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 Infiltration et déductions

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MessageSujet: Infiltration et déductions   Mer 4 Mai - 14:10




Infiltration et déductions

Deirdre  Whitelaw & Coralie Standford







Cela faisait quelques jours que je ne vivais pas tranquillement. J’essayais de résumer dans mas tête ma situation, car elle n’était pas simple. J’avais acheté des pierres précieuses à bas prix à l’ancien mentor du 12 pour faire du profit sur les ventes du magasin et ainsi récolter assez d’argent pour envoyer de l’aide à Pearl dans l’arène.

J’étais devenue tellement parano que j’avais du mal à dormir. Pourtant, personne n’avait découvert ce que j’avais fait. Du moins, personne ne m’en avait parlé. J’avais fait attention, alors pourquoi s'alarmer ? Je voulais arrêter de m’inquiéter pour Pearl et voilà que je m’inquiétais pour moi... Je n’allais jamais m’en sortir.

J’étais dans l’arrière boutique quand toute ma culpabilité était retombée. Je ne pensais pas aux conséquences de mes actes... Je devais tout arrêter. Vite.

J’étais décidée à tout raconter à ma mère, quand quelqu’un entra dans la boutique. Je ne faisais pas attention d’habitude aux clientes qui entraient quand je n’étais pas dans mon rôle de vendeuse. Pourtant là, cette femme retint mon attention. Je ne sais pas si c'est son impressionnante chevelure rousse ou sa prestance, mais j'étais tellement curieuse que je vins la voir.

« Bonjour madame, j-je m’occupe de ce magasin. »

Bon pas complétement, mais c’était pas grave, elle ne le savait pas.  

« Je peux vous renseigner ? »

Elle ne ressemblait pas aux autres dames maniérées qui venaient acheter de quoi se pavaner.

« Nous venons de recevoir une nouvelle collection de montres, si cela vous intéresse. Je vois que vous avez un petit poignet, vous pouvez vous permettre de porter d'assez grands cadrans. Je vous laisse regarder ?»

Je montrai d'un revers de la main le comptoir où était disposé le nouvel arrivage.




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Deirdre J. Whitelaw
« Invité »


MessageSujet: Re: Infiltration et déductions   Jeu 5 Mai - 22:20

Infiltration & Déductions
Coralie & Deirdre


L'agacement, la frustration, la haine... Voilà les sentiments qui animaient Deirdre Whitelaw depuis les événements survenus ces dernières semaines où une mission qu'elle avait réussi haut la main avait finalement eu un dénouement bien inattendu et la surprise était une chose que Deirdre détestait tout particulièrement. Alors elle était allée se changer les idées au District Un. Elle avait revu Kyle Featherstone, toujours aussi bon amant... Il avait réussi par sa brutalité et son manque d'émotion singulier à lui faire oublier pour quelques heures toute la rancune et le désir de vengeance qui l'habitait. Seulement, la belle rousse ne pouvait jamais rester bien loin du feu de l'action.

Le lendemain, elle trainait déjà au quartier des pacificateurs pou prendre des nouvelles des délits constatés dans le District car, qu'on se le dise, les Districts supérieurs restaient les plus calmes et les plus faciles à contrôler. Néanmoins, une affaire de vol avait éveillé son attention. Signalée par une femme, mère d'une famille reconnue pour son entreprise de bijouterie, il faisait mention de somme importante disparue de la caisse du magasin. Une enquête avait été diligente dans l'ombre par les pacificateurs et la conclusion leur paraissait simple : personne n'avait pu avoir accès à ce tiroir-caisse, personne sauf la fille du couple.

- Les jeunes gens sont si facilement manipulables... avait murmuré Deirdre entre ses dents lorsque Wilkins, un pacificateur lui avait tendu le dossier.

Le nom de la famille fut un déclic. Standford.

- La même que la carrière sainte nitouche de l'arène ? avait interrogé Deirdre en levant un sourcil interloquée.

La réponse affirmative du pacificateur suffit à la jeune femme. Alors comme cela la sœur d'une tribut volait dans la caisse de sa famille... Une adolescente d'à peine 15 ans, embobinable à souhait, tout juste sortie des couches, qui devait affronter le fait de voir sa sœur bien aimée risquer sa vie à la télévision pour le plus grand plaisir de tout Panem, enfin...du Capitole cela va de soi. Et dans ce cas, le Capitole serait responsable de la perte de sa pauvre sœur carrière. Qui de mieux que les rebelles pour convaincre une petite idiote, pourrie gâtée toute chamboulée de voir sa chère aînée risquer sa vie, de financer leurs actions contre le gouvernement et dans les districts ?

Cela était presque trop clair, trop limpide... Trop beau comme théorie. Mais si elle était vraie ? Ce serait un coup de filet qui pourrait se révéler payant et déstabiliser la rébellion marginale qui existait dans les districts supérieurs.
Un sourire machiavélique éclairait le visage de Deirdre, les pacificateurs eurent un mouvement de recul : tous savaient ce que cela signifiait. Elle posa le dossier et, sans même les remercier partit flâner dans les rues du District du luxe.

Un pantalon en jean plutôt bien taillé, un chemisier noir qui faisait ressortir sa crinière rousse, Deirdre se fondait dans la masse. Elle était à l'aise partout, un serpent qui savait se faufiler partout et parfois mordre, lorsque cela était nécessaire. Bientôt, elle saurait si la jeune Standford aurait besoin d'être confrontée à la soldate qui sommeillait en Deirdre... Pour l'instant, et bien qu'elle ne le sache pas encore, elle aurait seulement à faire à l'espionne.

Un carillon tinta lorsque Deirdre passa la porte de la boutique. Immédiatement, elle repéra l'adolescente. De taille moyenne, ses boucles blondes caressaient ses épaules, elle semblait être seule au magasin : une configuration particulièrement propice pour laisser une main traîner dans la caisse sans que ses parents ne s'en aperçoivent... Sans compter qu'un rebelle pourrait aisément passer à la boutique, tel un client pour récupérer directement l'argent. S'il se faisait prendre, se faire passer pour un voleur serait bien moins incriminant que d'être accusé de financement des ennemis de l'Etat... Oui, c'était une configuration idéale et Deirdre élaborait dans son esprit toutes les possibilités offertes par celle-ci pour faire de Coralie la coupable idéale : après tout, elle avait déjà le mobile, c'était souvent le début de la fin avec la miss Whitelaw.

Les bijoux scintillaient autour d'elle, la belle rousse se prit à songer qu'elle en ramènera peut-être un, comme trophée, si jamais la jeune s'avérait coupable. De toute manière, cet achat ferait une parfaite couverture.

« Bonjour madame, j-je m’occupe de ce magasin. »

Du coin de l’œil, elle avait vu Coralie s'approcher. Elle la gratifia de son plus beau sourire et lui répondit :

▬ Bonjour Mademoiselle !

Avant même qu'elle ait eu le temps d'en dire davantage, Coralie avait surenchéri :

« Je peux vous renseigner ? » Elle marqua une pause avant de désigner des montres posées sur le comptoir. « Nous venons de recevoir une nouvelle collection de montres, si cela vous intéresse. Je vois que vous avez un petit poignet, vous pouvez vous permettre de porter d'assez grands cadrans. Je vous laisse regarder ?»

▬ Vous avez un don ! J'étais justement venue pour trouver un nouveau bijou à porter pour la clôture de l'arène, dit Deirdre en se dirigeant vers le comptoir.

Elle regarda les montres, en prit une en main : elle était plutôt sobre avec son bracelet en métal poli et son cadran noir où quelques rubis étaient incrustés pour symboliser les heures.

▬ Celle-ci est très jolie, puis-je l'essayer ?

Elle tendit la montre à Coralie pour que cette dernière la lui passe au poignet, tout en continuant :

▬ Vous devez me croire bien pressée de voir l'Expiation se terminer, mais je ne sais pas pourquoi j'ai l'intuition que le spectacle va être rapide et intense ! Elle continua :C'est bien votre sœur Pearl qui s'est portée volontaire ! Je suis toujours épatée devant tant de courage.

Deirdre souriait, son regard était plein d'étincelles. Elle jouait parfaitement la comédie et personne n'aurait pu deviner que chacune de ses paroles étaient soigneusement choisie...

▬ Vous devez être fière d'elle...

Même si elle paraissait concentrée sur la montre que Coralie lui passait, elle observait chacun de ses gestes, chacune de ses respirations et plus que tout elle attendait sa réponse avec une impatiente parfaitement dissimulée.





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MessageSujet: Re: Infiltration et déductions   Sam 7 Mai - 12:06



Infiltration et déductions

Deirdre  Whitelaw & Coralie Standford






Je lui proposai de regarder les nouvelles montres que nous venions tout juste de recevoir.

« Vous avez un don ! Me répondit-elle. J'étais justement venue pour trouver un nouveau bijou à porter pour la clôture de l'arène.»

Je ne m’attendais pas à tant d’éloge. Je préférais me méfier. Les clientes qui commencent à faire des compliments aux vendeuses cherchent le plus souvent à avoir de réductions. Bien que j’en fasse parfois quand mes amies viennent et achètent des bricoles, je préférais éviter, comme ma mère me l’a appris. Bien sûr, il faut être commerçant et faire un petit geste de temps en temps. Bon, si elle négocie les prix, je serai clémente.

« Vous vous y prenez à l’avance, l’arène n’est pas encore finie ! Mais vous avez raison, dans quelques jours, ça sera la folie dans les magasins... »

Je pensais alors à tout le travail que j’aurai à ce moment là. Chaque année c’était la même chose. Alors que je préférais regarder les festivités à la télévision, ma mère me trainait pour que je l’aide en boutique.

La dame prit une des montres, qui était assez jolie.

« Celle-ci est très jolie, puis-je l'essayer ?»  Me demanda-t-elle.

Elle n’attendit pas la réponse et me tendit la montre pour que je puisse l’aider à l’enfiler.

« Oui b-bien sûr. » Dis-je.

Je ne sais pas si elle m’entendit, mais elle continua.

« Vous devez me croire bien pressée de voir l'Expiation se terminer, mais je ne sais pas pourquoi j'ai l'intuition que le spectacle va être rapide et intense ! Elle continua : C'est bien votre sœur Pearl qui s'est portée volontaire ! Je suis toujours épatée devant tant de courage.»

Je ne répondis pas tout de suite, surprise par sa remarque.  C’est vrai que de nombreuses clientes me parlaient de ma sœur, mais pas depuis ce que j’avais fait  pour elle... illégalement. Je ne devais pas succomber à la peur. Rappelle toi l’entrainement avec Channelle, de ce qu’elle t’avait dit. Il fallait que je sois forte.

« Oui elle était destinée à aller dans l’arène. Elle s’entraine depuis tant de temps que cela ne pouvait être autrement.»

Ne pleure pas. Ne montre pas que cela te coûte. Répète ce que tu t’es dit en boucle devant ton miroir pour t’en persuader.

« Vous devez être fière d'elle...»

Et elle en rajoutait. Vraiment Coralie, ce n’était pas ton jour de chance.

« Je suis très fière d’elle en effet, et je pense d’autant plus qu’elle peut gagner. Même si ce n’est pas la favorite de tout le monde, et qu’elle est assez mal partie pour le moment, j’ai confiance en elle. »

Je m’étais assombrie sans le faire exprès. Et mince, je voulus le dire sur un ton joyeux, ce n’était pas gagné.

« Je sais qu’elle a plus d’un tour dans son sac ! Continuais-je en me forçant à sourire. Le fait qu’elle ne fasse pas de stratégie de couple pourrait grandement l’aider parce que son partenaire pourrait vite se transformer en poid, comme on a vu pour le district 4 ! »

Il fallait que j’arrête de parler, je suis une vendeuse et non une commentatrice des jeux. Je devais faire la conversation mais sans tout monopoliser.

« Et vous, quel est votre favoris de cette Expiation ? »

Laisser la parole au client : règle d’or ma vieille.






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Dernière édition par Coralie L. Standford le Mer 25 Mai - 13:51, édité 1 fois
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Deirdre J. Whitelaw
« Invité »


MessageSujet: Re: Infiltration et déductions   Lun 16 Mai - 21:40

Infiltration & Déductions
Coralie & Deirdre


Un faux pas, un seul. C'est exactement ce que la belle rousse espérait du plus profond de son âme. Il ne lui en faudrait pas plus pour pouvoir avoir la confirmation qu'elle attendait tant : assister au dévoilement de la gentille cadette des Standford, devenue une des mécènes des rebelles par vengeance pour sa sœur. Le tableau était si parfait, cela ne pouvait qu'être vrai. Sinon pourquoi voler alors qu'on avait tout ?

Coralie commençait pourtant bien, ses propos étaient vraiment cohérents avec ceux d'une jeune fille dont la famille n'avait jamais montré la moindre tendance à la rébellion.

« Je suis très fière d’elle en effet, et je pense d’autant plus qu’elle peut gagner. Même si ce n’est pas la favorite de tout le monde, et qu’elle est assez mal partie pour le moment, j’ai confiance en elle. »

Pourquoi ce décalage entre ses paroles qui se voulaient si banales et cette expression si sombre, tourmentée. Deirdre, bien qu'elle fasse mine de n'écouter la vendeuse que d'une oreille en admirant son poignet, ne manquait pourtant pas une miette de tous les détails comportementaux de la gamine. Il était hors de question qu'elle lui échappe : même si on n'arrêtait personne pour une mine grise, cela n'était qu'un indice de plus pour corroborer sa théorie.

« Je sais qu’elle a plus d’un tour dans son sac ! Le fait qu’elle ne fasse pas de stratégie de couple pourrait grandement l’aider parce que son partenaire pourrait vite se transformer en poids, comme on a vu pour le district 4 ! » continua Coralie, pendant que Deirdre continuait son observation silencieuse.

Ces propos concernant l'arène sonnaient justes, on les aurait presque dit trop banals pour quelqu'un dont une personne de la famille était impliquée. Après tout, Deirdre ne s'attendait pas à une jeune fille pour laquelle tout allait bien depuis le volontariat de sa sœur à aller se faire battre à mort dans une arène, non elle s'attendait à voir une gamine qui s'inquiétait, qui parlait de ses espoirs avec les larmes aux yeux et, bien qu'elle sache qu'elle était dans le District Un où être tribut était un honneur, elle avait du mal à croire que cette Coralie puisse le prendre aussi bien.

« Et vous, quel est votre favoris de cette Expiation ? »

Nous y voilà, le détournement d'attention. Deirdre sourit en y voyant une occasion de faire jaillir le véritable visage de la cadette Standford.

▬ Hé bien, je dois admettre que votre sœur avait éveillé ma curiosité au départ... Sans compter que je suis toujours une inconditionnelle de notre District ! Le sourire de Deirdre était éclatant, elle avait relevé la tête vers Coralie et la regardait intensément avec ces yeux aux éclats verts. Mais je dois admettre que je verrai mieux Nathanaël gagner ! Il a tout pour réussir l'exploit de briser la série de victoires de la lignée des Featherstone !

Deirdre s'enthousiasmait autour du jeune homme, sa voix vantait ses mérites et ses exploits durant l'arène. Puis elle termina en ajoutant :

▬ Certes votre sœur n'a pas de stratégie de couple mais vu son état actuel, c'est plutôt elle qui serait le poids du duo...

En disant ces paroles, Deirdre plongea son regard dans celui de Coralie puis ouvris grand ses yeux en plaquant une main confuse devant sa bouche. Elle attrapa alors les mains de Coralie entre les siennes et les caressa doucement dans ses paumes en lui disant avec douceur :

▬ Je suis vraiment désolée... Je ne voulais pas vous rappeler les heures pénibles de votre sœur... Elle marqua une pause en gardant le masque de gentillesse qu'elle avait adopté, puis termina : Les Jeux sont tellement cruels... Ça ne doit pas être facile tous les jours de voir votre sœur risquer sa vie pour un ancienne "tradition"...

La belle rousse avait justement choisi son ton, juste assez las et légèrement piquant pour qu'on perçoive la pointe de ressentiment qui laissait à penser que cette cliente n'était finalement pas si fan des Hunger Games qu'il y paraissait. Restait à voir si Coralie finirait par se confier devant cette perche tendue...

Sinon, il faudrait passer au plan B...





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MessageSujet: Re: Infiltration et déductions   Mer 25 Mai - 13:55



Infiltration et déductions

Deirdre  Whitelaw & Coralie Standford







« Hé bien, je dois admettre que votre sœur avait éveillé ma curiosité au départ... » Commença la mystérieuse femme. « Sans compter que je suis toujours une inconditionnelle de notre District Mais je dois admettre que je verrai mieux Nathanaël gagner ! Il a tout pour réussir l'exploit de briser la série de victoires de la lignée des Featherstone ! »

C’est vrai que Nathanaël était un carrière dans toute sa splendeur. Il était beau grand et fort, et semblait n’avoir aucune pitié.

« Si je n’étais pas convaincue que ma sœur allait gagner, je le soutiendrai bien volontiers c’est vrai » Admettais-je.  

Elle continua dans sa lancée. Je me demandais pourquoi elle était autant intéressée par ma soeur. Je pense que chaque familles de tributs doivent vivre la même chose... Je les plains bien volontiers.

« Certes votre sœur n'a pas de stratégie de couple mais vu son état actuel, c'est plutôt elle qui serait le poids du duo... »

Mon sourire se figea. Mais pourquoi me disait-elle ça ? Si son but était de me faire souffrir, elle devait bien rigoler en me voyant. Jouer l’optimiste était décidément de plus en plus difficile. Pour couronner le tout, elle s’afficha avec un regard de pitié en me prenant les mains. J’étais troublée par ses réactions.

« J-je non, je pense qu’elle a assez d’entrainement pour faire face à ce… heu… genre d’obstacle. »

Perdre ta confiance en toi, c’est admettre que tu as peur, c’est montrer aux sponsors que ta sœur n’est pas infaillible, et c’est risquer de la tuer. Et tu ne veux pas ça Coralie. Tu veux que ta sœur vive. Alors ressaisis-toi.

« Je suis vraiment désolée... Je ne voulais pas vous rappeler les heures pénibles de votre sœur. Les Jeux sont tellement cruels... Ça ne doit pas être facile tous les jours de voir votre sœur risquer sa vie pour une ancienne "tradition"... »

Souris. Répond-lui ce que n’importe qui aurait répondu.

« Il y a des moments où j’ai un peu peur pour elle, c’est vrai. »

Il fallait faire semblant d’admettre que j’avais peur (même si c’était évidemment le cas), sinon je pense que ça aurait fait bizarre. Sa sœur est dans l’arène et elle ne pense qu’à ses amourettes ? Ça cache quelque chose ! Je  ne voulais absolument pas que les gens commencent à douter de moi, et donc par conséquent, de Pearl.

« Mais elle s’est entrainée, je ne doute pas de sa victoire. » Finis-je par dire.

Je me remémorai ce qu’elle avait fini par dire. Les jeux… « Cruels » ? Insinuait-elle qu’elle était contre les jeux ? C’était quelque chose de très dangereux à avouer, surtout en plein jour, dans un endroit où tout le monde pouvait l’entendre. Je ne savais pas si elle se rendait compte. Je voulais la prévenir qu’elle risquait de se faire arrêter pour moins que ça, mais je ne savais pas comment m’y prendre.

« Je pense que les jeux sont quelque chose d’important, ils permettent de faire régner une certaine prospérité dans les districts. C’est un honneur que ma sœur ait été choisie pour contribuer à maintenir ce niveau de paix durable. Qu’elle meurt ou qu’elle vive. »

Je m’étonnais moi-même. Je pensais vraiment ce que je disais. Mais ce qui m’étonnait encore plus, c’était comment une habitante du district un pouvait entretenir ce genre de propos ? Et cela valait également  pour les habitants des districts inférieurs... Je ne m’étais jamais imaginé que quelqu’un pouvait être contre le système en place ! Mis à part les fameux rebelles bien sûr, mais je commençais à croire qu’ils n’étaient peut-être après tout que des légendes. Attendez… Si ça se trouvait, je me trouvais en face d’un de ces rebelles ! Je m’étais toujours imaginé ces gens-là mystérieux, n’ayant peur de rien et imprévisibles. La femme qui était en face de moi pouvait parfaitement correspondre je pense à ces traits de caractère.

Je restais un moment immobile. Je ne savais pas quoi dire ou faire. Finalement, je décidais de reprendre mon rôle de vendeuse. Je n’allais pas tout arrêter parce que je croyais qu’une rebelle était entrée dans mon magasin… Plus j’y pensais et plus je trouvais cette idée stupide. Quoiqu’il en soit, je pris la parole.

« Voilà, j’espère vous avoir aidé. Si vous voulez plus de renseignements, n’hésitez-pas. »

Je tournai le dos tout en repensant à cette conversation très étrange qui venait d'avoir lieu…





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Dernière édition par Coralie L. Standford le Jeu 9 Juin - 19:00, édité 1 fois
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Deirdre J. Whitelaw
« Invité »


MessageSujet: Re: Infiltration et déductions   Mar 31 Mai - 1:40

Infiltration & Déductions
Coralie & Deirdre
Ces mots étaient clairs, prononcés avec un ton sans appel. Coralie semblait si assurée de la victoire de sa sœur, ses paroles ne laissaient pas transparaître la moindre crainte, même minime. C'était presque trop parfait comme réponse. En effet, l'espionne ne s'attendait pas à une telle réaction : les personnes qui avaient vu leur enfant partir aux Jeux étaient toujours angoissés, même lorsqu'il s'agissait d'honneur familial ou de fierté du District. L'esprit humain était fait ainsi...

Les instincts primaires étaient plus forts que tout autre sentiment et la possibilité de perdre un être cher provoquait immanquablement cette imprudence qui poussait à douter. Après une nouvelle allusion de ma part, elle finit par lâcher :

« Il y a des moments où j’ai un peu peur pour elle, c’est vrai. »

Cela sonnait si peu...naturel. Même si elle disait finalement ce que Deirdre attendait d'elle, son ton et son expression ne concordaient pas. Quelque chose sonnait faux : mais on n'arrêtait pas encore une personne sur une suspicion... Malheureusement !

« Mais elle s’est entrainée, je ne doute pas de sa victoire. » dit-elle avant d'ajouter lorsque je fis allusion à la cruauté des Jeux : « Je pense que les jeux sont quelque chose d’important, ils permettent de faire régner une certaine prospérité dans les districts. C’est un honneur que ma sœur ait été choisie pour contribuer à maintenir ce niveau de paix durable. Qu’elle meurt ou qu’elle vive. »

Qu'elle vive ou qu'elle meurt... Quelle ferveur ! Il fallait enfoncer le clou.

▬ Vous m'impressionnez par votre calme Mademoiselle ! Vous êtes une patriote à n'en point douter ! Je souris d'un air un peu malicieux avant de reprendre ses propos et de les prononcer en détachant bien chaque mot : En tout cas, qu'elle vive ou qu'elle meurt, ce sera un honneur.

Son attitude était étrange, comme si des pensées internes la perturbaient, ce qui ne manqua pas d'interpeller la belle rousse qui scrutait le moindre de ses battements de cils. Lorsque Coralie finit par interrompre la conversation, le doute fut confirmé :

« Voilà, j’espère vous avoir aidé. Si vous voulez plus de renseignements, n’hésitez-pas. »

Coralie venait de tourner le dos à Deirdre. Elle s'éloignait de sa cliente sans plus d'explication, la laissant debout près du comptoir, la montre à son poignet et cela sans qu'aucune autre visite ne soit venue stopper leur échange. Qu'en conclure sinon que cette jeune fille ne craquerait pas à travers des moyens "conventionnels" ? Il allait falloir ruser.

Elle passa donc à la caisse avec la montre précédemment essayée :

▬ Je vais craquer pour cette montre, elle est splendide et sera du plus bel effet ! Alors qu'elle donnait l'argent de son achat à la jeune vendeuse, l'espionne ne manqua pas de tester une dernière fois sa cible lorsque celle-ci referma le tiroir caisse :Vous avez bien raison de faire attention à votre caisse ! Un ami m'a dit qu'un bijoutier avait eu des ennuis de vol dernièrement... Le district Un n'est plus aussi sûr qu'il n'y paraît.

Alors que Coralie allait lui proposer d'emballer la montre, Deirdre l'arrêta afin de la porter immédiatement puis la salua avant de quitter la boutique.

Le carillon sonna. Un sourire sadique s'étira sur les lèvres de l'agent Whitelaw : place au plan B.



*************


Aux grands maux, les grands moyens. L'approche douce n'avait pas fonctionné, il suffisait de passer à une technique moins conventionnelle... Après tout, ce genre de missions corsées était la spécialité de cette espionne qui n'aurait reculé devant rien pour débusquer quelques rebelles à faire passer aux aveux. C'est ainsi qu'elle avait rapidement réuni tous les éléments nécessaires à son stratagème : un masque noir pour cacher son identité, une cagoule assortie afin que sa crinière flamboyante ne la trahisse pas, des vêtements tout aussi sombres, une dose de chloroforme emmitouflée dans un mouchoir et un poignard pour pouvoir menacer Coralie si celle-ci se révélait être plus dangereuse que l'image d'innocente qu'elle arborait si bien. Le tout fut rangé dans un sac, tandis qu'une petite arme de poing fut attachée à sa cheville.

Alors que le soleil déclinait et que l'heure de fermeture allait bientôt s'annoncer, Deirdre était retournée à nouveau à la boutique, mais sans y pénétrer. A proximité, une ruelle sombre lui fournit la parfaite cachette pour opérer sa transformation à l'abri des regards. Une fois le changement opéré, Deirdre était méconnaissable. Elle cacha son sac, glissa le poignard à sa ceinture avant de se glisser près de l'entrée de la bijouterie. Coralie ne tarderait pas... Rien que cette idée de mettre à jour la véritable nature de cette jeune fille si parfaite la fit frissonner, alors quand elle la vit sur le pallier elle sentit couler dans ses veines cette adrénaline qu'elle aimait tant, qu'elle savourait à chacune de ses missions.

Deirdre s'apprêtait à attraper Coralie et lui plaquer le mouchoir sur les lèvres en cassant la dose de chloroforme quand une voix lança :

▬ Ne bougez plus !

L'espionne leva la tête juste à temps pour apercevoir deux pacificateurs qui venaient de repérer son manège à une vingtaine de mètres et qui courraient déjà vers elle. Se redressant d'un bond, elle croisa le regard de Coralie et une merveilleuse idée lui vînt. Elle tourna talons et partit en courant, les deux pacificateurs à ses trousses échangeant :

▬ C'est le voleur des Standford ! lança un des deux, avant d'ajouter à destination de Deirdre :Arrêtez-vous !

Sa malignité, voilà ce qui sauverait la jeune espionne. Distancer les deux pacificateurs n'était pas simple, elle n'avait jamais réellement travaillé sa course mais cela importait peu... Son idée était simple : si aucun voleur n'existait et que la cadette des Standford était une rebelle, alors elle ne pourrait pas résister au fait d'aider une personne à échapper aux autorités. Il suffisait de rester dans la zone proche de la boutique et sur le chemin de Coralie, pour lui donner l'occasion de se révéler.

L'essoufflement gagnait peu à peu Deirdre qui venait de mettre une rue de distance entre elle et ses deux collègues, totalement inconscients de faire partie du plan d'une supérieure. Elle bifurqua, leurs pas rythmés résonnaient derrière elle. Il suffisait de continuer à jouer le jeu, il suffisait de continuer à courir jusqu'à être rattrapée ou sauvée. Et alors, les masques pourraient tomber.





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MessageSujet: Re: Infiltration et déductions   Jeu 9 Juin - 19:09



Infiltration et déductions

Deirdre  Whitelaw & Coralie Standford








« Je vais craquer pour cette montre, elle est splendide et sera du plus bel effet !  avez bien raison de faire attention à votre caisse ! Un ami m'a dit qu'un bijoutier avait eu des ennuis de vol dernièrement... Le district Un n'est plus aussi sûr qu'il n'y paraît. »

Je cachais tant bien que mal ma surprise. Et si quelqu’un m’avait vu prendre cet argent ? J’étais pourtant sûre d’avoir fait attention… Mais non, cela devait être une coïncidence. Une très étrange coïncidence. Mon trouble se voyait-il ? Je ne le savais pas. Néanmoins, j’essayais de me conduire normalement.

« Je n’en n’avait pas entendu parler. Je garderai l’œil, merci. »

Je ne savais plus quoi penser. Tout d’abord, ce cambriolage faisait-il référence à mon geste désespéré pour sauver ma sœur, ou était-ce l’œuvre d’un malfrat dans une toute autre affaire ? Mais si j’étais devenue une hors-la-loi moi-même, valais-je mieux que ce voyou ? La sentence était-elle différente si pour un même acte odieux le but était différent ? Allais-je me faire couper la langue si l’on découvrait que ce cambrioleur n’était autre que la vendeuse elle-même ? J’étais perdue.

La femme partit, chamboulant tout dans mon esprit. Non. Il n’y a aucune coïncidence. Elle parlait bien de moi, quelqu’un m’avait surpris. Je suis finie. Non. Ma mère a seulement dû déclarer un vol, personne ne sait que c’était moi. Non. C’est trop gros, des pacificateurs vont arriver d’un moment à l’autre.

Je ne m’étais absolument pas préparée à cette situation. Je ne voulais pas me faire arrêter. Je voulais vivre. Mais pourquoi m’ais-je mise dans un pétrin pareil ? Pour sauver ma sœur. C'était pour sauver ma sœur. Il fallait que je ne perde pas de vue mon objectif. Je ne m’inquiétais pas de perdre ma vie pour sauver celle de ma sœur.

Je ne me souvins quasiment pas de la fin de ma journée tant j’avais l’esprit torturé. La dernière cliente de la journée était partie à l’instant. Je regardais ma montre : il était temps pour moi de partir. Ma mère allait passer plus tard dans la soirée pour finir de ranger. Je fermai la porte du magasin à clé et commençai à marcher vivement.

«  Ne bougez plus ! »

Un filet de sueur froide glissa le long de mon dos. Ils venaient pour moi. Je me tournai rapidement vers le son de la voix. Deux silhouettes, que je devinais étant des pacificateurs,  se dessinaient au loin.

« C'est le voleur des Standford !  Arrêtez-vous ! »

Le… Le quoi ? Ho non non non, ça ne va pas du tout… Pas du tout, du tout…
Je restai stupéfaite sur place, incapable de faire le moindre mouvement. C’en était fini de moi, ils m’ont trouvée, et vont m’enfermer ou me faire je ne sais quoi d’autre. Je pensais que je n’aurais pas peur quand cela arriverai, mais j’avais eu tort. J’étais morte de trouille.

J’entendis des bruits de pas. Je me retournai et vis une autre silhouette courir à l’opposé des gardes. Je pris un temps pour réfléchir. Tout s’éclaira d’un coup. Ce n’était pas à moi qu’ils parlaient. Ils ne connaissaient  l’identité du voleur. Ils ne savent pas que c’est moi ! Et ils sont en train de pourchasser la mauvaise personne.

Un doute m’envahit. S’ils attrapent cette personne, ils vont surement ne pas être tendres avec elle. Et qui étais-je pour laisser passer une chose pareille ? Tout était de ma faute, personne d’autre ne devait  subir les conséquences de mes actes. Je pris un instant pour étudier la situation. Ils se dirigeaient tous vers le quartier ouest. En prenant la rue juste derrière moi, j’aurai une chance de les rattraper. Oui, j’avais la folle idée d’aller secourir cette pauvre personne qui n’avait rien demandé.

Je commençai à courir tout doucement, accélérant de plus en plus. Il fallait que j’aide à cacher cet individu  afin que les pacificateurs ne le trouvent pas et que je puisse lui expliquer ce qu’il en était. Une seconde… Devais-je vraiment tout raconter, après tout ? Ce n’était peut-être pas le plus judicieux. Bon… j’aviserai quand je serai face à lui.

Je vis au loin une silhouette seule. C’était lui. Les pacificateurs ne devaient pas être loin. Le "voleur" s’enfonça dans une ruelle peu éclairée. Je m’y rendis à mon tour.

« Les pacificateurs ne vont pas tarder, suivez-moi. »

Je devais faire vite. Je conduisis le mystérieux individu (qui avait son visage caché, étrange …) vers un lieu qui me semblait sur. Je choisi de nous cacher dans le parc où je jouais quand j’étais petite avec... avec Pearl. Bon sang Coralie, tu fais tout ça pour elle, arrête d’être triste quand tu penses à elle. Bref, ce parc était évidemment désert à cette heure-là et les nombreux arbres pouvaient parfaitement nous cacher des pacificateurs.

Un silence s'établit. Je ne disais rien, j’étais concentrée sur ma course. Je m’arrêtai pour écouter : pour aucun bruit de nos poursuivants.

« Je pense que nous les avons semés. »

Je me stoppai. Je ne savais vraiment pas quoi dire… Par quoi commencer.

« Je pense que vous vous demandez pourq… »

Je ne finis pas ma phrase. Je venais de reconnaître la personne que je venais de sauver : une mèche rousse était ressortie de sa cagoule noire, comme éclatante dans la nuit. C’était la cliente rousse de ce matin, avec qui j’avais eu une conversation plus qu’étrange.

« Vous ?? » M’étonnais-je.

Pour le coup, je ne m’y attendais vraiment pas.

« Mais… Qu-que faîtes-vous ici ? »







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Deirdre J. Whitelaw
« Invité »


MessageSujet: Re: Infiltration et déductions   Lun 2 Jan - 2:32

Infiltration & Déductions
Coralie & Deirdre
Ma course devenait bien longue, pénible, sans intérêt. Je pestai intérieurement tandis que ma respiration se faisait saccadée : l'endurance n'avait jamais été ma tasse de thé, J'avais bien du mal à croire que cette gamine au visage bien trop innocent pour être honnête n'ait pas encore surgi au détour d'une ruelle sombre pour m'y attirer à l'abri des regards de mes poursuivants. Mon instinct aurait-il failli ? Je serrai les dents sous ma cagoule, une fine perlée de sueur humidifiait mes lèvres. Je bifurquai dans une nouvelle ruelle sombre, mes foulées ralentirent quelque peu alors qu'une ombre m'interpella. Sa voix retentit contre les murs qui m'entouraient, lui donnant une certaine prestance : je la reconnus immédiatement, je jubilai dans un sourire carnassier qu'elle ne pouvait apercevoir dans l'obscurité ambiante.

« Les pacificateurs ne vont pas tarder, suivez-moi. »

Je tournai talons et partis à sa suite sans attendre. Elle était bien moins preste que nos poursuivants ou moi-même et je crains un instant qu'elle nous fasse prendre. Si nous étions coincées par ces deux imbéciles à nos trousses, je ne pourrais pas sortir le grand jeu pour la démasquer et cela aurait tellement gâché mon plaisir. Purée mais cours donc petite rebelle... Ils n'apprennent donc plus les bases à leurs recrues en crise d'adolescence ? Nous tournions, une fois de plus, puis une troisième... Pas si mal finalement : elle avait été assez maligne pour nous attirer vers un lieu à l'abri des regards. Au loin, je perçus le son mat des bottes des deux subalternes qui s'éloignaient de nous, leurs costumes blancs bien trop visibles dans les rues désormais noircies par la nuit à moitié tombée.

A cette heure, plus aucune balançoire ne tanguait dans ce parc. Seule la brise faisait valser un ballon terne sur le sol terreux. Elle finit par se tourner vers moi.

« Je pense que nous les avons semés. » dit-elle avant de marquer une petite pause en reprenant son souffle. « Je pense que vous vous demandez pourq… »

Elle s'arrêta soudainement, quelque chose avait attiré son attention. Je pinçai mes lèvres en découvrant la mèche rousse qui venait de commettre la plus infâme des trahisons.

« Vous ?? »

Et merde... Je détestais profondément qu'on gâche mon effet de surprise ! Son air béat laissait transparaître toute sa stupeur, elle sembla si naïve quand elle ajouta tandis que je me débarrassais de ma cagoule devenue inutile à présent d'un geste théâtral :

« Mais… Qu-que faîtes-vous ici ? »

Désormais, deux possibilités s'offraient à moi avec chacune leur saveur particulièrement séduisante. L'une d'elles m'emportait immédiatement dans un déluge de révélations suffisamment choquantes pour que cette gamine ne puisse pas avoir l'occasion d'inventer un récit rocambolesque et que la violence de mes paroles - voire ma violence tout court - la pousse à avouer rapidement tout ce que je désirais. Toutefois, cela signifiait également que le jeu du chat et de la souris prenait fin et cela serait bien trop dommage... Je m'humidifiais donc les lèvres, faisant mine d'être mal à l'aise. La seconde option, voilà pour quoi j'optais.

▬ Je... J'avais besoin de vous revoir, de vous parler... Je plongeai mon regard dans le sien avec cette intensité propre à mes plus grands rôles : ...en toute discrétion.

Ma voix était parfaite : les chevrotements qu'on y percevait pouvaient laisser croire à une émotion extrême, mêlant peur et nécessité vitale. Mon souffle emporta la fin de ma réplique dans un effet tragique pour qu'il sonne juste. Je fis mine d'observer les alentours par de légers mouvements de tête, mes yeux scrutant faussement l'obscurité environnante. La course des pacificateurs ne se faisait plus entendre depuis un moment désormais, quant aux habitants ils étaient plutôt silencieux dans ce district où la révolte n'était qu'un mot abstrait... Du moins pour l'instant.

Une seule mauvaise graine suffisait. Si elle savait trouver l'eau pour se nourrir, s'abreuver aux malheurs qui l'entouraient et répandre son poison, alors ce qui n'avait été qu'une semence finirait par devenir une mauvaise herbe qu'il faudrait arracher dans le sang et les larmes. L'étouffer avant qu'elle n'ait eu le temps de sortir de terre était une solution radicale, à laquelle j'allai prendre un plaisir divin.

Face à moi, Coralie Standford ne me quittait plus des yeux. Je la sentais fébrile. Il fallait que je joue ma plus belle carte, dès à présent.

▬ J'ai bien senti tout à l'heure que vous n'osiez pas parler à la boutique.

Je me mordis la lèvre inférieure, baissant le regard pour me donner un air gêné. Décidément, ce jeu avec ses sentiments me plaisait tant que je dus me retenir de la fixer lorsque je lâchai enfin la phrase qui saurait faire mouche.

▬ Je sais pourquoi vous m'avez sauvée... C'est vous qui avez volé l'argent de la caisse de la boutique n'est-ce pas ? J'attrapai sa main entre les miennes, me rapprochant d'elle autant pour la mettre en confiance comme l'aurait fait une amie, que pour la saisir à la gorge si elle tentait de s'échapper. Je ne vous reproche rien et ne dirai rien, seulement... Nous savons toutes les deux pour qui étaient cet argent et j'ai besoin de les rencontrer...

Mon intonation l'implorait tandis que mon corps se pliait dans une posture de supplique. Si j'avais bien saisi quelque chose c'était qu'il fallait que j'apparaisse vulnérable, suspendue à sa réponse comme si mon existence toute entière en dépendait. Après tout, ceux que j'avais vaguement interrogé à propos de cette gamine m'en avait parlé en terme de douceur et bienveillance, voire de fragilité. Le roseau ne devait pas plier, il devait rompre sous mon stratagème, y succomber pour que l'espionne qui se dissimulait sous mes traits innocents puisse réaliser une des plus belles prises de sa carrière.




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