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 Λ ou la garantie d'une paix durable

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Mitch Flecto
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MessageSujet: Λ ou la garantie d'une paix durable   Mer 17 Déc - 17:32

Λ

De belles bêtes... Mitch s’avance entre tous ces chevaux, de magnifiques chevaux. Des jeunes gens les surveillent, en attendant qu'ils soient tous montés dans les camions. Le Pacificateur n'est  pas simplement venu pour les admirer, il n'est d'ailleurs pas du tout venu pour cela, seulement il a une mission à accomplir, mission officieuse dont lui seul est au courant. De plus en plus de citoyens semblent réfractaires au système, et cherchent des figures à qui s'accrocher. Pour l'instant personne ne joue réellement ce rôle, mais les réfractaires sont en recherche. Et il existe très peu de données concernant ce problèmes, mais pour le Chef de La Répression, c'est un des dangers les plus importants menaçant le futur du Capitole. Aucun mouvement de contestation ne peut pour l'instant naître, mais il sont en gestation, et il faut les empêcher de voir le jour. Pour cela, il faut couper les racines avant mêmes qu'elles ne se développent et s'attaquer violemment aux hypothétiques points d'appuis sur les quels ils pourraient évoluer. Ce n'est pas parce que l'on est pas en guerre qu'il ne faut pas y prêter attention et l'envisager.
Les estimations et les recherches de Flecto lui ont fixé les figures qui pourraient être utilisés. En premier lieux, les anciens pions célèbres du Capitole qui lui tournent le dos et décident de s'y opposer. Ceux qui correspondent à cette description sont principalement les anciens vainqueurs des Jeux, et parmi eux seuls deux ont une tendance réfractaire, Ethan Underwood et Eneron Stark. Ce dernier est cependant très distant du petit peuple, il ne reste donc plus que Underwood. Mitch voulait le faire exécuter sous couvert d'un accident, mais le Chef des Pacificateurs avait refusé, il avait peur d'attiser le feu. Il avait donc opté pour une approche plus directe, une intimidation, l'empêcher d'essayer la moindre forme d'action peu patriotique.
Ethan Underwood s'approchait, nombre des chevaux étaient siens, et il y accordait une passion démesurée. Le gardien de la Paix se plaça derrière le mentor jouant de ses doigts avec un brin de foin ; pas de présentation, juste surprendre puis amadouer :

- Magnifiques, tout simplement magnifiques vos bêtes. Ce sont les plus beaux spécimens de races équine que j'ai vu depuis que j’assiste aux Parades, je pense que tout le mérite vous revient, vous semblaient être derrière la réussite de cette cérémonie. Je vous en félicite sincèrement, et je suis impressionné par ce que vous avez réussit, un corps parfait, une aura de puissance semblent se dégager de vos chevaux... Tout en étant si bien éduqués, sans y être préparer, ils ont su s'adapter aux briques lancées par le district 2, tournant presque en dérision cette tentative de déstabilisation... M. Underwood, vous semblez être apprécié par le peuple, ben plus que vous ne semblez en prendre conscience - le brin de foin se brisa entre ses doigts – et le populisme est dangereux à Panem !

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MessageSujet: Re: Λ ou la garantie d'une paix durable   Jeu 15 Jan - 11:41

Λ





Ayant quitté Oliver et étant donc de plutôt bonne humeur, Ethan avait laissé à Equinoxe le soin de s’occuper de Chloé et Jason, de les déparer des jolis costumes qu’elle leur avait faits. Ils n’avaient peut-être pas brillés de mille feux mais, dans le fond, il sentait qu’une certaine discrétion les aiderait à survivre et que la candeur de leur présentation avait attendri après les différentes démonstrations de force. Parce qu’au-delà d’une équipe de Carrières assez étrange, notamment pour le District Quatre, il y avait un nombre important de dangers là où l’on ne les attendait pas. Les Mentors qui partaient pour l’arène, pour ne citer qu’Elina, Mikel ou Cassandra.
Certains pouvaient s’étonner de voir le quarantenaire s’éloigner de ses Tributs, mais celui-ci savait qu’ils l’avaient déjà trop supporté ces dernières longues heures et devraient recommencer les prochaines. Aussi, il était temps pour chacun de prendre un instant de repos et ce fut la raison pour laquelle Ethan s’approcha à grandes enjambées des chars. Certains Tributs s’attardant, les animaux restaient alignés les uns derrière les autres, emprunts d’une patience méconnaissable. Ils attendaient simplement le signe qui les autoriserait à retourner dans leurs espaces. Le Capitolien qui avait cela en charge, un homme plutôt âgé auquel le Mentor s’adressait quand il s’agissait des chevaux pour la Parade, était là à discuter avec un Pacificateur, pas mal excité à propos du défilé auquel il venait d’assister. Il était vrai que les différents effets visuels avaient été bien réussis, bien qu’Ethan dût avouer sa préférence à la simplicité mais la force des tenues du Un, ou la douceur des travaux d’Equinoxe pour le Dix.
A l’approche de l’intrus, certains Pacificateurs levèrent les armes, prêts à le chasser et de manière plutôt violente. Ethan s’arrêta, prêt à décliner son identité, mais le Capitolien fut plus rapide que lui et le fait que ces mots sortent de la bouche d’un habitant de la capitale plutôt que de celui d’un District gagna sûrement en crédibilité auprès des hommes en blanc.

« Laissez-le, c’est un Mentor et la plupart des chevaux ici lui appartiennent. Et croyez-moi, ses bêtes ont contribué à la réussite de cette Parade – alors évitez de l’abîmer, ou je ne serais pas le seul à être en colère. »

En fidèle homme du Capitole qu’il était, son égocentricité n’avait pour égale que sa moustache à la forme si farfelue. Tout comme ses mots : cela allait sans dire que l’organisateur n’était pas plus soucieux de l’état de l’éleveur qui lui fournissait les bêtes pour défiler. Une relation de travail, pure, mais qui ne souffrait d’aucune erreur ni ambiguïté : tant qu’Ethan lui fournissait des chevaux dressés et soignés, et que ceux-ci revenaient dans un parfait été de leur séjour au Capitole, tout se passait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

« Tu exagères, lança le Mentor en réponse. Le travail des stylistes est encore plus remarquable, ne parlons pas de celui des Tributs.
- Peut-être, mais je serais incapable de m’occuper de chevaux comme tu le fais. Aucun d’entre nous, organisateurs, ne le pourraient. Ils m’énervent déjà alors qu’ils ne sont arrivés que depuis deux semaines.
- Tu n’avouerais pas que tu les apprécies, quoi que je dise. »

La moustache farfelue bougea sous l’effet d’un sourire et l’homme se détourna d’un mouvement, tout en secouant la main comme pour chasser son interlocuteur secoué d’un petit rire.

« Aller. Je fais signe aux chevaux de rentrer dans dix minutes, le temps que tu vérifies bien que non, je ne les ai pas martyrisés. »

Ethan lui sourit et, après un regard en direction des Pacificateurs devenus immobiles, il inspecta les différents chevaux. Tous n’étaient pas de lui et il ne put vérifier dans le détail, par manque de temps, aussi ne passa-t-il en revue que ceux qui auraient pu être blessés par les artifices de la Parade ou les décorations des chars.
Les animaux reconnaissaient leur éleveur, et certains guettèrent l’arrivée de friandises. Se rappelant avoir dérobé quelques morceaux de sucre dans le train, il chercha s’il ne les trouverait pas dans ses poches, avant de se rappeler qu’il avait lui aussi eut droit à un nouvel habit pour son séjour au Capitole et que ce n’était pas la bonne veste. Certains chevaux se détournèrent, visiblement intéressés que par le contenu des poches de leur éleveur, mais d’autres vinrent réclamer quelques caresses affectives. Ce qu’Ethan leur dispensa.

« Magnifiques, tout simplement magnifiques vos bêtes. »

Ethan se retourna, surpris, pour faire face à un homme qui semblait à sa démarche être un Pacificateur. Bien qu’il n’en eût pas la caractéristique tenue blanche, les autres l’observaient avec respect et crainte. Ce qu’inspirait cet homme aux cheveux grisonnants était du danger, du danger, et c’était la première fois que le Mentor le sentit depuis bien longtemps et il se tut en laissant son vis-à-vis continuer.

« Ce sont les plus beaux spécimens de races équine que j'ai vu depuis que j’assiste aux Parades, je pense que tout le mérite vous revient, vous semblaient être derrière la réussite de cette cérémonie. »

Encore un qui exagérait légèrement : les habitants de la capitale se rendaient-ils compte que la flatterie gratuite n’avait aucune emprise sur un ancien Vainqueur qui menait une vie loin des breloques ? A chaque compliment, Ethan ne fit qu’acquiescer légèrement.

« Je vous en félicite sincèrement, et je suis impressionné par ce que vous avez réussit, un corps parfait, une aura de puissance semblent se dégager de vos chevaux... Tout en étant si bien éduqués, sans y être préparer, ils ont su s'adapter aux briques lancées par le district 2, tournant presque en dérision cette tentative de déstabilisation... »

Naturellement. Le Capitole ne supporterait pas que les chevaux s’emballent et menacent les Tributs de mort dans leur effroi – ou c’était lui qui verrait ses jours finir prématurément. Se rappeler toute la peine qu’il eut à désensibiliser les chevaux relâcha légèrement l’étau qui serrait ses entrailles.

« C’est tout à fait normal, répondit Ethan d’un ton qu’il voulait au plus chaleureux, posant l’une de ses mains sur l’encolure de l’animal à son côté et arborant un franc sourire. C’est mon travail et je n’ai pas forcément beaucoup de mal à l’accomplir. »

Son vis-à-vis fit craquer son brin de paille. Que lui voulait-il ? Le Mentor laissa la surprise remplacer la peur, c’était plus sain et contrôlable.

« M. Underwood, vous semblez être apprécié par le peuple, ben plus que vous ne semblez en prendre conscience et le populisme est dangereux à Panem ! »

Un petit rire secoua Ethan. Les mots eurent pourtant du mal à se faire comprendre de celui qui était un simple éleveur en dehors de la capitale. Principalement le terme de « populisme »… C’était mauvais, sonnant comme un défaut dans la bouche du Pacificateur, sans que le Mentor ne comprenne pourquoi. Lui qui ne désirait mener que la plus simple des vies, être un membre du peuple, voici qu’on lui reprochait une sympathie de ses pairs, ce qu’il ne ressentait pas plus ni moins que cela. Sa vie était des plus normales et convenables, en dehors du fait qu’il avait un jour remporté les Jeux et donc l’élevait socialement et économiquement au dessus de n’importe quel habitant du District, le maire compris.

« Pardon ? Monsieur… Hum… Je ne connais pas votre nom, vous êtes ? »

Et continuant sur un banal ton de conversation, feignant très bien ne pas être touché par les reproches dangereux :

« Je ne vois pas de quoi vous parlez. Je suis retiré de toute vie publique depuis une dizaine d’année – ce retour est exceptionnel –, je ne cache rien de ce que je fais. »

Ce qui n’était qu’en partie vrai. Ethan n’avait en effet rien d’illégal à se reprocher, pourtant il évitait au plus de parler de Chase. Si le Capitole pouvait se tenir le plus éloigné possible de l’enfant…

« Où souhaitez-vous en venir ? Je n’ai pas de reproches à me faire. Vous pouvez même passer quand vous le souhaitez à mon domicile admirer mes chevaux, ils sont tous plus beaux les uns que les autres. »
« Ok coco, tu vas un peu loin, pensa-t-il doucement. J’espère qu’il ne compte réellement pas passer… »

Dans un désir de transparence, le Mentor était peut-être allé trop loin… Mais il avait la crainte qu’il tentait de prêcher un homme converti à une autre religion et qui ne souhaitait rien y changer.





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Mitch Flecto
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MessageSujet: Re: Λ ou la garantie d'une paix durable   Mar 20 Jan - 21:23




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ou la garantie d'une paix durable




ETHAN P. UNDERWOOD

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MITCH FLECTO

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Mitch Flecto s’autorisa un bref sourire…

- Je puis venir chez vous, je n’y découvrirai probablement pas grand chose de compromettant.. non, ce n’est pas de cet ordre qu’est le danger. Êtes-vous un peu psychologue ? Vous comprendrez bien ce qui m’inquiète, mais prenons un exemple, qui vous parlera, j’en suis certains.
Imaginez-vous un décor forestier, un jeune homme se cache en haut d’un arbre, seul, blessé, souffrant. Il a souffert des attaques de ses camarades, d’animaux étranges, de phénomènes anormaux. Le sang s’échappe de ses plaies, il essaye de trouver un peu de repos, mais sa douleur le tourmente. Il est peu armé, et une dizaine de jeunes gens veulent l'abattre, à tout prix. Tout le monde le voit, derrière les écrans, tout Panem, vous l’avez compris, c’est un tribut dans l’arène. Ethan, vous permettez que je vous appelle Ethan ? Vous avez vécu cela, vous pouvez le visualiser, bien… Selon vous, comment vont réagir la majorité des habitants des districts ? La scène est dramatique, les sentiments sont forts, difficile de ne pas être émus par cette victime de la tyrannie, de ne pas s’y identifier, de ne pas espérer qu’il s’en sorte, non, personne ne veut qu’il souffre. Tout le monde a l’impression d’être à la place de ce jeune homme, tout le monde se reconnaît en lui, acculé devant la réalité, incapable de réaliser ce qu’il tient à réaliser… Et si ce jeune homme se relève, reprend ses forces, descend de son arbre, et dans un élan de fougue, va combattre ses ennemis, tout le monde l’accompagnera dans son élan, non? Alors imaginez-vous que cela puisse être de leur ressort, que tout ces gens pénètrent dans l’arène pour seconder le pauvre enfant, partager son combat. Il deviendra plus qu’un tribut, c’est un symbole, c’est en son nom qu’ils se battront.
Vous voyez où je veut en venir, il est difficile d’empêcher que tous les désagréments causés suite à votre victoire soit tenus secrets, et tous savent que vous gardez vos distances avec le Capitole… Prononcez vous des discours en sa faveur ? Non. Lors de vos interviews, remerciez vous l'Etat bienfaiteur ? Non. Exhortez vous vos tributs à faire couler leur sang pour Panem ? Non. mentionnez vous l’utilité, l’obligatoire nécessité des Jeux ? La réponse est encore non, toujours la négative. Vous vous exilez au fond d’une campagne perdu, et n’avez rien du genre pro-capitolien, permettez moi l’expression. Vous êtes ce tribut victime, vous êtes celui qui souffre, mais qui ne peut rien dire, celui qui, par son silence, par son effacement même, refuse le Capitole en tant soit peu… et s’en est de trop. Vous êtes un détonateur, Ethan, à vous de vous arranger pour ne plus l’être. Je vous mentirez en disant que l’on n’est pas disposé à agir, parmi les Pacificateur, mais l’on croit que vous saurez retourner la vapeur, et abattre cette image que vous donnez de vous - fausse, bien entendue. Vous comprendrez également que le bien public passe parfois par des désagréments individuels, vous nous en excuserez. Je reste persuadé de votre innocence, mais faites attention à votre conduite. Prenez cela comme un conseil, ou d’autres que moi utiliserons des arguments plus… percutants pour vous persuader, Mr. Underwood.
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MessageSujet: Re: Λ ou la garantie d'une paix durable   Mar 7 Avr - 16:37

Λ


 


 


 
 
L’homme face à Ethan eut un bref sourire. Lui au moins était à l’aise et dans son élément, ce qui n’était pas forcément le cas de son interlocuteur dont la main continuait d’un geste automatique à flâner sur l’encolure soyeuse de l’animal.

« Je puis venir chez vous, je n’y découvrirai probablement pas grand chose de compromettant… non, ce n’est pas de cet ordre qu’est le danger. Êtes-vous un peu psychologue ? Vous comprendrez bien ce qui m’inquiète, mais prenons un exemple, qui vous parlera, j’en suis certains. »

Non, le Mentor n’était pas psychologue. Il savait se comporter, éviter de blesser ou vexer, mais il était plutôt doté d’un bon sens paysan que de connaissances sur le comportement humain. Par contre, que cet homme antipathique commence ainsi son monologue n’augurait rien de bon… Vraiment rien. Et cela eut le don d’attiser l’inconfortable  sentiment de danger qu’éprouvait Ethan, le rendant trop réel.

« Imaginez-vous un décor forestier, un jeune homme se cache en haut d’un arbre, seul, blessé, souffrant. Il a souffert des attaques de ses camarades, d’animaux étranges, de phénomènes anormaux. Le sang s’échappe de ses plaies, il essaye de trouver un peu de repos, mais sa douleur le tourmente. Il est peu armé, et une dizaine de jeunes gens veulent l'abattre, à tout prix. Tout le monde le voit, derrière les écrans, tout Panem, vous l’avez compris, c’est un tribut dans l’arène. »

Une voix sifflante et méprisante souffla à ses oreilles le mot de paysan. Des yeux aussi beaux que fous surgirent un instant dans son champ de vision. Désireux de chasser ces terribles souvenirs, le Mentor se concentra sur la description que venait de faire le Pacificateur pour se rendre compte qu’elle pouvait être celle de son arène. Où que cet homme souhaitait aller, il sentait que la destination n’allait pas, mais alors pas du tout, lui plaire.

« Ethan, vous permettez que je vous appelle Ethan ? Vous avez vécu cela, vous pouvez le visualiser, bien… Selon vous, comment vont réagir la majorité des habitants des districts ? La scène est dramatique, les sentiments sont forts, difficile de ne pas être émus par cette victime de la tyrannie, de ne pas s’y identifier, de ne pas espérer qu’il s’en sorte, non, personne ne veut qu’il souffre. Tout le monde a l’impression d’être à la place de ce jeune homme, tout le monde se reconnaît en lui, acculé devant la réalité, incapable de réaliser ce qu’il tient à réaliser… Et si ce jeune homme se relève, reprend ses forces, descend de son arbre, et dans un élan de fougue, va combattre ses ennemis, tout le monde l’accompagnera dans son élan, non ? »

Le Pacificateur ne venait que d’expliquer que de non favori, Ethan était passé à potentiel Vainqueur en abattant cette fille, puis à Vainqueur en étranglant son dernier adversaire. Rien d’exceptionnel, quand on voyait des Mentors comme Cassandra Saltsmann lapider des Carrières du haut de ses douze ans, comme Sélène Featherstone honorer un nom de famille déjà éloquent ou même un Melvil Thorne qui avait réussi à tirer ingénieusement l’arène à son avantage. Au contraire, la victoire du gosse du Dix qu’il avait été était plutôt quelconque voire désolante pour le Capitole à côté de cela.

« Alors imaginez-vous que cela puisse être de leur ressort, que tout ces gens pénètrent dans l’arène pour seconder le pauvre enfant, partager son combat. Il deviendra plus qu’un tribut, c’est un symbole, c’est en son nom qu’ils se battront. »

A part décrire ce que chaque édition des Jeux représentait pour les habitants de Panem, et particulièrement de ses Districts, le Pacificateur n’en venait pas à grand-chose. Décidément, malgré un sens de l’orientation plutôt bon, Ethan était complètement perdu. Pourquoi lui raconter cela, à lui ? Que lui reprochait-il, au juste ? Parce que l’on n’était plus une simple conversation amicale, ou une simple mise en garde. Quant à savoir ce qu’était cette discussion, là était toute la question.
Mais plutôt que de lui faire la remarque, Ethan écouta l’homme toujours pris dans son monologue. Et là venait la partie que l’on pouvait qualifier de plus intéressante…

« Vous voyez où je veux en venir, il est difficile d’empêcher que tous les désagréments causés suite à votre victoire soit tenus secrets, et tous savent que vous gardez vos distances avec le Capitole… Prononcez vous des discours en sa faveur ? Non. Lors de vos interviews, remerciez-vous l'Etat bienfaiteur ? Non. Exhortez-vous vos tributs à faire couler leur sang pour Panem ? Non. Mentionnez-vous l’utilité, l’obligatoire nécessité des Jeux ? La réponse est encore non, toujours la négative. Vous vous exilez au fond d’une campagne perdue, et n’avez rien du genre pro-capitolien, permettez moi l’expression. Vous êtes ce tribut victime, vous êtes celui qui souffre, mais qui ne peut rien dire, celui qui, par son silence, par son effacement même, refuse le Capitole en tant soit peu… et s’en est de trop. Vous êtes un détonateur, Ethan, à vous de vous arranger pour ne plus l’être. Je vous mentirez en disant que l’on n’est pas disposé à agir, parmi les Pacificateur, mais l’on croit que vous saurez retourner la vapeur, et abattre cette image que vous donnez de vous - fausse, bien entendue. Vous comprendrez également que le bien public passe parfois par des désagréments individuels, vous nous en excuserez. Je reste persuadé de votre innocence, mais faites attention à votre conduite. »

… ou terrifiante.
Ethan n’avait pas réfléchi. Il avait simplement écouté. Chaque mot, chaque phrase, chaque idée, l’avaient frappé avec violence. Il avait eu peur, souvent, mais un tel sentiment, il ne l’avait jamais vraiment ressenti. C’était de la crainte, mêlée à de l’impuissance, saupoudrée de totale incompréhension. Le Mentor aurait d’ordinaire pris du recul pour arrêter la conversation, répondre évasivement puis partir. Mais là, c’était trop, trop de choses qui lui tombaient d’un coup sur les épaules, et surtout, tout avait changé. Ce n’était plus pareil que sept ans en arrière, quand il était seul et sans aucune famille. Le jour où son frère y était passé aux Jeux, Ethan avait pu vivre au jour le jour, et n’avait plus ressenti de peur. Si ce Pacificateur était venu à cette période-là, le Mentor aurait simplement haussé les épaules en grognant un « faites ce que bon vous semble » avant de se détourner et retourner à ses Tributs.
Ethan aurait donné cher pour réagir ainsi. Sauf qu’il n’était plus seul. Plus depuis que Chase était entré dans sa vie, deux ans auparavant, avec son visage d’ange et son caractère impétueux.

« Prenez cela comme un conseil, ou d’autres que moi utiliserons des arguments plus… percutants pour vous persuader, Mr. Underwood. »

Sa main le faisait souffrir à force d’être serrée, cachée sous la crinière fournie de l’animal à ses côtés. Celui-ci, sentant que l’homme qui avait l’habitude de le nourrir était tendu, se mit à bouger et à taper du pied, ce qui réussit à attirer l’attention du Mentor. Il ne réfléchit pas plus pour saisir l’occasion qui se présentait à lui de souffler.

« Vous permettez, trente secondes ? »

Sans attendre son accord, Ethan sortit le dernier morceau de sucre de sa poche et le tendit à l’animal.

«  Les chevaux ont du mal avec le monde et le bruit, vous savez. Et ils ont une excellente mémoire, surtout quand on leur fait peur ou mal. Arrivez à côté de l’un d’eux en hurlant, et il ne vous laissera plus l’approcher facilement. Pour autant, peut-on dire que c’est de la faute de l’animal ? »

Le cheval se calma en entendant la voix rassurante d’Ethan qui lui gratta également les oreilles. Puis le Mentor, ayant regagné un peu d’assurance, se tourna vers le Pacificateur.

« Si le seul reproche que vous me faites est d’avoir gagné ces Jeux puis d’avoir vécu loin du Capitole, je ne peux que plaider coupable. Quant au symbole, n’est-ce pas là le rôle des Mentors ? Rappeler aux Districts que l’enfant envoyé aux Jeux a tout de même encore un espoir ? Je ne suis pas psychologue, mais si l’on venait à envoyer des gamins dans une arène sans donner la chance à l’un d’eux d’en sortir, vous auriez à coup sûr une rébellion sur les bras. »

Ethan soupira.

« Si cela vous pose donc tant de soucis, je vous conseille d’aligner les Vainqueurs et de les exécuter, mais je ne pense pas que vous arriviez à un meilleur résultat. Sinon, pour ma part, je continuerai cette année à aider mes Tributs du mieux que je puisse pour qu’ils sortent de cette arène vivants, puis je retournerai à mon élevage. Quant à votre conseil, je le prendrai en considération. »

La voix du Mentor resta calme et posée, et son attitude laissait transparaître l’indifférence.


 

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