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 EXPIATION - Soirée des sponsors

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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Sam 19 Sep - 12:06

Capitole - Kadehdjha Sicorymio






Kadehdjha était très amusée par le ton que prenait la conversation avec la vampire de soie, elle jouait avec la pauvre petite mentor qui visiblement n'en avait toujours rien compris des mœurs capitoléennes. Elle mettait tellement les pieds dans le plat que c'en était ridicule. Ses yeux, aux paupières qui semblaient presque faites d'un métal bleu tant son maquillage reluisait sous les lustres de cristal de la salle, jaugeaient la mentor aux épaules découvertes avec une expression à cheval entre la moquerie et la déception. Car oui, cela la décevait que cette mentor splendide ne soit pas prête à donner plus d'elle-même pour ses tributs...

- Vous lisez en moi à ce que je vois ! Ils sont encore en vie, c'est déjà quelque chose, et ils ont des dents. RrrrRRRrh.

Le geste qui accompagna les paroles de la belle déesse bleue, cette main tendue comme une griffe... Kadehdjha sourit et répéta le geste vers Zatannah, entrant dans son jeu de séduction à peine voilé.

- RrrrrRRRrh ! Ahah ! Qui aurait cru que la vampire de soie me montrerait ce dont elle est capable...

Kadehdjha agita sa coupe de champagne, les paillettes d'or se remirent à danser dans le liquide d'un doré clair, qui étincelait au moins autant que tous les bijoux de corps qui étaient posés sur la peau de la styliste corporelle. Son regard se baissa sur sa coupe, puis se releva avec un regard joueur vers Zatannah.  

- Ils ont peut-être des dents, mais pour les morsures on repassera ! lui lança-t-elle, en s'approchant d'elle. Avouez, vous les avez muselé pour que les élèves ne dépassent pas le maître ! ajouta-t-elle en riant à gorge déployée.

La fantasque tatoueuse attendait de voir si la mentor allait réussir à tirer son épingle du jeu, car pour l'instant celle-ci ne lui offrait rien qu'elle puisse désirer, rien qui lui donne envie de faire pencher les Jeux en faveur de ses tributs. Pour l'instant, les tributs du Huit semblaient plutôt faire une belle chair à canon pour propulser une autre équipe au summum de sa gloire...

Soudain pourtant, le ton de la conversation changea. La vampire de soie prit une voix plus suave, plus enchanteuse. Une lueur passa dans son regard et Kadehdjha se sentit se rembrunir, elle devînt méfiante devant ce comportement si versatile. Cette mentor était connue pour sa pseudo-folie, toutefois ses changements d'attitudes étaient si célèbres que Kadehdjha se prit à douter de la sincérité de ce soudain revirement.  

- J'adore ce que vous avez là, vous n'auriez pas de quoi m'en faire aussi ? Mais je ne sais pas si ça rendrait aussi bien sur ma peau.

La flatterie... C'était bien quelque chose que tous les capitoléens affectionnaient particulièrement. Seulement, Kadehdjha n'était pas de ces poules si facile à berner. Elle se méfia, fronça légèrement ses sourcils peints soulignés de strass. Elle observa chaque geste de la mentor... Elle était tellement...succulente...

Sa peau très claire, qui paraissait si douce sous ses doigts fins qu'elle passait avec délicatesse sur son décolleté aguichant. Kadehdjha aurait donné beaucoup pour toucher avec ses instruments cette peau si parfaite, si fragile et forte à la fois. Elle se laissa prendre au jeu...

- Vous seriez si parfaite avec de telles ornements, cela est bien vrai... Elle sourit avec une avidité non feinte : Venez donc demain à mon salon, elle sortit de sa pochette couverte de plumes de paon une petite carte qu'elle glissa à la fine ceinture de la mentor...Je ferais de vous la plus exceptionnelle des mentors pour la prochaine soirée...

Elle laissa glisser sa main sur la hanche de Zatannah...puis retira sa main délicatement pour la porter à ses lèvres.

- Pour en revenir à l'arène... C'est peut-être plutôt moi que vous devriez craindre...

Un silence s'installa, Kadehdjha tentait de percer à jour la menace mi-voilée de la mentor quand celle-ci éclata de rire. Décidément, ces mentors savaient jouer ! Cette jolie perle bleue était la souris et Kadehdjha venait de devenir le chat, même si elle aimait son interlocutrice penser le contraire, ce genre de jeu de rôles était tellement excitant ! C'est ainsi que lorsque Zatannah se voulut aguicheuse, posant sa main sur l'épaule de Kadehdjha, celle-ci se sentit prise d'un frisson délicieux.

- Oh mais je vous crains, vous êtes le prédateur de cette soirée et vous m'avez prise dans vos filets... Elle laissa sa phrase en suspens : On pourra vous rendre encore plus redoutable avec mes doigts d'artiste... Du moins, si vous acceptez de les laisser filer sur votre peau.

Kadehdjha posa sa main sur celle de Zatannah, parcourut son bras de son ongle coloré et finement manucuré, puis glissa doucement sur son épaule avant de s'approcher d'elle, mimant une étreinte.

- Je vous attends demain à ma boutique... Nous verrons ce que je peux faire si tu es sage... lui dit-elle dans un murmure. Et si tu ne l'es pas, alors qui sait ce qui pourrait se produire... ajouta-t-elle d'une voix doucereuse qui ne laissait aucun doute sur le fond de la pensée de la capitoléenne.

Puis elle se sépara de Zatannah en apercevant un ami qu'elle salua d'un large geste, avant d'ajouter :

- Je pourrais même décider d'aider vos tributs s'ils sont toujours en vie demain ! Pensez y...

Elle se détourna alors de Zatannah, la laissant seule au milieu de la foule des capitoléens raffinés dont les porte-monnaie n'avaient toujours pas dégrossi...


"Kadehdjha ne répond pas favorablement à la demande de sponsor de Zatannah. Zatannah ne remporte pas de points de sponsor auprès de cette Capitoléenne."

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Lun 21 Sep - 22:35




Soirée Sponsors



En chemin, il attrapa au vol deux coupes de champagne qu’il tendit à Thorne et à la sponsor en arrivant, parant les bulles d’un sourire poli.

Avant même que Cybellia n’ait pu me répondre, Ethan se joignit à nous. J’accueilli l’homme d’un sourire chaleureux ; je l’avais toujours apprécié pour son charisme empreint d’une discrétion rare en ces lieux.

« Je vous souhaite le bonsoir. Permettez-moi de vous offrir à tous les deux un verre ? »

J’acquiesçai. Bien que me rappelant les objectifs de la soirée, je devais apparaitre comme à mon habitude : toujours partant pour un verre ou pour une Capitolienne. Et puis un peu d’alcool me permettrait peut-être de rendre cet événement plus tolérable …

« Ca ne se refuse pas, n’est-ce pas Cybellia ? »

Et alors que je saisissais la coupe, le mentor glissa quelques paroles chaleureuses à mes oreilles …

« Mes condoléances pour vos Tributs. »

Je croisai son regard et le soutenu quelques secondes avant d’acquiescer légèrement de la tête en signe de remerciement. Cet homme inspirait la confiance et je ne remettais pas en doute sa sincérité … Il venait lui aussi d’un district pauvre, et avant d’enfin céder sa place, il avait lui aussi vu passer des dizaines de tributs qui avaient échoués. Là-dessus, nous nous comprenions. Mais cette année, il avait une équipe particulièrement intéressante, surtout la jeune femme qui semblait intriguer le Capitole. Il du rapidement se remettre en quête de sponsors …

« Le champagne vous va à ravir : il est semblable à votre allure ce soir, aussi pétillant que votre coiffure. »

Avant même que Cybellia n’ait pu répondre, Oliver se joignait déjà à nous. Je restais impassible ; bien que le mentor n’ait pas ma sympathie, on partageait actuellement un objectif commun. En savait-il plus que moi à ce sujet ?

« Bonsoir. Mademoiselle Cybellia. Monsieur Thorne. J’espère que cette magnifique soirée se déroule comme vous l’entendez… Et Monsieur Underwood, c'est un réel plaisir que de vous revoir, bien que d'autres circonstances aient été préférables. »

Toujours dans mon rôle, j’éclatai de rire tout en me tournant vers Cybellia avant de refaire face à Oliver.

« Voyons Monsieur Wingston, quelles circonstances peuvent être préférables à une fête au Capitole en si bonne compagnie ? »

Mais alors que je tentai de disparaitre derrière mon masque de gaité et d’indifférence, Oliver souleva à son tour l’échec de mon coaching en cette année d’Expiation.

« J’imagine que c’est le dernier sujet que vous voulez aborder, mais je tiens à vous dire que je suis vraiment navré pour vos tributs. Ils ont créé tout un émoi. »

Je lui lançai un regard noir. Un émoi ? Essayait-il de me prendre en pitié ou faisait-il de l’ironie ? Mes tributs avaient été tels les tributs du douze presque chaque année ; inexpérimentés, inexistants … Ils n’avaient pas tenu deux jours. Alors certes, les gens faisaient toujours mine d’être particulièrement touchés lorsque les tributs les plus jeunes étaient froidement assassinés, mais sincèrement … Je crois qu’ils en avaient l’habitude. Seule la chance avait parfois permis à de jeunes tributs de triompher, mais ça n’arrivait pas à chaque décennie.

« Merci … Je déplore en effet la mort de Leanne, elle avait beaucoup de potentiel. »

C’était devenu facile avec le temps, vraiment. En fait, il suffisait simplement de dire toujours l’opposé de ce que je pensais et ça paraissait parfait … Je trouvais en réalité la mort de Xavan d’autant plus triste qu’il n’avait aucune préparation …

« Mais, ne vous en faites pas. Les oisillons finissent par quitter leur nid, mais, comme on dit, l’oiseau refait toujours son nid. »

Ah, voilà qui expliquait son intervention. La mission était lancée, il ne restait plus qu’à repérer la cible, et Simon notre acolyte. A nouveau, j’éclatai de rire.

« Ahahah, Monsieur Wingston, je ne vous savais pas poète … Enfin, comme vous l’avez si bien souligné tous les deux je n’ai pas de raison légitime d’accaparer la belle Cybellia, je vous laisse vous battre pour ses faveurs messieurs … »

J’attrapai la main de la sponsor et y déposai un baiser avant de lui faire un clin d’œil.

« A charge de revanche. »

Je tournai alors les talons et repérai rapidement Simon du regard. J’avançai vers lui, un demi-sourire aux lèvres. Je savais combien tout cela devait être dur pour lui. Ca l’était évidemment pour la plupart d’entre nous, mais ce n’était que sa première année … Je l’accueilli d’une tape sur l’épaule que je voulais bienveillante.

« Alors Simon, je vois qu’on est ponctuel … »

C’était une petite boutade pour tenter de le détendre … Comme moi, il n’avait aucune raison d’arriver à l’heure, il n’avait aucune raison de chercher des sponsors … Je ne dis rien à propos de ses tributs … J’avais tendance à voir parfois Simon comme une jeune version de moi-même, et je savais à quelle point la pitié des gens m’avait toujours énervé, même lorsque cela partait d’un bon sentiment.

« Enfin, tu n’as rien raté, tu tombes bien … J’avais besoin d’être secouru, j’étais coincé avec Oliver Wingston qui était en train de partir dans des élans poético-lyriques, j’étais à deux doigts de m’endormir … Des conneries sur les oiseaux qui quittent le nid, ‘fin tu vois le genre … »

Voilà … Le message était transmis, la mission était lancée. Nous devions maintenant mettre la main sur notre ingénieur, ce que je tentai de lui faire comprendre avec plus ou moins de subtilité …

« Bon, allons noyer notre misère dans l’alcool et la bonne compagnie … Cherchons nous une jolie proie … »

Je balayais la salle des yeux à la recherche de notre vraie « proie », mais je ne vis rien qui ressemblait de près ou de loin à la photo qu’on nous avait fournie. Un regard vers Simon me confirma que lui non plus n’avait rien vu … Se pouvait-il qu’il soit en retard ?

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Zatanah Keywell
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mar 22 Sep - 19:11

Le bilan de cette entrevue était assez mitigé. D'aucun dirait que c'était plutôt un échec. Mais Zatanah trouvait cela enrichissant, elle apprenait doucement ce petit jeu. Même s'il y avait encore beaucoup de boulot. Et puis même si elle n'avait pas obtenu de sponsors, cela s'annonçait plutôt bien pour le lendemain.

C'était déjà ça non ?
Il fallait juste que ses tributs survivent jusque là...

Enfin, Zatanah s'en trouvait toute chose. Cette femme lui rappelait Kaly, dans la façon dont elle la regardait et la jeune mentor avait très très envie de se présenter à son atelier le lendemain. Elle avait très bien saisie les différentes allusions et trouvait tout cela très intéressant. Elle avait aussi besoin d'un peu d'affection et de piment dans sa vie et il n'y avait bien qu'au Capitole que des femmes aussi incroyablement irrésistibles lui faisaient de telles propositions.

Qui plus est, Zatanah avait tenté de la séduire et, maladroite comme elle est, elle s'était retrouvée tel un joli papillon coincé dans la toile d'une magnifique araignée. (A part qu'une araignée, ça n'est jamais magnifique, ni même beau, ni même un peu joli.) Cette femme pouvait certainement lui apprendre des choses, de façon plus ou moins subtile.

Esseulée et n'ayant pas eu le temps de répondre, la mentor du huit resta quelques secondes immobiles, entre sourire et sourcils froncés, alternant rapidement les deux, un peu perdu entre son échec et un certain désir. Elle finit par secouer la tête, se décidant à aller boire un verre pour se redonner du courage.

Il fallait qu'elle trouve un autre sponsor et vite, poussée par une mauvaise intuition. Ses tributs n'étaient pas en bonne posture et ça pouvait ne pas s'arranger...

Attrapant une coupe de champagne, elle aperçu deux mains se tendre à côté pour se saisir de deux flutes. En se tournant, elle aperçu leur propriétaire, Melvil, toujours très classe dans ce genre de soirée et derrière lui Simon, le dernier vainqueur. Elle leur délivra un petit sourire gênée, comme elle savait si bien faire. Comme si elle était toujours désolée de quelque chose.

- Bonsoir Melvil, Simon.

Elle ne fit aucun commentaire sur leurs tributs, d'abord elle n'était pas sûre de savoir ce qu'il en était, ensuite, elle ne voyait pas l'intérêt de remuer le couteau dans la plaie. Surtout pour Melvil qui était du onze ou du douze, quelque chose comme ça, et dont la vie ne devait pas être plus facile pour lui que pour elle. Mais elle ne le prenait pas en pitié pour autant. Simon quant à lui, et bien... Il était carrière non ? C'était étrange de les voir ensemble en tout cas.

- Première soirée sponsor pour toi Simon ? J'espère que tu seras plus doué que moi. Mais je crois que tu es bien accompagné.

Elle leur sourit, gentiment, il n'y avait aucune méchanceté ou malhonnêteté dans son ton ou dans son regard. Elle était sincère, sincère comme une brebis dans la fosses aux lions. (Ou un vers de terre dans la volière). Et ce même si Simon était p'tetre un carrière. Zatanah avait le sentiment qu'entre mentors, il fallait se soutenir, au moins un peu. Sauf Elina, oui, bien sûr.

Elle balaya à nouveau la salle du regard, elle se doutait bien que les deux iraient à la rencontre de sponsors sans s'éterniser et elle devrait faire de même.
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Lun 2 Nov - 10:03




Soirée Sponsors




« Bonsoir Melvil, Simon. »

Mon regard se porta sur Zatanah. J’avais toujours été étonné par ce petit bout de femme qui semblait faire peur à tout le monde, et on comprenait aisément pourquoi. Si sa victoire avait été effrayante, son mentorat avait montré qu’elle avait parfois quelques restes de la sauvagerie dont elle avait fait preuve dans l’arène. Je n’en avais jamais été témoin, ce qui expliquait sans doute que je n’ai pas sur elle le même regard que ceux qui avaient rapporté ce qu’ils appelaient « les apparitions de son double visage ». Mais si démon il y avait, il était extrêmement bien caché, en particulier ce soir.

«  Première soirée sponsor pour toi Simon ? J'espère que tu seras plus doué que moi. Mais je crois que tu es bien accompagné. »

Je souris, reconnaissant qu’elle ne mentionne pas mon propre échec comme ne l’avait manqué de faire aucune personne à qui j’avais parlé ce soir. Je lui tendis ma coupe.

« Tsss tsss Zatanah, dans cette robe, si tu n’arrives pas à trouver de sponsors, je me demande qui le pourra. »

Je jetai un œil à l’indic’ qui me fit signe que … Notre cible était à l’étage. Vite, je devais écourter la conversation afin que ni Simon ni moi ne trahissions quelque signe de panique.

« Allez, allons te trouver des sponsors Simon. »

Nous avions avancé un peu plus vers Oliver. D’un signe de tête, je lui avais indiqué les toilettes. Cela changeait tout, tous nos plans,  mais il n’y avait rien à faire : tout cela était trop important et nous ne pouvions pas abandonner. Je fermais les yeux une seconde pour me remémorer les informations qu’on nous avait fournies … Monter à l’étage … Le seul moyen d’y passer discrètement était l’aération. Il y avait le choix entre les toilettes et les chambres. J’étais à peu près certain que les toilettes étaient notre seule réelle solution ; chambres étaient filmées à n’en pas douter. Ce qui se passait là était un moyen de pression sur tous ceux qui s’y risquaient sans vraiment connaître le Capitole et ses politiciens. Il fallait réfléchir rapidement … L’un de nous devrait faire le guet, rester dans la grande salle et nous signaler si quelqu’un montait les escaliers. Les deux autres devaient-ils se séparer ? Choix cornélien … Se séparer, c’était multiplier par deux les chances de se faire prendre. Mais c’était, en cas d’échec de l’un des deux, nous offrir une chance supplémentaire de réussir la mission. Mais si nous devions nous battre, à deux nous aurions un avantage, même pour faire taire l’ingénieur … C’était à s’arracher les cheveux, mais il fallait agir vite.

D’un coup de tête, je signifiais à Oliver de nous rejoindre. Arrivé dans les toilettes avec Simon, je commençai par faire le tour des cabines pour m’assurer que personne ne s’y trouvait.

« RAS. Simon, tu fais le guet. Si quelqu’un essaye de monter les escaliers, tu essayes de nous gagner un maximum de temps et tu viens nous prévenir par le conduit des toilettes des hommes, ou des femmes à défaut ; d’après nos info ils donnent sur la même pièce … »

Des pas approchent et quelqu’un clanche la poignée. Je lance automatiquement une conversation futile sur la robe d’une sponsors en rentrant dans une cabine, quand Simon me signale que c’est bien Oliver qui est entré. Simon, qui avait réupéré la clef usb auprès de l’indic, me la glisse avant de sortir de la pièce. Oliver me regarde d’un air interrogateur.

« Il est en haut. Simon nous préviendra en cas de pépin. »

Cela fait tellement longtemps que c’est devenu un reflexe aujourd’hui d’en dire le moins possible dans mes phrases, autant pour gagner du temps qu’au cas où quelqu’un écouterait même si dans ce cas, c’est impossible. Simon n’est pas loin de la porte, et il surveille le temps qu’on ai pu monter ; il nous préviendrait en cas d’intrusion.

« Je serais d’avis de rester ensemble, ça réduira les chances d’une rencontre fortuite. »

Je dégrafais un bouton ou deux de ma chemise, et dénouais légèrement ma cravate. Je jetai un œil à Oliver, qui semblait avoir compris : si nous croisions quelqu’un là-haut, prétendre que nous cherchions un endroit pour cacher une idylle homosexuelle pourrait éventuellement nous apporter des réprimandes sans pour autant griller notre couverture. Alors qu’Oliver montait sur le lavabo pour ouvrir la trappe d’aération, je rentrais dans un cabinet quelques secondes. L’idée n’était pas très plaisante, mais je savais que si on devait être pris, il me fallait cacher la clé sur moi, à un endroit où personne n’irait fouiller « spontanément ». Après quelques instants, je sorti pour voir les jambes d’Oliver disparaitre dans la trappe. D’un bond, je le suivi. Nous faisions de notre mieux pour nous déplacer lentement et le plus silencieusement possible. Fort heureusement pour nous, le bâtiment était merveilleusement bien construit et notre poids faisait à peine crisser la conduite. Je tapotai la jambe d'Oliver et lui fit un signe entre mes yeux et le bout de la conduite. Il avança vers le bout pour pouvoir s'assurer que personne n'était au dans la pièce pendant qu'on y rentrait ; je restais un peu en retrait. Si on devait reculer rapidement, un proximité trop importante risquait de nous gêner en cas de repli.

"Oliver et Melvil arrivent pour observer le studio"


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Dernière édition par Melvil B. Thorne le Dim 8 Nov - 11:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mar 3 Nov - 18:07

Capitole - Sam Banks






Le téléphone sonna. Une fois, deux fois, trois fois, cinq fois, avant de s’arrêter dans un bruit sonore. Il en sortit alors une voix féminine passablement énervée :

« Mon cher Monsieur Banks… Je sais bien que vous autres intellectuels êtes des êtres supérieurs dans notre société moderne et donc bien trop importants pour daigner décrocher un simple téléphone. Chose bien regrettable en ce moment car je peux vous jurer que si vous ne me retrouvez pas en vitesse à la soirée des Sponsors, qui a en ce moment-même lieu au palais présidentiel, je saurai vous faire redescendre parmi nous. Suis-je assez claire pour votre esprit si développé ou faut-il que je vous fasse un dessin ? »

Jusque là affairée à nettoyer des verres, une jeune Muette écouta d’une oreille distraite ce message téléphonique, semblable aux quatre précédents. Sa tête baissée aux yeux noisette guettait la moindre tache, et son esprit rendu muet errait à un questionnement sans fin sur les raisons pour lesquelles cet appartement habituellement si calme avait, durant tout l’après-midi, été secoué d’éclats de voix divers.
Elle porta des yeux inquiets sur cette porte close depuis maintenant trois heures lorsqu’une nouvelle exclamation forte s’en éleva :

« C’est une blague ! La personne qui vous a écrit ce rapport y connait-elle réellement quelque chose ou a-t-elle obtenu son diplôme au fond d’un bol de ponch ? »

Ses pas légers la portèrent sur ce miroir près de la porte, dont elle nettoya la surface parfaitement propre d’un mouvement futile. Elle n’avait jamais entendu son maître crier si fort – elle ne l’avait d’ailleurs pas souvent vu élever la voix, voire même s’énerver.

« C’est vous qui devriez vous remettre en question mon cher Banks, monta une voix électronique étouffée. Pour l’avoir étudiée, je peux vous assurer que si vous ne me laissez pas apporter quelques arrang…
- C’est donc ça ! »

Le miroir était resplendissant. Comme toute surface potentiellement nettoyable dans cette pièce. La Muette tellement efficace avait déjà préparé la tenue de son maître, qui reposait couverte d’un plastique dans un canapé dans utilisé deux fois en deux ans ; puis, elle avait cherché cette veste qu’il ne quittait jamais et elle avait tenté de la rendre la plus présentable possible, sans espoir ; enfin, la voici errante, à la recherche d’une activité utile dans le logement d’un homme zélé, qui concentrait toute sa vie dans un bureau actuellement verrouillé à double tours.

« J’ai peur que ce ne soit vous qui déliriez mon ami. Et vous venez de me faire perdre un temps précieux, alors je vais simplement clore cette conversation holographique et m’en retourner vers des personnes véritablement compétentes. Bonne soirée. »

Et puis, le silence.
La silhouette discrète déposa son chiffon sur un meuble puis elle posa délicatement son oreille sur la porte. L’absence de son l’inquiéta et elle dut se concentrer pour entendre les râles successifs de soupirs las. Comprenant qu’il valait mieux arrêter tout cela, elle leva sa main et frappa le bois du bout des doigts pour quérir des nouvelles. Elle renouvela par trois fois sa demande avant que le loquet ne s’active et qu’apparaisse un visage fatigué aux sourcils froncés.

« Quoi !, encore ? »

Lorsqu’il aperçut l’imperturbable Muette rousse devant lui, son visage s’adoucit immédiatement et il rattrapa son exclamation désagréable par une voix calmée.

« Oh, excuse-moi… J’ai eu un dur après-midi et je suis fatigué… »

Il ouvrit en grand la porte et alla se servir un verre d’eau sous les yeux surpris de la jeune femme qui attrapa son chiffon pour le ranger.

« Je ne pense finalement pas aller à la soirée, déclara-t-il. Quel intérêt ? Je ne sais même pas ce qu’il s’est passé ces deux derniers jours dans l’arène. »

Banks avala d’une traite son verre, puis arrangea distraitement ces mèches mi-longues qui avaient la fâcheuse tendance à lui tomber dans le visage. Il avait l’esprit ailleurs. Comme toujours.

« J’ai peut-être encore le temps de peaufiner ce maudit circuit imprimé… », réfléchit-il à haute voix.

La jeune femme lui répondit avec un inaperçu sourire compréhensif avant de lui désigner le combiné du doigt. Les sourcils de l’ingénieur se tendirent en voyant le chiffre cinq s’afficher sur le petit écran, et elle devina sans peine la raison de son questionnement.  

« Qui a bien pu m’appeler si souvent ? »

La jeune femme profita de la soudaine occupation de Banks pour entrer dans le bureau et voir ce qui aurait potentiellement dû être nettoyé. Elle faisait le constat que la pièce était terriblement propre quand s’élevèrent le premier puis le dernier message laissés par la femme sur le répondeur téléphonique. Une forte expiration lui répondit.

« C’est pas possible, tous ces crétins se sont mis d’accord ou… ? »

La Muette l’aperçut se précipiter par la porte et elle eut juste le temps de courir attraper le bras de l’ingénieur pour le retenir. Elle lui désigna la tenue proprement pliée sur le canapé et lui offrit son air le plus insistant. Il semblait en cet instant vraiment agacé.

« Honnêtement, est-il impossible d’oublier ces satanés codes vestimentaires pour une fois ? Juste une ? »

Elle secoua négativement la tête. Il obtempéra avant de sortir, grimpant dans le taxi qu’elle avait entre temps appelé.
Dans la voiture, Banks resta silencieux, observant l’heure défiler sur le cadran à côté du chauffeur. Il avait une heure de retard, rien d’important pour quelqu’un qui ne comptait pas se présenter à la fête, n’étant définitivement pas d’humeur à supporter la musique. Pourtant, au vue des messages de Whitelaw, ce retard le perturbait… De quelle manière ce problème urgent nécessitait que lui, ingénieur en transports, apporte son aide ? Venant de la part d’une politicarde doublée d’une identité de tireuse d’élite, avec laquelle il n’avait encore – heureusement ! – jamais eu à traiter, c’était assez troublant… Et malheureusement, toutes les bonnes choses avaient une fin.
Cette vie était terriblement éreintante.
Quand la voiture s’arrêta, Banks ne tarda pas pour en sortir et profiter de l’air frais avant que n’arrive Whitelaw.
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Deirdre J. Whitelaw
« Invité »


MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mar 3 Nov - 23:52

Que la fête commence...
Deirdre & Sam


La journée avait été longue. Le son discret et métallique des rails sur lequel circulait le train à haute vitesse qui la ramenait au Capitole résonnait encore dans les oreilles de Deirdre lorsqu'elle passa chez elle dans l'après-midi. Dans le salon, les rideaux étaient tirés. Seuls quelques rayons de lumière filtraient dans les fins interstices des tentures, créant des zébrures absurdes sur le damier que formait les dalles noires et blanches du sol. Les talons de la jeune femme claquèrent sur l'échiquier de marbre. Elle progressa jusqu'à la baie vitrée qu'elle dégagea d'un geste, laissant le soleil baigner son visage. Un soupir d'aise lui échappa, un soupir de satisfaction. Le sentiment de puissance qui l'envahissait était transcendant, grisant.

Sous sa douche, l'eau presque brûlante ruisselait sur sa peau pâle. Elle savourait cette chaleur enveloppante, rassurante, qui la berçait et lui permettait de reprendre surface maintenant que sa mission était finie. S'échapper, s'évader dans son monde et se débarrasser de cette seconde peau qu'était son rôle, une identité qui lui allait à merveille comme à chaque fois et qu'elle saurait réintégrer dès que le besoin s'en ferait sentir... Pourtant, dans cet appartement, elle revenait Deirdre Whitelaw.

Enroulée dans son peignoir, elle avait choisi de s'installer devant son large écran qui diffusait le divertissement qu'elle attendait avec impatience tout au long de l'année : les Jeux. Elle avait vécu le début de l'Expiation sur la place du District Cinq, entourés de personnes qui haïssaient le Capitole, des personnes qu'elle maudissait en silence. Le sang n'avait plus coulé depuis plusieurs heures dans l'arène, ce qui avait le don d'exaspérer la demoiselle : n'étaient-ils pas là pour se battre jusqu'à la mort ? Si c'était le cas, pourquoi y avait-il tant de tributs toujours vivants ? Deirdre soupçonnait les Juges de planifier des événements bien plus traumatisants et de vouloir garder assez de tributs pour le spectacle, toutefois la perspective de Jeux long en besogne ne lui plaisait guère même si elle appréciait la torture tout en finesse que l'esprit des tributs pouvait subir au fil de l'avancement des journées passées sous le dôme de l'arène...

Tout aurait pu être idéal. Elle aurait pu n'être qu'une capitoléenne parmi tant d'autres, continuer à contempler son écran jusqu'au soir et retrouver son père à la soirée des Sponsors donnée au palais présidentiel pour l'occasion. Seulement, elle était une soldate, prête à défendre sa patrie à tout instant et les justes ne connaissaient pas de repos. Son portable professionnel sonna, un bruit clair qui la sortit de sa tranquilité. A l'autre bout du combiné, un homme dont la voix paraissait incertaine annonça une mauvaise nouvelle à Mlle Whitelaw, une mauvaise nouvelle à laquelle elle répondit pas des réprimandes terribles auxquelles le pauvre bougre ne sut quoi répondre si ce n'est qu'acquiescer pour tenter de calmer le dragon. Mais le dragon lui intima un ordre, le bon premier de rang obéit.

A peine raccroché, Deirdre composa un nouveau numéro. A nouveau, elle donna un ordre et la personne à l'autre bout du fil s'exécuta sans demander son reste. Sur le coin d'un ancienne facture qui trainait sur sa table basse depuis plusieurs mois, son écriture griffonna un numéro : l'unique coupable qui serait aussi son unique secours pour démêler la situation inextricable qui se jouait à des kilomètres de là. Quand elle le composa, un répondeur fut la seule voix qui l'accueillit. Elle pesta et fila dans sa chambre en continuant de composer en boucle le même numéro, qu'elle inséra dans son répertoire.

▬ Si vous ne décrochez pas bientôt, je peux vous jurer que je vais...

Un grondement exaspéré lui échappa, son interlocuteur prenait un malin plaisir à l'ignorer. Dans son esprit, diverses formes de punition lui venait déjà en tête, elle s'en délectait intérieurement mais cela n'était pas suffisant pour calmer la haine viscérale qui lui faisait voir rouge à cet instant précis. Téléphone à la main, elle continua ses appels tout en filant vers sa chambre, il fallait qu'elle aille à la soirée quoi qu'il arrive et il fallait que sa mission soit une réussite parfaite afin qu'elle puisse l'exhiber comme un trophée devant son père. Il le fallait.

Plus d'une heure avait passé sans qu'elle n'obtienne satisfaction. Ses appels restaient sans réponse et les messages s'agglutinaient sur le répondeur... La soldate avait donné des ordres pour que l'homme soit recherché à son travail ou chez lui et escorté jusqu'à elle dans les plus brefs délais. Malheureusement, les deux soldats incompétents l'avaient manqué.

Dans la limousine qui la conduisait à la soirée pour l'occasion, elle finit par laisser une ultime demande après l'annonce plate et sans âme qu'elle avait trop entendue. Un message plein d'amertume et d'une colère à peine voilée :

▬ Mon cher Monsieur Banks… Je sais bien que vous autres intellectuels êtes des êtres supérieurs dans notre société moderne et donc bien trop importants pour daigner décrocher un simple téléphone. Chose bien regrettable en ce moment car je peux vous jurer que si vous ne me retrouvez pas en vitesse à la soirée des Sponsors, qui a en ce moment-même lieu au palais présidentiel, je saurai vous faire redescendre parmi nous. Suis-je assez claire pour votre esprit si développé ou faut-il que je vous fasse un dessin ?

Ses doigts courraient sur l'accoudoir central, griffant légèrement le cuir de ses longs ongles manucurés et vernis d'un blanc immaculé. Quand elle sortit de la voiture, sa robe tout aussi pure scintilla sous les nombreux spots qui caressèrent sa silhouette fine. Elle fit plusieurs pas, se dissimula derrière quelques personnalités publiques pour échapper à la presse et ses caméras trop indiscrètes pour ses multiples identités, le risque d'être rediffusée et reconnue dans un district l'incitant à prendre des précautions.

Une fois dans le vestibule, elle jeta un rapide coup d’œil dans la salle : les mentors, les plus gros sponsors de la ville, quelques ministres et même des industriels... Tous étaient de la partie, même son père. Elle pesta intérieurement en ne trouvant pas dans la foule des visages colorés l'homme qu'elle cherchait à joindre à tout prix et se dirigea vers un agent en civil.

▬ Bonsoir Murd, service important ce soir ? demanda-t-elle avec une certaine ironie. Tu as vu cet homme ?

Son ton s'était durci et le soldat au teint mordoré comprit le sens capital de sa requête. Il répondit brièvement par la négative et termina par lui demander ses ordres quant à cet individu. Il savait ce qu'il advenait généralement de ceux qui étaient "recherchés" par Mlle Whitelaw et un frisson parcourut son échine malgré qu'il présentait tous les attributs d'un militaire dans une forme physique exceptionnelle : les méthodes peu orthodoxes de la demoiselle ne pouvaient laisser quiconque de marbre.  

▬ Je pense que je vais l'attendre moi-même... Reprenez votre service.

Les minutes passèrent et telle une ombre fugace, Deirdre rôdait dans le hall. Elle salua quelques connaissances qu'elle écouta distraitement en jetant des regards furtifs vers l'entrée qui ne daignait pas laisser apparaître l'ingénieur dont elle avait tant besoin. Le temps s’égrainait, incessant et angoissant. Si sa mission échouait finalement pour une banale erreur de système, suivie d'un manque de respect flagrant de la part de cet imbécile de binoclard, elle le tuerait...mais pas de la manière douce, non ce serait une morte lente, aussi longue que son attente...

Deirdre jubilait encore sur ce qu'elle s'apprêtait à lui faire subir si ses cheveux gras et son air d'éternel adolescent ne franchissaient pas bientôt le seuil du palais présidentiel quand elle l'aperçut. Il arriva sans hâte, presque à reculons. Elle ne lui laissa pas le temps de la remarquer pour sortir de l'ombre et se planter devant lui avec un regard d'où semblait émaner des éclairs.

▬ Ce n'est pas trop tôt Mr Banks, suivez-moi immédiatement, lança-t-elle sur un ton cassant. L'ingénieur ne lui emboîta pas le pas, elle l'agrippa par la manche : Maintenant !

Si elle n'avait pas eu besoin de lui, elle l'aurait sans doute fait exécuter juste pour le plaisir de la vengeance. Seulement, elle avait besoin qu'il répare ses bêtises et il était sans doute le seul suffisamment compétent dans cette ville de minables pour redresser la situation. Le claquement de ses talons retentit sur le sol impeccablement lustré du palais, d'un geste sûr elle réajusta les fleurs qui se trouvaient dans ses cheveux d'un blond platine illusoire, censé éviter que les mentors des districts ne l'identifient trop facilement : sans sa crinière de feu, elle aurait presque paru moins menaçante, illusion de plus. Elle passa dans la salle de réception où le parfum onctueux des mets qui s'y entassaient dans des arrangements superbes lui caressa les narines. Mais l'heure n'était pas à la fête. Pas encore. Car elle comptait bien en profiter de cette soirée, dès que l'orage serait passé.

Se faufilant entre les convives, Deirdre se mouvait tel un félin. Rapidement, elle tentait de rejoindre la grande porte à droite de l'entrée : une partie du palais qui servait de hall avant de pouvoir se rendre dans les étages ou dans les appartements présidentiels. La jeune femme avait rarement eu l'occasion de s'y rendre, si ce n'est lorsque son expertise d'espionne avait été apprécié afin de démontrer les failles du système de sécurité et les corriger. Elle y avait aussi mené quelques missions de protection rapprochée, mais cela s'arrêtait là : elle était une femme de terrain et la vermine se trouvait ailleurs, du moins la plus facile à éradiquer car Deirdre ne doutait pas que de vicieux sbires polluaient déjà de leur révolte fétide l'atmosphère du Capitole. Eux aussi elle finirait par les avoir, eux tous.

La jeune femme continuait sa progression, elle souriait aux habitants qu'elle connaissait tout en continuant sa marche avec classe même si elle ne saisissait toujours pas le sens de tant de manières. En s'assurant que son otage officieux la suivait toujours, elle heurta légèrement un homme qui faillit renverser son verre. Grand, brun, un air charismatique... Le mentor du District Quatre venait d'être heurté par la jolie demoiselle qui lui adressa un sourire angélique :

▬ Mr Wingston ! Ravie de vous rencontrer ici, désolée pour ce petit accroc ! Elle marqua une pause avant d'ajouter : Peut-être nous retrouverons-nous plus tard... ajouta-t-elle en levant un sourcil aguicheur et intéressé avant de reprendre son cheminement.

A nouveau, elle avait joué. Une passion favorite lors des Jeux consistait à s'amuser en compagnie des mentors et le pouvoir qu'elle pouvait exercer sur eux lui plaisait : pas autant que celui de pouvoir contrôler la vie et la mort mais il était d'un divertissement plaisant. Elle tentait de se souvenir de cette perspective de terminer sa soirée sur une note agréable pour apaiser son énervement avant d'arriver à la large porte qui les fit déboucher dans le fameux hall. Un soldat attendait sa supérieure et reconnut immédiatement Deirdre. Il la salua d'un bref geste militaire puis referma la porte après son passage. Avec son collègue, ils encadrèrent bientôt l'ingénieur pendant que deux autres soldats continuaient à garder les appartements présidentiels en silence.

Désormais, les masques pouvaient tomber. Deirdre fit volte-face pour se retrouver face-à-face avec le fameux Mr Banks, l'homme qui se faisait tant désirer... Sans perdre un instant, elle commença :

▬ Alors quelle est votre excuse de tête pensante si occupée dans ses hautes sphères pour ne pas répondre à une vingtaine d'appel capitaux ? Vos neurones étaient trop occupés pour qu'un seul d'entre eux ne songe à consulter vos messages ?

Sa question était toute en nuances, d'une voix presque chantante mais dans laquelle on pouvait entendre ce soupçon d'hystérie qui la caractérisait tant quand sa colère devait glaciale, quand elle devenait dangereuse.





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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 4 Nov - 16:56

Capitole - Sam Banks






Sam était perdu dans ses pensées. Ses yeux complètement absents erraient sur ses mains boutonnant sa veste. Décidément, tout ce qui se passait autour de lui n’avait pas d’importance. Quand il releva le regard, il tomba nez-à-nez avec une femme dans une robe blanche qui étincelait. Ou alors, ce n’était qu’un effet des éclairs de colère lancés par ses yeux clairs.

« Ce n'est pas trop tôt Mr Banks, suivez-moi immédiatement. »

Sa voix était dure, froide, cassante. Agressive. Sans appel. Une personne habituée à commander et à être obéie, sûrement par une foule d’imbéciles qui devaient avoir l’impression de vivre en suivant ces ordres. Ce comportement provoqua inconsciemment une réaction de défense pour Sam, qui sentait les problèmes arriver avec cette femme, et il comprit rapidement que dans cette robe immaculée se tenait Whitelaw, la pacificatrice qui n’avait cessé tout l’après-midi de harceler son répondeur.
Une ombre agacée passa sur le visage de l’ingénieur qui commençait à ouvrir les lèvres pour lui répondre. Mais cette femme n’avait même pas attendu une réponse pour poser un ordre encore plus impératif.

« Maintenant ! »

Trahissant ainsi sa colère, Whitelaw attrapa le bras de Sam et se mit à le tirer vers la salle, comme une de ses recrues récalcitrantes qu’on amenait en cour martiale. Sauf qu’il n’était définitivement ni un de ces soldats formatés, ni une personne coupable d’un quelconque crime. Aussi, il se dégagea d’un mouvement et lança d’un ton irrité :

« Je sais marcher tout seul, merci. Je vous suis. »

Autant couper court à toute polémique pour le moment. Le sujet de ce rendez-vous était déjà assez conflictuel pour éviter d’ajouter de l’huile sur feu, bien qu’à son comportement, la Pacificatrice avait sans nul doute décidé qu’elle serait énervée et que toutes les mauvaises nouvelles de la journée seraient à la charge de son interlocuteur. Quelle journée.
Soutenant difficilement son pas d’abord énergique, il se rendit compte que ce n’était rien à côté de la salle principale. Pour éviter de ce perdre au milieu de tout ce raffut, il fit en sorte de suivre au plus près (mais pas trop, la bêtise pouvant être contagieuse) la femme. Ils fendirent tous les deux la foule, complètement imperméables à la liesse des Jeux. Pour Sam, c’était définitivement une habitude : et autour de lui, les notes chantaient, les couleurs dansaient, et ce monde semblait être un ballet qu’il ne voulait pas connaître. Il était un étranger, au-dessus de ces frivolités. Tout au contraire de Whitelaw, qui se faufilait très à l’aise dans cet univers, silhouette blanche se mouvant dans un univers en couleurs. On presque aurait pu en oublier qu’elle était une détestable Pacificatrice.
L’ingénieur ne fit pas un seul commentaire quand il comprit qu’elle allait rentrer dans l’un des participants. Il se laissa cet instant pour savourer cette pistonnée en robe blanche perdre un peu de sa superbe, dans un mouvement qu’elle n’avait pas prévu et auquel elle ne pouvait rien ordonner. Quel dommage que le verre ne se soit pas vidé sur cette tignasse platine…

« Mr Wingston ! », minauda-t-elle pour se rattraper.

Wingston… ce nom rappela quelque chose à Sam, sans qu’il ne comprenne pourquoi. Mais il était visiblement important à cette soirée : sûrement un Juge, ou un Mentor. Un homme impliqué dans les Jeux, sinon, il aurait réussi à mettre. un personnage sur le nom.

« Ravie de vous rencontrer ici, désolée pour ce petit accroc ! Peut-être nous retrouverons-nous plus tard... »

Les talons se mirent à nouveau à claquer sur le sol et leur semblant de course reprit. On en venait à oublier la raison pour laquelle ils se trouvaient tous les deux là. Si cette femme comptait s’arrêter à chaque rencontre, ils allaient encore faire retarder les choses – et ce ne serait forcément pas de sa faute à elle.
Le calme s’abattit soudain lorsqu’ils parvinrent dans cette pièce annexe de la salle de bal. De nombreuses portes s’y trouvaient autant qu’un escalier. De nombreux Pacificateurs se trouvaient là, faisant offices de plantes vertes – tous, à n’en pas douter, subordonnées à la Pacificatrice en blanche qui redevint vipère à l’instant même où l’on ne la regardait plus. Elle se tourna avec la vivacité de ces animaux vers Sam.

« Alors quelle est votre excuse de tête pensante si occupée dans ses hautes sphères pour ne pas répondre à une vingtaine d'appel capitaux ? Vos neurones étaient trop occupés pour qu'un seul d'entre eux ne songe à consulter vos messages ?
- Ne commencez pas à me prendre la tête avec vos caprices, j’ai passé, moi, ma journée à travailler. »

Ses mots avaient glissé sur l’ingénieur sans avoir aucune prise. Ils n’étaient que collègues de fortune pour quelques minutes, et il n’avait pas à répondre de quoi que ce soit à de simples Pacificateurs. Ses supérieurs lui avaient dès le début étaient clairement désignés. Si elle cherchait à jouer au plus agacé des deux, Sam s’était assez échauffé tout l’après-midi pour réagir au quart de tour. Et ce n’était pas ces deux ou trois gorilles qui l’entouraient qui lui faisaient peur – il avait eu assez de preuves de sa valeur pour comprendre qu’ils ne le toucheraient pas.

« Et je prie d’excuser Madame si mon métier appelle à régler des choses bien plus urgentes et importantes que des messages téléphoniques, sûrement tellement agréables que même ma gentille Muette n’a pas consenti à vous répondre. Comptez-vous me dire ce qu’il passe ou continuerez-vous à glousser et à hurler sur tout ce qui bouge ? »

Qu’elle lance son venin. Sam n’en avait strictement rien à faire, il savait qu’elle n’avait aucune réelle prise sur lui – et il patienta et la fixant d’un œil irrité, attendant une réaction de sa part.
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Deirdre J. Whitelaw
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Lun 16 Nov - 0:09

Que la fête commence...
Deirdre & Sam


Dans cet entre-deux représenté par ce hall qui donnait accès aux plus hautes sphères de ce monde, Deirdre sentait une rage incontrôlable lui monter aux joues. Pourtant, celles-ci ne s'empourprèrent pas : leur couleur pâle demeura impassible, froide, tout comme ses traits figés dans une expression de colère qu'elle cultivait depuis plusieurs heures à l'égard de l'ingénieur. La demoiselle maîtrisait ses émotions, c'était la base de sa formation, de son caractère aussi. Malgré cette contenance qu'elle pensait bien trop conviviale à l'égard de son "invité", ce dernier faisait mine de s'offusquer de ses propos.

- Ne commencez pas à me prendre la tête avec vos caprices, j’ai passé, moi, ma journée à travailler.

Pire, il osait répliquer à ses paroles, devant ses hommes. Il lui parlait comme on dispute son esclave, son muet. Elle sentit un de ses hommes se raidir derrière Samuel Banks, signe qu'il s'attendait à une intervention qui couperait toute envie à l'ingénieur de prononcer un mot de plus.

▬ Ah oui, c'est vrai que provoquer quelques court-circuits cérébraux qu'on appelle éclair de génie c'est un travail... Dites ça à ceux qui ont vraiment servi leur patrie !

Une petite lueur de succès venait de briller dans les yeux de Deirdre, la rendant encore plus sublime dans sa robe blanche si délicate. Seulement, Samuel Banks ne semblait pas vouloir accepter quelques remontrances que ce soit.

- Et je prie d’excuser Madame si mon métier appelle à régler des choses bien plus urgentes et importantes que des messages téléphoniques, sûrement tellement agréables que même ma gentille Muette n’a pas consenti à vous répondre. Comptez-vous me dire ce qu’il passe ou continuerez-vous à glousser et à hurler sur tout ce qui bouge ?

▬ Glousser, vous plaisantez ? Il faut croire qu'à avoir trop le nez dans vos livres vous ne savez plus lire les humains...

Elle venait de faire quelques pas, commençant à tourner autour de l'ingénieur comme un animal en chasse tourne autour de sa proie. Ses paroles glissaient entre ses lèvres comme le venin maladif d'un serpent qui désirait achever lentement sa victime :

▬ Et certains êtres, même s'il paraît qu'ils ont un savoir imposant, réussisse à paraître inexistant... Comme vous toute la journée. Elle marqua une pause en passant dans son dos, derrière ses deux sbires avant de continuer. Si vous tenez tant à préserver votre répondeur et par là même votre vie, je vous conseille d'apprendre où se trouve la touche pour décrocher... Cela pourrait vous servir. osa-t-elle avec une certaine ironie qui prenait des accents de menace de plus en plus inquiétants quand on connaissait la demoiselle.

Elle rêvait de le torturer là, tout de suite, maintenant. Elle repéra sa silhouette frêle, qui ne supporterait pas le moindre coup. Elle nota sa posture dégingandée qui s'effondrerait dès qu'elle lui aurait asséné d'un geste bien placé son poing au creux de l'estomac. Elle imaginait déjà ses genoux plier et ses yeux implorer lorsqu'il se rendrait compte qu'il n'était pas si irremplaçable qu'il voulait bien le songer. Lorsqu'il se rendrait compte qu'on ne défie pas l'autorité impunément.

▬Excusez-moi de vous avoir importuné alors que je tentais de préserver la sécurité de l'Etat pendant que vous...vous faisiez quoi déjà ? Ah oui, des choses obscures, inaccessibles au commun des mortels et totalement inutiles dans l'urgence qui nous préoccupe tous ! Tous sauf...vous... On ne saurait comment interpréter votre absence...

Elle venait de se planter à nouveau devant l'ingénieur, pleine d'assurance et de maîtrise. Le moindre de ses mouvements semblaient calculé, elle manipulait parfaitement les événements pour rendre la tension palpable tant et si bien que les soldats derrière Banks resserrèrent encore davantage la distance qui les séparait de l'ingénieur. Quant à Deirdre, elle ne cilla pas. Elle soutenait son regard sans faillir, puis un léger sourire finit par étirer ses lèvres maquillées quand sa main frôla sa robe fendue à la cuisse où elle sentir la fraîcheur rassurante d'une arme automatique. Seulement, il était trop tôt. Beaucoup trop tôt.

▬ Si vous vous le demandiez encore, vous êtes ici pour réparer les erreurs de codage du système que "VOUS" avez mis en place et qui empêche un colis particulier d'être acheminé jusqu'ici ? Donc avant de jouer les malins songez que vos compétences sont sérieusement mises en doute au vue de cet "incident"... Si toutefois c'en est un...

▬ Cependant je ne doute pas que vous voudrez bien régler ce contretemps rapidement, sans quoi... Elle marqua une pause, avant d'ajouter avec une excitation qui trahissait ce qu'elle lui réservait en cas de refus :Mais ne parlons pas de ce qui fâche. Suivez-moi à l'étage, une salle de travail vous attend.

Théâtrale, elle tourna talons pour se diriger vers le large escalier aux sculptures d'ivoires couvertes d'enluminures or. D'un claquement de doigt, ses deux soldats attrapèrent les bras de Samuel Banks au niveau des coudes et le poussèrent à la suite de Miss Whitelaw. S'il se débattait, la prise se resserrerait car, ils le savaient, ne pas servir l'Agent Whitelaw s'était s'exposer à de graves conséquences...

▬ Patters, Cyney. Restez en faction devant l'appartement présidentiel. Si les Juges ou M.Flecto ont le moindre besoin de vous à côté au PC de sécurité, débrouillez-vous pour que l'un de vous deux soit toujours présent ! Lança-t-elle alors qu'elle arrivait à mi-chemin dans l'ascension de l'escalier, dominant les deux gardes restés en bas pour surveiller l'accès aux appartements présidentiels.

Derrière elle, elle entendait vaguement des répliques de l'ingénieur mais elle n'en avait que faire. Un sourire sadique s'étira sur ses lèvres. D'une manière ou d'une autre, elle lui prouverait qu'elle était la menace et lui l'insecte : ce n'était qu'une question de temps...






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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Ven 20 Nov - 2:25


La soirée des sponsors (J2)
feat. mentors & donateurs


Lorsque le rire moqueur du jeune mentor du douze me parvient aux oreilles, je lui adresse un regard des plus froids.  Bien que nous avons tous les deux participé aux jeux contre notre gré, je n’apprécie guère ce Melvil qui, du haut de ses vingt-quelques bougies occupe un poste trop important dans le mouvement rebelle.  Dès que je l’ai rencontré, son arrogance et son air de monsieur je-sais-tout m’ont immédiatement déplu.  Au cours des dernières années, j’ai croisé son chemin un minimum de fois, que pour les jeux à vrai dire.  J’ai toutefois eu vent, malgré moi, de ses dites « prouesses » dans la rébellion.  Melvil a recruté tel nombre de nouveaux, Melvil a fait ceci, cela.  Melvil par-ci, Melvil par là.  À croire que c’est un vrai héros.  Mais les gens oublient vite les dommages collatéraux.  Combien de jeunes recrues sont mortes sous le commandement de Melvil?  Mes mains ne suffisent pas à les compter.  Et tout ça pourquoi?  Dites-moi ce que la rébellion a concrètement changé dans Panem?  Pas grand chose de tangible, il me semble.  L’acharnement fatal de ce jeune du douze pour ce mouvement, la rancœur qu’il éprouve à mon égard pour mon implication réduite et son attitude qui me fait grincer des dents font que j’aurais bien aimé me passer de la mission qui nous réunis cette année.  

Comme d’habitude, il se mêle de quelque chose qui ne le regarde pas du tout.  Mon commentaire, pourtant adressé à mon vieil ami, doit passer par celui qui doit toujours fourrer son nez dans tout.  Mon regard glacial ne dura que quelques instants.  Bien sûr, il pense que je compromets ma couverture de Capitoléen qui aime les jeux, mais il ne comprend pas le sens réel de mes propos.  Peut-être ignore-t-il le lien qui existe depuis des années entre Ethan et moi.  Il ne peut pas comprendre que j’aurais préféré côtoyer Ethan alors que nos tributs respectifs ne sont pas en compétition entre eux.  Je n’ai pas l’envie ni de raison pour justifier mes propos alors que je me balance complètement de son opinion.  Je choisis plutôt de renchérir sur un sujet qui va le remettre dans ses souliers.  Encore quelques années, et il sera, comme moi, l’un des plus vieux des douze mentors.  Je suis réellement navré pour ses tributs, tous deux très jeunes et pauvres victimes du hasard pour qui personne ne s’est porté volontaire.  Et puis, coincé par des Carrières sans pitié a été un bien triste sort.  Le regard noir que me lance Melvil glisse sur ma peau, sans m’atteindre, comme l’eau sur les écailles d’un poisson de mer.  Je n’ai pas d’énergie à perdre avec de tels enfantillages.  Malheureusement, je ne m’en débarrasserais pas de sitôt.

- Mais ne vous en faites pas. Les oisillons finissent par quitter leur nids, et, comme on dit, l’oiseau refait toujours son nid.

Tiens, il ne rigole plus, maintenant?  L’air sérieux qui s’affiche sur son visage suite à mes propos significatifs pour trois des mentors de cette grande pièce me fait croire qu’il passera finalement aux choses sérieuses avec un peu plus de maturité.  Mais j’ai eu tord.

- Ha ha ha, Monsieur Wingston, je ne vous savais pas poète…, ricana Melvil.  Je prends une gorgée de champagne, indifférent à sa remarque.  Enfin, comme vous l’avez si bien souligné tous les deux, je n’ai pas de raison légitime d’accaparer la belle Cybellia.  Je vous laisse vous battre pour ses faveurs, messieurs., finit-il avant de faire un baise main à la sponsor pour ensuite s’éloigner du groupe.

Pendant un instant, j’ai douté que Melvil aille vraiment compris ce que j’ai voulu dire.  Mais je finis par me souvenir que, malgré les apparences, il est aussi rusé que certains dirigeants Capitoléens.  Il a compris, c’est certain.  J’aurais difficilement être plus explicite.  Bien que je suive la conversation qui se poursuit dans notre groupe réduit, j’observe discrètement que c’est directement vers Simon que Melvil se dirige.  Voilà, le plan est en cours.  Bien que j’aurais aimé poursuivre ma chasse aux sponsors pour maximiser mon aide à Nikolay et Thalia, je vais bientôt devoir discrètement couper court à ces échanges pour me consacrer à cette mission qui signe la reprise de mes activités parmi la rébellion.  Je suis encore un peu ambivalent à cette idée, mais, pour le moment, je n’ai pas le choix.  Ces ordres viennent de haut et je me vois obligé de les suivre.  Pour le moment, la clé usb est en sécurité au creux de ma poche et rien ne peut aller plus de l’avant sans elle.

- Alors, j’ai pu assister aux exploits de vos surprenants tributs, Monsieur Underwood.  Pour un retour au Capitole, votre district ne passe pas inaperçu!

Je connais Ethan depuis ma première année de mentorat et nous avons bâtit une relation d’entraide et de confiance mutuelle discrète au fil des années.  Ayant déjà un sponsor et sachant très bien qu’un excellent départ n’empêche pas ses tributs d’avoir besoin d’un coup de main, je ne me prive pas de vanter leurs mérites auprès de Cybellia, usuellement une fidèle sponsor du douze.  Après plusieurs minutes à discuter de nos tributs, j’aperçois du coin de l’œil l’expression sérieuse de Melvil me pointer l’entrée des toilettes et je sais que c’est l’heure.  Alors que Cybellia termine ses propos, j’en profite pour me retirer proprement.

-  Je vous prie de m’excuser.  Tout ce champagne et ces confiseries délicieuses commencent à faire leur chemin.  Je dois malheureusement me retirer quelques instants.

Connaissant les mœurs des Capitoléens concernant de tels repas, je suis convaincu que cette excuse ne sera pas questionnée.  Ils croiront que je suis parti régurgiter tout ce que j’ai avalé pour profiter davantage de la suite des consommations.  Ma coupe presque vide à la main, je prends la direction des toilettes pour homme, circulant lentement entre les individus tous plus colorés que les autres qui bondaient l’immense palace.  C’est alors que je suis légèrement bousculé par derrière, passant près d’en échapper mon breuvage.  C’est en me retournant que je reconnais immédiatement la grande et mince femme blond platine qui se tient devant moi.  Il s’agit d’une élite des forces de l’ordre, Mademoiselle Whitelaw, qui ne se prive jamais d’assister à de tels événements mondains.  Un peu moins excentrique que le reste des Capitoléens, elle est vêtue d’une robe blanche éclatante, évident témoin de sa fierté pour les Pacificateurs, que peu peuvent se permettre, même au Capitole.  J’esquisse un sourire charmeur pour accueillir sa présence et ses paroles.  Je me suis toujours assuré d’être officiellement du même camp que cette jeune femme aux pouvoirs surdimensionnés.

- M. Wingston!, s’exclama la demoiselle au grain de voix qui rend évident notre différence d’âge.   Ravie de vous rencontrer ici, désolée pour ce petit accroc!

Pour quelqu’un qui ne voit que cette façade, je comprends très bien à quel point il est difficile de croire qu’il fait face à une tueuse professionnelle.  Comment ce petit bout de femme au teint si pâle, avec prunelles bleues si profondes et à la grâce si envoutante pourrait même seulement songer à tuer un être vivant?  Pourtant, c’est bien le cas.  Ses frêles mains ont déjà déclenché, et déclencheront encore, la fameuse gachette ayant raccourci prématurément beaucoup trop de vies innocentes.  Difficile à croire, oui.  Jamais je n’ai vu la demoiselle agir ainsi, mais la malice que j’ai pu observer dans ses yeux à quelques reprises m’a permis de facilement imaginer ces horreurs commises de ses mains.  Je ne la veux donc pas dans le camp opposé au mien, pas pour le moment, alors que je suis chez elle, au Capitole.

- Mademoiselle Whitelaw!  Vous êtes éblouissantes ce soir, encore plus que dans mes souvenirs!, la saluais-je d’un ton charmeur.   Ne vous en faites pas pour ça.  Vous pouvez recommencer n’importe quand , rajoutais-je avec un clin d’œil.

C’est en déposant ma coupe presque vide sur le plateau d’un serveur qui circule près de la Capitoléenne que mon regard se porte sur l’homme maigrichon qui se trouve derrière elle, qui est visiblement peu amusé par l’événement grandiose de ce soir.  Immédiatement, ses traits me sont familiers et mes tripes se tordent lorsque je reconnais en lui l’ingénieur ciblé par notre escouade de fortune.  Ne m’attardant pas sur ses traits plus d’une seconde -afin de ne pas démontrer d’intérêt à son égard- avant de replonger mes yeux dans ceux de la princesse de Panem, c’est un sourire charmeur porté sur le coin de mes lèvres que j’écoute l’invitation agace de la Pacificatrice.

- Peut-être nous retrouverons-nous plus tard…, lança-t-elle sensuellement, n’omettant pas de soulever un sourcil aguicheur au passage.

- À plus tard, dans ce cas.  Vous savez où me trouver…, lui répondis-je dans la même veine avant qu’elle ne reprenne son chemin.

Comme tout homme désirant une sublime femme joliment accoutrée, j’observe la dame en blanc se pavaner, suivie au pas par l’intello, jusqu’à une grande porte, derrière laquelle le duo disparaît rapidement.  Nonchalant, je reprends ma route vers les toilettes pour homme pour rejoindre mes collègues d’infortune.  Quand j’entre, ils ont une conversation superficielle sur la robe d’une sponsor qui s’interrompt aussitôt que les yeux de Simon se posent sur moi.  Sans attendre davantage, Melvil sort d’une cabine et me questionne silencieusement du regard.  Je sais ce qu’il veut et c’est pour me débarrasser du poids qu’elle représente que je sors la clé de ma poche pour la déposer dans sa paume.

- Il est en haut.  Simon nous préviendra en cas de pépin, balance alors Melvil qui a, on dirait bien, déjà pris toutes les décisions.  

Au départ, je n’étais pas fervent à l’idée d’être de ceux qui montent à la recherche de l’ingénieur.  Par contre, j’aime encore moins le fait de savoir Simon en haut.  Il vient à peine de sortir des jeux et ce serait pour moi moralement inacceptable qu’il court déjà un tel danger.  Qui suis-je pour condamner un jeune comme ça?  Bon aller, je dois arrêter d’être cynique.  À m’écouter penser, on croirait que je file droit dans ma tombe, alors que nous avons encore l’avantage de la surprise.  M’assurant que Simon est d’accord avec ce plan d’un regard, je finis par acquiescer également.

-Il vient d’entrer dans le Hall.  On a le temps , informais-je mes coéquipiers.

- Je serais d’avis de rester ensemble, poursuis alors Melvil. Ça réduira les chances d’une rencontre fortuite.

Et ça augmentera nos chances de nous sortir vivant d’une rencontre fortuite, également.  Même s’il ne le verbalise pas, je suis certain que ça joue dans sa balance invisible.  Le voyant défaire sa tenu soigneusement préparée par son styliste, je mets quelques secondes avant de comprendre, avec dégoût, le but de sa manœuvre.  Il nous crée une excuse au cas où nous nous ferions prendre là-haut.  Mais rien qu’à m’imaginer la scène, j’espère profondément que nous arriverons à être assez discrets pour éviter cette situation plus qu’embarrassante.  Me prêtant au jeu, je défais le premier bouton de ma chemise et dénoue ma cravate pour la planquer dans la poche de mon veston.  Sans plus attendre, je grimpe sur le lavabo et ouvre la trappe du conduit d’aération en m’efforçant de faire le moins de bruit possible.  Je jette un coup d’œil en bas juste à temps pour voir Melvil sortir à nouveau d’une cabine, rajustant son pantalon.  Euuuuuuhhh, est-ce qu’il vient vraiment de faire ce que je pense qu’il a fait?!  Je ne vois plus la clé dans ses mains et je ne l’ai pas entendu tirer la chasse.  Il n’a quand même pas…  Eurk!  Dégueulasse!  Il a caché quoi d’autre là-dedans, celui-là?!  Yeurk! En tout cas, j’espère que cette clé résiste un tant soit peu à l’humidité, sinon nous allons avoir un petit problème technique tantôt…  D’un bond, je plonge dans le conduit et je sens Melvil faire de même, derrière moi.

Alors que nous avançons silencieusement dans ces conduites restreintes, je sens mon cœur débattre dans ma poitrine.  Arrivant à la bouche du studio 4, tel qu’indiqué sur le plan que j’ai mémorisé avant mon départ pour le Capitole, je sais maintenant qu’aucun retour en arrière n’est possible.  Contrôlant ma respiration au maximum, je ne sais qui implorer pour que tout se déroule sans anicroche.  Même si nous voulons nous cacher le visage comme le groupe qui a envahi la centrale nucléaire, dont j’ai fait parti, cela serait inutile : nos accoutrements nous trahiront en une seconde.  Nous devons absolument rester discret et ne pas prendre de risques inutiles à ce niveau.  Ce qui m’inquiète le plus c’est que ma vie dépende du comportement de Melvil, dont je crains l’imprévisibilité.  Pour le moment, la largeur de la conduite ne lui permet pas de me dépasser pour prendre les choses en charge.  Je m’avance donc lentement vers le grillage nous séparant du studio pour observer la scène devant moi.  La suite des choses dépendra de ce qui se trouve dans cette petite pièce, aussi richement décorée que la salle de bal de laquelle nous provenons.

Oliver observe le studio 4.



FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
[/color]

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mar 24 Nov - 0:31





Evénement Rebelle
Intrigue n°1 - Episode 2








Que la fiesta commence...
Que le sort vous soit favorable...
__________________________


Les rebelles venaient de débuter leur mission dans le plus grand secret. Alors que les oiseaux du Capitole piaillaient toujours au rez-de-chaussée,les trois mentors avaient quitté la fête pour ne laisser à la charge que d'un des leurs de faire le guet pour leur assurer une certaine sécurité : mais personne n'était jamais vraiment en sécurité au Capitole...

Ils avaient progressé dans les conduits étroits, l'un d'eux avaient peut-être ressenti cette énergie mauvaise, cette sensation de danger imminent et cette inquiétude glaçante que tout pouvait basculer d'un instant à l'autre... C'était cette même adrénaline qui les avait tenu éveillé dans leur arène. Seulement, désormais l'arène était tout Panem et les pièges y seraient nombreux.

Quand ils parvinrent au bout du conduit et pénétrèrent dans la pièce, ils purent facilement l'identifier. C'était un studio où les mentors se trouvaient régulièrement en très charmante compagnie pendant les Jeux. Le champagne y coulait à flot habituellement alors qu'une capitoléenne - ou un généreux capitoléen - se dandinait sur le lit en jetant des regards évocateurs à leur jouet du soir. Les mentors eurent bien de la chance : personne ne se trouvait dans les draps de soie. La pièce était déserte.


Le conduit par lequel ils étaient arrivés donnait sur le côté Nord-ouest de la pièce. Sur le mur du fond, on trouvait un magnifique lit à baldaquin aux teintures d'une couleur ambré sous les lumières tamisées de la chambre. Un lampe moderne, composée d'une multitude de miroirs coupés en forme de triangles, trônait sur une table de chevet d'un style tout aussi extravagant. Plusieurs rideaux faits de fils d'or fins tombaient nonchalamment à travers la pièce, formant de petits espaces dédiés aux différents plaisirs que pouvaient venir y chercher les sponsors qui s'y aventuraient avec un mentor... Du canapé aux divers coussins moelleux où on pouvait discuter en toute intimité, au recoin douche où l'eau chaude pouvait délecter les corps après certains rapprochements intéressés... Tout était prévu pour que les sponsors puissent prendre leur aise. La décoration n'était pas en reste : un élégant vase en porcelaine était debout à côté de l'escalier qui donnait sur le coin du lit et quelques lys y avaient été déposées, agrémentés d'une rose rouge.

Dans le coin sud-ouest de la pièce, une petite commode contenait différents accessoires et autres vêtements de rechange pour les capitoléens qui désiraient passer un temps plus important dans cette suite de prestige où tout était permis... Tout ou presque ! Aujourd'hui, nos mentors rebelles allaient lui donner un nouveau sens, elle allait jouer contre le Capitole.

A l'opposé de leur position, les mentors repérèrent tout de suite la porte qui donnait sur le couloir d'où ils purent entendre des bruits de voix... Des éclats de voix même. Ceux d'une femme qui semblait distribuer des ordres à plusieurs autres personnes qui approuvaient. Une effervescence semblait régner au-delà du calme de la chambre, la voix claire mais ferme de la demoiselle tonna de nouveau :

▬ Surveillez-moi cet énergumène à lunettes, et veillez à ce qu'il ne travaille plus qu'il ne vous embobine... Après tout c'est à lui de nous prouver sa valeur dans les faits, parce que s'il se révèle inutile... termina-t-elle avant de claquer une porte.

Elle sembla donner des instructions, on l'entendit :
▬ Restez posté ici et prévenez-moi au moindre mouvement suspect !

Puis des claquements de ses talons résonnèrent sur le sol en marbre du couloir et finirent par se perdre dans la musique envoûtante et les piaillements incessants futiles qui montaient de la soirée.



HORS RP
Explications
__________________________

Melvil, Oliver et Simon, vous atteignez donc maintenant une nouvelle étape dans cette mission rebelle.

Pour ceux qui viennent d'y pénétrer, ils découvrent la pièce décrite ci-dessus et pouvant être imaginée telle que la photographie qui y est jointe. Comme vous avez pu le lire, plusieurs éléments composent cette chambre et son décor. Vous pouvez la visiter autant que vous le désirez, si vous souhaitez des informations complémentaires sur certains éléments : il suffit que votre personnage s'y attarde (précisez-le en italique à la fin de votre post) et nous vous transmettrons rapidement ce qu'il découvre.

Les deux mentors, Melvil et Oliver, ont tous les deux entendus la conversation qui a eu lieue dans le couloir. Assurez-vous d'avoir bien réfléchi à la situation et aux possibilités avant de vous y rendre... Un mauvais pas pourrait être fatal...

Bonne chance pour la suite des opérations ! heyhey

Votre staff chéri  Bisous
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 25 Nov - 21:25

Capitole - Sam Banks






« Glousser, vous plaisantez ? Il faut croire qu'à avoir trop le nez dans vos livres vous ne savez plus lire les humains... »

Sam roula des yeux et ne se donna même pas la peine de lui répondre. Quel intérêt, après tout ? Cette femme ne faisait que ralentir la résolution de son problème : par ses complexes d’autorité ; par ce besoin d’écraser chaque individu à côté d’elle. L’ingénieur en vint même à se demander si la situation était réellement aussi grave qu’elle l’avait laissé pressentir, ou si ce n’était qu’un de ses caprices causés par une mission ratée. Peut-être même un ongle cassé.
La voix de cette vipère qui essayait de jouer sifflait dans son dos.

« Et certains êtres, même s'il paraît qu'ils ont un savoir imposant, réussisse à paraître inexistant... Comme vous toute la journée. Si vous tenez tant à préserver votre répondeur et par là même votre vie, je vous conseille d'apprendre où se trouve la touche pour décrocher... Cela pourrait vous servir. »

Des pas résonnèrent. Les Pacificateurs qui faisaient le gué s’étaient rapprochés de leur supérieure, mais Sam comprit rapidement qu’ils se déplaçaient pour lui. Il sentit soudain une partie de sa certitude s’évaporer : qu’avait-elle derrière la tête ? Ne serait-elle finalement pas capable dans un coup de sang de changer d’avis et de s’en prendre à lui ? Ils étaient dans un lieu public, les bruits si lointains du bal couvrant le lourd silence qui s’était un temps installé ne cessaient de leur rappeler. Il existait des personnes qui s’amusaient. Avec un peu de chance, appeler pour de l’aide lui serait possible et arriverait à point nommé.

« Excusez-moi de vous avoir importuné alors que je tentais de préserver la sécurité de l'Etat pendant que vous...vous faisiez quoi déjà ? Ah oui, des choses obscures, inaccessibles au commun des mortels et totalement inutiles dans l'urgence qui nous préoccupe tous ! Tous sauf...vous... On ne saurait comment interpréter votre absence...
- Interprétez-la comme vous voulez, les gens importants sauront réellement de quoi il en retourne. »

Les choses avaient tourné dans un sens qui ne lui plaisait pas du tout. Whitelaw, après avoir fait un numéro de cirque digne des chevaux de parade des Jeux, s’était immobilisée face à lui, à une distance bien trop proche ; ses chiens, habitués bêtement à anticiper ses désirs, s’étaient rapprochés eux également. L’ingénieur ne pouvait nier qu’il ne se sentait pas perturbé, lui qui n’était ni un homme d’action, ni un homme de combat. Ces gens jouaient sur un terrain qu’il ne connaissait pas, lui, simple scientifique.
Il ne se sentait donc plus d’une humeur agacée ou ennuyée, la tension s’était réellement élevée d’un cran, et causa une certaine appréhension au fond du cœur de Sam. Mais il ne perdit pas encore totalement son assurance. Il savait que cette femme ne le toucherait pas encore, sinon il ne se tiendrait pas debout. Tout ce qui provenait de cette Pacificatrice n’était pour l’instant que de la salive, et il continua à se défendre :

« Mais laissez-moi vous faire ce plaisir : qu'est-ce qu'un ingénieur peut faire de si important pour l'État que vous ne puissiez faire ?
- Si vous vous le demandiez encore, lâcha-t-elle sans avoir prêté attention aux mots de son interlocuteur, vous êtes ici pour réparer les erreurs de codage du système que « VOUS » avez mis en place et qui empêche un colis particulier d'être acheminé jusqu'ici ? »

Sam cligna des yeux. Une première fois, une deuxième fois, une troisième fois, sous l’effet de la surprise. Il observait sans voir Whitelaw devant lui. Le programme dont elle parlait, produit d’un travail long de plusieurs semaines, testé sous toutes ses coutures, confié à lui sans lui donner un but explicit – on lui avait simplement indiqué de faire fonctionner le programme, peu importait sa finalité. Il s’était débrouillé seul, comme toujours, comme on le lui imposait depuis toujours.

« Mais qu'est-ce que ces brutes ont encore déréglé ?, murmura-t-il.
- Donc avant de jouer les malins songez que vos compétences sont sérieusement mises en doute au vue de cet « incident »... Si toutefois c'en est un... »

Le sous-entendu s’avérait tellement explicit et menaçant que Sam, sous le poids de ce coup de grâce, se retrouva complètement silencieux. Pas même une respiration trop bruyante. Une question, une simple question traversa son esprit.
Que savait-elle ? Sur eux ?

« Cependant je ne doute pas que vous voudrez bien régler ce contretemps rapidement, sans quoi... Mais ne parlons pas de ce qui fâche. Suivez-moi à l'étage, une salle de travail vous attend. »

Avant que les choses s’enveniment, avant qu’elle ne détruise par son ignorance et son orgueil tout ce qu’il avait construit pendant une paire d’années, il devait réparer cette erreur de programme au District Cinq. C’était tellement plus important que sa carrière au Capitole qui était en jeu.
Les deux chiens de Whitelaw se changèrent en gorilles qui attrapèrent chacun l’un de ses bras assez virulemment. Il leur jeta un regard noir.

« Je suis capable d’avancer seul, » répliqua-t-il à leur adresse.

Cela n’eut pour seul effet que celui de raffermir leur poigne, et il dut reconnaître que ce coup-ci, c’était un combat à armes inégales, perdu d’avance. Et il obtempéra. Les Pacificateurs relâchèrent légèrement la pression une fois tous arrivés en haut des marches.
Se laissant guider, les yeux mi-clos, Sam employait toutes ses ressources possibles pour gagner du temps et deviner quelle pouvait être la source de l’erreur. Aussi ne fit-il pas le moins du monde attention au chemin qu’ils empruntèrent jusqu’au moment où il était debout dans la dite-pièce de travail, sa besace balançant nonchalamment de son épaule, Whitelaw devant lui avec ce regard triomphant et moqueur d’une personne heureuse d’avoir l’ascendant.
Compulsivement, il lui en lança un noir en retour.

« Vous n'avez vraiment rien de mieux à faire que de me coller aux basques maintenant ? Si vous voulez contribuer à la rectification de problème, sortez de cette pièce. Et veuillez refermer la porte derrière vous. »

Il se détourna vers l’ordinateur qui trônait au centre de la pièce et n’écouta plus les instructions moqueuses qu’elle lançait aux Pacificateurs en poste à divers endroits de cet étage qu’il n’avait même pas pris la peine de regarder. Il attrapa le fauteuil roulant, s’assit dessus, alluma la machine d’un geste habitué et sortir sa tablette numérique qu’il mit également en route.
Le tout fait, durant la courte pause que lui accordait le lancement de tous ces appareils de travail, il se permit de pousser un long et profond soupir fatigué, déposant doucement sa tête entre ses mains et frottant, sous ses lunettes, ses yeux éreintés.

« Dans quelle galère t‘es-tu embarqué, cette-fois ci ? », murmura-t-il d’une voix lasse.

Le bruit distinct des ordinateurs prêts à l’emploi résonna à ses oreilles, et il se mit au travail. Avec un peu de chance, il finirait à temps pour pouvoir dormir deux heures cette nuit.
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Deirdre J. Whitelaw
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Lun 30 Nov - 2:05

Que la fête commence...
Deirdre & Sam / Mitch, Kaly & Eneron


Deirdre était fière d'elle, pas autant qu'elle l'aurait souhaité mais elle savourait tout de même le délice de ce petit succès. Entendre les lamentations du pauvre ingénieur qui se rendait soudainement compte qu'il n'était pas si indispensable que ça, puis le silence qui suivit sa réplique, firent la victoire de la soldate. Désormais, sa conviction suprême qu'il ferait exactement ce qu'elle lui ordonnerait, obéissant comme le gentil toutou qu'il faisait mine de ne pas être, lui donnait une satisfaction perverse.

La demoiselle garda son regard fixe, droit vers l'horizon qui s'étendait à présent sur le couloir du premier étage. Aucun mouvement vers l'arrière, elle savait que ses hommes menaient l'opération d'un poigne de fer. A cette pensée, elle eut un sourire alors que le bruit de ses talons sur le sol de marbre résonna en se mêlant à la musique du rez-de-chaussée. L'insonorisation du palais présidentiel n'était définitivement pas une réussite, on pouvait à peine s'entendre penser. Bien qu'elle soit toujours une bonne capitoléenne qu'on pouvait apercevoir à tous les événements mondains, Deirdre n'appréciait guère tous ces faux semblants : elle valsait dans cet univers comme une étrangère qui ne comprenait pas ses coutumes et elle ne cherchait d'ailleurs pas à leur attribuer le moindre sens. Après tout chaque époque avait son lot de personnes en marge, ces gens différents qui inventaient leur propre loi et code de conduite... Elle se jouait de la situation pour se faufiler tel un serpent sournois entre les grands de ce monde, pour aller toujours plus haut.

Et tandis qu'elle s'avançait dans le long couloir où trônaient seulement quelques meubles et une statue en grès, elle se sentait de plus en plus puissante. Oui. Deirdre songeait qu'elle allait enfin avoir ce qu'elle avait tant désiré toute la journée durant, ce qu'elle avait attendu alors que la patience ne faisait pas partie de la liste de ses nombreuses qualités. Elle songeait à ses hommes qui la suivaient sans se poser de question, elle songeait à l'insolence de l'ingénieur qui s'était tue, mais plus encore elle songeait à la satisfaction suprême qu'elle aurait en annonçant à son père que la mission avait été un succès bien au-delà de ses espérances.

D'un geste vif, elle sortit une petite clef en argent de sa pochette aux multiples strass, la tourna dans une serrure qui terminait le couloir pour enfin découvrir une pièce très richement décorée. Elle indiqua son bureau à l'ingénieur dont les bras furent enfin libérés. Elle se posta non loin afin de vérifier que le jeune homme s'attelait bien à la tâche, les bras croisés et le sourire moqueur de celle qui sait qu'elle a gagné. Il avait voulu résister ? Elle lui avait prouvé que si on lui résiste, on finit par céder.

- Vous n'avez vraiment rien de mieux à faire que de me coller aux basques maintenant ? Si vous voulez contribuer à la rectification de problème, sortez de cette pièce. Et veuillez refermer la porte derrière vous.

Elle lâcha un rire sonore. De quelle protection ce minable se pensait-il doté pour qu'il puisse ainsi lui donner des ordres ? Son regard vira vers les deux soldats qui contemplaient la scène avec une crispation qui trahissait leur tension et l'envie sournoise de contempler la réaction de leur supérieure.

▬ J'ai bien mieux à faire depuis des heures M.Banks... Depuis des heures. Des heures perdues par la faute de votre incompétence, mieux vaudrait donc que vous répariez vos "erreurs" avant qu'elles ne vous rattrapent...

Carnassière, elle demeura encore une minute dans la pièce : elle observa les actions de l'ingénieur, tenta d'y déceler une tentative pour la duper mais n'y vit rien d'autre qu'un homme qui semblait suffisamment inquiet, suffisamment conscient des événements qui suivraient s'il avait le malheur d'échouer. La demoiselle en déduisit alors qu'il était temps de lui accorder sa demande de tranquillité, après tout elle avait également des relations à entretenir un étage en-dessous et elle n'aurait pas refusé une flûte de champagne après cette longue journée. Effectuant un demi-tour, Deirdre sortit de la pièce et fit face aux deux soldats qu'elle missionna d'une voix claire et sans appel :

▬ Surveillez-moi cet énergumène à lunettes, et veillez à ce qu'il ne travaille plus qu'il ne vous embobine... Après tout c'est à lui de nous prouver sa valeur dans les faits, parce que s'il se révèle inutile...

Elle claqua ensuite la porte alors que l'un d'eux l'avait accompagnée dans le couloir. Là, elle se permit un dernier ordre afin d'être certaine que tout serait sous contrôle en son absence :

▬ Restez posté ici et prévenez-moi au moindre mouvement suspect !

Le front du soldat était luisant de sueur, était-ce la chaleur de son uniforme sous les lumières éblouissantes du palais en ce soir de fête ou bien la menace que représentait toute fausse note avec Mlle Whitelaw ? Deirdre aimait à s'imaginer cette dernière possibilité. Pleine d'assurance, elle regagna donc le rez-de chaussée, faisant toujours claquer ses talons sur le marbre comme une bonne vipère quittant le nid...

Dans la salle de réception, rien n'avait bien changé depuis son passage rapide en compagnie de son cher invité. Les capitoléens tantôt mangeaient, tantôt dansaient. Tous n'avaient aux lèvres que les derniers potins de l'arène : une arène que Deirdre ne pouvait s'empêcher de trouver bien pauvre. Elle s'imaginait déjà en toucher un mot aux Juges quand son chemin croisa celui d'une autre femme d'armes, prise dans une conversation apparemment passionnante avec deux autres hommes d'une influence considérable.

▬ Père, dit-elle en saluant Mitch Flecto sur un ton respectueux tout en y adjoignant ce regard perçant que seuls les Flecto savaient partager.

Puis elle se tourna vers la jeune femme à la crinière courte et sauvage :

▬ Kaly ! Quel plaisir de vous voir ici ! lança-t-elle d'une voix chantante qu'on ne lui connaissait qu'en public. Quant à vous, M. Stark, c'est toujours un plaisir de vous voir au Capitole lorsqu'on sait ce que vous y faites déposer à notre attention...

Elle se mêla ainsi à la discussion sans difficulté, s'adaptant avec une facilité exaspérante. Toutefois, dans un coin de son esprit, toutes ses pensées restaient rivées sur son oreillette et l'alarme qui y retentirait si son instinct sur cet ingénieur qui travaillait pour elle là-haut l'avait trahie...





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Zatanah Keywell
« Invité »


MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 9 Déc - 19:25

Je pris la coupe que Melvil me tendit et piquai un fard. Autant pour son compliment que d'avoir croisé son regard l'espace d'un instant. Melvil était clairement ce que l'on pouvait appeler un très bel homme et il avait un regard des plus déstabilisants. Ce bleu qui te pénètre l'âme.
Ce n'est probablement qu'une impression, la couleur des yeux n'a à priori pas d'effet sur la façon de sonder les autres. Enfin je crois. Le capitole fait de drôles de mutants parfois.

De toute façon, ils repartent déjà. C'est vrai que le but de la soirée n'est pas de bavasser entre mentors. Mais je ne peux m'empêcher de croire qu'ils avaient encore moins envie de parler avec moi. Moi en particulier. Aucun d'eux ne m'apprécie. Presque tous étaient déjà mentor quand j'ai gagné, j'ai tué un certain nombre de leur tribu. Mais c'est le jeu, ce serait injuste de m'en vouloir. Et puis ça n'était pas MOI.

Je vidai ma coupe d'une traite.

J'aperçu d'autres mentors, en pleine discussion.
Et puis il y avait Kaly toujours. Elle était bien entourée, mais surtout il y avait une magnifique femme à la chevelure presque aussi pâle que la mienne. Bien coiffée, bien habillée. Beaucoup trop proche d'elle. Je ne sais pas pourquoi mais je ne pus m'empêcher de ressentir de la haine à son égard. Ma tempe palpitait alors que je déglutis, pleine de ressentiment envers cette femme trop belle. De quoi s'agissait-il exactement ? Je n'en savais rien, je ne cherchais pas à savoir. Le mal était là et il me rongeait le ventre.

Je les fixais déjà d'un regard envenimé lorsque la blonde se décala légèrement... Mes mâchoires se serrèrent alors : Mitch Flecto. L'une des personnes que je déteste le plus au monde.
Il y en a tellement, tellement que je déteste... Mon cœur est aussi noir que mes cheveux sont blancs. Un jour, ma haine me rongera de l'intérieur, elle me consumera.

Je ne pouvais m'empêcher de le regarder, sans sourciller, les yeux injectés d'un venin mortel. Je revoyais alors fugacement la gorge de cet enfant que j'avais de mes mains entourée, son faciès alors qu'il agonisait par ma faute. Ce n'était plus son visage, bien sûr, il avait pris pas mal de rides.

Détourne-le regard Zatanah.
J'obéis à ma raison, peut-être parce que j'avais tellement serrée la coupe entre mes mains qu'elle avait fini par exploser.
Sans doute aussi parce que je me mettais en danger à lancer de pareils regards.

Quelques personnes te regardent. Souris, prend un air gêné et désolé.
Maintenant avance et parle à quelqu'un, n'importe qui.

- Bonjour, je suis Zatanah la vampire de soie, mais je crains mon nouveau surnom soit la casseuse de verre.

Sacrée entrée en matière... C'était pas gagné tout ça. Personne n'allait jamais me donner des crédits, autant rentrer maintenant avant que ça ne soit le désastre non ?

La femme devant moi était entièrement vêtue d'or. Je me demandai d'ailleurs si c'était du vrai. Et sa chevelure pâle était crêpée pour former un volume incroyable. Honnêtement, ça n'était pas très beau.

- Wahou, vous croyez qu'il serait possible de faire pareil avec les miens ?

Je n'étais guère convaincue et mon sourire tirant vers le bas n'en témoignait que trop. J'haussai les épaules en compensation, transformant ce sourire en un autre, bien plus pincé et mignon, l'air de dire "oups". Je n'arrivais pas à m’empêcher de glousser après chaque phrase, c'était parce que j'étais mal à l'aise, mais ça n'en était pas moins ridicule. Comme si ça allait me sauver la mise...

- D'accord, je suis une très mauvaise menteuse. Un peu plus et je révèlerais le secret de Clarke. Mais non ça va, je n'ai pas encore assez bu pour ça.


Je me mis à rire nerveusement.
Une petite voix murmurait : rentre chez-toi Zat. Une autre : mais qu'est ce que tu racontes ? Une autre encore : Ils t'observent. Une dernière : je voudrais être une souris pour me cacher et fuir d'ici.


Zatanah parle avec Cybellia Trinston.
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Ven 11 Déc - 5:14

Pour le moment, tout se déroule sans pépin. En fait, tout va trop bien, ce qui ne fait qu’accroître ma nervosité. À quatre patte dans ce grand conduit d’aération, je scrute durant plusieurs minutes la pièce qui se trouve de l’autre côté du mince grillage. Malgré la lumière tamisée de la pièce, je suis convaincu que personne ne s’y trouve. Je n’entends aucun son et personne ne se semble se trouver dans mon champ de vision. J’effectue un rapide « thumbs up » pour lui faire comprendre que la pièce est vide puis je soulève tranquillement la trappe d’aération. Après avoir fait un dernier tour d’horizon qui confirme mon hypothèse initiale, je m’extirpe silencieusement du conduit puis avance tranquillement dans la pièce déserte. Bien que la soirée en soit encore à son balbutiement, nous avons de la chance que cette pièce n’ait pas encore servi son objectif principale. Tout semble impeccablement bien rangé, intact, préservé de la folie des moments chauds que ces murs accueillent habituellement. Bien que j’aie déjà fréquenté ce genre de pièces par le passé, la configuration de celle-ci diffère de celle que je connaissais. Le Capitole doit probablement les rénover de temps en temps, ce n’est pas comme s’ils n’ont pas les moyens de toute façon.

M’avançant lentement de quelques pas, j’observe grossièrement la pièce en chassant quelques vieux souvenirs qui me reviennent en tête, tout en me dirigeant vers un grand vase surplombant la pièce. Je glisse mes doigts sur la tige d’une rose d’un rouge éclatant pour en humer le parfum, qui n’a rien à voir avec celui des rares fleurs qui parsème le quatre. Je jette rapidement un coup d’œil au fond du contenant pour ne voir qu’un fond d’eau, ce qui me laisse croire que cette pièce a été laissée à elle-même durant les quelques derniers jours. Poursuivant mon avancée, je me rends jusqu’au somptueux lit, passant mes doigts sur cette étoffe qui vaut probablement plus que toutes mes possessions réunies. Me mettant à genoux, je rapproche mon visage du sol et soulève les draps pour mieux voir ce qui pourrait se cacher à cet endroit insolite. Malgré la propreté impeccable de la pièce, une chaussette a visiblement été abandonnée depuis des lunes, étant donné l’odeur peu plaisante qui s’en dégage. Toutefois, un objet un peu moins commun et beaucoup plus raffiné attira mon attention. Il s’agit d’un bracelet que je jure avoir déjà aperçu ornant l’une des plus riches et adulée des mentors : Sélène Featherstone. Alors, elle serait déjà venue ici cette année alors que la soirée est si jeune?!?! Est-ce possible que les meilleurs concierges du Capitole ait oublié de récurer ce coin de la pièce et que cela date d’une ou encore de quelques années? J’en doute un peu… Étirant mon bras l’espace restreint, je m’empare de l’assortiment que j’observe plus en détail avant de le glisser dans la poche intérieure de mon veston avant de me redresser afin de poursuivre rapidement mes fouilles.

C’est alors que j’arrive au pied d’une grande commode que je perçois différents éclats de voix provenant de l’autre côté de la porte du studio. Il s’agit des tons de Deirdre, très loin de ceux feutrés qu’elle m’a adressés quelques minutes plus tôt à la réception. Elle est maintenant cinglante en balançant ses ordres directs à quelqu’un qu’elle ne semble pas avoir en très haute estime. Sûrement un ou des pacificateurs à sa solde. Mon cœur s’accélère à la seule idée que l’un d’entre eux peut pénétrer dans le studio à n’importe quel moment. Par pure précaution, je me positionne sur le côté de l’armoire, de sorte qu’elle me sépare de la porte. Si quelqu’un entrais, j’allais avoir quelques secondes pour réagir.

- Surveillez-moi cet énergumène à lunettes, et veillez à ce qu'il ne travaille plus qu'il ne vous embobine... Après tout c'est à lui de nous prouver sa valeur dans les faits, parce que s'il se révèle inutile..., lança-t-elle avant de poursuivre après le bruit d’un claquement de porte. Restez posté ici et prévenez-moi au moindre mouvement suspect !

Puis, on entend ses talons résonner contre le plancher de pierre jusqu’à ce qu’on ne les entende plus. Je jette un coup d’œil à Melvil en prononçant silencieusement le prénom de Deirdre pour qu’il puisse le lire sur mes lèvres. Impossible qu’il ne la connaisse pas après toutes ces années de mentorat. Si ça se trouve, il l’a peut-être même déjà vu de plus près que je ne le pense. Bref, comme ça l’ingénieur gringalet que nous devons interpeller est arrivé dans les quartiers normalement interdits aux invités et il est sous haute surveillance, ce qui ne me surprend guère. Par contre, si nous avons si bien pu entendre la conversation, c’est qu’ils sont postés tout près. Si nous sommes chanceux, l’ingénieur se trouve dans la pièce 1 ou 2 puisque nous pouvons y accéder par la ventilation et éviter les pacificateurs en poste à l’extérieur. Mais j’ai la forte impression que le sort ne nous sera pas favorable et qu’il faudra improviser pour nous rendre dans la troisième pièce de l’étage… et ce avant que les choses tournent mal pour l’ingénieur. Il faut absolument que l’on reste discret et que nos noms ne soient jamais associés à cette opération, encore plus si c’est Deirdre qui est en charge de l’opération.

La conversation étant terminée et le bruit des talons de la tireuse d’élite étant remplacés par de lointains piaillements provenant du rez-de-chaussée, je reprend rapidement mes recherches afin que nous puissions passer rapidement à autre chose. Le premier des trois tiroirs ne contient rien de très pertinent pour l’instant, que des accessoires frivoles pour des moments bien arrosés. Un fouet fin fait même partie du lot. Je remarque tout de même des paires de menottes qui, malgré leurs plumes ou leur fourrure assorties, pourrait être utiles. Je glisse l’une des deux paires à fourrure dans une poche extérieure de mon veston avant de refermer ce premier tiroir pour m’attaquer au second. Encore une fois, rien de bien intéressant. Que des tenues plus ou moins habillées aux couleurs exorbitantes, signature de la culture Capitoléenne. Or, en glissant ma paume contre le fond du tiroir, je crois sentir une cordelette d’une texture qui diffère du reste des tenues. En y regardant de plus près, je réalise qu’il s’agit d’un autre bracelet, mais cette fois-ci similaire à celui que portait Dion, ce sponsor également rebelle pour ses propres mystérieuses raisons, au poignet de sa main m’ayant tendu sa clé usb. Sans hésiter, je tire le bracelet, révélant un faux fond au second tiroir. Dis donc, il a réellement tout prévu, ce Dion, aussi étrange que son sourire carnassier puisse être. Lorsque je vois ce qui se trouve au fond, mon cœur se fige quelques secondes. Une petite arme de main accompagnée d’un silencieux, d’un chargeur et d’un gant n’attendent qu’à être utilisés. La dernière fois que j’ai tenu une telle arme, c’était lors de la mission rebelle à la centrale nucléaire et je n’avais pas été en mesure d’achever le jeune technicien qui nous avait surpris. Par ma faute, nous avons passé à deux cheveux d’y rester lorsque les collègues du jeune nous ont rattrapé suite à son appel à l’aide. Cette fois, je ne vais pas avoir le temps de me poser de question avant de tirer. À moins que je laisse Melvil se charger des responsabilités qui viennent avec cette arme? Ce n’est pas une idée qui me rassure pour l’instant. Sans délibérer davantage, j’enfile le gant, glisse le chargeur d’extra dans la poche de mon pantalon, vérifie celui déjà en place dans l’arme pour observer que nous avons dix balles en tout et aboute le silencieux à l’arme. Le bruit de mes manipulations ayant probablement attiré le regard de mon partenaire de mission, je lui montre rapidement ma trouvaille avant de la glisser sous la ceinture de mon pantalon. Il y a au moins ça de bon avec mon costume : le veston est assez long pour cacher l’ensemble de l’arme dans mon dos. Je remets le faux-fond en place et referme le second tiroir. Le troisième et dernier compartiment de la commode contient des comprimés qui pourraient confirmer l’excuse que j’ai donnée pour m’éclipser vers les toilettes. Je prends donc trois comprimés (emballés individuellement) que je stocke dans la poche intérieure de mon veston. Puis, je tombe sur d’étranges seringues portant comme inscription la lettre D sur leur piston. Un autre coup de Dion ou simplement un hasard? Je ne crois pas. En observant de plus près, je remarque que le « D » est en fait suivi de « HCl » ainsi qu’une indication de concentration de 100mg/mL. Un médicament? Je n’y connais absolument rien là-dedans. Mais si ça vient réellement de Dion, cela ne peut que nous être utile. Le pire qui pourrait arriver soit que la solution n’ait aucun effet au moment désiré. Ne voulant pas amener trop de choses sur moi, déjà que le poids psychologique entraîné par l’arme que je sens bien dans mon dos me pèse, je fais signe à Melvil de me rejoindre pour ensuite lui montrer ces seringues, prenant bien soin de lui montrer le « D » très apparent puis les autres indications plus effacées.

- Amène-les, on ne sait jamais. Ça vient de l’informateur., commençais-je avant d’enchaîner sur un autre sujet. Ils avaient l’air tout proche. Je pense qu’on devrait aller par là [pointe la bouche d’aération] voir dans les autres pièces. On aura peut-être pas besoin de se découvrir plus que ça.

Ayant fait le tour des principaux endroits qui ont attiré mon attention, je retourne auprès de la bouche de ventilation, prêt à passer à l’examen de la pièce 1.


Oliver observe plus en détail le bracelet de Sélène.
Oliver met le gant à sa main droite.
Poches extérieures : 1 paire de menotte à fourrure
Poches intérieures : bracelet de Sélène, 3 comprimés vomitifs
Poches de pantalon : chargeur
Ceinture : arme de main

Oliver est prêt à retourner dans le conduit pour aller observer la pièce 1.


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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Sam 12 Déc - 1:28

Capitole - Cybellia Trintson






Pour cette soirée d'exception, une sponsor brillait de mille feux bien plus que les autres. On ne pouvait la manquer sous les lumières claires de la salle de réception, chaque parcelle de sa robe était décorée à la feuille d'or et des pierreries somptueuses ornaient ses bijoux imposants qui paraient sa peau pâle d'un éclat superbe. Sa chevelure crêpée lui donnait un air splendide, la dernière mode capitoléenne qu'elle comptait bien sublimer, et la dame y avait glissé quelques bijoux de sa création. Ces derniers n'avaient encore jamais quitté son atelier : elle avait attendu ce soir pour révéler les pièces de sa nouvelle collection, une collection unique comme cette année d'Expiation...

Elle venait d'arriver depuis peu, flânant entre les convives, saluant ses plus fidèles amis et clients. Les soirées mondaines étaient d'une frivolité qu'elle adulait, un moment de volupté et de délice où toutes les fantaisies étaient permise : toutes les surprises aussi, et les surprises c'est ce qu'aimait Cybellia. De son doux regard, elle avait déjà repéré les mentors des tributs qui avaient son attention. Certains avaient l'air occupé, d'autres n'étaient pas encore arrivés. C'est alors qu'elle vit le beau Melvil s'approcher d'elle. Son expression fut soudain moins joyeuse, elle détestait voir de si jeunes tributs mourir dès le début de l'arène - même si, ne nous méprenons pas, Cybellia était une des plus ferventes admiratrices des Hunger Games - et ceux de Melvil faisaient partie de ceux qu'elle aurait souhaité aider, tout comme Billie qui avait également perdu la vie trop vite... Les derniers districts n'attiraient jamais l'attention et elle le regrettait, elle aurait tellement aimé pouvoir les aider davantage...

« Cybellia … »

Melvil s'était avancé pour la saluer, un fin sourire s'étira sur ses lèvres.

« Quelle robe splendide tu as là … Comme toujours. »

- Melvil ! Et toi tu es toujours aussi gentleman... lui lança-t-elle d'une voix rieuse avant de soupirer.

Il faisait bonne figure, Cybellia n'était pas dupe. Elle s'approcha de lui, ouvrant grand ses bras parsemés de perles :

- Oh mon cher ami... Je suis tellement désolée pour Xavan et Leanne... lui dit-elle en l'enlaçant tendrement. Ils étaient tellement jeunes, j'aurais aimé que nous puissions les aider. Mais disons-nous qu'au moins ils seront morts rapidement et pas après des jours à crapahuter dans l'arène pour rien...

Au final, il lui semblait que cela soit un réconfort que la mort les ait emportés si vite. Ils n'avaient pas eu à supporter des journées entières dans l'arène pour finalement être tués comme cela se produisait souvent. Cybellia lâcha doucement son étreinte en murmurant :

- Viens me voir à n'importe quelle heure, si tu as besoin...

Melvil souriait toujours, elle fondait devant ses yeux bleus azur au coin desquels se creusaient de fines ridules tellement sexy... Elle en aurait presque bavé s'ils n'avaient pas été en public.

« Alors, tu as des favoris cette année ? » lui demanda-t-il finalement.

- Tu me connais si bien, tu dois savoir que certains se sont démarqués...Mon cœur d'artichaut a été servi et certains l'ont carrément enflammé si tu vois ce que je veux dire ! répondit-elle en lui adressant un clin d’œil convenu.

Elle n'avait pas remarqué que le mentor du Dix venait de s'approcher d'eux. Cybellia le contempla de la tête aux pieds, son accoutrement était particulier mais elle ne trouva finalement rien à redire : les tributs lui importaient bien plus que les mentors même si le fait qu'il soit aussi craquant que Melvil ajoutait du piment dans ses soirées. Avec cet "Ethan", elle allait devoir se contenter de moins... Mais ne disait-on pas que c'était dans les vieux pots qu'on faisait les meilleures soupes ? C'était peut-être l'occasion de vérifier, se dit-elle dans une pensée lubrique.

« Je vous souhaite le bonsoir, salua-t-il. Permettez-moi de vous offrir à tous les deux un verre ? »

« Ca ne se refuse pas, n’est-ce pas Cybellia ? » renchérit Melvil.

Cybellia réceptionna verre que lui tendait Ethan, elle était charmée par cette délicate attention. Ses yeux de biche jouèrent avec le regard du mentor tandis qu'elle sirota le haut de sa coupe.

- Tu sais très bien que je suis toujours partante pour une coupe du meilleur des millésimes Melvil ! Merci cher monsieur...Underwood, c'est bien cela ?

Oui c'était bien cela, Underwoord, le mentor des jeunes Chloé et Jason, les tributs du District Dix... Des tributs qui n'avaient pas pu laisser indifférents vu leur prouesse à la corne. Elle s'attendait à ce que l'homme vienne de suite à son but ultime, la récolte de sponsors pour ses deux protégés : c'était généralement ce que faisait la plupart des mentors, surtout ceux qui n'avaient pas de lien particulier avec elle, mais il n'en fit rien. Il les regarda goûter au délicat liquide or puis il se tourna vers Melvil à qui il adressa un mot plein de compassion :

« Mes condoléances pour vos Tributs. »

Cybellia porta instinctivement sa main à son cœur. Cette parole aussi simple fut-elle avait réussi à la toucher et elle commença à aimer cet ancien mentor même si elle ne le connaissait pas réellement. Il avait cette élégance propre à l'âge, ce regard profond dans lequel elle semblait pouvoir trouver une âme et surtout cette voix grave pleine d'émotions vraies. Il était sensible, tout comme elle, sa parole le prouvait et rien que pour cela elle désira dès lors le connaitre plus intimement.

Il finit par se tourner vers elle, une expression festive sur son visage.  

« Le champagne vous va à ravir : il est semblable à votre allure ce soir, aussi pétillant que votre coiffure. »

Les joues de Cybellia s'empourprèrent derrière son maquillage clair seulement relevé par l'or posé sur ses paupières et les fins faux-cils tout aussi éclatants qui soulignaient ses yeux joueurs. Cybellia ouvrit légèrement les lèvres, prête à répondre à la flatterie d'Ethan quand elle fut coupée dans son élan par un autre mentor qui venait de rejoindre le petit groupe sans crier gare.

« Bonsoir. Mademoiselle Cybellia. Monsieur Thorne. J’espère que cette magnifique soirée se déroule comme vous l’entendez… Et Monsieur Underwood, c'est un réel plaisir que de vous revoir, bien que d'autres circonstances aient été préférables. »

Cybellia salua Oliver d'un signe de tête, irritée d'avoir été coupée dans son élan. Dubitative quant au sens qu'il donnait à "d'autres circonstances préférables", elle remarqua pour la première fois à quel point ce mentor désapprouvait les Jeux : il n'avait jamais réellement répondu à ses questions à ce sujet, ni même à ses essais d'en savoir davantage sur ce qu'on ressentait une fois dans l'arène. Désormais, cela semblait clair et elle se demanda si derrière son magnifique sourire ne se cachait pas un rat qui la dupait depuis des années durant leurs conversations feutrées. Elle le maudissait intérieurement lorsque Melvil affichant un large sourire reprit :

« Voyons Monsieur Wingston, quelles circonstances peuvent être préférables à une fête au Capitole en si bonne compagnie ? »

Cybellia pétilla sur place, le regard plein d'adoration pour Melvil qui était, comme toujours, parfait. Elle le récompenserait généreusement pour ses paroles dès qu'elle le pourrait.

« J’imagine que c’est le dernier sujet que vous voulez aborder, mais je tiens à vous dire que je suis vraiment navré pour vos tributs. Ils ont créé tout un émoi. »

Cybellia leva un sourcil étonné : alors comme cela Oliver osait s'adresser en ses termes à Melvil tandis que ceux-ci étaient morts par la faute de la lâcheté des siens ? Ils avaient abandonnés leurs alliés, des tributs si jeunes, à une mort certaine en délaissant leur parole. Finalement, Cybellia venait de renoncer au sponsoring du Quatre, du moins pour ce soir, bien que ses tributs aient excité ses sens lors de leurs retrouvailles dans le noir...

« Merci … Je déplore en effet la mort de Leanne, elle avait beaucoup de potentiel. »

- N'oublions pas que ce sont vos tributs Oliver qui les ont laissé mourir... N'est-ce donc pas malvenu tant d'émoi ?

Cybellia était ainsi, fonceuse et franche. Elle disait ce qu'elle pensait et, même si elle adorait jouer, ce qu'elle détestait le plus était le manque de fair play.

« Mais, ne vous en faites pas. Les oisillons finissent par quitter leur nid, mais, comme on dit, l’oiseau refait toujours son nid. »

Décidément, cette discussion commençait à ennuyer Cybellia depuis qu'Oliver c'était joint au trio. Elle commençait à espérer son départ, l'ennui n'était guère supportable et la patience lui manquait cruellement. Les envolés lyriques d'Oliver ne devait amuser que lui et elle songea qu'il avait peut-être déjà trop bu - bien qu'il fut plus drôle d'habitude dans ce genre de position - pour dire de telles imbécilités.

« Ahahah, Monsieur Wingston, je ne vous savais pas poète … Enfin, comme vous l’avez si bien souligné tous les deux je n’ai pas de raison légitime d’accaparer la belle Cybellia, je vous laisse vous battre pour ses faveurs messieurs … »

Le coeur de la capitoléenne eut à nouveau un sursaut, le beau mentor du Douze avait décidément toutes ses faveurs... Pourquoi un tel homme n'avait-il pas pu naître au Capitole ? Elle l'aurait épousé de suite s'il l'avait voulu... Malheureusement, elle devait se contenter de moins, mais moins avec un tel homme était beaucoup. Un frisson parcourut la colonne de Cybellia lorsque Melvil attrapa délicatement sa main pour y déposer un baiser.

« A charge de revanche. »

- Vous savez où me trouver Melvil et ma porte vous sera toujours ouverte... lui rappela-t-elle d'une voix douce et chantante qui appelait à un rendez-vous secret.

Melvil ayant quitté notre joli groupe, la compagnie semblait moins éclatante pour Cybellia : la présence d'Oliver la vexait, bien qu'elle n'en montrât rien.

- Alors, j’ai pu assister aux exploits de vos surprenants tributs, Monsieur Underwood.  Pour un retour au Capitole, votre district ne passe pas inaperçu !

Enfin une parole sensée sortie de sa bouche, Cybellia bondit sur l'occasion de pouvoir en savoir davantage sur les tributs du Dix :

- Il est vrai que vos tributs ont fait une entrée particulière dans l'arène Ethan ! Vous me permettez que je vous appelle Ethan ? ajouta-t-elle rapidement avant de reprendre, Mais dites-moi que pouvez-vous me raconter de leur prestation ? C'est vous qui leur avez donné toutes ces idées merveilleuses qui enflamment les Jeux ?

Cybellia suçait un sucre d'orge qu'elle venait d'attraper sur un plateau de petites mignardises, quand Oliver reprit, coupant Ethan qui s'apprêtait à répondre :

- Je vous prie de m’excuser.  Tout ce champagne et ces confiseries délicieuses commencent à faire leur chemin.  Je dois malheureusement me retirer quelques instants.

Cybellia rit :

- N'en dites pas davantage ! Excellente soirée à vous.

Il abandonnait la partie on dirait. Malgré son agacement face à Oliver qui se comportait de façon étrange ce soir, elle fut un peu déçue qu'il renonce à se battre pour la compter parmi ses sponsors : il l'avait habituée à mieux que cela comme traitement et la demoiselle n'aimait pas être délaissée ainsi, comme si elle n'était qu'une sponsor parmi tant d'autres. Elle était particulière, elle était riche et, malgré son jeune âge, elle était persuadée que sa fortune pouvait l'aider à influer sur les Hunger Games... Plus que tout, elle aurait rêvé d'imposer sa patte sur les Jeux de l'Expiation. Pouvoir raconter à tous que la bijoutière la plus en vogue du Capitole avait toujours misé sur le gagnant d'une Expiation serait tellement excitant !

- Maintenant que nous sommes enfin seuls Ethan... Racontez-moi tout ! Je veux tout savoir sur Chloé et Jason ! Ils sont tellement...Ahahah ! Vous voyez ce que je veux dire !

Elle lui fit un clin d’œil :

- Tout le monde ici à une petite idée sur eux vu les émotions qu'ils nous font vivre... Mais moi, je ne crois que ce que me disent les mentors, alors qu'allez-vous me dire sur eux ?

Son ton était joueur, plein de malices. Son doigt courait sur le bord de son verre, elle se mordit légèrement la lèvre inférieure dans un tic qui trahissait son excitation et son impatience. Elle était suspendue à ses lèvres quand un bruit de verre brisé se fit entendre.

Tous les regards alentours venaient de virer sur la mentor du District Huit. A croire que le destin s'acharnait à gâcher sa soirée, ce qui commençait sacrément à agacer la demoiselle. La mentor du Huit n'était clairement pas une de celles avec qui Cybellia se plaisait à converser : elle était trop instable et n'avait aucune conversation subtile... Ce n'était pas comme Sélène Featherstone ou même Mia Stanford !

La vampire de soie eut un regard gêné vers la foule, mais déjà on oublia son excentricité : si c'est tout ce qu'elle avait trouvé pour attirer l'attention, c'était raté, songea Cybellia avec ironie. L'avait-elle contempler trop longtemps ? A l'instant même où elle la vit s'avancer à pas rapide vers eux, Cybellia leva les yeux au ciel en murmurant à l'adresse d'Ethan :

- Aurons-nous seulement l'occasion de discuter ensemble ce soir...

Mais déjà la mentor venait de s'immiscer dans leur conversation sans plus de politesse.

- Bonjour, je suis Zatanah la vampire de soie, mais je crains mon nouveau surnom soit la casseuse de verre.

Cybellia rit :

- Il est certain que vous êtes comme un éléphant dans un magasin de porcelaine après votre forfait, voire même comme un chien dans un jeu de quilles vu votre entrée en la matière...

Le ton de Cybellia était un peu sec, elle détestait qu'on la coupe ainsi alors qu'elle réfléchissait à la possibilité de sponsoriser sérieusement un district... Sans compter que les autres sponsors avaient les yeux rivés sur Zatannah et que Cybellia, bien qu'elle adorât être au centre de l'attention, détestait que cela soit le cas à cause des forfaits d'une autre personne. Être la reine de la fête oui, être contemplée oui, mais pour les bonnes raisons.

- Wahou, vous croyez qu'il serait possible de faire pareil avec les miens ?

- Avec les vôtres ? demanda Cybellia avant de comprendre. Il faudrait demander cela à votre styliste, je suis bijoutière pour ma part et ne travaille qu'avec ce qui est précieux...

Entre son sourire qui changeait sans cesse au fil des émotions contraires qui passaient sur son visage fin et les gloussements incessants, Zatannah commençait à agacer de plus en plus Cybellia qui commençait à douter de la santé mentale de la belle mentor toute de bleu parée.

- Allez-vous bien ma chère ? finit-elle par lui demander en se demandant si le verre n'avait pas coupé la mentor et qu'elle délirait à cause de la douleur.

- D'accord, je suis une très mauvaise menteuse. Un peu plus et je révèlerais le secret de Clarke. Mais non ça va, je n'ai pas encore assez bu pour ça.

- Le secret de Clarke ? souleva Cybellia avant de se tourner vers Ethan pour lui demander : Aviez-vous soupçonné que cette fille si ordinaire ait un secret si important qu'il mériterait mon attention ? dit-elle avec un ton amusé.

Zatannah riait nerveusement, Cybellia comprit qu'elle ne tirerait rien d'intéressant d'elle : elle était folle, tout simplement. Ethan, quant à lui, restait d'un calme olympien et d'une persévérance à toute épreuve en restant ainsi aux côtés de Cybellia malgré le temps précieux qu'il perdait sans aucune garantie de son soutien. Elle l'admirait pour cela, scrutait dans son regard la moindre pointe de désintérêt mais n'en vit point. Elle s'approcha alors de lui et lui murmura à l'oreille :

- Si vous nous débarrassez de la vampire de soie, nous pourrions trouver un coin plus tranquille pour parler de ce qui est important, qu'en dites-vous ?

Elle avait posé sa main aux multiples bagues sur l'épaule d'Ethan et lui adressa le plus beau sourire dont elle était capable. Son regard était plein de défi, s'il jouait alors il gagnerait...


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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Sam 12 Déc - 2:24

Pacificateur - Asclépios Maifield






Cela faisait maintenant plusieurs minutes que sa supérieure avait disparu dans les escaliers donnant sur le hall d'accès aux appartements présidentiels. Il se l'imaginait désormais en train d'afficher son plus beau sourire devant les autres habitants du Capitole, un sourire qu'il savait faux : cette femme était la pire des commandants qu'on puisse souhaiter, sans cœur et sans âme. Pourtant, Asclépios lui vouait un culte sans pareil : elle était son modèle. Elle avait une telle foi en leur travail, en leur utilité et surtout elle était toujours prête à faire tout ce qu'il fallait pour mener ses missions à bien. Cette femme était une force de la nature, une dure à cuire, même s'il n'aurait jamais osé parler d'elle en ses termes à voix haute.

C'est pour cette admiration qu'il avait demandé à la servir dans ses missions spéciales. Elle l'avait jugé il y a plusieurs mois, toute sorte de tests plus ou moins difficiles, plus ou moins moraux, lui avaient été infligés et Asclépios avait montré une véritable détermination. Désormais, il faisait partie de son équipe, même s'il savait que pour elle, il n'était encore qu'un pion. Cela ne le dérangeait pas : pour arriver plus près de la reine, il faudrait progresser dans la hiérarchie des abeilles, prouver sa valeur mission après mission.

Il était perdu dans ses pensées, songeant un peu déçu qu'il aurait préféré rester dans la pièce avec l'ingénieur plutôt que de contrôler l'accès au bureau. Il savait qu'il n'avait que la seconde place dans cette mission qui lui avait été confiée, son collègue ayant eu la plus enviée... Néanmoins, il l'assumerait et serait un parfait soldat, même si la commandante Whitelaw ne lui accorderait même pas un sourire de récompense. Après tout, ils étaient des soldats, les sourires étaient pour les simples gens. Eux se félicitaient par des grades et il comptait bien atteindre les plus élevés un jour, même si la tâche serait rude avec l'exigence incarnée en tant que chef.

Il était ainsi perdu dans ses pensées lorsqu'il crut entendre un bruit. Il redressa la tête, son regard parcourut rapidement le couloir. Aucun mouvement dans son champ de vision, aucun nouveau son. Il crut que cela était venu du bureau de l'ingénieur, sans doute avait-il laissé tomber quelque chose... Il se reposta, mais restant vigilant plus que jamais.

Soudain, un autre bruit l'interpella : un bruit de frottement, comme des tiroirs qu'on ouvrait. Puis d'autres petits sons, un claquement métallique.. Ces sons ne semblaient pas provenir de la pièce dans son dos, mais du petit studio qui jouxtait le couloir. Ses sourcils se froncèrent : était-il possible que certains invités y aient déjà pris leur quartier pour quelques jeux sensuels alors que la soirée avait débuté depuis seulement une heure ?

Peut-être avait-il imaginer ce bruit à force de laisser ses pensées divaguer pendant sa surveillance, mais il fallait qu'il s'en assure. Sa main se posa sur son bâton de défense téléscopique glissé dans une gaine à sa ceinture, à côté de son arme, vérification mécanique. En quelques pas, il fut devant la porte et lâcha son bâton pour y frapper :

- Excusez-moi, cette pièce est-elle occupée ? demanda-t-il une première fois.

Il patienta un instant avant de réitérer :

- Ceci est une simple vérification pour votre sécurité, veuillez répondre s'il y a quelqu'un !

Asclépios ne bougea pas, attendant une quelconque réponse dans le silence du couloir de l'étage...


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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mar 26 Jan - 10:14




Soirée Sponsors




Oliver me fit signe que nous pouvions entrer dans la pièce. Je connaissais assez bien cet endroit, malheureusement … J’y avais été « invité » plus d’une fois. Je jette un coup d’œil rapide à la pièce tandis qu’Oliver commence à ratisser chaque coin. Je lève les yeux au ciel. Je doute que notre Ingénieur se cache dans un vase. Soudain, on entend une voix dans le couloir qui indique à un quelqu’un de surveiller … Une « énergumène à lunettes » … C’est sans aucun doute notre cible. La bonne nouvelle c’est qu’on sait maintenant qu’il doit se trouver à quelques portes de notre studio ; la mauvaise c’est qu’il est surveillé. J’essaye rapidement de me remémorer le plan des chambres. Il n’est pas dans celle d’à côté, la voix portait plus loin que ça ; ce qui nous laisse deux studios. Si mes souvenirs sont exacts, l’un est accessible par la ventilation, mais l’autre … La mission prend vraiment une tournure qui me déplait. Oliver continue sa fouille et je m’approche de lui pour lui dire d’arrêter, qu’il faut avancer lorsque … Il me tend des seringues … Les lettre indiquent que c’est Dion qui les a mises là.

« Amène-les, on ne sait jamais. Ça vient de l’informateur. Ils avaient l’air tout proche. Je pense qu’on devrait aller par-là voir dans les autres pièces. On n’aura peut-être pas besoin de se découvrir plus que ça. »

J’acquiesce. Bien sûr, il faut prendre des risques calculés … Mais la lâcheté d’Oliver n’a de cesse de m’agacer. Il s’approchait de la ventilation pour y remonter lorsqu’on frappa à la porte. Mon cœur bondit dans ma poitrine et je m’assurais d’un regard que tout avait été remis en place dans la pièce, au cas où quelqu’un n’entre.

« Excusez-moi, cette pièce est-elle occupée ? »

Merde. Il avait dû entendre Oliver faire sa petite fouille … Je pestais intérieurement, mais l’heure n’était pas aux reproches mais bien à la réflexion. Immédiatement, je retirais ma chemise et déboutonnais mon pantalon. D’un geste bref, je signalais à Oli d’en faire autant. Puis à pas feutré, je me rapprochais du lit que je pris soin d’ouvrir et de froisser, au cas où nous n’arrivions pas à le contenir dehors.

« Ceci est une simple vérification pour votre sécurité, veuillez répondre s'il y a quelqu'un ! »
« Une seconde. »

Je tentais de prendre une vois un peu essoufflée, alors qu’Oliver cachait ses vêtements et ce qu’il y avait dissimulé derrière le lit. J’y attrapais les menottes en fourrure qu’il avait subtilisées. Un plan commençait à se mettre en place dans ma tête … J’aurais préféré que le Pacificateur n’entre pas, mais il fallait qu’il nous voit tous les deux. Un seul d’entre nous était nécessaire pour parler à l’ingénieur. L’autre pourrait faire « des bruits » afin de nous faire un alibi et de couvrir les légers frottements qu’on pourrait entendre venir du conduit d’aération…. Je me mordis les lèvres avec force, afin de gonfler mes lèvres et de ne laisser aucun doute sur l’activité qui se déroulait avant qu’il ne frappe. Puis j’entrouvris la porte laissant entrevoir juste un Oliver à demi-nu un peu plus loin dans l’entrebâillement, ainsi que ma tête et mon torse.

« Pardonnez l’attente, nous étions un peu … Occupés … »

Je fis un large sourire, plus un sourire fier et amusé qu’un sourire gêné. J’étais Melvil Thorne, coutumier de la maison. Homme ou femme, il n’y avait pas de gêne à avoir ; j’étais heureux d’être ici.

« Y’a-t-il un problème ? Ou peut-être souhaitiez-vous simplement … »

Je baissai les yeux vers lui, le détaillant un peu avant de plonger mon regard dans le sien, un sourire de plus en plus lubrique sur le visage.

« Vous joindre à nous ? J’imagine que vous avez des choses bien plus résistante que les jouets qu’on nous laisse ici … »

J’agitais devant ses yeux les menottes à poil rose que j’avais pris à Oliver un peu plus tôt. J’espérais de tout cœur qu’il ne nous retiendrait pas longtemps ; qu’on puisse en finir au plus vite avec cette mission.



_________________


Melvil B. THORNE. I've seen the blood, I've seen the broken. The lost and the sights unseen. I want a flood, I want an ocean to wash my confusion clean.
I can't resolve this empty story I can't repair the damage done. We are the fortunate ones, who've never faced oppression's gun. We are the fortunate ones, imitations of rebellion. We acted out we wear the colors confined by the things we own. We're not without we're like each other, pretending we're here alone. And far away, they burn their buildings, right in the face of the damage done Rebellion

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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 24 Fév - 17:06

J'avance lentement dans la salle déjà bondée, mais je ne vois rien de ce qui m'entoure.
J'aurais fait n'importe quoi pour rester chez moi, mais je n'ai pas le choix, je dois agir de la façon la plus naturelle possible pour le Capitole... et pour Diamond.

Bien sûr, il sent que je ne vais pas bien, et il a compris que c'est lié aux Jeux. Mais, là où je l'admire et l'aime plus que tout, c'est qu'il a compris que je ne voulais pas en parler. Et il respecte mon silence. Je sais que c'est dur pour lui, tout comme c'est dur pour moi de lui cacher des choses.
Mais c'est plus sûr...

Comme d'habitude, je suis vêtu très sobrement pour un Capitolien, d'un simple costume noir. Mais autour de moi, se sont des explosions de jaune, rouge, bleu, vert... qui me donnent presque le tournis.
Ha, si Crystal était là, elle passerait la soirée à détailler toutes les robes ! Ce qu'elle fera d'ailleurs demain, en regardant les photos qui auront été prises. Je lui ramènerais un maximum de magazines en rentrant du bureau.

Si ça se trouve, elle est train de rêver en ce moment même qu'elle participe à la soirée !
NON ! Pas ma fille ! Pas CES soirées !

Mais bientôt je n'aurais plus aucune raison pour lui interdire de regarder les Jeux...
Diamond sent que je m'égare de nouveau dans mes sombres pensées, et me ramène à la réalité en m'embrassant discrètement sur l'oreille, avant de s'éloigner pour rejoindre un ami styliste.

Quand à moi, un peu désemparé, je finis par me diriger vers le point de rendez-vous de tous les solitaires : le bar...
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Dim 27 Mar - 0:29


Soirée des sponsors


Sélène, mentors et autres capitoléens...


Autour de nous, les oiseaux continuent à piailler et les lumières à briller. Tout resplendit et pourtant je n'en vois plus l'éclat qui faisait rêver mes yeux d'enfant, quand je venais promouvoir en bonne petite mannequin les bijoux de mes parents. Même si je les appréciais, les couleurs vives si spécifiques du centre de Panem devenaient plus ternes chaque année que je retrouvais mes "soupirants" du Capitole et que je voyais mourir d'autres gamins. Au fond, j'avais toujours aimé cette vie, elle était différente de celle des autres habitants de mon District : j'avais toujours rêvé de plus et j'avais réussi à obtenir tout ce que j'avais toujours désiré. Alors pourquoi n'étais-je pas satisfaite ? Pourquoi me sentais-je si vide ?  

Face à moi, Zatannah était une si jeune mentor. Elle ne maîtrisait toujours pas toutes les règles du Capitole et je doutais qu'elle ne les comprenne un jour. Elle suivait le courant, faisait ce qu'on attendait d'elle sans vraiment en saisir les raisons. Elle finit par répondre avec une voix hésitante, ses yeux fuyant mon regard :

- Ha... heu... Oui, c'est ravissant. Elle sourit un peu, plus gênée qu'autre chose. Deux ans oui. Vraiment on s'habitue ? J'ai du mal à y croire. Si j'arrive à vendre mes tributs... et bien, heu... Je ne sais pas, on fêtera ça ? ... Si seulement j'étais pas aussi mauvaise à ce jeu là...

Je m'apprêtais à lui laisser une boutade, tenter de la détendre même si je ne savais pas réellement pourquoi elle attirait ma compassion ce soir. Mais une nouvelle venue s’immisça dans notre conversation sans crier gare. Voilà qu'une des pires vipères adepte de la luxure venait de nous rejoindre :

- Hé bien voilà où se cachent les femmes les plus attirantes de la soirée ! Sélène, vos deux tributs de cette année semblent plein de potentiel... Quand aux votre ma très chère Zatannah, je crains que vous ne deviez faire beaucoup d'efforts pour leur trouver des sponsors...

Telle l'excellente comédienne que j'étais, je décidai de montrer à Kaly qu'elle n'intimidait pas tout le monde ici. Sans compter que jouer avec tous ses ridicules piafs était la seule satisfaction qu'il me restait. Je lui envoyais donc le même sourire carnassier qu'elle se plaisait à afficher pour se faire passer comme supérieure. Mais elle n'était rien :

- Cela est très flatteur pour moi, Kaly ! Mais n'en doutez pas d'ici quelques jours, nous nous régalerons de leurs exploits et qu'à ce moment-là chaque sponsor aura été un acteur de leur gloire...et ils sauront les récompenser après leur victoire.

Je lui adressai un clin d’œil. Nous savions toutes les deux de quoi je parlais. Il fallait apatter les sponsors même si cela impliquait de vendre mes tributs sans leur consentement. De toute manière, on n'y échappait pas. Avant même que cette peste ait eu le temps de répondre quoi que ce soit, Zatannah ajouta, l'air déstabilisée et dans un bredouillement :

- C'est sûr. Mais ils sont toujours en vie et entier, ou presque. Ils n'ont juste pas encore eu l'occasion de tuer. C'est pas comme certaine qui montre un peu trop de pitié. Et puis Clarke a des dents elle aussi... Elle vous réserve des surprises croyez-moi. Sur-ce, je vais quand même essayer de les vendre.

Zatannah venait de disparaître dans la foule à la vitesse de l'éclair et le regard qu'elle avait porté sur Kaly ne laissait pas place aux doutes : ces deux-là se connaissaient intimement. Cette situation ne devait pas être encore assez habituelle pour la belle demoiselle en bleu qui venait de s'éclipser comme si elle avait honte et fuyait l'inévitable. Peut-être un jour comprendrait-elle qu'on ne pouvait pas fuir, qu'il fallait simplement accepter. C'est alors que Eneron Stark arriva. Il ne manquait plus que lui pour un nouveau coup fourré : après tout, n'était-il pas venu me trouver à la dernière soirée pour fomenter un plan contre les idéologies de ma sœur ?

-Décidément ces rencontres au soirée du Capitole deviennent une habitude , on se rencontre plus ici que chez nous Mlle Featherstone .

Il insista sur le “chez nous”, puis ajouta après avoir marqué une pause en regardant s'éloigner Zatannah :

-Bonsoir Mesdames , belle soirée n’est-ce pas ? Quant à vous Sélène comment allez vous depuis vos dernières péripéties?

Je lâchai un rire sonore, ceux dont mes soupirants tombaient immédiatement sous le charme. Puis je lui adressai un regard provocateur dont j'étais sûre qu'il comprendrait qu'il signifiait que ce n'était pas le moment de parler de quoi que ce soit en rapport avec "chez nous", avant de lui dire :

- Il faut croire que vous êtes trop souvent dans votre bureau sans mettre le nez au dehors au District et que vous êtes trop souvent de sortie ici M. Stark ! Mais personne ne vous reprochera d'aimer vous divertir en compagnie de nos amis capitoléens et de leur hospitalité légendaire !

Je fis un pas vers lui et murmurai :

- Vous savez bien que vous avez toujours toute mon attention et que vous savez où me trouver...

Cette invitation à peine voilée à me rejoindre plus tard dans ma suite était une manière de m'assurer qu'il saura venir m'avertir au moindre problème qui serait survenu au District. Après tout, Channelle n'avait pas dû recueillir les félicitations de ses coachs et des autres carrières suite à ce qu'il venait de se passer. Seulement ici, je n'étais plus sa grande sœur : j'étais uniquement une vainqueur, une mentor, je n'étais la fille et la sœur de personne. C'était ma seule façon de protéger ma vie, la vraie, celle qui se cachait loin des artifices du Capitole.

Puis je me tournai vers Kaly et lui lançai :

- Cela a été un réel plaisir de vous revoir Kaly ! Si vous souhaitez que Nathanaël ou Pearl ait une victoire encore plus éclatante, vous savez ce que vous pourrez faire pour moi.

J'avais posé ma main sur son épaule écœurante, aussi écœurante que tous ses luxueux capitoléens imbus de leur personne et dans les mains desquels on nous obligeait à aller picorer. Puis, d'un léger geste, je lui caressai l'épaule en m'en allant. Je ne me retrouverai pas dans son lit, je n'étais pas son genre mais je savais que mes tributs pouvaient l'être et que, aussi sordide soit ce détail, cela pouvait les sauver.

Une fois que j'eus quitté ces deux êtres répugnants pour des raisons bien différentes, je commençai à me promener dans la salle. J'attrapai une coupe de champagne : garder les mains vides dans ce genre de soirée était toujours très mal vu, tout comme de ne pas s'empiffrer à outrance. Après tout, il y avait les petits verres à la boisson légèrement âcre pour résoudre tout estomac récalcitrant... Encore une raison pour laquelle le Capitole me désespérait de plus en plus : je ne manquais de rien au District, mais la simple idée de vomir pour pouvoir remanger me donnait la nausée. Et pourtant, pour tous ces gens, cela était d'une normalité exaspérante. Tout comme parier sur la vie et la mort de mes tributs : cela les excitait, les passionnait.

Moi je n'étais rien. Je ne pouvais rien contre leur futilité. La vérité c'est peut-être que je n'étais pas mieux qu'eux. J'avais toujours aimé me sentir admirée et adulée. Mon désir était devenu réalité. De quoi avais-je le droit de me plaindre ?

- Bonsoir M. Delpass, toujours à la pointe de la mode et plein de classe... dis-je à un de mes meilleurs sponsors en lui adressant un large sourire.

Être aguicheuse et provocante était une de mes forces. Les autres années, ce crédo était également celui d'une autre mentor. Cassandra.

Mais Cassandra n'était pas là et notre petite réunion de mi-soirée au bar n'aurait pas lieu cette année. Pendant que nous aurions dû siroter des cocktails tranquillement installées au bar en attendant que des sponsors viennent nous supplier d'accepter leur argent tant la vue de deux mentors des plus tenaces et pleine de caractère attisaient leur passion, Cassandra combattait je ne sais quel tribut enragé ou fuyait devant un piège tordu des Juges. Même si je savais pertinemment que c'était son choix, je n'arrivais pas à croire que je risquais de la perdre définitivement.

Mon regard s'attarda vers le bar. Mes pas me guidèrent vers lui sans un mot. En chemin, je croisais trois mentors qui discutaient entre eux avant que deux se dirigent vers les chambres du rez-de-chaussée... Etrange... Melvil n'avait pourtant plus de tributs dans l'arène, à moins qu'il veuille aider Oliver pour arranger une soirée privée avec des donatrices généreuses pour le tribut ténébreux du Quatre. Encore un qui ne savait pas ce qui l'attendait s'il en sortait... Et Cassandra, qu'est-ce qui l'attendrait si elle en sortait ? Je vidais ma coupe avant d'arriver jusqu'au comptoir. Mon amie brillait par son absence, le vide se creusa un peu plus en moi : après le manque de Samuel pour me réconforter, c'était une autre personne qui se rappelait à moi douloureusement.

De dos, je pouvais voir un homme qui s'enivrait. Son dos voûté semblait indiquer qu'il ne prenait pas autant plaisir à la soirée que les autres convives : sans doute un idiot qui avait misé sur les tributs morts ce jour et qui noyait son chagrin d'être un peu moins riche. Son costume était très sobre, trop sobre presque. Le contraste du noir avec l'arc-en-ciel rayonnant qui se donnait en spectacle dans la salle attirait l'attention. L'idée de me retrouver avec un dépressif ne m'enchantait guère, mais un coup d’œil à l'autre extrémité du bar me laissait présager des avances douteuses dont je n'aurais pas la patience de supporter les plaisanteries salaces.

Je lâchai un soupir en m'approchant du siège libre à côté de cet homme. J'allai m'installer lorsque je remarquai un papier au sol, je me baissai juste à côté de l'homme pour ramasser ce qui se révéla être une photographie. Une photographie d'une belle petite fille.

J'eus un instant d'absence. Elle me faisait tellement penser à Maël : les mêmes yeux bleus et cette bouche fine si bien dessinées. Dans son regard azur, on avait l'impression de pouvoir refaire le monde, que tout était possible grâce à un seul de ses sourires. Seuls ses cheveux bruns se détachaient de cette image si angélique. Elle semblait si fragile, si innocente. Comme lui.

Qu'est-ce qui me prenait ? C'était insensé !

Je me relevai dans un mouvement. Reprenant mon sourire de façade, je posai ma main sur l'épaule de l'homme au costume noir et m'adressai à lui d'une voix calme :

- Bonsoir, vous avez dû laisser tomber cela ?

Quand soudain il se tourna pour répondre à mon interpellation, je manquai de montrer mon étonnement : Phileas Hampton. Le Haut-Juge récemment nommé était un des acteurs majeurs de ces Jeux de l'Expiation. Je repris contenance, lui montra la photographie que j'avais trouvée :

- Elle avait glissé à côté de votre siège...

Je marquai une pause en m'asseyant à côté de lui et posai l'image de la petite sur le comptoir pendant que mon doigt s'attardait toujours sur elle, comme si je refusai inconsciemment de la lâcher. Elle était si belle et elle me faisait tant penser à "lui". Crystal lui aurait-elle ressemblé si elle avait survécu ? Aurait-elle eu le même sourire épanoui que cette enfant au teint pâle et au sourire enjoué ? Aurait-elle fait battre mon cœur et troublé mes pensées comme le faisait cette petite fille ? Mais elle était morte. Elle était morte et je ne pourrais jamais savoir à quoi elle aurait ressemblé, ce qu'elle m'aurait dit, ce que je lui aurais murmuré... Elle était morte et tout ce qui restait d'elle était une pierre tombale gravée à ses initiales au fond du cimetière du District Un.

Malgré cette cruelle vérité, mes yeux ne lâchaient pas le cliché : même si je savais qu'ici ce genre de comportement m'était interdit pour ma propre sécurité et pour préserver mon secret, je n'arrivais pas à m'en détacher comme si un sentiment plus fort guidait mes instincts. Mon doigt passa sur le bord de son visage, comme s'il le caressait. C'était stupide comme réaction, vraiment stupide.

- Elle est très mignonne, c'est votre fille ? finis-je par demander.

Engager la conversation avec un Haut-Juge, ceux-là même que je détestai sans doute plus que n'importe quelle autre personne sur cette terre. Ils avaient tué Maël, il avait fait de moi ce que j'étais, il m'avait détruite... Et je me retrouvais là à discuter avec l'un d'eux autour d'un bloody mary que venait de m'apporter dans un réflexe le serveur muet, il fallait croire que cette soirée inaugurale de l'Expiation avait fini par avoir raison du peu d'esprit qu'il me restait...tandis que mon regard n'arrivait pas à lâcher celui de cette fillette sur papier glacé.


_________________




♥️ Sélène J. Featherstone ♥️
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Dim 3 Avr - 19:03


La soirée des sponsors (J2)
feat. mentors & donateurs


Jusqu’à maintenant, et ce malgré la sécurité de béton mise en place pour cette première soirée de la série, tout se déroule comme prévu. Par coup de chance, le premier sponsor auquel je me suis efforcé de vanter les prouesses de mes tributs s’est trouvé à être l’informateur que nous recherchions. Il a fallu que Dion tombe sur moi, celui parmi notre trio qui croit probablement le moins en la cause que j’ai rejoint en mes jeunes années d’inconscience. Malgré ce manque de foi qui me rend probablement un peu moins vigilant, je m’efforce de faire ma part des choses, tout en m’assurant de retirer quelques dons pour mes tributs, ce soir. Avec Dion, j’ai eu droit à un deux pour un.

La suite des choses se déroule également sans anicroches. Une fois les toilettes atteintes, Melvil et moi avons rapidement atteint une première pièce vide, c’est-à-dire sans ingénieur, mais toutefois remplie de secrets laissés non seulement par l’informateur, mais également par la mentor du D1. Ce bracelet oublié sous le lit va mériter davantage d’investigation de ma part au moment opportun. Il m’intrigue encore plus que ces seringues au liquide de composition inconnue que je préfère laisser à Melvil. Nous en avons finalement terminé de cette pièce. Mais au moment de la quitter pour la suivante par le même moyen que nous y sommes entrés, quelqu’un frappe à la porte.

- Excusez-moi, cette pièce est-elle occupée?

En moins d’une seconde, mes traits se figent alors que mon cœur se tord en deux ou trois tours sur lui-même. Tout s’est trop bien déroulé et voilà qu’on nous a entendu faire le tour de la pièce. Merde! Les traits de mon partenaire se raidissent, mais il ne perd pas une seconde. Il retire rapidement sa chemise avant de déboutonner son pantalon. Je n’ai pas besoin d’attendre son signe que je fais comme lui, jetant derrière le lit l’arme à ma ceinture, rapidement suivie par mon veston et ma cravate rose avant de défaire les boutons de ma chemise. D’un bref passage de main, j’ébouriffe mes cheveux, trop soigneusement placés par le styliste pour faire honneur à notre scénario improvisé.

- Ceci est une simple vérification pour votre sécurité, veuillez répondre s’il y a quelqu’un!

- Une seconde.

Finalement, nous allions être obligés de nous servir de cette excuse que j’aurais largement préféré épargner. Pourvu que le Pacificateur n’entre pas… S’il peut ne voir que l’un d’entre nous, l’autre aurait toujours sa couverture en cas de besoin. Mais Melvil a visiblement d’autres plans puisqu’il va entrouvre la porte assez pour que le représentant de l’ordre puisse imaginer la scène qui se serait déroulé à peine quelques instants auparavant, découvrant ses deux acteurs principaux. Je soupire intérieurement de découragement. Pourvu que son plan fonctionne comme il le prévoit…

- Pardonnez l’attente, nous étions un peu…. Occupés…

Tentant d’oublier ma personne pour m’insinuer dans le rôle de mentor interrompu en pleine partie de sport, je tente de paraître légèrement essoufflé tout en lançant un sourire en coin en coin à celui qui nous importune. Oliver, oubli à quel point le fait que cet étranger t’imagine copuler avec Thorne te répugne et sauve ta peau. Joue le jeu et sauve ta peau. Si l’histoire se répand par la suite, je verrais ce que je fais le moment venu. Mais pour l’instant, je dois embarquer dans le jeu du mentor ouvert, fier et adulé par les capitoléenes que je suis supposé être.

Je ne sais pas ce que Melvil projette de son visage au garde, mais cela semble plutôt le convaincre jusqu’à maintenant. Honnêtement, je ne vois absolument aucun intérêt pour deux mentors d’avoir une quelconque affaire entre eux, cette soirée étant supposée servir à accumuler des sponsors pour les tributs toujours en jeu. Pour le mentor du douze, à la limite, cette idylle pourrait toujours passer : pourquoi pas ne pas avoir un peu de plaisir avant de retourner dans son pauvre district délaissé par le Capitole? Toutefois, pour moi, dont les deux tributs respirent toujours, l’histoire est beaucoup moins convaincante. Bien sûr, avec le sens aiguisé du spectacle des Capitoléens, je suis à peu près sûr que je pourrais leur faire gober n’importe quoi. Ce sera davantage les autorités que je devrais convaincre…

- Y a-t-il un problème? Ou peut-être souhaiteriez-vous simplement…, fait alors sensuellement Melvil avant d’examiner de haut en bas l’homme qui se tient devant lui, vous joindre à nous? J’imagine que vous avez des choses bien plus résistantes que les jouets qu’on nous laisse ici…, balance alors le mentor du douze faire tournoyer les menottes poilues devant les yeux du Pacificateur.

Non, mais qu’est-ce qu’il fou?! Il est vraiment en train d’inviter le Pacificateur à nous rejoindre dans une activité pareille et que nous ne faisions même pas vraiment?! Et s’il répond par la positive?! Le sens du devoir du protecteur de la cité va remporter sur le désir d’aventure du capitoléen derrière le masque, pas vrai? Si le pire devait se produire, j’espère qu’il compte utiliser les menottes pour autre chose que ce qu’il laisse sous-entendre au soldat…. Près du lit, plus loin dans la pièce, je camoufle le stress qui me dévore de l’intérieur de mon sourire en coin toujours plaqué sur mon visage alors que mes yeux que je rends curieux interrogent silencieusement les deux hommes près de la porte.

[J’attend la suite de PNJ et je continue ensuite]


Oliver dépose son veston (bracelet, 3 comprimés de vomitifs) et l’arme derrière le lit.
Poches de pantalon : chargeur x1





FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
[/color]
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mar 5 Avr - 9:28

J'enchaînais verre sur verre, en tournant le dos à la salle. Moins j'en voyais, mieux ce serait.
J'avais l'impression de naviguer dans un monde parallèle, et de voir toute cette débauche d'alcool et de luxe au travers d'un écran.
En un sens, ce n'était pas complètement faux.
Je n'étais plus comme eux.
J'étais passé de l'autre côté. Dans la résistance...

Avais-je raison ? Avais-je tord ?
Comment ma Crystal jugerait-elle mes actes dans quelques années ?
Et serais-je encore vivant pour le voir ?

Je sortis doucement une photo d'elle pour la contempler. C'était une photo prise l'année précédente, à la fête de l'école. Elle était radieuse sur cette photo, tellement heureuse, tellement belle... Elle ne nous ressemblait pas vraiment à Diamond et moi, avec ses grand yeux d'un bleu profond. Je me demandais brièvement si elle ressemblait à sa mère où à son père, et si elle avait des frères et sœurs quelque part dans Panem.

Si c'était le cas, leur vie devait être beaucoup plus difficile que la sienne... Ou bien ils étaient déjà morts dans l'Arène...
Je sentis cette sensation si habituelle ces derniers temps d’écœurement et de honte, et je terminais mon verre d'un trait.
Quelque soit ce que je pourrais faire à partir d'aujourd'hui, jamais je ne pourrais laver le sang sur mes mains.
Je me pris la tête entre les mains et fermais les yeux un moment, essayant tant bien que mal de chasser un instant ces idées de mort qui rodaient autour de moi.

Soudain, je sentis une main se poser doucement sur mon épaule, je sursautais et regardais d'un air étonné la jeune femme qui se tenait devant moi. Par habitude, j'ouvrais la bouche pour lui dire que les femmes ne m’intéressaient pas, mais elle me devança en demandant :

- Bonsoir, vous avez dû laisser tomber cela ?

Dans sa main, elle tenait la photo de Crystal. J'avais en effet dû la laisser tomber sans m'en apercevoir.

- Elle avait glissé à côté de votre siège...

Je regardais la jeune femme avec plus d'attention, car je la connaissais. Il ne me fallut que quelques instants pour reconnaître Sélène, la mentor du District 1. J'étais déjà Haut-Juge lorsqu'elle avait gagné les Jeux, au terme d'une Arène qui avait passionné le Capitole.

Je murmurais alors simplement :

-Oui, merci mademoiselle Featherstone.

Je pensais qu'elle allait me donner la photo et partir. Les anciens vainqueurs n'aiment pas souvent les Juges, et il était évident en plus que je n'avais pas spécialement envie de compagnie. Mais elle s'assit à côté de moi, sa main effleurant toujours la photo, comme dans un geste inconscient.
Qu'attendait-elle de moi ? J'étais intrigué, d'autant que je la connaissais peu. Je m'occupais beaucoup plus des vainqueurs des districts secondaires, qui avaient souvent bien plus de mal à se réhabituer à la vie après leur passage dans l'Arène. Mais les vainqueurs du district 1 n'avaient généralement pas ce problème...

Pourquoi était-elle encore là ? Elle savait pourtant que ses charmes n'auraient pas d'effet sur moi, car tout le monde savait que j'étais marié à l'Hôte du district 10. Mais elle semblait absente, les yeux dans le vague.

Elle me demanda alors :

- Elle est très mignonne, c'est votre fille ?

Un peu surpris, je répondis :

- Oui, c'est ma fille...


Puis je regardais la photo. C'est vrai qu'elle était belle, et si drôle, si intelligente !
Sans que je m'en rende compte, un sourire s'épanouit sur mon visage. C'était toujours le cas quand je regardais ma fille.
J'ajoutais alors :

- Elle a neuf ans, et c'est la lumière de mes jours.


ça pouvait sembler un peu bête, mais c'était pourtant ce que je pensais vraiment. Surtout en ce moment...

Toujours en regardant la photo, j'ajoutais :

- Mon mari et moi l'avons adoptée alors qu'elle n'avait que quelques jours. Elle était gravement malade et nous avons eu peur de la perdre... Mais maintenant, c'est une petite fille pleine de vie et d'entrain, et nous ne pourrions pas vivre sans elle.

Je me demandais pourquoi je racontais tout ça à Sélène qui devait complètement s'en moquer. Peut être que j'avais besoin de me rappeler des bons côtés de mon existence...
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Lex D. Facemaker
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 6 Avr - 7:28


Lex & Everybody



Soirée des sponsors




C'était fou à quel point Lex n'avait pas le cœur à fouiller les boutiques du Capitole pour cette soiree, à tellement fou qu'elle s'en était retournée à son dressing pour choisir parmi les robes achetées en début de saison.

Bleu, vert, rouge, jaune soleil rien n'allait et l'heure avançait elle cru avoir rêvé lorsqu'elle se prit les pieds dans un tissu soyeux dont la couleur s'harmonisait à la perfection avec son teint c'est donc à nouveau enjouée qu'elle s'affaira à se préparer, elle avait déjà manqué le début hors de question d'en manquer d'avantage.


~ו×~


Elle appréciait la sensation des flashs qui se répercutaient sur elle et si il ne s'agissait pas d'un soirée stratégique pour les tributs du 2 elle serait bien resté devant les journalistes pour son plus grand plaisir. Une fois ses caprices narssisiques refoulés Lex arangea -plus pour le geste que la nécessité- son décolleté qui en laissait voir beaucoup sans débordement possible, ses talons claquant contre le sol à chaque fois qu'une de ses jambes se dévoilée à travers la large fente avant ne dévoilant rien, mais laissant assez de place pour l'imagination alors qu'elle rejoignait la grande salle.

Coupe en main pochette noire dans l'autre elle survolait d'un oeil attentif l'assemblée à la recherche de celle sensait être le mentor de ses poulains, hélas c'était peine perdue et Lex n'étant pas une fervente adepte des négociations abusifs -et certainement sans réel impact si cela venait d'elle- préféra flânée d'invités en invités, glissant ici et là quels mots pour les tributs, mais rien de plus il ne fallait pas compter sur elle pour essayer de vendre les tributs… Sauf si les négociations concernés cette jeune femme au bar dont la robe cachée sûrement une chute de reins vertigineuse … du moins pas autant que la sienne. Féline et conquérante Lex abandonna son petit groupe pour rejoindre cette potentielle sponsor restait à voir si Lex réussirait la ou elle ne jouait pas dans son habitude.

-Dites moi donc quel audacieux créateur à fait cette merveille qui cache votre jolie chute de reins, mais nous laisse rêver sur cette petite naissance de seins ? Cela ne peut être qu'un homme radin ou alors une femme possessive, éclairez-moi. Conclut-elle en sirotant sa seconde flûte de la soirée.

Elle pouvait bien essayer une fois que risquerait-elle de bien grave ?

Spoiler:
 



CSS par Gaelle
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 6 Avr - 12:02

Accoudée au bar, je sirotais mon cocktail d'un air morose.
La soirée ne décollait pas, l'ambiance était molle.
J'envisageais de rentrer chez moi, lorsqu'une voix sensuelle murmura à coté de mon oreille

-Dites moi donc quel audacieux créateur à fait cette merveille qui cache votre jolie chute de reins, mais nous laisse rêver sur cette petite naissance de seins ? Cela ne peut être qu'un homme radin ou alors une femme possessive, éclairez-moi.

Je me retournais et tombais nez à nez avec une superbe créature. Je pris mon temps pour la détailler des pieds à la tête, sans m'en cacher.
Sublime, de ses escarpins à ses cheveux d'un noir de jais, sublime.
Je l'avais bien sûr vu des centaines de fois dans les magazines, mais je devais bien avouer qu'elle était encore plus attirante en vrai.
Tellement que j'en ressentit brièvement un peu de jalousie, sentiment qui fut bien vite remplacé par un autre, bien plus agréable...
Cette soirée ne s'annonçait pas si mal finalement...

Je regardais alors la jeune femme qui se tenait devant moi droit dans les yeux et répondit avec un sourire complice :

- Ni l'un ni l'autre, ma belle amie... Disons que... je ne dévoile jamais tout mes atouts à la première rencontre... Tout comme vous, si j'en juge par votre superbe robe.

Plus je regardais Lex plus je sentais qu'elle avait envie de jouer le grand jeu de la séduction ce soir.
Tant mieux, c'était mon cas aussi, et ses charmes étaient loin de me laisser de glace...

Je repris une gorgée de mon cocktail avant d'ajouter, d'une vois langoureuse:

- Mais dites-moi, pourquoi êtes vous là ce soir ? Pour profiter de l'excellent buffet où pour préparer le lancement d'un nouveau modèle de lingerie ? Mais, ne me dites pas que vous êtes là pour sponsoriser des tributs, c'est tellement... commun...
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Lex D. Facemaker
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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 6 Avr - 15:00


Lex & Everybody



Soirée des sponsors





L'ennui, le truc qui arrive quand on est seul en pleine semaine sans travail ou soirée -chose bien rare chez Lex- et de se fait enpoisonne vite une existence, mais à cette instant Lex était à une soirée entourée de personnes bien bavardes et surtout terriblement barbants. C'est un regard vers le bar qui lui donna une seconde envie de voir ce que cette soirée avait à lui proposer avant de la laissait prendre se triste choix que de partir si Avallon avec quelque chose de mieux à lui proposer, hélas se dernier passerai une soirée seul sauf si l'envie de snober ses frères capitoliens sa femme elle c'était trouvé un centre d'intérêt qui éveillait sa mère nature jusque là allongée sur des coussins de satin en attendant de quitter les lieux.

L'approche fut facile, une compliment glisser dans une question complètement anodine, suivi d'une petite perche pour l'inviter à en dire un peu plus et le tout dans un agréable ton suave presque murmurer et le tour était joué.

La jeune femme ne feignit pas son observation de l'égérie qui la laissa faire avec un plaisir lui non plus non feint exprimait par un petit sourire de contentement, il est toujours bon d'être ainsi dévoré par une plus jeune.

- Ni l'un ni l'autre, ma belle amie... Disons que... je ne dévoile jamais tout mes atouts à la première rencontre... Tout comme vous, si j'en juge par votre superbe robe.

Lex ne laissa pas cela tomber dans l'oreille d'une sourde, mais n'affiche qu'un sourire de contentement bien plus prononcé lentement remplacer par un petit sourire malicieux et quelque peu rieur : cette femme semblait vouloir jouer et avait clairement remarqué qu'elle aussi.

C'est tout en se rapprochant avec légèreté et calme du comptoir y déposant sa flûte et éviter tout incident.

-Et bien, ni l'un ni l'autre… rôle d'hôtesse oblige et c'est bien le lieu pour cela. Mais j'en conclu par votre détachement que vous êtes venu pour autre chose que vous amusez des petits mentors cherchant de l'aide à des prix bien souvent… vertigineux.

Elle avait laissait traîner la fin de sa phrase en fixant uniquement les lèvres de son interlocutrice se questionner simplement sur le nom de ses rouge, cerise, framboise enfin un nom bien appétissant pour ainsi rendre ses lèvres affamante pour la petite déesse qui commençait à sautiller dans ses coussins.

-Mais de vous à moi chaton : Il y a quelque chose de cruel à priver ses jeunes fille d'un adorable minois comme celui de notre petit Kol ou encore de cette ... Merveilleuse Joss il suffit de regarder et d'attendre avec ses deux là et d'avoir un final dignebdune expiation.

Elle c'était penchée vers Kaly comme ci il s'agissait là d'une confession … bien sur que non ! Mais l'attention était toujours plus importante lorsque les vis-à-vis était dans une position un peu plus intime.




CSS par Gaelle
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Localisation : Région parisienne
★ Âge : 22 ans.
☆ Surnom : Kal
★ Occupation : tureuse d'élite
☆ Humeur : ambitieuse
★ Plat préféré : caviar, huîtres, homard.
☆District : Capitole

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MessageSujet: Re: EXPIATION - Soirée des sponsors   Mer 18 Mai - 13:54

Finalement, c'était une bonne chose que je sois arrivée seule à cette soirée. Car j'allais peut être repartir accompagnée... Je n'avais jamais compris ces couples qui se juraient fidélité et tout le tralala. Pourquoi se priver de d'échanges agréables, de rencontres savoureuses ?
Cette sorte d'instinct de propriété m'avait toujours semblé à la limite de la perversité, mais une perversité malsaine.
Je tenais à vivre ma vie comme je l'entendais, et en contrepartie, je me moquais éperdument de ce que faisaient mes maîtresses et amants quand je n'étais pas là.

Pendant ce temps, Lex s'étaient subtilement rapprochée de moi, et, après avoir déposé sa flûte de champagne, me répondait d'une vois toujours aussi sensuelle

-Et bien, ni l'un ni l'autre… rôle d'hôtesse oblige et c'est bien le lieu pour cela. Mais j'en conclu par votre détachement que vous êtes venu pour autre chose que vous amusez des petits mentors cherchant de l'aide à des prix bien souvent… vertigineux.

Touché ! Elle était perspicace, et avait compris que je n'étais pas du genre à me laisser apitoyer pour soutenir un pauvre tribut en détresse. Je n'étais d'ailleurs même pas sûre de sponsoriser quelqu'un cette année, car même les carrières me semblaient assez fades...

-Mais de vous à moi chaton : Il y a quelque chose de cruel à priver ses jeunes fille d'un adorable minois comme celui de notre petit Kol ou encore de cette ... Merveilleuse Joss il suffit de regarder et d'attendre avec ses deux là et d'avoir un final digne d'une expiation. continua ma charmante partenaire

Je réfléchis un instant pour revoir la tête de ces tributs. C'étaient des jumeaux ? Je l'avais oublié... Maintenant qu'elle en parlaient, avoir deux jumeaux, homme et femme, à nos soirées du Capitole et... ailleurs, pourrait se révéler... intéressant.

Un sourire se dessina sur mes lèvres, que je ne cherchais pas à masquer. Décidément, cette femme était aussi belle qu'intelligente !

Voilà encore une chose qui m'étonnait au plus haut point : que les gens se déclarent hétéros ou homo, se privant ainsi d'expériences tellement enrichissantes. C'était, je trouvais, un remarquable gâchis.

Et, vu ses dernières paroles, Lex pensait exactement la même chose...

Je lui souris alors, saisis une coupe de champagne que je lui tendis et déclarais :

- Ma foi, je dois avouer que vous venez de soulever un argument de poids... et que les tributs du 2 commencent à... exciter mon intérêt. Mais croyez-vous qu'ils aient une chance, avec les règles de l'Expiation ? Je... déteste être déçue, vous savez...
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EXPIATION - Soirée des sponsors

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