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 Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]

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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Jeu 4 Déc - 19:04


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Les dernières semaines avaient été plutôt riches en événements... Entre l'organisation des prochains Hunger Games, la collecte d'informations pour la Rébellion puis le travail à l'usine, il n'avait pas eu le moindre instant de repis. Puis le moment où il aurait enfin pu prendre un peu de temps libre, il y eut les délégations du Capitole dans le district et prendre le Cobra dans ses conditions aurait été beaucoup trop risqué. Alors il resta quelques temps au district huit, assistant à la moisson, maudissant le Capitole d'infliger un tel traitement aux habitants de Panem... De plus, cette année était celle de l'Expiation... Règles encore plus cruelles, spectacle encore plus horrible... Comme s'il y a avait aucune limite à leur cruauté et à leur créativité sadique ! Cette année, les mentors devaient décider de se rendre ou non dans l'arène et s'il refusait, cela pouvait avoir de graves conséquences pour les Jeux... Jace remua sa colère silencieuse pendant des jours lors de son travail, préférant attendre que les choses se tassent en ville avant de partir. Depuis la fin de la Moisson, il n'avait plus qu'une envie, retrouver Clarissa. Tout d'abord parce qu'il avait vécu la Moisson avec la peur de la voir sélectionnée pour les Jeux. Si cela lui était arrivée, il n'aurait pas hésité à mettre lui aussi sa vie en jeu et à la rejoindre dans l'arène. Heureusement, cela n'était pas le cas ! Mais cette fille obnubilait toujours autant ses pensées... Cette haine qu'elle avait eu pour lui lors de leur première rencontre... Son coupe-papier à la main, elle aurait pu le tuer. Elle y avait pensé, Jace l'avait senti. Dans d'autres circonstances, leurs rôles auraient pu être inversés et qui sait ce qu'il aurait pu arriver ! Aurait-il pu arrêter son geste à temps lui aussi ?
Il quitta alors son travail en fin d'après-midi et se dirigea vers la planque rebelle. Etant sûr de ne pas être suivi, il s'engouffra dans les souterrains, salua ses collègues et attendit le prochain train qui ne tarda pas à arriver.

Le trajet ne prit pas plus d'une demi-heure durant lequel Jonathan en profita pour dormir. Ce train était une véritable merveille technologique et un atout de poids pour la Rébellion. Une fois arrivé, il ressortit discrètement de la planque et mit enfin un pied dans le District 3. Le blondinet rabattit sa capuche sur sa tête et se mit en direction de l'orphelinat où vivait la fille qui hantait ses pensées. Le temps était plutôt clément aujourd'hui. Le vent soufflait faiblement, le soleil éclairait la journée, la seule chose regrettable était la température qui était un peu basse. Il rajusta sa veste et sa capuche. Le rebelle fit alors par arriver alors au bâtiment et se mit en quête de grimper le long du bâtiment pour rentrer dans la chambre de la demoiselle. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'il se rendit compte que la pièce était vide. Une fouille rapide des lieux lui permit de voir que Clarissa avait pris ses affaires. Elle avait quitté les lieux... Mais où pouvait-elle être maintenant ? De plus, la demoiselle du district 3 n'avait pas laissé le moindre indice concernant sa destination. Le seul lieu qui venait à l'esprit de l'ouvrier était l'ancienne maison des Stern abandonnée depuis la mort des parents de Clarissa.

N'ayant aucune autre piste, il sortit de la chambre de la même façon et se dirigea vers la maison. Une chance pour Jace d'avoir collecté des données sur Clarissa parce que sinon, il aurait pu tourner en rond dans cette ville pour retrouver la demoiselle. En se rapprochant de la maison, il put entendre du bruit à l'intérieur. Il avait peut-être eu raison de faire confiance à son instinct au final. Il se glissa alors discrètement dans le bâtiment, monta à l'étage et remarqua alors celle qu'il était venu chercher. Clarissa était juste devant lui mais elle regardait dans la direction opposée. Il se glissa sur le côté et apparut face à la demoiselle en retirant sa capuche. Cette dernière eut un mouvement de recul en le voyant surgir de nulle part. Jace lui fit un signe pour lui dire de ne pas crier. Un sourire s'afficha sur ses lèvres. La joie de la revoir faisait disparaître sa carapace désintéressée.

Salut Clarissa... Désolé, je ne voulais pas te faire peur ! Il la regarda quelques instants avant de s'interroger. Tu as pas l'air bien... Ca te dirait qu'on aille faire un tour en ville ?

Pourquoi fallait-il que toutes les conversations entre les deux jeunes adultes n'évoquent jamais ce qui leur importait vraiment ? Il serait peut-être de bon ton de parler de choses importantes pour une fois. Les deux amoureux descendirent alors les escaliers et retournèrent à l'extérieur. Par réflexe, le garçon rabattit sa capuche noire sur la tête. Ils se rendirent alors dans la ville, à la recherche de quelque chose à faire pour passer le temps.

Une idée de ce qu'on pourrait faire ici ? Il fit alors une pause avant de poser sa question. En fait, pourquoi as-tu quitté l'orphelinat ? J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose quand j'ai vu que ta chambre était vide.

Il se tut alors en se rendant compte qu'il avait dit cela à voix haute. Mais quel idiot... Lui qui avait appris qu'il ne devait faire confiance à personne, il avait avoué à haute voix qu'il s'était inquiété pour quelqu'un... Pourquoi fallait-il que cela lui arrive et surtout, pourquoi Clarissa avait adopté le point de vue du Capitole ? Le garçon était perdu dans ses pensées, les mains dans les poches, en attendant la réponse de la demoiselle.

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Lun 8 Déc - 22:42














   
Des monts et merveilles...
   
~ Faire tomber les masques... ~



   


   
Depuis la diffusion de l’annonce de l’Expiation, bien des choses avaient changé dans ma vie. Tellement de bouleversements m’avaient atteinte au plus profond de mon être et j’avais beaucoup de mal à accepter : à accepter qui j’étais, qui on avait fait de moi et ce que j’étais en train de devenir. D’ailleurs, je ne savais même plus qui je voulais être…

Cela avait été un déchirement de quitter la maison de mon enfance, l’orphelinat, dont je savais désormais que tout n’y était que mensonge, affabulation, qu’on y façonnait des esprits à être de « bons citoyens ». Seulement ce n’était pas la vérité, ce n’était pas la réalité. Déborah avait versé une rivière de larmes quand j’étais revenue chercher mes affaires le lendemain de mon départ précipité, je n’avais même pas eu le droit à une quelconque réprimande… Mais derrière ses larmes, j’étais persuadée qu’elle savait pourquoi j’avais besoin de prendre de la distance : elle ne pouvait pas être au courant de ce qui avait précipité ma décision, mais elle avait conscience que j’étais différente, que j’avais grandi, que je me questionnais sur mes origines. A vrai dire, je ne m’étais jamais posé de questions et, pour quelqu’un d’aussi curieux que moi, cela me mettait mal à l’aise. Je me sentais tellement idiote de n’avoir jamais cherché à en savoir plus, à creuser entre les lignes des histoires qu’on m’avait contées… J’aurais dû être plus prudente, moins naïve. Je m’en voulais tandis que l’instant d’après je me demandais pourquoi. Pourquoi avait-il fallu qu’un inconnu vienne bouleverser mon univers si paisible, si plein de convictions ? Je lui en voulais, moins que les premiers jours, les premières semaines mais je lui en voulais. Peut-être m’avait-il ouvert les yeux, mais qu’étais-je censée en faire ?

Je rabattis la couverture sur le lit que j’avais choisi dans la vaste demeure de mes parents. Je n’arrivais pas encore à la considérer comme mienne, peut-être cela viendrait-il avec le temps. Malgré ce sentiment de n’être pas à ma place ici, le confort de la maison me permettait de m’y sentir bien, en sécurité. Fini les cris des enfants et les pleurs des nourrissons, même si je devais bien avouer que le calme qui régnait parfois était lourd quand on avait vécu aussi longtemps que moi dans l’agitation des jeunes années. Une fois ma tâche terminée, je m’étais dirigée vers la commode de chêne. Le meuble était ancien mais de bonne facture, trois tiroirs différents y étaient greffés. J’ouvris le premier et y trouvais, comme à chaque fois la boîte en amarante que je possédais depuis toujours : elle avait été pendant toutes ces années le seul lien avec mes parents, mon histoire, ma vraie histoire… Depuis que je savais, je m’étais demandé à bien des reprises pourquoi je n’avais jamais eu le courage de chercher à l’ouvrir, pourquoi je ne l’avais pas forcée. Même encore maintenant, j’avais des scrupules à mettre en action ce plan, tous les secrets qu’elle contenait n’étaient peut-être pas bon à entendre, peut-être avais-je besoin de temps. Mon doigt parcourait les deux lettres du couvercle : « C.L. ». Il tournoyait dans chaque interstice, sentait la moindre rugosité pendant que mon regard se perdait au-delà de la fenêtre, dans les restes ensoleillés d’une froide journée. Me perdant au loin, là où la brume commençait déjà sa danse hivernale, je voyais les arbres se tordre sous le souffle du vent. Son visage m’apparaissait dans ce lointain… Cela faisait si longtemps qu’il n’était pas revenu. Peut-être s’était-il lassé de ces visites ? Mes souvenirs me ramenaient au jour de la Moisson, quand j’avais échappé une fois de plus à la cruelle règle du tirage et que deux autres jeunes de mon âge avaient rejoint l’Expiation. Je m’étais souvenue avoir tremblé lorsqu’on nous avait diffusé en direct la même scène dans les autres districts. Sur chaque image diffusée, je cherchais ses traits déterminés, si détachés. Je me souvenais avoir prié en mon fort intérieur que le destin l’épargne. Et dire que j’avais souhaité sa mort lors de notre première rencontre… Les gens changent… C’était tellement étrange, irréaliste. Je ne savais rien de lui, je ne m’étais jamais fait de souci pour quelqu’un d’autre et voilà que je me mettais à réciter des litanies pour un inconnu… Un étranger, un traître, un insaisissable rebelle…

Je laissais échapper un soupir quand une ombre se projeta soudain à mes côtés. Je claquai le tiroir dans un réflexe et me projetai brusquement en arrière, la mine totalement abasourdie et les yeux tentant de définir au plus vite cette silhouette de corbeau. Quand je le reconnus, le doigt posé sur les lèvres pour me signaler de me taire, tous mes muscles se détendirent. Quand on parle du loup…

Un sourire sur mes lèvres que je ne peux réprimer, malgré son entrée dont lui seul devait avoir le secret.
   
« Salut Clarissa... Désolé, je ne voulais pas te faire peur ! »
   
Ma bouche s’entrouvrit, sur le point de répondre à mon tour « salut… » mais je restai figée en me rendant compte que je ne savais décidément vraiment rien de lui… Je savais sans doute un de ses secrets les mieux gardés, son appartenance à la rébellion, et pourtant je n’avais aucune idée de son nom, de son âge, du district dans lequel il vivait… Quand deux personnes se rencontrent, il paraissait de bon augure qu’on commence par les présentations. Quoi qu’en y  réfléchissant bien, toutes les personnes que j’avais connues ainsi m’avait menti ou s’étaient servies de moi d’une façon ou d’une autre… Le renouveau, c’était cela qui me fallait.
   
« Tu as pas l'air bien... Ca te dirait qu'on aille faire un tour en ville ? »
ajouta-t-il alors que son regard magnétique continuait de sonder mes pupilles avec intensité.
Presque comme un réflexe, comme si cela était notre rituel depuis des années, je marchai jusqu’à la chaise posée au bureau dans le coin opposé de la pièce et y attrapai ma veste ainsi qu’une sacoche élimée par le temps.
   
« Allons y ! »
dis-je en revenant à sa hauteur et en le devançant pour quitter la maison.
Une fois dehors, nous marchions un long moment en silence incapable d’en dire davantage. J’attendais un signe, quelque chose qui pourrait me laisser croire qu’il ne revenait pas juste pour passer le temps, pour se sentir exister, pour se sentir en vie en fréquentant une fille qui avait failli le faire tuer… Au fond, je n’étais pas mieux que lui : aussi distante et sur la défensive, nous nous ressemblions… Nous nous ressemblions beaucoup trop sans nous l’avouer et cela m’effrayait.
Progressivement, le chemin nous rapprocha des halos lumineux des réverbères du centre du District. Ma veste ne suffisait pas à s'opposer au souffle glacial du vent qui s'insinuait dans mon corps, réveillait mon esprit. Je me sentais de plus en plus tremblante, songeant que c’était non loin d’ici que tout avait commencé : que j’avais perdu le contrôle de mon existence bien rangée. C’est là qu’il décida d’abréger mes sombres pensées :
   
« Une idée de ce qu'on pourrait faire ici ? »
demanda-t-il sur un ton distrait avant de marquer une pause.
   
« En fait, pourquoi as-tu quitté l'orphelinat ? J'ai eu peur qu'il te soit arrivé quelque chose quand j'ai vu que ta chambre était vide. »
  Ses paroles trouvèrent en moi un écho : « j’ai eu peur »... Mes sourcils se froncèrent, l’évidence était là mais je ne la voyais pas. Avant personne n’avait jamais tenu à moi au point de s’inquiéter qu’il m’arrive quelque chose, du moins à part celle que je considérais comme ma mère d’adoption, Deborah. Personne d’autre qu’elle ne s’était questionné sur mes choix, ne s’était étonné d’une de mes réactions ou n’avait essayé de me comprendre. Ma mine perdue se tourna vers lui. Avec sa capuche noire rabattu sur la tête, il avait l’air de ses mauvais garçons qui hantent le district la nuit à la recherche d’un bar où noyer leurs problèmes. Il paraissait pourtant si fragile, lui-même si perdu comme si son aveu venait de lui échapper.
   
« Ta peur a failli être justifiée... Je suis allée au Capitole il y a quelques semaines et... »

Je me mordis les lèvres à cette annonce, où avais-je la tête ? Mais puisque j'avais lâché un sujet sensible, autant voir jusqu'où il pourrait m'entendre en parler.
   
« Disons que les choses ne se sont pas du tout passées comme je l'avais prévu... »
Je stoppai nette ma marche. Je ne voulais pas qu'on aille en ville, je ne voulais que nous continuions ce petit manège que nous avions instauré pour nous protéger. Je voulais qu'on laisse éclater toute notre haine, toute notre colère, toute notre incompréhension quant à ce qui nous liait. J'avais besoin de l'entendre de sa bouche, j'avais besoin de savoir. De savoir pourquoi il me torturait ainsi, pourquoi il continuait à venir me voir, pourquoi il s'était intéressé à moi, pourquoi il brûlait mes pensées...
   
« Tout ça c'est de ta faute... »déclarai-je froidement.C'est de ta faute si ma vie est devenue un cauchemar, si je ne sais plus qui je suis...et que je suis là à parler à un homme dont je ne connais même pas le nom... » terminai-je dans un souffle alors que ma voix s'éteignait dans la brise sifflante du soir.

Déjà mon expression s'était faite plus douloureuse tandis que je cherchais un indice, n'importe quoi qui me prouve que je n'étais pas qu'un jouet, une distraction pour un rebelle en manque de vies à sauver... ou à détruire...
   
   


   

   

   
   

   
   

_________________




★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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« Je me souviens de t'avoir entendu dire un jour que grandir, c'est regarder en arrière et regretter de ne pas pouvoir changer le passé. »Extrait de TMI
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Mar 9 Déc - 0:17


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Tandis qu'il marchait dans la rue du District en compagnie de la demoiselle, il se demandait pourquoi il tenait tant à revenir la voir... Cette fille était une ennemie de la rébellion, une alliée du Capitole, une ingénieure dans le domaine de l'armement... Pourquoi fallait-il qu'il ressente le besoin de venir la voir ? De passer du temps avec elle... Il n'avait jamais été vraiment proche de qui que ce soit par le passé et le fait de passer du temps avec Clarissa c'était un peu comme pactiser avec l'ennemi non ? Enfin, au final, cette jeune femme avait été manipulé par le gouvernement et Jace lui avait ouvert les yeux en lui rapportant le dossier top secret du Capitole concernant l'exécution de la famille Stern. Au fond de lui, il avait l'espoir fou de la convertir au mouvement résistant de faire de Clarissa une alliée... Enfin, ceci n'était qu'une des deux faces de la vérité... Jonathan savait que ce qui le motivait en réalité, c'était les sentiments contradictoires qu'il ressentait pour cette fille du District 3. Et voilà qu'il venait d'avouer à haute voix qu'il s'était inquiété pour elle, pour sa sécurité. Jamais il n'aurait cru qu'il puisse dire cela et encore moins le penser. Néanmoins, c'était évident... Il avait cette fille dans la peau et son esprit ne pouvait se défaire de son image et de sa présence.

Malgré tout, malgré cette révélation lourde de sens, il continua à fixer la rue droit devant lui. Il essaya de rester impassible, de ne pas montrer le malaise intérieur qu'il ressentait. Comment pouvait-il se sentir aussi perdu ? Il agissait sur un coup de tête, sans réfléchir aux conséquences de ses actes... Si les membres de la rébellion le voyaient en cet instant... Si cela arrivait vraiment, Clarissa serait alors en danger et cela, il ne le permettrait à aucun prix. Instinctivement, il baissa les yeux de façon presque imperceptible. La culpabilité s'emparait de son être... Il avait l'impression de se renier lui-même... Un jour, il aurait peut-être à choisir entre les rebelles et Clarissa. Quel serait son choix ce jour-là ? Saurait-il faire le bon choix ?


« Ta peur a failli être justifiée... Je suis allée au Capitole il y a quelques semaines et... »

Quoi ?!

Ses mots dépassèrent ses pensées. Le garçon s'arrêta net en entendant cet aveu. Avait-elle eu l'intention de le dénoncer aux pacificateurs ? Et surtout, qu'avait-elle fait au Capitole ? Un bref examen sembla montrer que la jeune femme était en bonne santé mais cela n'en était pas pour le moins rassurant. Cette dernière se rendit compte qu'elle avait lâché une bombe en plein milieu de la discussion et reprit.

« Disons que les choses ne se sont pas du tout passées comme je l'avais prévu... »

Venant du Capitole, on pouvait s'y attendre. Sans un minimum de préparation, une opération menée contre le gouvernement de Panem se finissait avec des conséquences désastreuses pour tout le monde. Un régime de terreur... Voilà comment la présidente gardait les rênes du monde ! Mais ce qui lui importait le plus pour l'instant, c'était de savoir comment elle avait fait pour s'en sortir et si cela allait être répréhensible pour elle. Clarissa s'était elle aussi arrêtée, visiblement aussi confuse que lui. Elle semblait presque bouillonner de l'intérieur, prête à exploser. En même temps, même si Jace était revenu la voir plusieurs fois, il n'avait jamais vraiment parlé ensemble. Il était peut-être temps de mettre les choses au clair aussi bien vis à vis de l'autre que pour soi-même. Cependant, à aucun moment, il ne s'était attendu à une telle agressivité dans les propos de la fille du district 3.

« Tout ça c'est de ta faute... C'est de ta faute si ma vie est devenue un cauchemar, si je ne sais plus qui je suis...et que je suis là à parler à un homme dont je ne connais même pas le nom... »

Elle avait dit cela d'un ton extrêmement froid et coupant. Au fond de lui, Jonathan ressentit comme un grand vide. Une sensation de vide remontant de son estomac vers le sommet de son crâne. Etait-ce comme cela qu'elle le voyait ? Comme un rebelle qui venait détruire sa vie d'un coup de baguette magique par simple plaisir ! Que devait-il dire lui alors ? Cette fille lui faisait perdre tout sens des responsabilités, des réalités... Partagé entre son désir de rester auprès d'elle et de son devoir en tant que rebelle... Il se tourna alors vers Clarissa, néanmoins, il était incapable de cacher l'émotion qu'il ressentait en cet instant. Un mélange de douleur, de colère et d'incompréhension filtrait de son regard. Ce fut tout de même sous l'impulsion de la colère qu'il répondit.

Ta vie est devenue un cauchemar... Bienvenue dans mon monde ! Je m'excuse de t'avoir ouvert les yeux, peut-être que j'aurais du te laisser dans tes illusions... Moi qui te pensait différente des autres...

Les mains serrés à l'intérieur de ses poches, il pouvait sentir ses phalanges blanchir sous la pression qu'il exerçait sur sa paume. Il n'avait jamais été aussi troublé par les dires de quelqu'un. Pourquoi, lui qui était si calme et impassible, il se montrait maintenant si vulnérable ? Il souffla un grand coup pour essayer de se calmer et se prépara alors à faire demi-tour. Il fit alors l'effort de reconstituer le cours normal de ses pensées. Il fit alors deux pas dans la direction opposée avant de se retourner vers Clarissa en lui jetant un regard inexpressif.

Peut-être qu'il est encore un peu tôt pour discuter de tout ça... Mais tu as raison, je te dois au moins ceci. Mon nom... Je m'appelle Jonathan. Et je tenais à te dire que... je suis désolé pour ce que tu es en train de traverser...

Il avait fini sur un ton plus condescendant et compréhensif comme si au fur et à mesure de sa phrase, le jeune rebelle s'était peu à peu humanisé. Il s'apprêta alors à faire demi-tour et à se diriger vers la planque de la rébellion en laissant Clarissa au milieu de la rue. Un nouveau sentiment de culpabilité s'empara alors de lui. Partir maintenant, ce serait comme fuir ses responsabilités et peut-être la perdre à tout jamais. Il s'arrêta alors à nouveau et fit quelques pas dans sa direction. D'un geste, il rabattit alors sa capuche vers l'arrière, dévoilant sa tignasse blonde.

Ecoute, je suis prêt à répondre à tes questions... Sauf si je juge que cela pourrait me mettre trop en danger. Qu'est-ce que tu veux savoir ?

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Mar 9 Déc - 13:45















Des monts et merveilles...
~ Faire tomber les masques... ~






Mes paroles avaient virevolté dans l’air. Elles l’avaient atteint. Tétanisé. Cette situation me touchait, je m’en voulais d’avoir été si tranchante mais il y avait des moments où l’on sentait que c’était un mal nécessaire. J’avais besoin de savoir, c’était essentiel si je pouvais vouloir avancer, comprendre, accepter peut-être. Il me devait bien ça : il devait comprendre que, même s’il lui paraissait avoir fait une bonne action, il avait également provoqué un cataclysme dans mon existence et qu’il n’était pas là au quotidien pour en voir les dégâts. Il ne réalisait pas que ceux-ci auraient pu être sans retour si j’avais fait un faux pas à cause de ses révélations, mais peut-être son inquiétude n’était-elle qu’une façade et mon sort inintéressant ?

Le regard interrogateur, je scrutais sa silhouette stoppée nette dans son élan elle aussi, à quelques mètres seulement de moi. Je ne pensais pas le désarçonner autant, je ne pensais pas avoir ce pouvoir sur quelqu’un d’aussi… Indépendant ? Distant ? Secret ? Quel adjectif utiliser pour définir une personne qui avait rejoint la Rébellion, qui ne devait faire confiance à personne, qui ne devait sans doute s’attacher à personne… Lentement, il se tourna vers moi. Son expression était radicalement différente de celles que j’avais pu apercevoir auparavant, d’ailleurs m’en avait-il déjà laissé voir quoi que ce soit de ses émotions avant ce jour ? Dans ses traits secoués d’une douleur sourde mêlée à une colère qu’il avait bien du mal à me dissimuler, je pouvais imaginer de l’incompréhension, de la stupeur de m’avoir entendu me positionner pour la première fois depuis notre rencontre. Maintenant que je lui avais dit tout mon ressentiment, dont je n’étais plus totalement certaine qu’il n’était dirigé que vers lui, je m’en voulais…
« Ta vie est devenue un cauchemar... Bienvenue dans mon monde ! Je m'excuse de t'avoir ouvert les yeux, peut-être que j'aurais dû te laisser dans tes illusions... Moi qui te pensais différente des autres... » me dit-il avec colère.

Mes sourcils se froncèrent dans une expression furieuse, mes lèvres s’ouvrirent prête à laisser échapper des mots qui dépassaient ma pensée mais ma respiration se bloqua. Il n’avait pas totalement tort même si sa dernière remarque n’était qu’une pic, elle était justifiée vu ce que j’avais osé lui lancer. Finalement, nous étions tous les deux blessés, savoir se le dire, se comprendre était une autre affaire. Le vent fit danser mes cheveux devant mes yeux, ne m’empêchant toutefois pas de noter à quel point il semblait s’être tendu : des rides s’étaient formées au coin de ses yeux et ses lèvres étaient pincées.
« Ton monde… Comment pourrais-je seulement en avoir une idée alors que je n’ai sur toi que des hypothèses... » murmurai-je d’une voix sourde.

Son regard furetait, comme s’il tentait en vain de reconstruire un fil directeur à notre relation, à tout ce qui s’était passé. Mon cœur eut un raté quand je le vis faire deux pas pour s’éloigner de moi et, instinctivement, j’en fis un dans sa direction. Je voulais qu’il se sente acculé, il ne devait pas fuir : il n’en avait pas le droit.
« Peut-être qu'il est encore un peu tôt pour discuter de tout ça... Mais tu as raison, je te dois au moins ceci. Mon nom... Je m'appelle Jonathan. Et je tenais à te dire que... je suis désolé pour ce que tu es en train de traverser... » me lança-t-il comme si ce n’était rien, une révélation insignifiante qui pourtant signifiait beaucoup, je m’en rendais compte.

« Jonathan »… Ce prénom sembla se répéter à l’infini. Il se posait sur chacune de nos rencontres, sur chacune des petites expressions que j’avais pu lui surprendre, sur chacune de ses visites, sur chacun des courts moments que nous avions passé ensemble, sur son regard magnétique, sur ce moment précis où j’avais compris que je ne pourrais pas le retenir. *Et peut-être ne le pourrais-je jamais…* pensai-je en silence en baissant les yeux. Jamais en sécurité, toujours sur le qui-vive… Voilà ce que devait être sa vie, du moins c’est ainsi que je l’imaginais. Lui non plus n’avait pas vraiment de chez lui… Mais peut-être avait-il des personnes sur qui compter… Non, tellement de solitude régnait dans son attitude… Ma tête tomba légèrement sur le côté, tentant de capter son regard sous sa capuche noire. Encore une manière de se protéger… Encore et toujours…

Il semblait si sincère, si désolé, si humain finalement. Je m’en voulais tellement désormais, je m’en voulais d’avoir pu penser qu’il me menait peut-être par le bout du nez, que je n’étais qu’une distraction. J’avais faux sur toute la ligne. Cependant, une petite voix me répétait que je ne devais pas lui faire confiance, que c’était un traitre, qu’il était tout ce que j’avais toujours détesté, tout ce que j’avais haï, tout ce que je travaillais chaque jour à éradiquer. Cette vermine de la rébellion. Le visage de Panta s’afficha alors devant moi, comme un filigrane invisible. Je n’avais pas le droit. Pas le droit de penser cela, plus le droit de redevenir l’ancienne Clarissa. Il fallait que j’avance, même si c’était compliqué, même si je ne m’en remettrais peut-être jamais. Mais il fallait au moins que j’essaye, pour Panta, pour mes parents,…pour Jonathan ?

Un silence de mort s’était installé entre nous, le froid de l’hiver s’installait entre nous comme il avait glacé nos cœur et voilà qu’il s'apprêtait à faire demi-tour. Toute force m’avait quittée, toute volonté aussi. Pourtant je réussis à l’appeler :
« Jonathan… Ne fais pas ça… »

Ce n’était rien, juste une supplique dont je ne comprenais pas bien le sens. Après tout, y a-t-il vraiment quelque chose à comprendre ? J’avais besoin qu’il reste, c’était tout ce qui importait.
Comme s’il m’avait entendu, il s’arrêta à nouveau et m’approcha tout en demeurant à une distance raisonnable, comme s’il ne désirait pas s’engager davantage. Seulement, il se dévoila, affichant son visage au grand jour. Il s’avoua presque vaincu par ce geste ou du moins je sentais que cela lui coûtait beaucoup.
« Ecoute, je suis prêt à répondre à tes questions... Sauf si je juge que cela pourrait me mettre trop en danger. Qu'est-ce que tu veux savoir ? »

Ses traits juvéniles sous les reflets de la lune claire, sa mâchoire carrée contractée et plus que ses yeux perçants… Le sentiment de le voir pour la première fois me saisit. Il n’était plus cet inconnu, il était devenu quelqu’un, Jonathan. Et… Malgré mon annonce un peu brutale concernant le Capitole et tous les doutes qu’elle pouvait légitimement soulever, il acceptait de m’en dire plus. Un sentiment de méfiance me parcourut brièvement avant que je ne relève les yeux pour affronter son regard interrogateur. Un pas, puis un autre… Je m’approchai jusqu’à me trouver à moins d’un mètre de lui. Le crissement de mes semelles sur le chemin s’arrêta et ma voix se fit plus audible.
« Je ne veux savoir qu’une chose… Pourquoi. Pourquoi tu as eu besoin de me dire tout ça ? »

Perplexe quant à ma propre demande, je restai à nouveau en surface, n’osais affronter la vraie question : celle qui me brûlait les lèvres autant que je savais qu’elle pouvait me briser définitivement…
« Ou plutôt… Pourquoi es-tu revenu ? » complétai-je avant qu’il n’ait plus prononcer un mot.

Mes mains se pliaient et se dépliaient au rythme de l’angoisse qui m’envahissait, de la réponse qu’il pourrait m’apporter.
« J’aurais pu te faire tuer ce soir-là… J’aurais pu le faire et j’aurais pu te dénoncer après et pourtant…tu es encore là… »

J’avais besoin de comprendre, de comprendre comment il savait. Comment il avait réussi à me cerner, me connaître sans même rien savoir de moi que nos regards qui s’étaient plongés l’un dans l’autre. Comment il savait que j’étais incapable de lui faire du mal alors que, moi-même, je n’en avais pas été certaine jusqu’à cet instant…










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« Je me souviens de t'avoir entendu dire un jour que grandir, c'est regarder en arrière et regretter de ne pas pouvoir changer le passé. »Extrait de TMI
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Mer 10 Déc - 15:43


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Mais qu'est qui avait bien pu lui passer la tête ? Comment avait-il pu seulement osé donner son véritable nom à Clarissa ? Et si cette dernière n'avait que pour seul but de lui retirer le maximum d'informations au profit du Capitole afin de faire plonger la Rébellion et frapper un grand coup contre eux... Les événements du District 10 avaient déjà prouvé que le Capitole était prêt à tout pour s'en prendre aux rebelles, même à simuler un attentat pour justifier leur croisade contre les défenseurs de la liberté. Cette fille avait le don de lui faire oublier toute responsabilité, avec elle, il redevenait le petit garçon franc et innocent qu'il avait été durant son enfance. Dans un certain sens, devenir rebelle lui avait enlevé l'étincelle de vie qu'il avait porté en lui. Aujourd'hui, il était froid et distant, incapable de ressentir ou plutôt ne voulant plus ressentir quoi que ce soit pour quiconque. Il fallait absolument éviter de se créer des faiblesses... Il avait toujours été éduqué dans cet optique... Dans l'objectif de mener la rébellion à son tour ! En comprenant cela, le garçon ressentit un grand vide en lui. Pour la première fois, il comprenait que toute sa vie n'était qu'une ligne qu'on lui avait déjà tracé, sans lui laisser le moindre choix.
Il s'apprêta alors à faire demi-tour et commença à partir. Ce fut à cet instant qu'il crut entendre la jeune femme l'appeler. Non, ce n'était pas possible, il n'y avait aucune raison pour qu'elle le fasse... Néanmoins, s'il partait maintenant, il s'en voudrait toujours. Après tout, il était arrivé en plein milieu de sa vie pour tout chambouler et lui faire perdre tous ses repères. Un sentiment de culpabilité le prit et pour la deuxième fois, il retourna alors vers la demoiselle, lui proposant de répondre à ses questions.

Comme pour confirmer ses dires, il avait retiré sa capuche, dévoilant son visage à la fille du district 3. Lui qui avait pris l'habitude de cacher ses émotions, cette capuche faisait partie du masque qu'il avait l'habitude de porter. Se dévoiler ainsi lui procura un certain sentiment de malaise... Pour la première fois de sa vie, il se montrait fragile et vulnérable. Même sa mère ne l'avait pas vu dans un tel état de faiblesse ! D'ailleurs, elle lui aurait reproché cet excès d'humanisme... "Un vrai chef sait cacher ses émotions et doit prendre ses décisions pour le bien du plus grand nombre. C'est pourquoi il doit se montrer fort et intouchable !" Au diable tout ceci, aujourd'hui, il avait envie de vivre sa vie ! Seulement aujourd'hui... Il n'était plus un rebelle, il était Jonathan et elle était Clarissa ! Point final ! Cette dernière se rapprocha lentement de lui. Il se surprit lui-même à faire un pas vers elle. Les deux jeunes adultes se retrouvèrent à seulement un mètre l'un de l'autre.


« Je ne veux savoir qu’une chose… Pourquoi. Pourquoi tu as eu besoin de me dire tout ça ? »

La question le prit totalement au dépourvu ! Lui qui s'était attendu à des questions sur d'où il venait, sur la rébellion ou toute autre chose. Son regard dut surement le trahir puisqu'elle le regardait avec perplexité. A moins qu'elle se soit surprise à pauser cette question comme lui avec son aveu de tout à l'heure. Il tenta alors de rassembler ses esprits afin de trouver une réponse, autant pour lui que pour elle. Pourquoi lui avait-il dit la vérité ? Tout simplement parce qu'e c'était la chose à faire... Quand à savoir d'où lui provenait cette sensation ? Il n'en avait aucune idée mais il était encore persuadé qu'il avait fait ce qu'il devait accomplir.
Néanmoins, Clarissa lui posa une deuxième question encore plus troublante que la précédente.


« Ou plutôt… Pourquoi es-tu revenu ? »

Jace tenta de rester le plus impassible possible même si intérieurement, il ne savait pas quoi faire. Ces questions, il se les était posé au moins une bonne centaine de fois sans trouver de réponse satisfaisante. Il n'était pas là pour l'espionner ou récupérer des informations, ni pour essayer d'échapper à sa vie. Il avait juste besoin de venir alors il venait, voilà tout ! Il n'y avait rien d'autre à dire, si ? Clarissa semblait mal à l'aise. Avait-elle peur de ce qu'il pourrait lui dire ? En y pensant, elle serait forcément déçue... Il venait et puis voilà tout !

« J’aurais pu te faire tuer ce soir-là… J’aurais pu le faire et j’aurais pu te dénoncer après et pourtant…tu es encore là… »

Mais tu ne l'as pas fait ! Je suis en vie et les gardes ne sont pas à ma recherche. Tu as eu plusieurs occasions de le faire et pourtant, je suis là... Je crois que je peux dire que... Les mots eurent du mal à sortir mais il finit par avouer. Je savais que tu ne me dénoncerais pas. Je sais que je peux te faire confiance...

Il sortit alors les mains de ses poches et attrapa les mains de la demoiselle avec un douceur insoupçonnée. Il les replaça le long de son corps afin qu'elle arrête de se tordre les doigts à cause de sa propre angoisse. Il laissa néanmoins ses mains dans les siennes et releva les yeux. Il croisa alors son regard. En un instant, il se sentit absorbé à l'intérieur, piégé à l'intérieur de ce qu'on appelait communément les fenêtres de l'âme. Si seulement cet instant pouvait durer éternellement... Mais comme toujours, l'enivrement ne dura qu'un instant...

Je suis revenu parce que... Je devais revenir car... Il se mordit la lèvre, n'arrivant pas formuler cette idée pourtant si simple. Parce que... je devais... Il soupira un instant et détourna le regard afin de trouver le courage de lui avouer. Je voulais savoir comment tu allais, comment tu allais réagir à propos de ce que tu avais appris sur ta famille... En fait, je suis... je suis revenu pour toi... avoua-t-il dans un murmure.

Il resserra sa prise autour des mains de la demoiselle puis lui lâcha les mains. Il garda ses bras le long du corps, les traits tendus par la peur de la réponse qu'elle pourrait lui apporter. Il lui avait dit la vérité... Jonathan savait bien que ce moment finirait par arriver et cette discussion lui faisait prendre conscience des véritables raisons de ses escapades au District 3. Maintenant qu'il avait lâché cette bombe dans la conversation, il préférait ne rien dire de plus avant la réaction de Clarissa.

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Ven 12 Déc - 12:43














 
Des monts et merveilles...
 
~ Faire tomber les masques... ~



 


 
Pas un mouvement, pas un bruit. Le silence était total, il nous avait gagnés comme si ma première question nous avait révélé notre propre incompréhension. Aussi perdu que moi, nous tentions de trouver dans les yeux de l’autre une réponse. Cela était tellement ironique… Deux personnes qui se connaissaient à peine et qui espéraient trouver en l’autre la clé de leur malaise, de leur secret, de leur identité. Ça aurait presque pu être drôle dans d’autres circonstances, si on ne se sentait pas si proches et étrangers à la fois, si nous n’étions pas si différents ou si semblables…

Posé sur moi, son regard perplexe tentait de déchiffrer mon expression, aussi surprise et inquiète que la sienne. Captivée par ses iris d’un bleu si pâle sous la clarté de la lune, je ne percevais pas la lente fuite du temps. J’avais la sensation d’être piégée dans un ailleurs où il n’y avait que nous deux… Un moment de stabilité précaire qui pouvait se briser à tout instant. Notre relation était fragile et nous l’étions tout autant avec nos doutes et nos peurs ; peut-être avions nous défendu nos idéaux trop tôt, avions-nous plongé à corps perdu dans une cause sans comprendre que nous n’avions pas eu le temps de vivre. Finalement, nous avions voulu prendre nos responsabilités avant l’heure et pouvait-on nous en vouloir alors que nous vivions dans un pays manichéen où choisir notre camp était une nécessité de survie.

Face à face, mon cœur s’accélérait lorsque je repensais au contact froid du coupe-papier dans ma main le soir de notre rencontre. J’aurais pu le tuer, je m’en étais sentie capable et je sais que je l’aurais fait sans ciller. Je l’aurais fait sans regret ni vague à l’âme…si ce n’avait pas été lui. Son choix aurait pu lui coûter la vie, le mien aussi lorsque je l’avais laissé s’échapper. Et pourtant, nous étions encore là, ensemble.
       
« Mais tu ne l'as pas fait ! Je suis en vie et les gardes ne sont pas à ma recherche. Tu as eu plusieurs occasions de le faire et pourtant, je suis là... Je crois que je peux dire que... Je savais que tu ne me dénoncerais pas. Je sais que je peux te faire confiance... » finit-il par avouer avec difficulté, presque dans la souffrance.
   
La vérité résonnait, brusque, difficile à entendre. Il était en vie,  je ne l’avais pas dénoncé. [i]*Il pouvait me faire confiance* me redictai-je intérieurement en prenant bien soin de détacher chaque mot pour en comprendre le sens douloureux que je lisais dans son attitude. Cette phrase lui en avait coûté, c’était une évidence. Cet aveu était aussi violent que ce que je venais de saisir : moi aussi, ce soir-là, j’avais senti qu’il n’était pas celui que je croyais. Qu’il n’était pas un ennemi… Ça avait été instinctif, purement irrationnel. Et j’avais toujours haï ce qu’on ne pouvait expliquer par des faits.

Démunie. Tout se mélangeait dans mon esprit, mes mains se tordaient dans un stress dévorant. J’avais l’impression d’être tombée dans un cauchemar dans lequel se mêlait le rêve : l’espoir, l’incertitude, le chaos. Plus aucune frontière ne les séparait. M’étais-je perdue en route ou m’étais-je trouvée ?
                 
« Je suis revenu parce que... Je devais revenir car... » Il se mordit la lèvre, je fronçai les sourcils dans un regard inquiet, je sentais mes mains trembler, j’avais peur de ce qu’il pouvait m’annoncer. Tout à coup, je n’étais plus certains de vouloir connaitre la raison de ses visites. J’avais peur d’être déçue alors que, dans les faits, il n’était rien pour moi. Mais ce n’était pas vrai. La réalité est qu’il avait pris une place primordiale dans ma vie sans même que je ne m’en aperçoive ou plutôt ne veuille l’apercevoir. Et désormais, j’avais peur que ce ne soit pas pareil pour lui… « Parce que... je devais... » Un soupir lui échappa, il détourna le regard et ma tension monta encore d’un cran. Si ce qu’il allait m’annoncer ne reflétait pas ce que j’espérais, que ferais-je… Pourrais-je lui en vouloir ? Je n’en étais pas certaine. « Je voulais savoir comment tu allais, comment tu allais réagir à propos de ce que tu avais appris sur ta famille... En fait, je suis... je suis revenu pour toi... » avoua-t-il finalement dans un murmure qui se perdit dans un sifflement du vent qui se faisait de plus en plus présent.
   

D’abord anxieuse lorsqu’il me dit qu’il était revenu pour observer mes réactions dont j’analysais cette déclaration comme si je n’avais été qu’un cobaye duquel il aurait étudié le comportement suite à un choc émotionnel,  le soulagement me gagna soudain quand cinq petits mots franchirent ses lèvres fines : il était revenu pour moi.

Une sorte de bonheur qui pourtant continuait à évoluer dans un brouillard de sentiments contraires émergea en moi. Je n’avais pas été qu’une occupation, j’avais pris une place dans sa vie comme lui s’était invité dans la mienne. Nous nous étions saisi, apprivoiser inconsciemment, sans même parler de l’essentiel. Aucun mot ne pouvait exprimer ce qu’il s’était passé durant notre rencontre, nos conversations futiles. C’était quelque chose qui n’était pas descriptible, juste un sentiment étrange qui nous avait pris de court et qui prenait à présent une saveur si particulière, délicieuse, maintenant que je savais qu’il était partagé. Je ne comprenais pas ce que c’était, mais je me sentais bien, presque heureuse.

Délicatement, sans que j’ai noté son mouvement, je sentis le contact de sa peau contre la mienne. Ses mains se glissèrent dans les miennes avec une douceur que j’avais du mal à associer à ce jeune homme froid et distant que j’avais pu côtoyer jusqu’à ce soir. Les tenant avec précaution, il posa mes mains le long de mon corps où elles arrêtèrent leurs tics atroces et se resserrent autour des siennes, ce moment ne devait pas s’arrêter.

En harmonie, en parfait osmose. Quelques secondes fugaces mais si enivrantes et spéciales…

Une pression, puis il me lâcha, ses bras retombant le long de son corps filiforme. Le contact rompu, mes mains commencèrent à sentir la morsure du froid tandis que je pouvais encore percevoir le doux frôlement de sa peau contre la mienne. Dans un élan, mes mains s’élancèrent pour attraper les siennes que je refusais de quitter, mes yeux se baissèrent et les mots jaillirent comme une évidence :
       
« J’espérais tellement que tu dises ça…même si je n’en avais pas conscience…
   
Je relevai le visage vers lui, les yeux embués par des larmes dont je refusais qu’elles coulent en dévoilant ma fragilité. Cependant, je savais à présent que rien ne serait plus pareil. Jamais. Avions-nous le droit de tout bouleverser comme ça, d’un revers de main. Nous avions balayé bien des idéaux pour être là, seuls dans la nuit. Mais au diable les conséquences. Peut-être était-ce justement le moment de vivre.
       
« A chaque fois que j’entendais un bruit, que je voyais une ombre, j’espérais te voir depuis cette nuit-là… A chaque fois que j’entendais la détonation de l’arme d’un Pacificateur, j’avais peur que tu n'apparaisses plus… lui dis-je à mi-voix.
   
Mes doigts se glissèrent entre les siens, je fis un pas de plus vers lui. La distance qui nous séparait n’était qu’infime, je pouvais distinguer chacun de ses traits, chacune des petites ridules qu’il avait au coin de yeux, la délicatesse de ses lèvres parfaitement tracées,… Le souffle chaud de sa respiration me caressait la peau. J’aurais aimé que nous restions ainsi pour toujours, juste tous les deux, oubliant Panem et ce que nous étions tous les deux.

Il allait bientôt falloir que je choisisse mon camp, que je me retourne contre le mensonge et la cruauté ou que je décide de suivre la légalité et l’ordre. J’avais tellement peur. Et pourtant avec ses mots, il m’avait délivrée de bien des doutes.
       
« Merci… Merci de m’avoir ouvert les yeux… murmurai-je en serrant nos mains aussi fort que je le pouvais, comme pour me raccrocher à la seule chose vraie de mon existence.
   
Soudain, des bruits de pas un peu plus loin. Immédiatement, je m’éloignai d’un pas et regardai vers la ville. Il devait être tard et connaissant l’heure des rondes, on ne devait pas être très loin de l’une d’entre elles.
       
« On ferait mieux de ne pas rester là… dis-je en me surprenant moi-même du ton qu’avait prit ma voix. Viens.
   

Je tournai talons et commençai à me presser pour que nous rejoignons au plus vite un endroit sûr, un endroit où personne ne saurait que l’alliée venait de passer à l’ennemi.
 


 

 

 
 

 
 

_________________




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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Dim 14 Déc - 21:07


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Ces sentiments contradictoires qu'il avait gardé en lui depuis tout ce temps, toutes les journées passées à douter de ce qu'il pouvait bien faire par la suite. S'il devait avouer ce qu'il ressentait à la jeune femme ou simplement faire passer son devoir avant le reste ? Pendant longtemps, il n'avait pas réussi à faire son choix, oscillant simplement sur la corde tendue entre ses deux gouffres dans lesquels il n'avait pas le courage de tomber... Mais aujourd'hui, les choses avaient changé. Cette discussion l'avait fait réfléchir sur ce qu'il était, sur qui il était et sur ce qu'il ressentait vraiment pour Clarissa. Et la réponse qu'il avait choisi, c'était qu'il allait vivre sa vie ! Depuis trop longtemps, on lui avait imposé sa voie, il était temps que cela change. Néanmoins, il n'envisageait pas de quitter la rébellion ou quoi que ce soit mais cela ne serait plus une entrave pour lui. Il ne s'interdirait plus de vivre à cause de son devoir ! Voilà pourquoi il avait avoué à Clarissa sa raison de sa venue dans le district 3. Il était là pour elle, pour passer du temps avec elle... Maintenant, il fallait savoir comment la demoiselle allait réagir à cette révélation. Il lui avait presque avoué ses sentiments... Que ferait-il si elle le rejetait ? Arriverait-il seulement à le supporter ? Il attendit alors la réponse de l'ingénieur avec une certaine appréhension.
Les mains du jeune rebelle étaient placées le long de son corps après avoir relâchées celles de Clarissa. Néanmoins, elles ne restèrent pas ainsi bien longtemps puisque ce fut cette fois la jeune femme qui plaça ses mains dans les siennes. Le doux contact de ses mains froides contre les siennes firent frisonner le jeune homme. Un vague sentiment de bonheur le parcourut de la tête aux pieds. Jamais il n'avait ressenti tel sentiment et il n'avait pas envie que celui-ci disparaisse comme tous les bons moments qu'il avait passé avec la femme devant laquelle il se tenait maintenant...  Une petite voix s'échappa alors des lèvres de la demoiselle.

« J’espérais tellement que tu dises ça…même si je n’en avais pas conscience… »

Soudain, elle leva des yeux brillants vers Jace qui se sentit toucher comme jamais. Elle semblait si fragile, si douce, si belle entre ses mains. Le temps était comme suspendu en cet instant. Il n'y avait qu'elle... Y avait-il vraiment eu quelqu'un d'autre avant Clarissa ? Cette fille était devenue une part centrale de son monde et il n'était pas prêt à la perdre. Il resserra ses mains dans les siennes, n'osant pas la prendre dans ses bras. Il n'avait pas vraiment l'habitude des contacts humains en fait. Lui qui avait toujours fui les autres...

« A chaque fois que j’entendais un bruit, que je voyais une ombre, j’espérais te voir depuis cette nuit-là… A chaque fois que j’entendais la détonation de l’arme d’un Pacificateur, j’avais peur que tu n'apparaisses plus »

Clarissa s'avançait encore un peu plus vers lui, glissant ses doigts toujours plus étroitement entre les siens. Il pouvait sentir son souffle sur sa peau. A chaque respiration, ses poils se hérissaient sous l'air expulsé par les poumons par la fille du district 3. Néanmoins, ses paroles résonnèrent en lui... Il lui adressa un sourire tout en la regardant avec tendresse. Il sentait son coeur battre avec frénésie dans sa poitrine. Une vague de bonheur semblait le submerger à nouveau.

Avec la Moisson qui approchait, je ne pouvais rien faire... Voir que ton nom n'a pas tiré au sort a été un immense soulagement...

Si cela avait été le cas, il se serait jeté dans l'arène à corps perdu. Quitte à mourir, autant le faire pour elle ! Il resta là à laisser le temps se dilater, profitant de cette proximité qu'il n'avait jamais vraiment goûté. Cependant, au fond de lui, il ressentait de l'inquiétude. Sa vie n'était qu'une corde tendue qui menaçait de rompre à tout instant. Il vivait avec une épée de Damoclès et jamais, il ne voudrait faire vivre cela à Clarissa. Cette voie était celle qui lui avait été imposée peut-être mais jamais il ne l'imposerait à celle qu'il...aimait. C'était bien ça... Il était amoureux de cette fille, il fallait bien qu'il finisse par l'accepter, surtout en cet instant magique.

« Merci… Merci de m’avoir ouvert les yeux…  

Il voulut alors répondre quelque chose mais il fut soudainement interrompu par des bruits de pas. En un instant, Clarissa se détacha de lui. Même si elle se trouvait seulement à quelques mètres de lui, il ressentit comme un grand manque. La joie qu'il avait ressenti tout à l'heure était toujours présente mais leur instant privilégié était maintenant fini. Néanmoins, les choses seraient à jamais différentes maintenant. Ils partageaient bien plus qu'une histoire commune et quelques banalités. Un lien fort s'était tissé entre eux, un lien que Jace n'était pas prêt de vouloir briser. Mais la situation ne se prêtait pas tellement à ce genre de pensées. Jonathan rabattit alors sa capuche sur sa tête. Il était tard, la nuit était tombée et les Pacificateurs ne tarderaient pas à faire leurs rondes. Maudit couvre-feu !

« On ferait mieux de ne pas rester là… Viens.

Elle avait dit ça avec une telle douceur dans la voix. Jamais elle ne s'était adressé à lui de cette façon. Il hocha la tête sous sa capuche et se mit à suivre Clarissa à travers les rues de la vile. Après tout, elle était une habitante du district, elle savait où se rendre pour atteindre un endroit sûr... Après plusieurs minutes de course, ils finirent par atteindre la maison de Clarissa. Ils se précipitèrent alors à l'intérieur et fermèrent la porte. Jace s'appuya contre la porte et prit le temps de retrouver son souffle. Cela ne lui prit pas beaucoup de temps, grâce à son entraînement physique. Néanmoins, cela ne fut pas le cas de la demoiselle qui semblait encore fatiguée par l'effort fourni. Fuir les pacificateurs ne devait pas faire partie de son quotidien...

Mais maintenant une nouvelle question se posait... Qu'allait-il faire ? Il n'avait aucune envie de partir maintenant mais il ne savait pas du tout quoi dire non plus. Il laissa alors le temps à la demoiselle de retrouver son souffle et s'installa sur une chaise qui traînait dans la salle la plus proche. Avant cela, il poussa alors la demoiselle en direction d'un siège pour qu'elle puisse s'asseoir.


On devrait être tranquille ici... Repose-toi ! lui dit-il en souriant. Tu es donc retournée vivre dans la maison de tes parents ? Pourquoi être revenue ici ? Est-ce que cela a un rapport avec ton voyage au Capitole ? demanda-t-il d'un ton inquiet.

Il voulut alors retirer sa capuche mais il se rendit compte qu'il avait déjà fait. En effet, inconsciemment, il l'avait retiré juste après avoir fermé la porte de la maison de Clarissa. Il se sentait en sécurité dans cette maison, en compagnie de Clary. En effet, il lui faisait totalement confiance... Il repensa à la conversation de tout à l'heure et regretta cet instant qu'ils avaient passé au milieu de la rue. Pourquoi fallait-il que les pacificateurs aient tout gâché ? Il ne savait pas s'y prendre avec les gens alors il restait distant, même avec elle. Le prendrait-elle mal ou bien comprendrait-elle ce qu'il ressentait et son malaise. Il ne pouvait détacher son regard d'elle malgré tout. Bien sûr, il était curieux de savoir ce qui la tourmentait. Il pouvait sentir le conflit en elle rien qu'en lisant dans son regard. Mais il ne savait pas quoi faire pour l'aider...

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Mar 23 Déc - 3:06














Des monts et merveilles...
~ Faire tomber les masques... ~






Déjà, la chaleur de son corps si près du mien me manquait. Un vide s’était créé lorsque je l’avais lâché. Le froid et l’humidité de la nuit s’étaient insinués dans les moindres parcelles de mon être en laissant place à un sentiment étrange, un manque que je n’avais jamais ressenti auparavant. Mais l’instant de plénitude était fini, la réalité nous avait rattrapés avec ces pas qui martelaient le sol sur lequel le givre avait commencé à se déposer. Cet instant ne reviendrait plus et je n’avais pas le loisir d’y resonger maintenant, malgré mes doigts qui paraissaient encore sentir sur leur peau la caresse de la sienne.

Dans les rues sombres qui bordaient la zone centrale du District, je me faufilai en courant tel un chat. J’avais souvent erré dans ces lieux quand j’étais plus jeune et que je ne savais à quoi occuper mes journées : j’avais dessiné la plupart de ces recoins dans mon carnet, posé leurs traits à jamais sur le papier. A l’époque, mes rêves imaginaient un rebelle se faire acculer dans telle impasse, un autre mourir sous le joug des pacificateurs à l’angle de cette place qui signait que nous nous éloignons vers les maisons situées les plus en périphérie… Jamais, je n’aurais pu songer qu’un jour je fuirai dans ces mêmes ruelles pour échapper à ceux qui m’avaient nourrie, à ceux qui m’avaient tendue la main quand je m’étais retrouvée seule, à ceux qui avaient fait de ma vie un mensonge.

Sans aucune difficulté, je nous sortis de l’embarras en trouvant un chemin sûr : après tout, je connaissais très bien la plupart des pacificateurs de mon District qui avaient la charge de nous escorter lors de nos visites au Capitole ou encore venaient tester eux-mêmes mes inventions. Cependant, à chaque fois que Jonathan se faisait un peu trop discret dans sa course, mon cœur avait un raté. La peur qu’il ait soudain disparu, au détour d’une allée, me terrifiait. Je n’étais plus prête à le laisser s’échapper de la sorte… Quelque chose s’était passé entre nous, un partage inexplicable, sincère, qu’aucun mot ne saurait décrire et même si cela me terrifiait, je savais que les choses ne seraient plus jamais pareilles entre nous.

Le souffle court, nous arrivâmes bientôt sur le chemin non éclairé qui menait à la maison de mes parents. J’eus beaucoup de mal à garder la même cadence jusqu’à ce que nous puissions atteindre son seuil. Courir ainsi, sous la clarté lunaire et qui plus est pour échapper aux forces de l’ordre, n’était décidément pas mon activité favorite… A peine la porte ouverte, je me précipitai à l’intérieur tandis que Jonathan claquait sans bruit la porte et s’y adossait pour reprendre lui aussi sa respiration. Moi, à un mètre environ de lui, je m’étais appuyée lourdement sur la commode disposée sur le côté de l’escalier, une main posée sur mon flanc gauche. Fichu poing de côté… Cela faisait si longtemps que je n’avais pas fait d’exercice et la situation était un peu…brutale pour s’y remettre !

Au bout de quelques secondes à peine, Jonathan avait l’air parfaitement prompt à entamer de nouvelles péripéties. Ses cheveux blonds dévoilés brillaient d’une nuance d’or qui le rendait encore plus irréel sous la lumière des vieilles ampoules de l’entrée. On ne pouvait pas en dire autant de moi, encore un peu essoufflée et qui tentais de retrouver une contenance à peu près décente après nos aventures. Je pris une grande bouffée d’air quand il s’approcha de moi et qu’il me poussa doucement vers le salon qui faisait également office de salle à manger et de bureau avec tous les dossiers que j’y avais déposés.

Cette pièce, attenante à l’entrée, était modestement meublée : une grande table garnie de six chaises était disposé sur le côté droit et un buffet complétait ce premier ensemble ; le second espace comprenait une télévision de taille moyenne devant laquelle étaient disposés un canapé bordeaux et un fauteuil assorti. Une cheminée complétait la pièce, dans son âtre aucun feu n’avait dû flamber depuis bien longtemps mais, sur le rebord qui la surmontait, on pouvait encore apercevoir les vestiges d’un passé heureux… Quelques photographies d’une autre époque, d’un couple heureux et d’un bébé de quelques mois.

Encouragée par Jonathan, je me glissai dans la pièce sans oublier d’actionner le bouton rotatif de la lumière, petit gadget d’intensité que mes parents ingénieurs devaient avoir pris soin d’installer, et je pris place sur une des chaises au bord de la table rectangulaire. Le jeune rebelle en fit de même.

       
« On devrait être tranquille ici... Repose-toi !  me dit-il m’adressant un sourire sincère. »


Lui rendant un sourire timide, je me rendis compte à quel point tout entre nous avait pu changer en quelques instants seulement. La distance entre nous surtout. Je n’étais pas à l’aise avec le débordement de sentiments que j’avais pu avoir dans cette rue, pourtant je ne regrettais rien. Lui aussi c’était révélé. Il ressentait cette même émotion, cette même impression de pouvoir tout confier à l’autre sans savoir pourquoi. Lui aussi avait senti cette crainte qui me hantait, lors de la Moisson : il avait eu peur pour moi comme j’avais peur pour lui… Même si nous n’étions rien l’un pour l’autre, j’avais ce curieux instinct que ce n’était plus le cas : quelque chose s’était joué dans nos regards, nos paroles, notre échange, même si nous ne parvenions pas encore à savoir quoi.

Pensive alors que le rythme de mes respirations commençait à se régulariser, mes yeux dérivèrent vers la foule de documents posés sur la table. Mes dossiers de travail. Les battements de mon cœur qui avaient eux aussi presque retrouvé leur cadence normale ne firent qu’un bond en songeant que mes précieuses recherches étaient exposées à l’ennemi. Mon expression se figea puis je fermai doucement les paupières pour me ressaisir : l’ennemi était celui pour qui je travaillais, pas la personne à mes côtés. Il me faudrait encore beaucoup de temps pour le réaliser.

         
« Tu es donc retournée vivre dans la maison de tes parents ? Pourquoi être revenue ici ? Est-ce que cela a un rapport avec ton voyage au Capitole ? » ajouta-t-il en reprenant la parole.
   

Sans doute avait-il perçu mon moment de battement car son ton trahissait clairement son inquiétude, surtout sur sa dernière question. Ayant toujours autant de mal à me faire à l’idée que quelqu’un puisse s’inquiéter pour moi, je faillis répondre abruptement mais me retint au dernier moment. Cela aurait été injuste de le punir pour mon incapacité chronique à être en relation avec un autre être humain…

       
« Je suis revenue ici après la diffusion de l’annonce de l’Expiation… Je crois que je n’avais plus rien à faire à l’orphelinat, ce n’était pas chez moi », dis-je sur un ton qui se voulait indifférent mais qui laissait transparaître une certaine nostalgie à qui savait l’entendre.
   

Je posai une main sur la table, elle caressa légèrement la couverture cartonnée d’un dossier… C’était un des projets sur lequel j’étais en train de travailler ou plutôt que je devais perfectionner avant d’en envoyer les plans finaux au Capitole pour la production en masse. C’était exactement le même type d’invention que celle que j’avais présenté ce jour-là… S’il savait… Que se passerait-il ? M’en voudrait-il ? Se détournerait-il de moi ? Après tout, il savait ce que je faisais mais il y avait une différence entre imaginer le travail d’une ingénieure en biomimétisme et voir réellement les engins destructeurs qu’elle était capable de créer. Peut-être certains de ses amis étaient-ils morts sous les balles que j’avais créées il y a déjà deux ans et qui avaient servies de manière efficace dans la capture de cellules rebelles de ce qu’on m’en avait dit pour me motiver à concevoir toujours plus d’inventions meurtrières… Cela faisait tellement d’incertitudes. De plus, que pouvais-je lui révéler qui ne me mettrais pas en danger ? Comment pouvais-je être certaine qu’il fut sincère tout le soir durant avec moi ? Et si je n’étais qu’une mission…

Mon regard se détacha progressivement du dossier dont je continuai à gratter distraitement la couverture pour affronter le regard azur de Jonathan. Pourquoi fallait-il seulement que je vois son visage pour que plus aucun doute ne subsiste sur ses motivations ? L’envie de lui faire confiance me reprit et je commençai, tout en demeurant prudente et distante, ne sachant quelles pouvaient être ses réactions.

       
« Le voyage au Capitole a été…différent... Je m’étais préparée à plein de choses mais pas à ça. Je marquai une petite pause avant de prononcer ce qui me hantait à haute voix.Je...J’y ai revu un ami d’enfance. Muet.
   

Avoir prononcé cela tout haut, sans chichi, me délivra quelque peu. Cela faisait des semaines que ses événements se repassaient en boucle dans mon esprit sans que je ne puisse en parler à personne : je m’en étais sortie par un mensonge éhonté auquel avait participé mon collègue malgré lui. Le silence était de mise sur ce qui s’était réellement produit. Instinctivement, mes poings se resserrèrent. La rage que je ressentais était tellement vive, douloureuse. Je ne savais comment je parviendrais à la canaliser un jour, pourtant c’était une question vitale. Je déglutis en repensant à la scène, à son visage marqué par la souffrance mais aussi la joie de me revoir.

       
« Je m’en veux, mais que puis-je faire pour empêcher cela...
   

C'était vrai, je m'en voulais même si cela pouvait paraître étrange : après tout, je ne l'avais pas dénoncé ni même torturé moi-même. Seulement c'était peut-être mes engins qui avaient servis à lui faire subir tout cela et je ne me le pardonnais pas, même si le masque de mon expression restait impassible.

Mon visage se tourna vers la table et toutes les piles de dossiers accumulés. Même si, en l’état, ils étaient totalement illisibles pour quiconque de par les codes spécifiques que nous utilisions pour sécuriser les informations mais aussi parce que ceux que je sortais du laboratoire ne présentaient qu’une petite partie des projets ambitieux sur lesquels nous travaillions, j’avais tout à fait conscience que la plupart donneraient naissance à des armes efficaces, de nouvelles technologies dévastatrices dont les rebelles ne pourraient que subir les assauts pendant des mois avant de leur trouver une parade, comme à chaque fois… Seulement, pendant ces semaines, ces mois, des rebelles allaient mourir… Peut-être Jonathan… Pantalaimon était sans doute déjà perdu, voire exécuté pour avoir osé toucher à une de leurs précieuses ingénieures… Le Capitole était cruel, mais que pouvais-je y faire…









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★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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« Je me souviens de t'avoir entendu dire un jour que grandir, c'est regarder en arrière et regretter de ne pas pouvoir changer le passé. »Extrait de TMI
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Ven 26 Déc - 18:20


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

En entrant dans la pièce dans laquelle il s'était installé avec la demoiselle, ses réflexes s'étaient exprimés d'eux-même. D'un bref coup d'oeil, il avait observé toutes les issues possibles, où il pouvait se cacher en cas d'attaque, les armes à portée de main et les endroits les plus à découverts. Il en avait aussi profité pour observer ce qui se trouvait dans la pièce. Il s'agissait d'une salle à manger assez imposante où se trouvaient de nombreux dossiers. Disposés sur la table, certains d'entre eux étaient encore ouverts. En passant près d'eux lorsqu'il avait installé Clarissa sur une chaise, il avait tenté de lire ce qu'il y avait à l'intérieur de l'un d'entre eux mais les inscriptions n'avaient pas le moindre sens. Des dossiers codés... Afin d'éviter que n'importe quel petit curieux puisse les déchiffrer. Le Capitole n'était pas prêt à dévoiler ses secrets... Peut-être pourrait-il voler l'un des dossiers présents pour le fournir aux rebelles ? Mais quelles seraient les conséquences pour l'ingénieure du district 3 si on apprenait que l'un des dossiers du Capitole avait été volé ? Il s'installa sur sa chaise tout en observant une nouvelle fois la pièce qui était à présent baignée par la lumière de la lampe qu'avait allumé Clarissa en entrant dans le salon. La pièce comportait une large table avec 6 chaises au total. Un peu plus loin, le garçon put discerner une télévision de taille moyenne devant laquelle étaient disposés un canapé bordeaux et un fauteuil assorti. On était bien loin de la pauvreté de son district d'origine... Lui qui devait chasser pour pouvoir nourrir sa propre famille. Enfin, il remarqua la cheminée sur laquelle était disposés quelques photos. Ayant lu le dossier des Stern, le garçon put reconnaître les parents de Clarissa en compagnie de leur très petite fille. Son regard finit par se porter sur cet enfant, aujourd'hui beaucoup plus âgé mais encore plus belle et magnifique qu'auparavant.
Malgré tous les efforts de la demoiselle, il arrivait à voir en elle. A comprendre sa souffrance qu'elle tentait à tout prix de cacher, cette solitude qu'elle regrettait mais qu'elle avait fini par accepter de peur de souffrir.
Clarissa lui ressemblait tellement, peut-être était-ce pour cette raison qu'il la comprenait si bien ? C'est pourquoi il l'interrogea à propos de son séjour au Capitole. Qu'avait-il bien pu lui arriver pour la faire quitter l'orphelinat ?


« Je suis revenue ici après la diffusion de l’annonce de l’Expiation… Je crois que je n’avais plus rien à faire à l’orphelinat, ce n’était pas chez moi »

Sa voix se voulait aussi neutre que possible mais cela sonna faux aux oreilles du rebelle. Il n'arrivait pas à discerner l'émotion que la voix de la demoiselle avait trahie mais il y avait néanmoins quelque chose. Un mot néanmoins avait retenu toute l'attention du rebelle... L'Expiation... Les Hunger Games... Ces jeux si cruels et horribles que la Capitole avaient créés dans le but de plonger les gens dans la crainte afin de mieux les asservir. Son poing se serra sous le coup de la colère mais le garçon garda un visage de marbre. Il n'avait rien pu faire pour protéger les enfants de son district mais tout ceci s'était transformé en colère contre le Capitole. De toute façon, il ne savait faire que cela. Haïr le Capitole encore et toujours ! Cette haine était son moteur, ce qui lui permettait d'aller toujours plus loin !
Jace ne remarqua pas le regard de la demoiselle vers l'un des dossiers sur sa table. Mais lorsqu'il sortit de ses pensées, il nota tout de même le regard coupable de la jeune femme lorsqu'elle scrutait ses dossiers. Puis leurs regards se croisèrent de nouveau et cela sembla la calmer un petit peu. Jonathan essaya de lui sourire mais cela ressembla plus à un rictus qu'à un sourire sincère. Il n'avait jamais été doué pour se forcer à sourire de toute façon... Mais cela sembla ne pas déranger Clary qui se mit à lui parler de son voyage au Capitole.


« Le voyage au Capitole a été…différent... Je m’étais préparée à plein de choses mais pas à ça. Je...J’y ai revu un ami d’enfance. Muet. »

Cette fois, Jace ne parvint pas à contenir sa colère et son poing s'écrasa lourdement sur la table qui trembla sous l'impact. Plusieurs feuilles tombèrent au sol mais la plupart des dossiers ne furent pas dérangés par cette action. Lui qui était d'habitude si calme, le voilà qu'il laissait sa colère s'exprimer. Le fait que le Capitole fasse souffrir Clarissa ne le laissait pas aussi indifférent qu'il aurait souhaité. Son regard semblait jeter des éclairs pendant quelques instants mais il finit par se calmer et se baissa pour ramasser les papiers qui s'étaient envolés. Il les reposa sur la table sans dire un mot puis resta debout face à Clarissa.

Le Capitole paiera pour toutes les atrocités qu'il a commise ! Je t'en fais le serment Clarissa ! avait-il dit dans un murmure si bas que même la demoiselle eut du mal à l'entendre

Sa voix était ponctuée par la colère encore présente en lui. Même si pour le moment, pénétrer dans le Capitole se révélait être impossible pour les rebelles. Ils finiraient bien par trouver un moyen et frapper un grand coup. Ou peut-être affaiblir le Capitole sans même entrer chez eux... Il y avait une multitude de façons de s'en prendre à eux mais les conséquences d'un tel acte étaient souvent des plus dramatiques... Mais il n'avait pas fait une promesse en l'air... Il ferait tout pour que le Capitole paye pour la souffrance qu'il avait causé à la demoiselle.

« Je m’en veux, mais que puis-je faire pour empêcher cela... »

Elle avait les poings serrés, et malgré son visage impassible, Jace pouvait ressentir la colère et la souffrance qu'elle cachait au fond d'elle-même. Se sentait-elle coupable de ce qui avait pu arriver à son ami ? Y était-elle pour quelque chose ? Avait-elle défié le Capitole d'une quelconque façon pour qu'une telle chose arrive ? Jace avait besoin d'avoir une réponse ! Si elle était en danger, il ne fallait pas rester ici !
Clarissa semblait pensive mais cela n'empêcha pas Jonathan de poser sa question. Mais mieux valait ne pas éveiller les soupçons. Il attrapa une des feuilles qui se trouvait sur la table, un crayon et écrivit quelques mots tout en parlant en même temps.


Ce qui est arrivé à ton ami... Est-ce que le Capitole l'a fait comme représailles envers toi ? As-tu fait quelque chose qui pourrait les faire douter de toi ?

Je suis désolé pour ce qui est arrivé à ton ami, dit-il avec sincérité.

Il rabattit alors sa capuche sur sa tête et jeta un bref coup d'oeil autour de lui. A l'extérieur, tout semblait calme pour l'instant. Mais si le Capitole avait des doutes sur la demoiselle, elle pouvait très bien être espionnée ou bien des micros pourraient être placés chez elle ! Il se leva tranquillement et se rapprocha de Clarissa. Il lui tendit la main pour l'aider à se lever puis déclara sur un ton plutôt tranquille.

Tu es sure que tout va bien ? Tu m'as l'air soucieuse... Si tu as un problème, tu peux me le dire tu sais !

Et s'il y avait un problème, il fuirait sans hésiter, malgré le couvre-feu et tout le reste. Il n'avait pas envie de se faire piéger ici par le Capitole. Si Clarissa était espionnée malgré elle, cela pourrait le compromettre. Mais si elle était de mèche avec eux... Si cette histoire n'avait fait que remettre en cause ses doutes sur le Capitole... Non, en la regardant, il ne pouvait pas s'empêcher de lui faire confiance. Si les lieux étaient placés sur écoute, se serait malgré elle, il n'avait aucun doute là-dessus.
En tout cas, il tenait toujours la main de Clarissa dans la sienne. Le contact de sa main dans la sienne avait quelque chose de rassurant. Sa crainte de se faire démasquer lui semblait futile maintenant. Il pourrait très bien rester ici... Le Capitole avait bien d'autres choses à faire que d'espionner une fille du 3e district ! Mais il était un rebelle malgré tout et même s'il s'était promis qu'il profiterait de cette soirée, il ne pouvait pas se permettre de se laisser capturer. Puis au pire, cela n'était qu'un peu de paranoïa et la discussion reprendrait normalement.

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
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★ Âge : 20 ans
☆ Surnom : Clary
★ Occupation : Ingénieure en biomimétisme
☆ Humeur : Perdue
☆District : Trois

○ Points : 870
○ Barre de vie :
200 / 200200 / 200


May the odds be ever in your favor
Compétences:
Talents:
Inventaire:


MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Jeu 22 Jan - 23:42














Des monts et merveilles...
~ Faire tomber les masques... ~






Une page après l’autre, je cornais les feuilles d’un dossier de ma main gauche posée sur la table. Réflexe purement nerveux, il catalysait toute l’angoisse placée dans les paroles que j’avais enfin osé prononcer tout haut. Même après ce qu’il s’était produit dans cette rue sombre, la difficulté que j’avais à lui confier quelque chose d’aussi intime que cette culpabilité qui me rongeait en silence était belle et bien présente. Mes principes avaient la vie dure, presque vingt ans d’endoctrinement ne pouvaient s’oublier d’un battement de cil et la sensation de me livrer à l’ennemi hantait mon esprit.

Faisant tout pour ne pas croiser son regard comme si je craignais d’y lire un jugement, j’étais perdue dans le gouffre de mes pensées quand un choc fit trembler la table et que je sursautai. Redressée d’un bond sur ma chaise, mes bras s’étaient plaqués le long de mes flancs tandis que mes mains s’étaient crispées autour de l’assise de ma chaise : prête à reculer sur la défensive. Mon corps dans une tension infâme avait figé toute son attention sur Jonathan. Son regard sombre ne faisait aucun doute quant à ce qu’il devait penser de ce que je lui avais confié. Immédiatement, je m’en voulus. Tout dans son attitude me prouvait que je ne le connaissais pas, que je ne devais pas me fier à lui, que je devais le fuir… Pourtant, comment aurait-il pu réagir autrement alors que je lui parlais d’une personne qui défendait la même cause que lui ? J’avais mal pris en compte les données, j’avais oublié la plus basique des précautions : poser une hypothèse plausible sur sa réaction… J’avais été imprudente et soudain, je me pris à me demander si j’allais en payer le prix, d’une façon ou d’une autre.

« Le Capitole paiera pour toutes les atrocités qu'il a commise ! Je t'en fais le serment Clarissa ! », dit-il dans un souffle si bas que j’eus du mal à en comprendre tous les mots.

Sa mâchoire était serrée, ses yeux laissaient échapper toute la foudre de sa haine. Les mots avaient filé entre ses lèvres, tirade assassine. C’était la première fois que j’observais cette facette de lui : il était toujours resté d’un calme froid qui avait le don de me rassurer là où elle aurait inquiétée bien des personnes. Cependant, je n’étais pas ces personnes. Moi j’appréciais les gens peu expressifs, ceux qui savaient garder leurs pensées pour eux et qui prenaient le temps de peser chaque parole avant de la prononcer tout haut. C’était une retenue que peu savait conserver, une retenue que je considérais comme une qualité. Seulement, son masque si parfait venait de se fêler. Sans prévenir, pour un simple aveu d’une fille qu’il connaissait à peine. Je me pris à songer qu’il ne vivrait pas longtemps en rebelle s’il n’arrivait pas à cacher ses émotions mais au fond, je n’en savais rien. Je ne connaissais rien aux rebelles, je ne le connaissais pas…

Cette explosion m’avait déstabilisée tant et si bien que je ne vis les feuilles du projet DeltaX120 sur le sol que lorsqu’il se baissa pour les ramasser en vrac. J’aurais dû lui les prendre des mains, protéger mes recherches mais je ne bougeais pas, perdue dans mes réflexions. Toute cette soirée aurait été impensable il y a encore quelques mois, elle me semblait encore plus irréaliste alors que j’avais du mal à saisir pourquoi je l’avais provoquée… Rien dans cette pièce ne me ressemblait ou, plutôt, ne ressemblait à la Clarissa que j’avais été si longtemps. Quant à ce scénario qui se jouait autour de moi, il était encore plus grotesque. Non. Il aurait été grotesque si je n’avais pas appris toute la vérité.

Doucement, je me ressaisissais même si je ne parvenais pas à me détendre totalement. En effet, un seul coup d’œil au jeune homme qui semblait avoir bien du mal à retrouver sa contenance, comme si lui-même était surpris de ce débordement, suffisait à vous glacer suffisamment à donner une bonne raison de rester sur le qui-vive. Un bref instant, son regard fureta dans la pièce. Je fronçai les sourcils, ne comprenant ce qu’il tentait de distinguer. D’un geste rapide, il attrapa alors une des feuilles qu’il avait reposée à sa place et la retourna à la hâte pour y inscrire quelques mots avec un vieux crayon complètement grignoté qui trainait là. A quoi jouait-il ? Ma bouche s’ouvrit pour le lui demander mais déjà, faisant comme si de rien n’était, il continua à parler tout en me tendant le papier sur lequel je pus lire :

Ce qui est arrivé à ton ami... Est-ce que le Capitole l'a fait comme représailles envers toi ? As-tu fait quelque chose qui pourrait les faire douter de toi ?

Sur le dos blanc de la feuille, ces mots d’une écriture fine, rapide et nette me criaient dans un langage feutré l’angoisse silencieuse qui venait de le saisir suite à ma confidence. Comment prendre ces quelques phrases alors qu’il m’assurait en même temps à voix haute pour masquer cet aveu écrit :

« Je suis désolé pour ce qui est arrivé à ton ami ».

Son ton doux était sincère. Seulement, quand je le vis relever sa capuche pour à nouveau se dissimuler à mon regard qui se faisait de plus en plus inquisiteur, mon cœur se serra avant qu’un doute commence à m’envahir insidieusement. Ses écrits et ses paroles contrastaient, n’avaient pas la même substance… Entre ses lettres couchées sur le papier et son comportement qui s’était brusquement modifié, le doute n’était pas permis : il se tenait prêt à fuir.. Pensait-il qu’il craignait quelque chose chez moi ? Croyait-il que j’étais capable de nous avoir ramenés ici si nous y courions le moindre danger ? S’il y courait le moindre danger… Mon regard scrutait sa silhouette à la recherche de réponse tandis que ma main restait posée sur le papier : cela pouvait signifier tellement de choses… Un doute, une peur l’habitait et dirigeait le moindre de ses faits et gestes. Il n’était plus ce garçon qui avait entrouvert la porte vers sa véritable nature un peu plus tôt dans la soirée.

Puis le fracas me revînt en tête, sa voix dans un murmure. Deux personnes différentes s’étaient présentées devant moi ce soir : un jeune homme rebelle qui m’avait enfin montré un peu de lui et un autre, plus inquiétant. Cependant, au fond il s’agissait peut-être bien de la même personne. Jusqu’à présent, je n’avais jamais vu derrière le voile qu’il posait entre nous. Aujourd’hui, il s’était soulevé à plusieurs reprises… Et lors d’une d’elle, il avait osé jurer venger le mal qu’on m’avait fait. On se connaissait à peine, j’avais tellement de mal à comprendre. Plus que cela, c’est de savoir que j’aurais fait la même chose pour lui qui m’interpellait.

Instinctivement, je lui répondis :
« Ne sois pas désolé, il avait fait son choix… », dis-je en tentant de garder une voix calme et posée bien que l’émotion me gagnait au souvenir de mon ami.

Ce n’était pas tout à fait vrai. Il avait fait le choix de risquer sa vie, il avait dû assumer d’être Muet pour le tort qu’il avait causé au Capitole : c’était sa sentence et je savais qu’il la connaissait avant même de s’engager. Malheureusement, ce n’était pas son engagement qui lui avait coûté la vie. Bien que je n’en sois pas sûre, c’était l’issue la plus probable à ce qu’il s’était produit lors de ma visite au Capitole. J’en sortais renforcée, avec une confiance accrue de mes supérieurs, tandis que lui avait dû être puni… Peut-être jusqu’à la mort. Mais cela, je ne savais si j’étais prête à le dire, à qui que ce soit. Pour l’instant, c’était mon infâme secret.

Le jeune rebelle finit par se lever, fin et svelte, sa silhouette cacha un instant la douce lumière de la pièce pour ne laisser apparaître au-dessus de moi que son visage encapuchonné. Je me pris à songer à quel point j’étais vulnérable, à son jugement qui pourrait s’abattre à tout instant sans que je ne puisse l’anticiper. Une petite voix me murmurait qu’il ne me ferait rien, pas plus que moi lors de notre rencontre. Je ne pouvais que compter sur elle, sur cette intuition futile et bien que cela me terrifiait, je laissais mes instincts me guider. Il avança tranquillement vers moi, me tendit sa main dans laquelle je glissais la mienne. Il me tira délicatement vers lui, m’aidant à me lever. Nous étions à nouveau si proches et pourtant tout était si différent cette fois-ci. Près de lui, je me sentais en sécurité malgré tout ce qu’il représentait. C’était à moi de lui prouver qu’il était en sécurité maintenant.

« Tu es sûre que tout va bien ? Tu m'as l'air soucieuse... Si tu as un problème, tu peux me le dire tu sais ! », me dit-il tout bas.

Mes lèvres s’étirèrent dans un léger sourire, totalement sincère ce qui était bien rare sur mon visage d’orpheline méfiante et solitaire. Ma main se détacha de la sienne une nouvelle fois et je me dirigeai vers ma sacoche que j’avais laissée dans l’entrée. J’en sortis un petit instrument métallique, un boîtier simple en apparence avec seulement un cadran et une molette centrale. Puis je l’enclenchai. Il émit un léger grésillement, déclenchant la recherche automatique. Il grésilla encore un instant, analysant toutes les fréquences. J’avançai vers la salle à manger dans laquelle nous nous trouvions et bien que je sache que sa portée était d’une dizaine de mètres, je ne fus sûre que lorsque le voyant vira au vert. Parfait.

Je tendis l’objet à Jonathan et détaillait :

« On peut parler librement. J’ai fabriqué ce truc et je le mets régulièrement à jour pour qu’il capte le maximum de fréquences possibles… Avant je l’enclenchais quand j’allais quelque part où je pensais qu’il pouvait y avoir des rebelles : je pensais pouvoir débusquer leurs micros. Finalement, il capte aussi ceux utilisés par les Pacificateurs. »


Nous étions en sécurité chez moi. Jamais je n’aurais emménagé dans cette maison si je n’étais pas certaine que j’étais capable de la sécuriser entièrement. Bien entendu, je ne comptais pas révéler tous les petits gadgets de ce genre qui m’aidait à en contrôler l’accès, cependant je le sentis se détendre à mon annonce. Je me rapprochai de la table et caressait le mot soupçonneux du jeune homme sans le regarder.

« Je n’ai rien fait au Capitole, ce n’était pas des représailles. Comme je te l’ai dit il avait fait son choix, mais je ne suis pas innocente non plus…. »


Ma voix s’était éteinte, je n’étais pas fière de moi. Je pris une grande inspiration avant de continuer, toujours sans oser croiser son regard :

« Je suppose que si tu sais qui sont mes parents, tu sais aussi beaucoup de choses sur moi. Donc tu dois savoir que je travaille en tant qu’ingénieure, spécialisée en biomimétisme pour les recherches les plus poussées. ».


Les paroles restaient coincées dans ma gorge. Il devait savoir. Je ne voulais pas d’une déception s’il fuyait le jour où il comprendrait ce que je faisais réellement. Non, il fallait qu’il l’apprenne ce soir. Il fallait qu’il sache : il m’avait révélé son prénom et si je supposais qu’il m’avait fait confiance en me donnant sa réelle identité alors je lui devais la vérité aussi. Il était une chose de connaître l’intitulé du travail de quelqu’un, s’en était une autre de savoir ce qu’elle était capable de créer dans l’univers froid et impersonnel de son laboratoire. Il me fallait affronter ce que j’avais été jusqu’à présent et ce que je serai forcée de continuer à être si je ne voulais pas mourir pour trahison.

« Est-ce que tu sais en quoi ça consiste ? », lui demandai-je d’une voix sourde avant de me retourner pour lui faire face. Est-ce que tu sais ce que je crées pour le Capitole ? »


Dos à la table, les mains posées sur le rebord derrière moi, je me sentais acculée. Il était hors de question de reculer. Je voyais une étincelle d’incompréhension dans son regard soudain curieusement interrogateur. *Où veut-elle en venir*. Voilà sans doute la question qui s’imposait à lui.

« Il faut que tu saches, il faut que je sache si tu es capable d’accepter… Parce que si le Capitole peut nous faire du mal, c’est à cause de personne comme moi. », terminai-je sur une note froide.


Avec force, j’avais tenté de rester forte durant toute ma tirade. Seulement, il avait exprimé tant de haine, une violence à peine dissimulée à l’encontre du Capitole. Il oubliait que j’étais comme eux, que j’avais été comme eux et que j’allais continuer à l’être pour ma survie. Même si l’idée qu’il puisse fuir immédiatement me terrifiait pour une raison qui m’échappait, je lui devais l’honnêteté : la même qui l’avait poussé à me tendre un dossier qui avait changé mon existence. Maintenant, c’était à lui d’avoir toutes les cartes en main pour savoir s’il voulait risquer de bousculer la sienne pour nos rencontres, pour moi…









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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Sam 31 Jan - 19:40


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
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Deux sentiments contradictoires se confrontaient à l'intérieur de Jonathan alors qu'il tenait la main de Clarissa. Etait-il en danger ? Le Capitole pouvait très bien envoyer des Pacificateurs pour envahir la bâtisse d'une minute à l'autre dans l'espoir de l'arrêter et vu la configuration actuelle, il n'aurait que peu de chances de s'en sortir sans dommage. Cette crainte se répercutait en lui, mettant en tension tous ses muscles, prêt à bondir sur le moindre élément suspect. Néanmoins, le doux contact de la main de la demoiselle dans la sienne avait fait remonté en lui des sentiments qu'il avait toujours cru pouvoir contrôler. Cette fille, il n'avait jamais été aussi vulnérable qu'en sa compagnie... Il s'était plus dévoilé en une soirée que durant tout le reste de son existence. Lui qui avait toujours considéré l'attachement comme une faiblesse, voilà qu'il tenait à cette fille plus que ce qu'il avait bien voulu admettre. Ce sentiment le poussait à faire confiance à Clarissa, à se sentir en sécurité ! Tiraillé par ses deux pensées contradictoires, il n'attendait qu'un mot, qu'une réponse de la part de la brune qui lui tenait la main. Seulement un mot et il ferait ce qu'elle lui dirait... Le rebelle était à sa merci, suspendu à ses lèvres.

La jeune femme avait elle aussi son moment de faiblesse. Il l'avait senti lorsqu'elle avait parlé de son ami. Elle qui avait voulu se montrer impassive, n'avait pas pu contrôler le tremblement de sa voix. Cependant, il n'avait ressenti aucune colère, seulement l'expression d'une tristesse que l'on tentait de dissimuler. Cette part d'humanité chez l'ingénieure le poussa à rester, serrant un peu plus sa main dans la sienne, comme pour lui souligner sa présence. Caché derrière sa capuche, son regard était emprunt d'une tendresse infini. Mais comme toujours, cela ne dura qu'une seconde et lorsque la demoiselle retira sa main de la sienne, cette impression de sécurité disparut immédiatement. Qu'allait-elle bien pouvoir faire ? Malgré son sourire, la demoiselle se dirigea vers la sacoche pour en sortir un objet. Par pur réflexe, il sortit immédiatement son poignard attaché à sa ceinture, prêt à se défendre. Le rebelle avait repris le dessus sur l'homme, la survie étant plus importante que ce que son coeur voulait désespérément lui faire comprendre.

Il vit alors qu'elle tenait un instrument métallique dans la main. Un simple boîtier avec un cadran et une molette. Qu'une ingénieure puisse posséder une technologie aussi rudimentaire ... Cela cachait forcément quelque chose. Sa garde se resserra autour du manche de l'arme qu'il tenait. Soudainement, son regard croisa celui de Clarissa et il put y lire un sentiment qui le déchira de l'intérieur. Pendant l'espace d'une seconde, il y avait vu de la peur puis de l'incompréhension. Nulle trace de haine, seulement cette peur de se sentir brusquement trahi. Le poignard tomba alors sur le sol. Jace resta debout devant la fille du 3, incapable de bouger. Son arme se trouvait à ses pieds. Etait-ce qu'avait ressenti Clarissa le jour où elle avait tenté de le tuer ? Avait-elle souffert comme lui en cet instant ? Derrière sa capuche, une fine larme coulait de son oeil droit.
Pendant ce temps, l'appareil se mit alors à grésiller entre les mains de la femme qui se tenait non loin de lui. Elle se rapprocha tout près de lui, lui montrant l'appareil pour qu'il puisse le prendre, lui montrant le voyant vert.


« On peut parler librement. J’ai fabriqué ce truc et je le mets régulièrement à jour pour qu’il capte le maximum de fréquences possibles… Avant je l’enclenchais quand j’allais quelque part où je pensais qu’il pouvait y avoir des rebelles : je pensais pouvoir débusquer leurs micros. Finalement, il capte aussi ceux utilisés par les Pacificateurs. »

Tout ceci lui semblait si loin, cet appareil qu'il tenait dans les mains. Il le vérifia distraitement. Ses connaissances en conception auraient pu lui permettre de prouver les dires de Clary mais il se contenta d'un bref coup d'oeil avant de le lui rendre. Comment pouvait-elle se trouver encore devant lui alors qu'il avait sorti une arme devant elle ? A cet instant, Jace oublia que la situation inverse avait eu lieu lors de leur première rencontre. Mais, en voyant le regard de Clarissa lorsqu'elle avait sorti son arme, il avait vu en elle. Il avait compris qu'il ne risquait. Son instinct lui avait dit qu'il pouvait lui faire confiance. Mais aujourd'hui, il avait préféré ignorer cette voix et il avait failli s'en prendre à la personne qui comptait le plus à ses yeux.

Je suis désolé... murmura-t-il pour lui-même.

Clarissa entendit peut-être ses excuses mais elle ne fit rien de plus. Elle continua de se comporter comme si rien n'avait eu lieu. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Il avait pourtant lu la peur dans ses yeux. Jamais il n'oublierait ce qu'il y avait vu. Pourrait-il seulement se pardonner un jour ? La jeune femme se tenait près de la table ou traînaient tous ses papiers. Jace se baissa pour ramasser son arme et la rangea avec difficulté. Il écouta néanmoins ce que la jeune femme avait à dire.

« Je n’ai rien fait au Capitole, ce n’était pas des représailles. Comme je te l’ai dit il avait fait son choix, mais je ne suis pas innocente non plus…. »

Est-ce que Clarissa lui en voulait d'avoir fait ça ? D'avoir sorti son arme ? Peut-être était-ce plus facile pour elle d'ignorer ce qui venait de se passer... Instinctivement, il avait reculé face à Clary. La peur de la blesser s'était emparée de lui jusqu'à le contrôler comme un pantin. Encore une fois les mots de la demoiselle résonnèrent en lui sans laisser la moindre empreinte. Il se sentait vide... Son incapacité à faire face à ses sentiments se retournait contre lui.

« Je suppose que si tu sais qui sont mes parents, tu sais aussi beaucoup de choses sur moi. Donc tu dois savoir que je travaille en tant qu’ingénieure, spécialisée en biomimétisme pour les recherches les plus poussées. ».

Cette fois, les mots de Clarissa l'atteignirent. Cette fois, il comprenait où elle voulait en venir. Elle voulait lui faire des aveux... Elle devait croire qu'elle lui devait des explications... Lui prouver qu'elle était digne de confiance, qu'elle était prête à lui dire ce qu'elle faisait. En définitive, il avait bien vu de la peur dans le regard de Clary et cette dernière s'était sentie coupable d'avoir suscité cette réaction craintive chez Jace, le poussant à sortir son arme. De nouvelles larmes se mirent à couler sous la capuche du jeune garçon. Il sentit alors la tension dans la voix de la femme, elle avait du mal à lui dire la vérité. Même si Jace savait déjà en quoi consistait le travail de Clary, il ressentit lui aussi une certaine gêne à ce qu'elle veuille le formuler à haute voix.

« Est-ce que tu sais en quoi ça consiste ? Est-ce que tu sais ce que je crée pour le Capitole ? »

Encore une fois, Jace resta impassible, regardant la jeune femme à travers ses yeux humides, caché derrière sa capuche. Un lueur d'incompréhension brillait dans son regard au milieu de ses larmes. Pourquoi est-ce qu'elle lui disait tout cela maintenant ? Pourquoi lui dire des choses qu'il connaissait déjà ? Il avait fait des recherches sur elle, il connaissait son travail mais il avait compris qu'elle faisait cela uniquement à cause d'un mensonge colporté par la Capitole. Alors pourquoi ? Et bien, la réponse à sa question ne se fit pas attendre...

« Il faut que tu saches, il faut que je sache si tu es capable d’accepter… Parce que si le Capitole peut nous faire du mal, c’est à cause de personnes comme moi. »

Sans même comprendre pourquoi ni comment il s'était retrouvé là, il serra alors la jeune femme dans ses bras. Sa capuche retomba sur ses épaules, dévoilant Jonathan le visage encore marqué par les larmes qui avait coulé le long de ses joues. Il serra alors la jeune femme contre lui, se rassurant de sa présence, tout en se faisant la promesse intérieure que plus jamais, il ne douterait d'elle. Qu'à partir de cet instant, il ne lèverait plus jamais sa lame contre elle. Toujours serré contre elle, il lui répondit d'une voix pleine d'émotion.

Je sais qui tu es Clarissa... Je sais quel est ton travail mais je sais aussi que le Capitole t'a corrompu et t'a menti pour faire de toi une arme pour détruire ceux qui peuvent sauver Panem... C'est pour cette raison que j'ai jugé qu'il était normal que tu connaisses la vérité.

Il fit une courte pause avant de se détacher de leur étreinte mais il attrapa tout de même la main de la demoiselle. Son visage arborait un faible sourire, ses yeux étaient encore un peu rouges et ses joues humides mais il se tenait face à Clarissa sans porter le moindre masque. Elle avait brisé cette armure autour de son coeur, il était là, à sourire devant quelqu'un.

Je suis désolé de t'avoir menacé tout à l'heure... J'ai eu peur de ce que tu pouvais bien cacher dans ta sacoche et je me rends compte...que j'aurais du te faire confiance...

Sa voix avait diminué sur la fin de sa phrase et il passa une main sur son visage pour essuyer les traces qu'avaient laissées ses larmes. Son visage reprit alors un expression plus neutre, néanmoins son sourire ne disparut pas totalement. Il serrait la main de Clarissa dans la sienne, ne voulant pas rompre ce contact qu'il avait en réalité si longtemps cherché. Ce qui avait pu se passer tout à l'heure n'avait rien de comparable... Cette présence lui permit de reprendre le contrôle de lui-même et au bout de quelques minutes, il finit par réfléchir. Cependant, une question lui brûlait les lèvres et il ne put s'empêcher de la poser. Son sourire disparut et son regard se fit plus sérieux.

Que comptes-tu faire maintenant ? Maintenant que tu sais ce dont le Capitole est capable...

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Dim 1 Fév - 21:40












Des monts et merveilles...
~ Faire tomber les masques... ~






La lame. Si discrète, si fine, particulièrement tranchante. Même de là où je m’étais tenue, j’avais pu noter toutes ses spécificités. C’était une habitude chez moi de m’attarder sur tous les détails, même quand le danger m’assaillait. J’avais eu peur, j’avais cru qu’il était capable de bondir vers moi d’une seconde à l’autre, j’avais cru qu’il serait capable de me tuer… Tout comme moi, j’avais cru être capable de l’éliminer le soir où mon coupe-papier s’était levé vers lui. Seulement, c’est le son mat de la dague tombant sur le parquet qui mit fin à cette seconde de terreur qui m’avait figée, laissant place à une incompréhension telle que j’avais eu du mal à la dissimuler. Pourtant, comment pourrais-je le condamner ? Hormis cet instant hors du temps, rien ne nous laissait quoi que ce soit auquel nous raccrocher, aucune preuve que nous puissions avoir confiance l’un en l’autre.

En fait, rien n’avait changé. Dans son esprit, j’étais toujours l’ingénieure du Capitole : celle qui était fidèle aux principes odieux d’un régime totalitaire, celle qui n’hésiterait pas à le livrer pour le mal que les rebelles lui avaient fait subir,… Seulement, cette fille-là avait disparu en même temps que le mensonge avait laissé place à la vérité. Au plus profond de moi, j’étais désormais certaine que l’ancienne Clarissa ne pourrait plus jamais refaire surface, qu’elle ne défendrait plus jamais les intérêts du Capitole. On m’avait enseigné des valeurs, qui autrefois avaient servi le côté sombre à me contrôler, or aujourd’hui elles se retournaient contre lui mais aussi contre moi-même. Il avait eu ce doute infâme, cruel. Et c’était ma faute en quelque sorte.

C’est pour cette raison que j’avais ravalé mes émotions. J’avais fait le choix de faire comme si rien ne s’était passé parce qu’il avait le droit de réagir ainsi : c’était même un devoir pour lui, pour sa survie. Même si j’étais blessée, je ne pouvais qu’accepter et comprendre sa réaction… Même si j’avais mal…

Pendant que mon regard scrutait le visage de Jonathan assombri par l’ombre de sa capuche, je sentais tout le courage qui m’avait pris en lui posant cette difficile question se déliter. J’avais besoin de savoir, surtout après ce qu’il venait de se passer, après ses excuses qu’il avait bredouillé avec tant de sincérité. Il fallait qu’il soit certain de pouvoir passer au-delà des préjugés qui devaient le ronger à mon sujet. La seule chose que je désirais plus encore que de trouver une solution à ce cauchemar qu’était devenu ma vie était qu’il soit capable de m’accepter telle que j’étais. Cela impliquait toutes les horreurs que j’avais faites et celles à venir…

Des larmes coulaient sur ses joues. Il essayait de les cacher à mon regard, pourtant je les voyais et ne savais si elles devaient m’effrayer encore davantage ou si c’était un aveu de son impuissance face à ce qu’il se passait entre nous. D’ailleurs, que se passait-il réellement entre nous ? Mes mains se détachèrent de la table, je fis un pas vers lui. Ce n’était pas conscient, pas voulu, pourtant j’avais fait un pas vers lui avec tout ce que cela impliquait : je me jetais dans la gueule du loup en pleine connaissance de cause. J’étais peut-être folle, peut-être qu’il allait à nouveau dégainer son poignard ou peut-être… Sans que je ne le vois venir il se lança en avant vers moi et j’eus un mouvement de recul. Mes hanches heurtèrent la table et une vive douleur déchira mes lombes un instant mais déjà des bras tendres m’entrainaient dans une étreinte rassurante. Mes bras s’étaient levés dans un réflexe de défense alors que les siens s’étaient enroulés autour de mon corps frêle. Qu’étais-je censée faire ? Qu’est-ce que les gens attendaient qu’on fasse dans ce genre de situations ? Je n’étais pas habituée à ce genre de contact, à cette proximité qui me donnait l’impression qu’un piège venait de se refermer sur moi. Mon regard furetait dans tous les sens, à la recherche d’une solution lorsqu’elle parut tout naturellement dans une voix tremblante. Une voix torturée et pleine de sentiments déchirants que je ne lui connaissais pas.
       
« Je sais qui tu es Clarissa... Je sais quel est ton travail mais je sais aussi que le Capitole t'a corrompue et t'a menti pour faire de toi une arme pour détruire ceux qui peuvent sauver Panem... C'est pour cette raison que j'ai jugé qu'il était normal que tu connaisses la vérité.
 
Mes mains s’étaient doucement relevées vers ses poignets sur lesquels elles s’étaient posées avec douceur tandis que mes pupilles pouvaient à présent distinguer tous les traits de son visage, crispés dans une affreuse douleur. Ses paroles auraient pu être réconfortantes si je n’avais pas eu peur qu’elles cachent un déni de mon passé. Le Capitole m’avait menti, c’était servi de moi : cela ne faisait aucun doute. Seulement, c’est moi qui avais décidé de faire de son mensonge ma réalité et de bâtir sur lui le seul but de ma vie. D’autres auraient choisi de construire leur existence loin de tout cela, loin des rebelles et du Capitole, de ne pas entrer dans la bataille. Moi j’avais pris la décision de me jeter à corps perdu dans cette guerre, sans chercher à creuser davantage les dires sur lesquels j’avais construit ma haine et mon désir de vengeance car c’était cela mon adrénaline. J’étais coupable, il fallait qu’il arrête de me chercher des excuses…
       
« C’est moi qui ait choisi de prendre part à la guerre, même si c’était à cause d’un mensonge… murmurai-je.
 
Le corps de Jonathan se détacha doucement du mien, créant à nouveau un fossé entre nous que je crains avoir provoqué par ma remarque. Cependant, sa main se glissa dans la mienne et je sus qu’il était sincère. Il ne cherchait pas à me trouver d’excuse, juste à trouver les mots justes. Un faible sourire éclaira sa mine ravagée par les larmes.
       
« Je suis désolé de t'avoir menacé tout à l'heure... J'ai eu peur de ce que tu pouvais bien cacher dans ta sacoche et je me rends compte...que j'aurais dû te faire confiance...
 
Sa voix s’était brisée sur la fin de sa réplique. Il s’en voulait alors qu’il n’aurait pas dû. C’était lui qui m’avait sorti de l’impasse dans laquelle je me trouvais, c’était lui qui m’avait ouvert les yeux et pour quoi ? Il n’avait fait que risquer sa vie pour moi jusqu’à aujourd’hui sans jamais se poser de questions, sans jamais redouter que je ne le trahisse jusqu’à ce soir. Je ne pouvais que comprendre son geste. Ma main se serra autour de la sienne pendant que les mots peinaient à franchir mes lèvres. Imperceptiblement, mon corps se laissait aller vers lui et je tentais de distinguer la moindre de ses expressions que je sentais si rares. Ce sourire contrastait tant avec ses joues baignées de larmes qui brillaient sous la lumière pâle de la pièce… Il essaya de les effacer et je posai ma main sur la sienne, caressant sa joue pour ôter définitivement toute trace de chagrin de son être. Mon cœur se serra à l’idée qu’il puisse souffrir. Je ne comprenais pas ce sentiment… Ma main glissa doucement sur sa joue… Mes yeux se plongèrent dans les siens. C’est alors que le sourire disparut et que les mots tant redoutés franchirent ses lèvres :
       
« Que comptes-tu faire maintenant ? Maintenant que tu sais ce dont le Capitole est capable...
 
Un tremblement me prit. Discret, mais tellement représentatif de ce qui m’envahissait. Mon index glissa jusqu’à ses lèvres pour s’y poser comme pour en implorer le silence.  Il n’y avait pas de bonne réponse à sa question, pas de réponse vraie et authentique qui puisse lui plaire, pas d’échappatoire qui puisse me laisser esquiver sa demande. Les larmes me montèrent aux yeux : il fallait qu’à mon tour, je lui fasse confiance. C’était tellement difficile quand on n’avait jamais que compté sur soi-même… Il fallait que j’exprime à voix haute la seule solution qui s’offrait à moi, même si elle me terrifiait.
       
« Je crois que je n’ai pas le choix… lâchai-je dans un souffle.
 
Je me laissais aller contre lui, je cédais à ma faiblesse. Mon visage contre sa poitrine, mes bras enroulés autour de son cou, j’entendais chaque battement de son cœur et compris alors que quelque chose de plus fort que nous nous avait conduit jusqu’à ce moment précis. Que tous nos actes, le moindre de nos échanges, avaient concouru à ce que nous nous retrouvions ici. A ce que nos défenses cèdent sous le poids d’une émotion que nous n’avions jamais connue avant. Me détachant de lui juste suffisamment pour que nos visages se trouvent face à face, si proches que je pouvais sentir son souffle sur ma peau, je me sentais si insignifiante et le remercia intérieurement d’avoir eu le courage de se tenir ici.
       
« Je ne sais pas comment c’est chez toi, dans ton District… Mais ici, si un ingénieur arrête de travailler comme ils le souhaitent, on se fait évincer…
 
Mon ton s’était aggravé au fur et à mesure que je lui annonçai que je n’avais pas le choix. Je devais continuer à jouer leur jeu : non pas parce que je le désirais, mais parce que si je ne le faisais pas alors ce serait la mort qui m’attendrait… Et cela, je ne pouvais m’y soumettre. Je ne savais d’où il venait, mais ça ne pouvait être bien différent d’ici. Après tout, le Capitole contrôlait tout et, même si je ne doutais pas que certains Districts restaient privilégiés, j’avais l’intime conviction que tous les autres souffraient bien plus que nous. J’espérais simplement que ceci l’aiderait à comprendre que, malgré ce que sa question sous-entendait, je n’avais pas le choix.
       
« J’aimerais pouvoir arrêter de les aider, mais si je le fais… Les larmes coulaient à présent, je n’arrivais pas à les cacher. Je lâchai mon étreinte et mes mains glissèrent dans les siennes, les serrèrent désespérément en une supplique insupportable. Alors je vais continuer à aller au travail comme si de rien n’était, je vais continuer à faire ce qu’ils attendent de moi… Puis un éclair traversa mon esprit et je me mordis la lèvre avant d’ajouter : Mais vous aurez à présent un coup d’avance sur tout ce que je pourrais vous éviter… A toi et à tes amis.
 
Je venais de me condamner. C’était une évidence. Une photographie sur la cheminée me fit saisir la raison de cette décision insensée : mes parents. Pensive, je me détournai de Jonathan et marchai lentement jusqu’à l’âtre et saisis le cadre qui le surplombait. Mes doigts caressèrent les contours des silhouettes de mes parents, une larme tomba sur le verre. Ils auraient été fiers de moi ou du moins, c’est ce que je me répétais pour me convaincre que j’avais pris la seule voie possible. La seule voie qui respecterait totalement qui j’étais et qui me conduirait vers un avenir qui ressemblerait à ce que mes parents voulaient pour moi. Ils luttaient contre le Capitole, ils avaient compris sa perfidie et celui-ci leur avait arraché leur fille, l’avait transformée en ce qu’ils avaient haï de leur vivant. C’était cruel, c’était insoutenable. Ma respiration s’était faite plus saccadée, mes phalanges crispées autour du témoignage d’un passé heureux trahissaient le désespoir qui secouait mon âme.
       
« Ca doit être si facile… Quand on a des parents pour nous guider… avais-je murmuré, comme une évidence, une question peut-être aussi…
 
Notre étreinte finie m’avait laissé le goût froid du silence, mon choix le goût amer du danger et de la vengeance…









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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Jeu 5 Fév - 20:41


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Jamais Jonathan n'avait été dans une telle position de faiblesse au cours de sa vie mais étrangement, il n'en avait strictement rien à faire. Tout sa vie, on lui avait répété que les sentiments étaient une faiblesse, un moyen de détruire les faibles et que jamais il ne devrait s'attacher... Il était vrai qu'en cet instant, il se sentait si fragile, si vulnérable... Si quelqu'un s'en prenait à Clarissa, il ne pourrait absolument rien faire. Néanmoins, ce qu'il ressentait pour elle, ce sentiment qui l'avait poussé à venir la voir dès qu'il le pouvait, cette chose qui faisait qu'il ne pouvait s'empêcher de penser à elle, cela le rendait si vivant, si heureux de vivre. Il avait un but, une raison de ne pas mourir... Clarissa ! Il s'était précipité dans ses bras et il pleurait. Mais il savait qu'elle ne le jugerait pas, qu'elle le comprenait autant que lui pouvait la comprendre. Cela ne le gênait de lui montrer ses larmes... Il répondit alors à la jeune femme concernant ses craintes. Tout cela lui semblait tellement évident... Néanmoins, pour la jeune femme, la culpabilité était toujours présente. Elle était en partie responsable, c'est vrai mais fallait-il la blâmer elle ou plutôt s'attaquer à ceux qui l'avait manipulé pour en faire une arme ?

« C’est moi qui ait choisi de prendre part à la guerre, même si c’était à cause d’un mensonge…

Jace se détacha de son étreinte et lui lança un sourire plein de compassion. Non, elle n'était pas responsable de tous ses morts... Pouvait-on dire qu'une personne qui agi en croyant faire le bien a causé du mal sciemment ? Elle avait agi sur un mensonge, une fausse vérité sur laquelle toute sa vie était bâtie. Le Capitole avait fait le pari de croire que cette fille allait hériter de la détermination de ses parents et qu'une simple déformation de la vérité suffirait à transformer la fille de leur ennemi en un allié compétant. Cela avait été le cas, c'est vrai... Jonathan se mit alors à penser de ce qu'il aurait bien pu faire s'il avait été dans le cas de Clarissa. Lui aussi aurait agi comme elle, venger sa famille et faire respecter la fausse justice du Capitole. Une chance que tout ceci ne soit pas arrivé ! Il glissa alors sa main dans celle de la jeune femme tout en continuait de lui sourire. Lui aussi avait commis un acte dont il ne pouvait se pardonner. Il avait osé menacer la seule personne à laquelle il tenait vraiment. Ne pouvant plus supporter le poids de sa propre culpabilité, le jeune homme se mit alors à s'excuser.

Le rebelle leva alors la main vers son visage pour balayer les larmes qui lui montaient aux yeux et essuyer les traces de celles qui avaient déjà coulées. Un frisson envahit alors Jace lorsque la main de l'ingénieure toucha la sienne avant de passer sur sa joue. Ce contact si doux, si agréable lui permit de se pardonner à lui-même. Clarissa lui en voulait pas... Comme il s'en doutait, elle était capable de le comprendre et de lui pardonner. Puis leurs regards se croisèrent et en cet instant, l'esprit de Jonathan pensa alors qu'à une seule chose : qu'allait-elle bien pouvoir faire maintenant ? Voulait-elle continuer son travail d'ingénieure ? Voudrait-elle fuir ? Ferait-elle comme si la situation n'avait pas changé ? Serait-elle prête à aider les rebelles peut-être ?
Il avait besoin d'avoir le coeur net, de lui demander, d'avoir une réponse, pour se rassurer.

Cependant, au moment même où il posa sa question, il sentit qu'il n'aurait pas dû. Le regard de la jeune femme, son index qui avait glissé jusqu'aux lèvres du rebelle. Elle était visiblement mal à l'aise à l'idée de devoir faire un choix qui lui semblait impossible. Jace serra davantage la main de la fille du district 3 comme pour la rassurer.

     
« Je crois que je n’ai pas le choix…

Et Clary se retrouva alors collée contre lui, enroulant ses bras autour du cou du blondinet. Pris au dépourvu, le garçon du 8 ne savait pas comment réagir. Lui qui s'était jeté dans les bras de la jeune femme seulement quelques minutes auparavant était incapable d'agir lorsque cela lui arrivait. Il finit tout de même par entourer la jeune femme de ses bras pour la serrer contre lui tout en la regardant avec inquiétude. Que pouvait-il faire pour l'aider ? Devait-il la faire partir ? Cela serait-il vraiment la solution ?
Puis Clarissa desserra quelque peu son étreinte afin de rapprocher son visage de celui de Jonathan. Elle était si proche de lui qu'il pouvait sentir le souffle de la demoiselle contre sa joue. Le rebelle se sentait quelque peu mal à l'aise mais pour rien au monde, il ne se serait échappé de cet instant si privilégié.


« Je ne sais pas comment c’est chez toi, dans ton District… Mais ici, si un ingénieur arrête de travailler comme ils le souhaitent, on se fait évincer…
 

En effet, si elle quittait son travail ou qu'elle se mettait à devenir moins productive, le Capitole n'hésiterait pas à se débarrasser des éléments non efficace du système en cas de besoin. Jamais il ne permettrait que cela arrive. Si Clarissa avait peur de mourir, il ne pouvait pas lui en vouloir. Il avait lui-même menacé la jeune femme d'une arme même s'il n'aurait jamais pu lui faire du mal.

Le Capitole exerce son autorité sur tous les districts... Ma situation n'est pas meilleure que la tienne...

La jeune femme était si proche de lui et il ne pouvait rien faire pour apaiser sa souffrance. En cet instant, Jace aurait voulu pouvoir tuer la présidente ainsi que renverser le gouvernement rien que pour aider Clarissa. S'il devait mourir pour la rendre heureuse, il était prêt à faire cet ultime sacrifice. Mais là, il était totalement impuissant et le regard plein de tristesse et de souffrance de Clarissa lui faisait de la peine.
     
« J’aimerais pouvoir arrêter de les aider, mais si je le fais…

Clarissa se mit alors à pleurer à son tour tout en s'éloignant de lui. Jace voulut alors se diriger vers elle mais avant qu'il puisse faire le moindre pas, Clarissa emprisonna ses mains dans les siennes. Alors à son tour, il leva la main vers le visage de l'ingénieure pour lui caresser la joue et tenta de sécher les larmes qui coulaient encore sur son visage.

Alors je vais continuer à aller au travail comme si de rien n’était, je vais continuer à faire ce qu’ils attendent de moi… Mais vous aurez à présent un coup d’avance sur tout ce que je pourrais vous éviter… A toi et à tes amis.

Tu es vraiment prête à faire cela ? A te mettre en danger pour nous ? Tu n'es pas obligée tu sais...

Tout à l'heure, c'était la réponse qu'il avait espéré mais maintenant qu'il l'avait entendu à haute voix. Il prenait en compte toutes les conséquences que cela impliquait. Elle risquait à tout moment d'être découverte et qui sait ce que le Capitole pourrait lui faire s'il arrivait à lui mettre la main dessus. Si cela arrivait, il ne se le pardonnerait jamais mais après tout, c'était son choix à elle et plus les rebelles avaient d'alliés plus la victoire était proche.
Clarissa finit par le lâcher et à se diriger vers la cheminée avant d'attraper une vieille photographie de ses parents. Le faisait-elle pour eux ? Comme un devoir de mémoire ? D'ailleurs, pourquoi était-il devenu un rebelle ? Parce que ses parents l'étaient aussi, parce que sa mère adoptive l'était aussi ou bien parce qu'il savait que c'était la bonne chose à faire ? Tout cela devenait aussi très confus pour lui. Il se contenta de s'asseoir sur une chaise en laissant Clarissa avec sa photo. Elle avait besoin qu'on la laisse tranquille et de toute façon, même s'il voulait, il ne savait pas quoi faire pour l'aider.


     
« Ca doit être si facile… Quand on a des parents pour nous guider...

Un simple murmure... Comment lui dire qu'il avait lui aussi perdu ses parents ? Mais lui n'avait pas grandi seul... Il avait eu une mère et une grande famille pour s'occuper de lui. Sa vie lui avait été imposé depuis sa naissance. Lui n'avait pas eu le choix. Même s'il était convaincu que ce qu'il faisait été juste, ce choix avait été fait à sa place. Maintenant, il s'en rendait compte... Clarissa méritait de l'avoir elle !

La vie n'est pas facile... Au final, on est les seuls à devoir faire nos choix et ce n'est pas nos parents qui choisissent à notre place ! Es-tu vraiment prête à aider les rebelles ? Il fit une courte pause. Quelles qu'en soient les conséquence ?

Sa voix se perdit à la fin de sa phrase, mais il n'avait pas le choix. Elle était la seule à décider de ce qui pourrait lui arriver. Cette fois, elle avait toutes les cartes en main pour décider. Il se devait de respecter sa décision, même si cela voulait dire avoir peur pour elle. D'un geste distrait, ses doigts frappaient avec régularité la table qui se trouvait devant lui tandis que son regard était posé sur la jeune femme.

Sache que...en cas de problème, je serais toujours là pour t'aider ! Clarissa... d'accord ?

Qu'avait-il tenté de dire en cet instant ? Les mots n'étaient pas suffisants pour exprimer dans quel était il se trouvait actuellement. Il voulait l'aider mais il ne savait pas quoi faire. Il voulait la serrer dans ses bras mais il avait peur d'être rejeté. Alors il attendait sur sa chaise... Qu'allait-il bien pouvoir faire maintenant ? Les patrouilles extérieures étaient déjà en cours, il n'avait aucune chance de rejoindre le Cobra sans éveiller les soupçons. Il allait devoir rester ici même si l'idée était bien loin de lui déplaire. Il resta alors silencieux, laissant la jeune femme se remettre de tout ce qui venait de se passer.

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Mer 29 Avr - 0:49












Des monts et merveilles...
~ Faire tomber les masques... ~






Les larmes coulaient lentement sur mes joues. Dans la pièce, un silence glaçant s’était peu à peu installé sans crier garde. Cette douce musique si légère, si imperceptible, qu’il créait laissait le temps en suspens : le temps pour chacun de nous deux d’accepter tout ce qu’il s’était produit durant cette soirée et auquel nous n’étions pas préparé. En contemplant le regard encore plein d’espoirs de mes parents derrière la vitre qui enfermait leur souvenir à jamais, je compris que je n’aurais jamais pu l’être. Pas sans eux. Que me diraient-ils s’ils étaient à côté de moi à cet instant précis ? M’inciteraient-ils à risquer ma vie pour la même cause qu’ils défendaient au prix de leur vie ? Ou feraient-ils tout pour m’en dissuader, me protéger de cette vie clandestine où chaque instant pouvait virer au cauchemar ?

Ma mine se fit plus douloureuse. Ils n’étaient pas là, ne le seraient jamais. Je ne pourrais que me donner bonne conscience en imaginant ce qu’ils auraient dit, mais aucune des paroles que pourraient leur prêter mes fantasmes ne seraient la vérité. Ce ne serait qu’une chimère de plus qui m’empêcherait à nouveau de faire mon propre choix. Jonathan m’avait demandé si j’étais réellement prête à trahir le Capitole, à me mettre en danger pour les rebelles. Je n’étais pas obligée de le faire. Je pouvais continuer à vivre bien rangée en attendant que d’autres fassent le travail et en espérant qu’un jour ils parviennent à punir ceux qui m’avaient contrôlée comme une de leur plus belle réussite en terme de manipulation. Je pouvais faire cela. Ça aurait été si facile, si tranquille, si sûr…

Je n’étais pas comme ça, je n’avais jamais compté sur une quelconque sécurité dans mon existence. On souhaite une vie à l’abri lorsqu’on a des personnes qui comptent sur nous, qui comptent pour nous. Personne. Je n’ai personne. Une seconde larme alla tâcher le verre de la photographie tandis qu’un sourire s’étira sur mes lèvres.  Personne ne me pleurerait s’il m’arrivait quelque chose. Remplie de la même détermination avec laquelle j’avais combattu les rebelles, j’allai à présent m’opposer à celui qui m’avait trompée et cette perspective faisait naître une rage encore plus brûlante que celle qui m’avait habitée jusqu’alors.

       
« La vie n'est pas facile... Au final, on est les seuls à devoir faire nos choix et ce n'est pas nos parents qui choisissent à notre place ! Es-tu vraiment prête à aider les rebelles ? Il fit une courte pause. Quelles qu'en soient les conséquences ? »
dit bientôt Jonathan, toujours installé dans mon dos.

Je reposai le cadre à sa place, sur le rebord de la cheminée. Ce rebelle assis derrière moi avait raison, nous devions être les seuls maîtres de notre destin. Nous devions faire des choix et non nous les laisser dicter. Seulement, la seule entité qui avait toujours demeuré à mes côtés, qui m’avait recueillie, soutenue, épaulée m’avait trahie exactement dans le même temps. Aujourd’hui, il ne me restait rien alors les conséquences ? Je serai la seule à les subir et à en souffrir. Ma tête se tourna doucement vers Jonathan, sa voix avait flanchée à la fin de sa tirade, comme si une inquiétude sourde s’était emparée de lui ; ses doigts qui frappaient la mesure sur la table n’était qu’une preuve de plus. Je fronçai les sourcils : pourquoi ? Cette question me hanta un instant avant que je ne me décide à lui répondre.

       
« J’étais déjà prête à assumer les conséquences lorsque je pensais lutter contre les rebelles… L’ennemi change juste de visage, c’est tout. Quant à la mort…je ne manquerai à personne… »
 

Mon ton avait été entièrement dénué de tout sentiment, froid et insensible. Sans doute trop vu son expression mais j’étais comme cela : pragmatique, calculatrice. D’un point de vue des probabilités, le Capitole avait sans doute plus de chances de me démasquer, grâce à ses technologies, que les rebelles de me faire du mal. Seulement, les probabilités et les statistiques étaient loin d’être des sciences exactes. Je préférai faire ce qui me semblait juste que de rester en dehors de la bataille, ce n’était pas dans mes habitudes.  

       
« Sache que...en cas de problème, je serais toujours là pour t'aider ! Clarissa... d'accord ? »
 

Doucement, je me tournai vers lui et m’adossai à la cheminée. Je souris puis lâchai un petit rire qui devient bientôt un éclat brisant le silence qui régnait dans la vaste maison de mes parents. Elle n’avait pas dû connaître un tel débordement depuis bien longtemps, les murs semblaient y prendre du plaisir à renvoyer le son cristallin de ma voix qui explosait ainsi. Le coin de mes yeux avait pris des rides rieuses, ma bouche s’étirait en un sourire alors que je ne parvenais toujours pas à m’arrêter. Lui, avait levé un sourcil, sa mine interloquée suffisait à me prouver qu’il ne comprenait pas vraiment en quoi je trouvais cette situation cocasse. Pourtant, elle l’était tellement : quand nous nous étions rencontrés, j’avais failli le tuer j’aurais pu et j’aurais alors accompli ce que j’aurais considéré comme ma plus belle réussite. Aujourd’hui, il était là, dans la maison de mes parents, à me parler des conséquences de mon choix et à me dire qu’il serait toujours là pour m’aider. C’était surréaliste. Toutes ces dernières semaines l’étaient.

Le rire se calma peu à peu et j’inclinai la tête tout en passant ma main sur mon visage pour tenter vainement d’apaiser la bouffée de chaleur que ce craquage nerveux avait provoquée. Mes yeux se relevèrent vers Jonathan, un peu honteux de l’avoir plongé dans cette incompréhension qui se lisait sur sa mine.

       
« Je suis désolée, c’est juste que… »
Je marquai une courte pause pour choisir mes mots avant de poursuivre mais une question franchit mes lèvres malgré moi. « … pourquoi tu me promets d’être toujours là pour moi ? »

Je fis plusieurs pas dans sa direction, non sans laisser instinctivement un peu plus d’un mètre entre nous.  Cette question, elle m’avait brûlée depuis un moment mais il l’avait toujours éludée de différentes façons : j’avais la sensation qu’il n’avait toujours fait qu’y répondre par principe, sans exposer les vraies raisons. Dans l’ensemble de son comportement, je n’avais rien pu observer de logique qui puisse expliquer pourquoi il s’attachait à moi ainsi depuis cette nuit, ce regard. Encore quelque chose que rien ne pouvait expliquer. Comme cette attirance que je ressentais, ce besoin presque de lui faire confiance et de l’aider moi aussi. Etait-ce possible que nous ignorions tous les deux ce qui nous rapprochait ? Ou plongions-nous dans cet aveuglement volontairement ? Il me regardait toujours avec insistance, attendant visiblement que je termine mon propos alors que je m’arrêtai devant lui et le fixait, défiant presque son regard.

       
« Même en choisissant de vous aider, je ne serai sans doute qu’une informatrice de plus alors pourquoi tu me promets d’être toujours là ? Tu n’as aucun intérêt à me promettre cela maintenant que j’ai dit oui à ta cause… »
 

Ma respiration se fige, je retiens mon souffle. Sa réponse était-elle tellement importante ? Au fond, je devais la connaître, mais ne voulais pas me l’avouer. Tenir à quelqu’un, surtout quelqu’un qui nous semble si insaisissable, c’est s’engager dans une voie dangereuse. Une pente glissante dont on n’est pas sûr de pouvoir se relever. Ses mots résonnèrent soudain dans ma mémoire, il était revenu « pour moi »…

       
« Ou est-ce que c’est différent avec moi ? »
 

*Comme c’est différent avec lui* songeai-je sans oser en tirer la conclusion qui s’imposait. Plus aucune larme ne pouvait se lire sur mon visage, juste une peur finement dissimulée dans des traits légèrement tirés et une lueur plus terne dans le regard. La même que j’avais pu lire dans ses yeux de nombreuses fois au cours de la soirée qui s’était écoulée. Maintenant, il ne s’agissait plus de se mentir. Il ne s’agissait plus de songer à ce que nous étions ou avions été. Non, il s’agissait d’être honnête avec nous-mêmes. Mais en étions-nous capables ?










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★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Jeu 30 Avr - 17:04


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Les pensées se bousculaient dans la tête de Jace comme jamais. Cette fois, il n'avait pas de plan en tête, ni de solution miracle pour se sortir de n'importe quel guet-apens et pourtant, il pouvait ressentir le même stress que s'il se trouvait dans l'une de ses situations. Clarissa lui tournait le dos, tenant une photo de sa famille entre les mains. Les Stern, des rebelles qui avaient sacrifié leur vie pour la cause. Rien que pour ce geste, Jonathan les respectait. Ils avaient pu aller jusqu'au bout de leurs idéaux et c'était bien pour des gens comme eux qu'il continuait à se battre. Lui aussi, il était prêt à donner sa vie pour libérer Panem ! Mais ce choix, est-ce que c'était vraiment lui qui l'avait fait ? C'était la première fois qu'il se posait réellement la question... Tout ça parce que Clarissa avait prononcé une simple phrase. Mais elle avait raison ! Ce choix... Avait été celui qu'on lui avait dicté... Jusqu'à aujourd'hui, il ne s'était pas posé de questions. Jusqu'à aujourd'hui... Cela le plongea dans un silence profond pendant une bonne minute. Qui était-il vraiment ? Pourquoi faisait-il cela ? Pour lui ? Pour sa famille ? Tout cela était trop flou... Jonathan avait soudainement l'impression que toute sa vie avait été vécu par un autre. La seule chose qui lui appartenait vraiment, c'était les instants qu'il avait partagé avec Clarissa Stern... Elle, elle méritait d'avoir le choix. Choisir en connaissant les implications, les sacrifices qu'elle allait devoir faire, la vie qu'elle allait devoir mener... Etait-elle prête vraiment à se risquer à une telle chose ? Peut-être qu'il ne devrait pas lui laisser un tel choix ? Le rebelle poussa un bref soupir. C'était à elle de choisir et il devrait respecter sa décision sinon il ne vaudrait pas mieux que le Capitole.

Le choix, maintenant, c'était elle qui l'avait. Clarissa... Le stress commençait à monter chez le blondinet qui malgré tout restait de marbre. Tout à l'heure, il avait pleuré, sa carapace s'était fendue mais maintenant, il essayait de se reconstruire un mur. Mais cette fille... Elle était importante à ses yeux... Il avait douté... Sa voix l'avait trahi de nouveau. La jeune femme reposa alors la photo de ses parents sur la cheminée. Que pouvait-elle bien avoir en tête ? Qu'allait-elle bien pouvoir lui répondre ? Tant de questions et des réponses qui lui faisaient peur... Oui, il avait peur de ce choix qu'il lui avait laissé ! La liberté fait peur et voilà pourquoi le Capitole terrorisait la population ! Mais lui qui se battait pour la liberté, qui était-il s'il ne la laissait pas à quelqu'un ? Surtout si cette personne compte vraiment à ses yeux ! Sans s'en rendre compte, ses doigts battaient la mesure sur la table avec une régularité effrayante. L'attente se faisait de plus en plus insupportable mais voilà que Clarissa se tourna enfin vers lui, les yeux encore humides... Venait-elle de pleurer ?


« J’étais déjà prête à assumer les conséquences lorsque je pensais lutter contre les rebelles… L’ennemi change juste de visage, c’est tout. Quant à la mort…je ne manquerai à personne… »

Clarissa avait prononcé ses mots avec détachement et froideur. Les yeux encore rouges et humides et la voilà qui parlait comme un robot. Jonathan comprit qu'il était encore trop tôt pour demander à Clary de porter les idéaux de la Rébellion. Il lui faudrait surement du temps même si pour le moment, la seule chose qui poussait la jeune femme à aller de l'avant était sa propre colère. Sentiment dangereux que la colère... Ses instructeurs lui avaient toujours dit de contrôler sa colère, qu'elle pouvait nous pousser à faire des choses inconsidérées et nous conduire droit à la mort. Même s'il avait lui-même du chemin à parcourir... Sa haine envers le Capitole, il essayait de la contrôler même si parfois, elle explosait comme tout à l'heure, le poussant à faire des choses regrettables ! Puis la fin de sa phrase avait troublé Jace... "Je ne manquerai à personne" Comment pouvait-elle dire une telle chose ? Son ami qui avait été blessé par le Capitole, les gens de l'orphelinat, eux, il tenait à elle ! Puis... Non, c'était totalement stupide. Il était un rebelle, il avait déjà perdu des compagnons au combat, pourquoi serait-elle si différente ? Puis pendant l'espace d'un instant, il envisagea le pire... La mort de Clarissa, gisante devant lui et cela le remplit d'effroi...

Il ne put alors s'empêcher de prononcer alors cette phrase si lourde de sens. Pendant ce temps, Clary s'adossa alors à la cheminée, face à lui. Un sourire se mit alors à se former sur ses lèvres avant de se muer en un rire tonitruant qui se répercuta sur tous les murs de la maison. Ces derniers semblaient renforcer l'éclat de la voix de la jeune femme qui s'élevait dans la maison. Jace ne put s'empêcher de se sentir blessé, ses traits se tirèrent doucement et son visage se ferma. Sa mère avait raison ! Se laisser aller aux sentiments était une faiblesse, il n'aurait pas dû revenir ici ! Il aurait du oublier cette fille dès l'instant où elle était entrée dans sa vie. Il n'avait plus rien à faire ici... Mais il était trop tard pour partir à présent ! Il allait devoir rester pour la nuit et dès le lendemain, il partirait. Il quitterait la vie de cette jeune femme !
Voilà que Clarissa semblait se calmer, son rire se faisait évanescent maintenant puis il s'arrêta. Cette dernière tenta de reprendre contenance, lui lançant un regard honteux. Il était un peu tard pour se sentir coupable !


« Je suis désolée, c’est juste que… » Elle fit une courte pause avant de poursuivre « … pourquoi tu me promets d’être toujours là pour moi ? »

Que pouvait-il répondre à cela ? Qu'il avait fait une erreur ? Qu'il pensait que... C'était totalement stupide ! Il n'avait aucune réponse satisfaisante à donner et admettre la vérité serait trop dur pour lui. Mais voilà que Clary le pressait et qu'elle s'avançait vers lui, le regard déterminé, prête à obtenir une réponse. Jonathan ne laissa rien paraître et lui adressa un regard dur et déterminé à son tour. Mais combien de temps allait-il pouvoir se mentir à lui-même ? Il regarda alors Clary, attendant de savoir ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire ! Allait-elle lui dire qu'elle en avait fini avec lui ? Que tout ceci n'était qu'un piège ou que son unique objectif était de rejoindre la Rébellion et qu'elle s'était uniquement servi de lui pour cela ?

« Même en choisissant de vous aider, je ne serai sans doute qu’une informatrice de plus alors pourquoi tu me promets d’être toujours là ? Tu n’as aucun intérêt à me promettre cela maintenant que j’ai dit oui à ta cause… »

En observant ses expressions faciales, son regard et ce qu'elle venait de dire, tout lui sembla plus clair. Elle n'avait aucune idée de qu'il avait pu exprimer mais elle voulait une réponse ! Mais pourquoi ce rire ? Même si elle s'était excusée, cela l'avait blessé, beaucoup plus que ce qu'il aurait pu croire. Elle semblait aussi anxieuse que lui, comme si la même peur la tenaillait de l'intérieur. Cela lui permit d'évacuer sa colère et d'oublier ce qui venait de se passer. ne venait-il pas de la menacer tout à l'heure ? Lui aussi devait apprendre à lui pardonner ! La colère...
Puis elle lui asséna le coup de grâce, la phrase qui allait le piéger, le forcer à trouver une réponse, la bonne réponse.


« Ou est-ce que c’est différent avec moi ? »

Son regard était neutre, à la recherche d'une réponse. Celle qu'il allait bien pouvoir donner... Etait-ce différent avec elle ? Il était revenu pour la voir, il lui avait dit la vérité sur sa famille puis il revenait pour la revoir de temps en temps... Il n'avait jamais été aussi proche de quelqu'un... Même Zatannah était moins proche de lui que Clarissa. Cette fille comptait pour lui, trop même. Il était évident qu'elle était différente. Mais pourrait-il lui dire ? Serait-il prêt à se dévoiler, à briser cette coquille pour elle ? Ou encore une fois, allait-il mentir pour se protéger ? Puis que se passerait-il s'il lui avouait qu'il ne pouvait s'empêcher de penser à elle ? Si elle lui disait qu'elle ne ressentait pas la même chose, si elle le rejetait ? Etait-il prêt à courir le risque ? Serait-il prêt à la perdre ? Mais lui mentir, ce serait la perdre ! Il devait lui dire...

Ecoute... Il fit une pause, les mots se bousculaient dans sa tête, il n'osait même plus respirer. Je ne sais pas vraiment où j'en suis. Il baissa alors la tête pour éviter son regard. C'était si difficile mais il devait aller jusqu'au bout... Mais ce qui est sûr... c'est que tu es différente pour moi !

Son regard se planta alors dans le sien, une peur non dissimulée pouvait se lire dans son regard. Il l'avait fait... Lui qui s'était dit plus tôt qu'il devait rejeter ses sentiments, voilà qu'il les avouait à quelqu'un ! Mais pourquoi ? Pourquoi tout était si confus en lui ? Mais au moins, il lui avait dit la vérité ! Il ne voulait pas lui mentir et s'il la perdait maintenant, il n'aurait pas le regret de ne pas lui avoir avoué qu'elle comptait pour lui ! Jamais il ne se serait cru si vulnérable mais cette fille avait le don de le toucher au plus profond de son être...
Il se leva de sa chaise et s'approcha d'elle. Porté par sa révélation, il n'avait plus peur. Il se trouvait alors à 20 centimètres d'elle, son regard planté dans le sien.


Tu comptes énormément pour moi, plus que n'importe qui d'autre... Alors je me répète à nouveau, je serais toujours là pour toi Clarissa...

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Dim 3 Mai - 2:18












Des monts et merveilles...
~ Faire tomber les masques... ~






Les traits tirés de son visage ne s’étaient toujours pas apaisés alors que je me tenais devant lui avec la ferme intention de comprendre ce qu’il avait réellement à l’esprit. Ma crise de rire soudaine l’avait visiblement chagriné vu sa mine qui s’était fermée en un instant. Je m’en voulais de ma réaction mais tout le stress, l’incompréhension et cette situation insoluble avait eu raison de ma maîtrise de moi-même. Je me mordis la lèvre dans un réflexe, je détestai ce goût amer que me laissait l’impression de ne pas réussir à comprendre les indices si évidents qu’il semblait semer à chacune de ses paroles et attitudes… Et je m’en voulais de ma maladresse, un nouveau fossé s’était creusé insidieusement et je craignais qu’il ne veuille le franchir malgré mes invectives, malgré cette demande que j’essayais de ne pas laisser paraître trop désespérée ou chargée d’espoir.

L’espoir… Rien ne servait de me voiler la face plus longtemps, là était mon problème. J’avais l’espoir d’être autre chose pour lui qu’une rencontre qu’il avait espéré pouvoir contrôler afin d’avoir une nouvelle alliée dans sa lutte. Toutes les paroles qu’il avait pu me confier jusque maintenant ne paraissaient avoir aucune valeur : lorsqu’il les avait prononcées, il n’avait encore aucune certitude, aucune promesse de ma part. Tellement de mensonges m’entouraient déjà, pourquoi ne se serait-il pas pris au jeu comme tant d’autres avant lui ? Je ne voulais pas être naïve à nouveau, même si j’aurais aimé croire en sa bonne foi et ses bonnes intentions. Seulement, ce n’était pas dans mes interrogations qu’était forcément la solution. La seule réponse qui pouvait me convaincre n’était pas les paroles qui franchiraient bientôt ses lèvres, mais autre chose : son expression, son regard. Un rien dans son comportement qui me laisserait à penser qu’il me disait juste la vérité, qu’il se livrait à moi comme il m’avait mise à nue et dépouillée de ma vie. S’il m’avait utilisée, je ne lui en voudrais pas. Il n’aurait que s’agit d’une autre méthode pour s’assurer d’un nouveau soutien, sans doute cette façon d’agir me paraitrait moins cruelle que celle que le Capitole avait utilisée sur moi auparavant.

Sentant que son regard me fuyait de plus en plus, je n’osais plus dire mot. Maintenant qu’il savait que je ne renoncerai pas à les aider, il pouvait être honnête. J’avais besoin de savoir. La tête légèrement inclinée pour capter son regard, je tentais de garder l’expression la plus neutre possible : j’avais besoin d’une véritable réponse et non d’une entourloupe de complaisance. Il me devait bien cela, du moins c’est ce que j’espérais venant de lui. Ses cheveux blonds tombaient sur son visage qu’il n’osait réellement tourner vers moi, des ombres furtives dansaient dans ses pupilles comme autant de questions auxquelles il ne se décidait à donner une conclusion… Quand sa voix résonna enfin, elle fut presque soufflée tant chaque mot semblait lui coûter une part de lui-même.

« Ecoute... Il marqua une pause qui trahissait encore davantage un manque d’assurance que je ne lui avais encore jamais remarqué. Je ne sais pas vraiment où j'en suis. Le contact entre nos regards venait de se rompre définitivement, un pincement au cœur me saisit. Mais ce qui est sûr... c'est que tu es différente pour moi !


Le temps s’était arrêté l’espace d’une seconde. Mon souffle s’était coupé et ses yeux bleus avaient trouvé mon regard terrifié. La même peur se lisait en nous, elle en était presque palpable : un ennemi invisible mais tellement réel qui jouait avec notre raison, torturait notre esprit avec un plaisir malsain. Le sentiment de soulagement qui m’avait tout d’abord emplie à sa révélation se mêla soudain à cette sensation d’être à sa merci. Comment acceptais-je d’être aussi vulnérable ? Pourquoi m’étais-je moi-même mise dans cette situation inconfortable ? Peut-être aurais-je dû le laisser filer sans en demander plus ? Peut-être n’aurais-je dû garder avec lui que des relations distantes, pour me protéger… Pour le protéger.

Des dizaines de voix se disputaient la bonne réaction à avoir. Ce que je devais lui dire, ce que je devais omettre, ce que je devais lui offrir… Instinctivement, je portais ma main à ma poitrine : le vide s’était rempli, bien que je ne comprenais pas ce que cela signifiait. Lorsqu’il se leva, je suivis chacun de ses pas avec inquiétude et impatience. C’est uniquement quand il se fut arrêté à une vingtaine de centimètres de moi, que nous nous faisions face avec cette lueur de panique dans nos iris que je compris. J’avais attendu cette réponse, je l’avais espérée, je l’avais désirée.

« Tu comptes énormément pour moi, plus que n'importe qui d'autre... Alors je me répète à nouveau, je serais toujours là pour toi Clarissa... »

« Et moi pour toi… » laissai-je échapper avec douceur dans un réflexe incontrôlé.

Un battement manqué, un autre qui se précipite pour le secourir. La peur monte en moi. Comment pouvais-je compter plus que n’importe qui d’autre sur cette terre ? Il ne me connaissait pas, nous ne nous connaissions pas. Alors comment cela se faisait-il que j’eus l’impression de ressentir la même chose ? Le même cri interne qui s’était tu au moment même où il avait prononcé ces quelques mots et où un seul geste de sa part avait suffi à me faire prendre conscience que je n’étais pas la seule à souffrir en silence. Trouver ses mots avait été une épreuve, pour moi cela devenait un obstacle infranchissable. Vivre dans un orphelinat, travailler dans un laboratoire,… On ne pouvait pas prétendre que ma vie fut un modèle en matière d’espace ouvert à la communication. Aujourd’hui que tout était vrai, que quelqu’un attendait de moi la même honnêteté que celle qu’il m’avait offerte, je me sentais prise au piège.

Acculée, sentant son souffle caresser ma peau de sa chaleur rassurante, je laissais doucement mon corps aller vers le sien. Nos visages se touchèrent presque tandis que nos regards se mêlaient dans un échange envoûtant. Il n’y avait pas de mot pour dire cela, ou du moins je ne pensais pas les connaître… Ou bien n’étais-je pas prête à les prononcer ? L’espace d’un court instant, nos lèvres s’effleurèrent délicieusement : un baiser fugace mais plus réel que toutes les marques d’affection qui avaient pu jalonner mon existence jusqu’à présent. Peut-être était-ce même le seul témoignage sincère que j’ai pu faire à une autre personne… Jonathan était réel, j’étais réelle. J’étais Clarissa Stern, il était celui pour qui j’étais différente, il était le seul à qui je tenais, le seul à qui je manquerai… et qui me manquerait.

A ce songe, un frisson parcouru mon échine et mes mains saisirent brusquement les siennes. Il était déjà tard et la crainte qu’il ne fuit bientôt me saisit avec une force que je retins fermement en moi pour ne pas qu’elle me consume : il était encore trop tôt pour que j’ose me dévoiler davantage. Un murmure franchit mes lèvres à peine détachées des siennes :

« Reste s’il te plait… » lui demandai-je dans un souffle. « Reste avec moi… Je te promets que rien ne t’arrivera jamais ici… »


Mes doigts se serrèrent autour des siens dans une supplique silencieuse et pleine d’espoir. Il fallait qu’il reste, qu’il me prouve que ses paroles n’étaient pas sans sens…

« Je refuse de te laisser partir alors que les patrouilles rôdent… Je les connais bien, tu ne quitteras pas le district… » Puis je marquai une pause avant d’ajouter : Et demain tu repartiras peut-être déjà avec des éléments importants…


J’avais ajouté cela sur un ton enjoué et quelque peu provocateur en désignant de l’œil les dossiers qui tapissaient la table. Au fond, cela me faisait bien rire de moi-même : après ce qu’il venait de se produire, j’étais encore capable de songer qu’il fallait que je l’appâte pour qu’il accepte de rester en ma compagnie… Oui, j’étais peut-être bête ou j’étais peut-être seulement la petite orpheline du District Trois, celle qui pensait que personne ne pouvait tenir à elle : que personne ne pouvait l’aimer… Seul l’avenir pourrait me prouver le contraire.











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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Mar 19 Mai - 0:03


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

La peur avait disparu... Nulle trace d'appréhension résidait encore en Jonathan. Cette révélation, autant à lui-même qu'à la fille qui tenait son coeur entre ses mains, l'avait libéré d'une prison dans laquelle il s'était enfermé depuis des mois. Aujourd'hui, il avait accepté une part de lui-même qu'il avait refoulé depuis bien longtemps... Une partie si profondément enfouie dont il n'entrevoyait encore que la base. Clarissa avait réveillé en lui ce qu'on lui avait toujours appris à refouler : ses sentiments. Et voilà qu'il ouvrait son coeur à une fille, ingénieure du Capitole qui venait de changer de camp... Est-ce que cela avait été son objectif depuis le début ? Cette voix qu'il avait cherché à faire taire mais dont la puissance l'avait toujours poussé à retourner vers cette fille qui se trouvait maintenant face à lui... Seulement quelques centimètres les séparait maintenant. Quel allait être sa réaction ? Allait-elle de nouveau lui rire au nez ? Le rejeter ? Lui dire qu'il était stupide ? Ou alors, l'espoir était-il permis ? L'espoir... Encore un mot qui prenait un sens nouveau ! Chaque jour depuis sa naissance, Jace côtoyait l'espoir, l'espoir de créer un monde meilleur... Un monde libre pour tous ! Mais jamais, il n'avait espéré quelque chose pour lui seul. Sa vie était dédiée à la cause... Ce soir, il l'avait compris mais ce fut en cet instant qu'il comprit toute la portée de cette révélation. Ce soir, il vivait pour lui ! Jonathan Christopher Gray, juste lui et non ce rebelle blondinet à capuche derrière il se cachait trop souvent pour se protéger.
Ce soir, il était nu devant la lame perçante de la vérité. Clarissa tenait la lame entre ses mains, prête à lui porter le coup de grâce. Quoi qu'il en soit, il ne fuirait pas et accepterait la blessure avec courage.
Enfin, la sentence arriva et le coup qu'elle lui porta ne lui procura aucune douleur mais un sentiment nouveau s'insuffla en lui. A nouveau, il eut l'impression de perdre pied mais il se laissa porter par ce qu'il ressentait. Tout ceci grâce à quelques mots qu'elle avait murmuré.


« Et moi pour toi… »

Un vague sentiment d'incompréhension s'empara alors de Jace. N'avait-il pas rêvé ? Est-ce qu'elle avait vraiment dit cela ? Un regard s'échangea entre eux, il n'avait pas rêvé... Une deuxième vague frappa alors, plus violente encore que la précédente. La sensation que cela lui procura s'enracina en lui, s'enfonçant toujours plus profondément dans son être. L'impression de ne plus être seul, de compter pour quelqu'un et de voir l'autre comme... Comme il voyait Clarissa. Une lueur dans l'obscurité qui avait été sa vie. La seule personne qui pourrait le comprendre... La seule personne avec laquelle il pouvait être lui-même. Face à face, plus rien ne comptait... Les pacificateurs, le Capitole, les autres districts, la Rébellion... En cet instant, il n'y avait que cette femme devant lui...
Lentement, ils se rapprochèrent l'un de l'autre, tout deux poussé par un désir qu'il ne comprenait et contrôlait pas. Leurs souffles se mêlèrent, Jace put sentir le visage de la jeune femme posé sur le sien, leurs yeux se croisèrent à nouveau échangeant dans un langage inconnu une multitude d'informations, de sensations et de tendresse. Dans ce regard s'écoula une vie entière, une myriade d'événements à venir et en une seconde, cela fut terminé. Etait-ce elle ou bien lui qui avait fait ce dernier pas en avant ? Leurs lèvres se touchèrent pour quelques secondes, un instant si bref mais si délicieux. Un frisson de plaisir parcourut alors le corps du jeune homme qui savourait la plus grande marque d'affection et de tendresse qu'il pouvait fournir à un individu.

Soudainement, les mains de la jeune femme se glissèrent dans les siennes. Une légère surprise put alors se lire dans les yeux du jeune rebelle qui serra les mains de la demoiselle pour la rassurer. Leurs visages étaient encore si proches... Il pouvait sentir le souffle de la jeune femme s'écraser sur ses lèvres. Leurs regards étaient encore connectés l'un à l'autre tandis que la jeune femme se mit à murmurer quelques mots.


« Reste s’il te plait… Reste avec moi… Je te promets que rien ne t’arrivera jamais ici… »  

L'inquiétude transparaissait dans sa voix mais une telle crainte était totalement risible. Jace aurait quitté cet endroit à aucun prix et comme il l'avait déjà dit tout à l'heure, il lui faisait confiance et jamais il ne douterait d'elle. Si elle voulait qu'il reste, il allait rester surtout si cela impliquait passer plus de temps en compagnie de la fille qui hantait ses jours et ses nuits. Il put sentir alors l'emprise autour de ses mains se faire plus forte... Sa crainte était compréhensible et le garçon ne savait pas plus qu'elle vers où ils se dirigeaient ensemble... Mais ils étaient ensemble !

« Je refuse de te laisser partir alors que les patrouilles rôdent… Je les connais bien, tu ne quitteras pas le district… Et demain tu repartiras peut-être déjà avec des éléments importants… »

Leurs visages se détachèrent quelque peu mais ils étaient encore si proches. Clarissa avait prononcé ces mots de façon enjouée et provocatrice. Où voulait-elle en venir ? Pensait-elle qu'elle avait besoin de ça pour le retenir ? Etait-ce une moquerie ? Mais cela lui rappela sa mission... Il était un rebelle... Un défenseur de la liberté ! Il fit un vif mouvement de la tête en signe de rejet. Ce soir, il n'était plus question de rébellion... Juste lui et elle, rien de plus !
Une nouvelle fois, il planta son regard dans celui de la jeune femme avec douceur.


La Rébellion peut attendre. Si je suis ici, ce n'est pas pour eux... Et si ça peut te rassurer, je n'ai aucune envie de partir.

Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu'il desserra l'emprise de Clary sur ses mains sans néanmoins s'en défaire. Il n'avait aucune envie de briser cette proximité qui avait mis tant de temps à se créer. Maintenant qu'ils étaient réunis, Jace n'allait pas fuir. Pas avec ce qui venait de se passer et puis comme le disait Clary, fuir à cette heure-là était plus que dangereux ! Ses chances de rejoindre le Cobra sans risque étaient quasiment nulles ! Par conséquent, rester ici était la meilleure chose et la seule chose à faire ! Jonathan se rapprocha alors du visage de Clarissa et l'embrassa. Cette fois, il s'agissait d'un vrai baiser, complètement différent de ce qui avait pu se produire quelques minutes plus tôt. Un nouveau déferlement de sensations s'insinua en lui tandis qu'il serra la jeune femme contre lui. Des frissons de plaisir lui parcoururent le corps durant ce long baiser qui dut malheureusement prendre fin. Un nouveau regard échangé, un sourire gêné se dessina sur son visage et leur étreinte se termina. Les deux amoureux se tenaient à un pas l'un de l'autre, partageant un sentiment nouveau qu'ils cherchaient encore à dompter.
Tout ceci était nouveau pour le jeune homme, se laisser aller et écouter son coeur, malgré son désir de lâcher prise, il ne savait pas vraiment comment réagir. Il resta quelques instants, interdit, à regarder Clarissa, attendant un quelconque signal sur ce qu'il devait faire. Son regard fit alors le tour de la pièce et se planta alors sur la cheminée vers laquelle il s'avança. Il prit alors la photographie des Stern et l'observa avec sympathie. Il se tourna alors vers la demoiselle tout en lui montrant la photo.


Tu te rappelles d'eux ? Parle-moi de tes parents s'il te plaît...

Lui, il n'avait jamais connu ses parents... Le regrettait-il ? Un peu mais il avait eu une autre famille, une plus grande famille, unie et solidaire. Les Rebelles étaient sa famille... Et en bon membre de la famille, il était prêt à tous les sacrifices pour lui permettre de survivre. Sa vie valait peu de choses en comparaison... Mais une nouvelle personne faisait maintenant partie de ce cercle, une fille qui ne faisait pas partie de sa famille mais qui revêtait une importance encore plus capitale et elle se tenait non loin de lui.

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Ven 19 Juin - 3:11















Des monts et merveilles...
~ Quand les masques tombent…reste Nous. ~






Un tremblement, une crispation de mes mains dans les siennes,… Quel signe avait bien pu trahir la peur qui se faufilait sournoisement en moi. Elle semait son venin, le distillait avec un certain plaisir dans chacune de mes pensées. Mon esprit se troublait. Ce qui me paraissait si naturel l’instant précédent se transformait en une terreur à peine voilée. Au plus profond de moi, j’étais consciente que c’était la seule réponse sincère que je pouvais lui donner. La seule qui sonna vraie, la seule émotion véritable que je pouvais lui offrir. Pourtant, alors que le temps pressait, que la nuit envahissait l’espace tout autour de la demeure, je craignais m’être montrée trop naïve, trop faible. Il était un rebelle, la résistance devait être l’unique qualité qu’il appréciait. Céder si rapidement à son appel, me dévoiler si prestement après que son masque fut tombé, n’est-ce pas une erreur ? Je n’avais su résister au sentiment qui caressait mon âme et pour laquelle j’étais prête à me damner. La faiblesse n’était pas pour les braves, elle n’était pas pour lui.

Mes pupilles fixaient désespérément les siennes, sentant déjà la douleur fugace qui perçait mon cœur dont les battements nerveux me désarçonnaient. Je me sentais fragile, vulnérable. Sensation désagréable qui me rappelait cette soirée terne où mon monde s’était écroulé pour que d’autres le reconstruisent à leur image.

Une caresse de son regard sur ma peau, la panique cessa.

         
« La Rébellion peut attendre. Si je suis ici, ce n'est pas pour eux... Et si ça peut te rassurer, je n'ai aucune envie de partir. »
 

Il faut croire qu’il suffit d’un regard, d’un aveu, pour comprendre l’Amour.

Soudain, la légèreté avait envahie mon être. Je me sentais importante : non, aimée. C’était aussi dangereux qu’exaltant, aussi inquiétant que délicieux,… Dans mes pensées se mêlaient tendresse et désir, je dansais avec une chimère, non un ange… Ses desseins infâmes s’étaient changés en une protection rassurante, ses regards perfides en caresses voluptueuses. Les masques étaient tombés. Plus de Capitole, plus de Rébellion. Juste nous et notre innocence volée.

Mes lèvres s’entrouvrirent dans un remerciement silencieux. Son visage s’approcha du mien et je me laissais glisser dans la douceur de son baiser. Moins furtif, plus précieux que le précédent, j’en savourais chaque nuance avec intensité. Je le savourai avec sensualité, gravai dans mon esprit chaque sensation pour qu’elle demeure éternelle. Mes mains vinrent se glisser dans son cou alors que les siennes s’étaient posées sur mes courbes fines pour m’entraîner encore davantage dans notre tourbillon passionné. Nous étions bien loin en cet instant. Loin de nos vies, des contraintes qui les régissaient. Nous avions le monde à nos pieds et nous pouvions être heureux. Dans ce baiser qu’il faisait courir sur mes lèvres, il venait de m’apprendre que le bonheur existait et surtout qu’il pouvait porter un autre nom que la vengeance. Il portait un prénom, doux et sensible, lointaint et inaccessible.

Alors que l’étreinte se desserra, je me laissai retomber sur mes talons qui s’étaient légèrement décollés du sol pour suivre son élan de tendresse. Nos visages encore si proches se souriaient, le sien laissant transparaître un petit air gêné qui lui donnait des traits plus frais, plus jeune. Mes yeux éblouis découvraient enfin le véritable visage de cet étranger qui me donnait son trésor le plus cher, un jeune rebelle qui ne craignait pas la torture mais à qui un moment d’intimité faisait perdre ses moyens. Je me surpris à sentir la chaleur monter à mes joues, rougissant de cet aveu et de cet abandon. Embarqués par nos émotions, nous avions laissé le passé derrière nous, le présent nous avait appartenu dans ce moment de partage. Restant à décider ce que nous ferions de notre avenir…

Avec délicatesse, Jonathan s’était détaché de moi. Le froid qui me frappa me fit prendre conscience de toute l’affection chaleureuse de son baiser, ma taille dépourvue de ses bras pour m’enserrer me parut vide. Le sentiment de manque ne m’avait jamais réellement saisi, pas de manière aussi réelle qu’à l’instant, et sa cruauté me fit frissonner. Encore sous le coup de ce qu’il venait de se passer, je le contemplai sans un mot. Son regard parcourait la pièce, tandis que le mien se baissait vers le sol quand il le croisait presque ayant peur de m’y noyer à nouveau. Toujours maître de chacune de mes décisions, je m’étais laissée bercer dans une quiétude intemporelle et passionnée sans la moindre résistance, sans le moindre calcul des conséquences que cela impliquerait. Et pourtant, lorsque je parcourais timidement sa silhouette d’ange blond aux yeux azur, je ne regrettais rien.

Il s’était approché de la cheminée, saisissant le cadre que j’avais moi-même tenu entre mes mains quelques minutes plus tôt. Cela me semblait si loin désormais… Je me pris à me demander si la larme qui avait coulé sur le verre avait laissé une trace de ma tristesse. Sans doute. Se tournant vers moi, il lâcha :

         
« Tu te rappelles d'eux ? Parle-moi de tes parents s'il te plaît... »
 

C’était donc à cela que ressemblait une conversation après une situation gênante et imprévue. Jamais je n’avais eu à en subir et son comportement, bien que le mien silencieux et souriant les yeux fuyants ne valait guère mieux, me fit sourire. Ma tête se pencha légèrement sur la gauche, pensive.

Me rappeler d’eux… Cela avait toujours été une question épineuse. Je me souvenais de nuits, sans arriver à trouver le sommeil dans un lit froid et dénué d’affection, où je me prenais à fermer les paupières pour entendre encore le rire si franc et chantant de ma mère. J’étais alors entraînée dans la danse de son rire qui tintait en écho, mon père me faisait tournoyer dans les airs, ses yeux sombres rieurs faisant apparaître de petites ridules de bonheur au coin de ses paupières. L’instant d’après, des cauchemars me criaient que mon esprit imaginait cela, que c’était son seul moyen pour ne pas que je m’effondre…

Un soupir m’échappa, mes traits perdirent leur lueur de plénitude pour devenir plus torturés et mélancoliques.

         
« Une journée d’été, mon père qui me fait tournoyer et le rire de ma mère qui est emporté par le vent… Ma voix s’était perdue un instant, les mots restaient bloqués dans ma gorge. Je fis quelques pas vers le canapé et m’y assit, sans arriver à regarder Jonathan. Je ne suis pas sûre que ça se soit vraiment produit, pourtant j’aimerais. Mais je n’en suis pas certaine, j’étais si petite… On a tous besoin de quelque chose à quoi se raccrocher pour ne pas sombrer et je crois que j’ai besoin de cet écho, de cette sensation de vertige... »
 

Mon regard s’était progressivement relevé. Assise sur le canapé, les coudes appuyés sur mes genoux pendant ma tirade, je me redressais lentement en passant ma paume au coin de mes paupières pour en effacer toute larme impromptue. Une question m’échappa.

         
« Et toi alors, comment sont tes parents ? Je suppose que c’est eux qui t’ont initié à la Rébellion. »
 

La soirée avait déjà été assez émotive sans en ajouter. Pourtant, en le voyant ainsi debout devant moi, je réalisais soudain que je lui avais offert ma confiance et plus encore sans rien savoir de lui. J’avais appris son prénom dans la soirée et tout ce que je savais sur lui, je l’avais appris de l’observation de son comportement. Et j’avais appris qu’il serait toujours là pour moi. Sans doute son aveu le plus personnel, le plus touchant. Il n’était plus un étranger, il était plus proche de moi que personne. Cependant, j’avais besoin de dessiner ses contours, de cerner son histoire pour mieux le comprendre, pour mieux résonner à son écho.

Il se tendit presque imperceptiblement et je sus que ma question n’avait pas été la bonne. Comme pour couper court à toute tension, j’aperçus à l’horloge l’aiguille des heures qui flirtait avec le numéro deux et décidai qu’il était peut-être temps de laisser la soirée faire sa place dans nos esprits. Demain serait un autre jour, comme le répétait si souvent Deborah à l’orphelinat lorsqu’un enfant en avait gros sur le cœur.

       
« Il se fait tard…  dis-je en passant mes doigts dans mes cheveux pour dompter une mèche qui s’acharnait à vouloir me barrer la vue. Il n’y a que deux chambres ici, celle de mes parents et la mienne… Tu… Je réfléchis un instant puis déclarai : Tu peux dormir sur le canapé ou bien…dans ma chambre et je verrais si j’arrive à aller dans celle de mes parents. »
 

Depuis mon arrivée dans la maison, je n’étais pas parvenue à y pénétrer plus de quelques minutes. Juste le temps de tester la présence de mouchards. Leurs affaires laissées là comme s’ils allaient revenir d’une minute à l’autre, leur odeur familière qui semblait encore émaner de leur couvre-lit et du foulard de ma mère laissé négligemment sur une commode… Ma poitrine se nouait à la seule pensée de cette chambre où le temps s’était arrêté. Je me levai en attendant sa réponse.


       
« Il y a de quoi manger dans la cuisine, des choses que j’ai achetées en ville en rentrant du labo, si jamais hésite pas à te servir.» ajoutai-je en désignant la cuisine de la main.
 

J’ignorais le district d’où il venait. Chez lui, la nourriture n’était peut-être pas aussi facile d’accès qu’au Trois et je me pris à m’en vouloir, espérant qu’il ne pense pas que je cherchais à lui faire l’aumône, alors que c’était simplement une banalité destinée à effacer de mes pensées la vision terne d’une chambre vide.









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★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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« Je me souviens de t'avoir entendu dire un jour que grandir, c'est regarder en arrière et regretter de ne pas pouvoir changer le passé. »Extrait de TMI
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Sam 20 Juin - 3:18


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

L'Amour... Un sentiment si fort et si puissant qu'il n'avait jamais cru pouvoir ressentir un jour. Lui, le rebelle qui avait juré de ne pas se laisser guider par ses émotions, il venait maintenant d'accepter ce que sa mère adoptive aurait considéré comme une immense faiblesse. Mais il s'en fichait ! Ce qu'il ressentait pour cette fille était beaucoup plus important, beaucoup plus fort que cette promesse. Jace venait de le dire ! Ce soir, la Rébellion passait après Clary, tout passait après elle en cet instant. Les mains dans les siennes, le regard plongé dans le sien et un sourire aux lèvres, il se sentait heureux comme jamais. Ce fut cette joie qui le guida et le poussa à embrasser une seconde fois celle qui venait de lui prendre son coeur. Pendant ce baiser empli de tendresse, leur étreinte se fit plus intime que jamais. Le temps semblait comme suspendu, un bonheur auquel il n'avait jamais goûté mais dont il était sûr qu'il allait devenir totalement dépendant.
Des frissons lui parcoururent l'échine, ses poils se dressèrent sur ses bras mais ce moment était des plus délicieux. Puis tout s'arrêta et leur étreinte se fit moins intense. Leurs visages semblaient irradiés d'un bonheur presque divin mais malgré tout, Jace se sentait quelque peu gêné par ce qu'il venait de faire. Tout ceci était nouveau pour lui et qu'allait-il bien pouvoir faire maintenant ? Un léger malaise s'installa en lui tandis qu'il jeta un coup d’œil dans la pièce. La séparation avec Clarissa lui procura un manque au fond de son être. Il n'avait pourtant qu'un pas à faire pour la serrer à nouveau dans ses bras et sentir le goût de ses lèvres sur les siennes. Cependant, il n'en fit rien, préférant savourer cet instant et surtout ne pas commettre une quelconque erreur.

Le blondinet s'était alors dirigé vers la cheminée et avait attrapé la photographie que la jeune femme avait tenu entre ses mains tantôt. Il reconnut sans peine les parents de Clary. Des rebelles qui avaient donné leur vie pour leur cause mais surtout, les deux êtres qui avaient donné vie à la plus belle femme qu'il avait pu rencontrer de toute sa vie. Il montra la photo à la fille unique des Stern en lui demandant si elle se rappelait de sa famille.
La question sembla la mettre mal à l'aise et le rebelle s'en voulut presque immédiatement. En observant le cadre avec attention, il remarqua une goutte d'eau qui stagnait. D'un geste mesuré, il reposa le cadre sur la cheminée puis fit un pas vers la fille du 3. Clarissa était pensive mais son visage trahissait une certaine douleur ainsi qu'une vague nostalgie. Au moins, elle avait des souvenirs de sa famille, elle...


« Une journée d’été, mon père qui me fait tournoyer et le rire de ma mère qui est emporté par le vent… Je ne suis pas sûre que ça se soit vraiment produit, pourtant j’aimerais. Mais je n’en suis pas certaine, j’étais si petite… On a tous besoin de quelque chose à quoi se raccrocher pour ne pas sombrer et je crois que j’ai besoin de cet écho, de cette sensation de vertige... »

Clarissa semblait si attristée par cet aveu, sa voix s'était même bloquée quelques instants pendant qu'elle parlait... Le blondinet fit un nouveau pas vers elle mais l'ingénieure, assise maintenant dans le canapé, n'osait même plus le regarder. Jonathan baissa la tête, ressentant le poids de sa culpabilité. Jace n'avait jamais connu ses parents... Pour lui, ils n'étaient que des gens sur des photos, des héros qui avaient vécu jusqu'au bout pour leurs idéaux mais ils étaient morts... Il s'était toujours dit être fier de ses parents mais en réalité, il aurait voulu les connaître... Cette soirée était en train de le changer... Peut-être un peu trop ! Il tenta de se fermer un peu. Mais le visage de Clary apparut à nouveau et ses nouvelles barrières disparurent comme si une tornade balaya une botte de paille.

« Et toi alors, comment sont tes parents ? Je suppose que c’est eux qui t’ont initié à la Rébellion. »

Les parents de Jace... Pouvaient-ils encore se considérer comme étant Emeric Elbert Evans, fils des Evans ? Ou était-il le fils d'Elena Gray ? Lui qui d'habitude n'avait aucun problème avec cette question ne savait pas comment réagir à cette question ce soir. Une légère tension parcourut son corps et son bras droit se raidit. Il ne pouvait pas dire à la jeune femme que ses parents étaient morts en héros, qu'il avait eu la même expérience qu'elle mais que lui, il avait eu la chance de se trouver une famille pour l'aider, pour le guider et ne pas faire le mauvais choix. En définitive, le jeune homme du 8 demeura silencieux, tout en observant Clary sans oser croiser son regard.
Heureusement pour lui, son hôte prit la parole pour l'empêcher de sombrer dans un mutisme encore plus gênant.


Il se fait tard…  Il n’y a que deux chambres ici, celle de mes parents et la mienne… Tu…  Tu peux dormir sur le canapé ou bien…dans ma chambre et je verrais si j’arrive à aller dans celle de mes parents. »

En disant cela, elle avait tout d'abord rabattu la mèche qui lui était retombée sur le visage après leur étreinte passionnée. Un léger sourire se dessina sur les lèvres du garçon qui écoutait avec attention ce qui lui disait son interlocutrice. Néanmoins, il ne put passer à côté du malaise qui s'empara de celle qu'il aimait quand elle parla de ses parents. Cette fois, Jonathan avait retenu la leçon et n'allait pas refaire une nouvelle fois la même erreur. Jace fit de nouveau un pas vers elle tandis qu'elle quittait le canapé pour lui faire face.

« Il y a de quoi manger dans la cuisine, des choses que j’ai achetées en ville en rentrant du labo, si jamais hésite pas à te servir.»

De la nourriture... Une denrée plutôt rare pour lui qui avait pris pour habitude de chasser pour nourrir sa famille et aider ceux qui étaient dans le besoin. Enfin, la nourriture n'était pas si difficile à obtenir mais son prix était trop élevée pour pouvoir vraiment manger à sa faim. A cette pensée, son ventre le rappela à l'ordre. Maintenant qu'elle avait dit cela, il savait qu'il ne pourrait pas s'empêcher d'aller avaler quelque chose avant d'aller dormir.
Puis il succomba à l'appel de la faim ! Le garçon se dirigea vers la cuisine, il passa à côté de Clarissa, l'attrapa par la main et l'entraîna avec lui dans la cuisine. Une fois arrivée dans la pièce, il attrapa un morceau de pain qu'il coupa avec un couteau, fit de même avec un morceau de fromage et se mit à manger les deux avec plaisir.
Entre deux bouchées, il se tourna vers la jeune femme.

Je te remercie pour ça... J'avais quelque peu faim. Et ne t'embête pas pour moi, le canapé m'ira très bien. Il prit quelques secondes pour détailler le visage de la jeune femme et puis y voir quelques signes de fatigue. D'ailleurs, tu ferais mieux de ne pas forcer et d'aller te coucher maintenant, non ?

Il lui lança un dernier sourire après avoir avalé sa dernière bouchée de pain. Rapidement, il nettoya la table puis entraîna la jeune femme vers le salon, face aux escaliers. Ses mains se glissèrent dans celle de Clary tandis que le garçon lui adressa un nouveau sourire tendre.

Tu ferais mieux d'aller te coucher... Bonne nuit Clarissa et merci !

Il resta debout, les mains dans les siennes, à attendre sa réaction. Cette soirée avait été si surprenante qu'il s'attendait à tout maintenant. Malheureusement, toutes les bonnes choses avaient une fin, même cette proximité devait finir par disparaître... Demain, il allait devoir retourner au district 8 même si maintenant, il n'en avait aucune envie. Il jeta un coup d'oeil au canapé. Il semblait confortable et rester près de Clarissa, c'était tout ce qu'il voulait.

FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.
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★ Âge : 20 ans
☆ Surnom : Clary
★ Occupation : Ingénieure en biomimétisme
☆ Humeur : Perdue
☆District : Trois

○ Points : 870
○ Barre de vie :
200 / 200200 / 200


May the odds be ever in your favor
Compétences:
Talents:
Inventaire:


MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Lun 22 Juin - 2:12












Des monts et merveilles...
~ Quand les masques tombent…reste Nous. ~






La légère tension qui s’était installée dans la pièce suite à notre tentative désespérée de trouver une échappatoire était toujours présente. Une lourde atmosphère planait, pleine d’une souffrance ancienne et irréparable dont même le temps ne saurait effacer les cicatrices. Nos regards ne se croisaient plus, aussi proches quelques minutes plus tôt, ils s’évitaient dans une valse tout en retenue et délicatesse.

Le goût amer de ma question toujours en bouche, j’attendais une réaction de Jonathan. Dans le salon, nous nous faisions face quand il s’avança et finit par m’entraîner vers la cuisine adjacente. A peine arrivés, je m’adossai contre une armoire aux portes d’un bois vieilli. Les bras appuyant sur la tranche du plan de travail, j’observai en silence Jonathan se servir. Il goûta goulument au fromage et au pain que j’avais été acheté chez notre boulangère, une dame à la bonté d’âme expansive.

Le silence était apparemment devenu notre refuge, point de parole superflue entre nous : juste l’essentiel. Son rapide repas se déroula donc sans qu’un mot ne franchisse nos lèvres. Pourtant, mille questions bouillaient en moi. Certains auraient dit qu’il s’agissait là de mon caractère scientifique et presque malsain à vouloir connaître tout sur tout le monde. D’autres, plus aguerris, auraient compris qu’il s’agissait davantage de la tendresse de vouloir tout partager avec l’autre dont ce qui faisait de nous la personne que nous étions.

Plus tôt, mon essai d’en savoir davantage sur lui, de le sortir de sa coquille n’avait rencontré aucun succès. Je caressai sa silhouette du regard, sans m’en lasser. J’essayai de deviner ce que chacune de ses mimiques pouvaient cacher, ce que ses gestes sûrs et nets pouvaient dissimuler… Pendant le temps qu’il mangeait, je me pris à échafauder toutes sortes de théories concernant sa famille, ses parents. Peut-être avaient-ils disparus tragiquement comme les miens, mais alors rien n’aurait expliqué qu’il se prive de m’en parler. Ou alors étaient-ils encore en vie ma¬¬¬is ne savaient mot de sa dévotion à la Rébellion, même si cette option me semblait bien fantaisiste. Une autre conclusion, la plus douloureuse, fut qu’il se méfiait toujours de moi et refusait de mettre sa famille en danger en l’évoquant. Un frisson me parcourut, mon estomac se tordit sous le coup de cette possibilité blessante. Le doute qu’il m’accordait réellement sa confiance s’insinua un instant dans mon esprit avant que la douce sensation de ses lèvres sur les miennes vienne comme un fantôme rassurant me rappeler son engagement sincère. Désormais, il fallait laisser le temps au temps… Ce soir, il s’était déjà dévoilé, plus qu’il ne l’aurait sans doute voulu à en juger par l’expression gênée qu’il arborait encore lorsqu’il posait ses yeux sur moi. La patience serait celle qui m’ouvrirait les portes de son monde, de son passé et, j’osais l’espérer, de son avenir…

Je devais lui laisser le bénéfice du doute, croire qu’il croyait en moi autant que je croyais en lui. C’était peu de chose au final, seulement mon aveu d’un attachement qui me dépassait était tout ce que je pouvais lui offrir en gage de ma sincérité, de mon affection...

         
« Je te remercie pour ça... J'avais quelque peu faim. Et ne t'embête pas pour moi, le canapé m'ira très bien. m’annonça-t-il soudain en me sortant de mes pensées. D'ailleurs, tu ferais mieux de ne pas forcer et d'aller te coucher maintenant, non ? »
 

         
« Je t’en prie c’est normal ! Tu es mon invité ce soir, alors je tiens à être à la hauteur. Je lui souris en m’avançant vers la table :Mais tu as raison il se fait tard et, même si me voir arriver avec des cernes à n’en plus finir n’étonnerait personne au labo, je pense que nous avons tous les deux besoin de nous reposer. »
 

Mon ton s’était voulu doux et légèrement chantant, si naturellement que cela me fit l’impression d’entendre quelqu’un d’autre. Ce n’était pas facile pour moi d’être aussi légère. Habituellement, j’étais plutôt une fille discrète et taciturne qui n’usait de son ton joyeux que pour faire dans le sarcasme. Avec Jonathan, je me sentais le droit de ne plus être sur le qui-vive à tout moment, de relâcher la pression, d’être moi-même.

Il prit soin de finir chaque miette, nettoya la table bien que je lui fis signe que cela n’était pas nécessaire qu’il s’encombre de cette tâche. Nous retournâmes ensuite dans le salon, nous arrêtant devant les escaliers. Ma main ne put s’empêcher de dompter une nouvelle mèche rebelle pour la rabattre derrière mon oreille droite,  petit tic nerveux dont je ne parvenais décidément pas à me défaire. Lorsque je la laissai retomber le long de mon corps, sa solitude ne dura pas : les mains de Jonathan trouvèrent les miennes et les serrèrent comme si cette proximité risquait de nous être volée.

         
« Tu ferais mieux d'aller te coucher... Bonne nuit Clarissa et merci !   »
 

       
« Merci à toi… Pour tout…»
 

Mes joues chauffèrent, je me sentis rougir. Je baissai la tête, un peu gênée par cette révélation bien involontaire de mes sentiments. Dans ma mémoire, je cherchais une situation semblable que j’aurais pu observer ou lire quelque part : qu’attendait donc quelqu’un comme Jonathan à cet instant précis ? Qu’était-il d’usage de faire, de dire ? Toute ma science ne savait répondre à une question si simple qui prenait des airs primordiaux alors que Jonathan faisait partie de l’équation. Jusqu’à maintenant, je n’avais donc fait que survoler la vie sans jamais m’y pencher, je pensais tout en connaître sans y avoir jamais goûté…

Il suffisait de lever le regard pour comprendre que tout était différent quand on se voyait au travers d’un autre, un autre que l’on estimait, un autre pour lequel on ressentait quelque chose d’inconnu mais pourtant si délicieux…

Prenant mon courage à deux mains, je relevai ma mine vers lui et lui demandai :  

       
« Ca va aller pour le canapé, tu es sûr ?»
 

J’étais une idiote, une pure idiote ne trouvant aucune parole plus sensée en telles circonstances. Honteuse, j’avais envie de fuir et une idée qui se rappela à moi me le permit :

       
« Oh zut ! Quelle mauvaise hôte je fais ! Je rompis le contact de nos mains, et me dirigea rapidement vers l’escalier dont je faillis manquer la première marche en lâchant une exclamation de surprise : Attends-moi je vais te chercher quelque chose, je reviens !»
 

Quatre à quatre, je gravis les escaliers et me trouvai bientôt sur le palier du premier étage. La porte de droite donnait sur ma chambre tandis que celle du fond laisserait bientôt apparaître celle de mes parents. Ma main sur la poignée, mon cœur eut un pincement alors que j’en pivotai la clenche. A l’intérieur, rien n’avait bougé. Tout était éternellement à sa place, la place à laquelle ils l’avaient laissé. Un aller sans retour… A pas feutré, je me dirigeai vers la grande commode sur la gauche. Là, j’ouvris plusieurs tiroirs avant de retrouver celui qui m’intéressait. Lorsque j’étais venue ici quelques jours plus tôt, j’avais repéré d’épaisses couvertures dans un tiroir et aujourd’hui elles pourraient réchauffer un autre être cher à mon cœur, comme elles avaient autrefois entouré mes parents de leur douce chaleur. J’en choisis une, d’un bleu roi dont le tissu légèrement matelassé me parut parfait pour la saison. Prenant soin de la secouer pour être certaine que la poussière n’avait pu l’atteindre, je la repliai ensuite et la suspendis à mon bras à la hâte, pressée de quitter la pièce. Imperceptiblement, ma respiration s’était faite plus rapide, plus angoissée. Je m’apprêtai à sortir lorsque je passai à côté de la chaise sur laquelle ma mère devait avoir l’habitude de suspendre ses vêtements. Une nuisette y trainait négligemment, un pantalon ainsi qu’une chemise étaient pliés en dessous et un foulard d’un camaïeu orangé était passé sur le dossier. Ma marche s’était stoppée nette. Obnubilée par la contemplation de cette étoffe, je me rapprochai, les larmes aux yeux, de la chaise et ma main libre vînt se glisser dans le tissu léger. Mes doigts se serrèrent dans  le voile fin du foulard et le saisirent avec délicatesse pour le porter à mon visage. Là, j’en humais la fraîcheur du parfum.

       
« Maman… murmurai-je dans un sanglot. Maman… Que dirais-tu de moi aujourd’hui ? Fais-je les bons choix ? Ai-je le droit au bonheur alors que je ne vous ai pas rendu justice ?...»
 

Un bruit au rez-de-chaussée me fit sursauter, me rappelant que j’étais attendue. Je blottis mon visage quelques secondes de plus dans l’étoffe qui absorba mes quelques larmes, puis je la reposai sur le dossier, presque comme l’avait fait ma mère, moins parfaitement peut-être… Je quittai la chambre en en refermant la porte avec prudence et précaution, comme on s’occupe du plus douloureux de nos secrets. Arrivant en haut de l’escalier, je passai le revers de ma manche sur mes paupières pour être sûre qu’on ne pourrait y lire aucune trace de ma faiblesse. Je descendis ensuite en prenant une grande respiration pour me donner du courage, pour me rassurer aussi.

Arrivée sur la troisième marche, j’étais un peu plus haute que Jonathan. Au-dessus de la rambarde, je lui tendis la couverture en souriant :

       
« Voilà de quoi rendre ta nuit un peu plus confortable, lui dis-je d’une petite voix. Tu es sûr pour le canapé, ça m’embête quand même pour toi… Et comme il ne mouftait pas, j’ajoutai :Je serai en haut, dans la chambre à droite si tu besoin de quoi que ce soit.»
 

Un silence s’installa quelques secondes, puis j’ajoutai :

       
« Bonne nuit Jonathan… »
 

Mes paumes cramponnées à la rambarde, je me penchai au-dessus de celle-ci pour déposer un baiser sur le front de Jonathan. Lorsque je me redressai, un sentiment de plénitude m’envahissait déjà, si puissant que je me savais incapable d’y résister si je m’attardai davantage. Finalement, j’étais bien faible…

Je tournai donc talons et montai de quelques marches avant de m’arrêter soudainement pour me retourner.

         
« Jonathan, l’interpellai-je alors qu’il regagnait déjà le salon. Tu… Tu seras toujours là quand je descendrai demain ? »
 

Oui j’étais faible… Une faiblesse de l’âme qu’on nomme amour et dont je me rendais à peine compte qu’elle m’envahissait sans que je ne puisse, ni ne veuille, l’empêcher de me dévorer…

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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Jeu 25 Juin - 0:09


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Dans la cuisine, le garçon prenait soin de manger le peu qu'il s'était permis de prendre. Il ne comptait pas en gâcher une miette et faisait attention à ne pas laisser de miette ou une quelconque saleté sur la table. Il n'avait quasiment pas mangé de la journée et malgré l'habitude qu'il avait de se contenter de peu pour survivre, il fallait bien avouer qu'il avait succombé à la proposition que l'ingénieure lui avait fait. Mais ne serait-ce qu'avaler un morceau de pain et du fromage était déjà agréable. Puis avec les émotions de la journée, il fallait bien qu'il recharge un peu ses batteries. En parlant de cette journée, quelle drôle d'histoire... Jamais il n'avait pu imaginer ce qui aurait pu se passer aujourd'hui... Tout ceci lui semblait totalement surréaliste encore maintenant ! Et pourtant, le résultat était là, devant ses yeux. Clarissa, radieuse, partageant ses sentiments qu'il avait lui-même fini par accepter. Qu'était-il donc arrivé au Jonathan qui avait promis de contrôler ses émotions ? Un sourire invisible se dessina sur son visage... Ce soir, il avait compris que malgré tous ses efforts, il n'aurait pas pu refouler son ressenti éternellement.
Il se tourna alors vers Clarissa pour la remercier du repas.

Je te remercie pour ça... J'avais quelque peu faim. Et ne t'embête pas pour moi, le canapé m'ira très bien. Il prit quelques secondes pour détailler le visage de la jeune femme et puis y voir quelques signes de fatigue. D'ailleurs, tu ferais mieux de ne pas forcer et d'aller te coucher maintenant, non ?

« Je t’en prie c’est normal ! Tu es mon invité ce soir, alors je tiens à être à la hauteur. Mais tu as raison il se fait tard et, même si me voir arriver avec des cernes à n’en plus finir n’étonnerait personne au labo, je pense que nous avons tous les deux besoin de nous reposer. »

Après cette courte discussion où le garçon se contenta d'hocher la tête, le rebelle entreprit de nettoyer les miettes qui traînaient encore sur la table. Il regarda Clarissa qui semblait elle aussi si différente maintenant. C'était toujours la même fille mais son comportement avait changé, elle semblait agir de manière plus assumée, plus naturelle et libre. Cela ne le dérangea pas et son amour pour la fille du District 3 se fit encore plus fortement ressentir. Après plusieurs secondes, il détourna son regard de la jeune femme et se rapprocha d'elle pour l'entraîner au niveau des escaliers. Clarissa replaça alors presque inconsciemment sa mèche qui pendait à nouveau devant ses yeux. D'un geste doux, Jonathan tendit ses main et referma ces dernières dans celles de la demoiselle.

Tu ferais mieux d'aller te coucher... Bonne nuit Clarissa et merci !

« Merci à toi… Pour tout…»

Le rouge monta alors aux joues de la jeune femme et elle baissa la tête. Une personne normale aurait pu rire devant une telle situation mais pas Jonathan. Il baissa alors la tête à son tour pour la regarder, lui offrir un sourire et un regard apaisant, lui assurant que tout allait bien. Tout ceci passant dans un unique regard, les yeux dans les yeux. Il savait qu'elle comprendrait, qu'elle n'avait pas à se cacher ou à avoir honte. Il était là... Pour elle et uniquement pour elle. Et cela finit par payer, la jeune femme finit alors par relever la tête.

« Ca va aller pour le canapé, tu es sûr ?»

Oui, ça fera parfaitement l'affaire ! lui assura-t-il dans un sourire sincère.

Elle détourna alors le regard pendant quelques instants, comme si une nouvelle fois, elle avait honte de quelque chose. Heureusement, cette fois, cela ne dura pas et Clarissa lui fit face avec une mine contrariée.

« Oh zut ! Quelle mauvaise hôte je fais ! Attends-moi je vais te chercher quelque chose, je reviens !»

Elle repartit, laissant Jace seul en bas des escaliers. Que pouvait-elle bien être partie chercher à l'étage ? Il n'avait aucune idée mais une chose est sure, c'est qu'elle semblait pressée d'y aller. Sa précipitation lui avait presque valu de rater la première marche de l'escalier. Jace avait tendu la main au cas où mais Clary n'eut pas besoin de son aide. Qu'allait-il bien pouvoir faire maintenant en attendant la jeune femme ? Encore une fois, son regard fit le tour de la pièce et les événements de la journée défilèrent alors lentement dans sa tête. Leur rencontre à l'étage, leur visite de la ville, les questions, les Pacificateurs, leur retour ici et tout ce qui s'en était ensuivi... Cela semblait si lointain comme si les événements de l'après-midi avait eu lieu il y a plusieurs mois déjà. Le garçon s'adossa alors contre le mur le plus proche et poussa un long soupir. Qu'allait-il bien pouvoir faire maintenant ? Il avait sa vie au 8 après tout, il ne pouvait pas rester ici éternellement... C'était décidé, il partirait demain matin, au plus tôt, afin de ne pas tomber dans les adieux difficiles. Pourquoi fallait-il que tout soit si difficile ?

Son air se fit alors plus dur et ses pensées vagabondèrent au gré du vent. Il repensa alors à la rébellion, aux Jeux, au Capitole puis enfin à Zatanah avec qui il n'avait pas parlé depuis tellement longtemps maintenant. C'était la seule personne avec qui il avait des liens, la seule personne avec qui il passait du temps... Puis les Jeux arrivèrent et la transformèrent... Mais Jonathan ne l'avait pas abandonné... Il avait voulu lui parler, l'aider mais cette dernière n'avait rien voulu savoir et s'était murée dans le silence. Il ressortit alors un collier caché sous sa veste, une fine chaîne à laquelle était attachée au bout un morceau d'ambre avec une petite guêpe piégé à l'intérieur. Ceci était le souvenir d'un passé révolu, passé qu'il avait préféré oublier... Mais ce soir, il se posa la question qui importait vraiment.


Ai-je fait le bon choix ? Zatanah...

D'un geste rapide, il rangea alors le collier sous sa chemise mais son geste fut un peu brusque et son coude heurta le mur produisant un bruit sourd qui se répercuta sur tous les murs de la maison. Le garçon serra les dents quelques instants et la douleur disparut presque aussi vite qu'elle était arrivée. Mais que pouvait donc bien faire Clarissa ? Devait-il monter pour aller la rejoindre et l'aider ou bien rester en bas et attendre qu'elle arrive ? Si ça se trouve, elle s'était endormie là-haut et lui, il attendait pour rien. Non, elle avait dit qu'elle allait revenir, qu'elle était allée chercher quelque chose.
Puis la voilà enfin de retour, avec sa surprise sur les bras, une magnifique et grosse couverture pour l'invité qui dormirait sur le canapé. Elle semblait quelque peu différente de tout à l'heure, son sourire semblait moins rayonnant mais Jace ne parvint pas à en comprendre la cause. L'ingénieure lui tendit alors la couverture.


« Voilà de quoi rendre ta nuit un peu plus confortable. Tu es sûr pour le canapé, ça m’embête quand même pour toi… Je serai en haut, dans la chambre à droite si tu besoin de quoi que ce soit.»

Le garçon se contenta d'hocher la tête une nouvelle fois, la couverture sur les bras. Dormir sur un canapé ne serait pas la pire épreuve de sa vie... Il avait vu bien pire non ? Dormir en forêt, à même le sol sans avoir de quoi se couvrir vraiment... Enfin, il avait toujours réussi à fabriquer quelques trucs pour s'en sortir mais il n'avait jamais eu une véritable couverture pour dormir ailleurs que chez lui.

« Bonne nuit Jonathan… »

Bonne nuit Clarissa...

La jeune femme se pencha alors pour déposer un baiser sur son front. Ce geste, si enfantin mais empli de tendresse, réussit à déstabiliser Jace. Un sourire maladroit se forma alors sur son visage tandis qu'il s'apprêtait à partir en direction du canapé pour y déposer la couverture qui trônait encore sur ses bras. Alors qu'il était presque arrivé à sa destination, il entendit une voix familière l'interpeller.

« Jonathan. Tu… Tu seras toujours là quand je descendrai demain ? »

Un léger silence s'installa alors dans la pièce tandis que Jonathan réfléchissait à ce qu'il allait bien pouvoir répondre. Tout à l'heure, il avait été si sûr de lui, il serait parti sans demander son reste, sans prévenir... Mais maintenant, oserait-il encore le faire ? La présence de Clarissa, l'envie de rester auprès d'elle était si présente mais il allait bien devoir partir. Mais finalement, il n'avait rien de bien particulier à faire demain non ? Il pouvait bien se permettre de rester un peu plus longtemps non ? Au pire, il pourrait toujours partir dès que Clarissa serait levée... Mince espoir mais il n'avait pas le choix de toute façon...

Tant que tu seras pas descendue, je resterai ici, tu as ma parole !

Après ces quelques mots qui allaient surement satisfaire la demoiselle, le garçon fit demi-tour et se dirigea alors vers le canapé. Nonchalamment, il déposa la couverture sur le canapé et entreprit de retirer ses chaussures et sa veste. Il déposa tout ça sur une chaise non loin de lui, prêt à se rhabiller en deux temps trois mouvements si la situation l'exigeait. Déformation professionnelle sans aucun doute.
Il s'allongea alors sur le canapé et regarda le plafond pendant plusieurs minutes. Ses pensées refirent surface et les questions se firent plus présentes, plus insistantes. Allait-il pouvoir lier sa vie de rebelle et son amour avec Clary ? Lui qui avait si prompt tout à l'heure, voilà que maintenant, il prenait toute la mesure de la situation. Mais comment faisait-elle pour lui faire perdre le sens des priorités ? En y repensant, il ne put s'empêcher de sourire en revoyant le baiser qu'ils avaient échangé tout à l'heure.
Ce fut sur cette image qu'il s'endormit sur le canapé de Clarissa.

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Jeu 2 Juil - 2:32












Des monts et merveilles...
~ Dans nos rêves… ~






La douceur du baiser, sa saveur particulière pleine de tendresse et de retenue m’avait transportée un instant. Je dévorai du regard son sourire un peu gêné, il paraissait soudainement si humain, si fragile. Il perdait son apparence froide et inaccessible qu’il avait toujours entretenue en ma présence. Seulement, ce temps me semblait à la fois si lointain et si proche. Quelques heures pouvaient-elles réellement suffire à faire tomber des défenses qui étaient bâties depuis de si longues années ? Les miennes avaient pourtant cédé sous la sincérité de ses paroles, sous l’affection de sa révélation. Peut-être m’étais-je trop laissée porter par les émotions inconnues qui s’étaient emparées de moi et m’avaient prise dans leur tourbillon insensé ? Pourtant alors qu’il me souhaitait une bonne nuit, je ne regrettai rien. Ses seules paroles me rassurèrent, bercèrent mes pensées et me firent oublier toutes les interrogations qui se bousculaient dans mon esprit.

L’une d’elles finit pourtant par émerger alors que je gravis les escaliers, plus pressante elle s’échappa de mes lèvres et je me tournai vers Jonathan. Son visage aux traits tirés trahissait une cruelle réalité : je l’avais pris au dépourvu et j’eus peur soudain qu’il ait songé à prendre la poudre d’escampette à peine fus-je entrée dans ma chambre. Mon cœur se serra à cette idée, le silence s’installa. Ses pupilles scrutaient ma silhouette comme pour y trouver une réponse, trouver quoi dire pour m’apaiser.

       
« Tant que tu seras pas descendue, je resterai ici, tu as ma parole ! »
 

Un léger sourire éclaira mon expression fatiguée, même si l’idée qu’il pouvait me mentir pour me rassurer m’avait largement effleurée. Je le remerciai d’un hochement de tête satisfait et figeai son image dans mes souvenirs, de peur de ne plus en avoir l’occasion plus tard. Alors que mes pas me portaient à l’étage, mes pensées embrumées par l’heure tardive recommencèrent à tourner. Je poussai la porte de ma chambre, puis la refermai prudemment derrière moi comme pour empêcher quiconque de regagner un jour le petit monde que je m’étais créé dans cette pièce. Là, je me déshabillai avec des gestes lents avant d’enfiler un pyjama d’une matière douce que je ne connaissais pas, de la soie peut-être, et que j’avais trouvé dans l’armoire de mes parents. Tout le monde disait que je ressemblais tellement à Jocelyne,  à ma mère… Quand je me regardais dans le miroir surplombant la commode, j’aimais à penser que c’était un peu elle que j’y voyais… Mais ce n’était qu’une illusion de plus. Une illusion comme les paroles de Jonathan qui n’étaient peut-être qu’une douce mélodie censée calmer ma peur de perdre la seule personne à laquelle je semblais tenir.

Un soupir m’échappa, je me laissai tomber sur le lit. Sur la couette légèrement matelassée, mon corps semblait peu à peu se détendre. Mes pensées, elles, continuaient à s’agiter. Une plainte interne soulevait bien trop d’angoisses, d’incertitude. Moi qui désirais toujours avoir le contrôle sur tout ce qui m’entourait, je me sentais démunie. Tout pouvait basculer. Il pouvait s’enfuir sans un bruit, comme lorsqu’il apparaissait si brutalement… Seulement, si cette disparition était cette fois sans retour ? J’avais aperçu dans son regard cette lueur de peur de l’inconnu, la même qui m’avait saisie, la même que je craignais tant.

D’un mouvement, je me tournai vers la fenêtre. Une heure était presque passée. Une heure pendant laquelle j’avais songé à tous les scénarios possibles, à toutes les tournures que cette situation pourrait prendre à court, moyen et long terme. Dans toutes mes prévisions, nous finissions par souffrir. Dans toutes, sauf une : une seule qui nous offrait une chance. Mais une chance de quoi ? D’être ensemble ? D’être « heureux » ? Et qu’est-ce que c’était d’abord que le bonheur ?

Ma respiration se fit de plus en plus rapide et j’attrapai une horloge numérique dont j’avais trafiqué l’afficheur pour qu’un projecteur d’hologrammes annonce l’heure en faisant flotter des chiffres clairs à hauteur de mes yeux à moitié clos. Il était si tard… Pourtant, au moindre grincement du vieux plancher du grenier, je sursautai avant de mobiliser toute mon attention sur un possible son qui me prouverait qu’il était parti. Qu’il avait finalement choisi une autre voie. Cela aurait été plus sage, moins dangereux, à bien y songer. Cependant, nous serions toujours en danger tant que Panem serait aux mains de dirigeants malhonnêtes jouant avec l’existence et le malheur des habitants des districts. Le danger n’était pas dans ce que je ressentais, non il était au dehors, dans ce qui tentait de son essence malsaine de briser le seul réconfort que nous avions enfin trouvé : la peur de nous perdre, la peur de souffrir. Elle était plus consistante que la souffrance elle-même, plus douloureuse. Elle insinuait son venin dans nos veines et nous laissait impuissants, plongés dans un doute absurde. Séparer pour mieux régner. Cet adage définissait parfaitement notre situation.

Ma main passa sur mon visage. J’étais si fatiguée… Le sommeil luttait néanmoins pour ne pas me trouver. Ou était-ce moi qui le chassais avec ma crainte sourde de constater sa fuite au matin et de voir son visage s’effacer de ma mémoire jour après jour ? Couchée sur mon flanc gauche, j’aperçus bientôt mon bloc à dessin posé sur la commode. A côté, mes fusains sombres brillaient légèrement sous le reflet des rayons lunaires qui filtraient entre les épais rideaux. Figer son image sur le papier. Je m’y étais déjà essayé à plusieurs reprises : espérant dans un premier temps avoir un portrait à remettre aux autorités s’il s’avérait qu’il me mentait, puis juste pour me souvenir de cet inconnu qui m’avait fait découvrir notre monde… Mes tentatives s’étaient à chaque fois soldées par de cuisants échecs. Aucun trait ne reproduisait parfaitement son visage… Mais… A bien y songer, peut-être était-ce davantage ma mémoire qui ne savait être rendre justice à son allure irréelle et mystérieuse ?

Je m’assis sur le rebord de mon lit. Trois heures et quarante-deux minutes… L’horloge se faisait de plus en plus cruelle. Je m’étirai comme un chat, avec souplesse et lenteur, avant de faire quelques pas vers la commode où mes doigts glissèrent sur mon bloc à croquis. D’un geste net, je le saisis et emportai avec moi un des fusains ainsi qu’une gomme mie de pain que je grippai entre deux doigts comme à mon habitude. Avec des pas discrets, je gagnai la porte de ma chambre et enclenchais la poignée avec précaution pour ne pas risquer de faire le moindre bruit.

Doucement, je me glissai dans les escaliers, le cœur serré d’appréhension à l’idée qu’il fut déjà parti. Il ne fut nécessaire que de descendre huit marches pour pouvoir l’apercevoir. Sur le canapé, il s’était glissé sous la couverture que je lui avais donnée plus tôt et il semblait dormir d’un sommeil calme et paisible. Sa respiration était lente et régulière, soulevant légèrement sa poitrine à chacune de ses inspirations. Amusée, j’ébauchai un sourire en coin en me laissant glisser le long du mur froid. Là, assise sur la marche, je contemplai mon modèle assoupi. Celui auquel j’allai enfin tenter de rendre toute sa grâce sur le papier, que j’allai essayer de figer à jamais pour toujours me souvenir, me souvenir de lui et de ce qu’il m’avait offert. C’était puérile, présomptueux aussi, mais je m’en moquai. J’avais besoin de ce dessin comme d’une preuve de son existence, une preuve qu’il n’était pas qu’un mirage créé par mon esprit en peine pour soulager la souffrance de la solitude.

A travers les barreaux de la rambarde, mes yeux scrutaient l’obscurité. Les quelques rayons qui filtraient avaient le don de créer des contrastes intéressants sur sa peau, de faire ressortir ses pommettes anguleuses et ses boucles dorées qui se teintaient presque d’argent sous la lune. Peu à peu, sur le papier au grain fin, les traits se formaient, les courbes fines de ses yeux côtoyaient les ondulations d’une mèche fine qui avait chuté sur son front, seule note imparfaite de ce portrait angélique d’une nuit de pleine lune…

Quand mon dessin fut fini, je m’y plongeai un instant. Ses paupières closes, ses lèvres fines,… Il paraissait tellement réel, tellement…accessible. Soulagée, mes paupières purent enfin imiter les siennes et je les fermai paisiblement alors que mon esprit vacilla dans un sommeil tranquille.






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★☆☾ Clarissa L. Stern ☽☆★
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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Ven 10 Juil - 15:02


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Jonathan n'avait aucun mal à trouver le sommeil, que ce soit dans cette maison inconnue, chez lui ou n'importe quel autre lieu. Le corps avait besoin de se reposer et chaque jour, il avait besoin de mobiliser toute son attention. Néanmoins, il dormait toujours que sur une oreille, toujours prêt à se lever et se défendre en cas de problème. Mais ce soir, il se sentait en sécurité, la soirée avait été tellement riche en émotions qu'il avait besoin de se laisser aller totalement au sommeil. Ainsi, sa nuit ne fut pas ponctuée de rêves mais seulement par un long repos apaisant. Ce fut aussi pour cette raison qu'il n'avait pas entendu Clarissa sortir de sa chambre et s'installer sur les escaliers pour coucher son visage sur le papier.

Cependant, le blondinet finit par sortir du sommeil. Autour de lui, tout était encore plongé dans l'obscurité. Visiblement, il était encore tôt mais il n'avait aucun moyen de savoir l'heure qu'il était. Doucement, il s'étira, laissa échapper un court bâillement avant de se rhabiller et d'enfiler ses chaussures. Il fit alors quelques pas pour aller observer l'horloge... Quatre heures et demie... En effet, il était encore tôt mais maintenant qu'il était parfaitement réveillé, il allait avoir du mal à retrouver le sommeil. Ce fut à cet instant que l'image de Clary s'installa dans son esprit. Un mince sourire se dessina sur son visage tandis qu'il revoyait les événements de la soirée pour se terminer sur le baiser qu'ils avaient échangé. La chaleur de la jeune femme, le goût de ses lèvres, l'odeur de sa peau, il tenta de fixer toutes ses sensations dans son esprit mais tout commençait déjà à disparaître. D'ailleurs, elle devait surement dormir à cette heure. Peut-être pourrait-il aller la voir ? Non, il ne voulait pas la déranger...

Le garçon se dirigea alors vers la cuisine pour aller se chercher un verre d'eau. Quelle étrange habitude que celle de prendre un verre d'eau après avoir dormi ? Alors qu'il passait devant les escaliers menant à l'étage, il leva les yeux vers les marches et fut surpris de remarquer alors l'ingénieur endormie sur l'escalier, la tête appuyée contre le mur. Tant pis pour le verre d'eau... Il monta alors quelques marches jusqu'à arriver au niveau de la demoiselle endormie. Son regard se posa alors sur le visage endormie de la jeune femme. Elle semblait en paix, si calme et si belle. Un sourire satisfait flottait sur le visage de la femme brune barré par une mèche de cheveux qui lui tombait sur le visage. Le rebelle rabattit alors cette mèche derrière son visage avec une douceur qu'il n'aurait jamais soupçonné. Jace remarqua alors le bloc à dessins qui reposait sur les genoux de la fille du 3. Par curiosité, Jonathan s'installa alors sur la marche devant celle où Clary dormait et feuilleta rapidement le contenu du bloc. Ce qu'il trouva le surprit au plus haut point, plusieurs essais afin de reproduire son portrait, plus ou moins réussis et enfin, un dernier dessin, datant vraisemblablement de cette nuit où Clarissa avait saisi son visage bercé par le sommeil.
D'un geste rapide, il arracha la page et la rangea dans sa poche. Il ne pouvait pas laisser une trace de son passage dans un autre district. Un portrait, c'était ce qu'il manquait au Capitole pour l'arrêter. Il vaudrait mieux ne pas leur donner une raison de le jeter en prison...ou pire.

Il observa alors la jeune femme quelques instants avant de se relever. Il ne pouvait pas la laisser dormir ici... Avec douceur, il passa un bras sous les jambes de la jeune femme et de son autre bras, il passa derrière son cou pour finalement la soulever délicatement afin de ne pas la réveiller. Un pas après l'autre, il monta lentement les marches pour finalement arriver au premier étage de la maison. Dans ses bras, la jeune femme dormait paisiblement. Un mince sourire se dessina sur le visage du garçon du 8 tandis qu'il se dirigeait vers la porte de la chambre de Clarissa. D'un appui de son coude, il ouvrit doucement la porte et déposa délicatement la femme dans son lit. Il attrapa alors une chaise et s'installa à côté de la jeune femme. Elle dormait toujours... Consciencieusement, il attrapa le drap du lit et couvrit la demoiselle. Son regard se posa alors sur elle... Elle était si calme maintenant... Sans vraiment comprendre ce qu'il était en train de faire, il se mit alors à caresser son visage pendant quelques secondes avant de poser un baiser sur son front.

Jonathan sortit alors le portrait que Clarissa avait fait de lui. Elle avait du talent pour dessiner... Comme quoi faire des croquis et des plans d'armes ça pouvait aussi avoir des bons côtés. En observant le dessin, Jace comprit qu'elle ne pensait pas à mal mais il ne pouvait pas laisser une trace de son passage dans le 3. C'était beaucoup trop dangereux... Néanmoins, il ne put se résoudre à le déchirer et se contenta de le ranger dans sa poche. Sachant qu'il n'allait pas s'endormir tout de suite, il songea alors à une occupation pour passer le temps.
Il sortit alors quelques minutes de la chambre, retourna au niveau de l'escalier, récupéra le carnet de dessins, le fusain et la gomme mie de pain avant de retourner dans la chambre en refermant doucement la porte.

Il rangea alors le tout sur le bureau de la jeune femme mais garda le morceau de fuseau avant de s'installer sur la chaise qu'il avait utilisé tout à l'heure. Il sortit alors un des couteaux de son étui caché dans sa veste et entreprit de tailler le morceau méticuleusement. Le dessin, c'était pas vraiment pour lui... Bien sûr, il avait un bon coup de crayon, il concevait lui-même toutes sortes de mécanismes et d'armes mais dessiner des gens, c'était autre chose... Alors il allait s'essayer à la gravure et à la sculpture d'un morceau de fusain. Cela lui prit plus d'une heure mais il n'en avait cure. Jace était d'un naturel patient et préférait prendre son temps pour faire les choses correctement. Il avait finalement sculpté une petite flèche dans le morceau de fusain, avec difficulté mais le résultat était assez satisfaisant au final.
Il posa alors son cadeau sur le bloc à dessin et se réinstalla près de la jeune femme.


Dors bien Clarissa... J'espère que tu m'en voudras pas mais je vais garder ton dessin.

Il avait dit ça sur un ton calme, comme s'il lui parlait vraiment bien que la jeune femme dormait. Puis le sommeil revint le frapper et le blondinet ne lutta pas, se laissant à nouveau emporter dans un flot sans rêves.

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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Lun 30 Nov - 2:26












Des monts et merveilles...
~ Dans nos rêves… ~






Je me trouvais dans une pièce sombre et terne, elle ne reflétait pas l'excitation ardente qui m'assaillait encore, ni même ce frisson délicieux qui semblait parcourir tout mon être. Non, elle n'était rien de tout cela. Cette pièce n'était que désolation et solitude. Elle me faisait trembler à sa manière, sans que rien ne vienne expliquer ce sentiment étrange de terreur que grandissait peu à peu. Une émotion terrible, un vide interne qui grandissait et me rappelait tristement l'absence cruelle qui avait accompagné la mort de mes parents. Bien sûr, je ne m'en souvenais pas vraiment, seulement cette impression qu'il me manquait quelque chose d'indispensable pour être heureuse, des personnes à aimer, des personnes qui m'aimaient, une famille... Cette impression, elle, avait toujours été présente. Ici, dans ce lieu inconnu, elle était encore plus prenante, viscérale et malsaine. Je me recroquevillai sur moi-même... Je fermai les yeux.

Soudainement, le sol bougea. Je me redressai. Les couleurs de la pièce s'éclairèrent, les murs blanchirent. L'atmosphère hostile disparut peu à peu alors que je me sentais voltiger doucement dans l'espace, comme bercée par un ange invisible. Je savourai cet instant de quiétude où se mêlait cette voix lointaine et presque inaudible dont je ne comprenais les mots, mais qui calma mes angoisses et les fit taire. Je ne voulais plus entendre qu'elle.

Le rêve s'estompa. Le sommeil reprit son cours...

Cette nuit-là, j'avais dormi comme jamais depuis bien longtemps. La chaleur rassurante des draps sur mon corps frêle, la caresse de leurs plis sur ma peau,... Le crépuscule perçait entre les rideaux tirés et un rayon de lumière très léger jouait avec mon œil entrouvert.  Une chaleur rassurante émanait près de moi, je m'étirai doucement comme un chat. Quand mon regard encore perdu dans la brume du réveil croisa la silhouette endormie de Jonathan, j'eus un léger sursaut. Les souvenirs me revinrent : le sommeil qui me fuyait, le dessin dans les escaliers, la jeunesse bafouée de son visage assoupi,... Je restai un moment à le contempler ainsi dans la semi clarté du matin. Ses boucles blondes tombaient sur son épaule négligemment. Il était si fragile, si vulnérable. Dans cette douce lueur du crépuscule, il n'était plus ce rebelle que j'avais croisé et dont j'avais souhaité la mort... A vrai dire, je n'étais même plus certaine qu'il fut celui qui était venue me rendre visite la veille au soir.

Tout en continuant à l'observer, je me demandais s'il me laisserait approcher cette partie de lui un jour : consciemment, en plein éveil, et alors que le risque de perdre ce qui lui offrait cette contenance déboussolante qui le caractérisait serait maximal. Ce risque d'oser se livrer tel qu'on est et non tel qu'on aimerait être. Je n'étais pas dupe, je jouais au même jeu que lui. Moi aussi je ne montrais que ce que je désirais qu'on voit, je savais taire mes faiblesses, clamer mes forces et masquer tout le reste derrière le mensonge permanent qu'était ma seule existence. Pourquoi avais-je le sentiment angoissant que rien ne serait jamais facile entre nous ?

Je lâchai un soupir. Il sembla bouger légèrement. Alors je me redressai avec précaution pour caresser avec douceur sa joue, celle qui n'était pas enfouie dans les couvertures que son corps avait dû finir par chercher après avoir basculé au bord de la chaise.

       
« Bonjour M. Jonathan... » dis-je d'une voix mélodieuse que je ne me reconnus pas. Pendant qu'il se émergeait de son sommeil, je lui murmurai à l'oreille, presque plus pour moi-même que pour lui :  « Merci d'avoir tenu ta promesse.»
 

Un sourire s'étira sur mon visage. Instinctivement, un peu mal à l'aise dans cette situation que je ne connaissais pas bien qu'elle me donnât cette sensation étrange de vertige, je coiffai mes boucles rebelles d'un simple geste de la main avant de me glisser hors du lit par l'autre côté afin de laisser le temps au jeune homme de se réveiller.

Une fois levée, j'attrapai mes affaires dans un tiroir et filai dans la salle de bains sans en demander davantage. Il avait déjà fait tant. Bien qu'il n'eut rien ajouter depuis la veille, je ne pouvais que me douter de ce qu'avait représenté pour lui le fait de tenir son engagement envers moi. Il aurait pu partir cette nuit, m'abandonner dans les escaliers pour ne plus jamais reparaître. Cela aurait été tellement plus facile, tellement plus simple, tellement moins dangereux. Nous jouions à un jeu risqué, une corde raide où le moindre faux pas nous ferait glisser dans un précipice dont je n'étais pas sûre qu'il ait un fond. Avant, jamais ce genre de dangers ne m'auraient effleuré l'esprit : j'étais alors du "bon côté" de la barrière, celle où les gens évoluent sans encombre puisqu'ils sont dociles et obéissants, naïfs et aveugles aussi.

Désormais dans le miroir, je ne me reconnaissais pas et je craignais celle que je voyais. Avant j'étais une menace, maintenant j'étais une traitre. Des deux côtés de cette guerre, mon statut avait changé et pourtant je savais qu'on ne me ferait confiance nulle part : le Capitole me tuerait s'il apprenait que la vérité m'avait explosé au visage, quant à la Rébellion elle ne voudrait jamais croire à un tel revirement d'une des ingénieures les plus fidèles au régime... J'étais une traitre, une paria. Pourquoi était-il encore ici ? Comment pouvait-il me faire confiance ?

Pourtant il avait raison... Cette fille dans le miroir avait changé, ce n'était plus celle de cette nuit-là. C'était une autre à qui la vérité glaçante d'une vie inventée de toutes pièces avait réveillé les ardeurs du combat.

Ce matin, j'irai pourtant à mon travail. Je ferai ce qu'il serait nécessaire pour conserver la confiance de mon équipe : je jouerai avec ceux qui m'entouraient, je trahirai un jour ceux qui m'avaient aidée à devenir l'ingénieure brillante que j'étais. Seulement, en saurais-je capable ?

Je baissai les yeux et finis de m'habiller. Un simple pantalon de travail, une chemise rouge et je passai une montre léguée par mon père à mon poignet. Elle ne me quittait que rarement, autrefois elle me rappelait à chaque nouvelle invention de destruction que j'inventais pour qui je faisais tout cela. Aujourd'hui, elle m'invitait à une haine encore plus viscérale et profonde, une haine qui finirait par me perdre si je ne me décidais pas à enfin laisser partir l'envie de vengeance.

Une fois mes boucles rassemblées en une queue de cheval nouée par un vieux foulard vert qui faisait ressortir le roux sombre de ma chevelure, je rejoignis Jonathan. Debout, il semblait parcourir ma chambre du regard.

       
« Le soleil est presque levé... Tu ne risques pas d'avoir des problèmes pour rejoindre...ton district ? »

J'avais pesé les derniers mots de ma phrase, je craignais qu'il n'y voit une tentative de savoir d'où il venait, de me renseigner sur lui. Combien il était difficile de penser que ce qu'il y avait encore nous ne serait peut-être jamais "normal"...








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Jonathan C. Gray
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MessageSujet: Re: Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]   Dim 31 Jan - 20:38


Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs
Feat Clarissa

Il était assez tard quand le jeune homme finit sa sculpture (ou bien très tôt en fonction de la manière dont on se situe) et il ne refusa pas le sommeil qui commençait à peser sur ses paupières. Son esprit se mit alors à flotter, laissant ses pensées s'apaiser après une journée des plus épuisantes pour lui. Voilà quel était sa plus grande faiblesse... Si ses émotions prenaient le dessus sur lui, il n'avait plus aucun contrôle. Tout ceci était arrivé à cause de cette fille, Clarissa... Comment avait-il pu accepter de rester chez elle ? Tout ceci n'allait lui attirer que des soucis ! Mais de toute façon, cette fille, il n'avait jamais pu se l'enlever de la tête. Même maintenant, alors qu'il essayait de dormir, ses pensées étaient encore tournées vers elle. Là voilà, au milieu de la place du district 3, en train de courir pour échapper à des pacificateurs qui veulent la tuer ! Il fallait qu'il fasse quelque chose, il ne pouvait pas la laisser sans défense. Pourquoi n'arrivait-il pas à faire un seul pas ? Et voilà qu'elle fut frappée à la tête par une matraque... Elle tomba lourdement au sol... Même en mobilisant toutes ses forces, Jonathan était incapable de faire le moindre pas ! Le pacificateur le plus proche d'elle sortit son pistolet de son étui... Il ne pouvait pas rester immobile... L'homme prit le temps d'ajuster son tir... Pourquoi ne pouvait-il pas bouger ? Pourquoi... Le doigt de l'homme se contracta pour ramener la détente vers lui... Il avait donc échoué, si elle avait été traqué par ces hommes... Un bruit sourd résonna dans toute la place !

Une froid glacial se propagea dans les veines du garçon... Il avait échoué... Clarissa... Il n'avait pas pu la protéger... Il eut un sursaut et il prit conscience de ce qu'il venait de vivre. Clarissa dormait paisiblement à côté de lui, en sécurité, sereine. Il lui fallut plusieurs secondes pour se calmer, le front trempé de sueur. Jamais il ne laisserait arriver cette vision ! Ce n'était qu'un cauchemar de toute façon, non ? Il ferma de nouveau les yeux avant de sombrer dans un sommeil plus que nécessaire.
Ce fut la lueur du jour qui finit par le tirer de son sommeil. Il s'agita tout d'abord pour activer ses muscles encore au repos. Les yeux fermés, il sentit alors le contact d'une main sur sa joue. Avant qu'il put penser à quoi que ce soit, une voix se glissa doucement dans le creux de son oreille.


« Bonjour M. Jonathan...  Merci d'avoir tenu ta promesse.»

La voix de Clary le calma instantanément et tandis qu'il ouvrait les yeux, il tomba nez à nez face à elle. Son sourire illuminait toute la pièce mais avant que le garçon ait pu lui répondre quelque chose, sa main quitta sa joue pour domestiquer une mèche récalcitrante. Sans attendre, Clarissa sortit du lit et Jace quitta son fauteuil, laissant glisser au sol les draps avec lesquels il s'était couvert durant la nuit. En un éclair, la demoiselle attrapa ses affaires et s'engouffra dans la salle de bains, le laissant seul dans la chambre. Que pouvait-elle bien penser ? Regrettait-elle ce qui s'était passé hier ? Ne lui avait-il donc pas prouvé qu'elle pouvait avoir confiance ? Tellement de questions se bousculaient dans sa tête ! Mais son choix était définitif... Il l'avait choisi, elle ! Que cela plaise ou non, il ferait tout pour elle, pour la protéger, pour la garder...
Tandis que ses pensées s'affirmaient, le jeune rebelle s'affaira à ranger la chambre et à refaire le lit. Une habitude qu'on avait pris soin de lui mettre dans la tête. C'était devenu une routine pour lui maintenant. A quoi donc pouvait-elle penser ?
Après avoir remis de l'ordre dans la chambre, le garçon jeta un coup d'oeil à sa montre-bracelet. La matinée était déjà bien entamée et le soleil déjà bien haut dans le ciel. Il se mit alors à ranger ses affaires. Ses armes étaient rangées, son équipement dissimulé, il n'avait rien laissé comme trace de sa présence, à part le morceau de fusain qu'il avait taillé.

Finalement, la jeune femme sortit de la salle de bains, un jean, chemise rouge et les cheveux en queue de cheval attachés par un foulard vert. Un style vestimentaire classique mais Jace ne put s'empêcher de sourire en la voyant.


« Le soleil est presque levé... Tu ne risques pas d'avoir des problèmes pour rejoindre...ton district ? »

Ne t'inquiète pas mais je vais devoir partir maintenant !

Il descendit lentement les marches, regardant autour de lui pour voir s'il n'avait rien oublié. Il se dirigea ensuite vers la porte, suivi par la jeune ingénieure. Devant le pas de la porte, il eut un bref instant d'hésitation. Devait-il partir comme ça ? Peut-être pas mais il n'avait aucune idée de la façon dont il devait se comporter face à elle. Il valait mieux rester dans une zone de confort et demeurer comme d'habitude. Il se tourna alors vers elle tout en ouvrant la porte.

Merci pour hier... dit-il doucement. A bientôt Clarissa !

A peine eut-il prononcé ses mots qu'il quitta alors la maison pour se diriger vers la ville et les souterrains. Une nouvelle histoire s'écrivait pour lui et cette jeune fille. C'était la première fois qu'il s'ouvrait véritablement à quelqu'un. C'était la première fois qu'il n'avait plus le contrôle sur un événement de sa vie. C'était la première fois...

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Des monts et merveilles, enfermés dans nos coeurs [Terminé]

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