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 Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]

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MessageSujet: Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]   Sam 4 Avr - 2:48

Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre
Ethan & Chase


Les mains plaquées sur mes oreilles, je me force pour essayer de penser à autre chose que ce que je viens d’entendre. Enfin, ça faisait peut-être trente minutes, une heure… peut-être plus? Oui, c’est ça : essayer de compter les minutes qui se sont écoulées depuis la dernière fois que le sol avait tremblé va m’éviter de penser à… Une minute, deux minutes, trois minutes… Je n’ai jamais entendu quelque chose d’aussi fort et d’aussi effrayant! C’était comme… comme si… Non, je n’ai vraiment rien pour comparer. C’était aussi désagréable que le bruit des ongles des filles sur le tableau ou que le grincement des vieilles pentures de la grange, mais en mille fois plus fort. Rien qu’à y penser, mes bras se remettent à trembler. Non, je dois absolument me concentrer à compter!! Douze minutes, treize minutes… Tout en comptant et en pesant le plus fort possible sur mes oreilles avec mes mains, j’appuie mon menton sur mes genoux repliés contre moi alors que mon dos s’écrase contre la paroi intérieure du bureau de la professeure. Douze minutes, treize minutes… Mes dents claquent encore, ramenant la brûlure que je ressens sur ma joue gauche depuis que les fenêtres de la classe ont éclaté tout à l’heure. Ce que j’ai vu et entendu à travers la fenêtre avant qu’elle n’explose me pétrifie encore. J’ai vu des gens… des gens sales qui criaient et qui courraient dans tous les sens, mais aussi des personnes pleines de sang et immobiles, étendues par terre. Ensuite, j’ai vu le feu. Les flammes d’un orange et d’un jaune si vifs qu’ils m’ont fait plisser les yeux ravageaient le grand bâtiment brisé. Et c’est là que je les ai vus… les chevaux… Au début, je n’ai pas reconnu leurs cris tellement ils étaient déformés par la peur. Les larmes coulent à flot sur mes joues lorsque les images que j’ai vues, il y a peut-être quarante-deux… quarante-trois minutes, bombardent ma tête. Je les ai vus brûler, les chevaux. Ils brûlaient et ils étaient encore vivants, les chevaux!! Ils criaient tellement fort et ils avaient tellement peur! Et moi, j’ai eu l’impression de mourir à l’intérieur pendant qu’eux brûlaient. J’avais tellement mal, mal partout, comme si j’étais à leur place. C’est à ce moment-là que toute la bâtisse à côté de l’école a tremblé avant de se casser en deux, créant un souffle qui a brisé les fenêtre et qui m’a fait tomber par en arrière.

Est-ce que j’ai crié en tombant ou est-ce que ça s’est étouffé dans ma gorge? J’en n’ai pas la moindre idée. Tout ce que je sais, c’est que j’ai couru me cacher sous le bureau de Mme Allya. J’aurais voulu courir loin d’ici, retourner chez moi sur la ferme et enrouler mes bras autour du coup de Sinto pour m’assurer qu’il n’a rien. Mais j’ai peur… peur de voir à nouveau les traits décomposés des chevaux et des personnes mortes. Je suis donc resté là à trembler et à tousser un bon coup pour m’habituer à la fumée et à la poussière qui sont entrées par les fenêtres cassées. Tranquillement, nos copies de l’exercice que nous étions en train de faire tantôt sont retombées sur le plancher, soulevées par le souffle de l’effondrement. Je ne sais pas où ils sont tous partis, la maîtresse et les autres. Même après avoir essuyé mon visage avec la manche de ma chemise, je ne suis pas arrivé à les voir. Ils m’ont laissé tout seul. Tout seul alors que tout s’effondre autour de moi. Est-ce que c’est ma punition pour avoir copié la fille d’à côté? Est-ce que Mme Allya m’avait vu? Pourquoi elle m’aurait fait ça? En tout cas, c’est promis, je ne le referais plus jamais. Et là, caché sous le bureau en bois, j’ai bouché mes oreilles, serré mes jambes contre moi, fermé mes yeux bien serrés et j’ai commencé à compter. Où je suis rendu maintenant?

- Cinquante-trois minutes… Cinquante-quatre minutes… Cinquante-cinq minutes…, comptais-je tout haut pour essayer d’oublier.


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MessageSujet: Re: Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]   Dim 20 Sep - 14:26



     
Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre...
ft Chase R. Underwood


     

     

     

     
Ethan enfonça la porte d’un dur coup d’épaule. L’endroit était encore baigné de la fumée noire et dense du feu, et l’homme couvrit sa bouche de sa manche qu’il avait dû étirer, se dirigeant du mieux qu’il le pouvait avec sa main libre. Son rythme de marche était rapide et soutenu, et il ne se permettait ni pause, ni répit. Il ignorait complètement ses yeux irrités, tout comme ses mains brûlées par le métal porté à chaud, ainsi que la situation d’apocalypse autour de lui.

« Vous êtes autorisés à rentrer chez vous, la situation est sécurisée dans le périmètre établi que nous devons maintenir car les flammes de l’entrepôt menacent encore de s’étendre aux bâtiments autour. »


D’ordinaire, cette école n’était pourtant pas si grande ! Certes, quand elle ne grouillait pas d’enfants plus avides de profiter du grand air que du grand savoir, elle paraissait vide, comme si on avait retiré les meubles d’une salle ; certes, quand il n’y avait pas les professeurs qui tentaient de calmer ces esprits naturellement libres, il semblait qu’on avait retiré les poutres de cette même salle. Tout cela agrandissait donc ce qui était d’ordinaire petit.

« Où sont les enfants ?
- En sécurité, Monsieur Underwood. Si vous le souhaitez, je peux vous y amener.
- Allez-y.
»


L’école était méconnaissable : le sol était parsemé du verre des vitres qui avaient explosé,  les murs s’étaient couverts de suie, le plafond se cachait derrière une épaisse couche de fumée sombre. C’était cette fumée qui rendait l’endroit tellement chaud et tellement étouffant come s’il y avait un incendie, ce qui n’était pas encore le cas. De ce fait, Ethan n’avait plus la moindre idée de la salle dans laquelle il devait se rendre, et il prit la décision de pénétrer dans la première à sa droite et de toutes les remonter rapidement jusqu’à trouver l’objet de sa venue. La porte s’ouvrit facilement.

« Chase n’est pas avec vous ?
- Je… euh… je croyais que… je n’ai pas regardé quand Mademoiselle Lagan m’a confié les élèves.
»


L’éleveur de chevaux examina rapidement l’endroit. La salle était vide. Voire même parfaitement vide : les tables et les chaises qui n’étaient pas tombées à cause des tremblements causés par les explosions étaient parfaitement rangées, en place. Il n’y avait aucun signe d’évacuation. Ni de panique. Ce qui était anormal dans uns situation pareille. L’examen se termina rapidement : impossible de trouver une trace utile dans cette salle.
Un craquement. L’homme leva les yeux, juste à temps pour voir que le plafond fragile ployait sous le poids du toit. D’un bond, il sortit de la pièce, et se retourna pour admirer les combles qui s’effondraient sur l’endroit où il s’était tenu debout avant.
Il fallait faire vite s’il cherchait à sortir Chase de là.
Ethan avait toutes les raisons d’être en colère, d’être inquiet, d’être fatigué. On lui avait assuré que l’enfant allait bien, qu’il était avec les autres. Mais il n’en était rien : il ressentait du calme, et il s’y accrochait avec une telle force que celle-ci l’envahissait et chassait toutes les autres pensées dès qu’elles l’harassaient. Il assourdissait les paroles, il oubliait la tension de ses muscles, il taisait les échecs. On appellerait cela du sang-froid. Lui répondrait que c’était ainsi qu’il avait supporté la vie.
De retour dans le couloir, l’éleveur examina les portes, une à une. Elles se ressemblaient toutes… Certaines étaient certes accablées par l’effondrement de ce bâtiment peu solide et fragilisé, d’autres grande ouverte avec l’évacuation précipitée de ses occupants…
Ouverte. Mais bien sûr. Il découvrit un instant sa bouche pour appeler son fils.

« Chase ! »


Avec cependant toutes les particules éparpillées dans l’air, la chaleur incroyable, et sa gorge irritée par la voix puissante qu’il s’était donnée, Ethan se mit à tousser violemment, au point qu’il n’arrivait pas à s’en défaire et que cela dura quelques secondes, amenant quelques larmes qui brouilla sa vue et traça des sillons sur son visage aussi propre que les murs du couloir. Sans attendre d’avoir fini de recracher toute la saleté qui s’emmagasinait dans ses poumons, il continua de marcher et entra dans la première salle ouverte qu’il vit.

« Monsieur, qu’est-ce que vous faites ? N’entrez pas dans l’école, c’est interdit, elle menace de prendre feu à tout instant ! »



     
     

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MessageSujet: Re: Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]   Mar 22 Sep - 17:18

Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre
Ethan & Chase


Je tremble. J’ai beau compter, c’est impossible d’arrêter de trembler. Des bras, des jambes. Même mes lèvres tremblent. Je suis terrifié. Et pourtant, je n’ai jamais peur d’habitude. Je ne comprends pas. Je ne sais pas ce qui me prend. Je suis là, recroquevillé sous le bureau de Madame Allya et je ne peux pas bouger autrement que pour trembler. Je n’arrive pas à croire que tout le monde est parti en m’abandonnant derrière. D’abord la maîtresse, mais surtout Jacob, lui qui se dit mon ami depuis toujours. Ça ne lui a rien fait de me laisser tout seul? Je pensais qu’on était proches, lui et moi. Mais, finalement, c’est un vrai lâche! Jamais je ne l’aurais abandonné, moi. Jamais. Mais maintenant, je sais que je ne peux compter sur aucun d’entre eux. Ça me rend triste, mais un soudain vacarme au loin fait revenir la peur à grand gallop. Qu’est-ce que ça peut bien être ce boucan?! Et si c’est une nouvelle explosion? Ici, dans l’école, alors que je suis tout seul?! J’essaie de me calmer, mais ma respiration devient haletante et superficielle. L’air est si dense et si sale que je m’étouffe quelques fois avant de finir par reprendre mon souffle, toujours rapide. Je ne sais pas comment j’y parviens, mais je me mets à quatre pattes, toujours sous le bureau et j’abaisse mon visage près du plancher pour tenter de voir quelque chose par la fente sous le bureau. Mais je ne vois pas grand chose, que de la poussière étendue partout sur le plancher avec les feuilles de l’exercice qu’on était en train de faire. Wow, c’est un sacré fouillis!

Me rassoyant, le dos accoté sur le fond du bureau, j’essaie de reprendre le contrôle de mes pensées, mais elles sont beaucoup trop rapides. Et si l’école se brisait en deux comme l’édifice voisin?! Et si le feu venait dans l’école et que je finissais piégé ici comme les chevaux de l’écurie?! Et si….?

- Euh… Quatre-vingt-deux? Quatre-vingt-trois, quatre-vingt-quatre…, continuais-je à compter en reprenant un nombre aléatoire parce que je ne me souviens plus où je me suis arrêté.

Je prends une grande inspiration pour me calmer, mais j’oublie encore à quel point l’air est rempli de saleté et je tousse dans la manche de ma chemise tachée de suie. Il y a aussi encore cette odeur ambiante de brûlé, mais c’est un type de brûlé nouveau pour mes narines et qui me fait grimacer de dégoût. Je dois faire quelque chose. Je ne peux pas rester ici plus longtemps, sinon je vais devenir fou. Peu importe la pesanteur de mes jambes paralysées, je dois bouger. Lentement, je me glisse vers la sortie de ma cachette improvisée et regarde lentement d’un côté et de l’autre avant de commencer à en sortir. Je ne sais pas où aller. J’ai complètement oublié où se trouve la sortie. Et rien qu’avec le haut de mon corps à découvert, je me sens tellement petit, tellement en danger que je ne veux pas aller plus loin.

Alors que je reste là, incapable de décider quoi faire à cause de tout ce stress, j’entend un immense grondement au plafond suivi d’un craquement beaucoup plus effrayant et rapproché. Puis, au ralenti comme à la télévision, je vois des gerçures se former et s’étendre au-dessus des pupitres. L’une d’entre elle vient s’étendre au-dessus de ma forteresse. Je sens mon cœur battre dans ma gorge et je sais que je ne vais pas avoir le choix de courir, et vite, cette fois. Des gouttes d’eau commencent à s’échapper des fissures, de nombreuses gouttes allant s’écraser sur mon visage. Puis, la suite se déroule trop rapidement pour que je puisse y réfléchir. Je repère à quelques mètres devant le petit garde-robe que Madame Allya utilise pour mettre son manteau et ses chaussures. Sans plus attendre, je prends mes jambes à mon coup, fonce sur la porte, l’ouvre d’un coup et la referme derrière moi alors que j’entends les tuiles du plafond céder et se fracasser au sol. Poussant un cri de terreur, je me tapis le plus loin que je peux de la porte, repliant mes genoux contre moi et recouvrant ma tête de mes mains. Une pile de livres tombe d’une tablette au-dessus de ma tête pour s’effondrer à peine devant le bout de mes chaussures. Une vague de débris passe sous la porte de même qu’une fine nappe de poussière qui surcharge le peu d’air du petit compartiment. Quoiqu’il arrive, plus jamais je ne sors d’ici. Je n’ai plus la force ni le courage d’en faire plus. Je sens les larmes couler sur mes yeux alors que je devine, malgré la noirceur, que la porte est maintenant encombrée puisque la lumière ne passe plus en-dessous.

Il n’y a plus un son qui parvient à mes oreilles. Au fond de ce placard, je tremble, seul dans le noir.

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MessageSujet: Re: Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]   Mar 20 Oct - 11:38



     
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Ses yeux se défendaient contre cette violente agression comme ils le pouvaient : compulsivement, ils cherchaient à se refermer, forçaient leur propriétaire réticent à se fermer, mais le combat se terminait par une légère fente qui n’empêchait pas l’air harassant de se frotter contre eux. Alors, ils se brouillaient de larmes, essuyées elles-mêmes par une manche sale de suie, ce qui provoquait d’autres clignements compulsivement, d’autres vagues lacrymales. Un vicieux cercle qui semblait aux deux belligérants interminable.
Combien de temps Ethan tiendrait-il encore ? Cette question n'avait fait que frôler son esprit qu'elle fut chassée avec une vigueur hors contexte. Il tiendrait jusqu’à en crever dans cette école, voilà tout. Hors de question de quitter cet enfer sans Chase.
Cette évidence clairement énoncée dans son esprit, l’homme fouilla les recoins de la salle qu’il avait pénétrée. Mais rien, aucun indice ne venait l’aider dans sa quête qui paraissait toujours plus désespérée. Cette salle n’était parsemée que de gerçures et de fissures qui n’avaient néanmoins pas fait céder murs et plafonds. Un froissement se fit entendre sous son pied, tel cri innocent dans ce chaos assourdissant, et il se pencha pour attraper du bout de doigts un dessin d’enfant dont il ne pouvait apercevoir les traits plus en détails au travers de son voile brouillé.
Un dessin. Chase n’était plus en âge de dessiner. Sa classe n’était pas ici ? Mais l’avait-il déjà fouillée ? Ou non ? Etait-elle accessible ? Le garçon se trouvait-il dedans ? Ou dehors ? Non, pas dehors, il avait une peur panique du feu. S’il n’était pas avec les gens de sa classe, il se serait caché…
Chase s’était toujours tenu loin de la cheminée lorsque celle-ci était allumée. Il avait toujours fait en sorte que son tuteur ne le voie pas, mais ses mouvements et ses gestes inconscients pour retirer les flammes de son champ de vision avaient intrigué l’œil observateur de l’ancien Vainqueur, provoquant chez lui des questions muettes. Un mystère de cette vie oubliée…
Un nouveau craquement précédant le bruit sourd d’un toit s’effondrant dans une autre salle. Et surtout, tel un écho étouffé de cette nouvelle catastrophe, un cri. Un cri terrorisé, aigu, perçant, désespéré. Celui d’un enfant face à la peur et à l’impuissance.
Le corps de l’éleveur se tendit et ses jambes le poussèrent hors de la pièce où il hurla aux nuages de suie, couvrant le vacarme des décombres dégringolant :

« Chase ! »

C’était lui. Ca ne pouvait être que lui. Ca ne pouvait pas être une autre personne que lui. Cette idée imprégna son esprit avant que la douleur ne la chasse et n’irradie son corps entier.
Cette manifestation de voix avait provoqué une profonde inspiration de nuages chauds et sales qui avaient tout brûlé sur son passage. L’éleveur tomba à genoux ; de réelles larmes pleuvaient sur le parquet sale ; et une quinte rauque, profonde, et interminable secoua ce corps usé par les efforts intenses. Dès qu’une accalmie pointa son nez, ce n’était que pour mieux cacher. Et rien de mieux que la panique face à cette impuissance ne répondit à cela.
Chasse a crié… Mes poumons me brûlent.
Chase est coincé dans cette école… Mes jambes refusent de me porter.
Chase a une peur panique du feu… Mes yeux refusent de s’ouvrir.
Et doucement… Doucement, il sentit que l’air était plus frais. Certes toujours d’une chaleur étouffante, mais rien d’épouvantable face aux nuages noirs au dessus de sa tête. Et si… ?
Sur ses quatre membres, Ethan chemina doucement, toujours secoué d’une toux effroyable, toujours paré d’une vue embrumée, mais avançant. Le cri provenait de cette direction… oui… cette porte… oui… La pousser ? Essayer…
Elle cédait. Parfait. S’il existait un Dieu, peut-être au final connaissait-il un peu la miséricorde.  
Restant bas pour éviter d’aggraver trop rapidement la situation, l’éleveur tenta d’estimer la situation : la pièce était couverte à moitié de gravats, effondrés sur ce qui semblait être une armoire. Mais aucune trace d’un garçon… L’éleveur s’appuya sur une table, fatigué, tentant de rassembler un semblant de dernières pensées.



     
     

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MessageSujet: Re: Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]   Dim 13 Déc - 20:50

Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre
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Du bout de mes orteils tremblotants, je sens la reliure rigide d'un dictionnaire tombé devant moi, à peine quelques minutes plus tôt. Malgré tout ce désastre, j'ai été chanceux qu'il ne s’écrase pas sur mes pieds, lui! Mais, de toute façon, ça n’aurait rien changé parce que je ne vais pas sortir d’ici. Je suis découragé, désespéré, fatigué. Mon cœur, épuisé, bat encore à la chamade rien qu'en imaginant ce qui se serait passé si je n'étais pas venu dans le garde-robe assez vite. J’aurais été complètement fichu, écrasé par tout le plafond et le bureau de Mme Allya. De la vraie bouillie de moi. Mais tout le monde m’a abandonné, donc ça peut bien leur être égal. Je sens mes larmes ruisseler sur mes joues sans que je puisse faire quoi que ce soit pour l’en empêcher, faisant brûler au passage la coupure sur ma joue causée par l’explosion des vitres de la classe. À ce point, compter à voix haute ne sert plus à rien. J’ai tellement mal à la tête et je me sens si vide à l’intérieur que je n’arrive à faire rien d’autre que de rester là, assis dans le noir, à pleurer silencieusement, tout seul. Je n’arrive pas à comprendre comment tout ça a pu se passer. Comment tout ça a-t-il commencé? Pourquoi est-ce qu’il y a eu une explosion, si grosse, en plus?! Comment un accident comme ça a-t-il pu se passer? Parce que c’est certain que c’est un accident. Personne ne veut faire ça par exprès, pas vrai? Personne ne peut faire ça, hein? Mais non, c’est impossible.

Même si le silence règne dans mon petit garde-robe, je n’ai pas besoin de remonter très loin pour entendre à nouveau les cris agonisants et méconnaissables des chevaux. J’ai si mal à mon cœur, pour eux ! J’aurais tant aimé serrer mon Sinto encore tout contre moi! Rien qu’à l’idée de ne plus jamais le revoir, des sanglots incontrôlables s’emparèrent de moi. Et toutes ces personnes immobiles et pleines de sang! Je n’ai jamais vu autant de sang! Le pire que j’ai vu, c’est quand je me suis entaillé le bout d’un doigt en coupant une pomme, dans la cuisine. Et ça avait tellement saigné, en plus, pendant cinq minutes! Heureusement, Ethan est arrivé juste avant que je me vide de mon sang pour mettre un petit pansement collant qui m’a guéri. Mais pour ces personnes étendues, y aura-t-il d’assez gros pansements? Et tout ça, c’était sans parler de cette odeur… Au moins, elle est partie… Il ne reste que la poussière.

Tout en resserrant mon étreinte autour de mes genoux pour les serrer le plus possible contre moi, un sanglot plus profond que les autres me fait aspirer une tonne de poussière dans l’air, me faisant tousser à n’en plus finir. Je ne me suis même pas étouffé, c’est juste cette satanée poussière qui rend mes poumons rudes comme le papier sablé qu’on utilise pour réparer le balcon devant la maison. Je tousse, je tousse, sans pouvoir m’arrêter, pendant une bonne minute qui me semble pourtant durer une éternité. En détachant mes mains de mon visage, je les cogne sans le voir contre une surface en bois au-dessus de ma tête, puis tout s’écroule autour de moi. Poussant un cri terreur, je sens le poids des tablettes s’affaler sur moi. Je tente de me protéger de mes mains, mais l’une d’entre elle reste coincée sous une pile de trucs lourds tombés dessus. Je me couvre la tête de l’autre alors que tout finis par se stabiliser quelques secondes plus tard. Toussant quelques autres bons coups, je pousse un gémissement, mélange de peur et de douleur à mon bras gauche –celui qui est coincé- , alors que je suis écrasé par les tablettes. J’arrive encore à bouger mes doigts à gauche alors que des débris reposent sur mon coude et un peu mon bras droit qui sépare ma tête d’une autre pile de lourdes choses, mais j’ai l’impression que le moindre mouvement peut débalancer tout ça et m’écraser pour de bon. Maintenant, plus aucune retenue. Je pleure ouvertement en gémissant et criant toute ma colère, ma tristesse, mon désespoir alors que les autres élèves de la classe sont sûrement en train de s’amuser et de rigoler à l’idée qu’ils auront plus de temps pour remettre notre travail.

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MessageSujet: Re: Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]   Mer 10 Aoû - 15:40



     
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Chaque seconde qui s’écoulait n’était qu’un coup supplémentaire qu’on infligeait au supplice d’Ethan.
Alors qu’il se tenait appuyé sur ce bureau, l’homme ne cessait de tousser et de cracher ce que cette fumée lourde et toxique lui apportait à grandes pelletées. A insister comme il le faisait, aucun doute sur l’issue de la journée n’était possible : son corps allait lâcher et il mourrait d’étouffement dans ces couloirs. Ou dans cette pièce, s’il n’arrivait pas à s’arrêter, s’il n’arrivait pas à trouver une bouffée d’air. Une bouffée de réconfort.
Mais la torture était en réalité plus physique que morale ; chaque seconde qui passait ne faisait qu’alimenter le doute dans son cœur ; et si Chase n’était pas là ? Et si l'éleveur faisait tout ça en vain, parce que le petit garçon était déjà mort, ou parce qu’il était bien trop vivant ? Ne gagnerait-il pas à faire demi-tour sur cette sortie toute tracée, du moins l’espérait-il ? Car ce n’était pas un détail à négliger, la sortie…
Dans son arène, il n’avait jamais eu à penser à reculer. Il avait toujours fallu monter, avancer, et par un deux ex machina que les Juges maîtrisaient, ils sortaient. Or là, il devait certes avancer, mais il devrait aussi sortir.
Et puis, tant qu’il restait un doute sur la présence de Chase dans ces enfers, il était hors de question qu’Ethan s’en aille. Ce fut tout ce que son esprit embrumé par la fumée de l’incendie lui lâchait comme pensée, malgré les efforts, malgré l’urgence.
Ethan ne sortirait pas sans trouver son gosse.
Ondes restantes de la chute qui devait avoir eu lieu sur l’armoire, alors qu’un morceau de bois roulait contre le pied de l’éleveur, un son étrange perça au milieu du vacarme des flammes qui commençaient à tout engloutir autour d’elles. Mais il couvrit ce son avec une nouvelle toux grasse. C’était lui qui était englouti par la situation, accroché à son bureau, perdant ses dernières forces à simplement tenir debout.
Et soudain, explosant dans le vacarme, les gémissements, les pleurs, les cris d’un enfant.
Dans un sursaut d’espoir, Ethan tenta d’appeler Chase, mais le mot resta douloureusement planté dans sa gorge. Alors qu’au loin continuait de résonner ce soubresaut de désespoir, toujours plus clair, toujours plus réel… Ce n’était pas une manifestation de son esprit. Un enfant pleurait réellement dans cette école qui prenait feu.
Et ces cris venaient de l’armoire sous les combles.
Comme un éclair, Ethan se sentit prêt à aller de l’avant : sa vision s’éclaira un peu, sa toux continuait de l’harasser, mais au moins pouvait-il avancer. Le mot qui franchit ses lèvres était une véritable supplique adressée à qui pouvait l'entendre et qui pouvait l'aider.

« Chase… »

L’enfant coincé sous ces combles ne pour pas l’avoir entendue car trop basse.
Quand enfin l’éleveur arriva sur place, il tomba à genoux et se fit violence pour ne pas se précipiter : la plus petite maladresse pouvait conduire à une grande catastrophe. Son sang-froid revint ; il analysa la situation face à lui, réfléchissant aux conséquences, pesant ses actions, et commença par déblayer le plus gros.
L’effort était horrible.
Son cœur battant donnait à Ethan un rythme régulier sur lequel il calait sa concentration. Sa respiration était toujours hasardeuse, et plusieurs fois il dut abandonner à cause d’une toux ; ses mains glissaient, certains de ses muscles exigeaient qu’il s’y reprenne.
Le tout avançait pourtant.
Et quand la petite tête blonde apparut enfin, il en fallut énormément à Ethan pour ne pas céder à un soulagement tellement important qu’il aurait mis à néant tous ses efforts. C’était peut-être l’effort le plus intense – mais l’éleveur y arriva et réussit à libérer l’enfant.
Son gosse. C’était bien Chase, là, devant lui, respirant et se débattant pour survivre.
Et jamais Ethan n’eut la tête aussi froide alors qu’il le prit dans ses bras, parce qu’il comprit qu’ils n’étaient pas sortis d’affaire. Il aurait aimé l’enfouir contre lui pour qu’il n’ait pas à respirer toute cette fumée, mais il n’aurait pas la force de le porter, pas après la fatigue qu’il avait accumulée et qu’il ne parvenait à récupérer. Il brisa alors rapidement l’étreinte et demanda à l’enfant d’une voix rendue horriblement rauque.

« Tu peux marcher ? Il faut vite… »

Une quinte de toux qu’il avait étouffée de son mieux ressortit à ce moment-là, et il insista pour réussir à terminer sa phrase.

« … qu’on sorte. »




     
     

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MessageSujet: Re: Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre [Flashback]   Jeu 15 Sep - 2:36

Le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre
Ethan & Chase


J'ai perdu le contrôle. Toute l'eau qui coule sur mes joues pourrait certainement abreuver Sinto pour toute la journée. Je suis anéanti, complètement, et, pour la toute première fois de toute ma vie, je le sais au fond de moi : je vais mourir. Je n'ai plus aucun espoir de sortir d'ici, une pile de livre coinçant mon bras gauche et me séparant de la porte du placard de l'institutrice. La chaleur avait été tolérable jusqu'à maintenant, mais là je commence à étouffer. J'étais beaucoup trop en état de panique pour comprendre que j'étais en pleine crise d'anxiété. Rien que l'idée que ce soit le feu qui se rapprochait de moi, de l'autre côté de la porte du placard ne fait que me faire paniquer davantage. Je sens mon cœur battre dans ma tête, comme s'il voulait la faire exploser. Et je n'entend rien d'autre sauf le boum boum irrégulier tant il se débat dans moi. Mais tout d'un coup, j'entend quelque chose de sourd au pied de la mince porte, comme si quelque chose d'autre venait de s'écraser à ses pieds. Mes larmes s'assèchent, mais ma respiration s'accélère. Ça y est, je suis foutu. Au moins, maintenant, je vais probablement manquer d'air avant l'arrivée du feu.

Toutefois, d'autres bruits recommencent, mais ils sont différents. Je reconnais le bruit de planches de bois qui se cognent, comme quand Ethan a changé quelques lattes du balcon de l'entrée de la maison après être passé au travers. Mais là, c'est un contexte complètement différent. Je tremble de terreur jusqu'à ce que j'entende un nouveau son... celui d'une personne qui tousse!!!! Sans hésiter ni attendre une seconde de plus, j'essaie de crier, mais la poussière accumulée dans ma gorge ne me laisse sortir qu'un petit son qui ne me ressemble vraiment pas avant que je ne tousse à mon tour. Il y a vraiment quelqu'un de l'autre côté?!?!?! Quelqu'un est venu pour moi? Pour me sauver? Ranimé de la terreur qui me paralysait plus tôt, je prend mon courage à deux mains et, au risque de faire tomber davantage de livres sur moi, je tente de les dégager le plus possible de l'étroite porte du placard avec mes deux pieds. Puis, tout à coup, la lumière qui passe à travers les quelques débris restants m'aveugle à travers la noirceur. Je met ma main en visière et essaie de voir la grande personne devant moi qui fini par retirer les derniers décombres qui nous séparent.

- Ethan....?, fais-je, d'abord incertain avant de bien voir son visage. ETHAN!!!!

Lorsque je reconnais Ethan, après quelques secondes, les larmes recommencent à couler sur mes joues, et je me lance sur lui, le serrant fort dans mes bras. Ethan! Ethan est venu me chercher!! Ce n'est pas un trouillard comme moi. Il est fort et il m'aime. Ethan ne m'a pas abandonné dans les décombres! Il va me ramener à la maison, chez nous!

Mais lorsqu'Ethan me repousse, mon bonheur temporaire se fige en voyant comment il a l'air épuisé et comment cette fatigue l'a vieilli.

-Tu peux marcher? Il faut vite..., fait-il avant de s'étouffer dans une quinte de toux intense. ...qu'on sorte.

Je regarde rapidement autour de nous et vois l'importance des dégâts du toît écroulé. On doit faire vite avant que tout tombe pour de bon. C'est dingue! C'est à peine si j'arrive à voir à l'autre bout de la classe tellement la boucane est devenue épaisse. J'essaie de contrôler ma frayeur en sentant l'odeur unique du feu. Je dois être fort. Ethan est fatigué. C'est à mon tour de l'aider. Je glisse ma main droite dans la sienne.

- Viens, je sais où aller! Suis-moi!

Je me remets sur mes pieds, saisi la main d'Ethan et démarre en trombe vers la sortie de la classe. Mais je me rend rapidement compte qu'il peine à me suivre. Sa main s'échappe de la mienne et il reste derrière, à avancer plus lentement que moi. C'est en reprenant mon souffle suite à cette petite course que je comprends mon erreur. La poussière me brûle l'intérieur et je tousse dans le pli de mon coude, comme il me l'a appris. Une fois ma toux passée, je respire plus prudemment et reviens lentement auprès d'Ethan pour reprendre sa main.

- Aller, viens, on y va tranquillement.

Et nous progressons lentement à travers les corridors et les débris de différentes tailles. Il est épuisé, mais je le force à continuer. S'il tombe et qu'il n'arrive plus à se relever, comment je vais faire pour l'amener dehors?! Cette possibilité m'inquiète, mais je me concentre sur chaque pas que nous faisons. Je connais l'école comme ma poche et les corridors ne sont pas trop endommagés encore. Au bout, au loin devant nous, on voit la lumière du soleil qui passe à travers la porte de sortie.

- Regarde, c'est juste là! On y est presque!

En un rien de temps, nous serons sorti de cet enfer. Pour l'instant, je n'ose pas trop penser au spectacle qui nous attend dehors. L'image et le son des chevaux qui brûlent apparaissent et disparaissent comme un flash dans ma tête alors que je continue mon chemin, la main d'Ethan toujours autour de la mienne.

electric bird.


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