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 L'ombre de l'incertitude... [Terminé]

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★ Âge : 20 ans
☆ Surnom : Clary
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MessageSujet: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Sam 4 Juin - 2:05














 
Dans l'ombre de l'incertitude...
 
~ On vise... Feu !~



 


 
Les Jeux venaient tout juste de commencer. Le matin même, les tributs avaient découvert une arène aux allures de désert, de savane inhospitalière et d'un temple faussement ancien qui devait receler les pires pièges que les Juges aient jamais créés. Peut-être certaines de mes inventions seraient-elles détournées pour devenir des moyens de faire souffrir les tributs plus que nécessaire. Cela ne me faisait rien. C'était les Jeux, c'était ainsi.

Désormais, l'Expiation ne devait pas m'inquiéter. Je ne connaissais aucun des sélectionnés de mon district sauf James que j'avais croisé de nombreuses fois lorsque j'avais fait livrer certains matériaux à partir de l'usine. Il n'était rien de plus qu'un autre employé. De toute manière, je n'avais jamais eu peur pour quelqu'un, jamais craint qu'un ami ne soit sélectionné : je n'en avais pas. Être seule évitait bien des tracas.

Seulement, ce n'était plus vrai : maintenant, j'avais peur pour "lui". Avant le Capitole me paraissait une entité si rassurante, si protectrice. Aujourd'hui, il était devenu celui qui hantait mes nuits et dont je redoutais d'entendre les pacificateurs frapper à ma porte. Pourtant, je n'avais rien changé à mes habitudes. Mon travail était toujours aussi irréprochable et, pour l'instant, j'avais retenu mes envies de voler quelques renseignements à fournir à Jonathan à se prochaine visite. Il fallait d'abord que je me réassure dans mon rôle avant de tenter quoique ce soit de stupide, ma seule chance était d'être plus intelligente qu'eux. Continuer à être cette  fille si dévouée à l'âme vengeresse envers la rébellion était ma seule chance de rester en vie... Comme c'était le cas pour tous ceux qui décidaient de se tourner vers les rebelles, sans doute...

Quelques jours auparavant, j'avais trouvé une cache dans la maison. Une fente dans le mur de la cave, presque invisible sauf pour un œil avisé, avait soulevé un doute pendant que je déplaçais une étagère en fer rouillée sur laquelle étaient perchés de vieux cartons d'outillage. Mes doigts avaient caressé le pourtour, sans rien trouver d'abord. Après un second passage, j'avais repéré une plaque métallique : celle qui accepte les cartes d'accès. La maison était encore dans un état de désordre avancé suite à mon passage tourbillonnant dans chaque pièce pour débusquer la carte, pensant que mes parents l'auraient cachée dans un tiroir quelconque, dans un livre ou même sous la cale d'un meuble. Ce n'était qu'au soir, exaspérée de n'avoir pas trouvé la dite-carte et suite à mon essai manqué de biaiser le système de sécurité à l'aide d'un choc électrique qui avait bien failli se retourner contre moi à défaut de se contenter de carboniser une de mes mèches de cheveux, que j'avais compris en ouvrant le tiroir de ma chambre. La boîte en amarante, la gravure C.L... J'avais ouvert la boîte, forçant délicatement l'ouverture avec une lame de couteau pour veiller à ne pas l'abîmer. Elle contenait des papiers, un ou deux gadgets sur lesquels je n'avais pas pris le temps de m'attarder et la fameuse carte d'accès noire.

La pièce cachée était humide, sombre. Aucune fenêtre ne donnait au dehors. Un endroit parfait pour s'adonner à des activités illégales. J'y avais trouvé de nombreux objets, des dossiers aussi... Des documents du Capitole qui pouvaient avoir été subtilisé à leur travail il y a longtemps, mais aussi des plans apparents élaborés à d'autres fins... C'est en découvrant les armes que j'avais eu l'idée. Je fabriquais depuis toujours des machines mortelles, les manier ne m'avait jamais effrayée : nous en étions les maîtres et elles n'étaient qu'un outil qui nous obéissait.

Seulement, je n'avais éprouvé le besoin de savoir m'en servir parfaitement avant. Je fabriquais les armes, d'autres les utilisaient sur nos ennemis, sur les rebelles... Dorénavant, les choses avaient changé. En contemplant le reflet métallique d'une des armes de mes parents, je m'étais rendue compte de la nécessité d'apprendre à les manier, à les utiliser, à avoir la force de tirer si cela devenait vital.

La maison de mes parents étaient loin de tout. Depuis que j'avais appris leur identité cachée, je comprenais d'autant mieux ce choix, là où je ne voyais avant que l'envie de solitude de deux génies... Même si cet isolement et l'aspect complètement broussailleux du jardin, perdu entre des arbres qui étaient, pour certains, plus haut que la bâtisse, allaient faciliter la dissimulation de ma pratique peu légale, je fis glisser sur le canon de l'arme de poing un silencieux que j'avais élaboré moi-même.

Ce jour-là, le soleil ne brillait pas. Des nuages gris parsemaient le ciel. Je n'avais pas vu Jonathan depuis un certain temps, depuis qu'il était parti en me promettant de revenir. Je n'avais pas le droit de lui en vouloir de ne pas être revenu, je n'avais pas non plus le droit de m'inquiéter. C'était sa vie.

Un premier tir, manqué.

Je devais l'accepter. Après tout, je ne savais pas vraiment ce que j'étais pour lui. C'était compliqué.

Un second tir, plus proche.

Je croyais sincèrement qu'aucun de nous n'étions réellement doués pour les "relations humaines". Alors pourquoi essayions-nous de changer cela ?

Un troisième tir alla se loger dans un tronc plutôt que dans ma cible, constituée d'un vieux panneau de signalisation.

Ce n'était pas dans ma nature de m'attacher, surtout pas quand je venais de comprendre que mon pire ennemi était si proche. Je n'avais pas le droit de m'imposer dans la vie de quelqu'un, pas maintenant alors que si je faisais un faux pas alors tout serait fini pour moi.

Un quatrième tir. Et merde, le panneau n'avait plus de coin droit : mais toujours pas touché.

Nous étions égoïstes. Il fallait réfléchir, je n'avais pas le droit à cela. Je n'y avais pas le droit et je n'avais pas le droit de le rendre malheureux parce que c'est ce qui arrivait quand on n'osait m'approcher de trop près. J'étais en colère, en colère contre moi-même et mon inconscience. Mes désirs devaient passer après le reste, après mon engagement envers mes parents.

Un craquement sur ma droite. Il n'était pas si facile de progresser dans cette broussaille sans faire de bruit en cassant les branches sous ses semelles.

D'un seul mouvement, je me tournai : toujours l'arme pointée devant moi.

   
« Jonathan ?! » Ma bouche s'était entrouverte dans une expression de surprise : « Qu'est-ce que tu fais là ? »


Je lui avais parlé en agitant le canon de l'arme vers lui, quand je m'en rendis compte. Je la baissais immédiatement tout en lui lançant :

   
« Tu es au courant que j'aurais pu te tuer ? »

Les bras baissés, je sentais la tension qui s'était créée dans mes épaules. Même s'il restait dur pour donner le change, mon regard était déjà plongé dans ses pupilles bleu azur, c'était égoïste d'aimer les contempler mais je ne pouvais m'en détacher...

 


 

 

 
 

 
 

_________________




★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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« Je me souviens de t'avoir entendu dire un jour que grandir, c'est regarder en arrière et regretter de ne pas pouvoir changer le passé. »Extrait de TMI


Dernière édition par Clarissa L. Stern le Ven 23 Juin - 3:08, édité 2 fois
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Jeu 30 Juin - 20:22


L'ombre de l'incertitude...
Feat Clarissa

Une semaine, voilà le temps qui s'était écoulé depuis la dernière fois qu'il avait rendu visite à Clarissa. Tant de choses s'étaient passées lors de leur dernière rencontre. Il avait préféré lui laisser de l'espace et du temps pour emmagasiner tout ça et puis il y avait eu ses propres préoccupations personnelles. Les rebelles l'avaient convoqué au 13 pour une mission et cela lui avait pris beaucoup de temps. Cependant, à chaque jour qui passait, Jonathan repensait aux événements de la dernière fois. Chaque jour, il contemplait son portrait dessiné par Clarissa... Il le conservait précieusement sur lui, à l'intérieur de sa veste, comme pour garder une trace, un lien avec elle.
Mais en réalité, s'il n'était pas parti au District 3 plus tôt, c'était à cause de son appréhension. Comment l’accueillerait-elle ? Pourquoi fallait-il que cette histoire soit si compliquée ? Voulait-elle encore plus de temps ? Puis c'était toujours lui qui s'imposait à elle... Mais cette fois, il avait une excuse pour y aller, une raison autre que le simple égoïsme qui le poussait finalement à aller revoir la jeune femme.

Il sortit alors tôt de chez lui pour s'engouffrer dans les passages souterrains connus que des combattants de la liberté. Panem endormi, voilà un magnifique spectacle ! Les horreurs, l'esclavage et les castes semblaient disparaître dans la quiétude du sommeil. Une bonne bouffée d'air frais et le voilà prêt à quitter son district. Sa capuche rabattue sur sa tête, il donnait plus l'impression d'un rôdeur ou d'un assassin qu'un rebelle.
Enfin, il salua les quelques personnes en charge de la garde de nuit et finit par s'engouffrer dans le Cobra. Sans perdre de temps, la machine s'élança et avala les kilomètres tandis que les rails grinçaient sous le poids des rails.
La première partie du voyage se passa tranquillement, Jace inspecta ses armes, aiguisa sa lame secrète cachée sous sa manche droite, vérifia le mécanisme et remonta le tout. Il fit de même avec les diverses lames qu'il cachait sur lui. Les armes blanches étaient sa spécialité même s'il savait se servir d'une arme à feu, il préférait toujours la discrétion au bruit retentissant d'un revolver.
Puis vint le moment des questions alors que son regard se perdait dans la contemplation des détails de son portrait. Ce baiser qu'ils avaient échangé... Voulait-il vraiment dire quelque chose ? Avait-il encore un sens maintenant ? L'euphorie du moment avait agi sur eux mais qu'en était-il aujourd'hui ? De toute façon, il était un peu tard pour faire marche arrière et puis, il s'était promis de ne pas fuir.

Le train finit alors par arriver et le blondinet s'efforça de se faire le plus petit possible dans l'avant-poste rebelle. Inutile que tout le monde le reconnaisse et finisse par se demander pourquoi le second du 8 passait son temps au District 3. Un rebelle qui tentait de ne pas se faire remarquer parmi les siens, cela pouvait sembler bizarre. En réalité, il se fit remarquer que par le strict minimum de personnes et il leur expliqua qu'il était là pour jauger une possible recrue à la cause.
Ce qui était pas loin de la vérité en fait... Enfin, si mais personne n'avait besoin de savoir ce qu'il venait vraiment faire ici.
Il se glissa tranquillement dans les rues, capuche rabaissée, cherchant son chemin jusqu'à la demeure des Stern. Sans trop de problème, le blondin trouva le domicile de Clarissa. Un peu éloigné de tout, il n'avait pas à craindre les questions du voisinage quant à sa venue par ici. De plus, le ciel gris était parfait pour ne pas attirer l'attention. Sans un bruit, il s'approcha de la maison et commença par en faire le tour. Clarissa était dans le jardin avec une arme à feu à la main... Un tir partit dans la nature ! Le fait d'avoir accepté d'aider les rebelles la rendait surement nerveuse d'où le désir de se protéger.
Si elle apprenait à tirer, cela devait faire vraiment peu de temps qu'elle s'y était mise et sans personne pour lui apprendre, cela pourrait finir en catastrophe. Mieux valait s'approcher sans un bruit pour éviter qu'un tir malencontreux parte dans sa direction.

Jace fit alors le tour, passant par les fourrés pour observer la jeune femme... Un deuxième tir, un peu plus précis que le premier. Se servait-elle de cela pour évacuer tous ses ressentiments ? Un troisième tir toucha un arbre. Jonathan continua d'avancer discrètement pour se rapprocher de Clarissa. Un quatrième tir heurta le bord du panneau de signalisation qui devait lui servir de cible. Le pied du rebelle s'écrasa sur un brindille et le bruit sec qui s'en échappa ne passa pas inaperçu.
D'un seul coup, l'ingénieure tourna sur elle-même et pointa son arme dans sa direction.


Jonathan ?! Qu'est-ce que tu fais là ?

Jace fit un pas les mains en l'air, faisant tomber sa capuche, comme pour montrer qu'il n'y avait rien à craindre. Surement le mieux à faire dans cette situation. Heureusement, Clary finit par comprendre la situation et abaissa son arme tandis que le rebelle avançait vers elle, soulagé de pouvoir enfin baisser les mains.

Tu es au courant que j'aurais pu te tuer ?

Au vu de la tension qu'il y a au niveau de tes épaules, ton manque de concentration et l’habilité avec laquelle tu vises ce panneau, je suis même pas sûr que tu m'aurais touché.

Il avait prononcé cela sur un ton neutre, ce qui pourrait paraître bizarre pour une remarque que l'on aurait pu prendre pour une plaisanterie. Mais c'était le mieux que pouvait faire Jonathan Grey à ce niveau. Puis leurs pupilles se croisèrent et à cet instant, tout remonta à la surface comme si rien ne s'était passé depuis une semaine. L'attachement qu'il ressentait pour Clarissa, ce sentiment qui l'animait à chaque fois qu'elle était présente, le baiser qu'ils avaient échangé...
Il resta néanmoins à quelques pas d'elle, ne sachant pas comment réagir. Il resta à quelques pas d'elle, à la regarder puis son regard se perdit sur son arme.
Le silencieux était de bonne facture et surement une invention de la jeune femme vu qu'il ne semblait pas très conventionnel et que se procurer une arme n'était pas chose facile à Panem.
En parlant d'armes, il était venu ici pour une raison à la base !


Je suis venu pour te demander un service ! J'aurais besoin de communicateurs, longue portée, sécurisé et assez discret pour ne pas trop attirer l'attention. Tu pourrais pas m'aider ?

Pourquoi ne pas lui avouer qu'il était revenu pour elle et que tout ceci n'était qu'un simple prétexte pour justifier sa présence ici ? Pourquoi n'arrivait-il pas à lui avouer qu'elle hantait toutes ses pensées et que ce baiser avait éveillé en lui des sentiments qu'il pensait avoir enfoui à jamais ? Mais quand il voyait son visage, son corps et son regard, il perdait pratiquement tout courage... Un rebelle confirmé qui perdait ses moyens contre une femme... Comment cela pouvait-il être seulement possible ? Depuis toujours, on lui avait dit de cacher ses sentiments mais ce qui s'était passé avec la jeune femme avait changé la donne. Aujourd'hui, il voulait se dévoiler davantage et lui montrer qui il était vraiment, ce qu'elle représentait pour lui mais ce masque qu'il avait toujours porté était devenant un carcan dont il n'arrivait pas à se défaire.


 

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Ven 1 Juil - 2:27














 
Dans l'ombre de l'incertitude...
 
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Son apparition s'était faite comme à l'accoutumée, avec discrétion et impertinence. Il se moquait toujours de s'annoncer et, si cela m'avait dérangée les premières fois, j'avais enfin accepté que cela faisait partie de lui. Il n'était qu'une ombre parmi tant d'autres, apparaissait et disparaissait avec une facilité exaspérante. Cette faculté à passer inaperçu pour surgir lorsqu'on ne l'attendait plus était peut-être une des raisons pour lesquelles il était sans doute assez haut placé dans la Rébellion.

Avec son blouson noir et cette éternelle capuche qui dissimulait ses yeux qu'on ne savait oublier, il ne paraissait pas si gradé. Et pourtant, force était de constater qu'il avait pu avoir accès à des dossiers dont je doutais que les simples aspirants eussent pu ne serait-ce que lire... Le dossier de mes parents en disait aussi long sur lui qu'il en disait sur eux. Toutefois, cette brillante théorie me perturba lorsqu'il dévoila son visage, ses traits juvéniles me choquèrent une fois de plus. Il devait avoir mon âge, peut-être un peu plus mais certainement de peu vu sa réaction lorsque j'avais parlé de la Moisson et qu'il ne m'avait pas contredite lors de sa dernière visite.

Les mains en l'air, il avançait vers moi. J'avais listé les districts desquels il pouvait venir : davantage par curiosité et challenge intellectuel que pour le démasquer d'une quelconque façon. Même à cette distance, je pouvais apercevoir des marques colorées sur ses mains et cela me fit douter de mes hypothèses... Il n'avait pas la carrure d'un homme du District Deux, la maçonnerie et donc la peinture était exclue... Le District Un était trop protégé pour que des Rebelles puissent sortir si facilement, le Cinq était un choix logique mais ces traces de couleur...

Mon esprit continuait encore à analyser ces éléments, comme pour m'éviter de penser à cette sensation de soulagement et d'une joie certaine qui m'avait emplie quand je l'avais aperçu. Cela était si agréable pourtant, mes pensées précédentes et les doutes qui m'avaient assaillies s'envolaient presque : avec eux, ma volonté de garder mes distances aussi. Il s'approcha, avant de s'adresser à moi sur un ton totalement neutre :  

   
« Au vu de la tension qu'il y a au niveau de tes épaules, ton manque de concentration et l’habilité avec laquelle tu vises ce panneau, je suis même pas sûr que tu m'aurais touché. »  »


Je devais avoir affiché une expression sidérée : yeux écarquillés, sourcils levés et bouche entrouverte, tout y était. Il était sérieux ? C'était ça sa façon de me saluer et me dire à quel point il était heureux qu'on se revoit après ce qui s'était passé l'autre fois ? Un petit soupir d'exaspération m'échappa avec un demi-sourire. Je me demandais bien pourquoi j'avais été si idiote. S'il était vraiment un rebelle - et il l'était assurément - alors il ne s'attacherait jamais à moi. Je devrais en faire de même, pour son bien et pour le mien.

   
« On dit toujours que le coup part comme il faut lorsqu'on préfèrerait rater alors qui sait ! » lui répondis-je sur un ton entre la boutade et l'agacement, puis j'ajoutai comme un défi : « Mais si tu es un spécialiste... »

Clary que fais-tu donc ? N'as-tu pas encore compris ? Je m'acharnais à vouloir être plus pour lui, à espérer qu'il ressentait la même attirance interdite qui nous mènerait à coup sûr à notre perte : car à Panem, tout ce qui est beau finit par mourir. Alors je me convainquis que cette invitation était juste le fruit de mon orgueil, moi qui n'avait jamais eu réellement besoin de quelqu'un pour apprendre dans la vie.

Cependant, il me contemplait avec cette intensité remarquable. Son regard azur aurait pu me convaincre qu'il n'osait juste pas se confier. Il se rapprocha inexorablement, s'arrêta finalement à quelques pas en me laissant ainsi tout le loisir d'explorer sa silhouette filiforme. Ce fichu rythme cardiaque me trahissait, il s'emballait dans une course folle tandis que je sentais une douce chaleur monter en moi pendant qu'il me parcourait de ses yeux clairs. Il s'attarda sur mon visage et je me demandais alors ce qu'il pouvait bien penser, ressentir. Lui aussi se sentait-il aussi perdu que moi ? Avait-il au contraire réussi à mettre un terme à ce chahut interne, cette incessante ritournelle qui me plongeait dans cette angoisse et cette incertitude terrible ? C'était très déstabilisant de lutter contre une chose qu'on désirait plus que tout.

Au fond, depuis notre rencontre, tout avait été si compliqué avec lui. Je me pris à m'interroger sur la propre transparence de mes sentiments, avant de voir qu'il avait fini par fixer mon arme. D'abord légèrement énervée que cette merveille attire davantage son attention que moi, je scrutais son expression à la recherche du moindre indice sur ses songes. Mais je n'en trouvais aucun, comme toujours...

Comme s'il remettait ses idées en place, il redressa soudain la tête pour me lancer :

   
« Je suis venu pour te demander un service ! J'aurais besoin de communicateurs, longue portée, sécurisé et assez discret pour ne pas trop attirer l'attention. Tu pourrais pas m'aider ? »

Pardon ?! Il était sérieux ?

   
« Heu.. » bafoullai-je bientôt avant d'ajouter en secouant légèrement la tête pour me remettre les idées en place et avoir porté ma main gauche à ma tête pour faire mine de réfléchir : « Pas de problème, je dois avoir ce qu'il faut pour t'en monter rapidement ! Il t'en faut combien ? »

Quel abruti ! Et moi quelle idiote bon sang ! J'acquiesçai sans broncher. Où était passée Clarissa, merde quoi ? Cette ingénieure qu'on osait jamais déranger lorsqu'elle était en pleine concentration et pour laquelle toute demande devait au minimum contenir un "bonjour", "s'il te plait" et "merci" au risque sinon d'être envoyé sur les roses comme un malpropre ? Il fallait que je me réveille, il fallait que je redescende sur terre. Je n'étais qu'un élément interchangeable de la Rébellion, dont je ne faisais même pas vraiment partie, et - cerise sur le gâteau - il me prenait pour un distributeur de gadgets. Je pestai intérieurement bien que j'ai totalement oublié l'origine de cet énervement croissant et finis par lâcher tout en me tournant vers la cible pour décharger la dernière balle dans le barillet afin d'éviter tout accident :

   
« Et tu les veux pour quelle raison ? » Je n'avais pas voulu que mon ton soit aussi sec, mais c'était plus fort que moi et je m'en voulus immédiatement de peur qu'il ne se braque : « Si je dois risquer quoi que ce soit, je veux savoir pourquoi. Sans compter qu'il va falloir que je règle les fréquences de communication pour qu'elles ne soient pas filtrées là où vous les utiliserez... Parce que je suppose que ce n'est pas pour faire la causette aux pacificateurs que tu les veux... »

Et voilà que je me justifiai tout en pestant et en faisant de l'ironie ! A présent, j'étais presque plus en colère contre moi-même et ma faculté à perdre toute notion de devoir et de réalité devant mon simple désir de le garder auprès de moi. Je braquai l'arme vers la cible, au diable ses conseils à deux balles : j'allai me débrouiller. Maintenant que j'avais le chargeur en main, il suffisait de tirer la dernière balle prise dans la mécanique. Je levai l'arme lorsqu'une nuée d'oiseaux s'envola du grand chêne où était fixé le panneau, le bruissement de leurs ailes me surprit et dans un mouvement de recul mon arme se leva plus haut que voulu quand je basculai en arrière, la cheville prise dans une racine.

Un coup. En l'air. Je chutai les fesses sur le sol broussailleux. Et soudainement un corbeau mort tomba à deux mètres de moi. Je le regardai avec une certaine terreur mêlée de surprise, puis lorsque je compris la situation, j'éclatai d'un rire sonore. Je lâchai l'arme sur le sol et montai mes mains au visage pour tenter d'arrêter les éclats de rire qui m'échappaient.

Quand Jonathan m'eut rejointe, je lui lançai :  

   
« Il semblerait que je sois plus dangereuse que tu le pensais avec mes "épaules tendues" et "mon manque de concentration et d'habileté", n'est-ce pas ?   »

Je riais, je laissai aller toute la tension interne qui m'avait déchirée les minutes précédentes. J'avais juste envie de lâcher la pression, celle que je me mettais chaque jour pour ne pas trahir mon rôle d'ingénieure parfaite sous tout rapport. Décidément rien de bon n'arrivait jamais quand j'étais furieuse, le sourire m'allait tellement mieux. Profiter de l'instant présent, juste encore une fois : voilà ce que j'allai me permettre.

 


 

 

 
 

 
 

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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Lun 4 Juil - 0:20


L'ombre de l'incertitude...
Feat Clarissa

Premiers mots et première boude... Comment pouvait-il tout ficher en l'air en seulement deux phrases ? A peine eut-il fini de corriger la jeune femme sur sa posture que cette dernière écarquilla les yeux, la bouche entrouverte. Tous les signes de la surprise... Mais qu'avait-il mal fait ? Toujours cette attitude détachée qui lui jouait des tours. Mais comment devait-il réagir pour combler cette distance qu'il instaurait malgré lui ? Personne ne lui avait appris ça lors de ses entraînements...
Elle semblait déçue et une vague de colère se fracassa en lui. Pourquoi fallait-il qu'il soit comme ça ? Tout ceci n'était qu'une réaction défensive pour s'éviter de souffrir... Alors pourquoi Jace n'avait qu'une envie : se jeter dans les bras de la jeune femme ? Mais alors qu'il voulait succomber à cette envie, son esprit le rappelait sans cesse à l'ordre avec des tas de questions et d'hésitations.


On dit toujours que le coup part comme il faut lorsqu'on préférerait rater alors qui sait ! Mais si tu es un spécialiste...  

Bingo, Jonathan ! Tu venais de tirer le gros lot... Chasser le naturel et il revient au galop qu'on disait... Cette fois, il faudra faire un effort et ne pas s'enfermer dans ce rôle de rebelle inaccessible qu'il avait cultivé depuis des années. Cette fille, c'était tout ce qu'il désirait alors pourquoi fallait-il que tout soit aussi compliqué ? Voulait-elle dire qu'elle voulait lui tirer dessus ? Enfin, il se doutait qu'elle n'avait pas l'intention de le tuer mais peut-être que sur le coup de la colère, les mots avaient dépassé sa pensée... Et le sarcasme évident en fin de phrase... Il ne voulait que donner un conseil...
Mais voilà qu'il avait croisé son regard et toute colère, toute frustration disparurent au profit de ce partage, de cette communication non verbale mais qui signifiait pourtant tout.
Mais après un long moment à observer Clarissa, il se rappela qu'il était venu avec une excuse, un prétexte pour justifier sa venue. Certes, ce n'était qu'une excuse pour passer du temps avec l'ingénieure mais c'était tout aussi important si ce n'était plus que ses propres sentiments égoïstes...
Seconde erreur... Mais quand est-ce qu'il serait capable de parler sincèrement à quelqu'un autrement que dans une situation de faiblesse ? Il s'en mordit la lèvre tandis que la jeune femme lui répondit assez surprise.

Heu..  Pas de problème, je dois avoir ce qu'il faut pour t'en monter rapidement ! Il t'en faut combien ?

Mais alors qu'il allait répondre, Clary se retourna comme pour dissimuler toute sa colère et sa frustration. Jonathan serra les poings et les dents de colère. Le revolver pointé en direction de la cible... Mais encore une fois, ces mains étaient tremblantes et ses épaules trop raides... Enfin, il pouvait ressentir que cette fois, ce n'était pas l'angoisse qui la troublait mais une colère froide... Surement dirigée contre lui... Elle avait surement raison mais il ne comprenait pas vraiment pourquoi...

Et tu les veux pour quelle raison ?

La colère et la frustration dans sa voix eut l'effet d'un fouet claquant au visage du blondinet. Par dépit, le jeune homme baissa la tête. Pouvait-on se sentir aussi coupable que lui en cet instant ? Mais encore une fois, que devait-il faire pour se faire pardonner ? De simples excuses ne seraient pas suffisantes et les démonstrations d'affections, ce n'était pas son fort. Comment savoir comment elle allait réagir maintenant ? Pourquoi les relations sociales étaient si compliquées ? Même au sein de la rébellion, il s'était rendu compte qu'il ne savait pas communiquer avec les gens et cela lui avait déjà porté préjudice de bien des manières...

Si je dois risquer quoi que ce soit, je veux savoir pourquoi. Sans compter qu'il va falloir que je règle les fréquences de communication pour qu'elles ne soient pas filtrées là où vous les utiliserez... Parce que je suppose que ce n'est pas pour faire la causette aux pacificateurs que tu les veux...

Que lui répondre ? Elle avait raison après tout... Il ne lui avait donné aucune information et le voilà qu'il déboulait pour lui demander du matériel... Elle ne faisait même pas partie de la rébellion. Prenant son courage à deux mains, il leva sa main droite pour la poser sur l'épaule de la jeune femme. Après tout, il était suffisamment mal vu par la jeune femme. Que risquait-il maintenant ? Une main sur son épaule ne pouvait pas amener quelque chose de pire que toute la colère qu'elle lui destinait...
Un bruissement d'ailes surprit alors la jeune femme qui recula et tira. La balle partit en plein milieu du ciel et un horrible croassement se fit entendre. Une masse noire et emplumée s'écrasa au sol quelques secondes après que Clarissa ait elle-même touchée le sol à cause de son mouvement de recul.
Malheureusement, Jace était trop loin pour lui prêter main-forte et la rattraper avant qu'elle atteigne le sol terreux. Néanmoins, le blondinet s'était précipité à sa poursuite alors que la jeune femme se mit à rire. Jonathan était totalement perdu devant ce spectacle. Qu'est-ce que tout cela pouvait bien vouloir dire ? Pouquoi riait-elle ? La situation n'avait rien de drôle...


Il semblerait que je sois plus dangereuse que tu le pensais avec mes "épaules tendues" et "mon manque de concentration et d'habileté", n'est-ce pas ?

Mais lorsqu'il la vit soulagée et souriante, cela effaça tous ses questionnements. La joie, son sourire était tellement plus beau que la colère qu'elle lui avait précédemment destiné. Sans même y réfléchir, il attrapa délicatement la jeune femme et l'aida à se remettre sur ses jambes. Cependant, alors qu'elle était debout, le jeune garçon continua à la tenir dans ses bras, se perdant encore une fois dans les yeux marrons de la jeune femme. Mais au bout de quelques instants, Jace se ressaisit et se rendit compte que cela devait le rendre quelque peu étrange de la fixer comme ça en la tenant sous les aisselles.
Il eut alors un mouvement de recul et un sourire gêné avant de reprendre son sérieux. Il détourna le regard et son attention se focalisa sur le corbeau mort gisant près d'eux. Il était hors de question de laisser Clarissa dans la nature avec une arme sans la former préalablement.


Je comprends ton désir de te protéger et de porter une arme. Je ne t'en empêcherai pas mais laisse-moi au moins t'enseigner comme t'en servir correctement.
Je ne voudrais pas qu'un accident plus grave que celui-ci t'arrive, Clarissa...


Il tenta alors de croiser son regard et de lui sourire. Un sourire crispé tout au plus mais c'était l'intention qui compte, non ? Pourquoi n'y arrivait-il pas ? Allez, Jace, n'abandonne pas, fais un ultime effort ! Ouvre-toi encore un peu et essaie de réparer ton erreur ! Une profonde inspiration et surtout ne pas croiser son regard. Ces yeux avaient le pouvoir de saper toute volonté et de l'aspirer totalement... Une deuxième inspiration... Ses lèvres se détachèrent pour tenter de former un son... Courage, ce n'était pas si dur... Une dernière inspiration et il se jeta à l'eau.

Je ne voulais pas te mettre en colère. Je tiens à m'en excuser même si cela ne veut certainement pas dire grand chose. Je tenais à ce que tu saches que je regrette... Et je répondrai une fois de plus à toutes tes questions...

Sérieusement ! C'est tout ce dont il était capable ? Cette femme a failli ne plus jamais lui adresser la parole et tout ce qu'il trouvait à lui dire, c'était des excuses minables ! Mais c'était la chose la plus sincère qu'il avait pu dire depuis au moins une semaine ! La dernière fois, c'était face à la même personne mais il avait été si vulnérable à ce moment-là...
Après tout, tout ce que Jace désirait c'était passer le plus de temps possible en compagnie de Clarissa... Et il se le pardonnerait jamais si cette dernière finissait par le rejeter !

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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Mar 9 Aoû - 2:50













 
Dans l'ombre de l'incertitude...
 
~ Après le calme, la tempête ~



 


 
Bien, juste bien. Je me sentais tellement libre en cet instant précis. Mon rire résonnait légèrement, se faufilait entre les branchages entrelacés et courait sur les briques de la façade, lissée par le temps. Pendant un court moment, il était en train de redonner vie à ce lieu où le vide avait élu domicile, où l'absence avait remplacé les sourires et les visages enjoués si propres au bonheur familial. Une poignée de secondes durant laquelle cette maison avait retrouvé à mes yeux la saveur d'antan. Des flashs, des souvenirs,... Je pouvais presque revoir mon père m'attraper par la taille et me faire virevolter dans les airs, je pouvais presque sentir les cheveux de ma mère dans mon cou quand elle nous avait rejoint et que ses lèvres s'étaient pressées sur mon front.

Oui. Bien. Juste bien.
Cela faisait une éternité que je ne m'étais pas sentie si légère, si insouciante. Je n'arrivais même pas à m'en vouloir, bien au contraire.

Dans son regard, je décelai sans nulle difficulté l'incompréhension de Jonathan. Il était visiblement dépassé par les événements et cela était tellement grisant. Rien ne servait d'être fin connaisseur des émotions humaines pour savoir que ce jeune homme avait un besoin maladif de contrôle, tout comme le mien je devais bien l'admettre, mais contrairement à lui j'arrivais à lâcher prise. Rarement certes, mais c'était possible. Comme en ce moment-même où tout était devenu soudain si simple, du moins en apparence.

Toujours avec cette même lueur inquiète qui dévorait ses traits fins, il m'avait aidée à me relever alors que les rires s'étaient tus. Un large sourire les avait remplacés, franc et plein d'une douceur joueuse. Il aurait pu rendre ce moment inoubliable. Un rien et tout aurait pu devenir différent. Tout aurait pu être simple, facile, sans aucune complication. Mais c'était Jonathan.

Il cessa de me fixer, tournant le regard sur le corbeau mort au sol. Je l'aperçus en songeant que la pauvre bête avait sans doute été l'être le plus malchanceux de Panem aujourd'hui. Un gloussement faillit m'échapper, c'était tellement risible et pathétique. Tout dans mon attitude invitait à s'adonner aux joies futiles, aux jeux innocents, aux bonheurs simples. Sa bouche s'ouvrit. Je ne sais pas que j'espérais. Pas une déclaration, j'aurais détesté ça. Peut-être qu'il me fasse part de ses sentiments, qu'il rende toute cette mascarade entre nous plus claire, plus limpide, transparente presque. Que tombent les masques alors que ces lèvres laissaient échapper le son de sa voix...

   
« Je comprends ton désir de te protéger et de porter une arme. Je ne t'en empêcherai pas mais laisse-moi au moins t'enseigner comme t'en servir correctement.
Je ne voudrais pas qu'un accident plus grave que celui-ci t'arrive, Clarissa...
»


Un fracas venait d'avoir lieu. Il ne l'avait pas entendu, il n'entendait jamais. Il avait brisé cet instant hors du temps avec une aisance déconcertante. Aucune once d'étonnement, aucun soupçon de regret, rien dans son attitude ne pouvait laisser planer le doute : il ne s'était rendu compte de rien. Un hoquet me secoua. Deux à-coups d'un rire sarcastique venaient de clôturer la parenthèse offerte.

Et il parlait d'accident "grave", le bougre ! "Grave" ?! Etait-il sérieux ? "Grave", c'était quand il y avait plus qu'un corbac mort sur le sol ! "Grave", c'était si les pacificateurs débarquaient chez moi, là maintenant. "Grave", ce n'était pas rire et être vivante. Mon regard cherchait le sien mais il ne me regardait toujours pas, il m'évitait avec soin. Je ne comprenais plus, y avait-il d'ailleurs quelque chose à comprendre à son petit manège ?

J'étais restée silencieuse. Les couleurs étaient redevenues plus ternes, nuances d'un gris qu'il m'avait été bon de quitter pour une émotion authentique. Cependant, lui n'était qu'un robot, non plutôt un bon petit soldat. On ne pouvait rien attendre de lui si ce n'est son dévouement sans faille. Mon silence valait mieux que toutes les réponses du monde, pourtant il ne l'entendait pas.

   
« Je ne voulais pas te mettre en colère. Je tiens à m'en excuser même si cela ne veut certainement pas dire grand chose. Je tenais à ce que tu saches que je regrette... Et je répondrai une fois de plus à toutes tes questions... »

Il persistait et signait même ! Il me décevait, il me blessait. Il me révoltait. Je m'étais ouverte à lui pour quoi ? Pour qu'il ne voit même pas qui j'étais derrière la fille pleine de convictions et de persévérance ? La seule explication logique était qu'il s'en fichait finalement : il n'avait pas besoin de me connaître pour exploiter mon désir de vengeance et servir les plans de la Rébellion. Au final, on en arrivait toujours au même point. Capitole ou Rebelles, c'était tous les mêmes. Des profiteurs.

Je secouai la tête, comme pour me débarrasser de cette pensée pleine de rage :

   
« Je ne devrais pas avoir à te demander quoi que ce soit... » dis-je en le défiant du regard. « Le jour où tu es venu me fourrer le dossier de mes parents dans les mains tu ne m'as rien demandé, tu l'as fait. C'est tout. »

J'avais déjà tourné talons pour me diriger vers la porte arrière de la maison, attrapant l'arme tombée au sol avant de m'éloigner. Qu'il aille au diable avec ces conneries de questions ! J'étais censée lui tirer les vers du nez c'est ça ? Il voulait que le dissèque ? Oh oui Jonathan, là j'avais sérieusement envie de te disséquer mais pas dans un interrogatoire, plutôt dans mon laboratoire ! La porte ouverte, je fis un pas dans la cuisine sur laquelle elle donnait, posant l'arme et les chargeurs sur l'égouttoir de l'évier dans un geste mécanique. Oh et puis merde Clary, dis-lui ce que tu penses, m'assénais-je avec véhémence, dispute interne.

   
« Tu crois quoi Jonathan ? » Je m'étais retournée vers lui, la main sur la poignée de la porte arrière, prête à bondir au dehors. Ma voix était plus soufflée que je l'aurais voulu, il fallait croire que j'avais plus d'humanité que lui. « Que tu peux venir ici quand ça te chante pour me dire à quel point j'ai besoin de toi ? »

Je fis quelques pas dans sa direction avant de me planter devant lui. Mon expression était dure, mes paroles aussi.

   
« Je me suis toujours débrouillée seule. Je n'ai jamais eu besoin de quiconque. Descendre un piaf, c'est grave dans ton "monde" ? Dans le mien, c'est le cadet de mes soucis et c'est toi le principal. » Je marquai une pause, pour la première fois j'avais l'impression qu'il était un tant soit peu déstabilisé. « Des questions ? Ouais j'en ai plein parce que j'ai pas de "supers-dossiers-secrets" sous la main ! Et on s'en moque de mes questions, on s'en moque parce que si ça vient pas de toi, si je suis obligée de demander, c'est que tu ne me fais pas confiance. Si c'était le cas, tu te serais pas pointé comme un voleur en me prenant pour un distributeur de joujoux et en me disant "tout va bien pauvre demoiselle perdue je vais t'apprendre la vie et si t'as des questions t'as qu'à demander". »

Ma vue s'était brouillée sous les larmes de rage. En vérité je lui en voulais, plus que jamais je lui en voulais : plus que le jour où il m'avait tout révélé pour mes parents, plus que le jour où il m'avait embrassée... Je lui en voulais de faire comme si je n'étais qu'une distraction, il suffisait qu'il l'avoue si c'était le cas. Mais il n'avait pas le droit de faire ce petit jeu malsain où il faisait un pas en avant et trois en arrière. Cela faisait trop longtemps qu'on tournait autour du pot, qu'il fuyait ou plutôt restait tapis à l'abri. Moi, j'en avais marre d'avoir l'impression que tout était ma faute et que j'étais la seule à me mettre à nu.

   
« Alors Jonathan... Que décides-tu ? » Encore un pas, nous étions si proches... Entre l'envie de fondre dans ses bras et de le frapper, la frontière était mince. Pourtant je restai immobile quand je terminai : « Tu restes un fantôme dans ton monde ou tu prends le risque de tomber le masque pour faire un pas vers le mien ? »

 


 

 

 
 

 
 

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Dernière édition par Clarissa L. Stern le Dim 13 Nov - 23:29, édité 1 fois
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Dim 13 Nov - 16:51


L'ombre de l'incertitude...
Feat Clarissa

Pourquoi tout était toujours si compliqué ? Pourquoi n'y arrivait-il tout simplement pas ? Pourquoi fallait-il que tout soit si mystérieux chez lui ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi... Une colère sourde sonnait en Jace, une colère dirigée contre lui-même mais aussi envers le monde entier. Sa vie avait toujours été simple, vivre, mourir, la Rébellion, tout ça c'était rangé dans des petites cases qu'il pouvait ouvrir et fermer à loisir. Il en avait le contrôle, il n'avait qu'à simplement avancer. Mais voilà, tout avait changé avec Clarissa Stern. Une nouvelle tournure dans sa vie, une nouvelle vision du monde et de lui-même. Tant de promesses... Et pourtant, il était incapable de tenir la seule qu'il s'était faite pour la jeune femme. Simplement être soi-même, sans masque, sans secret. Tout cela était un poison, il s'en rendait compte mais voilà, il avait toujours vécu ainsi et le changement n'est pas si aisé.

Ses derniers mots, qu'il avait considéré comme une ouverture de son monde n'était en fait qu'une énième invitation. C'était encore une fois à l'ingénieure de faire un effort et non à lui de se dévoiler. Le rire de Clarissa s'arrêta et avec le monde s'éteignit. Plus un bruit, aucune saveur... Il avait brisé quelque chose, sans vraiment comprendre quoi. Jace le sentait cependant, sa froideur l'éloignait encore plus d'elle. Et pourtant, il se rappelait encore d'avoir posé ses lèvres sur celles de la jeune femme. C'était comme s'il était un étranger à lui-même aujourd'hui...
La femme la plus importante aux yeux de Jace secoua alors la tête et lui jeta alors un regard dur tout en lui assénant une vérité qu'il n'était pas encore prêt à entendre.


« Je ne devrais pas avoir à te demander quoi que ce soit...  Le jour où tu es venu me fourrer le dossier de mes parents dans les mains tu ne m'as rien demandé, tu l'as fait. C'est tout. »


Il ne put accuser son regard et détourna les yeux, tentant de garder une expression neutre. Devait-il encore combattre ou rendre les armes ? Son secret, c'était aussi ce qui le maintenait en vie. Si un jour, le Capitole s'en prenait à Clarissa alors il serait fini. Tout tomberait ! Sa vie de rebelle voire même le réseau... Et ce serment, il l'avait fait pour protéger plus que sa propre personne. S'il y avait des règles, c'était pour les suivre ! Il ne pouvait juste pas se dévoiler... Mais ne rien dire c'était perdre Clarissa... Pourquoi fallait-il que tout soit aussi compliqué ? Ses poings se fermèrent de colère, ses dents se serrèrent... La pression était si forte.
Et Clarissa partait en direction de la maison, le laissant seul. Cela avait été la goutte d'eau. Une larme s'écrasa sur le sol. Il se tenait debout au milieu de l'herbe, sans bouger. Ses muscles crispés ne répondaient plus, son esprit se livrait à un combat entre deux parts de lui-même. Que pouvait-il faire ? Un choix s'imposait mais il n'y avait aucune bonne réponse... Il avait déjà fait des erreurs, il en était conscient mais cette fois, il n'y avait pas de bon choix, pas d'erreur... Devait-il choisir la confiance ou la solitude ?

Clarissa réapparut au seuil de la porte, visiblement furieuse. Sous la frustration, ses bras tremblaient légèrement. Il était clair que maintenant, il allait perdre le contrôle. Mais allait-il exploser ou s'effondrer ? Ce choix maudit...


« Tu crois quoi Jonathan ?  Que tu peux venir ici quand ça te chante pour me dire à quel point j'ai besoin de toi ? »

Les mots de la jeune femme le frappèrent de plein fouet. Elle avait raison, il comprenait ce qu'elle ressentait mais encore une fois, il resta debout sans bouger, sans dire le moindre mot. Le tremblement de ses bras demeurait encore léger. Mais intérieurement, il se sentait tiraillé. Il était redevenu le jeune garçon qui avait désiré une vie heureuse mais à qui on avait imposé la solitude et des responsabilités trop lourdes pour ce qu'il pouvait en supporter. Ce choix, il ne l'avait pas eu... Avait-il seulement grandi depuis ce jour ?

Clarissa sortit de la maison et se plaça alors devant lui, prête à faire ressortir toute la douleur qu'elle avait. Jonathan contenait encore la sienne avec toute la difficulté du monde. Le contrôle... Il fallait qu'il se contrôle... Cependant, il n'était pas prêt, jamais il n'aurait pu l'être...


« Je me suis toujours débrouillée seule. Je n'ai jamais eu besoin de quiconque. Descendre un piaf, c'est grave dans ton "monde" ? Dans le mien, c'est le cadet de mes soucis et c'est toi le principal. »

Un souci... Il n'avait été qu'un souci... Instinctivement, il fit un pas en arrière, comme une volonté de fuite. Il n'avait qu'à partir et tout serait réglé de toute façon ! Ainsi, il disparaîtrait de sa vie, plus de souci... Mais son corps n'obéissait plus, un pas en arrière, c'était tout ce qu'il avait pu faire... Le monde de Jace... Qu'était-il vraiment aujourd'hui ? Deux morceaux épars d'une personnalité qui se déchirait sans possibilité de recollement. A part ce choix... Faire confiance ou rester seul... Ce choix qu'il n'avait jamais fait !

« Des questions ? Ouais j'en ai plein parce que j'ai pas de "supers-dossiers-secrets" sous la main ! Et on s'en moque de mes questions, on s'en moque parce que si ça vient pas de toi, si je suis obligée de demander, c'est que tu ne me fais pas confiance. Si c'était le cas, tu te serais pas pointé comme un voleur en me prenant pour un distributeur de joujoux et en me disant "tout va bien pauvre demoiselle perdue je vais t'apprendre la vie et si t'as des questions t'as qu'à demander". »

La confiance... Tout ne tenait qu'à ce concept... La confiance envers un compagnon d'armes, la confiance en du matériel, tout ça, il connaissait mais avoir confiance en quelqu'un, avoir confiance en une personne... C'était trop pour lui... Mais elle avait raison ! Comment aurait-il réagi si les rôles avaient été inversés... Ce savoir qu'il avait sur elle, c'était effrayant. Lui, il connaissait tout de sa vie et elle, elle ne savait rien de lui. Il n'était qu'un fantôme qui disparaissait à sa guise sur lequel elle n'avait aucune prise.

La jeune femme pleurait de rage, en réalité, elle devait être aussi ravagée que lui à l'intérieur. Cependant, dans ces instants, sa propre douleur transcendait tout et voir Clarissa dans cet état ne faisait que sublimer la peine et la rendre encore plus insupportable. Un choix...


« Alors Jonathan... Que décides-tu ? » avait-elle dit en faisant un pas vers lui. Un rien les séparait à présent. « Tu restes un fantôme dans ton monde ou tu prends le risque de tomber le masque pour faire un pas vers le mien ? »

La question... Elle avait formulé à voix haute ce choix qui le hantait depuis plusieurs minutes maintenant. Il ne pouvait plus se dérober... Ses poings se crispèrent davantage, ses bras tremblèrent fortement et son visage sembla se décomposer. Jonathan perdit le contrôle, son masque était tombé. Seules les larmes semblaient bloquées à l'intérieur du jeune blondinet. Ce choix... Clarissa était devant lui, lui offrant le choix. Elle qui s'était montré si compréhensive, qui avait eu plein d'occasions de le faire capturer ou de lui faire cracher des informations mais elle n'avait rien fait de tout ça. Puis l'idée de la perdre lui brisait totalement le coeur. Jamais il ne pourrait vivre en ayant ça sur la conscience. Le choix...
Il se jeta sur Clarissa en la serrant dans ses bras, pleurant toute la frustration qu'il avait accumulé. Les mots sortaient sans aucune difficulté, seulement le balbutiement due à ses sanglots hachaient sa parole.


Je suis désolé, Clarissa. Mais je tiens trop à toi pour te perdre ! Il tenta de reprendre son souffle mais ses larmes continuèrent de couler. Toute ma vie, je l'ai passé à garder le secret sur qui je suis mais tu mérites de savoir. Je t'aime... dit-il dans un dernier murmure.

Il resta ainsi dans les bras de la jeune femme pendant plusieurs minutes, l'écoutant lui répondre et calmant ses larmes. Clarissa avait réussi l'exploit de briser ses barrières. Jonathan se sentait prêt à lui dire qui il était, il avait fait un choix. Le petit garçon avait grandi en fin de compte...
Après cette longue étreinte, il retira sa tête de l'épaule de la jeune femme dans laquelle il s'était camouflé pour la regarder dans les yeux tout en la tenant toujours contre lui.


Mon nom est Jonathan Christopher Gray et je viens du Huit. Si je suis venu ici, c'est uniquement pour te voir... Tout n'a toujours été qu'une excuse pour te voir...

Il avait dit tout cela dans un murmure comme s'il avait voulu que seule Clarissa puisse entendre cette confession. Ni le vent, ni la nature ne devait entendre ce qu'il venait de dire. Il venait de rompre un serment qu'il avait fait depuis sa plus tendre enfance et pour la première fois depuis longtemps, il se sentait libre. Il avait choisi de faire confiance...

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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Dim 13 Nov - 23:22













Dans l'ombre de l'incertitude...
~ Après le calme, la tempête ~






L’ immobilité, cette sensation d’inertie m’avait enveloppée peu à peu alors que mon regard glissait dans l’océan gris des pupilles de cet homme, cet inconnu. J’étais pétrifiée. Entre colère froide et tendresse furieuse, un vertige me saisissait de son étreinte violente : il avait essayé de fuir. Un pas seulement l’avait éloigné de moi, le frisson qui m’avait parcouru m’avait glacée et pourtant je n’avais pas défailli. Plus aucune faiblesse, je ne me le permettais plus. Jusqu’à présent, j’avais pris sur moi et où cela nous avait-il menés ? Tout n’avait été qu’apparence. Maintenant, je voulais goûter à la réalité.

Peut-être étais-je cruelle, mais qu’importe… En cet instant, j’avais besoin de l’être. J’avais été malmenée, j’avais subi ses choix, son indifférence et ses comportements indéchiffrables sans broncher. J’avais souffert et la vérité c’est que j’avais besoin qu’il souffre lui aussi. J’avais besoin de lire cette incertitude dans chacun de ses traits, j’avais besoin de lire la torture dans les reflets cristallins de ses yeux, j’avais besoin de le voir aussi perdu que moi.

Alors j’avançai, jusqu’à sentir la caresse de son souffle sur ma peau. Même si celui-ci séchait les larmes haineuses qui coulaient silencieusement sur mes joues, il  laissait aussi transparaître sa respiration perturbée et son corps tremblant. Je le sentais m’échapper. Son âme glissait le long de ma douleur, elle s’effondrait sous le poids d’une décision que je lui avais confiée. Et moi, je le contemplais entre deux diamants au bout des cils. Une expression passa furtivement sur son visage, craquelant vaguement l’image du type sûr de lui à la volonté inébranlable. Finalement, il n’était qu’un colosse aux pieds d’argile. Je m’engageai dans cette brèche à corps perdu.

Quand la question résonna, mon cœur rata un battement. Le point de non-retour était atteint et, étrangement, j’en étais presque soulagée. Désormais, nous ne jouions plus. Plus de faux semblants ni même d’échappatoires, nous étions au pied du mur et enfin j’eus cette impression grisante de retrouver mon authenticité. J’étais à nouveau cette fille qui osait, qui faisait preuve de volonté et de défiance, que rien n’ébranlait… Une illusion de plus. Cette Clarissa n’existait plus. Au moment même où j’avais failli le tuer dans cette ruelle, cette fille était morte. Désormais, j’avais le droit d’être déterminée et fragile, audacieuse et tranquille, violente et sensible,… Ne manquait que cette autorisation de me soucier de quelqu’un d’autre que de moi-même, lui seul pouvait me l’accorder.

Des ombres dansaient dans son regard. Son chemin était tout tracé : il vivait dans un monde indicible dans lequel il n’était qu’un être insaisissable parmi tant d’autres. Je lui demandais davantage. Je voulais plus qu’un fantôme. Je voulais savoir, connaître les sacrifices qu’il était prêt à consentir. C’était orgueilleux, mais j’avais déjà tant perdu dans cette existence de mensonge que c’était vital. Pouvait-il tenir à moi au point de choisir un destin de maudit, de traître ? Car c’est un pacte avec le diable que je lui proposais, une perte totale de repères, un abandon, une chute dans le vide que j’étais prête à faire avec lui si seulement il saisissait ma main pour s’évader dans l’obscurité terrifiante de l’inconnu. Nous aurions certainement peur, nous le regretterions peut-être, nous nous en délecterions sûrement, mais au moins nous aurions une chance. Cette possibilité d’enfin se rencontrer, loin des cocons abrupts dans lesquels nous nous étions réfugiés pour échapper à ce monde trop sombre pour notre désir de liberté.

Je ne sentais plus mon corps. Il n’était qu’une masse inerte, déconnectée de ma conscience. Toute mon attention était rivée sur Jonathan. Son dilemme interne, sa guerre personnelle, on pouvait presque l’apercevoir à chacun des mouvements saccadés de ses bras qui battaient la mesure, on la percevait aux bords de ses lèvres secouées de spasmes, aux recoins de ses yeux dans lesquels on pouvait presque voir la tempête se dresser… Un orage balayait son être. Le temps s’était suspendu, une fraction de seconde durant laquelle le gouffre pouvait s’ouvrir sous nos pieds.

Quand le déferlement éclata, il fondit dans mes bras et soudainement toute mon angoisse s’envola en même temps que ses pleurs déchirèrent le silence pesant de la nature qui nous avait offert cette parenthèse hors du temps. Je sentis ses larmes, si chaudes, couler dans mon cou. Je sentis ses bras m’étreindre avec une puissance qu’on ne peut attribuer qu’au désespoir, cette sensation de tout perdre pour accéder à un après qu’on espère meilleur. Aucune promesse, juste des possibilités, une myriade de chances même infimes de vivre autre chose qu’une belle illusion.

   
« Je suis désolé, Clarissa. Mais je tiens trop à toi pour te perdre ! Il tentait de reprendre ses esprits mais en était incapable, moi je le soutenais sans réaliser encore les conséquences. Toute ma vie, je l'ai passé à garder le secret sur qui je suis mais tu mérites de savoir. Je t'aime... »

Je crois que je venais tout juste de comprendre. La vie, ce n’était pas juste des théories, des hypothèses, des convictions et des certitudes. La part de doutes était le seul vertige qui rendait son parfum si enivrant et nous permettait de ne pas nous éteindre définitivement dans l’indifférence. Il avait choisi d’être important. D’être quelqu’un. Pour moi.

Alors mes bras l’enserrèrent avec cette force que seule une telle déclaration sait éveiller. Mon visage blottit dans ses cheveux blonds et les paupières fermées, je sentais tout le poids qui tombait de ses épaules finalement trop frêles pour le supporter. Je découvrais le vrai Jonathan et il était touchant, tellement plus humain que ce rebelle distant et inaccessible qu’il m’avait montré jusqu’à présent.

Doucement, nos genoux cédèrent et, agenouillés sur le sol terreux dont l’herbe couchée nous faisait un tapis, je le laissais déverser tous ses pleurs. Ma rage s’écoulait le long de ses larmes et elle disparaissait dans la terre sur laquelle elles chutaient.

Sans cesser l’étreinte, ma main droite caressait avec tendresse ses cheveux, glissait sur sa peau dont je respirai l’odeur suave. Je lâchais de petits chuchotements doux, tentant d’apaiser cette perte de repères. J’avais vécu cette descente aux enfers : mon monde s’était brisé, cela avait été dur, violent, mais je m’en étais remise et cela parce que je n’étais pas seule. Maintenant, je pouvais en être sûre : je n’avais pas été seule. Il avait toujours été là pour m’aider à surmonter tout cela. Bien sûr, cela était à sa manière : catastrophique, maladroite et parfois vexante, mais c’était la sienne. Un large sourire barra le passage aux larmes, je déposai un baiser sur son front.

   
« Chut… ça va aller… dis-je sans cesser mes caresses. Merci… Merci de m’avoir choisie… continuai-je avant de marquer une pause pour corriger : De nous avoir choisis. »

Les minutes passèrent, sa tête posée dans le creux entre mon cou et mon épaule. Il fuyait encore mon regard, il avait besoin de temps. Je pouvais lui accorder, je lui accorderais tout ce qu’il voulait maintenant qu’il avait décidé de compter pour quelqu’un, qu’il m’autorisait à l’aimer. Lorsqu’il se redressa, la fraîcheur de l’air qui remplaça sa présence contre ma peau réveilla en moi cette crainte primaire : pouvait-il encore changer d’avis ? Je l’interrogeai en silence quand une parole flotta dans la brume qui était tombée autour de nous :

   
« Mon nom est Jonathan Christopher Gray et je viens du Huit. Si je suis venu ici, c'est uniquement pour te voir... Tout n'a toujours été qu'une excuse pour te voir... »

Un murmure. Rien qu’un murmure. Pourtant, cela voulait dire tellement de choses.

Habituellement, j’aurais analysé la moindre de ses phrases, décortiqué ses paroles et confronté mes hypothèses à ses affirmations. Cependant, en cet instant, la mélodie de sa voix me suffisait : elle résonnait de nuances que je ne lui connaissais pas. Elle sonnait juste, tout simplement. Les artifices avaient disparu pour laisser la place à une confiance aveugle.

Jonathan Christopher Gray. Le District Huit.

Je ne m’étais jamais crue capable de penser autrement qu’avec ma raison, il fallait croire que la promesse que le cœur ait des raisons que la raison ignore prenait soudain une consonance toute particulière. Cela lui coûtait tant, chaque mot était une victoire pour lui que je ne pouvais qu’être admirative, reconnaissante,… amoureuse ?

Je souris. Un sourire du bout des lèvres, délicat qui pourtant était le reflet visible d’un bonheur indéchiffrable et incompréhensible pour ma tendance à tout rationnaliser. Mes iris noisettes se plongèrent dans son regard si perdu, alors que déjà les paroles m’échappaient naturellement :

   
« Enchantée de faire ta connaissance Jonathan Christopher Gray du District Huit. » J’eus un léger hoquet rieur devant sa mine surprise puis j’ajoutai : « Je suis Clarissa Lily Stern, du District Trois. »

Tout chez lui semblait différent, j’avais l’impression de le redécouvrir. Ses traits paraissaient soudain plus jeunes, moins durs. Ils étaient emplis d’une fragilité que je ne lui connaissais pas et dont je doutais que qui que ce soit ait pu apercevoir. Il y avait quelque chose de beau dans cette délivrance, une porte vers l’inconnu que nous allions devoir à présent traverser ensemble même si cela nous terrifiait.

   
« Cela fait tellement de bien de te rencontrer enfin… »

Je l’embrassai. Pressée contre son torse, je goûtai le parfum salé de ses lèvres. Les frissons qui me parcouraient étaient bien différents de tous ceux qui m’avaient parcourue jusqu’à présent : l’explosion de couleurs, de saveurs et de sentiments m’emportait dans une ritournelle si belle que mon unique souhait fut qu’elle dure l’éternité…









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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Lun 14 Nov - 22:21


L'ombre de l'incertitude...
Feat Clarissa

Un masque venait de tomber... Celui d'un homme qui pensait pouvoir tout contrôler et vivre sans attaches. Un masque qu'il avait porté depuis tant d'années sans la moindre difficulté mais qui sous l'action d'une femme était devenu un carcan qui l'empêchait de respirer. Récemment, il avait pris la mesure de son attachement à la rébellion ou plutôt de son asservissement à cette dernière. Cependant, il l'avait accepté, persuadé d’œuvrer pour le bien commun. Néanmoins, aujourd'hui, il venait de saisir autre chose, quelque chose de beaucoup plus profond et mesquin. Les rebelles lui avaient volé sa sensibilité, ses émotions et sa sociabilité... Jamais il ne pourrait récupérer cela, tout était perdu. Seuls les mots de Clarissa avaient pu résonner en lui et le toucher. Le faire redevenir le petit garçon qu'il avait été jadis, avant toutes les épreuves et les renoncements. Comment avait-elle pu y parvenir ? Un mystère qui n'aurait sans doute aucune réponse...
Le seul moyen qu'il avait trouvé pour évacuer toute cette frustration, cette peine, cette peur de lui-même et des autres, c'était les bras de la seule personne qui parvenait à l'atteindre. Cette femme qui l'avait forcé à choisir, qui l'avait menacé de partir pour le laisser encore plus seul. Seulement une attache au monde, était-ce trop demandé ?

Les pleurs, la chaleur réconfortante de Clarissa Stern, tout cela l'apaisait. Jamais il n'avait su s'ouvrir autant à quelqu'un et pourtant, tout lui semblait si simple. Pourquoi tout lui avait semblé compliqué auparavant ? Il suffisait de lâcher prise... Sans même s'en rendre compte, lui et Clarissa étaient à genoux sur le sol de la cour, à côté du pigeon mort. Mais qui s'en souciait ? L'émotion était si forte, si intense que rien d'autre ne comptait que la chaleur de l'autre. Bercé par les paroles et les gestes de l'ingénieure, Jonathan finit par se calmer, posant ses mains sur le dos de la jeune femme comme pour en saisir davantage la présence.
Puis lorsqu'il vit enfin son visage souriant souillé par les larmes, il comprit qu'il avait fait le bon choix. Les paroles rassurantes de Clarissa sublimèrent cet instant dans lequel il voulait s'abandonner totalement. Sa respiration se calma et tout son visage se détendit.

Il fit alors le choix de se présenter de manière sobre et discrète. Le monde ne devait rien savoir de ce qu'il était en train de faire. Tout n'était que pour elle, pour qui il venait de renoncer à tous ses mystères. Cette présentation était si convenue et inapproprié mais Jace avait toujours été maladroit et asocial. Mais elle souriait et c'était tout ce qui importait. Ce sourire et ce regard brillant dans lequel il n'avait plus peur de se plonger, l'invitaient à se laisser porter alors qu'il n'avait plus le moindre repère.


« Enchantée de faire ta connaissance Jonathan Christopher Gray du District Huit. Je suis Clarissa Lily Stern, du District Trois. »

La surprise l'envahit quelques instants en entendant cette réponse à laquelle il ne s'attendait pas puis le petit rire de Clarissa lui arracha un sourire et finalement, un léger rire s'échappa. Le contrôle avait disparu... Depuis combien de temps n'avait-il pas ri ? Cela semblait être une éternité... Les sourires de façade et les faux semblants ne laissaient pas vraiment de place à la joie sincère... Mais le voilà qui riait, certes cela fut fugace mais cela fut existant.
Ils étaient toujours à genoux sur le sol mais ils s'en fichaient... Ils étaient redevenus deux enfants qui vivaient l'instant présent sans se soucier des problèmes des grandes personn
es.

« Cela fait tellement de bien de te rencontrer enfin… »


Elle l'embrassa. Cette expérience fut encore plus unique que la précédente. Plus rien ne les retenait, ils s'étaient exposés à l'autre, il n'y avait rien d'autre que l'amour de l'autre. Tout tourbillonnait autour d'eux, les sensations étaient exacerbées, le monde n'était plus que composé de l'autre. Naturellement, les mains de Jace se posèrent sur le visage de la jeune femme ainsi qu'autour de sa taille. Puis Jonathan tomba sur le dos, entraînant la jeune femme avec lui. Cependant, rien n'aurait pu arrêter ce déferlement de sentiment à cet instant. Leurs lèvres ne se détachaient que pour se lier de plus belle, tandis que dans cette danse, les deux cavaliers se roulaient dans l'herbe sans vraiment mesurer tout ce qui se passait autour d'eux.
Mais tout a une fin, que ce soit les mauvais ou les excellents moments. Leurs lèvres se détachèrent et les deux amoureux finirent tous les deux allongés dans l'herbe. Le ciel bleu parsemé de nuages avait une beauté que Jonathan n'avait jamais vraiment décelé avant aujourd'hui. L'un de ses bras était posé sous la tête de la jeune femme tandis qu'il observait les nuages. Tout semblait si calme, si serein, le monde était en paix... Le ciel si bleu...


Je suis désolé de t'avoir fait subir tout cela... Mais je suis heureux d'avoir enfin pu t'avouer qui j'étais... Il fit une courte pause avant de reprendre. Ca faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps de regarder le ciel... Je trouve ça apaisant, pas toi ?

La maladresse et le manque de sociabilité de Jonathan n'avaient pas disparu mais il faisait de son mieux pour ne pas commettre de bourdes.  Il se sentait bien, apaisé, sans aucune contrainte. Il était libre, plus rien d'autre ne comptait que le ciel et la présence de la jeune femme. Puis tout après ce moment semblait déplacer et ne pas avoir de place. Que pouvait-il bien faire maintenant, à part se laisser porter par l'instant ? Il allait en goûter chaque seconde et plus tard, il finirait par assumer les conséquences de ce qui venait d'avoir lieu. Mais plus tard...

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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Mar 15 Nov - 2:32













Dans l'ombre de l'incertitude...
~ Après le calme, la tempête ~






Comment était-ce possible que tout bascule en un instant ? Comment pouvions-nous percevoir ce changement et en répertorier tous les détails qui s’étaient subitement sublimés ? En réalité, rien n’avait changé. Enfin, d’un point de vue purement technique, nous étions toujours nous : deux habitants des districts, une ingénieure et un rebelle, deux êtres qui ne savaient d’où venait cette passion qui les dévorait. Or, si cela était vrai je n’aurais pas dû ressentir ce flottement : cette sensation d’un envol grisant qui m’attirait vers cet état de pensée inconnu, cette perte de contrôle totale à laquelle je refusais encore de m’abandonner toute entière. Je résistais. Pourquoi ? Parce que je nous avais précipités dans des abysses dont je n’avais pas mesuré la profondeur, pour une fois je n’avais pas réfléchi.

Et j’étais terrifiée.

Pourtant, alors que nos corps s’enchaînaient dans un ballet sensuel, la sincérité de son baiser m’envahit. Elle prit possession de mes lèvres, de mon corps, de ma raison, de mon être. J’étais faible finalement, aussi fragile que Jonathan… Jonathan Christopher… Ses mots sonnaient encore comme une ancienne berceuse à mes oreilles, une mélodie composée pour moi, juste pour moi. Rien dans ma vie ne m’avait jamais été offert ainsi, après tout je n’étais rien. Dans son regard et dans ses paroles, j’avais gagné quelque chose de précieux : une intimité que j’étais seule à détenir…

Tout s’emballait à présent et je cédais. Avec une délectation sans nom, je plongeai dans cette déferlante de sentiments déraisonnables et totalement exaltants. Moi aussi j’étais prête à lui offrir ce trésor, c’était complètement insensé, ridicule même, nous nous connaissions si peu ; mais peut-être était-ce cela justement qui nous attirait tant ? Ce reflet dans le miroir que nous semblions apercevoir en regardant l’autre, cet autre à la fois si semblable et si différent, complémentaire.

Bientôt, ses mains attrapèrent mon visage. Plus aucune pensée. Je sentais sa peau frôler la mienne, son souffle qui enlaçait le mien et mêlait nos âmes dans une valse sans fin. Mon cœur battait à tout rompre mais je ne l’entendais plus, non je le sentais qui résonnait dans tout mon corps, le poussant à rejoindre celui de ce jeune homme du district Huit. Mes bras étaient passés autour de lui, mes mains plaquées sur sa nuque remontaient avec ardeur dans ses boucles dorées. Mes paupières étaient closes dans la frénésie de nos baisers et pourtant j’avais l’impression de pouvoir distinguer son regard océan dans l’obscurité. Je n’étais plus seule. Nous n’étions plus seuls.

Nos silhouettes ondulaient, morceaux parfaitement correspondants du puzzle qu’étaient jusqu’à présent nos existences. J’oubliais tout. Cette ardente passion nous emportait, empreinte d’une douceur qui contrastait tant avec cette fièvre qui nous consumait. Je lui rendais chacun de ses baisers, il me répondait toujours. C’était si rassurant. Jamais je n’avais été si proche de quiconque. Sauvage, c’était souvent ainsi qu’on m’avait désignée et j’aimais à croire qu’il mettrait du temps encore avant de m’apprivoiser. Du temps, c’était tout ce qu’il nous fallait.

Je l’embrassais. Encore.

Quand son corps bascula, j’ouvris brièvement les paupières. Même si je lui faisais confiance, il me faudrait plus de temps pour apprendre à le suivre aveuglément. Cela était la prochaine étape de notre voyage. Pour l’instant, il se poursuivait dans l’herbe, sur le sol terreux qui accusait notre poids et teintait nos vêtements. Couchée sur Jonathan, je dévorai ses pupilles, m’y noyai avant de reprendre l’étreinte. Soudain, une roulade sur le côté, une de ses mèches chatouilla mon nez quand son visage fut au-dessus du mien. Je sentais plus que jamais ses formes contre les miennes, son torse bien dessiné sous mes doigts fins…

Cela dura à n’en point douter pendant de longues minutes, pourtant elles nous parurent nous échapper à une vitesse fulgurante. Nous perdions toute notion du temps, de l’espace, de la réalité et nous nous en moquions. L’insouciance était savoureuse et nous en profitions de toute l’ardeur de notre jeunesse.

Un dernier sourire après un baiser, encore plus hypnotique que le précédent, et voilà que la fin arriva. Malgré cette perte de contact, la magie ne se rompit pas immédiatement. Jonathan se laissait choir à côté de moi, conservant le contact par son bras passé sous ma tête. Il contemplait le ciel, espace de possibilités infinies qui s’offrait à nos regards innocents. C’était ce qui nous attendait, tellement de choix, de destins possibles. Certaines histoires finissaient bien, d’autres non, mais quel que soit celui que nous déciderions d’emprunter nous aurions cessé de subir, nous serions acteurs. Ensemble.

Collée à son flanc, je penchai mon visage pour apercevoir du coin de l’œil celui de Jonathan. Ses traits respiraient la quiétude. Sa mâchoire anguleuse n’arborait plus cette expression dure, les plis au coin de ses paupières ne mimaient plus cette attitude distante. C’est alors que les questionnements surgirent, à croire qu’ils s’étaient tapis dans l’ombre en attendant le meilleur moment pour bondir et m’attraper à la gorge avec leurs cruelles vérités. Avais-je bien fait ? Ne nous avais-je pas juste rendus plus vulnérables avec mon besoin d’une preuve de son attachement ? Je le contemplais en silence pendant de longues secondes. C’est lui qui rompit cet instant :
   
« Je suis désolé de t'avoir fait subir tout cela... Mais je suis heureux d'avoir enfin pu t'avouer qui j'étais... Il marqua un arrêt avant de terminer :Ça faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps de regarder le ciel... Je trouve ça apaisant, pas toi ? »

Sa maladresse me fit sourire, même s'il avait touché un point sensible. Être heureux. Voilà bien un concept qui m'était étranger. Pour moi, tout n'était qu'une question de sciences mais comment cela se passait-il lorsque les sentiments s’en mêlaient ? Toutes nos réactions n'avaient rien de quantifiable ou de prévisible. Là où il voyait de la paix au creux de voûte céleste, moi j'y voyais l'angoisse sourde d'un infini qui me dépassait. Un frisson parcourut mon corps, un léger tremblement secoua mes lèvres. J'avais encore beaucoup à apprendre et, si on nous en laissait le temps, j’osais espérer que nous apprendrions à deux.

Je t’aime… Il avait dit ces mots avec une telle facilité tout à l'heure. Il devait être aimé. Enfin, du moins avoir une personne qui lui avait inculqué cette notion car, de mon côté, cette déclaration restait bloquée dans ma gorge. Je ne savais pas ce que signifiait réellement cette parole, personne ne me l’avait jamais adressée. Même l’amour enveloppant de Deborah n’avait jamais créé cette phrase lourde de sens. Je l’avais entendue se murmurer dans la cour d’école, je l’avais deviné sur les lèvres des amants lorsque la Moisson approchait, mais je ne m’en étais jamais préoccupée. Peut-être pour ne pas souffrir, ce qu’on ne connait point ne peut point vous manquer…

L’ivresse laissait place à l’angoisse et je reportais mon attention sur le ciel dégagé.
   
« Tu te rends compte que tout ce que nous voyons au-dessus de nos tête n’est qu’un vaste espace inexploré… lâchai-je soudain. Je souris :J’ai peur. Je crois que, pour la première fois de ma vie, j’ai peur. »

Cette déclaration dénotait à côté de la sienne, tout comme mon sourire qui ne s'accordait pas avec mes paroles. Mes paupières clignèrent en dévoilant mes iris noisette dans lesquels des étincelles enjouées s’étaient logées, remplaçant les diamants des pleurs. J’étais vivante, réellement vivante. Tout était tellement décalé dans mon comportement ; la terre tournait-elle encore ou comme mon monde, son axe avait-il dévié ?
   
« Il va falloir se battre pour garder tout cela, n’est-ce pas ? Le sourire s'évanouit. Cette question sonnait davantage comme une étrange révélation qui plana quelques secondes entre nous avant que j’ajoute en me redressant pour river mon regard dans le sien et le dévisager avec intensité : Mais nous y arriverons… ensemble ? »

Les mots ne viendraient pas. Pas maintenant, pas même aujourd’hui peut-être. Il me faudrait du temps. Êtres en sursis, le sablier s’égrenait déjà mais je m’en moquais. Ma main serra la sienne, comme une ancre pour ne pas être emportée dans l’écume de son regard… Ensemble, parce que je l’aime…












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★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Dim 20 Nov - 17:55


L'ombre de l'incertitude...
Feat Clarissa

Un moment de quiétude hors du temps... Le soleil commençait à décliner lentement dans le ciel, les nuages ondulaient lentement. Jamais il n'avait pris le temps de contempler la voûte céleste, de prendre le temps de vivre tout simplement. Toute sa vie, il l'avait passé à courir ! Même maintenant, le temps qu'il avait était compté... Bientôt, il devrait partir et reprendre ses autres occupations, quitter ce doux moment... Tout ceci n'était qu'éphémère... Ses pensées vagabondaient, filant à une vitesse folle dans son esprit. Cependant, croiser le regard de Clarissa apaisait son esprit, l'écartant encore de la réalité du temps et de la situation. Elle souriait lorsque Jace croisa son regard mais il était évident que la jeune femme avait elle aussi besoin de réfléchir, de peser tout ce qui venait de se passer. Lui aussi, il devait réfléchir à tout ça...

Il lui avait fait confiance... Une confiance aveugle... Elle savait son identité voire même plus que ça... Elle avait une emprise sur lui, une emprise qu'il lui avait avoué par trois simples mots. "Je t'aime", ces mots étaient sortis si naturellement tout à l'heure, pourtant jamais il n'avait ressenti un tel sentiment. Clarissa l'avait mis au pied du mur, contraint de faire un choix lourd de conséquences. Ce poids commençait à se faire ressentir dans son esprit. L'allégresse du moment s'estompait peu à peu, ses pensées se focalisant sur ce qui venait de se passer. Il n'était pas encore question de mesurer l'ampleur de ce choix dans sa vie, l'impact que cela allait avoir sur sa vie de rebelle et dans Panem mais plutôt l'impact émotionnel et moral de tout ce qui venait de se passer.


« Tu te rends compte que tout ce que nous voyons au-dessus de nos tête n’est qu’un vaste espace inexploré… J’ai peur. Je crois que, pour la première fois de ma vie, j’ai peur. »

La peur... Elle disait avoir peur alors qu'un sourire radieux inondait son visage... Il était évident que l'ingénieure du 3 savourait ce moment autant que lui malgré le fait que la réalité commençait à rattraper ce moment hors du temps. Dans son regard noisette, il pouvait y déceler l'éclat de la joie que lui même ressentait. Cependant, il ne comprenait que trop bien ce qu'elle voulait dire... Maintenant, ils avaient une attache, quelque chose à laquelle il pouvait se rattraper bien sûr mais aussi un moyen de les atteindre, un moyen de pression, une source de doutes... Pourtant de l'autre côté, sans elle, c'était comme si tout perdait de sa saveur et quand elle était près de lui comme maintenant, tout autour de lui s'en trouvait subjugué comme ce ciel bleu.
Elle n'y voyait qu'un espace inexploré, lui il y voyait un monde qui ne demandait qu'à être découvert, un nouveau lieu pour de nouvelles aventures. Il avait toujours eu cet esprit d'aller vers l'avant et plus la frontière semblait lointaine, plus il était motivé. Puis en cet instant, c'était comme si le ciel n'appartenait qu'à eux, qu'ils pourraient prendre toute la journée à l'observer et en découvrir les moindres recoins.


« Il va falloir se battre pour garder tout cela, n’est-ce pas ? »

Son sourire s'était estompé en formulant cette phrase. Que voulait-elle dire par "se battre" ? Maintenant, personne ne pourrait les séparer ! Jamais il ne le permettrait ! Si c'était ce qu'elle envisageait, alors oui, il se battrait !

« Mais nous y arriverons… ensemble ? »

Ensemble... Oui, maintenant, ils allaient être ensemble ! Il pouvait sentir la pression de sa main dans la sienne. Il la rapprocha de lui en la tirant contre son flanc et son regard se plongea dans le sien. Un sourire rassurant apparut sur les lèvres du jeune blondinet. Ensemble, c'était un mot qui commençait à lui plaire maintenant...

Ensemble... murmura-t-il à son oreille. On y arrivera.

Que pouvait-il dire de plus ? Il ne voulait pas briser la magie de ce moment mais il ne savait pas comment réagir. C'était comme si la moindre de ces actions allait détruire cette bulle dans laquelle ils se trouvaient ensemble. Il sentait sa présence près de lui et ceci lui suffisait tout simplement. Clarissa était là, il lui suffisait de tourner la tête pour se perdre dans son regard, capturer son visage comme s'il en saisissait la beauté pour la première fois. Tout avant n'avait été que mécanique et instinct de survie. En cet instant, tout n'était que légèreté et il ne voulait pas gâcher ça.
Il laissa glisser sa main libre le long de l'herbe et cette dernière croisa une pomme. Sans trop y réfléchir, il l'attrapa et l'essuya sur sa veste. C'était une Pink Lady en bonne état qui ne demandait qu'à être mangé. Doucement, il se releva pour s'asseoir, aidant la jeune femme à s'installer près de lui.
Toutes ses émotions lui avaient ouvert l'appétit et un peu de sucre ne lui ferait pas de mal. Il sortit alors un petit couteau de sa veste et d'un geste précis, il coupa la pomme en deux.


Tu en veux un morceau ? demanda-t-il à la jeune femme en lui tendant une moitié de pomme. Je vais goûter en premier histoire de savoir si c'est mangeable, même si à première vue, ça a l'air comestible !

Sans attendre, ses dents s'enfoncèrent dans la pomme qui céda dans un croc satisfaisant. C'était plutôt agréable finalement de manger après tout ce qui venait de se passer. Il se tourna alors vers la jeune femme en souriant, l'invitant à manger à son tour.

Tout va bien, tu peux la manger ! En fait, je sais même pas si tu aimes les pommes... Un léger silence s'installa avant qu'il reprenne. Qu'est-ce que tu aimes manger ?

Cette question était si innocente mais soulevait tellement de choses. Jonathan avait beau connaître le passé de Clarissa, il ne connaissait en réalité pratiquement rien sur la personne qu'il avait devant lui. Quels étaient ses goûts ? Qu'est-ce qu'elle pouvait bien aimer ou détester ? Il était temps d'apprendre à la connaître et ne pas passer son temps à déchiffrer toutes ses réactions comme il en avait l'habitude. Jace et Clary avaient beau être semblables sur certains points, ils n'en restaient néanmoins pas radicalement différents sur d'autres. Alors il allait prendre le temps de la découvrir, de profiter de ce moment pour la découvrir.

Malheureusement, tout ceci ne durerait pas ! A un moment, Jace allait bien être obligé de revenir à la réalité, lui avouer qu'il avait besoin de son aider, qu'il allait bientôt partir, qu'il voulait lui dire au revoir et peut-être ne plus revenir. Mais comment pouvait-il lui avouer tout ça ? Après tout ce qui venait de se passer, pouvait-il vraiment lui faire ça ? La laisser dans la peur qu'il ne revienne jamais... Pour la protéger, il garderait surement le secret car c'était ce qu'il faisait le mieux non ? Garder les secrets...



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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Lun 28 Nov - 2:29













Dans l'ombre de l'incertitude...
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Sa voix résonnait encore en silence. Ses paroles aussi. Maintenant que le choc premier de la révélation s’était dissipé, telle la brume fraîche qui s’évapore avec le réveil matinal, elle venait de laisser place à cet éveil dérangeant. Il était à la fois grisant et excitant, mais aussi sombre et dangereux. Je ne m’en apercevais que maintenant, alors que les émotions cédaient doucement leur place à la raison. Tout redevenait si tangible, si douloureusement implacable.

Pourtant je restai là sans bouger, sans m’affoler, sans le repousser. J’avais besoin de sa présence. A cause de son aveu, j’étais désormais liée à lui d’une manière que je m’étais promise de toujours rejeter. Je me souvenais de la pluie qui claquait ses larmes contre la fenêtre de ma chambre sous les combles, sa mélopée berçait ma solitude et l’enracinait si profondément : elle sonnait encore à mes oreilles. Une amie attentionnée, voici ce qu’elle avait été pendant tant d’années. Désormais, j’allais devoir apprendre à vivre sans cette amie, un autre avait pris sa place. Non. Il l’avait gagnée.

M’attirant vers lui, j’eus d’abord envie de résister, vieux réflexe grésillant sous ma peau comme la musique d’un ancien disque rayé. Puis je me laissai emporter vers son visage qui affichait ce sourire franc que je ne lui connaissais pas. Ses lèvres finirent par ajouter une touche intemporelle à ce moment.

   
« Ensemble finit-il par glisser à mon oreille comme si le dire à voix haute eut pu rendre sa réponse moins réelle. On y arrivera. »

Il prononça chaque mot avec intensité comme s’il rêvait de figer ce moment éphémère qu’il sentait déjà lui échapper. Et il avait raison, il prenait fin. Imperceptiblement, il nous glissait entre les doigts tandis que notre esprit reprenait le dessus et, de son analyse sans appel, surlignait toutes les failles de son abandon à une confiance aveugle. Son bras glissa mais je ne pouvais me résoudre à cesser de me plonger dans son regard. La parenthèse se consuma, il se redressa en m’entraînant à sa suite.

Assis côte à côte, j’attendais sans un mot. Sa main se releva bientôt, dans sa paume une pomme était logée. D’un rouge éclatant, elle contrastait avec l’aspect morne du paysage, avec les arbres aux feuilles ternes et aux branches dégarnies. Je rapprochai doucement mes jambes de ma poitrine et les attrapai pendant qu’il sortait déjà un petit couteau de sa veste pour couper l’objet de son attention. Moi, je posai mon menton sur mes genoux et commençai à le regarder d’un œil différent. La magie du moment précédent laissait peu à peu sa place à l’étude de la situation actuelle, les informations qu’il avait distillées me revenaient en mémoire et instinctivement je tentai de trouver quelque chose en lui pour confirmer ses dires. Bien sûr, je ne trouvais rien de particulier. Après tout, ce n’était qu’un nom, qu’un district,… Rien qui ne me permette de le connaître mieux. Une preuve de confiance, juste une preuve et pourtant c’était déjà tant. Désormais que nous jouions presque à armes égales, tout reposait sur nos épaules : nous allions devoir prendre le temps de nous apprivoiser, de nous découvrir.
   
« Tu en veux un morceau ?me dit-il en tranchant le fruit sans attendre. Je vais goûter en premier histoire de savoir si c'est mangeable, même si à première vue, ça a l'air comestible ! »

Je levai un sourcil interrogateur. Le district Huit n’était pas si différent du Trois au point qu’il se questionne sur une simple pomme… Puis je compris l’angoisse, la distance que nous tentions de remettre entre nous pour mieux supporter tout ce débordement sentimental auquel nous n’étions pas plus habitués l’un que l’autre. Après le déluge émotionnel, nous avions besoin de nous raccrocher à des choses tangibles, rationnelles et purement factuelles.  
   
« Tout va bien, tu peux la manger ! En fait, je sais même pas si tu aimes les pommes... lâchai-je soudain. Je souris : Qu'est-ce que tu aimes manger ? »

Ses paroles continuaient à m’interpeller par leur simplicité là où mon esprit cherchait à émettre des raisonnements complexes. Réussir à être la plus authentique à mon tour était maintenant mon unique défi. Finalement, je saisis le morceau de fruit qu’il me tendait et la mordis une première fois.
   
« Tu sais quand on a toujours vécu dans un orphelinat on n’a pas le loisir de faire la fine bouche, lui répondis-je, avant de croquer dans le morceau qu’il me tendait.Et toi, tu es un adepte des pommes donc ? » ajoutai-je sur un ton léger.

Cette conversation était presque trop banale pour être normale. Nous étions habitués à des échanges tellement moins conventionnels que celui-ci sonnait presque faux. Pourtant, c’était le commun des gens normaux, ceux qui acceptaient Panem sans broncher, sans jamais remettre en cause l’ordre établi. Tout devait leur paraître si facile… Je croquai dans la pomme une nouvelle fois, finis par la faire disparaître.
   
« J’ai déjà voyagé dans pas mal de districts… mais je ne les connais pas tous, le questionnai-je à mon tour de manière détournée. Tu fais quoi chez toi ? A part… apprendre à décortiquer des pommes de manière impeccable ! »

Ce n’était définitivement pas la réplique du siècle, mais je ne parvenais pas à chasser la tension qui s’emparait de moi. Mon corps était de plus en plus raide, j’avais peur de briser la confiance encore si délicate qui s’était établie entre nous. Pourtant, le désir de trouver des réponses était puissant, enivrant. J’avais toujours eu une soif de connaissances insatiable et elle l’était encore davantage alors que mon regard se plongeait dans celui de Jonathan comme si je pouvais y déchiffrer toutes les lois de l’univers. Il était si aisé de s’y perdre, de s’y noyer. Et je m’y noierai. Tôt ou tard.









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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Mer 8 Fév - 18:36


L'ombre de l'incertitude...
Feat Clarissa

Une parenthèse hors du temps... Il ressentait maintenant une légèreté qu'il n'avait jamais ne se serait-ce effleurée... Cette fille avait le don de rendre tout compliqué mais pas maintenant. En cet instant, il sentait que rien d'autre n'avait d'importance que la simplicité et de lâcher prise. Pourquoi faisait-il cela ? La peur... Cette ennemie qu'il cachait au fond de son coeur et dont il pensait s'être débarrassée sur le champ de bataille il y a plusieurs années était encore là. Cette peur était toutefois si différente... Cette fois, ce n'était pas la peur de mourir ou de perdre un compagnon d'armes... Tout cela, il l'avait accepté depuis longtemps et même parfois, des sacrifices doivent être faits. Non, cette peur était beaucoup plus vile et subtile. La peur de la perdre... De la voir s'échapper et quitter sa vie... Il savait que tout ceci n'était qu'égoïsme mais pour une fois, il pouvait bien se permettre de penser un peu à lui. Et surtout à elle...

Et une pomme... Il avait réagi instinctivement... Voulait-il remettre de la distance entre elle et lui ? Sans doute avait-il besoin de se raccrocher à quelque chose de plus tangible après tout. Clarissa semblait étonnée de cette réaction aussi soudaine. Après tout, lui qui calculait tout ces actions, le voilà en train de découper une pomme sans aucune raison. Cette légèreté était peut-être même étrange au final. Mais il s'en fichait... Il faisait de son mieux pour vivre l'instant présent sans penser au futur. Tout ça pour rester avec elle, un peu plus longtemps...
Un sourire échangé, une discussion simple, peut-être même trop simple. Lui qui ne vivait que pour la révolte et la rébellion, discuter de tout et de rien semblait si lointain. Néanmoins, Jace voulait apprendre à connaître Clarissa. Il s'en rendait compte maintenant, il ne la connaissait que très peu. D'où sa question à propos des pommes...

Finalement, la jeune femme finit par mordre dans le morceau de pomme. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du blondinet. Après tout, une pomme c'est une pomme... Personne ne pourrait refuser de manger une pomme, si ?


Tu sais quand on a toujours vécu dans un orphelinat on n’a pas le loisir de faire la fine bouche.

Elle avait raison... Lui-même par le passé, il avait été soumis à un régime strict dans l'espoir de lui conférer une bonne condition physique. En y repensant, avait-il été élevé pour autre chose que la rébellion ? Etait-il aimé par sa mère adoptive  ou juste un moyen de remplacer son fils disparu dans le but de servir la cause ? Il ne s'était jamais posé la question et la réponse l'effrayait... Il avait son morceau de pomme avec difficulté en essayant de rejeter ses pensées. Sa vie d'avant était bien plus simple mais peut-être trop simple. Avait-il été lui aussi un pantin aux mains des rebelles ? Lui avait-on menti sur son passé ? Il ne fallait peut-être pas poussé la paranoïa aussi loin...
Il tourna alors son regard vers Clarissa et en un instant, tous ses doutes disparurent pour ne laisser place qu'à une douce quiétude.


Et toi, tu es un adepte des pommes donc ?

Ce n'est pas mon dessert favori mais c'est un fruit que j'aime bien. Un bon apport de glucide et facile à manger...

Toujours voir le côté pratique... Les habitudes, toujours les habitudes... Tout finissait par retomber... Le silence ne tarderait pas à retomber et la même distance finirait par se reformer entre eux. Malgré les efforts, il n'y arrivait pas. Tout ceci était-il inéluctable ? Les bons moments étaient-ils comme cette pomme ? On croque ce dernier à pleine dents et rapidement, il est englouti... D'ailleurs, Clary avait fini son morceau de pomme et chercha elle aussi à en apprendre plus.

J’ai déjà voyagé dans pas mal de districts… mais je ne les connais pas tous.
Tu fais quoi chez toi ? A part… apprendre à décortiquer des pommes de manière impeccable !


Finalement, cette discussion allait bien avoir pour but d'apprendre à connaître l'autre. Que faisait-il dans le Huit ? Comme tout le monde, boulot, dodo et survivre quoi... Rien de bien extraordinaire en soi... Mais il se doutait bien que la jeune femme voulait en savoir plus sur lui, elle avait été suffisamment claire à ce sujet...
En observant Clarissa, Jonathan remarqua qu'elle était tendue, ses muscles se crispaient sans raison. Alors qu'il était assis à côté d'elle, il passa ses bras autour de son cou pour la serrer contre lui. Cette tendresse lui semblait presque intuitive, il voulait simplement la calmer et sentir la chaleur de la jeune ingénieure contre son torse.


J'ai eu l'occasion de voyager également et je peux te dire qu'aucun district n'est vraiment enviable... A part bien sûr, les districts supérieurs...
Sinon, je suis ouvrier dans une usine de textile, parfois couturier à mes heures et coursier pour le travail. A part ça, je vis comme je peux et pour ça, il faut bien que je décortique mes pommes tout seul.


Jace s'arrêta un instant pour sentir l'air autour de lui et l'odeur des cheveux de la jeune femme. Un grand bouffée d'air comme si ce moment pouvait se retrouver dans l'air qu'il inspirait. L'odeur du shampoing de la jeune femme imprégnait encore ses cheveux. Que pouvait-il bien faire maintenant ? Il n'avait aucune raison de partir et pourtant, à un moment, il le faudrait bien...
Mais avant cela, il allait faire durer ce moment le plus longtemps possible. Profiter de chaque seconde de la présence de la jeune femme... Au bout de trente secondes sans rien dire, il finit par prendre la parole.


Sinon désolé mais j'ai trouvé qu'une seule pomme... La pause repas est finie ! Son regard se porta autour de lui et une petite ombre noire attira son attention. Il faudrait peut-être enterrer ta première victime, tu ne crois pas ? demanda-t-il à la jeune femme.

C'était clairement pas exceptionnel mais pour une première plaisanterie, il avait mis toute son énergie pour paraître désinvolte. Le résultat en avait été désastreux, un ton enjoué à côté de la plaque dont l'énergie avait disparu dès la deuxième syllabe pour redevenir un ton neutre avec une pointe de joie dans la voix.
Il attendait le signal de la jeune femme pour se lever, il ne voulait pas briser cette étreinte dans laquelle il se trouvait. La première qui n'avait pas été forcée par le désespoir ou le débordement de sentiments. Tout cela viendrait avec le temps !

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
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★ Âge : 20 ans
☆ Surnom : Clary
★ Occupation : Ingénieure en biomimétisme
☆ Humeur : Perdue
☆District : Trois

○ Points : 870
○ Barre de vie :
200 / 200200 / 200


May the odds be ever in your favor
Compétences:
Talents:
Inventaire:


MessageSujet: Re: L'ombre de l'incertitude... [Terminé]   Ven 23 Juin - 2:58














Des monts et merveilles...
~ Retour à la réalité… ~






Son ton léger sonnait étrangement à mes oreilles. Jusqu'à présent, nos conversations avaient toujours été placées sous le signe de la gravité, jamais nous ne nous étions adonnés à la simplicité et, alors que cette banalité s'installait, j'avais de plus en plus de mal à y demeurer. J'avais toujours besoin de plus, de trop auraient dit certains. J'avais besoin de savoir, une soif de connaissances insatiable même : maintenant qu'il commençait à se révéler, je brûlais de lui demander davantage et pourtant je me rendais parfaitement compte que cela était impossible. Était-ce une tentative pour reprendre le contrôle de cette situation qui m'avait échappée ? Sans doute, mais ce n'était pas comme si je niais aimer pouvoir gérer les évènements...

Il était donc ouvrier dans une usine de textile... Je lui souris de cet aveu, remerciements silencieux qui ne parvenaient pas à franchir mes lèvres : je n'aurais pas su trouver les mots, pas sans être trop curieuse. Car, finalement, mes déductions avaient été faussées. Une seule question me taraudait encore et tournait autour d'une seule et unique de ses révélations : le Huit, il venait du district Huit. Comment cela était-il possible ? D'un point de vue purement technique, cette région était assez éloignée du Trois et il ne s'agissait donc pas de franchir une clôture puis de marcher quelques heures. Il devait obligatoirement venir par un moyen de transport mécanisé... Alors pourquoi ne le voyais-je jamais prendre le chemin de la gare ? Trop voyant, cela était certain. Cela signifiait-il donc que les rebelles disposaient d'autres moyens pour circuler librement entre les districts ? Une ride de réflexion barra mon front et je détournai la tête un instant vers le corbeau mort afin que Jonathan ne saisisse pas mon malaise. A nouveau, je réfléchissais trop, mais c'était plus fort que moi.

Je soupirai, baissant les yeux vers le sol. Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez moi ? C'est moi qui lui avais demandé de se livrer et maintenant j'analysais ses moindre dires comme s'ils étaient des informations capitales que je pourrais révéler au camp adverse.

Mon visage se tourna à nouveau vers le sien, j'observai un instant ses yeux clairs. Le regard dur avait cédé la place à une réelle détente, toutefois je sentais la tension le regagner alors que le silence entre nous deux s'installait. Je ne savais pas vraiment quoi dire, je me sentais si peu à l'aise dans ce rôle de la fille banale que j'aurais aimé être mais qui n'était qu'une illusion...

Lorsqu'il rompit le silence, je lui adressai un regard incrédule.

       
« Tu es sérieux ?!» répondis-je surprise, un peu dubitative et ayant au moins autant de capacité à faire de l'humour que lui. Je me relevai en ajoutant : « Les chats sauvages qui traînent dans le coin viendront s'en charger ! Allons plutôt nous occuper de tes...gadgets !» tentai-je de répondre sur un ton enjoué alors que ce terme m'avait toujours fait horreur.

Il me gratifia d'un sourire, je le lui rendis. Décidément, un truc n'allait pas dans cette journée bien trop mielleuse.

Nous rejoignîmes la demeure à étage qui nous surplombait, ses grandes fenêtres obscurcies par d'épais rideaux ressemblaient à de grands yeux nous observant avec dureté. C'était chez lui qu'on fabriquait ces étoffes, peut-être même saurait-il me dire l'exact nom de ce tissu rêche que j'avais trouvé aussi beau qu'inhospitalier en venant m'installer ici... Mon attention tentait à nouveau de se détourner vers des considérations futiles et je la recadrais avec la sévérité d'un vieux pacificateur bourru.

Arrivés dans le hall, j'ouvris la porte enchâssée sous l'escalier et dont les marches s'enfonçaient dans la noirceur la plus totale. Cette cave, je ne m'y étais aventurée que dernièrement et bien qu'elle puisse parfaitement faire songer à un repaire d'inventeur - ou plutôt de savant fou une fois la lueur hypnotique de l'unique ampoule allumée -, elle était teintée de cette atmosphère inquiétante des lieux clos. Ceux dont on sait pertinemment qu'ils pourraient devenir votre tombeau si on n'y prenait pas garde.

J'y pénétrai pourtant, laissant la fraîcheur me dévorer la peau et m'arracher un frisson. Il glissa sur ma chair avec délice, réveilla mes sens et affuta mon esprit. Soudainement, je me sentis redevenir moi-même : qu'est-ce que cela signifiait donc ? Désirais-je seulement le savoir ? L'obscurité était dévorante et je lui livrais mes doutes avec soulagement, qu'elle les consume dans sa noirceur qui pousse vers le néant. Ainsi, je pourrais peut-être rester cette fille insouciante encore un instant.

Une minute, une seconde. Une fraction d'éternité.

Devant moi, la planque de mes parents était parfaitement dissimulée : j'avais veillé à tout remettre en place pour qu'un contrôle aléatoire ne vienne pas titiller des secrets inavouables, des secrets dont j'aurais dû être une des principales exclues. Mon regard s'attarda sur l'étagère, j'hésitai à la décaler pour rejoindre cette pièce et montrer ce que j'avais trouvé à Jonathan mais, au fond de moi, une voix murmurait que j'avais encore besoin de quelque chose. Quoi ? Je ne savais vraiment, mais cela suffit à me décider... L'antre secrète le resterait aujourd'hui.

Je me dirigeai machinalement vers l'établi sur lequel des outils aux courbures métalliques reluisaient dans la pénombre, côtoyant des inventions tantôt en cours, tantôt abandonnées. La main de Jonathan courut sur le bois, il en caressa les reliefs d'un air concentré, presque religieux. Je brisai le silence alors que je dénichai trois radios que je pourrais aisément transformer pour qu'elles ne servent plus que de récepteurs et soient capables d'émettre. Au fond de la caisse, quelques autres communicateurs auraient pu faire l'affaire, je me gardai pourtant bien de les lui montrer : j'avais trop peu d'informations pour me débarrasser d'un tel stock !

       
« Je crois que c'est maintenant que je me mets au boulot !» annonçai-je sur un ton faussement enjoué en agitant les trois carcasses que je m'apprêtai à monter sur mesure.

Mes gestes étaient mécaniques et les boîtiers furent ouverts en un temps record. A mes côtés, Jonathan ne quittait pas mes mains des yeux. Mes mouvements semblaient l'hypnotiser, brouillaient les reflets obscurs de ses pupilles que distillait la lumière ténébreuse de l'unique ampoule de la pièce.

       
« On dirait que tu as fait ça toute ta vie,» finit-il par lâcher d'un ton songeur dont je me demandais s'il était teinté du goût amer de mon appartenance aux fidèles du Capitole. « Ça a l'air si facile quand on te regarde...»

       
« Détrompe-toi !» rétorquai-je un peu brusquement avant de tempérer : « Si ces radios produisent autre chose que des grésillements, alors on pourra dire que je suis une faiseuse de miracles...ou une ingénieure douée !» terminai-je avec un sourire.

J'aurais pu jurer que je l'avais vu rougir entre ses mèches blondes qu'il finit par rabattre mécaniquement. L'ouvrage dura encore plus d'une heure, une heure pendant laquelle les ressorts s'emmêlèrent dans des tournevis idiots, où les systèmes de communication crachotèrent leurs pires fréquences et où je pestai entre mes dents une bonne dizaine de fois.

Le rebelle resta adossé contre l'étagère qui dissimulait des secrets du passé, inconscient de ce qui se cachait dans son dos. Cette ambiance silencieuse et feutrée me convenait parfaitement et je ne la brisais pas, trop occupée à éviter la moindre erreur. Quand enfin je testai une première fréquence commune dont je savais qu'elle n'était pas utilisée dans le district, je le hélai :

       
« C'est bon, ils fonctionnent !» Son expression ne se détendit pas pendant qu'il s'approchait et que j'ajoutai : « Et maintenant j'ai besoin de savoir où vous comptez les utiliser pour éviter de vous mettre sur une fréquence de la Pacification...»

La confiance était définitivement quelque chose d'étrange. Alors que j'avais semblé si proche de lui dans ce jardin, durant cette étreinte qui nous avait fait tourner la tête, il me contemplait désormais avec cette dose d'appréhension qui me révoltait. Soudain, j'eus l'impression d'avoir replongé, d'être redevenue celle qui ne savait pas ce qu'il voulait d'elle, ni même s'il la considérait comme autre chose qu'un simple moyen d'arriver à ses fins.

       
« Jonathan...» soupirai-je, « Je ne te demande rien de votre opération, juste le District pour les régler correctement et que vos conversations soient sécurisées.»

Son regard me transperça, avant de s'adoucir la seconde suivante. Il rendait les armes. Pourquoi fallait-il que tout se fasse dans la douleur et la lutte entre nous ?

       
« Le Deux,» avoua-t-il dans un souffle.

       
« Le Deux ?» répétai-je, incrédule.

On devait pouvoir lire une certaine dose d'incompréhension dans mes traits qui s'étaient soudainement figés. Ils étaient devenus dingues, la Rébellion était totalement cinglée si elle pensait pouvoir s'introduire aisément au Deux ou pire...

       
« Ne me dis pas que vous allez dans la Noix ?!» Sa mine contrite m'en dit bien plus que son absence de réponse. « Vous êtes totalement fous à lier si vous pensez pouvoir entrer dans ce bourbier ! J'y suis déjà allée pour des démonstrations militaires et c'est un nid à Pacificateurs ! Vous y entrez peut-être mais vous n'en sortirez jamais !»

Je détestai cette terreur à l'état brut qui transparaissait dans ma voix, je détestai qu'il me sache vulnérable. Je détestai qu'il saisisse que je tenais à lui à ce point. Ses pas le portèrent à moi et il posa un doigt sur mes lèvres.

       
« On sait ce qu'on fait Clary et c'est grâce à toi que tout se passera bien.»

Il aurait presque pu être convaincant. Cependant, j'aurais été une imbécile si j'avais cru un mot de ses salades : il voulait simplement que je lâche l'affaire, que j'accepte la mission suicide qu'il m'exposait. Ce qui était affligeant, c'est qu'il paraissait croire que leur plan allait marcher. Le pire, c'est que j'avais envie de le croire.

       
« J'espère pour vous.» lâchai-je en abdiquant.

Jamais je n'aurais pu lui imposer quoique ce soit, il ne m'aurait pas écoutée et quelque part cette réalité me soulageait. Je ne souhaitais pas compter assez pour quiconque au point qu'il change pour moi. Jonathan était un fantôme, mais il était authentique ; même si c'était avec bon nombre de défauts et d'échappatoires qui me rendaient folle.

Nous ne discutâmes pas davantage de cette opération rebelle. Jonathan se détendit et quand nous remontâmes au rez-de-chaussée, les communicateurs étaient dans ses mains. La nuit était tombée et je sus qu'il allait disparaître à nouveau, redevenant une ombre... Une ombre qui me filerait éternellement entre les doigts.

C'est sur le perron, la besace contenant l'objet du futur crime passée autour de son torse, qu'il me susurra à l'oreille. Promesse inutile. Futile. Peut-être intenable.

       
« Dès que c'est fait, je te retrouve.»

Ses lèvres se posèrent sur les miennes et mes bras qui l'enserrèrent suffire à exprimer tous les sentiments que j'aurais voulu exprimer, mais qui restaient bloqués dans ma poitrine. Le baiser que je lui rendis en dit bien plus que tous les mots que j'aurais pu prononcer...

Et il s'effaça dans l'obscurité.









- RP CLOTURE -




_________________




★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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« Je me souviens de t'avoir entendu dire un jour que grandir, c'est regarder en arrière et regretter de ne pas pouvoir changer le passé. »Extrait de TMI
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