en aversion. Ça avait pourrit Opaline, ses Jeux. Elle était devenue l'ombre d'elle même. Et Zatanah semblait en prendre le chemin. Opaline ne pouvait pas s'en empêcher, elle avait même parfois tourné au Morphling. Je l'avais en quelque sorte libéré dans cette Arène. C'était devenue une junkie, incontrôlable, violente et absence. Elle était devenue une coquille vide, avide de sensations fortes et rien ne la satisfaisait, même plus moi. Les Hunger Games avaient été son salut.

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Zatanah Keywell
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MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Dim 25 Sep - 10:34

Je finis mon verre promptement. Je mourrais de faim d'ailleurs et mon ventre ne cessait de gargouiller, mais peu importait. J'avais l'impression de me réveiller d'un long et d'un très mauvais rêves. Pourquoi là ? Maintenant ? Ça ne s'expliquait pas trop. Il y avait toujours eu des hauts, des bas et des périodes plus calmes. J'avais fait de ces choses ces derniers jours... Et pensé bien pire. Mais maintenant j'avais l'impression que c'était une autre dans ces souvenirs. J'avais touché le fond quelques jours plus tôt, bien aidé par des personnes sans âmes qui ne me voulaient pas du bien. Et puis ça. Ça, curieusement, m'avait juste forcée à rompre le lien entre mon corps et mon esprit. Alors que j'aurais été tout à fait capable de tuer cet homme sans mes pilules. Il l'aurait mérité.

Cette idée m'irritait. Pour une fois que ma maladie m'aurait servie à quelque chose, j'avais réagis à l'opposée. Enfin, ce n'est pas comme si je pouvais prétendre contrôler quoi que ce soit de moi ou de mes pensées. Je ne faisais que me subir moi-même. C'est à ça que les pilules servaient.

- Elles ressemblent à quoi ? Heu, des dragées roses...

C'était sans doute pas la réponse qu'il attendait, mais j'étais toujours assez pragmatique dans mes réponses.

- Je sais que ce n'est pas difficile de m'en procurer. J'en ai dans mes quartiers... Oh non.

Je devais faire une drôle de tête. J'avais tout balancé au plus fort de la crise. Forcément, ces faux-bonbons étaient mon ennemi numéro un quand je retombais dans les travers de l'arène. J'avais pris mon visage entre mes mains et ramener mes pieds sur le fauteuil de sorte de me recroqueviller sur moi-même, comme pour disparaitre.

- Les pacificateurs me tueraient s'ils découvraient ça... L'autre soir... J'ai tout jeté... C'est pas bien, pas bien du tout.

Je sentais les larmes monter, il fallait que je me contienne. Je ne pouvais laisser des idées noires m'envahir encore. Mais j'étais partagée, entre la honte d'assumer tout ce que j'avais fait et eu envie de faire, la peur et le fait de me sentir enfin moi-même. Pleinement consciente. Cependant incapable de trouver la paix intérieur, c'était bien le problème.

La question qu'il posa alors me pris par surprise. Elle pouvait être lourde de conséquence. Quels effets les pilules avaient sur moi ? Est-ce qu'elles me diminuaient ? Me ramollissaient ? C'était dur à dire. Avec elles je ne me sentais jamais comme maintenant. Il me semblait que je me sentais bien quand même. Et je n'arrivais vraiment pas à me faire une idée claire de qui j'étais avant les jeux. Je me souviens d'une jeune fille absente et dans la lune. Guère plus. Puis les jeux m'ont brisé. Je ne serais jamais plus comme avant. Si seulement je savais qui était ce avant et qui était ce maintenant.

Je sortis mes yeux rougis de derrière mes mains et mes genoux pour le regarder, lui et sa question. Elle me ramenait un peu en arrière, quand j'avais tout balancé depuis le haut balcon. Je me souviens très bien ce que j'avais pensé alors et c'était ce qu'il sous-entendait. Un jeu dangereux auquel il jouait sans s'en rendre compte. Une petite voix me glissait qu'il avait raison, qu'en les prenant, je les laissais me contrôler. Je la faisais taire.

- Non, elles m'aident. Sans elles, je deviens comme dans l'arène... Si tu savais ce que j'étais prête à faire il y a deux jours.

Mon regard est dur. Mais j'ai été ferme et forte. Pour une fois.
Je dois tenir, j'en ai envie. Alors je plonge dans ses yeux pour m'ancrer dans cette réalité, même si ça n'est pas celle qui me plait le plus.


Dernière édition par Zatanah Keywell le Jeu 13 Oct - 16:32, édité 1 fois
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Kyle T. Featherstone
« Invité »


MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Dim 25 Sep - 22:32



Kyle T. Featherstone
La Passion"La passion. Elle se cache au plus profond de nous-mêmes, elle fait semblant de dormir, elle attend son heure, et d'un seul coup, alors qu'on ne s'y attendait plus, elle se réveille, elle ouvre ses mâchoires et elle ne nous lâche plus. La passion nous entraîne, nous pousse, et finit par nous imposer sa loi et nous lui obéissons. Que pouvons-nous faire d'autre ?

La passion est la source des moments les plus rares, la joie de l'amour, la lucidité de la haine, la jouissance de la douleur. Quelquefois la douleur est si forte qu'on ne peut plus la supporter. Si l'on pouvait vivre sans passion sans doute serions-nous moins torturés, mais nous serions vides, espaces déserts, sombres et glacés. Sans passion nous serions véritablement morts."



Devoirs Capitoliens Des dragées roses. Tout à fait, c'était très parlant, merci de la précision. Mais sinon ? Ah, bonne nouvelle, ses pilules étaient dans sa chambre, je n'avais qu'à y... Oh qu'est-ce qui lui prenait maintenant ?

- Les pacificateurs me tueraient s'ils découvraient ça... L'autre soir... J'ai tout jeté... C'est pas bien, pas bien du tout.

Je fronçais les sourcils. Mmhh et merde. C'était donc une drogue, pour parler des Pacificateurs non ? Pourquoi je tombais toujours sur de belles blondes qui se shootaient ? Mon Dieu, voilà que ses yeux s’humectaient maintenant.

"Hey ça va, relax, si depuis l'autre soir ils ne sont pas venus te voir, tu ne risques plus rien."

Je la regardais mal à l'aise se cacher encore. Étrangement je ne supportais plus ça. Qu'elle se cache de moi, qu'elle se diminue face à moi. Je me sentais bien que quand elle me fixait, que je pouvais voir ses yeux, son visage. Il était rassurant son visage, bien que perturbé. Elle semblait lutter au fond d'elle et je connaissais que trop bien ce sentiment. Qui était-elle vraiment ? J'avançais une main vers elle pour libérer son visage mais d'elle même elle se délivra de sa position et ma main recula avant qu'elle ne s'en aperçoive. Ses yeux étaient bouffies et elle semblait hésiter à tout me dire. Pourtant son regard était cramponné au mien et j'étais suspendu à ses lèvres.

- Non, elles m'aident. Sans elles, je deviens comme dans l'arène... Si tu savais ce que j'étais prête à faire il y a deux jours.

Je fronçais mes sourcils une nouvelle fois et je penchais ma tête. Et ? Comme dans l'arène ? Et après ? Je hochais les épaules. Je ne savais pas ce qu'elle était prête à faire il y a quelques jours mais ça ne m'inquiétait pas pour autant. Si elle savait ce que moi j'avais été capable de faire ces dernières années... Naturellement ma main trouva sa joue avant qu'elle ne rebaisse son regard. J'avançais mon visage du sien.

"Je n'ai pas peur de toi, ni de la Zatanah de l'arène. Tu n'as pas besoin de ces pilules avec moi. Ça peut attendre demain ?"

Et je ne mentais pas. Cette fille sautant à la gorge de sa victime, cette folie meurtrière, je n'en avais pas peur. Je ne me sentais pas en danger une seule seconde en sa présence. Elle ne me faisait pas peur ni ne m’écœurait. Je n'avais aucun apriori pour cette femme. Tout ce qu'elle avait pu faire dans les Jeux, rien de tout ça ne me faisait reculer, au contraire. Peut-être par fascination, admiration ? Toujours était-il que je n'étais pas inquiet, pas seulement parce que j'étais un homme bien plus fort qu'elle. Non, parce que je voyais là dans ses yeux que j'admirais, autre chose. Elle ne me ferait rien, elle ne me ferait jamais rien. Il fallait juste qu'elle en prenne conscience.

J'entendais son ventre grondait de faim mais je n'arrivais pas à décrocher mon regard de ses yeux hypnotisant. Ma main caressa sa joue quand je la retirais enfin. Je me surpris à avoir ce geste de tendresse. Quand en avais-je eu un pour la dernière fois ? C'était sans doute pour ma sœur Channelle.

"Tu peux rester là cette nuit, et il ne t'arrivera rien. Personne viendra te chercher. Tu as faim ?"

Son ventre gargouillant fut une réponse claire. Je me relevais conscient d'un malaise entre nous deux. Ça aussi c'était pas mon genre, faire la cuisine, prendre soin de quelqu'un, pourtant c'était facile avec elle, j'en avais tout simplement...envie. Alors que j'étais aller vers le coin cuisine, je me tournais vers elle, un couteau à la main.

"Viens donc par ici, j'ai besoin d'aide pour couper la viande !"

Ok, tout ça n'était un rêve ou alors j'étais dans une autre dimension, j'allais cuisiner avec une femme. Comme si ne rien était. Comme si je l'avais fait des dizaines de fois. Mais j'avais le sentiment que c'était le mieux à faire avec elle. Je sentais que si elle n'agissait pas, elle allait repartir loin dans ses rêveries et qu'elle allait de nouveau être "absente". Alors je voulais la faire bouger, qu'elle s'active. Je voulais la garder éveillée à mes côtés. Elle regarda le couteau que je lui tendais.

"Zatanah, prend ce couteau, il ne se passera rien. Si tu ne te sens pas bien, tu me le dis, et c'est tout. Tu n'as pas besoin de ces pilules d'accord ?"

Mon ton était autoritaire. Il fallait que je sois sûr de moi pour qu'elle soit sûre d'elle. Elle ne risquait rien avec moi et je ne risquais rien avec elle. J'en étais intimement persuadé. Et s'il fallait un peu la bousculer pour qu'elle me fasse confiance je le ferai. J'arrivais à ses côtés et je plaçais le couteau dans sa main en la refermant sur le manche.

"Tout va bien, je ne partirai pas. Viens cuisiner..."

Une chose simple, naturelle, qui ne demandait pas grande concentration. Quelque chose de concret qui n'avait rien à voir avec le Capitole ou les Jeux. J'aurai pu appeler le room service et commander un repas. Mais je sentais qu'il fallait que je reste seul avec elle, que personne ne vienne perturber ce que j'étais en train de mettre en place. Une relation de confiance et un coin paisible pour elle.

Je l'avais observé toute la soirée, son corps se tendre, se tortiller du moment où on avait quitté la chambre et à ce moment là sur le canapé. Elle commençait à se détendre et ne plus être ce petit oiseau tombé du nid. Elle commençait à parler et à s'ouvrir. Je ne voulais pas l'effrayer, c'était ça. C'était bien ça, j'avais l'impression de marcher sur des œufs et qu'au moindre faux pas, elle allait s'envoler. Et je ne voulais pas qu'elle s'envole ce soir. Je commençais à me régaler de sa présence et de son contact.

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Zatanah Keywell
« Invité »


MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Jeu 13 Oct - 17:55

Je triture nerveusement le tissu de ma robe, emmêlant mes doigts et les cachant à défaut de pouvoir fuir autrement. Relax, relax, c'était facile à dire. Ils ne comprenaient pas je crois. Ces pilules me protègent moi. Certes les autres aussi, du coup. Mais ce qui me fait le plus peur finalement, c'est qu'on me fasse disparaitre pour ce que je pourrais tenter de faire quand... Quand... Dans ces moments où je suis une autre.

Cette autre dont je nie l’existence. Tout comme je nie qu'elle fait entièrement partie de moi et qu'elle n'est pas autre. Je ne sais pas trop ce que sait, je n'y pense jamais. Avec les pilules, elle n'existe pas, ou presque, la médication n'est pas parfaite. Je la nie et pourtant j'ai dit "je" en pensant à ce qu'il s'est passé il y a deux jours, alors que ça n'était pas moi mais elle. Entre les mots, il semble avoir compris cette dualité. Moi et la Zatanah de l'arène. Est-ce que tout le monde le sait, ou juste lui ? J'ai l'impression de la cacher mais tout le monde semble mieux me connaitre que moi-même. Et d'un autre côté, cette phrase me gène, je la ressens comme foncièrement fausse. Je veux me détacher de l'autre, dire que je suis deux, au fond je sais que c'est impossible.

Dans le même temps, sa main a trouvé ma joue. Empêchant toute fuite. Je n'ai plus que ses yeux pour perdre. C'est curieux, car un autre homme avait eu le même geste il y a peu de temps. Je sentais la même force m'irradier, venant de cette poigne qui me soutenait et me donnait de l'assurance. Je réalisais alors que depuis que je l'avais croisé, je ne l'avais même pas regardé. Il était bel homme c'était une évidence, et bien bâti, il n'avait rien à envier à qui que ce soit. Mais dans un visage, il y a tellement plus à regarder, surtout quand celui-ci commence à être marqué par le temps et ce qu'il avait vécu. Je laissais alors mes yeux s'égarer : sur ses mâchoires, carrées et qu'ils ferment si souvent avec fermeté. Les légères cernes sous les yeux. Le front, lui aussi marqué par des traits durs et fermés. Pourtant autour de ses lèvres pleines, les rides du sourire. Enfin, un regard animé, je ne saurais dire par quelles flammes.

Il semblait capable d'être aussi ferme que doux, protecteur avec ceux qui lui sont chers et implacables avec les autres. Comme si rien ne pouvait l'arrêter. Le regard d'un gagnant des jeux finalement.

Alors me revins subitement en tête ce qu'il s'était passé la dernière fois, me faisant rougir bêtement. Mais hormis cette main, tout était différent. Tardant à lui répondre, je me contentai d'hocher la tête affirmativement le temps que l'image s'estompe. Les pilules pouvaient attendre une nuit de plus, je ne me sentais pas si mal maintenant.

Mon ventre mis fin à cette proximité. Sa main glissa le long de ma joue - ou la caressa-t-elle volontairement ? Et il s'éloigna. Me laissant sur mon siège, immobile et un peu pantoise. Mais guère pour longtemps. Je ne le fis pas attendre lorsqu'il m'appela à l'aide. Après tout je pouvais bien me rendre utile. Me levant pour le rejoindre, je m'arrêtai net devant lui, face au couteau qu'il me tendait. Cette chose était digne des armes de l'arène. Et certainement très coupante et dangereuse. Est-ce que c'était vraiment une bonne idée que de me mettre ça dans la main ? Il avait beau ne pas me craindre, ce n'était pas une raison non ? Je n'avais pas peur, mais je doutais de moi-même.

Malgré ses encouragements, l'hésitation était forte et il finit simplement par me coller le couteau dans la paume, m'aidant même à refermer mes doigts dessus. Je pris le couteau fermement, bien décidée à ne pas le lâcher. Soit, ce n'était que de la viande à découper, je l'avais déjà fait des centaines de fois. Juste avec un plus petit couteau. Et nettement plus tranchant. Doucement, je posai la lame sur le morceau de viande et puis y fendait une tranche. Le couteau s'y enfonçait avec une facilité déconcertante. Je ne pouvais m'empêcher de trouver cela agréable. La suivante, je la fis la plus fine possible, bien trop fine pour en retirer une cuisson intéressante, c'était juste pour le plaisir de glisser la lame dans cette belle pièce. Je souriais sans m'en rendre compte, trouvant tout cela jouissif, sans que cela ne me paresse étrange. Un genre de plaisir carnivore. Je coupais autant de tranches que nécessaire.

- J'ai aimé ça.

Les tuer ? Non. Leur sang ? Voir la vie quitter leur regard ? Oh oui. Je ne sentais pas le besoin de préciser, je savais qu'il devinerait de quoi je parle. Je n'avais jamais vraiment parlé de l'arène, pas de façon profonde. C'était une véritable confession qui avait franchit mes lèvres. Confession à moi-même bien entendu. Dans ma mémoire, l'arène restait très floue, et les quelques semaines qui avaient suivies encore plus. Mais ça, ce sentiment exaltant que j'avais ressenti, je ne l'avais pas oublié même si le souvenir remontait rarement à la surface. Je ne voulais pas y penser, évidemment. Alors je préférais le refouler.
Je n'avais pas oublié non plus que juste après ma victoire, je m'étais dégoutée à un tel point que j'avais vomis tout ce que je pouvais. Personne ne savait ça, personne ne l'avait vu à part les personnes qui étaient venus me chercher sur place. L'image s'était toujours figée sur mes lèvres pleines de sang. J'aimais ça et je me détestais.

- Et toi ?

Est-ce que j'étais toute seule ? Oh, je ne lui en voudrais pas s'il me disait que non. Je suis certaine qu'il me comprendrait quand même. Lui qui était si patient depuis le début.
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Kyle T. Featherstone
« Invité »


MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Mer 19 Oct - 16:23



Kyle T. Featherstone
La Passion"La passion. Elle se cache au plus profond de nous-mêmes, elle fait semblant de dormir, elle attend son heure, et d'un seul coup, alors qu'on ne s'y attendait plus, elle se réveille, elle ouvre ses mâchoires et elle ne nous lâche plus. La passion nous entraîne, nous pousse, et finit par nous imposer sa loi et nous lui obéissons. Que pouvons-nous faire d'autre ?

La passion est la source des moments les plus rares, la joie de l'amour, la lucidité de la haine, la jouissance de la douleur. Quelquefois la douleur est si forte qu'on ne peut plus la supporter. Si l'on pouvait vivre sans passion sans doute serions-nous moins torturés, mais nous serions vides, espaces déserts, sombres et glacés. Sans passion nous serions véritablement morts."



Devoirs Capitoliens Je l'observais faire, intrigué. Je la découvrais petit à petit. Me délectant du spectacle. Cette arme à la main et ce sourire sur son visage. Mes yeux pétillaient de la voir ainsi. J'étais captivé par ce mouvement qu'elle donnait pour couper la viande. Le sang sur ses doigts, sa manière de s'appliquer. Sa concentration juste pour ce bout de viande. Je me surpris à sourire en réponse à ce que je voyais. Mon plan avait fonctionné, la ramener à la réalité, à des choses basiques et simples. Lui montrer qu'elle n'avait pas besoin de ces pilules pour le moment. Je voyais une autre expression sur son visage. Quelque chose de familier, de palpable. Elle était avec moi, dans la même pièce, et pas quelque part cloisonnée dans son cerveau.

- J'ai aimé ça. M'avoua-t-elle. Je relevais mes yeux vers les siens alors qu'ils étaient fixés sur ses doigts plein de sang. Aimer ça ? Je soulevais un sourcil perplexe. Elle ne parlait pas de couper ce bout de viande, du moins je n'en étais pas sûr. Bien que ce travail avait eu l'air de lui permettre de dire ça.

- Et toi ? Continua-t-elle. Et je compris enfin de quoi elle parlait réellement. De l'Arène. Bien sûr. Je hochais la tête. Elle avait aimé ça. Je fendis un sourire rassurant après cette confidence et cette interrogation. Qu'avait-elle aimé exactement ? Elle piquait ma curiosité. J'avais devant moi un être pourtant si doux et apeuré de sa propre violence. Demandant des pilules pour s'aider. Peut-être qu'elles servaient à ça ? A oublier ? Oublier qui elle était ? A allait contre sa propre nature ? "Comme dans l'Arène" avait-elle dit tout à l'heure. Mais acceptait-elle celle qu'elle était. Elle avait aimé ça. Je pouvais le comprendre, je pouvais la comprendre. Moi aussi j'avais aimé ça.

Dans son comportement, ses agissements depuis son retour des Jeux, elle n'avait jamais été excessive. N'avait jamais débordé en public. Ce visage toujours couvert de confusion qu'elle affichait à l'écran, perdue entre la souffrance et l'incompréhension de ce monde. Et aujourd'hui ce sourire en découpant la chair fraiche posée sur le plan de travail. Qui était-elle vraiment ?

Je contournais le bar et vint à ses côtés. Lui saisissant une main et la portant à mes lèvres. Sans me retenir une seconde, j'embrassais le bout de ses doigts ensanglantés, recouvrant ma bouche de ce liquide rouge au message puissant : la vie, la mort. Tout en gardant sa main dans la mienne, je passais ma langue sur mes lèvres. Je voulais me montrer rassurant. Pourquoi ? Je n'avais jamais ressentit le besoin de rassurer les gens. Pas depuis mes jours dans l'Arène avec Opaline. Je n'étais pas quelqu'un qui voulait se montrer sous cet angle là. C'était une faiblesse à cacher. Une faille où les gens pouvaient s'engouffrer. Au contraire, je voulais inquiéter les gens, soulever le respect et la crainte. Pas me montrais prévenant et compatissant. Pourtant Zatanah me donnait envie de montrer ce côté si préservé et caché de ma personnalité. J'ai toujours protégé ma famille, mais dans la discrétion où dans le théatralisme, comme la fois où j'avais corrigé Vince en lui coupant la main, pour avoir battu ma sœur. Je ne lui avais rien dit, je n'avais rien montré. Pourtant devant Vince et sa bande, j'avais prévenu qu'il ne retouche pas à un Featherstone hors du Centre des Carrières. Une question d'honneur plus que pour la protéger. Mais avec elle, avec Zatanah c'était différent. Il fallait qu'elle le sache, je voulais qu'elle sache. L'expliquer serait compliqué, étant donné que je ne comprenais pas moi même. C'était viscéral, quand je voyais ses yeux, son attitude, sa bouche, ses cheveux aux reflets de diamant.

"Ça serait mentir de dire non. Je me suis entrainé pour rentrer dans cette Arène, et j'en ai... profité. Bien que ce soit étrange, je n'avais aucun jeu à jouer là dedans, et tout ce qui s'y est passé, était la réalité...j'étais entier. Avec mes côtés les plus sombres, ceux qui sont bridés ici, hors des Jeux..."

Je passais une de ses mèches de cheveux derrière son oreille et je relevais son menton pour l'observer attentivement. Et qu'elle puisse me regarder aussi. Je n'avais aucune honte d'avouer cela, ni qu'elle se confie plus. Je penchais ma tête sur le côté pour la regarder, essayant de deviner ses pensées, voulant comprendre ce qui se passait dans sa jolie petite tête.

"Reste comme ça, reste toi même avec moi, tu veux bien ? J'aime...huum, j'aime beaucoup ce que j'entends et ce que je vois..."

C'était subtil, mais je percevais une ouverture derrière la carapace du vampire de soie. Ma voix était plus douce avec elle, sans faire d'effort, c'était comme dans l'Arène, je n'avais aucun rôle à jouer avec elle, aucun risque, aucune inquiétude. Je pouvais rester moi même. Je pouvais garder cette force, cette puissance, dans mes gestes, dans mon regard. Et je pouvais avoir envie de ne pas l'effrayer aussi. De la choyer. Elle me donnait cette envie là, j'avais ce désir de la protéger, de prendre soin d'elle depuis que je l'avais vu sous l'eau brûlante de la douche. Et en la regardant en cet instant, j'étais bien. Apaisé de pouvoir être entier. En harmonie avec chaque parcelles de mon être. Dire que oui, j'avais aimé l'Arène. Tuer n'était que secondaire. Laisser l'horreur transpirait de mon corps, admettre une partie perverse sans craindre d'être incompris ou renié.

Je repris sa deuxième main couverte de sang et je portais un de ses doigts entre mes dents, la débarrassant du sang toujours présent avec ma langue. Ses joues et ses lèvres rosées en cet instant me donnaient envie. Ne pas l'effrayer malgré le désir soudain qui m'envahissait pour elle. La tête me tournait. Et je la rapprochais de moi, faisant céder sa petite retenue fébrile. Je voulais soudainement réduire cette distance entre nous. Depuis le début, dans cette chambre au Capitole, malgré sa nudité, nous avions été distant. Je voulais que ça cesse.

Je pouvais rester fort, plus fort qu'elle - ce que j'étais - mais lui montrais aussi que je ne la briserai pas dans mes bras. Son bassin cogna contre le mien quand elle capitula. Ma tête s'avança lentement de la sienne, hésitant, mais sans quitter l'objectif de l'embrasser. Le bout de mes doigts sur son menton, comme pour l'inviter à finir le chemin qui nous séparer. Allait-elle s'enfuir ? Pourrai-je la retenir si elle s'envolait loin de moi ? Ses lèvres se laisseraient-elles approcher par les miennes, gardant encore les stigmates du sang que j'avais porté à ma bouche ?

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Zatanah Keywell
« Invité »


MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Jeu 20 Oct - 13:15

Quelques mots, quelques secondes et il se trouvait à mes côtés. Est-ce qu'il essayait de me séduire ? Est-ce que j'avais dit quelque chose qu'il aurait pu mal interpréter ? Au fond, ces questions n'étaient là que pour la forme, pour me donner des raisons d'hésiter. Car je sentais bien qu'il n'y avait aucun calcul, aucun faux semblant. Il avait envie d'être près de moi, il avait envie de lécher le sang de mes doigts. Mais moi, de quoi avais-je envie ?

En le regardant faire, avec ce mélange de douceur et de sauvagerie, je ne pouvais pas nier que cela m'excitait. L'animal sensuel que j'étais ne pouvait rester insensible à un tel appel. S'il avait tenté de m'embrasser à cet instant précis, je n'aurais pas su dire non. Même si je ne voulais pas vraiment. C'était une pulsion, rien d'autre et cela commençait à me fatiguer. Depuis les jeux, l'amour semblait aussi instable que mon esprit. Tous ceux que j'avais pu rencontrer me voulait dans leur lit, mais pas dans leur vie. Le dernier en date n'a pas dérogé à la règle. Je ne leur en veux pas, pas plus que je ne regrette, ce fut court mais intense. Et je n'aurais pas voulu laisser aucun d'entre eux pénétrer mon intimité. Mais maintenant, et surtout après ce qu'il s'est passé, je ne veux plus de ça. Et certainement pas ce soir. Mes pulsions étaient-elles plus fortes que ma propre volonté ?

Il y a toujours ce qu’on dit, ce qu’on pense et ce qu’on croit penser, ce qu’on veut et ce qu’on croit vouloir, ce qu’on ressent, ce qu’on perçoit. Et un monde entre chaque. Quand ai-je dit ce que je pensais ? Pas fait ce que je ne voulais pas ? Rarement, si ce n’est jamais.

Au lieu de ça, il s’est mis à parler et je buvais ses paroles qui se trouvaient rassurantes. Il me comprenait. Et il n’y avait en effet que les vainqueurs pour me comprendre, qu’avec eux que je pouvais espérer être moi-même un jour.  Mon regard se perdit un instant, pensive. Chaque personne a un côté sombre, mais assez peu sont ceux qui la laissent sortir. Pendant les jeux, qu’on le veuille ou non, cette part d’ombre refait surface. La nier n’était sans doute pas la meilleure façon que je pouvais trouver pour la gérer.

Ses doigts me ramenèrent doucement à la réalité, en me forçant à lui faire face. Il voulait que je reste moi-même, sous-entendu, que je ne reprenne pas mes médicaments. Je n’étais pas certaine que ce soit une bonne idée. Il avait une part sombre, moi j’étais réellement malade. Ce n’était pas aussi facile, il n’avait pas idée de l’absence de contrôle dont je pouvais faire preuve. Mes ennemis étaient partout, et si je m’écoutais, je finirais simplement dans une cellule. J’étais incapable de lui répondre. J’avais envie d’essayer, et curieusement de lui faire plaisir. J’avais aussi très peur.

Et puis tout est allé très vite. Le dérapage de deux corps qui s’attirent. En espérant que cela soit plus que ça. Je me retrouvais dos au plan de travail, nos deux corps emboités. Son souffle qui me happait et je me laissais envouter.  Je pouvais sentir l’humidité de ses lèvres, la chaleur de sa peau tellement j’en étais proche. Je respirais son air. Je puisais dans sa force. Je me sentais belle et désirée. Et je le voulais, tellement. Plus rien d’autre n’existait que l’attrait de sa bouche, ses mains sur mon corps et la pression qui s’exerçait sur mon bassin, entre le meuble et lui-même. J’avais envie de pousser ce qui se trouvait derrière moi et de m’asseoir sur le plan de travail. Et en finir là, comme ça, si vite.
Oui tout allait très vite, trop vite. Mais je sentais comme quelque chose de différent. Peut-être parce qu’il résistait ? Qu’il ne m’avait toujours pas embrassé de lui-même ?
Je devais être forte moi aussi.

Subitement, ma main se mit à fouiller derrière moi, jusqu’à  se saisir du manche. Aussitôt, la lame se posa contre sa gorge et le força à reculer. Il le fallait, pour que je puisse respirer et reprendre mes esprits. Je n’avais pas peur, car je n’avais aucune intention de lui faire du mal. Je savais très bien ce que je faisais. J’observais son visage. Que pouvait-il bien penser ? Avait-il peur de moi à cet instant ?
Puis mes yeux tombèrent sur la pointe du couteau. J’avais enfoncé un peu plus sans le vouloir, peut-être que je ne contrôlais pas tout finalement. Une goutte de sang perlait. Je déglutis car de drôles images vinrent alors à mon esprit, me déstabilisant. Je cherchais alors de nouveau son regard, pour ne pas me perdre et très vite j’éloignais le couteau de sa gorge, laissant mollement retomber mon bras contre mon corps, puis le lâchant au sol.

- Je ne veux plus, tu comprends. Je ne veux plus être la femme d’une nuit, ou pire de quelques heures. Parce qu’on me trouve belle et sauvage. Parce que j’intrigue. Parce qu’on veut voir ce regard que j’avais lorsque j’ai égorgé le carrière.
Je ne connais pas tes raisons, mais pourquoi seraient-elles différentes ?


Je ne le lâchais pas du regard, j’avais trouvé ma force dans ses yeux et je ne voulais pas la perdre. Si peu de fois dans ma vie je m’étais sentie si fière.
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Kyle T. Featherstone
« Invité »


MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Ven 21 Oct - 23:34



Kyle T. Featherstone
La Passion"La passion. Elle se cache au plus profond de nous-mêmes, elle fait semblant de dormir, elle attend son heure, et d'un seul coup, alors qu'on ne s'y attendait plus, elle se réveille, elle ouvre ses mâchoires et elle ne nous lâche plus. La passion nous entraîne, nous pousse, et finit par nous imposer sa loi et nous lui obéissons. Que pouvons-nous faire d'autre ?

La passion est la source des moments les plus rares, la joie de l'amour, la lucidité de la haine, la jouissance de la douleur. Quelquefois la douleur est si forte qu'on ne peut plus la supporter. Si l'on pouvait vivre sans passion sans doute serions-nous moins torturés, mais nous serions vides, espaces déserts, sombres et glacés. Sans passion nous serions véritablement morts."



Devoirs Capitoliens Elle ne m'embrassait pas. Le pas que je souhaitais qu'elle fasse, elle ne le faisait pas. Au lieu de ça je sentais une lame sous ma gorge. Et son regard qui disait non, mais d'une manière troublante. Je la fixais dans les yeux. Sans boucher, sans broncher. Allait-elle réellement le faire ? Me trancher la gorge ? Pouvais-je l'en empêcher, certainement, mais et surtout, le voulais-je ? Je n'avais pas peur, j'étais intrigué, perturbé, mais je n'avais pas peur d'elle. Je vins pencher mon cou pour enfoncer un peu plus la lame. C'était là, c'était ce moment qui allait définir toute notre relation.

Avais-je seulement laisser quelqu'un prendre autant le contrôle sur moi ? Jamais. Ça aurait été n'importe qui d'autre, il serait déjà au sol, le visage écrasé sous mon pied, le poignard dans le dos. Je serrais les mâchoires, vexé de cette réaction mais je ne décrochais pas mon regard et je lutais contre une certaine envie de riposter. C'était presque contre nature pour moi de ne pas bouger de la sorte, d'être à sa merci. Je pourrais la désarmer, mais je n'en faisais rien. C'était Zatanah et je n'avais pas envie de lui faire du mal. Quitte à courber l'échine quelques minutes pour ça.

J'étais étonné, mais pas tellement surpris - que la jeune femme terrifiée au fond de la salle de bain tout à l'heure - soit aussi capable de se défendre et de me repousser ainsi, avec aplomb et conviction. C'était moi qui avait fait ça non ? C'était moi qui avais voulu qu'elle reste elle même, qu'elle me fasse confiance ? Et c'était à moi de lui montrer qu'elle pouvait toujours. Quelle était sur la bonne voie. Elle ne voulait pas de ce baiser. Soit. Elle le disait, à sa manière... J'imaginais le nombre de fois où elle n'avait pas dit non. L'image d'elle accroupie dans la salle de bain, se sentant affaiblie par des ébats de Capitolien, et puis ça. Ce non physique et mental. Même si j'étais vexé que ce soit avec moi. Vexé ou fier. Drôle de mélange l'effet de la frustration. Et puis, le couteau tomba au sol, me délivrant de l'incertitude.

Et quand elle ouvrit sa bouche, je reculais d'un pas, comme si elle m'avait taillé dans le vif. J'étais déboussolé. Que me disait-elle là ? Mes raisons ? Je n'en savais rien moi. Elle me prenait au dépourvu. Oui je la trouvais belle, oui elle me paraissait sauvage, mais surtout indomptable, et c'était bien ça qui me plaisait. La comprendre, la dompter. Si je voulais d'elle pour une heure ? Une nuit ? Des jours, la vie ? Ça je n'en avais pas la moindre foutue idée. Et qu'elle me le demandait me faisait peur. Un Featherstone ne parlait jamais de ses sentiments. Surtout pas les hommes de la famille. J'étais pas sûr d'avoir fait autre chose que baiser dans ma vie. L'amour, c'était abstrait. Et est-ce que c'était bien de ça qu'elle parlait ? Pas sûr.

Et ce qui m'effrayait le plus dans tout ça, c'était toutes ces réflexions qui venaient à moi. Pourquoi je me prenais la tête ? Pourquoi cherchais-je une explication à lui donner ? Me justifier ? Comme si...ça pouvait avoir une importance, comme si je pouvais prendre en compte cette interrogation ne serait qu'une seule seconde. Pourtant c'était bien ce que je faisais. J'étais pas fait pour l'amour, pas plus que pour répondre à sa question. Ma mâchoire resta fermée. Je me reculais un peu plus, ne cessant pas de la regarder dans les yeux, mais brisant la chance de contact dont j'avais tellement eu envie il y avait encore quelques secondes de cela.

Je n'avais jamais été aussi déstabilisé de toute mon existence. Déjà, on ne m'avait jamais repoussé comme elle venait de le faire. C'était plutôt moi qui devait mettre le holà habituellement. Que ce soit dans mon Centre, où au Capitole. Tout le monde voulait du grand Kyle, et je ne mettais jamais pris des revers de la sorte, non, je n'avais jamais eu à chercher quelqu'un. Je n'avais jamais du demander, ni séduire. Je n'avais jamais demandé la permission avant d'embrasser, jamais comme je venais de le faire pour Zatanah. Je devrais être furieux. J'aurai du la chasser d'ici. Elle était dans ma chambre, en lieu sur parce que j'avais bien voulu, et elle me repoussait. Mais voulais-je vraiment qu'elle parte ? Mes lèvres se décrochèrent enfin...

"J'avais...je..."

Déstabilisé. Je mordis l'intérieur de ma joue. Depuis quand je me démontais devant quelqu'un ? Depuis quand j'hésitais, je cherchais mes mots ? Depuis quand je me montrais que j'étais touché ou troublé ? Faible ? Je me ressaisissais un instant, prenant une grande inspiration et plantant mon regard dans le sien.

"Je voulais juste t'embrasser. Toi. Pas ton regard. Pas ta beauté, ni ton côté sauvage. Mais juste toi. Le tout. Zatanah sans comprimés. Celle qui est capable de me mettre le couteau sous la gorge avec ses yeux si doux. Pas pour une nuit, ni pour quelques heures. Juste pour l'instant présent... L'instant qu'on partageait tous les deux. Je ne sais pas ce que je veux. Je n'ai rien calculé. Je t'ai amené ici parce qu'il le fallait, pas parce que je le voulais. Pas pour te sauter dessus. Je t'ai amené ici parce que tu en avais besoin. Et j'avais besoin de t'embrasser, parce que je suis persuadé que c'était ce qu'il fallait faire sur le moment. Maintenant je ne sais plus. Si tu veux partir tu peux, mais sache que j'aurai encore envie de t'embrasser Zatanah..."

Je ne savais pas si j'avais été clair. Tout ce que je venais de dire sonnait faux en moi et ne trouver aucun écho. Comme si j'étais un imposteur de ma propre personne. C'était comme parler de moi sans me connaître, parler de sentiment que je n'avais jamais connu. Parler de tout ça, j'en étais incapable et pourtant je venais de le faire avec elle.

Je ne l'avais pas amené dans ma chambre pour parler de tout ça. De ce que j'avais envie. De mes raisons. De justification pour un baiser. Je n'avais jamais eu pour but de me la faire ici. Pas une seconde. Peut-être que l'idée m'était parvenu, je restais un homme devant une belle femme, mais je l'avais surtout ramené ici parce que je ne voulais pas la laisser là bas. Quel autre calcul avais-je fait ? J'avais beau cherché, aucun.

J'avais toujours admiré cette femme. Oui comme elle avait dit, je l'avais trouvé comme elle se décrivait, j'avais du fantasmer sur elle depuis sa victoire. Mais depuis que je l'avais sortie de la cabine de douche brûlante, tout avait changé. Je la découvrais sous un autre angle. Et en l'espace de quelques heures, elle avait changé mon regard sur elle. L'animal blessé que j'avais cru voir, n'était pas si faible que cela. Et je savais que je pouvais lui réparer les ailes brisées. Elle m'avait repoussé...et ne n'avais rien dit. Je pouvais la faire s'envoler, sans aucun doutes.

Il ne fallait pas que je me demande ce que je voulais moi. Mais plutôt ce qu'elle voulait elle ? Et c'était compliqué. Parce que d'habitude, les filles étaient plus claire que cela avec moi. Elle voulait du sexe, mon sexe et ça s'arrêtait là. Y'avait bien eu des relations sur quelques jours, mais c'était juste pour le côté charnel de la chose, rien d'élaboré. Je n'avais jamais réagit de la sorte, comme elle, à me dire que je ne voulais plus. Je ne m'étais jamais posé la question. Mais sa réponse à elle m'intéressait. Pourquoi me dire ça à moi ? Pourquoi étais-je celui à qui elle disait stop ? Qu'attendait-elle de moi ? Pouvais-je l'aide, mais surtout : voulais-je l'aider ?

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Zatanah Keywell
« Invité »


MessageSujet: Re: Devoirs Capitoliens   Mar 8 Nov - 12:37

Un silence gênant s’installa. Je tapotais le plan de travail du bout du doigt tout en regardant le sol cette fois.

Sa réponse remettait en doute ma question. Pourquoi est-ce que j’avais demandé ça, à lui ? Je n’étais plus très sûre. J’aurais pu simplement le repousser gentiment, parce que ce n’était pas le moment. Seulement, j’avais également eu envie de l’embrasser et plus que ça, c’était presque une manie chez moi. Ce désir immense que je pouvais ressentir parfois, je n’arrivais pas à le contrôler. Et je me laissais emporter, je lâchais prise sur lui, à chaque fois. Très vite et très facilement. Mais aujourd’hui, avec lui, je voulais me contrôler. Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi avec lui ? Je cherchais des excuses : une certaine lassitude, l’incident avec le capitolien, le fait que Kyle me poussait à me contrôler seule, à être moi-même sans être l’esclave de mes démons. Mais si j’y réfléchissais sérieusement, je ne trouvais pas de raison qui me convenait vraiment. Je ne me l’expliquais pas.

Afin de rompre ce moment de malaise, et de retrouver peut-être une couleur normal de joue, je trouvais à m’occuper. Ramasser le couteau déjà. Ensuite, lui tendre la viande en trouvant une façon de ne pas croiser son regard. Je l’évitais parce que j’étais gênée. Gênée d’avoir ce genre de conversation… Il était un inconnu après tout. Un inconnu avec lequel je me sentais étrangement à l’aise et libre de parler. Je trouvais les mots plus facilement, et quand j’hésitais, je ne ressentais aucune pression. Je savais qu’il n’allait pas m’interrompre. Il m’écoutait en fait, ce qui était aussi étonnant que rare. Tout ce qu’il avait fait depuis le début c’était pour moi… Pour me venir en aide…
Sauf. Sauf ce baiser que je lui avais refusé. Mais pour lequel je ne pouvais lui en vouloir. C’était plutôt flatteur d’une certaine façon. Etait-il vexé de ma réaction ?

Je pris le premier légume à portée de main et commençait à le découper, sans réfléchir. Juste pour m’occuper et avoir quelque chose sur lequel me concentrer. J’y mettais toute mon attention et mon application. J’y trouvais juste de quoi combattre ma gène et reprendre notre discussion. Cette gêne soudaine que je n’expliquais pas plus que le raison.
- Cela me parait honnête. Et une raison suffisante…
Je laissais passer quelques secondes pour me mettre au clair dans mon esprit.

- Seulement… Seulement, moi, quand j’embrasse quelqu’un… Je… Je ne suis pas sûre d’être capable de garder les idées claires. Je ne sais pas contrôler… mes… mes envies… Tu m’as demandé d’être moi-même et je veux l’être, sincèrement. Te sauter dessus - et c'est ce qui se passera si tu me provoques encore - ça n'est pas moi. Ou peut-être que ça fait partie de moi. Peut-être, je n'en sais rien, je ne sais pas qui je suis... Il y a quelque chose me contrôle, me pousse à faire toutes ces choses. Ces pulsions que je n'arrive pas à arrêter quand elles s'emparent de moi. Et quand on me cherche, quand on me pousse...
Je ne veux pas être cette personne !


Mon ton s'était emballé avec les émotions. Partant dans les aigus, nerveux, parfois muni d'un soupçon de colère. Lui dire ça, ce n'était peut-être pas la meilleure chose faire. Il était clair dans mes propos que je ne saurais lui dire non une deuxième fois, que s'il tentait de m'embrasser, j'irais plus loin et d'une telle façon que ça ne pouvait laisser qu'un fantasme des plus tentants dans son esprit. J'espérais très fort qu'il ne le prenne pas comme ça et qu'il me laisserait plutôt l'occasion de faire mes propres choix.
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